Des enfants utilisés comme scabs dans l'hôtellerie

2008/09/03 | Par L’aut’journal 

La Commission des relations du travail ordonne au Sheraton Four Points de s’abstenir d’utiliser les services de six personnes, dont quatre mineurs, pour remplacer les salarié-es de l’établissement en conflit.

Dans une décision rendue vendredi dernier, le commissaire André Michaud estime que le recours à six personnes « bénévoles » par le Sheraton Four Points, le 8 août 2008, ne peut être toléré.

On y lit : « Il n’est pas dans l’ordre normal des choses que des personnes, même d’âge mineur, amputent leurs vacances ou leurs temps libre pour, entre autres choses, aller entretenir les chambres d’un hôtel, qui en compte 196, et qui, fait partie d’une entreprise multinationale ». Il s’agit d’une ordonnance provisoire. Les audiences sur le fond de la cause se tiendront les 6 et 10 octobre.

Parmi ces six briseurs de grève, quatre sont, de surcroît, des enfants au sens de la Loi sur les normes du travail, deux sont âgés de 13 ans, un de 14 ans et une autre de 16 ans. Soulignons que cette loi exige d’un employeur qui souhaite faire travailler un enfant de moins de 14 ans qu’il obtienne l’autorisation écrite d’un de ses parents ou de son tuteur.

Le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, prévient tous les employeurs que la centrale syndicale les a à l’oeil. « Nous ne lésinerons pas sur les moyens afin de nous assurer que les lois québécoises sont respectées et que celles ou ceux qui y contreviennent soient rappelés à l’ordre ».

Le syndicat CSN représentant les 88 professionnel-les de l’hôtellerie du Sheraton Four Points est en grève générale illimitée depuis le 25 août. Le syndicat soupçonne fortement l’employeur de poursuivre l’usage de briseurs de grève, malgré l’ordonnance provisoire émise vendredi.

Négociations en cours

Une première rencontre de négociation depuis l’éclatement du conflit s’est tenue ce matin et elle n’a pas permis de dénouer l’impasse. Les parties se revoient jeudi. Ces travailleuses et travailleurs veulent notamment maintenir le service de restauration de l’hôtel. Ils veulent également bénéficier des améliorations aux conventions collectives négociées dans une vingtaine d’hôtels du Québec au cours des dernières semaines, soit :
- Une réduction de la charge de travail des préposées aux chambres ;

- Des mesures favorisant la conciliation entre la famille et le travail, pour s’occuper de leurs enfants et de leurs proches ;

- Des dispositions limitant fortement le recours aux agences de personnel ;

- Un partage du coût des assurances plus favorable pour les salarié-es ;

- Huit congés de maladie remboursables à compter de l’an prochain ;

- Un calcul des gains plus favorable pour les salarié-es au regard du régime de retraite ;

- Une augmentation des contributions au REER de 1 % pour chacune des parties au terme de la convention collective ;

- Des augmentations de salaire de 3 % pour chacune des trois premières années et de 4 % pour la dernière année d’un contrat de travail de quatre ans.

Une vingtaine d’hôtels toujours en négociation

Les négociations se poursuivent dans 20 hôtels du Québec syndiqués CSN, surtout situés dans la région de Montréal. Les professionnel-les de l’hôtellerie du Holiday Inn de Longueuil, du Sheraton Four Points et du Reine-Elizabeth de Montréal sont actuellement en conflit de travail. Le syndicat du Hilton Double Tree de Montréal détient un mandat pour exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée.

D’autres syndicats CSN de Montréal demanderont des mandats semblables à leurs membres au cours des prochains jours, notamment celui du Maritime Plaza qui a convoqué ses membres en assemblée générale demain, mercredi.

Source : Confédération des syndicats nationaux

(Publicité)