Discours d'assermentation d'Amir Khadir

2008/12/18 | Par L’aut’journal 

Mercredi 17 décembre 2008

Assemblée nationale du Québec,
au Salon rouge (ancienne salle du Conseil législatif du Québec)

Discours d’assermentation du député de la circonscription de Mercier,
Amir Khadir,
premier candidat du parti Québec solidaire à être élu à l’Assemblée nationale.

[transcription intégrale]

Très bon après-midi,

En attendant que le peuple du Québec, comme celui de l’Irlande, se libère des vestiges archaïques de la monarchie britannique, comme le serment de la reine ou le système électoral dépourvu de représentation proportionnelle qui nous afflige malheureusement;

En attendant que le Québec soit une République moderne et démocratique, j’ai dû quand même faire serment d’allégeance à l’autorité constituée, donc la Reine, mais… mais j’estime que mon devoir de député et mon allégeance ultime sont mieux résumés par les mots du député-poète Gérald Godin, qui quelque temps après avoir été élu en 1976, a rédigé ce poème sous forme de serment que voici :

T’en souviens-tu Godin,
Asteure que t’es député,
De l’homme qui frissonne
En attendant l’autobus du p’tit matin
Après son shift de nuit.

T’en souviens-tu
Des mal pris qui sont sur le bien-être,
Celui qui couche dans la neige,
Ceux qui ont deux jobs
Pour arriver à se bûcher une paie comme du monde.

T’en souviens-tu Godin,
Qu’il faut rêver aujourd’hui
Pour savoir ce qu’on fera demain.

Voilà le serment que je fais devant mes amis, devant ma famille, devant Québec solidaire, pour le peuple du Québec, serment d’allégeance pour le servir, comme… l’exige donc, la juste représentation… du peuple du Québec au parlement québécois.

Et je voudrais, par la même occasion, remercier ce peuple pour m’avoir accueilli avec autant de générosité.

Je voudrais remercier particulièrement les citoyens de ma circonscription, Mercier, de m’avoir d’abord accueilli donc en ’72 sur la rue Cartier, dans ce comté. Puis, ensuite, choisi comme député de mon quartier d’enfance finalement. Je tâcherai d’être à la hauteur de leurs attentes et demeurer digne de leur confiance pendant les années de mon mandat et pour toute la durée de mon travail politique sur la scène québécoise.

Je dois également, et là j’aimerais vraiment là… que vous puissiez éventuellement vous lever : mes amis, ma famille;

Je dois également donc remercier d’abord les membres de ma famille, notamment mon épouse Nima Machouf…

[applaudissements]

… qui depuis le début, depuis les débuts du Rassemblement pour une alternative politique, en 1997, ensuite dans toute l’aventure de l’Union des forces progressistes, et ensuite Québec solidaire, a été une complice, une alliée, une solidaire à toute fin pratique, et ma bien-aimée épouse;

Ensuite, bien sûr, les membres de ma famille, ma grand-mère en particulier qui est ici, mes enfants, mon père, ma mère… nous attendions aussi – mais tempête oblige, ils ont dû rebrousser chemin – Élahé Machouf, une de nos candidates, qui est ma belle-mère, et aussi monsieur Mashouf, mon beau-père;

[applaudissements se continuant durant le prochain segment]

Ma mère, ma sœur, ma fille, mon père, les membres de ma famille.

Mais il y a eu aussi, bien sûr, une famille politique qui est réunie ici, pas au grand complet bien sûr, mais dignement représentée, avec à la tête de cette délégation au Salon rouge, pour marquer la rentrée parlementaire de la gauche politique au Québec, eh bien, son leader, sa leader : François David.

[applaudissements]

Tout ça aurait été bien sûr impossible sans le travail acharné des sherpas, de tous ceux qui ont porté le fardeau de tout ça depuis dix ans, et sans le courage démontré par un de nos plus dignes représentants de la gauche québécoise, monsieur Paul Cliche, qui est avec nous ici;

[applaudissements]

Paul, tu as ouvert le chemin en 2001, aujourd’hui, c’est mission accomplie, estime que c’est ta victoire également.

Je voudrais terminer en disant que ma famille, c’est aussi les immigrants du Québec. Je suis moi?même issu de l’immigration : je suis un immigrant. Je l’étais, je le demeure sans doute à jamais. Je suis bien sûr un citoyen québécois, un député à l’Assemblée nationale, député de mon quartier, député de ma circonscription, député pour représenter dignement Québec solidaire mais aussi un peu député de tous ces immigrants québécois.

Et il se trouve qu’aujourd’hui, ça fait plus de 1000 jours… qu’un immigrant, qui aspire à être immigrant, un citoyen du monde, un Maghrébin du nom de monsieur Bellaouni, a été forcé de trouver refuge dans une église, au Québec. Alors, j’en fais appel à mes collègues, j’en fais appel à la ministre de l’Immigration ou le ministre de l’immigration à venir, j’en fais appel également au Premier ministre du Québec, pour que l’Assemblée nationale, que tous les partis fassent tout ce qui est en notre capacité sur le plan législatif au Québec, sur le plan de nos lois, pour permettre à monsieur Bellaouni de retrouver justice et de sortir de ce… de ce refuge-prison.

Alors, merci beaucoup, merci d’être venus.

Bienvenue à l’Assemblée nationale du Québec avec moi. Merci !

[applaudissements].

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