Primes aux dirigeants : Desjardins va-t-elle suivre le mouvement?

2009/02/05 | Par Jean-François Vinet

Récemment, on apprenait que le Mouvement des caisses Desjardins envisageait de réduire de 44 % les ristournes distribuées aux membres cette année. C’est du moins ce que rapporte l’agence Bloomberg le 4 février. 

Selon le porte-parole de Desjardins, André Chapleau, la coopérative souhaiterait « renfoncer sa capitalisation » en réponse à la crise financière actuelle. Selon lui, « c’est la façon la plus économique de mettre plus d’argent dans les coffres de la coopérative ».

M. Chapleau n’a pas précisé si les hauts dirigeants de Desjardins allaient réduire leur rémunération pour participer, comme leurs membres, à renforcer la très fameuse capitalisation de la coopérative.  Dans le cas contraire, seuls les membres payeraient les frais de la crise économique. 

Pourtant, plusieurs banquiers canadiens ont annoncé couper une partie de leur chèque de paye.  On pense à Bill Downe de la Banque de Montréal, à Gerald McCaughey de la CIBC, à Gord Nixon de la Banque Royale et à Rick Waugh’s de la Banque Scotia. Louis Vachon de la Banque Nationale est le seul banquier dont on sait officiellement que la crise n’affectera pas ses primes. 

Depuis plusieurs années, les cinq hauts dirigeants du Mouvement Desjardins encaissent dans les périodes fastes.  De 2004 à 2007, ensemble, leur rémunération totale est passée de 4,7 millions à 5,4 millions de dollars. L’ancien président et chef de la direction, Alban d’Amours, avait collecté, à lui seul en 2007, pas moins de 1,6 million de dollars. 

Depuis mars 2008, la coopérative a une nouvelle présidente, Mme Monique F. Leroux. Un an après son arrivée en poste, la nouvelle présidente aura bientôt l’occasion de montrer en quoi Desjardins est plus qu’une banque.

Démontrera-t-elle qu’elle et son conseil d’administration partagent les valeurs permanentes du Mouvement Desjardins qui sont de mettre l'argent au service du développement humain, l'engagement personnel, l'action démocratique, l'intégrité et la rigueur dans l'entreprise coopérative et la solidarité avec le milieu?

Pour l’instant, en envoyant la facture de la crise aux membres des caisses sans même faire un geste de solidarité, les dirigeants de la coopérative paraissent moins blancs que les banquiers.

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