Engorgement des cégeps de Montréal

2009/10/13 | Par Alain Dion

Ainsi donc, les cégeps de Montréal débordent. On aurait même refusé à 17 500 jeunes de faire leur entrée dans le réseau collégial cette année. C’est ce que nous apprenait Le Devoir dans son édition de vendredi.

Cette réalité peut paraître particulièrement surprenante quand, jour après jour, on nous mitraille que nous vivrons sous peu une pénurie de main d’œuvre qualifiée, particulièrement au niveau de la formation technique.

Et quel contraste avec la réalité de nos cégeps en région qui peinent à maintenir un effectif étudiant suffisant pour assurer la survie de certains programmes, voire même de certaines institutions.

À bien des endroits, ces fermetures de programmes poussent les jeunes à quitter leur région et à se diriger vers les grands centres afin de poursuivre leurs études, entraînant ainsi les cégeps régionaux dans une spirale décroissante sans fin.

Pourtant les collèges en région ont la même mission d’offrir un enseignement de qualité, tout en proposant une offre de programmes variée permettant aux jeunes de développer leur plein potentiel et participer ainsi au développement social, culturel et économique de leurs coins de pays respectifs.


Des solutions et du courage

Il existe pourtant des solutions. Pourquoi, entre autres, ne pas donner suite à la recommandation de la Commission de l'éducation qui arguait dès mars 2003 qu'il fallait de façon urgente revoir le mode de financement des cégeps, lancer une vaste campagne d'information sur l'enseignement collégial et surtout permettre aux cégeps de régions de développer des créneaux exclusifs favorisant ainsi une redistribution nationale de l'effectif étudiant ?

Pourquoi ne pas également travailler à renverser la tendance dévastatrice de la migration vers les grands centres et chercher à diriger les gens de la ville vers nos régions dites éloignées !

Il faut à tout prix sortir de cette vision concentrationnaire de l’Éducation ! Un responsable des communications du cégep Montmorency analysait la situation en soulignant qu’« il y a peut-être de la place ailleurs [au Québec], mais les Lavallois ne vont quand même pas aller au cégep à Chicoutimi ». Et pourquoi pas ? Pourquoi la réalité inverse serait-elle plus acceptable ?

Avant de faire le choix d’augmenter le nombre d’étudiants dans certains collèges montréalais, pourquoi ne pas mettre en place des mécanismes favorisant le déplacement de ces jeunes vers des collèges en manque d’effectif ?

Pourquoi ne pas permettre à ces jeunes d’avoir accès au programme de leur choix et ainsi maximiser leurs chances de persévérance et de réussite ? Cette mesure favoriserait la venue en région d’une horde d’étudiants qui découvriraient de nouveaux coins du pays.

Cette approche pourrait même faciliter l’intégration de nouveaux arrivants à la société québécoise ! Plusieurs collèges en région recrutent présentement à l’Île de la Réunion par exemple, ce qui est très intéressant. Mais l’île de Montréal, ça vous dit quelque chose ?

Il faudrait assurément réfléchir à des mesures particulières d’encadrement, à la possibilité d’améliorer l’accessibilité aux études en réduisant l’endettement étudiant, en indexant l’aide financière aux études au coût de la vie et en permettant plus de souplesse au niveau des modalités de paiement des frais de scolarité.

Bien sûr ces mesures demanderaient du courage politique. Ce qui n’est pas jusqu’à maintenant l’apanage de la bande à Jean Charest…




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