Nos ministres conservateurs en dehors de la carte

2010/09/15 | Par Pierre Demers

L’auteur est cinéaste et poète de Jonquière (Circonscription de Jean-Pierre Blackburn)

Je regarde aller depuis longtemps, trop longtemps, les deux ministres conservateurs qui représentent une circonscription du Lac et l’autre du Saguenay au parlement fédéral.

Je les entends surtout patiner sur des enjeux majeurs pour le développement régional. Entre autres, l’industrie forestière de plus en plus moribonde, l’industrie touristique qui ne cesse de se chercher des nouvelles niches et ces projets liés de près aux milliards fédéraux comme la survie de la base militaire de Bagotville (rt son hangar patrimonial) et l’éventuelle construction d’une nouvelle prison fédérale quelque part entre ici et là-bas.

Ces deux ministres nagent dans des eaux et des certitudes qui nous ressemblent de moins en moins. Ils propagent – comme d’ailleurs les autres députés et ministres conservateurs du Québec à la solde du régime Harper – des valeurs à cent lieux des nôtres.

Ce sont essentiellement des politiciens de droite (ceux qui défendent la loi et l’ordre à tout prix, l’élitisme, la fidélité au passé et les disparités économiques qui divisent les individus et les collectivités) qui croient que le pouvoir absolu leur appartient.

Ils sont prêts à… dissoudre le parlement pour coller sur le siège de député au ministre. Ils sont prêts à faire semblant qu’ils habitent une autre planète que le Québec pour servir leur chef de droite qui manipule l’opinion publique canadienne et de plus en plus de canaux d’information officiels. Quand il ne réussit pas à convaincre d’anciens journalistes de droite à entrer dans ses rangs.

Dans les dossiers majeurs que sont l’abolition du registre des armes à feu et celui, secondaire sans doute mais presque complémentaire, de la construction d’un nouveau «pénitencier » fédéral dans la région, je vois aussi ces deux ministres conservateurs régionaux patiner sur leurs bottines pour rejoindre encore une fois les valeurs prêchées par leur chef suprême.

Pourtant, on sait très bien que le registre des armes à feu peut, entre autres, éviter que des obsédés de la gâchette pénètrent dans une salle de cours de cégep ou de polyvalente pour tout faucher.

Au Québec, l’unanimité s’est faite là-dessus et nos ministres fédéraux semblent l’oublier ou tout simplement l’ignorer. Pourquoi continuent-ils de dire qu’ils sont au service de leurs électeurs et qu’ils traduisent leurs volontés ? Pourquoi enfoncent-ils un peu plus creux leurs bouchons conservateurs dans leurs oreilles ?

Pour ce qui est de la construction d’une nouvelle prison fédérale dans la région, leur attitude est aussi discutable. Ils semblent fonder notre avenir économique (comme les membres de la CRÉ d’ailleurs dont la vision de l’avenir est aléatoire) sur le principe de la loi et l’ordre.

Il nous faut plus de prisons pour punir tous ceux qui osent déroger des règles. Occasion rêvée de resserrer les lois et de faire peur au monde en prétextant lutter contre le mal qui avance partout à grands pas. Ces nouvelles prisons, selon leur vision à courte vue, dégageront de nouveaux emplois prometteurs pour notre jeunesse…

Tant qu’à garder des prisonniers, je préfèrerais garder des enfants dans de nouvelles garderies ou encore des voiture (ou plutôt des vélos) dans un stationnement de cégep.

Pour ma part, je crois que ces nouvelles prisons risquent de promouvoir aussi une hausse de la criminalité si l’on se fie au vieil adage, prison : école du crime… Mais je m’égare.

Je voulais tout simplement signaler que nos deux ministres conservateurs vivent sur une autre planète, la planète Harper qui n’est pas du tout la nôtre.

Il faut leur signaler avant qu’ils redescendent sur la terre Québec où les valeurs de droite ont de moins en moins la faveur des électeurs le moment venu. Le savent-ils ces deux ministres en pleine lévitation conservatrice ?

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