Gaz de boulechite

2010/09/27 | Par Michel Rioux

Un savant géologue de l’Université Laval nous apprenait il y a peu qu’utiliser l’expression gaz de schiste serait impropre. Qu’il faudrait plutôt en lieu et place parler de gaz de shale.

Cela m’achale quelque peu que le mot ne soit pas au dictionnaire, quoiqu’il soit fort possible que nous broutions collectivement dans les pâturages de l’erreur en utilisant le mauvais terme. Ce ne serait pas la première fois qu’on prendrait de la plie pour de la sole.

Mais schiste ou shale, il n’en demeure pas moins qu’autour de toute cette affaire flotte comme une odeur…de shit. Et que ne sont pas les boulechites d’André Caillé qui les feront disparaître, ces odeurs persistantes. 



De passage à New York le 21 septembre, Jean Charest a refusé de s’étendre sur le sujet, soutenant que ce n’était pas « le forum approprié pour en parler ».

Le meilleur « forum » pourrait être l’amphithéâtre virtuel du maire Labeaume, que le-premier-ministre-qui-a-les-deux-mains-sur-le-volant se dit prêt à financer à hauteur de 175 millions de dollars qui n’iront ni à la santé ni à l’éducation.

On sait aussi que certains gaz ont la propriété d’endormir ceux qui ont la malencontreuse idée de les respirer.

John-James Charest n’est pas sans le savoir, ce qui explique pourquoi, par toutes sortes d’entourloupettes, lui et l’ineffable madame Normandeau tentent de nous faire dormir au gaz.

Mais il semble bien que les citoyennes et les citoyens veillent au grain si on en juge par la varlope dont André Caillé a testé l’usage, à Bécancour, dans Lotbinière et à Saint-Hyacinthe.

Il arrive aussi que les gaz dégagent une très désagréable odeur d’œufs pourris, à tel point que la place en devient proprement irrespirable. Me semble que si les Forex, Questerre et autres gaziers de ce monde s’avisaient de driller sous l’Assemblée Nationale, ils y trouveraient la plus forte réserve de gaz jamais vue, avec une concentration particulière sous le bunker de Charest.

De quoi rendre millionnaires tous les petits amis du Parti libéral qui, assurément patients d’un descendant du célèbre Dr Purgon immortalisé par Molière, ont pris de la poudre d’escampette et quitté un navire en perdition pour se recycler dans le gaz.

Tiens, tiens ! Autrement dit, ces messieurs, bien branchés et informés des choses à venir, ont compris ce que voulait dire la ministre Normandeau quand elle a repris à son compte le cri de Sarah Palin : Drill Baby, Drill ! Et ils ont mis les gaz, littéralement.

Quand on sait que pour forer un seul puits, 15 millions de litres d’eau sont nécessaires et que cette eau, après utilisation, devient impropre à la consommation, on comprend pourquoi, dans les chaumières qui voient arriver camions et pépines dans leurs cours arrières, on s’inquiète de ce que boiront dans quelques années enfants et bétail.

Ainsi, on ne pourrait plus dire qu’il y a de l’eau dans le gaz mais bien qu’il y a…du gaz dans l’eau.

Le Robert historique précise enfin que le mot gaz « sert d’euphémisme pseudo-savant pour pet ». Ainsi donc, on pourrait affirmer, sans se tromper, que la propension de Charest à gazer le Québec à tout prix le fait péter plus haut que le trou. Ce qui a fait dire à un observateur de la chose publique que ces histoires de gaz n’ont rien d’hilarant.


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