L’aut’revue de l’actualité – 21 octobre 2011

2011/10/21 | Par Pierre Dubuc

Péquistes et indépendants à Québec solidaire

Mercredi soir dernier, les députés péquistes démissionnaires et aujourd’hui indépendants Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe participaient à une assemblée publique de Québec solidaire sur le thème « un pays de projets ».

Louise Beaudoin était même sur l’estrade avec Françoise David pour animer la rencontre.

Mais la surprise de la soirée était la présence des députés péquistes Sylvain Pagé et Stéphane Bergeron qui avaient préféré participer à cette assemblée plutôt qu’au caucus de leur parti.

On peut y voir une conséquence du sondage désastreux de mardi dernier, publié dans Le Devoir. Avec la participation du futur parti de Sirois-Legault, le PQ chute à 18% et QS à 7%. La CAQ remporterait l’élection haut la main avec 36% des suffrages.

Certains, dans les milieux souverainistes et syndicaux, ne saisissent pas la menace que constitue le tandem Sirois-Legault, dont le plan, concocté à Ottawa et Bay Street, est pourtant bien clair : briser le mouvement souverainiste et détruire les organisations syndicales. (voir à ce sujet l’article du SPQ Libre).

D’autres comprennent bien les enjeux, mais ne savent pas quoi faire! Pourtant, il devrait être évident qu’en se présentant devant l’électorat en rangs dispersés, nous allons manger toute une volée!

Espérons que le geste des députés indépendants et des deux députés péquistes de faire les premiers pas vers Québec solidaire est annonciateur de futures initiatives qui vont permettre de présenter un front uni, quelle que soit la forme qu’il prendra, et d’un réveil et d’une implication des organisations syndicales sur la scène politique.

Les fédéralistes et la droite croient dur comme fer qu’ils nous ont dans les câbles. On est peut-être groggy, mais il n’est pas nécessaire de lancer la serviette.


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De Parti Pris à Tribord

Dans l’édition octobre/novembre 2011 de la revue À bâbord, Jean-Marc Piotte signe un article intitulé « Scène politique québécoise : Où va-t-on? », dans lequel il fait une nouvelle fois le procès du mouvement souverainiste et accuse « l’ensemble du mouvement syndical d’être plutôt pusillanime, en s’accrochant aux basques du PQ, comme l’illustrent tristement les positions des Syndicalistes progressistes ».

Du même souffle, il enjoint Québec solidaire « de rejoindre les militants syndicaux et communautaires qui reconnaissent que l’avenir d’un Québec progressiste ne repose définitivement pas sur le Bloc et le PQ ».

La liquidation de la question nationale par Piotte ne nous étonne pas. Dans un ouvrage, publié il y a quelques années, (Un certain espoir, Éditions Logiques), il écrivait, dans un chapitre intitulé « Se libérer du fantasme souverainiste » : « Le parti Québec solidaire affirme privilégier les revendications sociales sur la question nationale. Il devrait aller plus loin et libérer son programme de la souveraineté. Il se déprendrait ainsi du vote utile préconisé par les péquistes et irait chercher dans l’ouest de Montréal ce vote progressiste qui est allé aux Verts, faute de mieux. »

Il faut dire que Jean-Marc Piotte – qui s’enorgueillit pourtant d’avoir été un membre fondateur de Parti Pris – affirme dans le même ouvrage que « le peuple ne veut plus se battre pour l’indépendance, parce que le Québec a merveilleusement réussi à se développer culturellement, économiquement et politiquement au sein du Canada et malgré le lien fédéral. »

C’était le discours de Trudeau et Chrétien lors des référendums de 1980 et 1995. C’est aujourd’hui celui de Pratte et du regroupement L’Idée fédérale.

Un petit drapeau du Canada avec ça, M. Piotte!?

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AbitibiBowater change de nom, mais pas de pratique

AbitibiBowater est retourné sur les fonds baptismaux et en est ressorti sous le nom de Produits forestiers Résolu, pour, nous dit-on « mieux refléter ses caractéristiques fondamentales ». Drôle de nom! Résolu à quoi? À changer ses pratiques à l’égard des travailleurs?

La journaliste Hélène Baril a titré son article sur l’événement : « AbitibiBowater tourne le dos à son lourd passé ». Vraiment? Dès sa première annonce, elle nous annonce que « quelque 160 travailleurs (sur 420) pourraient perdre leur gagne-pain si l'entreprise choisit de redémarrer son usine de Dolbeau et d'y transférer une partie de la production de Grand-Mère ».

AbitibiBowater dépouillait tout le monde. Produits forestiers Résolu déshabille Pierre pour habiller Paul, avec beaucoup de « résolution ».

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Dernière heure : Jean Charest et le Parti libéral pensent « résolument » à changer de nom.

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Chantiers navals : le NPD, un parti à deux faces

Un parti qui devrait également changer de nom est le NPD. Lors de l’annonce de l’octroi des contrats aux chantiers navals de Vancouver et Halifax, avec Lévis que se retrouve bredouille, on a vu les députés NPD du Canada anglais festoyer - This is a very good day for Canada, a même déclaré le député responsable du dossier Peter Stoffer - et ceux du Québec exprimer leur déception.

Le NPD, c’est le parti « Jean qui rit, Jean qui pleure ».




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