De Bestiaire à Over my Dead Body

2012/02/13 | Par Ginette Leroux

Février est le mois des Rendez-vous du cinéma québécois. Cette année en marque le 30e anniversaire, du 15 au 26 février. Douze jours « très très intenses », voilà ce que nous a promis, le 8 février dernier, Emmanuel Bilodeau, porte-parole de l’événement, lors du dévoilement de la programmation du festival qui célèbre la cinématographie québécoise et ses artisans.

Québec Cinéma, présidé par Pierre Even, organise l’événement. Ce nouvel organisme, créé l’an dernier, réunit les RVCQ et la Grande nuit du cinéma qui a pour mission la promotion et le développement du cinéma québécois et de son industrie ici et à l’étranger.

En ouverture, Denis Côté est invité à présenter son dernier film « Bestiaire », déjà accueilli au Festival international du film de Berlin, la Berlinale 2012, précédé de la première mondiale du film de Michèle Lemieux « Le grand ailleurs et le petit ici », un conte philosophique d’une durée de 15 minutes réalisé à l’ONF. En clôture, « Over my dead body » de Brigitte Poupart, un documentaire humain sur la création artistique et l’amitié entre la réalisatrice et Dave St-Pierre, danseur et chorégraphe atteint de fibrose kystique en quête des poumons qui lui sauveront la vie.

Soulignons une première aux RVCQ : le public est convié à assister aux films d’ouverture et de clôture ainsi qu’aux soirées qui suivront les projections. Pour l’occasion, le Bistro SAQ de la Cinémathèque québécoise a concocté, dans le cas du film de Denis Côté, une soirée « festive et sauvage » et fait appel à Mister Valaire et à son électro-jazz band, le Qualité Motel, pour animer la soirée. Les billets au coût de 20$ comprennent projection et soirée privée.

À son tour, Ségolène Roederer, la passionnée et audacieuse directrice générale des Rendez-vous, rappelle que « en 1982, Jean-Marc Vallée n’avait pas 20 ans et rêvait certainement déjà de musique et de cinéma, que Marc-André Forcier, lui, avait déjà offert à la postérité L’eau chaude l’eau frette (1976) et sortait l’année d’après son merveilleux Au clair de la lune et que Anne Émond naissait… » avant d’appeler au micro Dominique Dugas, le directeur de la programmation.

Avec ses 300 films projetés, le festival réussit sa plus importante sélection à vie. Seront de la partie, 36 longs métrages de fiction et, parmi ces titres, des films à voir ou à revoir tels que « Côteau Rouge » (Marc-André Forcier), « Funky Town » (Daniel Roby), « Gerry » (Alain DesRochers », Laurentie (Mathieu Denis et Simon Lavoie), « Marécages » (Guy Édoin), Monsieur Lazhar (Philippe Falardeau), « Starbuck » (Ken Scott), « Le vendeur » (Sébastien Pilote). Sans oublier les inévitables « Café de Flore » (Jean-Marc Vallée), « En terrains connus » (Stéphane Lafleur), « The Girl in the White Coat » (Darrel Wasyk) et l’incomparable Nuit #1 (Anne Émond). Une fois encore, Radio-Canada et la SAQ se tiendront la main pour présenter ce que nos cinéastes ont fait de mieux durant la dernière année.

Aux films de fiction s’ajouteront une grande variété de documentaires, 25 longs et 43 courts métrages dont le poignant « Inside Lara Roxx » de Mia Donovan, « Trou Story » un cri venant du Nord de Richard Desjardins et « Louis Martin, journaliste », en souvenir du père d’Alexis Martin qui signe ce film aux côtés de Louis Bélanger.

Vingt-cinq films d’animation, soutenus par La Presse, 37 films d’art et expérimentation, 35 films étudiants présentés par VOX ainsi qu’un grand coup de chapeau au film de Jean-Pierre Lefebvre, « Les fleurs sauvages », qui avait ouvert la première édition des RCVQ en 1982, complètent une programmation digne d’un tel anniversaire.

Des invités de marque viendront partager leur passion, connaissances et expériences cinématographiques. Robert Morin, dont « Petit Pow Pow Noël », « Papa à la chasse aux lagopèdes », « Requiem pour un beau sans-cœur », « Le journal d’un coopérant » sont les productions les plus récentes, a plus de 30 films à son actif. Membre fondateur de la Coop Vidéo de Montréal en 1977, il marque, depuis plus de 25 ans, style libre et vision personnelle en bandoulière, la cinématographie québécoise.

Seront de la partie, Claire Denis, la réalisatrice du film « Chocolat » puis, plus récemment, de « 35 rhums » et « White Material », qui a fait son apprentissage avec les grands, Costa-Gavras et Jarmusch, pour ne nommer que ceux-là, et la directrice photo Agnès Godard. Les deux femmes se sont rencontrées il y a plus de vingt ans sur les plateaux de Wim Wenders. Ensemble, elles partageront leurs rapports bouleversants avec le cinéma.

Soulignons le retour des 5 à 7, lieu de rencontre du public et des artistes et artisans du milieu. Des rendez-vous gratuits et quotidiens, animés par nulle autre que l’excellente et fougueuse Marie-Louise Arsenault (animatrice de « Plus on est de fous, plus on lit! » sur la Première chaîne radio de Radio-Canada). On y discutera, entre autres, du rôle du documentaire dans une société alors qu’il souffre de plus en plus de sous-financement. Les équipes des films « L’affaire Dumont » de Podz et « Ésimésac » de Fred Pellerin et Luc Picard viendront parler de leur film et répondre aux questions du public.

Un dernier mot pour les couche-tard qui ne craignent pas d’affronter l’hiver et les grands froids, une salle de cinéma en plein air les attend à la place Pasteur du Quartier des Spectacles. Trois activités mettront en vedette un Kino Kabaret spécial 30e anniversaire, deux équipes de la LNI qui se disputeront une partie d’improvisation thématique façon cinéma québécois et TRAME, un spectacle interactif d’illumination du clocher de l’UQAM. À noter que l’exposition Plan Large – Le cinéma québécois en photo, présentée par Loto-Québec, se poursuit jusqu’au 13 mars.

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