8ième Semaine annuelle contre l'apartheid israélien

2012/03/07 | Par L’aut’journal 

Montréal se joindra à plus d'une centaine de ville à travers le monde à l'occasion de la huitième édition de la semaine annuelle contre l'apartheid israélien. Du lundi 5 mars au Mardi 13 mars 2012, de nombreux évènements prendront place dans les universités montréalaises telles que l'UQAM, Concordia, Mc Gill et autres. Cette année, les organisateurs et organisatrices de la Semaine Anti Apartheid Israélien, célébreront les révolutions en cours dans le monde arabe, signe d'une justice sociale accessible et ce même pour le peuple Palestinien.

Les conférenciers et conférencières confirmés pour la SAI sont Frank Barat, Premilla Nadase, Bassam Haddad, Janie Jamieson-Cook et Yafa Jarrar.  Frank Barat un auteur, activiste, et coordinateur du Tribunal Russell.

La conférence de Barat aura lieu à l' Université du Québec à Montréal, où il nous donnera un aperçu historique du travail accompli par le Tribunal Russell, puis nous expliquera comment les tribunaux populaires peuvent supporter les mouvements pour la justice sociale.

Premilla Nadasen, est une universitaire et une militante, tout comme Bassam Haddad, directeur du programme d'Etudes sur le Moyen Orient de l'université George Mason. Haddad est aussi le co-fondateur du magazine Jaddaliya. Enfin Janie Jamieson-Cook, activiste des Six Nations  et Yafa Jarrar, activiste en solidarité avec la Palestine, nous exposerons les liens entre les questions de violence systémique contre les femmes autochtones et les luttes quotidiennes auxquelles les femmes font face en Palestine.

Aussi, la SAI accueillera Deena Galim. Une journaliste, écrivaine et une activiste de la révolution égyptienne. Galim sera présente à Montréal le samedi 10 mars 2012 pour une discussion avec la communauté égyptienne. 

“Dans un contexte de soulèvements et de révolutions, nous avons très hâte de présenter les évènements de la Semaine contre Apartheid Israélien nous dit Sam Bick, un étudiant de l'UQAM, et organisateur de la SAI à Montréal.

« En plus d'exprimer notre solidarité avec les luttes menées par les peuples pour la liberté,  nous espérons mettre en lumière l'extension des liens entre le Canada et l'Etat d'Israël. Non seulement le gouvernement canadien supporte l'apartheid israélien et l'occupation, sous la forme de traité d'échange Canado-israélien, mais il est rapidement devenu l'un des alliés inconditionnels d'Israël. Nous devons dénoncer les implicationsdes coorporations canadiennes dans le colonialisme et le racisme étatique d'Israël. »

Pour accéder au programme de la SAI du 5 au 13 mars, veuillez consulter le site suivant: www.iawmontreal.org


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|Jusqu’au mardi 13 mars, de nombreux évènements dans les universités montréalaises
3467|3541|Manchettes Culture Mouvements_des_femmes|La présence sous-estimée des femmes artistes|2012-03-07 10:03:15|Ginette Leroux|

Dans un livre paru tout récemment chez Fides, Sylvia Daoust (1902-2004), Jacques Keable rappelle la carrière exceptionnelle de la « première sculpteure du Québec ». On lui doit la monumentale statue du frère Marie-Victorin au Jardin botanique, celle d'Édouard Montpetit à l'Université de Montréal ainsi que le bronze grandeur nature de Nicolas Viel qui orne la façade de l'Assemblée nationale, sans oublier les madones les plus inspirées de l'abbaye de Saint-Benoît-du-Lac.

À l’été 2009 à Québec, puis à l’été 2010 à Joliette, l’exposition La conquête d’un espace, 1900-1965, célébrait la remarquable contribution des femmes artistes du Québec du XXe siècle. Cinquante femmes artistes s’y affichaient, côte à côte, dans une pluralité esthétique qu’elles se sont appliquées à définir elles-mêmes.

Comme Simone Dénéchaud, Suzanne Hudon et Louise Gadbois, Sylvia Daoust a renouvelé l’art religieux, défiant l’art sacré académique, associé à l’époque au mauvais goût, à la pacotille, au sentimentalisme et à la mièvrerie. Utilisant des matériaux nouveaux, la sculpteure expose en 1938 un Saint Joseph en ciment et une Madone en aluminium. Artiste multidisciplinaire, l’ouvrière de la matière est aussi passionnée par le dessin, l’anatomie, le modelage qu’elle enseignera à l’École des beaux-arts de Québec puis à celle de Montréal entre 1943 et 1968. Décédée en 2004 à l’âge de 102 ans, elle laisse un héritage artistique imposant dans nos églises et institutions religieuses.

L’exemple d’Agnès Lefort montre à son tour à quel point ces femmes ont réussi à transcender leur art et à imposer leur propre vision artistique. Née en 1891, Agnès Lefort profite de l’ouverture de l’École des beaux arts de Montréal en 1922, un an après celle de Québec. Un lieu de formation qui lui permettra comme à ses consœurs d’obtenir, à l’instar de leurs vis-à-vis masculins, le statut d’artistes professionnelles et, par là, de se tailler une place dans le milieu artistique. Si bien que, dès 1931, elle expose régulièrement à l’Art Association of Montreal et à l’Académie royale des arts du Canada, ce qui la mène à une première exposition en solo en 1935.

Plusieurs de ses toiles sont retenues pour l’exposition Femina qui a lieu au Musée de la province de Québec le 10 février 1947. Se joignent à elle Sylvia Daoust, Simone Dénéchaud, Suzanne Duquet, Claire Fauteux, Georgiana Paige Pinneo et Marian Dale Scott. Que des femmes, une première au Québec! L’année suivante, elle assiste au Premier Congrès international des critiques d’art qui se tient en France et prolonge son séjour pour y étudier.

De retour en 1950, elle ouvre sa galerie d’art sur la rue Sherbrooke ouest à Montréal. Durant plus de dix ans, la Galerie Agnès Lefort sera le tremplin de l’art contemporain montréalais y privilégiant les œuvres de femmes telles Suzanne Dénéchaud, Suzanne Duquet, Suzanne Guité, Marcelle Ferron, Marian Dale Scott, Rita Letendre et plusieurs autres. Puis elle passe la main à Mira Godard, ouvrant ainsi la voie à de nombreuses autres femmes.

L’artiste-peintre Mimi Parent se distinguera par son parcours initiatique hors du commun. Née à Montréal le 8 septembre 1924, Mimi est issue d’un milieu où l’art est le pain quotidien de ses parents, père architecte et mère mélomane et harpiste de talent. À 16 ans, elle s’inscrit à l’École. Âme rebelle, elle conteste le conservatisme étroit du programme imposé aux élèves. Quatre ans plus tard, inscrite à l’atelier d’Alfred Pellan, elle y découvre un nouveau maître à penser, future adepte du surréalisme, un courant auquel elle adhérera. En février 1948, à l’instar de treize autres artistes, elle signe Prisme d’Yeux, le manifeste pour la libération de l’art.

La même année, avec son mari Jean Benoît, elle s’envole pour Paris. Le couple Benoît-Parent fera la connaissance d’André Breton, « le pape du surréalisme », avec qui les deux artistes québécois se découvriront des affinités de pensée. Bien ancrés dans la vie artistique parisienne, ces artistes exilés y seront très actifs. D’exposition en exposition, Mimi acquerra une réputation internationale pour ses tableaux-objets. Ces œuvres originales, composées chacune d’une boîte en bois peinte en noir à l’intérieur de laquelle il y a une scène constituée d’un curieux assemblage d’éléments divers constitue ce qu’on qualifie à l’époque un étonnant théâtre de l’inconscient dont les couleurs hallucinantes provoquent un sentiment d’étrangeté. Mimi Parent est décédée en Suisse en 2005.

La trajectoire de Suzanne Rivard n’a pas son pareil. Élève de Jean-Paul Lemieux à l’École des beaux-arts de Québec de 1946 à 1950, elle y débute sa carrière d’enseignante, la poursuivant à l’École des beaux-arts de Montréal. L’art pictural étant sa préoccupation première, elle part étudier à Paris en 1957. Elle y restera deux ans. De retour au pays, elle reçoit une bourse du tout nouveau Conseil des Arts du Canada, ce qui lui permettra de poursuivre sa quête artistique au Mexique et aux États-Unis où elle apprend l’art de la peinture murale. Sa carrière est lancée lorsqu’une de ses murales est exposée au pavillon de la Jeunesse d’Expo ’67.

Sa vie prend une tournure inattendue lorsqu’elle se marie à Jean Le Moyne, adjoint et rédacteur des discours de Pierre Elliot Trudeau. Elle troque Montréal pour Ottawa, son pinceau pour la craie et le tableau noir. La femme artiste, visionnaire et déterminée, reprend le bâton du pèlerin. « Suzanne Rivard Le Moyne occupe une place unique dans le développement de la vie artistique au Canada. Puisant son inspiration dans son amour et sa pratique de l'art, elle s'est dévouée avant tout aux artistes », peut-on lire dans un éloquent commentaire du jury qui lui a décerné le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2003. « Ce dévouement s'est clairement manifesté dans son rôle de créatrice et de grande instigatrice de la Banque d'œuvres d'art du Conseil des Arts, dans son appui aux centres d'artistes autogérés et dans ses carrières d'enseignante et de gestionnaire des arts ».

Les femmes artistes du début du siècle dernier ne se sont pas juste contentées de prendre leur place sur la scène artistique de l’époque. Elles ont imposé leur manière de faire, de dire et de voir l’art au Québec. De l’école primaire à l’université, elles ont entrepris de renouveler l’enseignement des arts, y introduisant une approche pédagogique Ces pionnières n’ont eu de cesse de transmettre à la génération suivante leurs connaissances et leurs expériences acquises au cours de leur carrière.

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|De l’école primaire à l’université, elles ont renouvelé l’enseignement des arts
3468|3542|Manchettes Mouvements_syndical Mouvements_des_femmes|Les femmes sont l’avenir de la social-démocratie|2012-03-07 10:08:27|Marc Laviolette, Pierre Dubuc, Hélène Guay et Lucie Tessier|Les auteurs sont membres du conseil d’administration du SPQ Libre

La Journée internationale des Femmes est une excellente occasion de faire le point sur les perspectives de la social-démocratie, d’autant plus que les femmes se trouvent au cœur de son renouvellement.

À l’origine, la social-démocratie était synonyme d’assurances sociales. L’État-providence avait pour objectif d’aider les travailleuses et les travailleurs des secteurs industriels, peu qualifiés mais détenteurs d’emplois stables, à faire face à la maladie, au chômage, à la vieillesse et à l’invalidité.

Aujourd’hui, le marché du travail s’est transformé. Le secteur industriel ne représente plus que 13,7% des emplois au Québec, alors qu’explose, avec ses emplois atypiques et précaires, celui des services, qui totalise 78,4% de la main-d’oeuvre.

Cependant, le bouleversement le plus important est certes l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail. Aujourd’hui, au Québec, les femmes constituent 49,5% de la main-d’œuvre, comparativement à 37,1% en 1976. Cela transforme de fond en comble le modèle traditionnel de la famille et commande une toute nouvelle approche de la social-démocratie pour assurer l’épanouissement de la femme et du couple, et le bien-être des enfants et des aînés.


L’épanouissement de la femme, des enfants, du couple et des aînés

La présence active des femmes sur le marché du travail a détruit des mythes tenaces. En Europe, le taux de fécondité de la femme au travail est supérieur à celui de la femme au foyer. En Europe du Nord, où la grande majorité des femmes occupe un emploi, il s’est stabilisé à 1,6 enfant ou plus, alors qu’il n’est que 1,2 ou 1,3 dans les pays d’Europe du sud, où on retrouve le plus grand nombre de femmes au foyer(1).

En Suède, pays où le taux de natalité est le plus élevé en Europe, les femmes qui ont fait des études universitaires ont le taux de fécondité le plus élevé. La décision des femmes d’avoir ou non des enfants est de moins en moins liée aux revenus de leur conjoint. Elle est tributaire essentiellement de l’obtention d’un emploi stable et de l’accessibilité de services de garde. Cela expliquerait le fait que les femmes préfèrent des emplois dans le secteur public, même si cela implique un salaire moindre, parce que la sécurité d’emploi y est plus grande que dans le secteur privé.

Les services de garde sont également bénéfiques pour les enfants, leurs bases cognitives étant scellées dès la petite enfance. Les services offerts aux enfants de 0 à 3 ans sont donc d’une importance capitale. S’il est accepté que la présence des parents est requise au cours de la première année – d’où la nécessité des congés parentaux – une prise en charge collective précoce des enfants entraîne plus tard des résultats scolaires plus homogènes entre les enfants provenant de différentes classes sociales.

La contribution du père à l’éducation des enfants est décisive, mais également sa participation à l’ensemble des tâches ménagères. Elle est tributaire de la capacité de la mère de convaincre le père de faire sa part et la position de la femme dans cette négociation dépend de son statut économique. Une plus grande égalité dans le partage des tâches diminue les risques de séparation et de divorce.

À défaut de services publics, la responsabilité de la garde des enfants échoue souvent aux grands-parents, avec le risque d’envenimer les relations entre parents et grands-parents. De plus, la fréquence à laquelle les grands-parents gardent leurs petits-enfants est inversement proportionnelle à l’intensité de la prise en charge.

De même, la qualité des relations des grands-parents avec leurs enfants dépend de la prise en charge publique ou familiale des aînés. C’est au Danemark, où l’État assume totalement la prise en charge des aînés, que les enfants visitent le plus régulièrement leurs parents.


Le calcul coûts/bénéfices

Bien entendu, il y a des coûts à ces programmes sociaux. Cependant, il faut tenir compte de leurs retombées positives. Camil Bouchard et l’économiste Pierre Fortin ont calculé que si on déduit du coût de deux milliards de dollars des services de gardes, les impôts et taxes payées par les 70 000 femmes, qui se retrouvent sur le marché du travail à cause de ces services, et les économies réalisées en aide-sociale et assurance-chômage, le résultat net est un bénéfice de 500 millions de dollars.

Un exercice similaire pourrait être fait pour les soins aux personnes âgées. Car, en l’absence de services publics, la prise en charge des aînés dépendants échouent aux enfants, la plupart du temps à la femme qui doit quitter le marché du travail, ce qui prive la société de sa contribution au travail social et l’État de revenus fiscaux.


Social-démocratie et syndicalisation, des sœurs jumelles

Le développement et le financement des programmes sociaux de la nouvelle social-démocratie sont liés à l’importance de la présence des femmes sur le marché du travail. Cependant, l’écart grandissant que l’on constate actuellement entre les revenus risque de pénaliser les femmes les moins qualifiées.

Encore une fois, la solution nous vient de la Scandinavie. L’écart de salaire y est très modeste parce que les femmes peu qualifiées trouvent un emploi avec des salaires relativement élevés étant donné que l’État-providence a créé un immense marché du travail féminin avec l’important développement de services publics.

Les pays scandinaves se distinguent du Québec par un taux de syndicalisation beaucoup plus élevé et le fait d’être des pays indépendants qui contrôlent l’ensemble de leurs politiques sociales.


Une approche antisyndicale

Au Québec, les gouvernements ont plutôt tenté de soustraire à la syndicalisation les nouveaux emplois dans les services publics. Le gouvernement Charest a adopté les lois 7 et 8 qui privaient du droit à la syndicalisation les responsables de services de garde en milieu familial (RSG), les ressources intermédiaires (RI) et les ressources de type familial (RTF) en leur niant le statut de salarié. Elles ont été jugées illégales et inconstitutionnelles par la Cour supérieure,

Auparavant, lors du Sommet du Déficit zéro de 1996, le gouvernement Bouchard avait choisi de confier à des entreprises d’économie sociale, et à leur personnel non-syndiqué et sous-payé, plutôt qu’aux travailleuses syndiquées des CLSC, les soins à domicile promis à une formidable expansion à la faveur du virage ambulatoire.

Heureusement, les travailleuses des entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD) ont entrepris un processus de syndicalisation, dans le sillon tracé par les éducatrices des Centres de la petite enfance (CPE) et des responsables de services de garde en milieu familial.

La syndicalisation est la voie à suivre pour ces employées du secteur public, mais également pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs, et plus particulièrement pour les quelques 30% de la main-d’œuvre, en majorité féminine, qui occupe des emplois atypiques, car l’écart de salaire horaire entre les travailleuses non-syndiquées et syndiquées au Québec est de 5,70 $.


L’avenir commence aujourd’hui

Historiquement, c’est le mouvement syndical qui a réclamé, revendiqué et arraché les assurances sociales caractéristiques de la période précédente de l’État-providence. Il a également été à l’avant-garde de la lutte pour l’obtention des services de garde et de l’équité salariale. Cela n’est pas étranger au fait que les femmes constituent aujourd’hui 48,8 % des effectifs syndicaux au Québec.

Que l’arrimage des revendications sociales à la question nationale par les forces progressistes ait permis au Québec de se démarquer en Amérique du Nord avec un taux de syndicalisation plus élevé, un plus faible écart entre les revenus et un large éventail de programmes sociaux est un fait indéniable. Cette perspective doit demeurer la nôtre, car si les femmes sont l’avenir de la social-démocratie, la social-démocratie n’a pas d’avenir sans un mouvement syndical fort et l’indépendance nationale.

  1. La perspective concernant l’avenir de la social-démocratie et les données sur l’Europe sont tirées du remarquable ouvrage de Gosta Esping-Andersen, Trois leçons sur l’État-Providence, La République des idées, Seuil.

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|8 mars : Journée internationale de la femme
3469|3543|International Manchettes Mouvements_syndical|La charge contre le gouverneur Walker se poursuit!|2012-03-07 14:50:52|Martin Cayouette|Les fonctionnaires de l’État du Wisconsin ont maintenant 1,2 million de signatures pour demander la révocation du gouverneur Scott Walker. Ils intensifient la pression cette semaine pour marquer le triste anniversaire de l’adoption illégale de la loi contre les employés de la fonction publique.

Phil Neuenfeldt, le président de l’AFL-CIO au Wisconsin s’exprimait ainsi, lundi soir, devant des militants de Racine: « Le gouverneur Walker promettait 250 000 nouveaux emplois dans notre État, mais depuis qu’il est au pouvoir nous en avons perdu pendant que le reste du pays en a gagné ». Il a ajouté : « Ses politiques ne favorisent que le 1% des personnes les plus riches, il tue graduellement la classe moyenne! ».

Peu de temps après son élection, il y a un peu plus d’un an, Scott Walker parlait de l’urgence de réduire le déficit de 137 millions $, alors qu’au même moment il offrait un crédit d’impôt de 140 millions aux entreprises.

Le 10 mars 2011, il adoptait illégalement une loi pour réduire les droits syndicaux au droit de négocier le salaire, excluant de la négociation les cotisations de retraite et de santé, les congés, tout en mettant fin au prélèvement automatique des cotisations syndicales.

Les manifestations se poursuivront mercredi à Milwaukee où des personnalités politiques prendront la parole. Il y aura une procession à la chandelle vendredi près du Capitole dans la ville de Madison au Wisconsin que 70 000 personnes avaient envahi en février 2011.

De nombreux manifestants sont d’ailleurs attendus samedi pour marquer la détermination des travailleurs de l’État à demander la révocation du gouverneur Walker.

« Scott Walker est malhonnête et ses politiques extrêmes nous mènent dans une situation où nous devons continuer d’agir. L’éducation de nos enfants et l’accès à un système de santé pour nos familles sont des enjeux essentiels auxquels nous tenons, la société que nous voulons léguer à nos enfants est en danger », de conclure Phil Neuenfeldt.|D’un représentant du Syndicat de Champlain (CSQ) présent au Wisconsin

3470|3544|Environnement Manchettes|Michel Venne dans le merdier minier|2012-03-09 08:03:00|André Bouthillier|

Qu'est-ce que l'Institut du Nouveau Monde INM vient faire dans le débat sur les mines? Qui lui a demandé de s'immiscer dans cette aventure politique et technique?

Nous avons déjà le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui, normalement, fait ce genre de travail de consultation de la population, et le gouvernement ne s'en prive pas surtout depuis qu'il lui a refilé le mandat, non seulement de mesurer les impacts environnementaux, mais aussi de la rentabilité des projets des promoteurs.

Qui peut bien avoir fait la demande à Michel Venne pour qu'il aille se foutre les deux pieds dans ce merdier minier et perdre sa crédibilité ? En échange de quoi ? Serait-ce une demande de notre Charest national ?

On sait que depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Charest fait la promotion de l'industrie minière avec nos taxes en soutenant des colloques comme « Québec exploration 2007 », qui s'est tenu annuellement et qui réapparaît en 2012 sous un nouveau nom: « Québec mine ».

On sait aussi qu'il consulte régulièrement les Québécois par sondage sur sa politique des ressources naturelles à propos du minéral, incluant le gaz et le pétrole.

Déjà les municipalités, les Municipalités régionales de comté (MRC), les associations industrielles, environnementales, autant que les partis politiques se sont prononcés à maintes reprises, en déposant des mémoires ou des avis sur ces questions. La population a même pu écrire sur le site internet du gouvernement.

Il y a eu des audiences du BAPE dans presque toutes les régions du Québec, que ce soit à propos du gaz de schiste, du passage d'un « pipeline », ou du forage dans le Golfe Saint-Laurent.

Même lorsque le gouvernement ne le voulait pas, les citoyens l'ont fait réfléchir à propos des mines de niobium ou d'uranium, sans compter tous les colloques tenus par des chaires d'études universitaire qui s'intéressent au minéral.

D'ailleurs nos élus ont eu à se farcir des heures et des heures d'auditions en commission parlementaire sur le sujet.... Plus consulté que ça tu étouffes sous l'avalanche de papier.

Et qu'est-ce que cela a donné aux gens de bonne foi qui ont participé ? 

Rien! Car l'industrie est parvenue à convaincre Jean Charest de ne pas toucher à ses « droits acquis », c'est-à-dire aux lois qui les gouvernent et qui furent adoptées dans un autre siècle et dans un autre contexte. Époque où on parlait encore de roi et de royaume du Canada.

Mais notre premier ministre à la solde de la famille Desmarais, ceux dont les bottines sentent le pétrole à plein nez, ceux qui se cachent derrière le voile corporatif de compagnies écrans, que ce soit à l'Île d'Anticosti ou en Gaspésie, ont bien besoin de protéger leur liberté d'action pour engranger les profits de l’exploitation de nos ressources minérales.

En 2010, comme nous pouvions nous y attendre, voilà que les membres du Parti Libéral du Québec se sont dégonflés devant leur conservateur de premier ministre et ont accepté d'interrompre le processus d'adoption d'un projet de loi qui touchait les droits acquis des minières.

Les droits acquis des travailleurs ça c'est grotesque et ils ne se gênent jamais pour les abolir, mais ceux des minières de notre classe d'affaires auto-promotrice et prometteuse, là monsieur-dame, on parle presque de discrimination.


Mais pourquoi une autre consultation?

...nommée cette fois Conversation publique sur l'avenir minier au Québec. Une autre consultation qui, dans les faits, n'en est pas une. Il s'agit d'une opération de mise en marché pour embellir l'image de l'industrie minière à la veille des élections provinciales, qui semblent devoir se tenir ce printemps.

Si, tel que prévu, la campagne électorale des libéraux est basée sur le Plan Nord de Jean Charest, il est évident que nous n'y parlerons pas de forêt! Il y en a si peu sous ces latitudes. Il faut donc que les Québécois adhèrent à sa vision minière, et les promesses d'emplois feront le reste, pour qu'il soit élu. 

Aucune autre raison ne pourrait soutenir la hâte de l'Institut du Nouveau monde de devoir sortir son rapport si rapidement. Même l'Association des prospecteurs trouvait l'échéance trop courte. Mais il faut savoir qu'en parallèle de cette démarche, le gouvernement a un plan de promotion des entreprises minières.

Entre autres, du 6 au 9 mars 2012, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) fait la promotion du potentiel minéral du Québec au PDAC à Toronto, le plus important congrès du genre au monde. Il y a beaucoup d'argent gouvernemental investi dans la promotion minière.

Le pavillon du Québec, le troisième en importance au salon, présente notamment les 18 projets géo-scientifiques réalisés en 2010 sur le territoire québécois, ainsi que l'inventaire des publications les plus récentes. Plus de 130 nouvelles cibles d'exploration y ont été dévoilées en primeur, portant à l'attention des compagnies d'exploration des secteurs prometteurs du territoire québécois.

Plusieurs partenaires du secteur minier québécois sont aussi présents au kiosque.

Donc, dans le cadre d'un « plan de marketing », Michel Venne vend sa crédibilité à Minalliance, organisme de lobby de l'industrie, et permettra ainsi à Jean Charest et aux promoteurs de l'industrie de se promener durant la période de campagne électorale avec un document qui fera l'apologie de l'industrie et du Plan Nord.

Je veux bien croire que, vous et moi, ne sommes pas des cons et que nous savons bouger dans une société où la politique est nécessaire pour garder en ordre la vie en commun.

Mais que voulez-vous que l'on dise de plus que ce que nous avons déjà dit et qui se redit dans toutes ces rencontres depuis 2007 ? Alors, cette démarche n'est pas pour consulter, mais pour convaincre.

Maintenant que notre premier ministre n'est plus le premier ministre des Québécois et Québécoises, mais celui des industriels, il se comporte en président de Chambre de commerce.

Non satisfait de faire la promotion de l'amiante et de se rendre en Inde lui-même, le voilà qui jouera sa chemise pour que l'on donne notre ressource naturelle à qui veut bien créer quelques jobs au Québec pour que lui garde la sienne et tienne ses promesses aux Desmarais.

Quelle promesse aurait-il faite aux Desmarais.... ses voyages à la chancellerie de Sagard, ne nous disent pas tout. Nous apprenons cependant que Robert Tessier, le président du conseil d'administration de la Caisse de dépôt, qui est un ancien employé de Monsieur Desmarais père, annonce que la Caisse investit de plus en plus dans l'énergie (lire pétrole, gaz de schiste).

Lorsqu'on apprend que Michael Sabia, président directeur général de la même Caisse, est invité chez Desmarais, voilà qui nous fait mieux comprendre le genre de discussion que John James Charest a avec son futur patron (ça c'est une autre histoire pour plus tard.)

En quoi le gouvernement du Québec a-t-il besoin à ce moment-ci? D'encore plus de consultation ? C'est qu'en tant que promoteur de l'industrie minière, il n'accepte pas la vision de la population qui, elle, continue à demander la même chose - de meilleures redevances payées par les minières au gouvernement, avoir un droit sur le fonds de terrain de sa propriété et civiliser les pratiques environnementales et de respect des populations des compagnies minières.



Une chape de plomb sur l'information environnementale

Comme l'explique l'avocat Jean Baril, il ne faut pas oublier que les consultations en commissions parlementaires nous ont fait découvrir que la Loi sur les droits miniers énonce que «sont confidentiels tous renseignements obtenus dans l'application de la présente loi» et que «malgré la Loi sur l'accès à l'information du Québec nul n'a droit d'accès aux documents et renseignements obtenus dans l'application de la présente loi».

Il est démesuré de prohiber la divulgation de tout document ou renseignement obtenus dans l'application d'une loi.

Comment les citoyens peuvent-ils alors juger de son application? Quant à la Loi sur les mines, elle contient deux dispositions dérogatoires à la Loi sur l'accès. La première, énoncée à son article 215, fait en sorte que tous les rapports annuels obligatoires des détenteurs de droits miniers sont exclus de l'application de la Loi sur l'accès.

Cette exclusion vise aussi tout document exigé pour un droit minier relatif au pétrole et au gaz naturel, ce qui est particulièrement important au moment où on semble vouloir se lancer dans l'aventure des gaz de schiste.

Si on peut admettre certaines exclusions de données financières, étendre le secret à tout type d'information, même celles pouvant être utiles à la protection de l'environnement, est gravement démesuré.


Rapport accablant

Il faut dire que les critiques se sont faites plus insistantes depuis la sortie en 2009 d'un rapport accablant du Vérificateur général du Québec.

Ce dernier y révélait qu'entre 2002 et 2008, «14 entreprises n'ont versé aucun droit minier alors qu'elles cumulaient des valeurs brutes de production annuelle de 4,2 milliards. Quant aux autres entreprises, elles ont versé pour la même période 259 millions, soit 1,5 % de la valeur brute annuelle».

Le Vérificateur général y faisait également état de plusieurs dizaines de terrains miniers laissés à l'abandon et dont la restauration est désormais à la charge des contribuables québécois. Une facture de plus de 300 millions.

Il est vrai qu'il ne faut pas négliger le fait que les minières génèrent un total de 36 000 emplois directs. En ce qui a trait aux retombées pour le Trésor québécois, on parle d'une contribution fiscale nette — incluant l'impôt sur le revenu, les taxes, les droits miniers et les claims — de 281 millions $ en moyenne chaque année, entre 2000 et 2007. Pendant la même période, Québec a accordé une aide annuelle moyenne de 110 millions $ aux minières.

Avouez, que c'est pas fort la tonne ?

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|L'Institut du Nouveau Monde et Minalliance pavent le chemin à l'élection de Charest
3471|3545|Manchettes Mouvements_syndical|Wisconsin : Des travailleurs témoignent|2012-03-09 08:18:23|Martin Cayouette|



Le gouverneur Walker comprime l’économie

Les travailleurs du Wisconsin ont un message clair « Couper dans les services publics n’est pas un bon choix ». Ils précisent que les compressions touchent toute la population. Les ventes des entreprises diminuent, le taux de chômage augmente et le gouvernement local et l’État perçoivent moins de taxes.


Compressions dans les services publics

En 2011, le gouverneur Scott Walker a réduit les budgets de l’éducation de 418 millions $. L’enseignante Christina Brey explique : « Nous n’avons plus d’argent pour acheter des crayons et des feuilles de papier, plusieurs enseignants achètent donc personnellement du matériel scolaire pour leurs élèves ». Elle évalue que les enseignants dépensent en moyenne 400$ à 600$ pour leur classe. Au Canada, la moyenne est de 450$.

Les soins de santé et la prévention ont subi des coupes de 229 millions $. Kelley Albrecht, mère de trois enfants témoigne : « Lorsque mon plus jeune fils a eu besoin d’une opération, j’avais à choisir entre conserver ma maison et payer pour ses soins de santé, de l’aider davantage au détriment de ses deux frères ». Avec rage, elle affirme : « Je ne veux plus faire ces choix, je veux un système de santé accessible à tous! ».


Les impacts de la Loi 10

La Loi 10 adoptée l’an dernier sous le gouvernement Walker a amené les travailleurs de l’État du Wisconsin à payer davantage pour leur programme de santé et leur régime de pension.

Pour une personne qui gagne 40 000$ par année, cela représente des coûts supplémentaires de 3 668$. L’Institut pour l’avenir du Wisconsin estime l’impact de cette loi à 700 millions $ pour l’économie locale.

L’aide fédérale refusée

Au cours de la dernière année, le gouverneur Walker a refusé plusieurs programmes d’aide du gouvernement Obama sous prétexte qu’ils amenaient des déboursés supplémentaires pour l’État du Wisconsin.

Il s’agit de plus de 4 700 emplois à temps plein perdus pour l’entreprise privée en refusant le projet de train à grande vitesse (390 millions $), l’aide médicale (130 millions $) et l’accès Internet au régions éloignés ainsi qu’aux espaces publics (23 millions $).

Les travailleurs poursuivent leurs manifestations cette semaine pour demander que la classe moyenne recouvre ses droits et revendiquent la démocratie et la justice dans le plus grand intérêt de la population du Wisconsin.

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|Propos recueillis par un membre du Syndicat de Champlain
3472|3546|Langue Manchettes|Anglais, langue de travail|2012-03-09 08:39:32|Mouvement Québec français|

« Le Québec joue sur deux tableaux : d'une part, il dépense des  millions pour franciser les allophones et d'autre part, il finance indirectement leur anglicisation ». Voilà le lourd constat fait par Patrick Sabourin, président de l'Institut de recherche sur le français en Amérique, à l'issue d'une  table-ronde organisée par le Mouvement Québec français, le 6 mars dernier, à laquelle plus de 100 personnes ont assisté.

Les résultats de sa recherche démontrent que la proportion d'emplois dont la langue de travail est l'anglais est largement supérieure à la proportion d'anglophones vivant au Québec : 13,9 % des Québécois travaillent en anglais alors que le pourcentage d'anglophones est inférieur à 9%. Cela signifie que 135 000 emplois dont la langue de travail est l'anglais sont occupés par des non-anglophones.

Pis encore; presque le tiers des fonctionnaires avouent devoir utiliser l'anglais de façon régulière au travail, contrevenant ainsi à la loi 101. Ils le font pour « accommoder » les allophones qui sont nombreux à ignorer le français ou mal le connaître.

« Le nombre d'immigrants est à la hausse et les budgets de francisation sont gelés », déplore le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, qui participait également à cette table ronde.

«  Il y a bien sûr des comités de francisation dans les entreprises de plus de 50 employés, mais ces comités fonctionnent peu ou pas et les inspecteurs ne sont pas en nombre suffisant pour faire respecter la loi », ajoute Marc Dean du Parti québécois.

Les trois quarts des emplois en anglais se retrouvent à Montréal, majoritairement  dans l'enseignement et dans les services de santé.

Le Mouvement Québec français de la Capitale-Nationale considère qu’il est complètement aberrant que les Québécois et Québécoises aient à payer de leurs poches pour angliciser davantage Montréal et contribuer à angliciser les immigrants et les allophones. 


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|135 000 emplois dont la langue de travail est l'anglais sont occupés par des non-anglophones
3473|3547|Société Accueil_Analyses|Pour une réforme du système de santé|2012-03-09 08:43:28|André Bouthillier|

Bon je l’sais, vous prenez soin de votre santé et jamais, mais au grand jamais vous n’avez l’intention de faire appel aux services de santé. Mourir en santé et mourir de rire sont mes deux objectifs principaux dans la vie. Si vous avez aussi cette intention, cela vous honore.

Bien que plusieurs essaient de nous faire croire que c’est toujours de notre faute si on est malade… nous ou bien un gène de nos parents passé par l’ADN…dès lors nous sommes tous des abuseurs de soins de santé. Admettons que mon grand-père celte a trop bu de bière frelatée et m’a légué un foie… disons … endommagé. Alors, je ne vais pas demander à tout l’monde de payer pour moi.

Sauf que dans les années 60 j’ai accepté de participer à une assurance. Comme je l’ai fait pour mon char, j’ai assuré ma santé personnelle auprès de l’Assurance hospitalisation du Québec en 1961. Au moment où je risque d’être malade, la compagnie m’apprend qu’elle n’a pas l’argent pour couvrir mes soins. Pourtant durant les 10 dernières années, mes primes ont augmenté et mon assureur a décidé qu’il pouvait réduire volontairement ses revenus de 117 milliards de $.

Hey! L’arnaque ça va faire. Alors, j’ai écouté des spécialistes de la santé qui m’ont expliqué que mon gouvernement, s’cusez, mon assureur me mentait. Alors, j’ai bien lu ce qu’ils disaient ci-dessous. J’ai fait un copier-coller et je l’ai envoyé à mon député et au ministre de la Santé … Çé ben le minimum que je peux faire….Une assurance c’est pas le bien-être social. Je paye mon assurance, je veux du service. Point.  

Je vous incite à faire la même chose….Si un jour et je dis bien SI, vous mourez autrement qu’en santé, il serait utile de ne pas laisser une dette de soin de santé à votre succession, déjà que votre carte visa….enfin j’entre pas là-dedans….Vous trouverez ci-dessous le texte à copier coller.


***

POUR UN SYSTÈME DE SANTÉ DE QUALITÉ POUR TOUS

Nous souhaitons tous vivre longtemps et en bonne santé. Et tous, à un moment donné, nous ferons l'expérience de la maladie. À ce moment, nous aimerions recevoir des soins de qualité, le plus rapidement possible, dans un environnement accueillant et rassurant. C'est l'objectif de notre système de santé. Malheureusement, les résultats des recherches, des évaluations et des analyses que nous menons sur le système de santé du Québec nous inquiètent pour l'avenir. La source de nos inquiétudes peut être résumée en trois constats objectifs.

Premier constat, les problèmes de notre système de santé ne sont pas dus à un simple manque d'argent. Les données montrent que le Canada et le Québec sont parmi les juridictions qui dépensent le plus en santé à l'échelle mondiale.

Pourtant, par rapport aux grands pays développés nous avons proportionnellement peu de lits, peu de médecins et peu d'infirmières par habitant. Dit simplement nous payons très cher pour relativement peu de ressources et ceci est un fait objectif et indiscutable.

Encore plus problématique, au cours des dernières années nos dépenses de santé ont crû nettement plus vite que la richesse collective sans que ces investissements massifs ne se traduisent par une amélioration de la quantité ou de la qualité des services offerts.

En fait, et nous y reviendrons, l'accessibilité aux soins est de plus en plus limitée. Le fait que ce soient les dépenses de santé privées qui augmentent le plus rapidement n'est pas étranger à cette réalité.

Les leçons des dernières années indiquent hors de tout doute que d'ajouter plus d'argent dans le système actuel, que ce soit de l'argent public ou du financement privé, n'est pas la solution aux problèmes auxquels le système est confronté.

Second constat, le problème se situe au niveau de l'organisation du système de santé et de la manière dont on produit les soins, pas au niveau des grands principes sur lesquels repose notre système public et universel d'assurance maladie.

Malheureusement, il existe des groupes d'intérêts puissants qui utilisent les problèmes réels du système comme arguments pour tenter de rendre socialement et politiquement acceptables une privatisation du financement.

Or, le système de financement actuel fondé sur une cotisation principalement par le biais des impôts (plus on est riche plus on paye) et un accès sur la base des besoins (couverture universelle) est un actif fondamental qu'il faut conserver. Ce système d'assurance publique est sain et produit effectivement les résultats escomptés en termes d'équité d'accès aux soins.

Pour prendre une analogie, le système de santé québécois a une jambe malade, la manière dont on produit les soins, et une jambe saine, la manière dont on finance les soins. Les chantres de la privatisation veulent couper la jambe saine et laisser le marché s'occuper de la gangrène dans l'autre jambe.

L'effet prévisible d'un recours accru au financement privé est un accroissement des problèmes. Il n'existe absolument aucune base scientifique crédible ni aucune leçon tirée d'un autre pays qui permettent de justifier le financement privé du système de santé. Au contraire, nous devons réaffirmer et renforcer le caractère public du financement de notre système de santé.

Troisième constat, la trajectoire d'évolution du système de santé est inquiétante. Les services auxquels la population a accès stagnent ou se dégradent. On déplore des problèmes d'accès aux services de première ligne, aux services diagnostiques, aux services spécialisés. Les professionnels sont désabusés, souvent épuisés et peu appuyés dans leur pratique.

Simultanément, on observe le développement d'un secteur privé peu et mal encadré qui consomme une part croissante de nos ressources humaines et financières, qui contribue peu à la santé de la population, mais qui créé des iniquités dans l'accès aux soins.

Finalement, les besoins de la population évoluent (augmentation des maladies chroniques, vieillissement de la population) et vont créer de nouveaux défis. Or, nous croyons que les interventions actuelles ne permettent ni de corriger les dysfonctionnements du système, ni de l'orienter de façon à mieux répondre aux défis futurs.

En tant qu'experts en analyse des systèmes de santé, nous sommes profondément inquiets et nous pensons qu'il est urgent de sortir de la complaisance, du corporatisme et de l'attentisme.

Pour maintenir un système de santé en mesure de couvrir les besoins de l'ensemble de la population avec les ressources financières dont nous disposons, il faut à court terme profondément transformer la manière dont les soins sont offerts.

Ni la cause des problèmes actuels ni leurs solutions ne se trouvent au niveau individuel. Les professionnels qui travaillent dans le système de santé sont, dans leur immense majorité, compétents et bien intentionnés.

De même, l'épouvantail du patient surconsommateur qui encombre les urgences et les couloirs des hôpitaux devrait aller rejoindre les autres personnages imaginaires qui font peur aux petits enfants et arrêter d'encombrer les débats sérieux.

Les solutions sont systémiques, collectives et publiques. Elles passent par une révision profonde de la façon dont la médecine au sens large est pratiquée, ce qui implique de repenser le rôle et les fonctions des professionnels, des établissements et du Ministère.

Nous devons développer une vision collective de ce que serait un système de santé adapté aux défis de demain. Pour sortir de l'ornière où le débat est enlisé, nous proposons dix principes de base qui sont incontournables pour faire face aux défis actuels.


Un système public et universel

Prétendre qu'il y a quoi que ce soit à attendre d'un recours accru au financement privé, que ce soient les paiements directs ou les assurances complémentaires, relève soit de l'ignorance ou de la propagande.

Défendre des soins de qualité, accessibles et collectivement abordables implique, avant toute chose, un financement public.

Il faudrait donc mettre fin au processus de désassurance passive de services ainsi qu'aux divers « frais afférents » demandés aux patients et rapatrier au sein des services couverts par la RAMQ l'ensemble des tests diagnostiques, procédures et matériels nécessaires aux soins et dont l'efficacité a été scientifiquement démontrée.

Un vrai régime universel d'assurance médicaments permettrait des économies substantielles. Par ailleurs, certains services actuellement financés sur une base privée pourraient être intégrés au système public de santé. Ainsi:

1.    Le financement du système doit reposer sur une contribution progressive en fonction du revenu de façon à offrir de façon équitable à chacun tous les soins requis.


Des soins de première ligne de proximité

L'ensemble des connaissances scientifiques disponibles confirme qu'une première ligne forte a des effets positifs sur la santé des personnes sur la qualité et sur les coûts du système de santé.

Une première ligne forte offre à la totalité de la population des soins de premier contact accessibles en tout temps, des soins globaux à toutes les périodes de la vie, pour la majorité des problèmes de santé, tout en offrant une fonction de coordination pour les services diagnostiques et spécialisés nécessaires. En conséquence, la solution aux problèmes actuels implique:

2.    que le gouvernement mette en place et soutienne avec beaucoup d'énergie et de cohérence le déploiement d'organisations de soins réellement responsables de fournir l'ensemble des soins de proximité à la population de son territoire 24 h sur 24 h, 7 jours sur 7.

3.    que le gouvernement, les ordres professionnels et les fédérations médicales travaillent collectivement pour que la prise en charge des patients en première ligne soit globale multidisciplinaire avec un rôle et une étendue de pratique accrus pour les pharmaciens, les infirmières, les sages-femmes, et autres professionnels.

4.    que les médecins omnipraticiens actuellement en exercice réorientent leurs modes de pratique vers une vraie médecine familiale, au sein de ces organisations.

5.    que ces organisations de première ligne jouent un rôle central et déterminant dans l'accès aux services diagnostiques, aux soins spécialisés et dans la coordination des soins pour les patients dont ils ont la responsabilité. Les organisations et professionnels de santé de deuxième et troisième ligne tels les centres hospitaliers et les médecins spécialistes doivent orienter prioritairement leurs rôles, fonctions et services de façon à supporter ces organisations de première ligne.

6.    que les facultés de médecine et le Collège des médecins interviennent pour modifier le ratio omnipraticiens/ spécialistes de manière à ce que la majorité des médecins choisissent la médecine de famille et que le nombre de postes par spécialité soit établi en fonction des besoins de santé anticipés.

7.    que les organisations locales de santé, d'éducation, de services aux ainés, de services municipaux, etc. travaillent de façon coordonnée et fassent de la prévention des problèmes de santé une de leurs responsabilités.


Organiser la dispensation de soins

Le prix unitaire des services et la rémunération des professionnels sont nettement plus élevés au Canada et même au Québec que dans la plupart des pays industrialisés. Même si nos dépenses sont élevées, nous avons donc proportionnellement relativement peu de médecins, peu d'infirmières et peu de lits. Il est possible d'offrir à toute la population du Québec des soins accessibles et de première qualité avec les ressources humaines et matérielles actuelles, mais uniquement si, de façon proactive et collectivement, nous révisons la façon dont est structurée l'offre de soins. Ceci implique entre autres:

8.    que le Ministère, les Agences et les établissements implantent un système d'information clinique et administratif unifié pour à la fois soutenir les professionnels dans leur travail et produire une information fiable sur le fonctionnement des organisations et du système.

9.    que le Ministère et les Agences s'assurent que les modes de financement des établissements et de rémunération des professionnels soient cohérents avec les modes de pratiques souhaités. Ceci implique aussi que les liens financeur-financés, employeurs-employés soient modifiés afin de donner aux diverses organisations du système de soins des leviers pour l'organisation des services dont ils sont responsables.


Des soins pertinents

De nombreux services médicaux et chirurgicaux sont offerts à des patients pour lesquels ces interventions ne sont pas indiquées ou encore sont utilisés malgré l'absence de preuves scientifiques convaincantes de leur efficacité. Ces services non pertinents constituent un volume et des coûts très importants. Pour améliorer la santé et la qualité de vie de la population et pour limiter les dépenses inutiles, il faudrait:

10.  que le Collège des médecins, le Ministère et l'INESSS fassent de la pertinence des soins un dossier prioritaire et interviennent de manière coordonnée et agressive pour limiter autant que possible la dispensation de soins non pertinents.

Nous sommes parfaitement conscients que toutes ces propositions sont politiquement difficiles à mettre en œuvre et qu'elles risquent de se heurter au lobby de groupes d'intérêt puissants.

Toutefois, en tant qu'experts et en tant que citoyens nous croyons qu'il est indispensable et urgent d'agir pour garantir un accès à tous à un système de santé de qualité.

L'histoire de notre système de santé est une saga de mesures à la pièce et de réformes à demi-implantées. Nous ne pouvons continuer ainsi. Seuls un renforcement du système public d'assurance et une transformation profonde, intégrale et cohérente de l'organisation des soins permettront de mieux répondre à nos besoins de santé, d'aujourd'hui et de demain.


L’adresse courriel pour rejoindre le ministre Monsieur Yves Bolduc : ministre@msss.gouv.qc.ca

 

Cliquez ici pour rejoindre votre député

 Vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade ou l’inverse, ou tout autre combinaison de l’adage


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|Nous avons relativement peu de médecins, d'infirmières et de lits.
3474|3548|Accueil_Actualités|Défense du français : Le temps d’agir!|2012-03-09 09:24:39|Impératif français|

Avec votre participation, nous lançons aujourd'hui une grande manifestation citoyenne virtuelle.

Il faut que le message soit clair! L'avantage d'une manifestation virtuelle, c'est qu'elle permet à tous et à toutes de s'exprimer.

Nous vous invitons à poser les trois gestes démocratiques suivants. Ceux-ci ne réclament tout au plus que quelques minutes au plus de votre temps, mais ne seront pas sans effets! Faites-vous entendre! Le plaisir vient en s'exprimant!

1) Copier/coller la pétition ci-dessous dans un autre courriel et, si vous le désirez, vous pouvez la modifier ou y ajouter d'autres éléments.

2) Expédier la pétition aux adresses suivantes et, si vous le désirez, vous pouvez en ajouter, celle de votre député ou députée par exemple.

3) Faire suivre ce courriel-ci à toutes vos connaissances pour qu'elles aient aussi la chance de manifester leur opposition à l'anglicisation de nos établissements scolaires et universitaires. Soyons nombreux!

Pétition « Non à l'anglicisation de notre système d'éducation! »

Madame,
Monsieur,

Nous nous opposons à l'anglicisation du système d'éducation québécois.

Nous disons

- NON à l'anglicisation du régime pédagogique de 6e année!
- NON à l'enseignement de l'anglais à compter de la 1re année!
- NON aux écoles privées passerelles anglicisantes!
- NON à l'offre de programmes d'études en anglais dans nos universités et collèges!
- NON à toutes les mesures d'anglicisation du Québec!

Au Québec, du français il en faut plus; pas moins!

*****************

Pour envoi aux adresses électroniques suivantes et plus si vous le désirez :

line.beauchamp@mels.gouv.qc.ca
ministre@mcccf.gouv.qc.ca
pauline.marois@assnat.qc.ca
sgaudreault-jonq@assnat.qc.ca
mmalavoy-tail@assnat.qc.ca
gdeltell-chau@assnat.qc.ca
akhadir-merc@assnat.qc.ca
pcurzi-bord@assnat.qc.ca
jmaussant-niya@assnat.qc.ca
courrier@fcpq.qc.ca
info@fcsq.qc.ca
recteur@umontreal.ca
michel.patry@hec.ca
Denis.Briere@rec.ulaval.ca

***

Impératif français
Recherche et communications
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|Grande manifestation citoyenne virtuelle
3475|3549|Accueil_Actualités|Réplique au maire d’Huntingdon|2012-03-09 10:25:21|Mario Beaulieu|L’auteur est président du Mouvement Québec français

En s’attaquant à la loi 101, Stéphane Gendron reprend toute une série de clichés qui ont souventes fois servi à réprimer le débat linguistique. Pendant longtemps, tout mouvement de défense ou de promotion du français a été taxé d’alarmisme ou de xénophobie.

Sous l'effet de telles accusations, la question linguistique est devenue un sujet tabou. Toute remise en question de la sécurité ou de la supposée paix linguistique était éludée promptement. Il fallait à tout prix éviter d'ouvrir «la marmite linguistique». C’est ce qui a permis d’affaiblir la Charte de la langue française par plus de 200 modifications sans susciter de réactions trop vives.

En fait, avoir une langue commune est un facteur d’inclusion et non pas d’exclusion. Le français est le ciment qui relie tous les citoyens qui forment le peuple québécois. Défendre le français au Québec, c’est inclure les Québécois de toutes origines et de toutes langues maternelles. Pour former une société cohérente, il faut pouvoir se parler, il faut connaître une même langue. C'est en participant pleinement à une culture publique commune que tous les citoyens peuvent s'y intégrer et l'enrichir des apports de leur culture d’origine.

C’est dans cet esprit inclusif que la Charte de la langue française a été établie. Voici ce qu’on pouvait lire en 1977, dans l’énoncé de politique qui précéda l’établissement de la Loi : « Autant la pluralité des moyens d’expression est utile et féconde sur un même territoire, autant il est nécessaire que, comme un préalable, un réseau de signes communs rassemble les hommes. Sans quoi ne sauraient subsister la cohésion et le consensus indispensables au développement d’un peuple. »

Les lois linguistiques existent partout dans le monde et, dans la plupart des états nationaux, l’éducation publique se fait exclusivement dans la langue de la majorité. Ce sont les mesures scolaires de la loi 101 qui ont permis que les enfants de toutes langues et de toutes origines puissent fréquenter les mêmes écoles au Québec.

Ce sont précisément ces mesures qui ont le plus contribué à la fois à l’ouverture des écoliers francophones et à l’inclusion des nouveaux arrivants. Sans loi 101, il n’y aurait pas eu ces enfants de la loi 101 qui constituent sans doute le symbole le plus palpable de l’intégration des nouveaux citoyens à la société d’accueil québécoise.

La loi 101 n’a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel. Elle visait à faire du français non pas l’une des langues officielles, mais plutôt la seule langue officielle du Québec. Elle devait faire du français non pas la langue des seuls francophones, mais la langue commune de tous les Québécois.

Que les Anglo-Québécois parlent anglais entre eux, les Sino-Québécois, mandarin, les Maghrébo-Québécois, arabe, etc., rien de plus normal. Cependant, lorsque des personnes de langues diverses se croisent au Québec, le français devrait être la langue normale et habituelle de leurs échanges.

Le statut du français comme langue publique commune est la condition première afin d’assurer l’avenir du français au Québec, seul État majoritairement francophone de l’Amérique du Nord. C’est pourquoi la Loi 101 visait à faire du français non pas une langue officielle, mais plutôt la seule langue officielle du Québec.

La connaissance de plusieurs langues constitue un enrichissement personnel. Mais le bilinguisme anglais-français des institutions publiques crée un clivage qui nuit à l’intégration. René Lévesque affirmait qu’à sa manière, chaque affiche bilingue dit à l’immigrant : il y a deux langues ici, le français et l’anglais; on choisit celle qu'on veut. Elle dit à l'anglophone : pas besoin d’apprendre le français, tout est traduit.

De même, si les services publics sont systématiquement disponibles dans les deux langues, les nouveaux citoyens comprendront que la société d’accueil québécoise ne tient pas plus qu’il ne le faut à ce qu’ils apprennent le français. Dans le contexte canadien et nord-américain, le français est alors forcément perçu comme une langue utile, mais non nécessaire.

Pour inclure, il faut d’abord commencer par ne pas s’exclure. Il faut oser soulever le vrai débat de fond. Il faut le faire rationnellement et sereinement avec tous les citoyens. C’est une condition d’ouverture et de solidarité.|La loi 101 est un facteur d’inclusion et de rassemblement
3476|3550|authebdo|authebdo - 9 mars 2012|2012-03-09 10:39:56|L'aut'journal|Plus de 4 000 visites par jour

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles :

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


8 MARS

Les femmes sont l’avenir de la social-démocratie
Journée internationale de la femme
par Marc Laviolette, Pierre Dubuc, Hélène Guay et Lucie Tessier du SPQ Libre

La présence sous-estimée des femmes artistes
De l’école primaire à l’université, elles ont renouvelé l’enseignement des arts
par Ginette Leroux


MOUVEMENT ÉTUDIANT

The Prince Arthur Herald, le journal « étudiant » qui combat le mouvement étudiant
La Sainte Alliance pour la hausse des droits de scolarité : The Prince Arthur Herald, IEDM et Réseau Liberté Québec
par Réjean Parent

Une quasi-gratuité à préserver
Pour maintenir la solidarité sociale qui prévaut au sein de la communauté québécoise
par Louis Bernard


MOUVEMENT SYNDICAL

L’entente secrète avec Rio Tinto Alcan
Son impact sur l’opinion publique au Saguenay Lac St-Jean
par Marcel Lapointe

La charge contre le gouverneur Walker se poursuit!
D’un représentant du Syndicat de Champlain (CSQ) présent au Wisconsin
par Martin Cayouette

Wisconsin : Des travailleurs témoignent
Propos recueillis par un membre du Syndicat de Champlain
par Martin Cayouette


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

Les États généraux sur la souveraineté, c’est parti !
Un document de discussion sera soumis au débat public dans quelques semaines

La disparition du Parti Québécois serait une catastrophe
Cet article paraît dans le cadre d’un débat sur l’avenir du PQ dans l’édition du mois de mars de la revue Relations
par Pierre Dubuc


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Michel Venne dans le merdier minier
L'Institut du Nouveau Monde et Minalliance pavent le chemin à l'élection de Charest
par André Bouthillier


POLITIQUE CANADIENNE

Assurance-emploi – De pire en pire!
Plus de la moitié des demandes sont traitées hors délai


INTERNATIONAL

8ième Semaine annuelle contre l'apartheid israélien
Jusqu’au mardi 13 mars, de nombreux évènements dans les universités


LANGUE

Réplique au maire d’Huntingdon
La loi 101 est un facteur d’inclusion et de rassemblement
par Mario Beaulieu


Anglais, langue de travail
135 000 emplois dont la langue de travail est l'anglais sont occupés par des non-anglophones
par Mouvement Québec français

Les HEC et la logique de la concurrence
Valoriser le passé est-il compatible dans une économie de marché?
par Martin Lavallée

Défense du français : Le temps d’agir!
Grande manifestation citoyenne virtuelle
par Impératif français


SOCIÉTÉ

Pour une réforme du système de santé
Nous avons relativement peu de médecins, d'infirmières et de lits
par André Bouthillier

Maintien à domicile des personnes âgées
Le crédit d'impôt bénéficie surtout aux plus nantis
par Jacques Fournier


ENVIRONNEMENT

Uranium: Sept-Îles mobilise ses troupes à Toronto
Avez-vous déjà entendu M. Charest parler publiquement d'uranium dans son Plan Nord? Jamais

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3477|3551|Société|23 bonnes raisons... et tellement d'autres encore !|2012-03-11 20:48:46|L'aut'journal|



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|[Vidéo] 23 bonnes raisons... et tellement d'autres encore !
3478|3552|Manchettes Mouvements_syndical|Rio Tinto Alcan : Le maître de chez nous !|2012-03-11 21:23:40|Marcel Lapointe|

Si, comme le dit l’économiste et professeur à l’UQAC, Marc Urbain Proulx, moins de 10 % des coûts de production de l’aluminerie d’Alma sont consacrés aux impératifs des conventions collectives, le discours à la mode voulant que pour être compétitive, Rio Tinto Alcan (RTA) doive laisser la porte grande ouverte de son aluminerie aux sous-traitants sonne faux.

Avec des coûts de main-d'oeuvre aussi bas, l’acharnement de RTA à vouloir les diminuer davantage n’a, à mon sens, qu’une seule raison : créer, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, un « tiers-monde » version Nord américaine. Sinon, pourquoi chercher à remplacer les travailleurs qui partiront à la retraite par des travailleurs sous-traités que RioTinto Alcan n’aura plus à payer ?

Quel taux satisfera la compagnie? Celui permettant à Tony Albanese, PDG de Rio Tinto, de pouvoir rivaliser un jour avec le mexicain, Carlos Slim, assis sur une fortune de 69 milliards de dollars?

Avec des bénéfices de l’ordre de 24 % juste ici à Alma, en plus de marges de 40 % provenant de l’exploitation d’autres minerais comme le fer, comment expliquer qu’Albanese n’apparaisse pas parmi les dix milliardaires les plus riches du monde ?

Selon les derniers chiffres fournis par le magazine Forbes, à eux seuls, ces sieurs-dames totalisent, la faramineuse fortune de 400 milliards.

Selon Myriam Ségal, dans une récente chronique au Quotidien de Saguenay, RTA vendra son aluminium plus cher à cause du conflit.

Mais Rio Tinto Alcan n’est qu’un petit joueur dans le commerce mondial de l’aluminium. Rio Tinto peut influencer le cours du fer, parce qu’il est un producteur majeur de boulettes, mais pour le métal blanc, non.

En outre, à cause des hauts inventaires mondiaux d’aluminium dus à la crise, une des raisons du conflit d’Alma selon Marc Urbain Proulx, il est impensable pour RTA de vendre son aluminium plus cher.

Toujours selon madame Ségal, le bras de fer qui oppose STAA (Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma) et RTA ne fera que des perdants.

Ça, c’est l’argument « cartomancien » destiné à décourager toute velléité de résistance face au démantèlement appréhendé du syndicat par la compagnie.

C’est un des arguments phares du discours économique dominant avec lequel les imprécateurs se gargarisent, ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour influencer l’opinion publique.

Un autre argument de madame Ségal pour démontrer l’inutilité, voire la dangerosité pour le STAA de s’opposer à RTA : celui du vil prix de l’électricité offert par les pays émergents pour produire.

Oui, si les compagnies ne considéraient que les coûts d’énergie pour faire des affaires quelque part! Mais, ici, mis à part le vil prix de l’hydroélectricité accordée à RTA, le Saguenay-Lac-Saint-Jean offre des conditions que jamais le Cameroun, le Vietnam, l’Arabie ne pourront offrir.

RTA peut vendre ses surplus d’électricité durant son lockout  et bénéficier d’un prêt sans intérêt de 400 millions remboursable dans trente ans.

En plus de jouir d’une « aide fiscale » de 112 millions garantis, RTA est propriétaire de 30 km sur la rivière Saguenay pour y faire turbiner à profit trois barrages et loue la rivière Péribonka pour y faire turbiner trois autres barrages.

Ces deux dernières conditions fournissent à RTA un avantage de 700 millions par année sur des concurrents comme, la compagnie Alouette. A mon point de vue, cela représente davantage que le beurre et l’argent du beurre.

Ici, nous offrons d’autres avantages que des pays émergents n’offriront pas de sitôt. Un environnement favorable à la recherche et au développement en partie subventionnés par nous; la possibilité pour la compagnie de vendre des crédits de carbone pour faire des économies d’échelle ; la garantie d’une stabilité politique à toute épreuve, parlez-en aux anarchistes ou aux rouges; l’assurance, donc, d’une paix sociale blindée. Parlez-en aux dirigeants de SNC-Lavalin, qui ont fait des affaires avec Kadaffi en Lybie.

Jamais un pays émergent ne sera, un jour, capable de consentir un forfait royal de la sorte. À telle enseigne, que je me demande comment il se fait que, Jeannois et Saguenéens, ne soyons pas encore propriétaires d’un complexe intégré de production d’aluminium. De la production d’énergie propre et renouvelable jusqu’à la troisième transformation, en passant par la production de lingots.

Et ça se dit, vouloir, un jour, être Maîtres Chez Nous !

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|Quand, en plus, on invoque des arguments « cartomanciens »…
3479|3553|Manchettes Mouvements_syndical|Wisconsin : Les musiciens s’impliquent dans la lutte|2012-03-11 21:28:05|Martin Cayouette|

Depuis près d’un an, des citoyens de Madison se réunissent, du lundi au vendredi à midi, devant le Capitole de Madison, dans l’État du Wisconsin. Ils poursuivent leur travail inlassablement à chaque jour avec une énergie qui inspire les travailleurs des services publics à poursuivre leur lutte.

La plupart du temps, ils s’exécutent à l’intérieur du Capitole, mais ils jouent parfois à l’extérieur, lorsque des activités sont prévues dans la rotonde. Le 9 mars 2012, ils manifestaient pour la 308e fois afin de demander le départ du gouverneur Scott Walker. La xylophoniste du groupe précise : « Je les accompagne 3 ou 4 fois par semaine, il y a une telle énergie que ne je peux que continuer à militer! »

Pendant plus d’une heure, ils ont interprété « De quel côté êtes-vous?; Ramenez mon Wisconsin; Cette terre est la nôtre; Solidarité pour toujours », et plusieurs autres chansons.

Ils interpellent également les frères Koch qui détiennent la 3e plus grosse fortune aux États-Unis et qui contribuent généreusement à la caisse du parti Républicain de Scott Walker (4e plus grand contributeur).

Les frères Koch sont également impliqués dans la promotion des gaz bitumineux au Canada et ont des liens avec le gouvernement Harper. « Les frères Koch veulent acheter le monde… il n’y a qu’une seule chose qui les intéresse, c’est de payer moins de taxes… nous voulons leur enseigner qu’une réelle démocratie tient compte des travailleurs », chantent les citoyens engagés.

La chorale est composée de travailleurs des services publics et privés, de retraités, d’artistes et d’étudiants qui s’inspirent d’une citation de Lou Berryman « Je ne peux vous dire si la musique change le monde, mais je sais que cela change les gens, une personne à la fois ».

Auparavant, les musiciens pouvaient s’exprimer à l’intérieur du Capitole, mais la loi a été modifiée. Dorénavant, seuls les chanteurs sont autorisés à le faire. Les musiciens sont confinés à l’extérieur.

Des photos de leur prestation du 9 mars 2012 : https://plus.google.com/115258091097938609329/posts?hl=fr

Vous pouvez écouter une de leur prestation à l’intérieur du Capitole de Madison : http://www.youtube.com/watch?v=KOUyxckLLWw

Ainsi qu’une autre à l’extérieur du bâtiment : http://www.youtube.com/watch?v=r3FUmRzluzA

Les artistes alter citoyens sont membres du mouvement « Paix et justice pour le Wisconsin » : http://wnpj.org/node/5221

Les paroles des chansons peuvent être téléchargées à http://www.wnpj.org/sites/default/files/pdf/Solidarity_Sing-Along_28-song_book.pdf

Ils possèdent également un compte Facebook : http://www.facebook.com/SolidaritySingAlong?sk=info

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|Ils se réunissent, du lundi au vendredi à midi, devant le Capitole de Madison
3480|3554|Manchettes Mouvements_syndical Mouvements_des_femmes|Hommage à Madeleine Parent|2012-03-12 14:10:33|L’aut’journal|

Madeleine Parent est décédée aujourd’hui à l’âge de 93 ans. En juin 2006, Madeleine Parent, dans ce qui allait être une de ses dernières apparitions publiques, co-présidait avec Michel Chartrand, alors âgé de 90 ans, une assemblée du SPQ Libre portant sur le mouvement syndical. Elle y livrait un double message en faveur de l’unité syndicale et politique. Un mois auparavant, elle accordait à Vincent Larouche de l’aut’journal, une entrevue, dans laquelle elle développait les même thèmes. Nous reproduisons cet article encore d’une brûlante actualité.



N° 249 - mai 2006

On ne battra pas Charest et Harper en divisant le vote !
Madeleine Parent fustige le manque de solidarité

Vincent Larouche
 
À l’occasion du Premier Mai, c’est un vibrant plaidoyer pour l’unité syndicale que lance la syndicaliste Madeleine Parent. En entrevue avec l’aut’journal, la militante de 87 ans affirme tout de go que l’un des principaux facteurs qui ont nui aux travailleurs pour les négociations dans la fonction publique est le manque de solidarité entre les différentes composantes du mouvement syndical. « C’est évident, et les syndiqués le savent aussi ! affirme-t-elle. Il y en a qui ont pensé pouvoir réussir tout seuls, sans les autres. Ils ont vu que ce n’était pas possible. »

Depuis sa retraite, Madeleine Parent n’a jamais arrêté de suivre ce qui se passe au sein du mouvement syndical québécois, canadien et américain. Abonnée au Devoir, à La Presse, au Globe and Mail, au New York Times et au Guardian de Londres, elle suit l’actualité religieusement. Elle reste aussi en contact avec plusieurs syndicalistes québécois, dont la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, en qui elle dit avoir une confiance absolue. « Nous nous parlons souvent. J’étais au congrès quand elle a été élue, et je l’appuierai tant qu’elle sera là », dit-elle.

Forte de son expérience dans la lutte contre des gouvernements aussi anti-syndicaux que celui de Maurice Duplessis, elle explique que les libéraux ont semé la discorde volontairement, pour briser l’unité des syndicats québécois juste avant les négociations dans la fonction publique.

« Le gouvernement est content chaque fois qu’il peut causer un événement pour diviser les syndicats entre eux. Dans la santé, il a décidé arbitrairement et unilatéralement d’imposer de nouvelles accréditations syndicales que celles qui avaient été décidées par les travailleurs. Les syndicats se sont maraudés les uns les autres, juste avant les négociations. C’était un plan pour qu’ils se battent entre eux au moment où ils avaient le plus besoin de solidarité. »

« Ce gouvernement a tout fait pour diviser les gens, poursuit-elle. Auparavant, Monique Jérôme-Forget, que je surnomme la Margaret Thatcher du Québec, avait déclaré qu’il n’y avait pas assez d’argent pour régler l’équité salariale. Elle a aussi dit que, si le gouvernement était forcé de l’appliquer, cela ferait donc moins d’argent pour les hommes de la fonction publique. C’est clairement une stratégie pour diviser les femmes et les hommes. »

Maintenant que le décret a été imposé aux employés de l’État, elle insiste sur l’importance de rebâtir les ponts pour se présenter en un front large et uni lors des prochaines batailles. Pour elle, les gens ont raison d’être mécontents. Toutefois, ceux qui prônent la séparation d’avec leur centrale syndicale comme solution, comme les dissidents de la CSQ, font fausse route. « Je pense qu’ils ont tort. Ils devraient plutôt voir au sein de leur centrale comment il est possible d’être solidaires avec les autres centrales comme la CSN et les autres syndicats. »

Elle va même plus loin et affirme que les syndicats indépendants qui avaient autrefois quitté leur centrale devraient songer sérieusement à y retourner aujourd’hui. « Il faut faire des efforts importants au nom de la solidarité, qui est absolument essentielle pour pouvoir avancer et cesser d’être la cible des attaques », déclare-t-elle.

Après une période où le mouvement syndical a été passablement malmené, Madeleine Parent propose de relancer la mobilisation autour de grands thèmes unificateurs. « Les gens sont motivés seulement s’ils ont des objectifs clairs, explique-t-elle. L’équité salariale est un objectif très important, puisqu’elle est liée aux intérêts des travailleuses et des travailleurs les plus exploités. Il y a aussi la défense des garderies publiques ou du réseau de la santé, que nos gouvernements essaieront de privatiser. Je pense aussi qu’il faut défendre les libertés fondamentales, qui sont menacées. Il faut revenir au principe de la Charte des droits. »

Une prochaine étape consistera à se débarrasser des gouvernements anti-syndicaux de Stephen Harper et Jean Charest. Elle se dit favorable à une participation du mouvement syndical au processus politique, « pourvu que ce soit libre ! » Elle précise : « Je n’ai jamais été d’accord avec le principe du NPD qui prenait un montant d’argent directement sur les cotisations syndicales, mais je suis d’accord pour qu’on incite les gens à cotiser volontairement et à s’impliquer dans les campagnes électorales. »

« Ce que je déplore, poursuit-elle, c’est que nous avons maintenant deux partis indépendantistes qui vont se partager les votes au Québec. Je crois que c’est un grand soulagement pour les libéraux et même pour Harper. Si on veut gagner et porter au pouvoir un parti souverainiste, ça ne se fera pas en divisant les votes ! »

Lorsqu’on lui souligne que les militants peuvent être passablement démoralisés, après les nombreux coups portés aux syndicats par le gouvernement libéral, elle refuse de sombrer dans le défaitisme. « Ils peuvent être démoralisés jusqu’à un certain point, mais il faut quand même chercher une solution valable », dit-elle.

Citant des souvenirs de sa vie de combats aux côtés de son compagnon Kent Rowley, elle termine. « Nous, quand nous ne pouvions même plus travailler au Québec à cause de Duplessis et du cardinal Léger, nous avons recommencé en Ontario. C’était très dur. Kent chantait “ Un Canadien errant ” quand il était nostalgique. Mais nous l’avons fait. »

Photo : Yvon Gravel


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|Nous reproduisons une de ses dernières entrevues, qu’elle avait accordée à l’aut’journal
3481|3555|Manchettes Mouvements_syndical|Wisconsin : 62000 personnes devant le Capitole|2012-03-12 21:01:30|Martin Cayouette|

Les manifestants ont terminé, devant le Capitole de Madison, la tournée « Reclaiming Wisconsin », au cours de laquelle se sont tenues plusieurs manifestations à travers l’État du Wisconsin.

Les travailleurs revendiquent la révocation du gouverneur Scott Walker. Ils ont marché autour du bâtiment et se sont rassemblés devant l’entrée principale pour partager leur message.

Le gouverneur a apporté des changements drastiques sans consulter la population. L’an dernier, à pareille date, il demandait aux employés de l’État une contribution supplémentaire d’environ 4 000$ supplémentaire pour leur régime de retraite; il éliminait 6 jours de congé-maladie; il privatisait des emplois et réduisait la négociation syndicale uniquement aux salaires!

Pendant qu’il invoquait l’urgence de réduire le déficit de 137 millions $, il offrait un crédit d’impôt de 140 millions $ aux entreprises. Il a réduit le budget de l’éducation de 418 millions $, celui de la santé de 229 millions $.

Même des électeurs républicains se sont sentis floués, car les détails de ces compressions n’avaient pas été annoncés lors de la campagne électorale.

Pour des raisons économiques, le gouverneur Scott Walker a refusé des subventions fédérales sous prétexte qu’ils entraînaient des déboursés supplémentaires pour l’État du Wisconsin.

Ainsi, il a rejeté un projet de train à grande vitesse d’une valeur de 390 millions $, une aide médicale de 130 millions $ et l’accès Internet aux régions éloignés ainsi qu’aux espaces publics de 23 millions $.

Dans l’État du Wisconsin, une spirale de perte d’emplois a généré moins de revenus pour l’État sous forme d’impôts et de taxes, ce qui a provoqué d’autres pertes d’emplois.

Prenant la parole devant les 62 000 manifestants, Phil Neuenfeldt, le président de l’AFL-CIO du Wisconsin, a déclaré : « Scott Walker a attaqué la classe moyenne et il n’a jamais annoncé lors de sa campagne électorale les coupures qu’il a faites. Il a menti à toute la population du Wisconsin et il paie aujourd’hui pour son arrogance ».

Lors de la manifestation, le leader syndical n’a pas hésité à affirmer : « Nos droits doivent être réhabilités pour que l’on retrouve la prospérité économique et la démocratie afin que les travailleurs et les familles puissent avancer, c’est pourquoi nous réclamons le retour du Wisconsin que nous avons connu! ».

Mary Kay Henry, présidente du Syndicat international des employés du secteur des services, a salué le courage et la détermination des syndiqués et de la population du Wisconsin : « Vous avez démontré, devant votre population et au monde entier, que le pouvoir populaire peut changer le monde! Regardez ce que vous venir d’accomplir cette année! ». Elle faisait référence au million de signatures recueillies pour réclamer la révocation du gouverneur Walker.

Des citoyens ont même créé un jeu de Monopoly qu’ils ont renommé « Scottyopoly » pour illustrer comment le gouverneur Scott Walker a joué avec l’économie de l’État comme s’il s’agissait d’un jeu, ave des effets dévastateurs.

La population a répliqué avec plus d’un million de signatures pour réclamer son départ, alors que la loi en requérait 540 000 pour enclencher le processus de révocation.  Les élections devraient être déclenchées au mois de mai ou de juin.

Vous pouvez visionner une vidéo de l'événement sur YouTube. Elle a été réalisée par l'Internationale des services publics.

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|Un an après son élection, 1 million de personnes ont signé une pétition réclamant la destitution de Scott Walker
3482|3556|Accueil_Actualités|Rio Tinto Alcan : Quand le ministre Gignac prend partie|2012-03-12 21:30:47|GRC ad lib|

Le Groupe de Réflexion Citoyenne ad lib : (GRC ad lib) : Guy Lessard, Arthur Bonneau, René Gagné, Claude Auclair, Louis-Georges Tremblay, Gilbert Talbot, Elmer Proulx.

Le ministre Clément Gignac a pris carrément position pour défendre les privilèges que son gouvernement avait accordés à la compagnie Rio Tinto Alcan, entreprise hyper capitaliste, à propos de la fameuse clause secrète excessivement dure, dans la reconduction du contrat de vente de surplus d'électricité en cas de raisons clairement définies.

Ce qui irrite le commun des mortels ce sont les avantages extravagants accordés à cette entreprise et il est à se demander si ce gouvernement défend les intérêts des citoyens au même titre que celui des grandes entreprises.

Ce qui, de surcroît, fait particulièrement mal, c'est le fait que ce ministre prend fait et cause pour une entreprise de la taille de RTA au détriment des travailleurs en cause,  qui ne l'oublions pas, ont été lockoutés, créant ainsi la situation critique prévalant dans l'entente secrète et donnant droit à la compagnie de frapper encore plus fort.

La suspicion s'installe dans la population et c'est pour le moins étrange et déconcertant que ce ministre ne se soit pas gardé une petite gêne parce qu'il va carrément à l'encontre de son devoir de réserve.

Les principes premiers du syndicalisme est de défendre ses acquis obtenus de hautes luttes. M. Gignac a donné la preuve que dans les négociations futures, ce gouvernement n'est pas digne de confiance et devrait démissionner le plus rapidement possible, car on voit très bien qu'il est prêt à donner ses culottes et les nôtres aux puissances de l'argent.

Turpitudes, serait le seul aphorisme pour résumer cette lâcheté devant les puissants. Cela signifie aussi qu'une telle équipe gouvernementale est capable de réelles bassesses pour se faire du capital politique.

Il faudra se méfier des annonces d'investissements qui se réaliseront sur le dos des contribuables. Comment le bon peuple peut-il se prémunir contre les forces unies des capitalistes et des gouvernements?

Quand un ministre joue au Roi Salomon et tranche dans une question de principe de façon aussi cavalière, ne montre-t-il pas son parti pris? Le gouvernement Charest a consenti des avantages extraordinaires à cette entreprise pour un retour sur investissement pitoyablement indigeste en regard des privilèges accordés. Mais il semble que ce n'est pas encore assez, l'entreprise en veut encore plus :  il lui faut terrasser le syndicat.

Le bien-fondé des demandes syndicales sont basées sur une reconnaissance par la compagnie du rôle important que jouent les travailleurs dans son organisation. Mais on conçoit bien que, dans le rôle de ce ministre, qui a très bien saisi le message qui lui a été susurré à l'oreille à l'effet le syndicat est une institution dépassée, désuète et encombrante dont il faut se débarrasser. Tout comme l'employé : il faut qu'il soit éjectable.

C'est le principe de la mondialisation qui doit prévaloir et qui impose la soumission des gouvernements, des syndicats et des travailleurs, tout comme dans les temps pas tellement éloignés, où l'on traitait les esclaves comme une sorte de marchandise ou une denrée à jeter aux ordures après usage. Ce qui est à pleurer de rage, c'est que les gouvernements sont pris dans exactement   le même piège à con que les syndiqués : ils seront aussi éjectés et « flushés » à la moindre incartade.

Peut-on compter sur un gouvernement et des ministres aussi peu enclins à jouer leur vrai rôle de défenseur ultime de l'ordre social ? Il est temps, pour eux, que des preuves nous soient données de leur bonne foi en tâchant de réparer les erreurs et maladresses qu'ils ont provoquées par leur tendance à adoucir exagérément la rigueur de ses propres lois et de ses propres règlements.

|Ce gouvernement est prêt à donner ses culottes et les nôtres aux puissances de l'argent
3483|3557|International Manchettes|À qui appartient le pétrole du Golfe du Mexique?|2012-03-12 21:40:49|André Maltais|

En octobre dernier, six mois seulement après que la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, de British Petroleum, eût déversé près de cinq millions de barils de pétrole dans le Golfe du Mexique, le Bureau états-unien de l’énergie océanique approuvait un nouveau plan d’exploration dans le même golfe et par la même entreprise!

Cette complaisance devant le plus grand désastre écologique pétrolier de l’histoire dans la région, contraste avec l’attitude adoptée par les conservateurs qui, le 27 septembre, menés par la congressiste de la Floride, Ileana Ross-Lehtinen, menaçaient la pétrolière espagnole, Repsol, qui explore dans les eaux profondes de la zone économique exclusive de Cuba.

Les congressistes conservateurs disent craindre pour l’environnement (!) et veulent recourir à la loi Helms-Burton qui permet de poursuivre aux États-Unis les entreprises étrangères qui font des affaires avec Cuba.

Mais la découverte d’abondantes ressources pétrolières dans le Golfe du Mexique pourrait modifier sérieusement les relations cubano-états-uniennes qui, depuis plus d’un demi-siècle, reposent sur un blocus économique et financier imposé à Cuba par les États-Unis.

D’abord parce que le pétrole des eaux territoriales cubaines s’y trouve en telle quantité qu’il pourrait permettre à l’île de s’auto-suffire et même de se convertir en exportatrice d’or noir, estime le spécialiste états-unien Robert Sandels. Cela aurait un impact énorme sur le développement économique de Cuba et ferait tomber plusieurs des barrières du blocus de Washington.

Ensuite, et à cause du même blocus, les pétrolières états-uniennes sont exclues par leur propre gouvernement d’un marché important que s’empressent d’occuper d’autres pays dont certains peu appréciés de Washington comme le Brésil, la Russie, l’Angola, le Vietnam, le Venezuela et, bien sûr, la Chine à qui l’espagnole Repsol a confié la construction de la plate-forme Scarabée 9.

Depuis le milieu des années 2000, écrit l’économiste mexicain, Gian Carlo Delgado Ramos, le lobby pétrolier et certains « think tanks », comme la Rand Corporation, requièrent du gouvernement états-unien une approche plus « pratique » dans ses rapports avec Cuba. Des projets de loi sont discutés au Congrès, tantôt pour, tantôt contre la participation des entreprises états-uniennes dans l’exploitation pétrolière en eaux cubaines.

Pendant ce temps, les pays latino-américains pressent toujours plus Washington d’appliquer les résolutions de l’ONU qui, année après année, condamnent le blocus. L’Équateur vient même de proposer un boycottage du prochain Sommet des Amériques qui doit avoir lieu dans un mois, en Colombie, parce que Cuba en sera exclu.

Le gouvernement cubain, lui, rappelle que rien dans les lois du pays n’empêche les entreprises états-uniennes de participer à l’exploitation du pétrole cubain pour autant que cela se fasse dans le respect et la non-ingérence.

Malgré 50 ans d’embargo, l’île cubaine de 11 millions d’habitants, située à seulement 135 kilomètres des côtes états-uniennes, apparaît infiniment plus en mesure de profiter de ses ressources pétrolières que le Mexique, troisième joueur autour de l’échiquier pétrolier du golfe.

Ce n'est qu’à la fin des années 1990, alors que se pointe l’épuisement de son pétrole terrestre, que la technologie permet de détecter les hydrocarbures sous les dômes salins en eaux profondes, et que géologues et pétrolières états-uniens sont dans le golfe depuis déjà 75 ans, que le Mexique s’intéresse à ses propres ressources pétrolières dans le golfe.

Celles-ci, selon le professeur Andres Barreda, de l’Université nationale autonome de Mexico, se révèlent telles qu’elles constituent 83 % des réserves pétrolières du pays.

Dans les années 2000, le Plan Puebla-Panama du président Vicente Fox est motivé secrètement par ces premières découvertes mexicaines. Il s’agit alors de prioriser cinq axes routiers interocéaniques qui partent tous de la région du Golfe du Mexique en direction de l’Océan Pacifique.

Mais, dénonce avant sa mort, en 1998, le député et sénateur, Jose Angel Conchello, le Mexique a alors garanti le remboursement de sa dette aux États-Unis par ses revenus pétroliers et il n’est pas question que le Plan Puebla-Panama profite aux Mexicains.

De plus, les États-Unis considèrent pratiquement le Golfe du Mexique comme une mer intérieure, car il est le port d’entrée de toutes les ressources énergétiques en provenance d’Amérique latine, du Golfe de Guinée, du Golfe persique et même de la mer du Nord.

Cela constitue une menace géopolitique certaine pour le Mexique, nous dit Andres Barreda, qui constate plusieurs « anomalies » dans le golfe en raison, dit-il de la « corruption des récents présidents mexicains. »

Ainsi, des travailleurs sur les plates-formes affirment que des navires pétroliers viennent se charger directement à partir d’elles et que les entreprises liées à la famille Bush sont omniprésentes dans le golfe. Protexa, par exemple, qui a construit et administre un important canal pétrolier entre l’État de Tamaulipas et le Pacifique, appartient aux frères Lobo, des amis intimes des Bush.

Une île mexicaine (Bermeja) aurait complètement disparue, modifiant, à l’avantage des États-Unis, la frontière maritime entre les deux pays. Le même Jose Angel Conchello, qui avait publiquement dénoncé l’affaire, a ensuite été victime d’un mystérieux accident de voiture.

Depuis 1995, s’est créée une ligue des gouverneurs du golfe qui regroupe, côté états-unien, ceux de Floride, Alabama, Mississipi, Louisiane et Texas, et, côté mexicain, ceux de Tamaulipas, Veracruz, Tabasco, Campeche, Yucatan et Quintana Roo. La ligue propose une intégration du Golfe du Mexique, l’incorporation de la Floride au Plan Puebla-Panama et même l’exclusivité de la navigation dans le golfe pour la marine états-unienne.

Les États-Unis ont aussi installé dans le golfe un réseau d’oléoducs sous-marins que l’organisation OilWatch qualifie de plus important de la planète. Celui-ci pourrait permettre l’appropriation unilatérale du pétrole mexicain par « aspiration », un phénomène connu sous le nom « d’effet popote ».

L’annonce, le 21 février, en pleine campagne électorale mexicaine, d’un accord sur les gisements transfrontaliers d’hydrocarbures dans le Golfe du Mexique n’a rassuré personne tellement le gouvernement mexicain est resté vague sur les détails.

Le 4 mars, la population apprenait que, dans une flagrante démonstration d’ingérence dans les affaires du pays, Joe Biden, vice-président des États-Unis, arrivait au Mexique pour rencontrer à huis-clos chacun des trois candidats aux élections présidentielles du 1er juillet prochain.

Le Mexique est en réalité plus que jamais gouverné par son voisin états-unien. L’Initiative Merida, qui, sous prétexte de guerre aux trafiquants de drogue, prévoit de grands investissements états-uniens en matière de sécurité et de militarisation, fait en sorte que Washington dicte de plus en plus la politique du pays.

Aujourd’hui, les agences états-uniennes opèrent en sol mexicain, planifiant, équipant, dirigeant et, selon plusieurs, exécutant les opérations sur le terrain. Un éditorial du quotidien mexicain, La Jornada, compare les attentats meurtriers imputés aux mafias mexicaines à ceux qui frappent mosquées et marchés publics d’Irak et avance que rien n’empêche les militaires états-uniens d’être la cause de la plupart d’entre eux.

Diriger la militarisation du Mexique, affirme l’article, donne à Washington les moyens de créer des justifications pour prolonger la guerre aussi longtemps que leurs objectifs ne sont pas atteints. L’un d’entre eux est certainement le pétrole des eaux profondes mexicaines.

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|Au Mexique, aux Etats-Unis… ou à Cuba?
3484|3558|Accueil_Actualités|La CAQ et l’éducation : c’est un pensez-y bien !|2012-03-12 21:50:39|Claude Gélinas|

L’auteur est juge administratif à la retraite

Depuis 2008, 24 États américains ont adopté des législations où les enseignants sont évalués en fonction des résultats de leurs élèves. Étant donné que selon son plan d’action, l’éducation constitue une priorité pour la CAQ et que l’évaluation de rendement du rendement des professeurs apparaît comme un élément déterminant du succès scolaire, il est intéressant de s’attarder à l’expérience américaine.

Plusieurs spécialistes en éducation considèrent l’évaluation au rendement comme étant contre productif en raison notamment de l’augmentation du niveau d’anxiété des professeurs vu l’impact d’une mauvaise évaluation sur leur réputation et leur carrière, sans compter les risques élevés d’augmentation injustifiée des résultats scolaires. 

Quant à l’accès des parents aux résultats des évaluations des professeurs, source du débat public actuel dans l’État de New York, il risque, s’il se matérialisait, d’entraîner l’humiliation publique du professeur, suivie d’une demande prévisible des parents de demander que leurs enfants fassent partie de classes dirigées par des professeurs performants.

Et, les refus des directions d’école de répondre favorablement à ces demandes de changement seront source de tensions, de frustrations et seront générateurs d’un mauvais climat de travail.

Il est à signaler que les directions d’école et les syndicats constatent que les critères utilisés manquent d’objectivité. Quant aux marges d’erreur du formulaire d’évaluation, en plus d’être élevées puisqu’ils reposent sur un nombre limité d’étudiants et d’années scolaires, ils sont mal adaptés pour des étudiants à haut et à faible rendement.

Avec le résultat que d’excellents professeurs obtiennent  de mauvaises évaluations de rendement, ce qui peut les amener à quitter l’enseignement de façon prématurée, alors que des professeurs moins performants obtiennent des rendements élevés.

De l’analyse effectuée après deux ans d’expérimentation dans l’État de New York, il ressort que la pauvreté est la cause principale de l’échec scolaire et que le retrait des professeurs moins bien évalués ne corrigera pas la réalité.

De fait, les professeurs  avec un nombre élevé d’étudiants issus de milieu défavorisés reçoivent une mauvaise évaluation, ce qui est jugé injuste et arbitraire. C’est comme si on évaluait le rendement d’un médecin qui soigne un patient à risques élevés ou un avocat qui refuse de défendre un client en difficultés.

Personne ne peut remettre en question l’importance du rôle de l’enseignant en matière de réussite scolaire et personne ne peut nier qu’un professeur efficace a un effet significatif sur le rendement d’un étudiant. Personne ne peut non plus considérer que les professeurs n’ont pas d’obligation de rendre compte.

Par contre, dans la réussite scolaire, force est de reconnaître que le manque d’équité sociale et économique de notre société joue un rôle plus important que celui du professeur.

Si bien qu’avant d’imposer l’évaluation de rendements aux enseignants, la Coalition pour l’avenir du Québec serait bien avisée de s’attaquer à la racine du mal de l’échec scolaire : la pauvreté. 

Sans omettre bien évidemment, la nécessité de faire la promotion de l’implication des parents dans la réussite de leurs enfants, de la mise à niveau des écoles, de la fourniture d’une meilleure allocation en matériel et en ressources spécialisées ainsi qu’une augmentation du soutien aux écoles en difficulté.

Quant au changement souhaité par la CAQ en éducation ou en toutes autres matières, il y a lieu de se rappeler que la précipitation est souvent mauvaise conseillère. Car, pour réussir le changement, il faut mettre autant de temps à le préparer qu’à le réaliser ! 

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|L’expérience américaine et l’évaluation du rendement des professeurs
3485|3559|Manchettes Mouvements_étudiant|Le Mouvement des étudiants socialement irresponsables du Québec|2012-03-14 07:39:52|Réjean Parent|

Par son nom même, le Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ) est une supercherie. En revendiquant une hausse des frais de scolarité, ces étudiants mériteraient beaucoup plus le titre de Mouvement des étudiants socialement IRRESPONSABLES du Québec. Je m’explique.

Il suffit d’écouter le discours même des porte-parole du MESRQ, discours qui leur est soufflé notamment par les prétendus chercheurs de l’Institut économique de Montréal (IEDM), pour prendre conscience de l’énormité de la couleuvre que ces Don Quichotte de la droite essaient de nous faire avaler.


Le sophisme des libertariens du MESRQ

Le problème fondamental des ultraconservateurs qui tirent les ficelles du MESRQ est leur définition même de la société. Pour eux, la société en tant qu’entité n’existe tout simplement pas. Dans leur esprit, la société n’est que la somme d’individus ayant chacun leurs propres intérêts et valeurs. Il n’y a donc pas pour eux de « valeurs sociales » comme nous l’entendons généralement.

Ainsi donc, lorsqu’un libertarien prétend être « socialement responsable », il trompe la majorité des gens à qui il s’adresse. Comment peut-on se prétendre socialement responsable quand on met en doute l’existence même de la société ? C’est d’ailleurs ce que voulait dire l’ex-première ministre britannique, Margaret Thatcher, une héroïne des pamphlétaires du Prince Arthur Herald, lorsqu’elle répondait ce qui suit à ceux qui lui reprochaient ses coupes drastiques dans les programmes sociaux : « La société, ça n’existe pas. Il n’existe que des individus ! »


Quand l’impôt devient du vol

Et puisqu’il n’y a pas de société, l’État brime les droits des individus, leur liberté, lorsqu’il les impose pour financer des programmes sociaux conformes aux valeurs de la majorité des citoyens. Plusieurs libertariens n’hésitent pas d’ailleurs à dénoncer la part des impôts recueillis par l’État pour financer les programmes sociaux comme un odieux vol.

Dans l’esprit des libertariens, l’État doit être réduit à sa plus simple expression se limitant à assurer la paix et la protection de la propriété privée, ainsi que des services convenant moins à la libre entreprise et au marché. Pour le reste, tout devrait être confié au secteur privé. C’est d’ailleurs cette mentalité qui anime les idéologues de l’Institut économique de Montréal (IEDM) et du Réseau Liberté-Québec (RLQ) dans leurs attaques incessantes contre la lourdeur de l’État québécois, leurs appels constants à la privatisation de certains services publics et leur obsession de la dette publique.


La
liberté chérie des ultraconservateurs

Ce n’est également pas le fruit du hasard si les libertariens ont si souvent le mot liberté dans la bouche. À leurs yeux, la liberté, individuelle il va sans dire, est la valeur suprême et toute intervention de l’État pour leur imposer des valeurs sociales est une grave attaque contre leur liberté.

Cette obsession de la liberté individuelle allant jusqu’à nier l’existence de la société est une idée aux conséquences dangereuses. C’est elle qui pousse ces ultraconservateurs à nier le droit de l’État à venir en aide aux plus démunis ou aux sans-emploi. Pour eux, un gouvernement n’a pas le droit de les obliger, en les imposant, à faire preuve de solidarité à l’égard des gens moins privilégiés. À les entendre, il faudrait abandonner les plus démunis à leur triste sort, dépendant de la charité que les plus riches de la société voudront bien leur témoigner sur une base individuelle.


La philosophie du « Aide-toi toi-même ! »

Dans un monde où la société n’existe pas, il va de soi qu’il ne peut y avoir de citoyens. Pour cette raison, vous entendrez rarement le mot citoyen être prononcé par un libertarien. Il était d’ailleurs fort intéressant d’écouter l’une des porte-parole du MESRQ, Arielle Grenier, lors de son récent passage à l’émission Tout le monde en parle. Aux arguments de son opposant dénonçant la hausse des frais de scolarité en invoquant la nécessité de protéger l’accessibilité aux études supérieures pour tous et justifiant la grève par le vote démocratique de la majorité des étudiants citoyens, Arielle Grenier semblait être littéralement sur une autre planète.


Quand les citoyens deviennent de simples clients

Les arguments invoqués par la libertarienne avouée étaient d’un simplisme effarant. Elle ne faisait que répéter qu’elle était une cliente, qui avait payé pour ses cours, et que c’était son droit d’avoir accès à sa classe. Arielle Grenier est allée jusqu’à dire qu’elle n’hésiterait pas à franchir la ligne de piquetage pour se prévaloir de son droit individuel comme cliente afin de recevoir ce produit pour lequel elle a déjà payé.

Sur les ondes de Radio-Canada, Arielle Grenier a alors fait une brillante démonstration de l’idéologie individualiste qui anime les militants du MESRQ qui ont remplacé la société par le marché, un marché quasi divinisé, et les citoyens par de vulgaires clients où votre droit à la liberté, qui leur est si chère, est directement dépendant des moyens financiers dont vous disposez.


La loi de la jungle comme valeurs sociales

Les libertariens et autres ultraconservateurs de même acabit voudraient remplacer les valeurs de la société québécoise, nos valeurs sociales, par une froide loi de la jungle économique, celle qui dit que c’est au plus fort la poche. Ils ont tort.

Le combat que mènent actuellement des dizaines et des dizaines de milliers d’étudiants pour assurer l’accessibilité aux études supérieures à tous les étudiants du Québec, peu importe leurs moyens financiers, est crucial. Le droit à l’éducation pour tous doit être défendu et protégé par l’État québécois pour la simple et bonne raison que l’éducation est une responsabilité qui doit être partagée entre tous.


Des étudiants socialement irresponsables

Les étudiants qui militent pour la hausse des frais de scolarité, inspirés par le Prince Arthur Herald, l’IEDM et le RLQ, ne peuvent certainement pas prétendre au titre de citoyens socialement responsables.

Photo : Radio-Canada

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|Un nom plus approprié
3486|3560|Accueil_Actualités|Faire sa juste part|2012-03-14 07:52:58|Sébastien Robert|

Je ne comprends pas ceux qui, depuis le début de la grève étudiante, opposent les étudiants aux contribuables pour justifier la hausse des frais de scolarité. Personnellement, comme travailleur, je fais partie des contribuables québécois qui paient de l’impôt et je suis aussi étudiant. Comme la totalité des étudiants, je suis autant contribuable qu’étudiant.

Depuis l’arrivée du gouvernement Charest, les étudiants ont vu, comme tous les contribuables, la TVQ augmenter de 2% sur leurs factures. Ils paient aussi la taxe santé, qui passera bientôt à 200$ par année et ont vu leur facture d’électricité et leurs frais de transport (transport en commun ou la SAAQ) augmenter.

Pour quelqu’un faisant un bon salaire, comme moi, ces hausses de tarifs ont peu d’impact sur mon budget. Par contre, pour les étudiants dont la quasi-totalité gagnent moins de 20 000$, ces hausses de tarifs sont significatives au point de les rendre incapables d’arriver à la fin du mois.

Les étudiants, avec les hausses de tarifs que le gouvernement Charest leur ont fait vivre, font déjà leur juste part de contribuable en ayant, pour la plupart serré leur ceinture jusqu’à l’étouffement.

Ajouter à ça une augmentation de 1 625$ par année, soit plus de 10% du revenu de la majorité des étudiants, en frais de scolarité, reviendrait à leur faire assumer une part injuste du fardeau fiscal. Il est donc tout à fait normal que ces étudiants s’opposent à cette hausse inacceptable.

Pendant ce temps, les Québécois avec un bon revenu n’ont pas de difficulté à arriver à la fin du mois en ayant un niveau de vie confortable. Je pense que ce sont ces personnes, dont je fais partie, qui devraient faire leur juste part. Je serais heureux de payer plus d’impôts si ça permet aux étudiants de pouvoir poursuivre leurs rêves. Si les étudiants, une fois leur diplôme obtenu, font un bon revenu, ils auront alors la capacité de financer les études de leurs cadets par leurs impôts tout en arrivant à la fin du mois sans s’endetter.


Sébastien Rober
Longueui
Travailleur, contribuable et étudiant

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|Une augmentation de 1 625$ par année représente plus de 10% du revenu de la majorité des étudiants
3487|3561|Économie Accueil_Analyses Politique_Québec|La vérité sur la dette québécoise|2012-03-15 08:13:46|Réjean Parent|

 « Si l’état des finances publiques était si mauvais comment expliquer que le gouvernement emprunte à un taux de 4,6 % contre 35 à 45 % pour la Grèce? »

En lisant le texte sur l’état des finances publiques québécoises paru en début de semaine dans les quotidiens de Quebecor sous la plume de Jean-Jacques Samson et en voyant le tableau sensationnaliste l’accompagnant, je me suis dit qu’il devait y avoir bien des gens déprimés au Québec. Mais puisque la dette publique est souvent le royaume de la désinformation et se prête bien à toutes les manipulations, j’ai demandé à notre économiste, Pierre Beaulne, de nous éclairer sur ce sujet complexe. Après lecture de son analyse, j’en conclus que la situation est loin d’être aussi dramatique qu’on veut nous le faire croire. Aux lecteurs de le constater par eux-mêmes.

« La dette était de 111,5 milliards en 2004 ; elle était rendue il y a quelques jours à 245 milliards et elle augmente de 11,3 milliards par année… Les Québécois sont parmi les plus endettés des peuples, mais ils nagent dans le bonheur ! Pour l’instant. Car les seuls intérêts à payer sur la dette nous étouffent toujours un peu plus. Le service de la dette atteignait 7,8 milliards $ dans le budget de l’an dernier. Il est devenu le troisième poste budgétaire en importance… L’avenir est sombre ».

Jean-Jacques Samson, directeur des pages Opinion.
Le Journal de Montréal/Québec, Encart spécial du 13 mars 2012


La variation de la dette brute n’est pas dramatique

L’extrait ci-dessus est truffé de faussetés, de demi-vérités et de distorsions. D’emblée, l’auteur de la citation amalgame deux définitions de la dette : la dette brute du gouvernement du Québec et la dette totale du secteur public, en comparant les données se rapportant à l’une avec celles de l’autre. Cela revient à comparer des pommes avec des oranges. D’abord, les 111,5 milliards de 2003 ont été révisés depuis à 129 milliards, correspondant à 53,5 % du PIB, à la suite de diverses réformes qui ont élargi le nombre d’organismes inclus dans la comptabilité du gouvernement, avec comme corollaire l’ajout de leurs dettes respectives. En 2011, la dette brute atteint 173,4 milliards, soit 54,6 % du PIB. En termes de poids économique, la variation depuis 2003 n’est pas dramatique. Elle s’explique surtout par les effets de la récession.


Le poids économique de la dette du secteur public n’a guère varié depuis 2003

Quant à la dette du secteur public, elle comprend, outre la dette brute du gouvernement, la dette d’Hydro-Québec et des autres entreprises du gouvernement, des municipalités, des universités autres que l’UQ. La dette du secteur public s’établit  à 234,7 milliards en 2011, soit 74 % du PIB. Elle totalisait 178,4 milliards en 2003, soit 73,9 % du PIB. Encore là, le poids économique de la dette ainsi définie n’a guère varié.

On aura remarqué notre insistance sur les mesures relatives (en proportion de la taille de l’économie). Les chiffres absolus frappent peut-être davantage l’imagination, mais les chiffres relatifs donnent une meilleure idée de la capacité d’un État à soutenir la dette publique et facilitent les comparaisons.


« Le chiffre de 245 milliards évoqué provient du « compteur de la dette » inventé par le très néolibéral Institut économique de Montréal dans le but de terroriser les petits enfants. »

Soit dit en passant, le chiffre de 245 milliards évoqué provient du « compteur de la dette » inventé par le très néolibéral Institut économique de Montréal (IEDM) dans le but de terroriser les petits enfants. Tant qu’à chercher à impressionner, l’IEDM aurait pu faire le même exercice avec la dette du gouvernement américain, qui s’élève à 15 500 milliards de dollars (15,5 suivi de douze zéros).


La part des revenus consacrée au service de la dette diminue

En ce qui a trait aux intérêts sur la dette du gouvernement, ils sont passés de 6,7 milliards en 1997-1998 à 7,8 milliards en 2011-2012. La progression en quatorze ans a été beaucoup moins forte que celle des revenus du gouvernement. En conséquence, la part des revenus consacrée au service de la dette a diminué de 18,8 % à 11,9 % au cours de cette période. Cette réduction de 6,9 points de pourcentage représente des économies annuelles de 4,8 milliards. Et effectivement le service de la dette constitue le troisième poste budgétaire, cela depuis le tournant des années 1980. Voilà toute une nouvelle !


Le Québec fait bonne figure parmi les pays de l’OCDE

Comment le Québec figure-t-il sur le plan international ? En utilisant la méthode de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), qui uniformise les éléments considérés, le professeur Louis Gill a estimé la dette publique brute du Québec à 53,8 % du PIB en 2009, comparativement à 90 % en moyenne pour l’OCDE[1]. Le gouvernement du Québec arrivait au même résultat dans une étude datée de mars 2010, sauf qu’il y rajoutait « la part de la dette du gouvernement fédéral », ce qui avait pour effet de porter la dette totale du Québec à 94,5 % du PIB. Une absurdité s’il en est. Car, à ce compte, des provinces ou des États relativement peu endettés comme l’Ontario, la Californie ou New York, se hissent au sommet du palmarès de l’endettement mondial quand on ajoute à leur dette locale la « quote-part » de la dette du gouvernement central. Personne ne calcule la dette des gouvernements de cette façon, sauf celui du Québec, pour alarmer la population. Chose certaine, ce n’est pas le tableau qu’il soumet chaque année aux autorités de réglementation des marchés financiers étrangers dans le formulaire 18-K.


Le Québec possède des actifs financiers comme le Canada

Il faut aussi ajouter qu’à la différence de la plupart des États, le Canada comme le Québec possèdent des actifs financiers importants constitués des provisions pour les régimes de retraite publics comme le RPC/RRQ ou ceux des employés des gouvernements. Comme le signalait dernièrement une étude de la Banque Nationale réalisée par l’économiste principal Marc Pinsonneault, cela contribue à réduire l’endettement brut des administrations publiques[2]. Le Canada en retire une image de marque. La dette nette de l’ensemble des administrations canadiennes, c’est-à-dire la dette brute moins les avoirs financiers, représente 36,6 % du PIB en 2012, comparativement à une moyenne de  66,7% pour l’OCDE. C’est la plus faible du G-7.


La situation enviable du Québec lui vaut des taux d’intérêt avantageux

Si l’état des finances publiques était si mauvais que certains veulent le faire croire, le Québec pourrait-il emprunter aux taux avantageux actuels ? Le taux moyen d’intérêt qui s’applique aux emprunts du gouvernement est de 4,6 % pour des échéances moyennes de 11,3 ans. C’est encore loin des 35 à 45 % exigés par les marchés financiers pour prêter à la Grèce.

Il est vrai que la dette publique augmente, mais ce n’est pas pour payer les « dépenses d’épicerie ». Les quatre cinquièmes de l’accroissement de la dette depuis la fin des années 1990 sont attribuables aux investissements engagés par le gouvernement dans ses entreprises et dans les infrastructures pour remettre en état des équipements collectifs vieillissants. L’autre cinquième s’explique par les déficits encourus ces dernières années en raison de la crise économique, mais aussi des allègements fiscaux consentis aux particuliers (950 millions en 2008) et aux entreprises (2 milliards découlant de l’abolition de la taxe sur le capital).

Au fond, les exagérations et faussetés colportées sur l’endettement public n’ont d’autre objectif que de justifier des politiques antisociales de coupes des services publics, soi-disant dans l’intérêt des générations futures. C’est une mystification. La meilleure façon de rendre service aux générations futures, c’est encore de bâtir un pays doté de services sociaux, de services éducatifs et de santé de haute qualité, d’équipements collectifs et d’infrastructures développées et bien entretenues qui vont servir de fondement social et économique solide pour la croissance future.

 

[1] Louis Gill, L’heure juste sur la dette du Québec, mai 2010
[2] Marc Pinsonneault, Canada : Mesurer l’endettement des administrations publiques, Banque Nationale, L’hebdo économique, 6 février 2012

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|Réplique au Bonhomme Sept-Heures de Quebecor
3488|3562|Manchettes Culture|Guerre des clochers et Maison hantée !|2012-03-15 08:23:37|Victor-Lévy Beaulieu|

 

Les Productions théâtrales des Trois-Pistoles
en collaboration avec
le Théâtre du Nouveau Monde de Montréal
et les Compagnons du patrimoine
célèbrent les vingt ans du Caveau-Théâtre!


Trois-Pistoles, le 13 mars 2012. Les Productions théâtrales des Trois-Pistoles, en association avec les Compagnons du Patrimoine et le Théâtre du Nouveau Monde de Montréal, sont heureuses d’annoncer qu’elles célébreront leur vingtième anniversaire de fondation en présentant en juillet et août 2012 deux pièces de théâtre : La guerre des clochers de Victor-Lévy Beaulieu et La maison hantée de Mathieu Barrette.


***


Produite en collaboration avec le Théâtre du Nouveau Monde de Montréal, sous la direction de Lorraine Pintal, sa directrice générale, La guerre des clochers sera un événement unique que rendra possible l’implication de tout le milieu pistolois : le conseil de fabrique de l’Église Notre-Dame-des-Neiges et la chorale Art-Fa des Neiges joueront un rôle déterminant dans la présentation de la pièce de Victor-Lévy Beaulieu.

Trois-Pistoles a le privilège de posséder une église comme il y en a peu au Québec. C’est une véritable cathédrale qui peut accueillir 1 200 personnes et qui est dotée des grandes orgues Casavant qui ont été récemment restaurées, de sorte qu’on peut y faire jouer de la grande musique comme peu de lieux sacrés peuvent le faire.

À huit heures tous les soirs, les cloches de l’église se feront entendre et les spectateurs seront invités à un récital aux grandes orgues, accompagnés de chants religieux du milieu du XIXe siècle grâce à la chorale Art-Fa des Neiges et des comédiens de La guerre des clochers; et ceux qui voudront jouer le jeu, pourront y venir costumés comme on l’était au milieu du XIXe siècle!

À la fin du récital, La guerre des clochers commencera dans l’église même, comme ça a été le cas quand les paroissiens des Trois-Pistoles firent chicane. À la fin du prologue, le curé apparaît et somme les comédiens de déguerpir, leur suggérant d’aller se quereller dans la vieille église désaffectée.

Les comédiens sortent donc de l’église en se chantant des bêtises, entraînant les spectateurs. Alors que sonnent les cloches, un univers fantasmagorique apparaît : l’église est l’objet d’un jeu son et lumière qui simule un gros orage parsemé d’éclairs et de coups de tonnerre; la rue Jean Rioux et la rue Pelletier sont décorées et éclairées pour la circonstance : croix de tempérance illuminée, crêpes, affiches pour ou contre une nouvelle église, bannières suspendues, etc. Les spectateurs se voient offrir des drapeaux, des bannières, des fanions, etc.

On traverse la rue Jean Rioux, enfile la rue Pelletier et se dirige vers le Caveau-Théâtre arrangé de telle façon qu’on y reconnaît la vieille église désaffectée, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les comédiens y entrent, montent sur scène, figent, tandis que deux musiciens se font aller les harlapattes. Une fois les spectateurs tous assis, la représentation de La guerre des clochers se continue.

 

Une formidable équipe assumera la production et les représentations de La guerre des clochers :

LA PRODUCTION
Mise en scène : Lorraine Pintal
Assistante à la mise en scène : Betzaida Thomas
Dramaturge invitée : Danièle Leblanc
Scénographie et costumes : Jean Bard
Éclairages : Claude Cournoyer
Régie : André April et Olivier Lebel


DISTRIBUTION

Rôle de Louis-Joseph-David-Barthélémie Rioux : Jean Maheux
Rôle de Cyriac Bérubé : Jean-François Casabonne
Rôle de Thadée Beauchemin : Jean Marchard
Rôle du curé Malo : Marcel Pomerlo
Rôle de la squaw : Marie-Êve Pelletier
Musiciens : Isabelle Cadieux-Landreville et Félix Charbonneau
Le petit peuple : Chrorale Art-Fa des Neiges

Coût du billet : 35$ (taxes comprises)

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LA MAISON HANTÉE


La maison hantée de Mathieu Barrette, sera présentée par les Productions théâtrales des Trois-Pistoles, en collaboration avec les Compagnons du Patrimoine, à la Forge à Bérubé, en juillet et en août prochains.

Mathieu Barrette s’est fait connaître l’été passé grâce à Fond de garde-robe, un spectacle qui a été présenté avec grand succès au Caveau-Théâtre. En fait, la pièce fut à ce point appréciée que l’auteur pistolois a été invité à entreprendre une tournée de quinze jours en France en mars 2012. Fond de garde-robe est maintenant présenté régulièrement à Montréal et le sera aussi bientôt à travers la province.

Dans La maison hantée, Mathieu Barrette raconte une légende qu’on ne trouve pas ailleurs au Québec, celle des pilotes du Saint-Laurent qui séjournaient à l’auberge de la Pointe à la Loupe, sur les hauteurs des Trois-Pistoles, entre deux navigations. La tenancière de cette auberge étant du genre délurée, les marins s’amourachent facilement d’elle. Résultat : deux marins jaloux se querellent pour obtenir droit à ses faveurs; le premier tuant le deuxième, on enterre le cadavre du malheureux perdant dans le sous-sol de la maison. Celle-ci en devient aussitôt hantée, de sorte que chaque fois que des pilotes y séjournent, d’étranges événements y surviennent.

Voilà le thème de La maison hantée. Le rappel de son histoire nous permettra non seulement de mieux connaître cette légende particulière aux Trois-Pistoles, mais également la vie de ces pilotes du Saint-Laurent qui permettaient aux navires venant de l’étranger de se rendre sans encombre à Québec et Montréal. Une poésie somptueuse, des anecdotes cocasses ou tragiques, un art dramatique plein de rebondissements.



PRODUCTION

AUTEUR : MATHIEU BARRETTE
MISE EN SCÈNE : CATHERINE DORION
MUSIQUE : RAPHAEL D’AMOURS
SCÉNOGRAPHIE ET ÉCLAIRAGES : Sébastien Pedneault
VISUEL: JESSICA MORIN
SONORISATION : Olivier Lebel
DISTRIBUTION : Mathieu Barrette et Louis Gagnon


La Maison hantée de Mathieu Barrette sera présentée les mardis, mercredis et jeudis à 8 h 30, du 12 juillet au 17 août 2012, à la Forge à Bérubé, 16 rue Vézina, Trois-Pistoles.

Prix du billet : 15$ (taxes comprises)

Pour informations et réservations :
Hors saison : 1 418 851 8888 courriel : vlb2000 @bellnet.ca
En saison : 1 418 851 4759 courriel : info@caveauthéâtre.com

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|Un sacré programme pour les vingt ans du Caveau-Théâtre de Trois-Pistoles
3489|3563|Manchettes Politique_Québec Coups_de_gueule|Un gouvernement de deux de pique|2012-03-15 08:29:42|Michel Rioux|

Il aura beau brasser ses cartes jusqu’à ce que les deux coudes soient frappés d’épicondylite, le John-James Charest, il ne se retrouvera toujours qu’avec une flopée de deux de pique entre les mains.

Ils sont plutôt rares en effet, dans ce cabinet plutôt évanescent, les as de cœur et les rois de trèfle, sans parler des reines de carreau, plutôt absentes elles aussi. Car s’ils ne sont pas tous des deux de pique, il n’est pas interdit de penser que les rares à ressortir du lot seraient au mieux des… valets.

Voilà certes le cabinet le plus insignifiant et le moins compétent à diriger les destinées du Québec depuis 1791, année où nous fûmes parmi les premiers, dans l’Empire, à voir nos élus accéder à un Parlement. Faut le faire, quand même.

Dire qu’on a connu des Honoré Mercier, des Lomer Gouin, des René Lévesque, des Jean Lesage, des Paul Gérin-Lajoie, des Éric Kierans, des Georges-Émile Lapalme, des Claude Castonguay, des Jean-Paul L’Allier, des Jean Cournoyer, des Jacques Parizeau, des Lise Payette, des Bernard Landry, des Camille Laurin, des Robert Burns, des Pauline Marois, des Jacques-Yvan Morin, des Louise Harel, des Pierre Marois, des Louise Beaudoin, et combien d’autres avec lesquels on pouvait être en désaccord, mais qui n’en étaient pas moins des ministres alliant prestance et compétence.

Ils sont plusieurs à se disputer la palme du deux de pique par excellence ; et les événements récents en ont sorti quelques-uns d’un anonymat qui leur seyait on ne peut mieux.

Ainsi de la ministre préposée aux services sociaux, Dominique Vien. On dit de cette ministre, dans sa biographie, qu’elle est « très engagée dans son milieu, elle fut la première femme élue présidente du Club Optimiste de Lac-Etchemin, poste qu'elle occupe pendant deux ans ».

Voilà sans doute ce qui explique sa bonne humeur quand elle a fait état d’une « brigade » de deux inspecteurs qui vont sur place constater ce qui se passe dans 468 établissements abritant des personnes âgées. Il fallait aussi un optimisme à toute épreuve pour se péter les bretelles, quelques jours plus tard, en annonçant que la « brigade » en question passait à six inspecteurs qui, on n’y avait pas pensé jusque-là, apparaîtront sans avertissement.

Marguerite Blais représente un cas différent. Elle a avoué que le contenu du rapport d’inspection des CHSLD, dont elle prenait connaissance un an après son dépôt, l’avait empêchée de dormir. On devrait se réjouir de ce que la chanceuse se soit ainsi épargné un an d’insomnie.

Mais l’indignation prend le dessus ! En voici une qui remplace l’action concrète par des shows de boucane dont elle détient la recette, mais dont elle abuse aussi, comme l’autre jour à Tout le monde en parle. Elles nous prennent pour qui, ces deux de pique absolument conformes à la définition qui apparaît en exergue ?

Tout a été dit du ministre de la Santé, ce bon docteur Bolduc qui, à l’instar de ses prédécesseurs, mais avec encore davantage de candeur, fait l’annonce hebdomadaire de la fin des cauchemars dans les urgences. On lui doit celle-ci, qui représente, on s’en doute, un vaste programme : « Un des secrets de la réussite est d’éliminer les patients en fin de soins aigus. » Rien de moins !

Conseillère municipale à Ascot Corner, Monique Gagnon-Tremblay y a appris à gérer des budgets, un apprentissage qui l’a conduite jusqu’au ministère des Finances. Quelle trajectoire, pourrait-on dire. Sauf que, depuis 25 ans qu’elle l’habite, l’espace public ne s’est pas rendu compte de sa présence. Un fantôme, en quelque sorte.

Sans compter que la plupart de ces illustres incompétents s’adressent au bon peuple que nous sommes dans une langue qui s’apparente davantage au volapük biscornu qu’au français.

Du ministre des Ressources naturelles, Serge Simard, qui commentait la possibilité d’une commission d’enquête dans l’industrie de la construction : « L’objectif en regard de ces critères là il y a des décisions qui vont se prendre », à celui des Affaires municipales, Laurent Lessard, qui a étonné l’Assemblée nationale en annonçant que « le ministère a pris la charrue par les cornes », sans oublier l’ineffable Sam Hamad qui, au lendemain de l’effondrement des paralumes, déclarait que toutes les routes qui sont ouvertes au Québec sont sécuritaires, en passant par Clément Gignac, qui a pris fait et cause pour Rio Tinto Alcan en déclarant qu’on « essaie de démoniser la sous-traitance. La sous-traitance, c’est très important… », on se retrouve véritablement au niveau zéro de l’insignifiance organisée en système.

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|Le deux de pique : « Cette carte annonce des tromperies, des actions peu franches. On tente de se jouer de vous. »
3490|3564|Manchettes Mouvements_syndical Coups_de_gueule|Rio Tinto Alcan subventionné à même nos tarifs d’électricité|2012-03-15 08:39:52|Réjean Porlier|

L’auteur est président du syndicat des Technologues d’Hydro-Québec et résident de Sept-Iles sur la côte-nord

On a parfois tendance à ne pas pousser trop loin notre réflexion lorsqu’il s’agit d’analyser un conflit de travail, soit qu’il ne nous concerne que très peu ou bien nos préjugés prennent rapidement le dessus. Les conflits de travail au Québec sont souvent cristallisés et sans grands débats. C’est la faute aux patrons ou bien celle des syndicats.

Le conflit qui sévit à Alma mérite qu’on s’y attarde davantage, bien sûr à cause de l’importance que ça représente pour l’économie de cette région, mais aussi parce que certains éléments ne sautent pas au visage, mais ont un impact sur l’ensemble de l’économie québécoise.

Dans le Devoir du 9 mars dernier, une citation d’un professeur en économie régionale à l’UQAC suggère que la main-d’œuvre, qui ne représente que 9,3% des coûts de l’usine d’Alma, une des plus profitables au monde pour RTA, n’est sans doute pas l’enjeu du présent conflit. Les économies qu’entend réaliser la multinationale en recourant à la sous-traitance, sont selon lui très marginales.

Les producteurs en Amérique du Nord et en Europe réduisent présentement leur production afin de pousser les prix du métal blanc à la hausse. Si on ajoute le fait qu’Hydro-Québec est dans l’obligation d’acheter l’énergie produite par les centrales d’Alcan, quelle meilleure occasion pouvait se présenter à la multinationale pour non seulement diminuer ses stocks en récupérant sur les salaires de sa main-d’œuvre, mais en encaissant des sommes importantes pour la vente d’électricité dont la société d’état n’a même pas besoin?

Sur une base annualisée, c’est une somme d’environ $175 millions que RTA récupèrera uniquement par la vente d’énergie. Toujours selon l’économiste, la multinationale est très confortable avec ce scénario.

Les effets de la diminution de production se font déjà sentir puisque le prix de l’aluminium a augmenté de 300 $ la tonne ce qui représenterait pour l’ensemble des usines de RTA un bénéfice supplémentaire de 1 milliard $ en 2012. Vous aurez remarqué que dans ce conflit de travail, il s’agit d’un lockout et non d’une grève, ce qui laisse croire que l’employeur avait bien planifié son coup.

Nous avons de quoi nous indigner, d’abord parce que Alcan, le bon citoyen corporatiste qu’il est, joue avec l’économie de la région, comme on joue une grosse partie de poker, en sacrifiant une main pour encaisser d’avantage en bout de piste.

Ensuite, parce que, comme citoyen du Québec, propriétaire de notre société d’état, nous subventionnons cette arnaque à même nos tarifs d’électricité, car n’en doutons pas, le manque à gagner se traduira par une diminution du revenu net d’Hydro-Québec.

Pendant ce temps à Québec, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac nous dit supporter entièrement la multinationale, la sous-traitance étant un enjeu primordial pour les employeurs, d’où l’expression « dormir au gaz ».

Je vous avoue qu’il devient de plus en plus complexe pour le représentant syndical que je suis de composer avec les continuelles demandes d’efficiences qui nous sont adressées à l’intérieur des murs d’Hydro-Québec, alors qu’on impose à la société d’état de tirer l’argent par les fenêtres en faisant l’acquisition d’énergie dont elle n’a pas besoin. Il y a un flagrant manque de cohérence, sans doute le résultat de cette trop grande proximité du gouvernement dans les choix stratégiques d’Hydro-Québec.

Je ne m’attends pas à de gros changements dans la relation parfois incestueuse qui semble s’être développée entre les gouvernements et les multinationales, mais je souhaite que la population prenne acte de cette manœuvre tordue qui se fait sur le dos des travailleurs et travailleuses.

Alcan jouit d’un privilège énorme qu’est celui de s’être fait octroyer les droits hydrauliques de certaines rivières du Québec, lui permettant de combler ses besoins énergétiques à la hauteur de 90%.

La dernière entente signée entre le gouvernement du Québec et Alcan, en décembre 2006, lui confère le droit de produire de l'électricité jusqu'en 2058 à moins d'un cent le kilowattheure, deux blocs d'énergie totalisant 560 mégawatts à tarif très bas d'Hydro-Québec et un prêt sans intérêt de 400 millions du gouvernement du Québec pour sa future usine d'Alma.

Selon l'analyste indépendant du secteur de l'énergie Jean-François Blain, ce bail ainsi que la propriété de la rivière Saguenay fournissent à RTA un avantage de l'ordre de 700 millions par an sur des concurrents qui paient le tarif L de grande puissance, soit 4,5 ¢.

Un avantage qui en aucun temps ne devrait lui être accordé pour autre chose que la production d’aluminium et, conséquemment, le maintient d’emplois de qualité en région. Obliger Hydro-Québec à acquérir de l’énergie d’Alcan, alors qu’elle se débarrasse de sa main-d’œuvre par un lockout, c’est scandaleux ! Qui donc, au gouvernement, a permis que soit possible pareille arnaque ?

« Profite de nos ressources à ta guise, mets en plein tes poches et, si ce n’est pas suffisant, mets tout le monde dehors, on va t’acheter ton électricité ! Un chausson avec ça ? » C’est ce qu’on appelle perpétuer la colonisation ! N’attendons pas 2058 pour rappeler au gouvernement qui il représente.

Il faut nécessairement que cette situation soit dénoncée par tous les citoyens du Québec et que ces travailleurs d’Alcan sentent que l’appui vient de partout en province.


Lâchez pas, on est avec vous !


Photo : France Paradis et Syndicat des Métallos

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|Profite de nos ressources, mets en plein tes poches et on va t’acheter ton électricité ! Un chausson aux pommes avec ça ?
3491|3565|Accueil_Analyses Culture Cinéma|Les clefs politiques du film iranien Une séparation|2012-03-15 09:00:42|Pierre Jasmin|

Le film du cinéaste iranien Asghar Farhadi Une séparation mérite amplement ses prix cumulés du meilleur film étranger aux Oscar, aux César et aux Golden Globe 2012.

Ceci dit sans porter ombrage au très beau Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau, sept fois récompensé aux prix Jutra et six fois aux prix Génie, avec l’excellent scénario d’Évelyne de la Chenelière.

Mais il faut saluer bien bas le scénario extraordinaire du film iranien, qui réussit pourtant à n’épouser que l’ordinaire de la vie. Combien captivante, la perception relative de la vérité chez chacun des protagonistes, en particulier chez la jeune fille de onze ans, qui devra, devant le juge, altérer sa pure version de la vérité et vieillir ainsi prématurément.

Hourshid et Mehrshid Afrakteh, deux étudiantes iraniennes au niveau doctorat à l’UQAM, m’ont alerté sur le symbolisme chargé de cette « séparation », qui représente dans le tragique écartèlement de ses personnages la société iranienne d’aujourd’hui. En voici ma compréhension.

Le grand-père Alzheimer, c’est la tradition, celle qu’on a oubliée, l’époque du premier ministre Mossadegh que la CIA a évincé parce qu’il ne voulait pas donner le pétrole de son pays aux Américains. Et cette vieille option politique d’une démocratie qui fonctionnait avec l’ancien ministre de la culture père du prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi, semble hélas complètement évacuée par l’actualité conflictuelle d’aujourd’hui, irrelevant comme ce vieillard incontinent qui lit et relit le journal qu’il ne comprend plus, personne centrale au film.

Simine, l’épouse, demande le divorce, car son mari refuse de la suivre dans son choix d’émigrer qui seul, selon elle, lui permettra de s’épanouir en tant que femme, loin des contraintes de la société iranienne : elle représente la modernité rationnelle, parfois trop tranchante ou catégorique de l’Occident qui ne s’embarrasse pas de sentimentalité, même lorsqu’il s’agit de la souffrance de sa propre fille.

Le mari de Simine, marionnette de la société actuelle iranienne, cherche à tout concilier, le respect de la tradition et de son père, l’égalité de sa femme qu’il ne nie jamais, le futur de sa fille qu’il souhaite le meilleur possible, mais il échoue par son obéissance atavique aux codes d’honneur mâles qui l’incitent à refuser tout accommodement, tout compromis et ne laissent aucun choix à sa femme quant à la rupture du mariage.

La jeune fille Termeh, c’est le présent de l’Iran, confronté à tant de choix déchirants.

La femme de ménage, c’est la religion, qui lui dicte chaque comportement et qui l’entraîne dans un terrible cul de sac émotionnel, où on lui dit qu’elle trahit son mari chômeur, elle qui veut l’aider sans le lui dire pour ménager sa susceptibilité mâle de chef de famille.

Ce chômeur, n’est-ce pas le gouvernement religieux autoritaire, violent et ignare des ayatollahs?

Chacun des personnages du film, malgré ses doutes, est attachant parce qu’il croit à sa vérité, qu’il défend en modifiant quelque peu à son corps défendant la réalité, au gré de ses intérêts.

Chaque problème illustre la société de l'Iran d'aujourd’hui qui vit dans le mensonge permanent: la jeunesse (Termeh) a du mal à choisir entre la modernité (sa mère), la société (son père) et la tradition (le grand-père).

Alors que de l’autre côté, la religion (la femme de ménage) a perdu son avenir, son enfant, symbole de l’invalidité et de l’infertilité de la religion sur les simples plans humains. D’ailleurs le mari, religieux et pratiquant, adopte un comportement délinquant et autodestructeur, même s’il est issu d’une révolution des ayatollahs qui cherchait à favoriser l’égalité de tous, loin des classes de l’époque honnie du Shah imposé par la CIA. Ce couple qui défend la religion avec ses valeurs les plus traditionnelles, en est pourtant la première victime.

Mais une fois cela admis, on est comme Termeh, dans le doute, comme les Iraniens eux-mêmes, déchirés entre les valeurs plus traditionnelles et la modernité telle qu’ils la perçoivent de l’Occident.

Les juges et l’institutrice, serait-ce le gouvernement débordé qui tente de résoudre les problèmes avec des paramètres imposés qui font plus de mal que de bien? Ils naviguent mus par une louable recherche de la vérité avec une certaine humanité d’une part, mais coincés par de rigides lois rétrogrades d’autre part : ce sera bientôt le lot de nos juges qui seront eux aussi coincés par la loi C-10 où Harper veut imposer des peines minimales absurdes et contraignantes.

Enfin, la petite fille qui ouvre grand ses yeux souffrants, est-elle l’avenir de l’Iran?

Et ce symbolisme iranien, pas très éloigné de nous comme on vient de le constater, s’applique bien à la société israélienne d’aujourd’hui : les kibboutzim Alzheimer, les fanatiques colons violents d’extrême-droite et le gouvernement qui abusent de leur pouvoir, les immigrés russes qui suivent les préceptes religieux aveuglément.

Signe terriblement émouvant de paix comme de guerre possible, cette parenté sociologique israélo-iranienne explique l’étonnant succès récolté par le film en Israël, où tout produit iranien n’avait pourtant aucune chance d’être accueilli favorablement dans le contexte actuel de vive tension nucléaire entre Ahmadinejab et Netanyahou.

Film pessimiste, alors? En posant des questions aussi riches, Farhadi trace plutôt un chemin exemplaire pour tout artiste pour la paix!

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|Un film au symbolisme très chargé
3492|3566|Accueil_Analyses Politique_Canada|Libre-échange Canada-Europe : Les mouvements d’opposition écartés|2012-03-15 09:05:47|RQIC et TJN|

Ottawa et Montréal (14 mars 2012) - Le Réseau pour un commerce juste (Trade Justice Network) et le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) considèrent que le rapport du comité permanent du commerce international sur les « Négociations d’un accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne » est biaisé et ne tient pas compte de plusieurs éléments importants. Les représentants du TJN et du RQIC tiennent à souligner que :

  • Le comité est clairement divisé sur l’impact qu’aura l’AÉCG sur l’économie canadienne si on se fie aux rapports dissidents annexés au rapport majoritaire. Ces rapports dissidents renferment de très judicieuses recommandations et reconnaissent l’opposition de la société civile concernant plusieurs volets de l’accord. De plus, force est de souligner que les informations sur lesquelles le comité a appuyé son étude sont nettement insuffisantes, puisque l’AÉCG est toujours en cours de négociation et que les pourparlers se tiennent derrière des portes closes.

  • Le comité doit entendre d’autres témoins du Canada et de l’Union européenne (UE). Il est malhonnête de déclarer, comme le fait le rapport majoritaire, que la « majorité des témoins canadiens voient d’un il positif les négociations visant à conclure un AÉCG entre le Canada et l’UE et estiment que les effets d’un accord seront positifs ». Cette assertion est biaisée du fait que le comité a omis de recevoir en audience les points de vue critiques sur l’accord, entre autres ceux du Réseau pour un commerce juste ou du RQIC. D’ailleurs, pas un seul groupe du Québec n’a été invité à faire une présentation au comité, ce qui est inacceptable.

  • Les députés fédéraux ont la responsabilité de répondre aux préoccupations soulevées par les élus municipaux qui demandent que leur municipalité soit exemptée de l’application de l’AÉCG parce qu’ils craignent que les règles de l’accord concernant les dépenses publiques limitent leur marge de manoeuvre politique. S’il fut louable pour le comité d’avoir entendu les préoccupations de la Fédération canadienne des municipalités concernant l’AÉCG, il devient impératif pour le gouvernement de prendre en considération les réserves municipales quand des villes de la taille de Toronto et de Montréal, de Hamilton ou Burnaby, ont demandé à être exemptées de l’accord.

  • Le rapport du comité majoritaire ne tient pas compte des études économiques qui remettent en question les prévisions économiques du gouvernement fédéral quant à l’impact de l’AÉCG sur le PIB, la création d’emplois et les flux commerciaux. Le comité emboîte le pas au gouvernement, qui ne cesse de marteler les mêmes vieilles données pour tenter de faire taire un débat public sur l’AÉCG, alors que ces données sont incomplètes et peu fiables. Par exemple, l’affirmation que l’AÉCG créera 80 000 nouveaux emplois apparaît sans fondements et est contredite par une étude du Centre canadien de politiques alternatives qui soutient plutôt que l’accord entraînerait des pertes variant entre 28 000 et 150 000 emplois. De plus, le comité n’a pas jugé bon de mentionner l’évaluation d’impact sur le développement durable réalisée pour la Commission européenne, qui estime plutôt que les avantages économiques de l’accord seraient coupés de moitié par rapport aux 12 milliards de dollars souvent repris par le gouvernement.

Nos deux réseaux réitèrent les principes énoncés dans la Déclaration commune des sociétés civiles canadienne et européenne d’octobre 2011, à savoir que « les accords de commerce doivent promouvoir la coopération et placer le bien commun, l’intérêt public et le respect des droits humains et environnementaux avant les intérêts privés à courte vue des seules entreprises transnationales ».

Le besoin de nos populations pour un plus grand débat sur les accords de libre-échange et de protection des investissements est loin d’être satisfait. Des mécanismes démocratiques doivent être garantis pour que tous les acteurs socio-économiques aient une incidence sur ces accords avant qu’ils ne soient présentés au parlement comme un fait accompli.

Les réseaux exigent que le comité permanent du commerce international (CIIT) tienne une nouvelle série d’audiences publiques afin de permettre à ceux et celles qui n’ont pas été entendus de présenter leurs points de vue.

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|Le rapport du comité permanent du commerce international sur les négociations de l’AÉCG est biaisé
3493|3567|Accueil_Actualités|Le Plan Nord, déficitaire de 8,45 G$|2012-03-15 09:10:45|IRIS|

Sur 25 ans, Québec investira 8,45 G$ de plus dans le Plan Nord que ce qu’il en recevra en droits miniers, en impôts et en redevances. C’est ce que montre une note socio-économique dévoilée par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), qui souligne également les conséquences néfastes du Plan Nord aux niveaux social et environnemental.

« Selon notre scénario le plus optimiste, le manque à gagner entre les revenus et les dépenses prévues par le gouvernement est de 2,3 G$ sur 25 ans. Cependant, nous démontrons aussi que le gouvernement sous-estime grandement certaines dépenses liées au Plan Nord. Par exemple, il ne s’attarde pas à l’effet de la croissance rapide de la population sur le coût des services sociaux dans ces régions éloignées ni aux coûts des crédits d’impôt remboursables pour l’exploration minière. Au final, le gouvernement devra payer 8,45 G$ de plus que ce qu’il recevra du Plan Nord » constate Bertrand Schepper auteur de la note.

Le Plan Nord ne permettra pas non plus une dynamisation des régions du Québec. La contraction du nombre d’emplois créés par le secteur minier due aux innovations technologiques et le caractère cyclique de ce secteur ne permettront pas la création d’emplois stables et structurants.

« Selon toute vraisemblance, les objectifs que se fixe le gouvernement en matière de protection environnementale ont de grandes chances de ne pas être atteints. Alors qu’il prétend atteindre le seuil d’aires protégées prévu à Nagoya (soit 17%), il ne protègera que 15,8% de son territoire en 2020. De la même manière, le gouvernement promet de protéger 50% du territoire du Nord du Québec d’ici 2036, mais quand ce 50% comprend des sites où de l’exploitation minière a déjà eu lieu ou des sites qui pourront être exploité selon le free mining on peut difficilement considérer ces aires comme protégées… » lance Bertrand Schepper, chercheur à l’IRIS.

La note socio-économique À qui profite le Plan Nord est disponible gratuitement sur le site web de l’IRIS : www.iris-recherche.qc.ca


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|Le gouvernement sous-estime grandement certaines dépenses
3494|3568|Manchettes Culture|Mort subite d’un homme-théâtre|2012-03-16 08:13:35|Marie-Paule Grimaldi|

Présenté en première aux Rendez-vous du cinéma québécois, le dernier documentaire de Jean-Claude Coulbois ne fait pas revivre Robert Gravel, comédien et auteur décédé en 1996, cofondateur du Nouveau Théâtre Expérimental et père de la Ligue Nationale d’Improvisation, mais est un pont ô combien essentiel entre lui et nous, son époque et la nôtre, et son théâtre et le nôtre. Le film fait preuve de convention, alors que l’homme dont il traite les refusait toutes, mais nous donne un précieux accès à sa démarche et son œuvre artistique, qu’il sait transmettre avec limpidité.

En tant que réalisateur, Coulbois, grand passionné du théâtre d’ici, s’attache surtout à partager cet amour et à faire connaître ses grandes figures – son essai documentaire Un sur mille (2005) portant sur René-Daniel Dubois avait également ce caractère éducatif, voire didactique, ou du moins porteur d’une volonté de mettre l’ombre en lumière et de rectifier certaines croyances populaires.

Robert Gravel, de son vivant, était un sujet tout désigné de par son audace et sa présence imposante, baveuse et difficile à étiqueter. Mais le cinéaste n’a eu que très peu de temps avec lui, alors qu’il fut terrassé par une crise cardiaque, à cinquante-deux ans, après quelque temps de tournage seulement.

Vingt-cinq ans plus tard, en 2011, armé d’archives uniques et de témoignages d’amis et collègues (Jacques L’Heureux, Paul Savoie et Guylaine Tremblay, entre autres), Coulbois termine le documentaire qui sort ce mois-ci sur nos écrans.

Cette mort subite a marqué non seulement une césure dans la production du film mais également dans le milieu théâtral québécois. Qui est là maintenant pour poursuivre ses intentions artistiques?

Car même pour Jean-Pierre Ronfard, avec qui Gravel et Pol Pelletier ont fondé le Théâtre Expérimental de Montréal, la démarche de Robert Gravel avait quelque chose de si innovateur qu’il peinait à le suivre à la fin, sans pour autant vouloir l’arrêter, bien au contraire.

Gravel réfléchit avant tout au travail du comédien : d’une part, il veut agrandir son terrain de jeu par diverses expérimentations (la LNI n’est, à son dire, qu’une expérience de plus et non une fin en soi – ce qui est intéressant à considérer connaissant la popularité et la pérennité de ladite expérience), de l’autre il voudrait que la scène devienne l’espace de la vie même, de l’hyperréalisme, et il pousse ce qu’il appelle le non-jeu.

« Pourquoi les acteurs ont toujours besoin de crier? » hurle-t-il dans Tête-à-tête avec Ronfard, ou encore « Ne te place pas comme ça, ça fait trop théâtre » lors des répétitions de Thérèse, Tom et Simon..., sa dernière pièce dont la version définitive fut montée après son décès.

Ainsi, le film passe d’entrevues-témoignages à des extraits des ses créations telles que Durocher le milliardaire ou ses rôles majeurs comme Richard Premier dans le gargantuesque Vie et mort d’un roi boiteux de Ronfard (une pièce de douze heures à l’origine), pour nous rappeler le parcours d’un homme indissociable du théâtre, dont seule l’immense présence dépassait l’imposante stature.

On entre peu dans son intimité, bien qu’on souligne la tristesse qui l’habitait, côtoyant sa ferveur, et c’est en fait à une époque que le documentaire nous ramène, surtout celle des années soixante-dix et de l’effervescence créative qui animait le Québec.

Diane Dubeau raconte : « On ne faisait pas de promotion, il y avait une pancarte dehors qui annonçait un spectacle et les gens entraient, la salle se remplissait. Peux-tu imaginer un peuple qui vit comme ça? »

C’est aussi la brisure avec Pol Pelletier, qui l’amène, elle, à fonder le Théâtre Expérimental des Femmes, et qui pousse Gravel et Ronfard vers le Nouveau Théâtre Expérimental et la création de L’Espace Libre.

Le film nous fait devenir, à nouveau peut-être, témoin de leur recherche portant largement sur la relation entre le théâtre et le public (d’où l’étrange intimité du premier Zoo) et qui bouscule le statut de l’acteur qui n’est plus là pour n’être qu’admiré (pensons ici aux chouclaques de la LNI).

Et, sans que Coulbois le nomme explicitement, on ne peut que constater l’immense écart qui nous sépare de cette époque et l’absence criante de créateurs comme Gravel, aussi corrosifs que désinvoltes.

Robert Gravel, même comme auteur, travaillait la forme et non le fond (on l’entend, on le voit : « Après Shakespeare...? »), et cherchait un théâtre de la joie et de la tragédie. Et bien que sa disparition nous ait plus laissé la dernière que la première, Mort subite d’un homme-théâtre sait être touchant et très intelligent sans jamais tomber dans le larmoyant.

Si notre aujourd’hui nous laisse trop souvent un sentiment d’impuissance, les spectateurs de ce film ne pourront en ressortir que grandement inspirés.


Mort subite d’un homme-théâtre de Jean-Claude Coulbois
À l’affiche dès le
16 mars au Cinéma Beaubien à Montréal
23 mars au Cinéma Le Clap à Québec
Ainsi que le
19 mars au Cinéma-Qualité à Rouyn-Noranda
20 mars au Cinéma Paraloeil à Rimouski

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|Robert Gravel, le géant manquant
3495|3569|Accueil_Analyses Politique_Québec|Élargir le mandat de Télé-Québec|2012-03-16 08:27:22|Martin Lachapelle|

Alors que le rapport Payette réclame depuis déjà un an une intervention étatique afin que l’offre d’information et les conditions de pratique du journalisme ne se détériorent pas davantage, dans un univers médiatique ultra concentré et trop déréglementé appartenant à quelques empires, l’élargissement du mandat de Télé-Québec proposé par le PQ apparaît comme la seule solution pour remédier à la situation.

Les inquiétudes face à la concentration de la presse remontent à maintenant plus de 40 ans. Sans faire le résumé exhaustif de toutes les commissions, comités et groupes fédéraux ou provinciaux chargés de résoudre cette importante question, entre 1970 et 2010, il importe de préciser que, si le niveau de concentration de plus de 90 % des secteurs médiatiques québécois et canadiens est aujourd’hui parmi les plus élevés des pays de l’OCDE, c’est simplement en raison du fait que les gouvernements ont toujours refusé d’appliquer les principales recommandations visant justement à la limiter!

Du comité Davey en 1970 à la commission Kent de 1980, jusqu’aux trois autres comités formés entre 2002 et 2006, toutes les recommandations pour limiter la concentration de la presse ont été assouplies ou « tablettées ». Toutes les personnes mandatées ont dû se résigner à assister, impuissantes, aux ravages de la fameuse main invisible du sacro-saint libre marché responsable de la disparition des médias indépendants.

L’absence de volonté gouvernementale explique d’ailleurs pourquoi le dernier comité chargé de se pencher sur l’univers médiatique, le Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information, sous la direction de Dominique Payette, n’a même pas jugé utile de faire des recommandations pour limiter la concentration !

«Ça fait 40 ans que les rapports disent que c’est ça le problème et ça fait 40 ans qu’il ne se passe rien, nous on s’est dit: cherchons un plan B», a affirmé Mme Payette. Au grand dam du président de la Fédération des journalistes du Québec, Brian Myles, qui s’est désolé de voir que le rapport «ait balayé sous le tapis le problème de la concentration de la presse», si on en croit un article publié le 26 janvier 2011 sur le site de l’Observatoire du journalisme de ProjetJ. (1)

À la décharge de Dominique Payette, son rapport comporte 51 recommandations, dont plusieurs fort louables, visant à améliorer les conditions de travail des journalistes et le soutien aux médias indépendants.

Admettons qu’elle n’a pas tort en affirmant que l’absence de recommandation pour limiter la concentration peut «s’expliquer» par le fait que les gouvernements les ont de toute façon toujours ignorées!

Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il existe un plan B et que le problème de la concentration des médias ne devrait pas être réglé. Au contraire! Le rapport Payette, à la page 17, est d’ailleurs très clair en renvoyant la patate chaude dans le camp du gouvernement: «Nous croyons que le temps est venu pour l’État d’intervenir afin d’assurer que l’offre d’information et les conditions de pratique du journalisme ne se détériorent pas davantage».

Or, les deux sont pratiquement indissociables, puisque la concentration des médias signifie à la fois uniformisation du contenu et réduction des salles de rédaction. Raison de plus pour s’attaquer au problème de la concentration.

Le problème n’est pas banal. En 2012, si plus de 90 % des grandes tribunes sont occupées par des faiseurs d’opinion de droite et d’allégeance fédéraliste, malgré le fait que la population, elle, est nettement plus partagée, c’est que la concentration et la convergence médiatiques peuvent difficilement être davantage synonymes de déficit démocratique!

Le temps est donc venu de procéder à une intervention de l’État pour assurer une certaine pluralité de l’information, essentielle à toute société démocratique. La question est de savoir comment?

Si vous souhaitez éviter des décisions impopulaires, telles que le démantèlement des empires et l’imposition de taxes spéciales pour mieux financer les médias communautaires et encourager le retour de petits indépendants, quelle autre solution l’État québécois a-t-il à sa disposition, mis à part celle d’ajouter lui-même à l’offre de service via une chaîne d’information publique? Aucune.

Mais la bonne nouvelle est que cette chaîne existe déjà: Télé-Québec. Il suffit juste de lui accorder les ressources nécessaires et d’élargir son mandat. C’est d’ailleurs ce que propose le Parti québécois.

Sans dénaturer Télé-Québec de sa vocation culturelle et éducative, et en conformité avec le programme du PQ, adopté en avril 2011, et prévoyant l’ajout d’une salle de nouvelles et d’antennes régionales dignes d’un vrai réseau national, les délégués au dernier conseil thématique du PQ, tenu en janvier dernier, ont adopté une proposition pour élargir le mandat de la société d’État.

Question de lui permettre de produire du contenu informatif dans tous les types de format. De la télé, à la radio, au web 2.0, jusqu’à la «vénérable» presse écrite qui, malgré les changements technologiques qui ont permis l’arrivée de trois tribunes plus dynamiques, demeure encore certainement le média le plus influent.

Totalement indépendante du gouvernement, sur lequel elle pourrait enquêter sans entrave, et à l’abri de l’influence des médias privés et des pressions extérieures provenant des groupes d’intérêts ou des annonceurs, une Télé-Québec au service exclusif de l’intérêt public québécois pourrait ainsi contribuer à assurer une pluralité de l’information, en présentant une couverture objective de l’actualité et des différents courants d’opinion parmi la population.

Principal obstacle en vue: le CRTC, soit le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, responsable de l’octroi des permis pour les stations de radio et de télé, sous la direction d’Ottawa, qui pourrait bien avoir la «brillante» idée de vouloir empêcher le gouvernement provincial d’élargir le mandat de Télé-Québec, entre l’octroi de deux permis à des empires privés…

Alors que le Québec réclame le rapatriement des pouvoirs en matière de radiodiffusion depuis la fin des années 20, imaginez un gouvernement fédéral, toujours prêt à venir s’immiscer dans les champs de compétence provinciale – et qui dispose de deux sociétés d’État (CBC et Radio-Canada) qu’il rêve actuellement de fermer ou de privatiser – décrétant, via le CRTC, que le secteur médiatique restera une chasse gardée exclusive du fédéral ou de n’importe quel homme d’affaires fortuné?!

Disons que si la cour des litiges avec le Canada n’était pas déjà suffisamment pleine, elle le deviendrait!

Après tout, comme le rappelait le rapport, toujours actuel, du comité Davey, publié en 1970, n’est-il pas intolérable que «l’intérêt public, dans un domaine aussi essentiel que l’information, soit à la merci de la cupidité ou du bon vouloir d’un groupe extrêmement privilégié d’hommes d’affaires»?(2) 

Sans vouloir les diaboliser, peut-on croire que les riches hommes d’affaires, propriétaires de conglomérats médiatiques, manifestent aujourd’hui plus de «bon vouloir» face à l’intérêt public que ceux d’il y a 40 ans? Même si on peut au moins reconnaître que la concentration et la convergence médiatiques produisent maintenant des effets bénéfiques… euh… une seule fois l’an: soit lors de la Grande guignolée des médias!


Martin Lachapelle

Pigiste, délégué du PQ d’Iberville et porte-parole de la proposition

(1) http://projetj.ca/article/le-rapport-payette-appelle-une-aide-publique-linformation

Le Projet J est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien.

(2) http://publications.gc.ca/Collection-R/LoPBdP/BP/prb9935-f.htm

La propriété des journaux du Canada: aperçu des études du comité Davey et de la commission Kent, publié le 17 décembre 1999, par Joseph Jackson, Directeur de la division des affaires politiques et sociales, Bibliothèque du Parlement du Canada.

Pour télécharger le rapport Payette, allez sur le site du Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec: http://www.etatdelinfo.qc.ca/

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|La solution pour assurer la pluralité de l’information
3496|3570|Accueil_Actualités|Droits de scolarité : la FSS-CSN entre dans la bataille|2012-03-16 08:38:12|Francine Lévesque|

L’auteure est présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

La Fédération de la santé et des services sociaux manifeste son appui indéfectible à la lutte que mènent actuellement des milliers d’étudiantes et d’étudiants au Québec.

De plus en plus de Québécoises et de Québécois réalisent aujourd’hui la justesse et la nécessité de cette bataille. Il leur apparaît qu’une telle mesure est injuste en plus de venir remettre en question les choix de société que nous avons faits dans les dernières décennies.

Mais pourquoi une organisation syndicale dont les membres œuvrent dans le réseau de la santé et des services sociaux appuie-t-elle la lutte contre la hausse des frais de scolarité?


Pour un financement public des services publics

Nous appuyons la lutte étudiante d’abord et avant tout parce que nous faisons la promotion d’un financement public des services publics.

Le gouvernement se fait le porte-parole de l’idée pernicieuse de l’utilisateur-payeur. Que celui qui utilise un service fasse sa « juste part » nous dit-il! Progressivement, ce type de pensée vient remettre en question un consensus social issu de la Révolution tranquille et voulant qu’au Québec, ce soit par le biais d’un impôt progressif que nous financions nos services publics.

Le recours à l’impôt progressif est en effet l’unique manière d’assurer un financement équitable à la hauteur des moyens de chacun d’entre nous. C’est aussi une façon efficace de réduire les inégalités sociales, de plus en plus criantes dans notre société.

Notre étonnement est grand lorsqu’on entend les chantres de la droite s’indigner que les mieux nantis contribuent à une hauteur plus considérable au financement des services publics. Quel détour sinueux avons-nous collectivement traversé pour que l’impôt progressif devienne une mesure subversive?

En santé comme en éducation, la volonté d’instaurer un paiement de type utilisateur-payeur n’a d’autres conséquences que d’accentuer un peu plus les inégalités sociales, en confinant les moins nantis dans leur situation sociale précaire et en resserrant l’étau autour de la classe moyenne.


Une mesure qui touchera directement les familles de la classe moyenne

La hausse des frais de scolarité de 1 625 $ par année aura un impact direct sur la vie de milliers de famille de la classe moyenne. Ce sont ces mêmes familles qui subissent actuellement les frais de la crise économique, en plus de devoir contribuer à la taxe santé et à la hausse annoncée des frais d’hydroélectricité. Ce sont ces mêmes familles dont sont issus nos membres. Voilà la deuxième raison de notre appui à la lutte étudiante.

Alors que le gouvernement Charest a réduit les impôts et éliminé progressivement la taxe sur le capital depuis 2006, il tente de nous faire croire que la hausse des frais de scolarité est un non-choix, une obligation urgente, sans quoi nous risquons de dévaluer la qualité de nos universités.

Toutefois, ces deux mesures budgétaires que le gouvernement a accordées aux mieux nantis et aux entreprises sont autant de revenus sur lesquels nous ne pouvons plus collectivement compter.

Il est temps que nous cessions de croire à cette fausseté grotesque voulant que la caisse soit vide, qu’il faut que les familles de la classe moyenne se serrent un peu plus la ceinture. Nous faisons chaque jour les efforts nécessaires pour assurer le financement des services publics.

Le discours supposément responsable porté par le gouvernement et la droite n’est fondé que sur des demi-vérités. Si le trésor québécois est aminci, c’est uniquement parce que les choix du gouvernement ont été d’accorder des baisses de contribution aux mieux nantis de notre société. Ce sont ces mesures qui ont diminué les revenus de l’État québécois et ce sont de telles mesures qu’il faut rétablir pour financer nos services publics.


Se sortir la tête du sable

La FSSS-CSN appuie le mouvement étudiant parce que la lutte qui est actuellement menée est de la plus haute importance. Faire reculer le gouvernement sur cette mesure inéquitable bénéficiera non seulement aux étudiantes et étudiants, mais aussi à toute la société québécoise.

C’est en choisissant collectivement de maintenir des frais de scolarité bas que nous sommes parvenus à avoir le meilleur taux de fréquentation postsecondaire au Canada.

C’est ainsi que tant de Québécoises et de Québécois ont pu fréquenter nos universités, alors que leurs ancêtres n’auraient jamais espéré tant.

C’est par un financement public de nos universités et de nos services publics que nous avons pu rattraper le retard historique que le Québec avait accumulé et ainsi devenir le coin d’Amérique où les inégalités sociales sont les moins élevées.

Enfin, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur de la santé et des services sociaux comme dans l’ensemble de la société, l’accessibilité aux études est un enjeu incontournable.

C’est tout cela que le gouvernement Charest remet en cause avec sa décision de hausser les frais de scolarité. Qu’il cesse de nous faire croire qu’il est question ici d’une stricte décision budgétaire. Les Québécoises et Québécois comprennent que sa décision n’est qu’idéologique et que son legs à notre société ne se résume qu’au démantèlement.

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|Pourquoi nous appuyons la lutte étudiante
3497|3571|Manchettes Mouvements_étudiant|J’étais à la manif contre la brutalité policière|2012-03-16 08:54:02|Pierre Lebuis|

L’auteur est professeur à l’UQAM


J'ai un fils écrasé
Par les temples à finances
Où il ne peut entrer
Et par ceux des paroles
D'où il ne peut sortir

[…]

Mon fils est en prison
Et moi je sens en moi
Dans le tréfonds de moi
Malgré moi, malgré moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l'os
S'installer la colère

Félix Leclerc, L’alouette en colère

Pour la première fois de ma vie, après avoir vu depuis quelques jours des vidéos montrant un usage excessif de la force par la police lors des manifestations étudiantes, j’ai décidé de participer, en famille, à la marche annuelle dénonçant la brutalité policière.

Après le regroupement au Parc Émilie-Gamelin, une foule importante s’est joyeusement mise en marche sur Berri vers le Nord pour prendre la rue Ontario vers l’Ouest. Tout est calme, mais on sent de la nervosité. Un groupe de policiers marche sur notre gauche. Par deux fois, le groupe se met à courir, entoure quelques individus à l’écart de la foule; à une occasion, une pancarte est arrachée des mains d’un manifestant, déchirée et jetée par terre. Mais tout le monde continue, sans réplique à ce qui s’apparente déjà à de la provocation…

26 minutes après le début de la marche, une auto de police annonce que la marche est illégale et que nous sommes susceptibles d’être arrêtés si nous ne nous dispersons pas immédiatement. Nous avons à peine le temps de tourner sur Jeanne-Mance, la police se déploie et charge. Des bombes assourdissantes éclatent quelques minutes plus tard et la foule va dans toutes les directions.

La stratégie est simple, des groupes de policiers surgissent d’un peu partout en grappes serrées. « Bouge » « Move » « Recule »… C’est comme cela que la police s’adresse aux personnes venues manifester pacifiquement.

Demain, je sais, je lirai dans les journaux que la police a dû intervenir à cause de la violence des manifestants et la plupart des absents seront fiers de notre service de police. Bien sûr, plusieurs manifestants ont résisté à l’ordre de dispersion, car cet ordre était perçu par la totalité des manifestants présents comme illégitime. Et il l’était. Ce soir, j’ai effectivement vu des actes de violence et d’intimidation et j’ai eu peur, car la violence et la provocation auxquelles j’ai assisté était l’œuvre de policiers.

Sommes-nous encore dans une démocratie, quand la police, à la fois juge et partie, a toute liberté de décider elle-même de la légalité et de la légitimité d’une manifestation qui remet en question certains de ses agissements.

De retour à la maison, je sens s’installer en moi l’incrédulité, la peur et la colère devant cette répression injustifiée des droits fondamentaux de liberté d’expression et d’association pacifique. L’an prochain, je serai encore là… Il serait bon que nous soyons encore plus nombreux à constater ce qui se passe réellement dans ce genre de manifestation, car, ce soir, rien ne justifiait le déploiement éhonté de force et de répression auquel nous avons assisté.

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|Et je sens en moi s’installer la colère
3498|3572|authebdo|authebdo - 16 mars 2012|2012-03-16 09:04:09|L'aut'journal|Plus de 4 000 visites par jour

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles :

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ACTUALITÉ

J’étais à la manif contre la brutalité policière
Et je sens en moi s’installer la colère
par Pierre Lebuis


COUP DE GUEULE

Un gouvernement de deux de pique
Le deux de pique : « Cette carte annonce des tromperies, des actions peu franches. On tente de se jouer de vous »
par Michel Rioux


MOUVEMENT ÉTUDIANT

Le Mouvement des étudiants socialement irresponsables du Québec
Un nom plus approprié
par Réjean Parent

Droits de scolarité : la FSS-CSN entre dans la bataille
Pourquoi nous appuyons la lutte étudiante
par Francine Lévesque

Faire sa juste part
Une augmentation de 1 625$ par année représente plus de 10% du revenu de la majorité des étudiants
par Sébastien Robert


MOUVEMENT SYNDICAL

Hommage à Madeleine Parent
Nous reproduisons une de ses dernières entrevues, qu’elle avait accordée à l’aut’journal

Rio Tinto Alcan : Le maître de chez nous !
Quand, en plus, on invoque des arguments « cartomanciens »…
par Marcel Lapointe

Rio Tinto Alcan subventionné à même nos tarifs d’électricité
Profite de nos ressources, mets en plein tes poches et on va t’acheter ton électricité ! Un chausson aux pommes avec ça ?
par Réjean Porlier

Rio Tinto Alcan : Quand le ministre Gignac prend partie
Ce gouvernement est prêt à donner ses culottes et les nôtres aux puissances de l'argent
par GRC ad lib


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

La vérité sur la dette québécoise
Réplique au Bonhomme Sept-Heures de Quebecor
par Réjean Parent

La CAQ et l’éducation : c’est un pensez-y bien !
L’expérience américaine et l’évaluation du rendement des professeurs
par Claude Gélinas


POLITIQUE CANADIENNE

Libre-échange Canada-Europe : Les mouvements d’opposition écartés
Le rapport du comité permanent du commerce international sur les négociations de l’AÉCG est biaisé
par RQIC et TJN


INTERNATIONAL

À qui appartient le pétrole du Golfe du Mexique?
Au Mexique, aux Etats-Unis… ou à Cuba?
par André Maltais

Wisconsin : 62000 personnes devant le Capitole
Un an après son élection, 1 million de personnes ont signé une pétition réclamant la destitution de Scott Walke
par Martin Cayouette

Wisconsin : Les musiciens s’impliquent dans la lutte
Ils se réunissent, du lundi au vendredi à midi, devant le Capitole de Madison
par Martin Cayouette


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

Vidéo : Illustration des résultats d’un sondage
22 bonnes raisons… et tellement d’autres encore…


MÉDIAS

Élargir le mandat de Télé-Québec
La solution pour assurer la pluralité de l’information
par Martin Lachapelle


CULTURE

Mort subite d’un homme-théâtre
Robert Gravel, le géant manquant
par Marie-Paule Grimaldi

Guerre des clochers et Maison hantée !
Un sacré programme pour les vingt ans du Caveau-Théâtre de Trois-Pistoles
par Victor-Lévy Beaulieu

Les clefs politiques du film iranien Une séparation
Un film au symbolisme très chargé
par Pierre Jasmin

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3499|3573|Accueil_Actualités|L’étudiant et son cellulaire|2012-03-18 20:43:14|Nicolas Bourdon|

L’auteur est professeur de littérature au Collège de Bois-de-Boulogne

Les images d’Épinal consistaient en des représentations de thèmes sacrés ou politiques; elles ont par exemple beaucoup contribué à façonner la pensée populaire à propos de l’épopée napoléonienne en forgeant une image de demi-dieu à Napoléon. Ces images sont des clichés dont on pensait s’être débarrassés; c’était sans compter sur André Pratte qui sait leur donner une nouvelle vie.  

Il écrit dans son dernier éditorial : « la hausse [des frais de scolarité] n'est pas aussi brusque qu'on le dit. Trois-cent-vingt-cinq dollars par an, c'est 6,25$ par semaine. Les jeunes, dont 81% possèdent un téléphone cellulaire (47% un téléphone intelligent) peuvent se le permettre, d'autant que l'amélioration du programme de prêts et bourses amortira sensiblement la hausse. »

L’image de l’étudiant et de son cellulaire est un lieu commun fort apprécié des gens de droite : c’est une image rassurante et réconfortante ; le seul problème, c’est qu’elle est fausse.

Le cellulaire ne constitue pas un grand investissement pour les étudiants ; il en coûte environ 50$ pour en obtenir un. Or, les étudiants traînent en moyenne 14 000$ de dettes après leurs études universitaires ; l’achat de leur cellulaire représente donc 0.3% de leurs dettes, ce qui, on en conviendra sûrement, à moins d’être de mauvaise foi (André Pratte en est capable), n’est pas énorme.

Il faut aussi mentionner que les nouvelles technologies sont présentes partout ; elles étaient omniprésentes notamment lors du printemps arabe chez des populations qui ne sont pas reconnues pour avoir un niveau de vie élevé.

Au Québec, comme ailleurs, le cellulaire s’est répandu à la vitesse de l’éclair et on le retrouve partout, en bas comme en haut de l’échelle sociale, mais André Pratte aimerait que les étudiants fassent exception à la règle.

Ceux-ci devraient effectivement adopter une attitude janséniste face à l’existence, alors que lui-même est grassement payé par Power Corporation pour rédiger des éditoriaux médiocres et poncifs.

Je m’en voudrais aussi de passer sous silence l’étrange façon dont André Pratte a de présenter le portrait financier des étudiants.

C’est à Disraeli, ancien premier ministre britannique, qu’on doit la célèbre citation suivante : « Il y a trois sortes de mensonges : les petits mensonges, les gros mensonges et les statistiques. »  Jamais elle ne m’a paru si juste que lorsque j’ai lu son fameux « Trois-cent-vingt-cinq dollars par an, c'est 6,25$ par semaine. »

Il y a quelque chose de louche lorsqu’on est obligé de maquiller un chiffre par un autre ; on dirait qu’on est en présence d’un habile vendeur tentant de masquer les défauts de son produit.

La vérité est pourtant toute crue : les étudiants dont l’endettement est déjà élevéverront celui-ci augmenter dangereusement quand, dans cinq ans, ils auront à débourser 3793$ par année d’étude.

Dans sa conclusion, André Pratte laisse transparaître tout son mépris pour les grévistes : « Le mouvement étudiant connaîtra encore deux ou trois semaines d'effervescence. Puis, à mesure que le printemps pointera à l'horizon, les étudiants songeront à la fin de la session et aux emplois d'été. Alors, le mouvement va s'essouffler. »

À ses yeux, la grève est un divertissement temporaire et sans conséquence : les étudiants ne sont pas sérieux ; lorsqu’ils manifestent, c’est pour s’amuser et rien d’autre. Aucun motif idéologique sérieux ne saurait guider leur pensée.

Espérons que les prochaines semaines feront mentir André Pratte et que les étudiants descendront massivement dans la rue. En tout cas, son dernier éditorial pourrait paradoxalement contribuer à leur insuffler la rage de manifester !  


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|Réplique à un éditorial d’André Pratte
3500|3574|Langue Manchettes|Au Québec, le français a fait du surplace|2012-03-18 22:02:23|Charles Castonguay|Le recensement de 1971 a permis de mesurer pour la première fois l’assimilation linguistique courante. Cette information s’est avérée sans prix. En comparant ces données avec celles des recensements suivants, on peut juger de quelle façon et de combien la loi 101, adoptée en 1977, a renforcé le français sur le plan de l’assimilation au Québec.

J’ai effectué ce type d’analyse dans L’assimilation linguistique : mesure et évolution 1971-1986, publié en 1994 par le Conseil de la langue française. Il en est ressorti deux facteurs qui stimulent la vitalité du français en matière d’assimilation.

Le premier découle plutôt de notre politique linguistique dans son sens large. Il s’agit de l’importance croissante des allophones de langue créole, indochinoise, portugaise, espagnole ou arabe dans l’immigration québécoise. Ceux-ci, dits francotropes, adoptent le français de préférence à l’anglais comme langue d’usage au foyer. Les autres, dits anglotropes, s’assimilent plus volontiers à l’anglais.

En fait, les francotropes dominaient parmi l’immigration allophone avant même la loi 101, en raison des réfugiés indochinois et haïtiens arrivés durant les années 1970. La préférence accordée depuis 1978 à la maîtrise du français parmi les immigrants que sélectionne le Québec a par la suite consolidé la dominante francotrope.

Le second facteur est le régime scolaire de la loi 101. Celui-ci a notamment hissé au-dessus de 50 % la part du français dans l’assimilation des anglotropes arrivés au Québec assez jeunes pour passer l’essentiel de leur scolarité obligatoire à l’école française.

« En revanche, ai-je écrit en 1994, l’effet des dispositions visant la langue de travail ou l’affichage sur les comportements linguistiques au foyer est beaucoup moins évident. » J’avais démontré en particulier que lorsqu’on élimine le facteur francotrope, il ne reste plus de hausse sensible de la part du français dans l’assimilation des immigrants allophones arrivés à l’âge adulte après la loi 101.

Il s’est écoulé assez de temps pour qu’on puisse maintenant démontrer d’une autre façon que la loi 101 n’a pas suffisamment transformé les comportements linguistiques dans la rue ou au travail pour hausser le bilan du français en matière d’assimilation parmi les adultes. Bien entendu, les études et le rapport que l’Office québécois de la langue française a publiés en septembre dernier ne font nulle part état de cet échec.

La Commission Laurendeau-Dunton avait souligné en 1970 que c’est parmi les natifs du Canada que l’on juge le mieux de l’assimilation. Dans La situation démolinguistique au Canada, Réjean Lachapelle et Jacques Henripin ont analysé dans cette optique les données de 1971. Ils ont employé comme population repère les jeunes adultes âgés de 25 à 44 ans nés au Canada, parmi lesquels les modifications de langue d’usage « sont à peu de chose près définitives et approximativement comparables ».

En effet, l’assimilation en bas âge peut être superficielle, voire réversible. Le phénomène bat son plein durant le passage de l’adolescence à l’âge adulte, puis s’essouffle dans la quarantaine. L’assimilation s’observe donc de manière optimale parmi les 25 à 44 ans. S’en tenir aux natifs du Canada élimine en outre l’ambiguïté du phénomène parmi les immigrés dont l’assimilation précède très souvent leur arrivée au Québec.

Pour établir le bilan de l’assimilation, Lachapelle et Henripin ont employé l’indice de vitalité. L’indice se calcule pour une langue donnée en divisant son effectif selon la langue d’usage par celui selon la langue maternelle. Exprimé en pourcentage, l’indice est supérieur à 100 % lorsque la langue en question profite du jeu de l’assimilation, et inférieur à 100 % lorsqu’elle y perd.

Ils ont trouvé que parmi leur groupe repère, l’indice de vitalité de l’anglais s’élevait nettement au-dessus de 100 % dans l’ensemble du Québec et dans toutes ses régions où les anglophones représentaient plus de 4 % de la population. À l’opposé, la vitalité du français était inférieure à 100 % au Québec ainsi que dans toutes les régions où les francophones comptaient pour moins de 92 %. Ailleurs, son indice s’élevait tout juste au-dessus de 100 %.

Âgés de 25 à 44 ans en 1971, les membres du groupe repère étaient en très grande majorité nés au Québec où ils avaient grandi. Ils avaient tous débuté leur vie adulte entre 1945 et 1964, soit bien avant la loi 101. La première partie de notre tableau présente les résultats de Lachapelle et Henripin pour le Québec et la région métropolitaine de Montréal. Nous y avons ajouté les valeurs pour l’île de Montréal, noyau de cette région clé.

La seconde partie de notre tableau permet de comparer ce premier bilan avec le bilan correspondant au recensement de 2006. Comme en 1971, la très grande majorité des membres du nouveau groupe repère sont nés et ont grandi au Québec. Ils se sont tous engagés dans la vie adulte au cours des années 1980 et 1990, soit après la loi 101.

La comparaison est fort instructive. La vitalité de l’anglais a explosé entre 1971 et 2006. Par contre, au Québec comme dans la région de Montréal, celle du français s’est hissée de peine et de misère au-dessus de 100 %, alors que dans l’île elle demeure aussi déficiente en 2006 qu’en 1971.

Le progrès minime du français est par ailleurs attribuable en majeure partie, sinon en totalité, aux modifications apportées par Statistique Canada au questionnaire de recensement en 1991 et 2001 qui, par deux fois, ont artificiellement dopé sa vitalité.

En somme, parmi le groupe repère établi par Lachapelle et Henripin, la vitalité du français a fait du surplace alors que celle de l’anglais a consolidé son avance. Celaconfirme mon constat de 1994 : la loi 101 n’a pas suffisamment agi sur le milieu de vie adulte en sol québécois, notamment sur la langue de travail, pour infléchir l’assimilation en faveur du français.

Entre-temps, la mondialisation sauvage, l’hyper-agressif impérialisme culturel anglo-américain et les revers assénés à la loi 101, entre autres par le coup de force constitutionnel de 1982, ont renforcé la dynamique en faveur de l’anglais parmi les jeunes adultes nés au Canada.

Sous cet éclairage, le régime scolaire de la loi 101 et la sélection d’immigrants en fonction de leur compétence en français paraissent déconnectés de la réalité. À quoi bon forcer des enfants francophones et allophones à fréquenter l’école française et sélectionner des immigrants francotropes si les paramètres linguistiques de la vie adulte au Québec continuent de privilégier l’usage de l’anglais ?

Car pensons-y bien. Quasiment tous les membres des deux groupes comparés dans notre tableau sont nés au Québec, ont grandi au Québec et ont mené leur vie de jeunes adultes au Québec. L’unique différence, c’est que ceux du premier groupe ont vécu tout cela avant la loi 101, alors que ceux du second ont tous intégré la vie adulte après. Parmi ces témoins directs de la dynamique des langues dans le milieu de vie québécois, la loi 101 a, tout au plus, empêché que la vitalité du français ne s’effondre.

Certes, la vitalité du français commencera enfin à progresser parmi le groupe repère dans les années à venir, ne fut-ce qu’en raison du régime scolaire de la loi 101 et de l’augmentation du poids des francotropes parmi la population née au Canada. Mais ne nous faisons pas d’illusion. Déjà, parmi le groupe repère de 2006, les 25 à 34 ans ont fait toute leur scolarité sous la loi 101. Et l’anglicisation des jeunes francophones dans la région de Montréal se poursuit comme en 1971, ce qui continue à affaiblir l’indice de vitalité du français et à nourrir en même temps celui de l’anglais.

D’autre part, ce n’est pas de sitôt qu’on pourra mettre à jour la comparaison établie dans notre tableau, Ottawa ayant saboté le recensement de 2011. Mais qu’importe. La comparaison 1971-2006 est concluante. Désormais, d’ici à ce que l’on agisse, les beaux discours sur le français langue commune de la société québécoise sonneront désespérément creux.


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|Parmi les adultes nés au Canada, malgré la Loi 101
3501|3575|International Accueil_Analyses|« Il n’y a plus de journalisme indépendant »|2012-03-20 07:50:30|Mondialisation.ca|

Les chaînes de télévision se sont transformées en partis politiques, poussant l’agenda de forces extérieures, a dit à RT l’ancien correspondant de la chaîne Al Jazeera à Beyrouth, Ali Hashem. Hashem s’est vu être mis sous les feux de la rampe après avoir démissionné de la chaîne de télévision citant sa partialité dans la couverture de l’information.

Dans des courriers électroniques fuités par des hackers syriens, Ali Hashem laissait passer sa colère contre la couverture unidimensionnelle d’Al Jazeera sur la Syrie et son refus de couvrir les évènements de Bahreïn. Dans une interview exclusive avec RT, l’ancien corespondant à Beyrouth Hashem n’a pas voulu en dire plus sur sa démission, mais a insisté sur le fait que de nos jours, l’idée que les médias sont indépendants est un mythe.

“Il n’y a plus de médias indépendants. Tout est fait pour l‘agenda de ceux qui paient, financent le média”, a t’il dit. “La politisation des médias veut dire qu’aujourd’hui, ceux-ci sont des partis politiques. Tout le monde prend partie, se bat pour son point de vue et utilise tous les outils et moyens possibles à leur disposition afin que leur vue touche le plus grand nombre possible.”

C’est maintenant le travail de ceux qui s’informent de comparer les informations de plusieurs sources différentes et de tirer leurs conclusions eux-même, pense le journaliste. “Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’information open source – source libre – et tout le monde peut obtenir l’information qu’il désire.”

Hashem a dit que le problème de cet état de fait est que certains médias peuvent atteindre une audience bien supérieure à d’autres et “ce qu’ils disent pourra sembler être factuel alors que çà ne l’est pas.” A t’il dit.

Les médias de masse devraient être “immunisés”, impartiaux lorsqu’il s’agit de conflit, cela garantit alors la liberté de parole et d’expression, pense Ali Hashem.

“En 2006, Israël a bombardé la chaîne de télévision Al-Manar parce qu’ils disaient que celle-ci diffusait de la propagande contre Israël”, dit-il. “Al-Manar était d’un côté de la guerre et ils supportaient le Hezbollah, la résistance et la guerre contre Israël. Mais ceci donne t’il à Israël l’excuse de les bombarder ? Certainement pas.”

“En tant que journalistes, nous devrions, et ce quelque soit notre point de vue (parce qu’il est clair qu’il n’y a plus de journalisme indépendant), avoir le droit de dire ce que nous voulons en toute sécurité, sans avoir à être menacés de bombardement, ou tués, exécutés ou arrêtés”, a conclu Hashem.

Al Jazeera a subi récemment un exode du personnel clef de son bureau de Beyrouth: le correspondant Ali Hashem, le directeur de gestion Hassan Shaaban et le producteur Mousa Ahmad.

Tous ces professionnels ont mentionné la partialité dans la couverture de l’information sur le printemps arabe de la part de la chaîne, spécifiquement en ce qui concerne les évènements de Syrie et du Bahreïn, comme étant la cause de leur départ.

Lien vers l’article original (avec vidéo de l’interview du journaliste en anglais):
http://rt.com/news/hashem-al-jazeera-resignation-523/

Traduction de l'article par Résistance 71.

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|D’un ex journaliste d’Al Jazeera
3502|3576|Société Manchettes Coups_de_gueule|Le poulet sacré|2012-03-20 07:56:40|Louise Mailloux|

«Tout ce qui se meut et qui vit vous servira de nourriture; de même que la verdure des plantes, je vous donne tout. Seulement vous ne mangerez pas la chair avec son âme – le sang.» Genèse 9,3-4, premier livre de la Torah.

«Voici ce qui vous est interdit : la bête morte, le sang, la viande de porc; ce qui a été immolé à un autre que Dieu..... Les bonnes choses vous sont permises. Vous pourrez manger après avoir invoqué sur elles le Nom de Dieu.» Coran, V : 3-4.

«Rien d’extérieur qui pénètre dans l’homme ne peut le souiller, parce que cela ne pénètre pas dans son coeur, mais dans son ventre, pour s’en aller aux lieux d’aisance.» Évangile selon Marc 7, 18-19.

À lire ces passages, on constate qu’en renonçant à l’interdiction de certains aliments, les chrétiens ont raté une belle occasion de faire beaucoup d’argent, abandonnant ainsi aux juifs et aux musulmans le lucratif marché de l’alimentation.


Le miracle de la transsubstantiation

Comme à la messe, alors que la bénédiction du prêtre change le pain et le vin en corps et en sang du Christ, celle du rabbin change les poulets égorgés, le Nestlé Quick et le ketchup, en milliards de dollars. Dieu n’abandonne pas ses créatures et les accompagne même chez Loblaws et chez Métro.

Dans les simagrées du rabbin bénissant le Coke, les frites, le sel et la mayonnaise, Dieu est partout et Il «cash» sur tout. Ding, ding, ding! Vous imaginez la supercherie, se faire payer pour bénir des bouteilles de Coke! Il y a même des rabbins qui font un camion d’une seule traite. C’est plus payant, et ça permet de bénir le camion en même temps. Les produits certifiés casher ont envahi l’alimentation industrielle et ils sont devenus incontournables dans nos grandes chaînes d’alimentation. Rien qu’aux États-Unis, le marché casher vaut 13 milliards de dollars. God is rich.

À la page 74 du rapport Bouchard-Taylor, concernant la nourriture certifiée casher, il est écrit que «les frais additionnels que doivent assumer les consommateurs sont très minimes et que les rabbins ne tirent pas profit de la certification». La commission a mandaté deux chercheurs pour nous dire cela.


Les poulets d’Allah

Du côté musulman, on retire le porc du Québec du menu des garderies pour le remplacer par les poulets d’Allah, égorgés en direction de La Mecque. On achète même des yogourts halal, c’est-à-dire «sans gélatine», celle-ci pouvant contenir des traces de porc, yogourts brassés dans la même direction que les poulets. Les enfants grandissant, les écoles publiques suivront d’ici quelques années ce menu islamique. D’ailleurs, au dîner de Noël du cegep où j’enseigne, cette année, on a retiré la tourtière pour la remplacer par de la quiche, champignons tranchés vers La Mecque!

À la page 54 du rapport Bouchard-Taylor, concernant le menu halal dans un Centre de la petite enfance (CPE) : «Le 7 novembre 2006, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) examinait une plainte déposée contre le CPE Gros Bec par un père de confession musulmane qui exigeait que ses deux fils ne mangent aucun mets contenant de la viande non halal.

Le 20 mars 2007, la Commission diffusait un avis demandant au CPE ‘‘d’appliquer la mesure d’accommodement proposée par le plaignant qui consiste à ne pas servir de viande non halal à ses enfants’’. Elle enjoignait également au CPE de verser au plaignant 4000 $ à titre de dommages moraux pour l’atteinte à ses droits.

Le conseil d’administration du CPE a décidé de ne pas donner suite à ces mesures. La Commission a donc engagé une poursuite contre le CPE devant le Tribunal des droits de la personne

J’ignore ce qu’il est advenu de cette poursuite qui nous enfonce la viande halal dans la gorge, mais si on suit les avis de la CDPDJ, tous les CPE et les écoles publiques, les établissements de détention et ceux du réseaux de la santé de même que les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) sont en voie de se faire imposer le retrait de la viande de porc en même temps que l’exigence d’une nourriture halal.

Les entreprises ont compris que l’avenir est au halal et qu’Allah est le plus grand. Ainsi le marché halal canadien se chiffre présentement à 1 milliard de dollars, 12 milliards en Amérique du Nord et plus de 300 milliards dans le monde. Rien qu’en France, c’est un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros par an, un marché que s’efforcent de contrôler les Frères musulmans. L’islamisation progresse lentement. D’abord les poulets...

Sirop d’érable béni AA, agneau de Dieu et du Québec, pétro-poulet de chez Olymel. Jamais la superstition n’aura été si payante et le vol aussi parfait.


La cité de dieu

Il y en a qui prie cinq fois par jour alors que d’autres ne prient jamais mais tous ces gens mangent, et au Québec trois fois plutôt qu’une. La bouffe religieusement modifiée (BRM), c’est l’assiette au beurre pour les entreprises et pour les intégristes religieux. Et l’on se trompe en pensant que ce marché du casher et de l’halal n’est qu’une simple activité commerciale.

Parce que contrairement aux autres produits, la BRM contient une «plus-value» à forte teneur politique, si bien que la question importante à se poser est: Où va l’argent remis aux imams et aux rabbins en échange de leur certification divine? Et à quoi sert-il précisément? Pour les Juifs, à financer la colonisation d’Israël en territoires palestiniens? Et pour les musulmans, à financer les Frères musulmans, ces islamistes qui veulent imposer l’islam partout dans le monde?

Et dire que Charles Taylor et tous les tenants de la laïcité ouverte essaient de nous faire croire que la religion est devenue une affaire personnelle et que nous n’avons plus rien à craindre des religions.


La cité des hommes

Exiger davantage de transparence et un meilleur encadrement dans l’étiquetage des produits commercialisés comme le réclame le PQ n’est pas la solution.

Si l’on souhaite écarter le religieux de notre assiette, alors il faut adopter une perspective laïque et se donner des règles nous permettant de laïciser l’alimentation. Bien sûr, on ne pourra pas débaptiser la mayonnaise mais il faut que l’État québécois assume sa laïcité et arrête de se plier à des exigences religieuses en matière d’alimentation.

En clair cela veut dire, ne pas retirer le porc des menus de nos institutions publiques et de tous les organismes qui relèvent de l’État et le réintroduire, là où il est banni.

Ordonner à la CDPDJ qu’elle cesse de donner des avis ou d’entreprendre des poursuites favorisant l’accommodement religieux en matière d’alimentation.

Et surtout, demander au gouvernement fédéral dont nous dépendons ici, qu’il modifie la loi actuelle sur l’abattage des animaux qui impose l’étourdissement des animaux avant l’abattage mais prévoit une exception pour l’abattage rituel. Que Québec demande à Ottawa que l’on mette fin à cette dérogation et que soit dorénavant interdit l’abattage rituel.

D’autres pays tels la Suisse, la Norvège, la Suède, l’Islande, la Nouvelle-Zélande ont eu ce courage de l’interdire. Le Québec doit se faire tout aussi exigeant et suivre leur exemple. Ainsi, les droits des animaux seront mieux respectés mais plus encore, celui des Québécois à vouloir vivre dans un Québec laïque.


Le poulet sacré

Une collègue de travail quittant son bureau pour rentrer chez elle, me dit en partant : «Ce soir, je leur fais un poulet sacré.» Un poulet sacré? C’est quoi ça? «Oh, c’est simple. Je prends un poulet et le «sacre» au four pendant une heure et demie, et l’affaire est ketchup...


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|En renonçant à l’interdiction de certains aliments, les chrétiens ont raté une belle occasion de faire beaucoup d’argent
3503|3577|International Manchettes|Plaidoyer pour la non-ingérence en Syrie|2012-03-20 08:03:43|Miville Couture |

Bonjour à tous et à toutes, 

Bonjour Monsieur Desautels,

J'écoute très souvent votre émission pendant que je voyage ou que je prépare mon repas du soir. Je veux d'abord vous féliciter de la qualité de votre émission en général. Les invités auxquels vous accordez des entrevues m'ouvrent très souvent de nouveaux horizons et je l'apprécie beaucoup. Je me dis que si les taxes et les impôts que je paie peuvent servir à diffuser dans le grand public des connaissances valables et vérifiables, les capacités organisatrices et nourricières de ces connaissances nous feront graduellement comprendre que le monde entier est notre famille.  On ne peut plus rester indifférent aux horreurs de la guerre. Si nous sommes capables de mieux voir ce qui arrive à notre planète et à ses habitants, nous agirons mieux dans nos milieux et nous cesserons d'encourager et de supporter les prédateurs de tous poils. 

J'écoute la radio de CBC autant que celle de Radio-Canada. Au cours des dernières années, j'ai envoyé plusieurs fois mes commentaires d'appréciation. À d'autres moments j'ai voulu ajouter un peu de lumière au débat public à partir de mon vécu quotidien au Nouveau-Brunswick et surtout à partir des expériences que j'ai connues au cours de 15 années de travail bénévole dans les pays en développement. J'ai 66 ans et tant que j'en aurai la force et la santé, je veux continuer de partager mes connaissances et mon expérience avec les plus démunis. 

Les années que j'ai passées en Haïti, en Colombie, en Inde, aux Philippines et au Sénégal de même que des séjours plus ou moins longs aux États-Unis, en France, en Hollande, en Allemagne, au Chili et en Angleterre m'ont permis de voir le monde dans une perspective plus vaste. J'ai appris qu'il y avait plusieurs façons d'aborder et de solutionner les mêmes problèmes. J'ai appris que nous, Occidentaux, n'avions pas le monopole du droit, de la justice  et de la rectitude. J'ai aussi profité de mes séjours à l'étranger pour lire les oeuvres de plusieurs écrivains des pays où je travaillais et leur savoir m'a servi et continue de me servir.

Quand j'écoute la radio ou que je regarde la télévision, je compare, je questionne, et j'évalue en fonction de toutes ces connaissances et expériences acquises au cours des années.

Aujourd'hui, c'est la première fois que je vous écrit. J'ai une grande faveur à vous demander et je vais l'expliquer le mieux possible. 

Depuis quelques mois, j'entends des nouvelles au sujet de la Syrie et je dois dire que j'ai de la peine à rester calme. Je suis fâché. Je suis outré. Sachant que Radio-Canada et CBC n'ont pas toujours les moyens d'avoir des correspondants indépendants dans les endroits chauds de l'actualité internationale, j'essaie de tempérer mes transports et de me renseigner ailleurs. L'Internet a depuis longtemps enlevé le monopole de l'information aux grands médias politiquement prudents. L'Internet nous permet aussi d'avoir accès aux opinions des écrivains et des journalistes du milieu où se déroulent les événements qui envahissent nos demeures qu'on le veuille ou non. 

Nous sommes tellement mal informés au sujet de la Syrie que les religieuses syriennes doivent maintenant sortir de leurs monastères pour dire au troupeau des organisations occidentales de s'ouvrir les yeux et de cesser de s'enfermer dans les grilles de lecture préfabriquées par la pensée hollywoodienne, par la doctrine sioniste, par les diktats de l'empire américain et du Nouvel Ordre Mondial. En tant que francophones, nous nous référons trop souvent aux médias de la France qui n'est plus celle du Général De Gaulle, mais bien celle de Sarkosy. Ce démagogue dangereux est bien sûr le reflet fidèle de la conscience collective qu'il dirige et cela se voit dans les dogmes du rationalisme outrancier et autres élucubrations dangereuses que bien des médias français voudraient faire avaler au reste du monde. 

Depuis le printemps dernier, des journalistes indépendants ont séjourné en Syrie. Ils ont été témoins d'une opposition minoritaire et fragmentée, aux objectifs différents, parfois violente et armée. Il faut se demander par qui cette opposition est armée et dans quel but. Les deux mots latins (CUI BONO), attribués à Cicéron, devraient être utilisés plus souvent par tous les journalistes intègres et soucieux de donner l'heure juste. Les mensonges finissent toujours par se savoir; pensons aux fameuses armes de destruction massive restées introuvables. Sommes-nous capables de tirer des leçons de l'Irak, de l'Afghanistan, de la Yougoslavie, de la Libye, etc.? 

À qui ces violences profitent-elles et quels en sont les véritables auteurs? Depuis le mois de mars, des journalistes indépendants ont vu une Syrie pas du tout à feu et à sang, généralement très calme, dans les grandes villes notamment où une large partie de la population soutenait le gouvernement. Ils ont vu en mai, en juin et en juillet, des grandes manifestions de soutien pour le gouvernement. Ils ont vu encore dernièrement les résultats d'un référendum favorable au gouvernement. Même l'opposition intelligente ne veut pas de cette ingérence étrangère qui a été désastreuse partout où elle s'est produite. 

Qu'est-ce que les révolutions colorées ont amené en fin de compte? Par qui sont-elles fabriquées et financées? L'empire américain et ses vassaux de même que les empires financiers transnationaux continuent de fourrer leurs nez partout sans comprendre que le pouvoir absolu qu'ils recherchent depuis des lustres leur échappe de plus en plus. Les puissantes baleines banquières qu'on ne pouvait pas harponner parce qu'elles ne faisaient jamais vraiment surface sont maintenant forcées d'apparaître au grand jour dans toute leur laideur, leur égoïsme et leur cruauté de prédateurs sans conscience. Les grandes banques dirigent maintenant officiellement la Grèce et l'Italie et d'autres pays vont bientôt passer à la caisse. La démocratie est à la poubelle pendant que la plèbe fait les frais du grand ménage. 

Pendant ce temps les médias toujours occupés à se gargariser du printemps arabe sans savoir tout ce qui s'est passé en sous-main.pour le préparer et sans parler de l'après désastreux. On ne peut pas en parler parce qu'on est trop occupé à foutre le bordel ailleurs.

Pour ce qui est de la Syrie, les grands médias français bien au chaud dans leurs bureaux de presse et de connivence avec la presse britannique et celle du Qatar ont choisi de construire graduellement un climat de violence attribué uniquement au gouvernement syrien. Mais, ce n'est plus un secret que la France de Sarkosy, le MI6, l'OTAN, Israël, la Turquie, Al Quaeda, la CIA et les monarchies du Golfe se sont associés--jolis partenaires!--pour soutenir les rebelles et autres groupes de mercenaires et de fanatiques très peu sympathiques et pas du tout démocratiques. Comment ces grands joueurs avec leurs feuilles de route ensanglantées pourraient-ils apporter la démocratie à la Syrie? Leurs régimes est la contradiction même de la démocratie. Ils peuvent envoyer en parlementaires en Syrie tous les Kofi Annan qu'ils peuvent trouver, ils ne pourront jamais redorer le blason de leur crédibilité. Ils l'ont perdu depuis longtemps, même si les médias mainstream prétendent le contraire et s'acharnent à nous le faire croire. 

Avant-hier, vous avez invité François Brousseau à brosser un bref tableau de la situation syrienne. M. Brousseau devrait savoir que de nos jours, les connaissances partielles et les demi-vérités sont dangereuses. Oui, de plus en plus dangereuses car elles circulent à la vitesse de la lumière et elles sont reprises en boucles par ceux qui veulent faire flèches de tout bois. Au lieu de se presser avec des informations mal digérés qui risquent d'envenimer le débat, il est préférable de reporter son jugement et de continuer de faire ses devoirs. En Inde, il y a un proverbe qui nous dit que ceux qui arrivent tard arrivent souvent plus forts. What comes late comes stronger. 

J'invite François Brousseau à lire un article intitulé Le terrorisme au nom de la démocratie où Nadia Khost, une écrivaine syrienne, dénonce le cynisme de l'Occident. Voir: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29200

Sylvia Cattori, une journalisme européenne, peut aussi apporter au moulin de Radio-Canada de l'eau plus limpide que celle qu'on nous a servie depuis plusieurs mois. Voir: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29741 où elle explique assez clairement que les auteurs d'atrocités sont les opposants armés. 

Dans la vie, il vient un moment où, malgré nos occupations quotidiennes, on ne plus se taire. Je vous ai écrit longuement car je crois que mon intervention peut servir. J'ai simplement voulu partager une part utile de ce que j'ai appris. Je termine en partageant avec vous des mots de Gilles Vigneault tirés de son livre Balises (Page 110):

Dans le secret des ministères
On calcule encor le moment 
Le plus favorable à la guerre
Et s'il reste quelqu'un debout 
Ce sera pour dire avant tout

Si seulement quelque poète
Avait chanté notre méprise
Malheur à celui qui s'est tu.

Et pour cela même je veille
Ce n'est ni vice ni vertu
Peut-être est-ce au fond pour qu'on dire
Que c'était moi le plus têtu.


Avec Monsieur Vigneault, je répète: Et les humains sont de ma race.


Bonne lecture!
Miville Couture
Saint-Jean, Nouveau Brunswick


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|Lettre à Michel Désautels de Radio-Canada
3504|3578|Accueil_Analyses Mouvements_étudiant|Sous-financées les universités? Ça dépend comment on compte!|2012-03-20 08:09:43|Réjean Parent|

L’auteur est président de la CSQ

Loin de moi l’idée de m’immiscer au sein d’éventuelles – et nécessaires – négociations entre les associations étudiantes et le gouvernement du Québec, mais force est d’admettre que plusieurs éléments du présent débat vont à contre-courant du bon sens. Devant l’ampleur que prend le mouvement de contestation contre la hausse des droits de scolarité, le gouvernement doit revenir sur sa décision de hausser les droits et engager un véritable débat sur les enjeux du financement universitaire.

Un constat de sous-financement qui ne tient pas la route

Ainsi, la justification de la hausse pressentie des droits de scolarité tirerait sa légitimité d’un certain sous-financement relatif des universités québécoises. Or, la méthodologie à la base de ce constat issu de la Conférence des recteurs et des principaux du Québec (CREPUQ), véritable juge et partie, est hautement discutable. Cette dernière, en excluant les fonds de recherche et d’immobilisation de sa comparaison, s’en tient à une analyse bien partielle des revenus et des dépenses des universités québécoises et canadiennes. Par ce stratagème, la CREPUQ en arrive à la conclusion que les universités québécoises souffrent d’un sous-financement de fonctionnement par rapport à leurs homologues canadiennes, un constat qui ne tient la route que par une manœuvre comptable qui fait visiblement l’affaire de certains recteurs.

Selon les données du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), les universités québécoises, en tenant compte des fonds de fonctionnement, de recherche et d’immobilisation, dépensent plus par étudiant (29 242 $) que leurs consœurs canadiennes (28 846 $) ! Pourtant, plusieurs observateurs continuent d’accepter candidement et sans questionnement le sous-financement dont seraient victime les universités québécoises.


Il est temps d’ouvrir un véritable espace de dialogue

Certains rétorqueront que ces fonds proviennent de différentes sources et qu’un simple transfert n’est pas si simple, ce qui n’est que partiellement vrai. Or, voilà une tâche stimulante pour des états généraux sur les universités québécoises. De fait, l’occasion est belle pour jeter les bases d’une véritable délibération démocratique sur l’avenir et le fonctionnement de nos universités. Plutôt que de s’affronter par la voie médiatique ou celle des manifestations et des matraques, pourquoi ne pas permettre un réel espace de dialogue comme nous l’avions réclamé lors de la Rencontre des partenaires de l’éducation il y a deux ans ?


Une discussion qui n’a jamais eu lieu

D’aucuns conviendront qu’il est pour le moins exagéré d’exiger une hausse radicale des droits de scolarité, sous prétexte d’un sous-financement de nos universités, alors même que ces dernières ont globalement plus de moyens que leurs homologues canadiennes. La réflexion et l’analyse raisonnées des conséquences d’une hausse radicale des droits de scolarité doivent prendre le pas sur une décision improvisée et idéologique du gouvernement Charest.

Ce dernier nous répondra que cette discussion a déjà eu lieu le 6 décembre 2010 lors de la soi-disant Rencontre des partenaires en éducation. Mais une seule journée de discussion autour d’orientations déjà planifiées peut-elle se qualifier comme étant un véritable débat démocratique ? Où est l’urgence ? Le devenir de nos universités, de nos jeunes et du Québec sont trop importants et méritent mieux qu’une discussion à la va-vite sur un coin de table.

Liens
L’avenir des universités et leur contribution au développement du Québec

Photo : Jacques Nadeau

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|www.irec.net



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|Le gouvernement du Québec demeure insensible aux difficultés de l’économie
3508|3582|Manchettes Politique_Québec|Hausse des droits de scolarité : 6 000 étudiants à temps plein de moins|2012-03-21 08:29:37|Gabriel Ste-Marie|

Les économistes Jules Bélanger et Oscar Calderon de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) ont récemment publié une étude qui porte sur la hausse des droits de scolarité.

En 2016-2017, un étudiant au bac paiera 3 792 $ par année. C’est plus du double des droits de 2006-2007, qui étaient de 1 668 $. C’est sans compter les frais afférents, aujourd’hui à plus de 600 $ par an et qui varient selon les universités.

Cette hausse de droits incitera plusieurs jeunes à ne pas aller à l’université. Même si le nombre exact est difficile à estimer, les économistes parlent d’au moins 6 000 étudiants à temps plein par année de moins à partir de 2016-2017.

Bélanger et Calderon calculent que ces hausses ne rapporteront pas beaucoup au gouvernement. C’est qu’ils tiennent compte de la hausse des coûts en prêts et bourses qui découle de l’augmentation des droits, sans oublier la hausse additionnelle des crédits d’impôts accordés aux étudiants ou à leurs parents.

Alors que le gouvernement affirme aller chercher 265 M$ par an, les chercheurs arrivent à 101 M$ en intégrant les déductions au calcul.

C’est une stratégie à courte vue selon les données mêmes du ministère de l’Éducation. Ses Bulletins statistiques montrent que les diplômés universitaires ont des revenus plus élevés et connaissent un faible taux de chômage. Ceci fait en sorte que les diplômés versent plus de taxes et d’impôts à l’État.

En moyenne et pour la durée de sa vie, le détenteur d’un bac verse à l’État presque un million $ de plus que celui qui a seulement son diplôme secondaire. Le sacrifice demandé par le gouvernement pour des revenus immédiats est tout à fait démesuré et va à l’encontre de l’intérêt de la population québécoise.

Avec la même méthode, les chercheurs de l’IREC chiffrent la gratuité scolaire. Pour 2008-2009, cette mesure aurait coûté 176 millions $ au gouvernement du Québec, ce qui représente à peine 1,2 % de son budget en éducation.

Pour arriver à ce montant, les économistes tiennent compte des économies que réaliserait le système de prêts et bourses et aussi de la diminution des crédits d’impôts relatifs aux études postsecondaires. Ils ont également estimé et intégré à leur analyse que cette mesure aurait augmenté le nombre d’étudiants québécois d’un peu plus de 6 000, en équivalent temps plein.

Une autre partie de l’étude se penche sur le phénomène des étudiants canadiens et étrangers au Québec. Puisqu’ils ne contribuent pas à la fiscalité québécoise, les droits exigés sont nettement plus élevés. Les droits d’un étudiant canadien atteignent un peu moins de 6 000 $ par année. Ceux des étudiants étrangers environ 15 000 $.

En 2008-2009, les étudiants étrangers ont payé près de 30 % de l’ensemble des droits de scolarité, même s’ils étaient un peu plus de 15 000 sur un total de 192 000 étudiants, en équivalent temps plein. Les étudiants canadiens, presque 14 000, ont payé 13 % de l’ensemble des droits.

Les universités qui ont plus d’étudiants étrangers encaissent plus de droits de scolarité. Les auteurs donnent en exemple Concordia, Bishop et HEC Montréal, où les droits représentent plus de 20 % de leurs revenus. À l’Université Laval et à l’Université de Montréal, c’est moins de 10 %.

Même si l’essentiel des revenus universitaires provient de nos impôts et taxes, attirer des étudiants hors Québec est payant pour les universités et pour le gouvernement. Il n’est donc pas étonnant que leur nombre soit en progression.

La présence de ces étudiants dans nos institutions d’enseignement est bénéfique pour la formation de tous. Elle permet des échanges de culture et de points de vue intéressants.

Il ne faudrait toutefois pas en venir à voir les étudiants étrangers comme de simples vaches à lait pour le financement de nos universités, comme c’est le cas en Ontario. Dans son dernier budget, le gouvernement McGuinty disait compter sur les étudiants étrangers pour combler une bonne partie de son déficit. Il s’inspirait de l’Australie où « l’industrie des étudiants étranger » constituent la troisième industrie du pays.

Nous avons un système d’éducation postsecondaire de qualité qui forme nos jeunes, qui pourront par la suite contribuer davantage au développement de notre société. Son modèle de financement ressemble plus à celui de l’Europe continentale qu’au modèle des pays anglophones. C’est-à-dire que les faibles droits de scolarité sont compensés par une imposition plus importante, où chacun est appelé à contribuer en fonction de sa capacité. Ce modèle est actuellement menacé. L’accessibilité aux études supérieures constitue une valeur précieuse dont le Québec ne saurait se priver.

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|Le coût de la gratuité : 1,2 % du budget en éducation
3509|3583|Accueil_Actualités|« Les Québécois ont les poches trouées, Monsieur le Ministre »|2012-03-21 08:40:10|Réjean Parent|

L’auteur est président de la CSQ

« Le ministre des Finances devrait être gêné d’affirmer sans rougir que les Québécoises et les Québécois ont plus d’argent dans leurs poches, alors qu’ils doivent maintenant subir un ensemble de hausses de tarification et une multiplication de taxes déguisées », affirme le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent.

La CSQ constate que le gouvernement poursuit avec provocation, malgré la grogne populaire, le maintien de ses objectifs de retour à l’équilibre budgétaire pour 2013-2014, sa taxe santé injuste et ses hausses de droits de scolarité, confirmant ainsi son penchant pour les mesures inégalitaires. De plus, la réduction draconienne de la croissance des dépenses de programmes prévue par le gouvernement se traduira nécessairement par des réductions de services à la population.


Éducation : on passe de priorité nationale à… encore des compressions !

La CSQ est extrêmement déçue de constater que d’autres compressions budgétaires en éducation s’ajoutent à celles déjà annoncées au cours des derniers mois. Il s’agit d’un manque à gagner de 230 millions, notamment plus de 100 millions dans les réseaux scolaires primaire et secondaire, en comparaison à l’évolution des budgets de la dernière décennie. Elle est aussi déçue de constater qu’aucune nouvelle somme n’est prévue pour améliorer l’offre de service des cégeps éloignés des grands centres.

« Nous observons aussi avec surprise que le mot “éducation” est pratiquement absent du discours gouvernemental, alors que le premier ministre affirmait dans son discours inaugural que l’éducation représentait la priorité nationale de son gouvernement. », déplore Réjean Parent.


Services de garde : le gouvernement doit aboutir ! 

La CSQ souhaite que le gouvernement parvienne enfin à remplir sa promesse d’offrir 235 000 places en services de garde d’ici 2015-1016. « Nous déplorons toutefois, comme nous l’ont confirmé les représentants du Conseil du trésor, qu’aucune place ne soit attribuée au milieu familial pour 2012-2013, alors qu’un nombre de 2000 le sera pour les garderies privées subventionnées », ajoute Réjean Parent.


Prendre soin de nos aînés dès maintenant

L’organisation syndicale est surprise de constater que le plan d’action « Vieillir chez soi » commencera à s’appliquer en 2016-2017, alors que les besoins sont criants dès maintenant. Elle déplore le choix du gouvernement de recourir presque exclusivement aux ressources intermédiaires plutôt qu’aux CHSLD publics pour les nouvelles places d’hébergement créées. Elle se désole aussi qu’aucune ressource additionnelle ne soit allouée dans les CHSLD pour améliorer les soins offerts aux aînés.

Un RVER qui ne règle rien

La CSQ considère que le nouveau Régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) ne répond aucunement aux besoins des travailleuses et des travailleurs ne bénéficiant pas de régime complémentaire de retraite. En effet, le RVER n’assure pas un revenu stable et prévisible à la retraite, il ne prévoit pas de contribution obligatoire des employeurs et il n’assure pas une gestion collective et démocratique des actifs du régime. La Centrale aurait plutôt souhaité une bonification des régimes publics de retraite.

« Ce budget en est un d’austérité et nous déplorons les mauvais choix du gouvernement. Nous sommes persuadés que des choix plus équitables existent pour financer les services publics, notamment l’ajout d’un 4e palier d’imposition, la taxation des biens de luxe, un resserrement de divers crédits des entreprises, la hausse des redevances minières », conclut le président de la CSQ.


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|Réaction de la CSQ au Budget Bachand
3510|3584|Accueil_Analyses Mouvements_syndical|Hausse du salaire minimum au Québec le 1er mai|2012-03-22 07:54:54|Coalition du 1er mai|

Depuis l’adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en 2002, le gouvernement du Québec profite de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs pour majorer le salaire minimum.

Le 1er mai 2012, le salaire minimum passera de 9,65$/heure à 9,90$/heure. Un 25 sous de plus à chaque heure qui représente une augmentation de 2,6% par rapport au salaire actuel alors que l’inflation au Québec a été de 3% en 2011.

La correspondance entre le pourcentage d’augmentation du salaire minimum et le taux annuel d’inflation n’est pas toujours aussi rapprochée si on se fie au tableau ci-dessous :


Années

Salaires

% augmentation

Inflation

2003

7,20$/heure


4,5%

2004

7,45$/heure

3,4%

2,1%

2005

7,60$/heure

2,1%

1,9%

2006

7,75$/heure

1,9%

1,7%

2007

8,00$/heure

3,2%

1,9%

2008

8,50$/heure

6,25%

2,7%

2009

9,00$/heure

5,8%

0,6%

2010

9,50$/heure

5,5%

1,2%

2011

9,65$/heure

1,5%

3%

2012

9,90$/heure

2,5%

2,8%


Entre 2007 et 2010, le gouvernement québécois a semblé bien généreux en majorant le salaire minimum à un taux parfois deux fois plus élevé que le taux d’inflation. En réalité, l’État n’a tout simplement qu’ajusté le salaire minimum à celui des autres provinces canadiennes. Le rattrapage était grand et le gouvernement Charest se devait de respecter la loi.


Provinces

Salaire minimum

Terre-Neuve

10,00$/heure

Ile-du-Prince-Edouard

10,00$/heure

Nouvelle-Écosse

10,15$/heure

Nouveau-Brunswick

10,00$/heure

Québec

9,90$/heure

Ontario

10,25$/heure

Manitoba

9,50$/heure

Saskatchewan

9,50$/heure

Alberta

8,80$/heure

Colombie-Britannique

10,25$/heure


Ailleurs dans le monde, l’Allemagne n’a pas de salaire minimum alors que l’Australie a en plusieurs selon le corps d’emploi. Certains pays occidentaux sont bien en deçà de celui du Québec, d’autres au-dessus :


Pays

Salaire minimum en $Can

Angleterre

7,62$/heure

Belgique

12,48$/heure

France

12,04$/heure

Irlande

12,89$/heure

États-Unis

7,19$/heure


Plus de 231 000 salariés québécois travaillent au salaire minimum. Malgré la hausse de 1,50$/heure entre 2007 et 2010, le salaire minimum est encore sous le seuil de faible revenu. En 2010, le revenu annuel d’un travailleur à temps plein au salaire minimum était de 19 000$ alors que le seuil de faible revenu était à 19 375$ par année.

Les emplois au salaire minimum sont majoritairement occupés par des femmes (63%) et près de un poste sur cinq (18%) par des jeunes entre 20 et 24 ans.
 

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|Qu’en est-il de la correspondance avec l’inflation?
3511|3585|Accueil_Actualités|Budget Bachand : Aussant regrette le manque de vision|2012-03-22 08:18:37|Option nationale|

Le député de Nicolet-Yamaska et chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, a participé aujourd’hui au huis clos du troisième budget déposé par le ministre des finances, Raymond Bachand. Selon lui, les budgets devraient être des occasions d’annoncer des projets prometteurs et rassembleurs pour le Québec, plutôt qu’un simple exercice de hausse de taxes ou de relations publiques préélectorales. « Contrairement à ce que diront les partis d’opposition traditionnellement partisans, je ne vois pas que du mauvais dans ce budget, mais c’est une autre occasion ratée de prendre les bonnes décisions pour l’avenir du Québec, tant sur le plan économique que social », a déploré Aussant.


Finances publiques et création de richesse

Le député de Nicolet-Yamaska considère qu’il y a déjà suffisamment d’argent dans le système pour offrir les services auxquels la population est en droit de s’attendre. « C’est une question de choix politiques. Par exemple, nous sommes les seuls à avoir deux rapports d’impôt à faire au lieu d’un. Le simple fait d’instaurer un rapport d’impôt unique au Québec permettrait au gouvernement d’épargner 500 millions de dollars annuellement, ce qui couvrirait davantage que la hausse des frais de scolarité qu’il veut imposer aux étudiants qui sont actuellement dans la rue! », a illustré Aussant.

La création d’une société d’État qui gérerait de façon centrale les achats de médicaments au Québec permettrait également de faire des milliards d’économies à terme, tel que l’a démontré l’exemple néo-zélandais. « Pourquoi ce gouvernement écoute-t-il davantage le lobby pharmaceutique que les intérêts de sa population? », s’est questionné le député centriquois.

Sur le plan de la création de la richesse, Jean-Martin Aussant a rappelé que tout développement passait nécessairement par l’éducation et que le gouvernement faisait complètement fausse route à ce sujet en augmentant de 75% les frais de scolarité. « Le meilleur investissement à faire pour le Québec, c’est l’inverse. Il faudrait instaurer la gratuité scolaire balisée. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais bien d’un investissement payant, à la fois économiquement et socialement. Les pays du monde qui l’ont fait ne l’ont pas regretté et figurent pour la plupart en tête de tous les classements de développement et de richesse, a-t-il insisté. Et la formation de la main-d’oeuvre, qui fait partie de l’éducation au sens large, ne pourra jamais se faire efficacement tant que les responsabilités et les coûts seront à Québec pendant que l’argent de la caisse d’assurance-emploi est contrôlé par Ottawa, qui s’en sert allègrement », a dénoncé le député, non sans souligner qu’il s’agissait d’un autre argument en faveur de la souveraineté du Québec qui lui permettrait de contrôler pleinement son développement socio-économique.


Ressources naturelles et développement durable

Le budget Bachand prévoit un milliard pour des prises de participation de l’État dans des projets miniers, ce qui parait bien maigre au député Aussant relativement aux dizaines, voire aux centaines de milliards de ressources qui seront potentiellement exploitées sur le territoire québécois. « La politique optimale en matière de développement des ressources naturelles au Québec, c’est de suivre l’exemple de René Lévesque et Jean Lesage avec Hydro-Québec, et de faire en sorte que l’État en soit maître d’œuvre, tout en collaborant avec le secteur privé pour l’exploitation de ces ressources. Ceux qui s’opposent à une telle mesure ne voient pas le ridicule de la situation actuelle, qui fait que des compagnies nationalisées étrangères viennent faire chez nous ce que nous n’osons pas faire nous-mêmes! », a ironisé Aussant.

L’annonce d’un projet de bourse du carbone a plu au député de Nicolet-Yamaska sur le principe. Mais il a utilisé cet exemple pour illustrer encore une fois les avantages pour le Québec d’être un pays souverain plutôt qu’une simple province d’un État pollueur comme l’est le Canada. « Comme pays souverain, le Québec ferait beaucoup d’argent avec les crédits de carbone puisqu’il est relativement avancé sur le plan environnemental. Mais comme simple province du Canada qui, lui, est un pays pollueur avec ses sables bitumineux, les contribuables québécois devront payer une partie de la pollution canadienne à travers les impôts et les taxes qu’ils envoient au gouvernement fédéral ».

Député d’un comté agricole, Jean-Martin Aussant regrette de ne pas voir dans ce budget de mesures significatives pour venir en aide au secteur agroalimentaire dans son ensemble. « Le problème du manque de relève dans le secteur demeure préoccupant et ce budget ne s’y attarde pas. Le secteur agroalimentaire compte 500 000 emplois au Québec mais force est de constater que le gouvernement ne s’en soucie pas outre mesure, a-t-il soulevé. Pour les régions en général, des mesures de 165 millions de dollars sur 5 ans me paraissent bien peu. La seule façon de redonner aux régions de véritables moyens de développement, c’est d’y décentraliser plusieurs responsabilités et de les laisser gérer leur développement elles-mêmes. Ça passe encore ici par la souveraineté, qui permettra de redistribuer les 50 milliards que l’on envoie au fédéral vers les régions et les municipalités, entre autres », a mentionné le député d’Option nationale.

Jean-Martin Aussant a rappelé que si le Québec semble s’être mieux tiré d’affaires que ses voisins ces dernières années, il s’est aussi endetté rapidement sur la même période. « Ce gouvernement a pris l’habitude de ne montrer que le côté brillant de la médaille, mais une croissance qu’on finance à crédit devra être remboursée éventuellement, a-t-il indiqué. Et il faudrait arrêter de dire que le gouvernement fait la plus grande part de l’effort en vue d’assainir les finances publiques. En bout de ligne, que ce soit à travers des hausses de taxes ou à travers des coupures de services, ce sont toujours les contribuables qui subiront 100% des méthodes choisies », a conclu Aussant.
 

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|Un rapport d’impôt unique permettrait d’épargner 500 millions de dollars annuellement, de quoi couvrir la hausse des frais de scolarité
3512|3586|Manchettes Mouvements_syndical|Le pouvoir gris se structure|2012-03-22 08:27:51|Pierre Dubuc|

Depuis quelques années déjà, le pouvoir gris s’organise et se mobilise au Québec. Parmi les organisations qui les représentent, se démarque l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ) qui, avec ses 55 000 membres, est la plus importante association de personnes retraitées de l’État. Nous avons rencontré son président, Pierre-Paul Côté, nouvellement élu au congrès de mai dernier.

« Notre priorité, c’est la protection du pouvoir d’achat de nos membres », de déclarer Pierre-Paul en faisant référence aux orientations définies lors du dernier congrès. Pour l’AREQ, qui fêtait, en 2011, son 50e anniversaire, il ne s’agit pas d’une nouveauté. Ses membres subissent toujours les conséquences de la suppression en 1982 par le gouvernement du Parti Québécois de la pleine indexation des rentes de retraite.

Il a fallu attendre 17 ans (1999) avant qu’une amélioration soit apportée à la formule d’indexation (Indice du coût de la vie moins 3% avec un minimum de 50%). Mais cette nouvelle formule n’est applicable qu’aux années 2000 et suivantes. Le manque à gagner de 1982 à 1999 n’est toujours pas corrigé. En 1996, sur la base d’un sondage mené auprès de ses membres, l’AREQ estimait à 12 000 $ par année en moyenne la perte subie.

Obligée de passer par l’intermédiaire de la CSQ et des autres centrales syndicales pour la négociation des améliorations au régime de retraite, l’AREQ a développé une alliance stratégique avec la CSQ.

« Cependant, au tournant du siècle, l’AREQ s’est engagée à susciter et à former des alliances avec les autres associations de retraités afin d’amener le gouvernement à reconnaître que la non-indexation constitue un facteur d’appauvrissement pour quelque 155 000 personnes pensionnées de l’État », raconte Pierre-Paul Côté.

Suite à leurs représentations et à d’imposantes mobilisations – 5 000 personnes dans la rue le 30 septembre 2009 – l’AREQ a obtenu de se faire entendre par la Commission des finances publiques de l’Assemblée nationale. En 2010, celle-ci a reconnu « la nécessité de trouver un moyen d’atténuer, sinon d’éliminer, la perte de pouvoir d’achat des retraités imputable à la désindexation des rentes », pour les années 1982 à 1999.

Bien que la sauvegarde du pouvoir d’achat soit sa priorité, l’action de l’AREQ se déploie dans plusieurs autres directions. Sa présence dans dix régions du Québec – avec une division en secteurs modelée sur le territoire des 72 commissions scolaires, et une représentation au Conseil national de l’organisme (115 personnes) – avec ses nombreux comités, ses 16 employés et une direction très active, l’AREQ conserve un contact continu avec ses membres et connaît leurs préoccupations.

C’est ainsi que l’AREQ a obtenu, par ses représentations auprès des instances gouvernementales, que le délai de résiliation du bail d’une personne aînée soit réduit de trois à deux mois et que les services (repas, bains, etc.) ne soient plus facturés après le départ ou le décès de la personne.

« Il y a plusieurs irritants qui peuvent sembler mineurs, mais qui empoisonnent la vie des retraités », de nous dire le président de l’AREQ en citant l’exemple des « baux de 18 pieds de long » des résidences pour personnes âgées.

De façon générale, l’AREQ s’est également donnée pour mandat de combattre les préjugés à l’endroit des personnes âgées. « Pas seulement de nos membres, s’empresse de préciser Pierre-Paul. On se bat pour tous les aînés du Québec, qu’ils soient organisés ou pas. » À cet effet, une vidéo d’une durée d’une heure a été produite avec Jean Carette et François Béland et est présentée dans toutes les régions du Québec.

De même, une enquête menée avec la FADOQ et Kino Québec sur la santé et les habitudes de vie des personnes âgées a démontré un bien meilleur état de santé qu’on le laisse habituellement croire.

Pour ne citer que quelques-uns des résultats de cette enquête menée auprès d’un échantillon de 1 000 membres de l’AREQ et 2 000 de la FADOQ, cinq personnes sur dix (54 %) considèrent leur santé en général comme étant excellente ou très bonne et quatre (36 %) la considère bonne. Une seule (10 %) la considère comme mauvaise ou passable.

De plus, neuf personnes sur dix (90,7 %) ont répondu être satisfaites ou très satisfaites de leur vie en général et, huit sur dix (83,5 %), que leur santé mentale était excellente ou très bonne.

Avec des troupes dans une telle forme, on peut s’attendre à ce que l’AREQ intervienne régulièrement sur la place publique, d’autant plus que, nous confie Pierre-Paul, « nos membres veulent nous voir intervenir sur tous les sujets! »


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|Entrevue avec Pierre-Paul Côté, président de l’AREQ
3513|3587|International Manchettes|Joseph Kony : un prétexte de l'Amérique pour envahir l’Afrique|2012-03-22 08:33:45|Michel Chossudovsky|

L’intention cachée des États-Unis en Ouganda, en Afrique centrale et dans la Corne de l’Afrique est la conquête du pétrole et des ressources minérales stratégiques.

La poursuite de Joseph Kony et la protection des enfants ougandais ne sont qu’un écran de fumée, un prétexte pour une « intervention humanitaire » dans une région où les « guerres civiles » soutenues par les États-Unis (Soudan, Rwanda, République démocratique du Congo, Somalie, Éthiopie) ont fait plus de huit millions de morts au cours des 20 dernières années.

« Dans une autre manœuvre visant à atteindre l’hégémonie régionale et surpasser la Chine, les États-Unis cherchent à prendre pied par le biais d’AFRICOM dans le bloc incroyablement riche en ressources qu’est l’Afrique centrale. La République démocratique du Congo (RDC) constitue l’une des plus grandes régions du monde privée d’un véritable gouvernement. Elle contient de vastes gisements de diamant, de cobalt, de cuivre, d'uranium, de magnésium et d'étain, en plus de produire plus d'un milliard de dollars d'or annuellement. Il est tout à fait possible pour les États-Unis d’accroître considérablement leur présence en RDC en invoquant le prétexte de vouloir capturer Joseph Kony. » (Nile Bowie,  Merchandising and Branding Support for US Military Intervention in Central Africa, Global Research, 14 mars 2012.) 

Récemment, le Pentagone a confirmé l’envoi de Forces spéciales appartenant au Corps des Marines, pour former des troupes ougandaises non seulement dans la lutte contre Joseph Kony et l’Armée de résistance du Seigneur, mais aussi contre Al-Shabaab en Somalie. Joseph Kony sert de prétexte pour intervenir militairement dans cinq pays africains:

« Jusqu'à maintenant, l’unité opérationnelle a déployé de petites équipes dans cinq pays africains, dont certains sont menacés par le groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique, selon un communiqué de presse du Corps des Marines. (Stars and Stripes, 15 mars 2012.)

Officiellement, cette intervention se fait dans le cadre du « maintien de la paix », lequel implique des « opérations de contre-terrorisme » appuyées par les États-Unis. L’objectif annoncé est de transformer les soldats ougandais en « ingénieurs du contre-terrorisme », à savoir en Forces spéciales supervisées par les États-Unis, « lesquelles seront ensuite déployées en Somalie en appui aux bataillons d’infanterie ». (Ibid.

L’envoi de Marines étasuniens serait lié à la nouvelle Unité opérationnelle 12 aérienne et terrestre à but spécifique du Corps de Marines, située à Sigonella en Sicile. L’unité déploiera de petites équipes de Marines à travers tout le continent africain. L’initiative a été lancée en 2011 dans le cadre d’un effort visant à préparer les armées africaines à mener des opérations de contre-terrorisme » sous la direction des États-Unis.

Cette initiative signifie par ailleurs l’implication directe de troupes et de forces spéciales ougandaises dans la guerre civile en Somalie :

« La genèse de cette mission comprenait des opérations à Mogadiscio en Somalie, où les soldats du maintien de la paix de l’Union africaine ont fait face à des EEI (engins explosifs improvisés) et à d’autres obstacles complexes les exposant à des embuscades d’Al-Shabaab, a déclaré le major Charles Baker, porte-parole pour la mission de la Marine, dans un communiqué de presse publié par l’ambassade des États-Unis à Kampala.

‘‘Les soldats en formation utiliseront leurs connaissances en Somalie, un pays déchiré par la guerre, et dans la poursuite du commandant de la LRA Joseph Kony, où qu’il soit’’, a affirmé le lieutenant-colonel de la Force de défense du peuple ougandais, Richard C. Wakayinja, dans un autre communiqué. (Stars and Stripes, 15 mars 2012.) »

Traduction : Julie Lévesque pour
Mondialisation.ca.


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|Les Marines étasuniens déployés dans cinq pays africains
3514|3588|Accueil_Actualités|Des réfugiés haïtiens en Guadeloupe excédés !|2012-03-22 08:40:36|Jean-Marie Gauthier|

 L’auteur est Conseiller Principal d'Education au Lycée Professionnel de Blanchet à Basse-Terre (Guadeloupe)

C'est un sentiment de profond écœurement et de grande révolte qui doit animer tout citoyen qui se respecte à travers le monde quand tombe aujourd'hui encore la tripe information diffusée dans les médias :

- Le département de la justice américaine demanderait l'extradition du Président Aristide pour faire face aux accusations de trafic de drogue suite aux révélations et preuves données par Jacques KETANT, et de dilapidation des avoirs de la TELECO.

- La justice française, pour ne pas être en reste, demande bien-sûr l'extradition du président Aristide et de René Préval vers la France pour faire face aux accusations d'assassinats suite aux révélations et preuves fournies par Amaral Duclonat.

- Enfin et pour couronner le tout, la justice sud-africaine porterait plainte contre les époux J.-B. Aristide afin que les autorités haïtiennes d'aujourd'hui l'assistent afin de récupérer près de 1 million de dollars d'objets d'arts, propriété de l'Etat Sud-Africain qui se trouvaient dans la résidence officielle mise à leur disposition gracieusement, avec lesquelles ils se sont envolés vers Haïti.

Comment porter crédit à tout cela ? Une fois encore une triple honte entache tous ces « colportages » de bas étage : Honte aux falsifications médiatiques ! Honte aux manipulations d'informations mensongères ! Honte aux calomnies et médisances faciles pour détourner l'attention !

Derrière tout ça, il y a des intérêts évidents facilement décelables. Les pays occidentaux n'en sont pas à une imposture près concernant Haïti. Mais que des Haïtiens, peu nombreux certes mais influents, se prêtent à ce jeu, a quelque chose d'odieux !

Car trois évidences sautent aux yeux pour démonter tout cela :

Le Président Aristide demeure premier dans l'esprit et le cœur de la majorité des Haïtiens. C'est un fait incontestable que tout journaliste et reporter humaniste de bonne foi reconnaît aisément, et affirme s'il a un peu de courage et de loyauté intellectuelle ! Tous les pauvres d'Haïti et les gens honnêtes l'admettent. Et ils sont majoritaires. C'est comme ça ! Ils n'ont pas pu voter puisqu'on leur en a empêché ! Et ils ne se sont même pas révoltés... jusqu'ici !

Avouons qu'ils font preuve d'une dignité à toute épreuve ! Et aujourd'hui on continue encore et encore à salir ce qu'ils ont de plus cher au monde ! Cette constatation a de quoi troubler et embarrasser la communauté internationale qui veut coûte que coûte en venir à ses fins à elle !

Pourquoi ? Et c'est la seconde évidence, parce que ce qui est imposé au pays par l'étranger avec la complicité d'une classe haïtienne riche, fonctionne mal... que les turpitudes et turbulences continuent, que les marchés et tractations se poursuivent sur le dos des gens... que les ONG veulent se poser en conquérantes... que le peuple n'en voit pas le bout, malgré les promesses qu'on lui fait miroiter... et on pourrait continuer la litanie !

- Enfin, troisième évidence, les gens aux commandes aujourd'hui en Haïti ne sont pas limpides du tout. Et les alliances poussées par l'étranger et certains secteurs du pays avec les Duvaliéristes sont nauséabondes et dangereuses ! On veut donc détourner l'attention à tout prix.

Alors, les calculs vont bon train. On crée l'évènement. On ment honteusement. On fait de la provocation qui se répand comme une traînée de poudre ! Tout cela pour permettre à Duvalier - le vrai bourreau, le vrai tyran, le vrai voleur - d'être à l'abri, et à tous les mafieux qui reprennent pignon sur rue aujourd'hui de se refaire une santé en plein jour !

Il faut regarder la réalité en face. En Haïti, les pauvres, le petit peuple, et Aristide en est (même s'il demeure silencieux par respect - et c'est sa grandeur), en ont assez !

Assez de nos mensonges et de nos atermoiements ! Assez de nos promesses non tenues ! Assez de nos calculs politiciens de bas étages ! Assez des injustices que l'on fait perdurer dans le pays ! Assez du peu de cas que l'on fait de tous ces Haïtiens de génie qui travaillent, œuvrent et se donnent pour relever le pays et qui ne demandent qu'une chose c'est qu'on les respecte et qu'on les aide loyalement à remettre le pays debout selon leurs vues à eux sans imposer forcément les nôtres par la force ! Assez de ce capitalisme débridé qui laisse tant de gens sur le carreau !

Président Aristide, restez en Haïti ! Vous y êtes bien ! Vous n'avez rien à vous reprocher ! Tous les gens honnêtes le savent ! Il n'y a que les vaux-rien pour dire du mal de vous et inventer toute cette désinformation calomnieuse ! « La vérité vous rendra libre ! » - Vous êtes libre ! Avec vous nous sommes libres et dans la vérité ! Merci ! Mesi anpil !


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|Encore et toujours le mensonge à propos d’Aristide
3515|3589|authebdo|authebdo - 23 mars 2012|2012-03-22 17:15:32|L'aut' journal|Plus de 5 000 visites par jour !
Au cours des dernières semaines, la fréquentation de notre site Internet a augmenté de 20% !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles :

Pour lire l'article, cliquez sur le titre

ÉDITORIAL

Ottawa et Québec : offensive antisyndicale conjointe
Le mouvement étudiant nous donne des leçons de détermination, d’imagination et de courage politique
Pierre Dubuc


MOUVEMENT ÉTUDIANT

VLB appuie le mouvement étudiant!
Victor-Lévy Beaulieu paiera, au nom d’un étudiant démuni, l’amende de 499$ qu’il a reçue

Hausse des droits de scolarité : 6 000 étudiants à temps plein de moins
Le coût de la gratuité : 1,2 % du budget en éducation
par Gabriel Ste-Marie

Sous-financées les universités? Ça dépend comment on compte!
Il faut ouvrir un véritable espace de dialogue
par Réjean Parent

Manifester le dissensus
Défendre l'éducation et le bien commun
par Joan Sénéchal

Manifestation contre la violence policière
Depuis quand la police doit-elle nous frapper et nous insulter quand nous parlons du monde dans lequel nous voulons vivre
par 12 femmes en colère

L’étudiant et son cellulaire
Réplique à un éditorial d’André Pratte
par Nicolas Bourdon


COUP DE GUEULE

Le poulet sacré
En renonçant à l’interdiction de certains aliments, les chrétiens ont raté une belle occasion de faire beaucoup d’argent
par Louise Mailloux


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Budget Bachand : une profession de foi dans le marché
Le gouvernement du Québec demeure insensible aux difficultés de l’économie
par IRÉC

Budget Bachand : Aussant regrette le manque de vision
Un rapport d’impôt unique permettrait d’épargner 500 millions de dollars annuellement, de quoi couvrir la hausse des frais de scolarité
par Option nationale


INTERNATIONAL

Joseph Kony : un prétexte de l'Amérique pour envahir l’Afrique
Les Marines étasuniens déployés dans cinq pays africains
par Michel Chossudovsky

Plaidoyer pour la non-ingérence en Syrie
Lettre à Michel Désautels de Radio-Canada
par Miville Couture

Des réfugiés haïtiens en Guadeloupe excédés !
Encore et toujours le mensonge à propos d’Aristide
par Jean-Marie Gauthier


MOUVEMENT SYNDICAL

Hausse du salaire minimum au Québec le 1er mai
Qu’en est-il de la correspondance avec l’inflation?
par CSN


LANGUE

Au Québec, le français a fait du surplace
Parmi les adultes nés au Canada, malgré la Loi 101
par Charles Castonguay


MÉDIAS

« Il n’y a plus de journalisme indépendant »
D’un ex journaliste d’Al Jazeera
par Mondialisation.ca


SOCIÉTÉ

Le pouvoir gris se structure
Entrevue avec Pierre-Paul Côté, président de l’AREQ
par Pierre Dubuc


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3516|3590|Manchettes Mouvements_étudiant|VLB appuie le mouvement étudiant!|2012-03-23 06:38:08|L’aut’journal|

Victor-Lévy Beaulieu, qui se bat pour la gratuité scolaire depuis son adolescence, appuie sans réserve le mouvement étudiant dans ses revendications et dénonce l’action répressive des forces policières qui, si on en juge par les déclarations du maire de Montréal et tous les Claude Poirier qui maloeuvrent dans les médias, seront bientôt les seules à avoir le droit de manifester… casqués, masqués, portant bâtons, boucliers, bombes assourdissantes, gaz lacrymogènes et poivre de Cayenne!

Habitant dans le comté de Rivière-du-Loup où près du tiers des familles vit sous le seuil de la pauvreté, VLB comprend l’indignation des étudiants : l’augmentation des frais scolaires est une aberration, et particulièrement pour ceux qui sont des régions éloignées : quand vos parents ne gagnent même pas 25 000 $ par année, quel soutien pouvez-vous attendre d’eux si vous voulez entreprendre des études supérieures ? Quand votre mère est monoparentale et qu’elle travaille au salaire minimum, quel soutien peut-elle vous apporter? Aucun, et le taux élevé de décrochage scolaire en régions le prouve sans conteste. Les quartiers dits populaires des grandes villes québécoises souffrent de la même maladie! Égalité des chances pour tous? C’est rire du monde que de l’affirmer.

La gratuité scolaire concerrne toutes les citoyennes et tous les citoyens du Québec. Notre appui aux étudiants ne doit pas être que symbolique, car la répression que les manifestants encourent ne l’est pas, elle! Les amendes de 499$ remises aux étudiants qui ont occupé le pont Champlain le démontrent sans équivoque.

C’est pourquoi Victor-Lévy Beaulieu paiera, au nom d’un étudiant démuni, l’amende de 499$ qu’il a reçue. VLB souhaite que son geste soit imité par celles et ceux qui croient à la gratuité scolaire et aux justes revendications des étudiants du Québec.

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|Victor-Lévy Beaulieu paiera, au nom d’un étudiant démuni, l’amende de 499$ qu’il a reçue
3517|3591|Manchettes Mouvements_syndical|Ottawa et Québec : offensive antisyndicale conjointe|2012-03-23 06:46:50|Pierre Dubuc|

Après l’adoption de lois spéciales à Postes Canada et à Air Canada, le gouvernement Harper avalise la liquidation d’Aveos et la mise à pied d’au moins 2400 ouvriers. Le message est clair : les employés dont l’emploi relève du Code canadien du travail – 1/10 de la main d’œuvre au Québec – n’ont plus de droit de grève et le gouvernement fédéral va appuyer le démantèlement de leur unité syndicale.

Le gouvernement Charest n’est pas en reste. Le ministre Clément Gignac a publiquement pris position en faveur de Rio Tinto Alcan, qui veut balancer à la sous-traitance tous les emplois « non-stratégiques » – c’est-à-dire ne relevant pas du « core business » – comme le lui permettent les modifications apportées à l’article 45 du Code québécois du travail en 2003.

De plus, avec les modifications récentes au placement syndical dans la construction, le gouvernement libéral se place en position de force pour écarter les organisations syndicales des grands travaux d’infrastructures du Plan Nord.

Le secteur public n’est pas à l’abri. Le prochain budget Flaherty à Ottawa est suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de la fonction publique fédérale. À Québec, l’approche d’un rendez-vous électoral refroidit temporairement les ardeurs du gouvernement, mais il faut souligner que l’article no. 1 du programme de la CAQ de Sirois-Legault prône la réouverture des conventions collectives dans le secteur de l’éducation pour introduire la paie au mérite.

Cette offensive antisyndicale planifiée et bien orchestrée s’inscrit dans le cadre d’un redéploiement économique avec la relocalisation en Amérique du Nord de plusieurs entreprises qui avaient déplacé leurs opérations en Asie. Des décisions motivées par des coûts de transport majorés par l’augmentation du prix du carburant et la hausse constante des salaires des travailleurs chinois (13 % par année). On pourrait se réjouir de ce mouvement si les entreprises ne ramenaient pas dans leurs bagages les pratiques salariales et antisyndicales expérimentées en Asie.

Cependant, ce redéploiement ne signifie pas que ces entreprises vont s’installer au Canada ou au Québec. Au contraire, la force du dollar canadien, dopée par les exportations de pétrole de l’Ouest canadien, fait plutôt fuir les entreprises manufacturières vers les États-Unis, comme on l’a vu dans le cas d’Électrolux, Mabe et maintenant Aveos.

Dernièrement, lors de la Conférence des premiers ministres canadiens, Jean Charest se plaignait du fait qu’il y avait deux économies au Canada : celle de l’Ouest basée sur le pétrole, le gaz et la potasse, et celle du reste du pays.

Il aurait pu ajouter que l’économie de l’Ouest est de plus en plus tournée vers l’Asie, et que la priorité du gouvernement Harper est la participation du Canada à la zone de libre-échange Trans-Pacifique. Une éventualité qui ne sera pas sans conséquence pour le Québec, car l’Australie, la Nouvelle-Zélande, mais également les États-Unis, posent comme condition à l’adhésion du Canada l’abandon de la gestion de l’offre des produits laitiers et de la volaille, pilier sur lequel repose l’agriculture du Québec.

Alors que la question est ignorée par les médias francophones, le Fraser Institute et la presse anglophone mènent actuellement campagne pour que le Canada se plie aux exigences de ses futurs partenaires de la zone Pacifique. Dans un récent article, John Ibbitson, journaliste vedette du Globe and Mail et généralement bien informé, écrivait que les vaches et les poulets ne pèseraient pas bien lourd dans la décision de Stephen Harper.

Après avoir constaté l’existence de deux économies, quelle solution envisage Jean Charest pour le Québec? Nous savons qu’il s’est fait le promoteur d’un traité de libre-échange avec l’Europe, mais les retombées positives pour le Québec sont loin d’être évidentes, d’autant plus que l’abandon de la gestion de l’offre dans l’agriculture serait également objet de négociation.

Le modèle Charest ressemble à un copier-coller du modèle de l’Ouest canadien avec l’exploitation éventuelle du gaz de schiste et du pétrole du golfe Saint-Laurent (Gaspésie, Anticosti et Old Harry) et des ressources minières du Plan Nord, Mais, contrairement à l’Ouest, sans aucun appui du gouvernement fédéral.

Après avoir assisté, avec une absence totale de réaction, à l’abandon par Ottawa du secteur forestier québécois, à l’« oubli » du chantier naval de Lévis lors de l’octroi du fabuleux contrat de 35 milliards $ pour la construction de navires et, aujourd’hui, au début de démantèlement de l’industrie aérospatiale à Montréal, le gouvernement Charest fait la démonstration que le Québec n’a plus aucun rapport de force face au gouvernement fédéral.

Fort d’une majorité obtenue sans l’appui du Québec – et l’ajout d’une trentaine de nouvelles circonscriptions au Canada anglais – les membres du gouvernement Harper peuvent même se permettre de ne pas retourner les appels des ministres du gouvernement Charest, comme le révélait récemment Le Devoir.

Le budget Bachand confirme l’orientation néolibérale du gouvernement Charest, même si des éditorialistes se sont extasiés devant la timide implication étatique dans le Plan Nord. Ce « virage » n’est aucunement une remise en question du néolibéralisme. Il était en quelque sorte annoncé dans l’édition du 21 janvier 2012 du magazine The Economist, la bible mondiale du néolibéralisme, où on affichait en page frontispice un montage de Lénine tenant un cigare, coiffé du titre : « The Rise of State Capitalism; The Emerging World New Model ».

L’approche néolibérale du budget Bachand est magnifiquement illustrée par ses politiques aux deux extrémités de la vie, l’éducation et la retraite. La hausse des droits de scolarité est justifiée par la présentation de l’éducation comme un « investissement personnel » extrêmement rentable, alors que le revenu moyen de la majorité des diplômés universitaires ne dépasse guère celui de la classe moyenne.

Le nouveau programme de Régime volontaire d’épargne retraite est de la même eau. Pour répondre aux besoins de 50% des travailleurs qui n’ont pas de régime privé de retraite et au 75% qui sont trop pauvres pour cotiser à un REER, le gouvernement aurait dû réclamer le rapatriement à Québec du Programme fédéral de sécurité de la vieillesse, le bonifier et l’articuler avec le Régime des Rentes du Québec, pour apporter un remède collectif plutôt qu’une nouvelle solution individuelle.

Donc, rien pour les jeunes et les retraités, mais des programmes taillés sur mesure pour les banquiers qui seront appelés à les gérer.

Pourtant, on sent, on entend et on voit dans les cercles agissants de la société émerger un tout autre projet de société, axé sur une intervention robuste de l’État, avec une politique industrielle globale et cohérente, en particulier en faveur des transports collectifs électrifiés. (Le gouvernement Charest prévoit plutôt la construction d’une voie ferrée de 800 km de Sept-Iles à la fosse du Labrador pour les compagnies minières.)

Pour que ce projet se transforme en programme politique suscitant l’adhésion enthousiaste de la population, les militants et les progressistes doivent dissiper le brouillard néolibéral qui recouvre depuis des dizaines d’années le paysage idéologique et politique québécois.

Plus ce projet prendra forme – nécessaire pour assurer la base économique du renouvellement de la social-démocratie – plus apparaîtront les blocages et les verrous du régime fédéral, et plus s’imposera la nécessité de l’indépendance nationale.

Cependant, pour faire sauter blocages et verrous, il faut une force d’une grande puissance politique. Son socle ne peut être que le mouvement syndical, la principale force organisée de notre société, à la condition, toutefois, de son irruption sur la scène politique. C’est d’ailleurs pour la prévenir que les gouvernements Harper et Charest cherchent à museler, ligoter et paralyser les organisations syndicales.

Aujourd’hui, le mouvement étudiant québécois nous donne des leçons de détermination, d’imagination et de courage politique. Du côté de l’engagement sur le terrain politique, l’exemple à suivre nous vient des organisations syndicales du Wisconsin et de leur lutte pour le rappel des lois antisyndicales avec la destitution du gouverneur républicain Scott Walker et son remplacement par un gouverneur démocrate favorable au monde du travail. Nous y reviendrons.


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|Le mouvement étudiant nous donne des leçons de détermination, d’imagination et de courage politique
3518|3592|Manchettes Mouvements_syndical|200 manifestants devant les bureaux de Rebello|2012-03-26 14:39:06|Martin Cayouette|



Le 20 mars, par une fin de journée chaude et ensoleillée, plus de 200 manifestants des syndicats CSQ du secteur de l’éducation de la Montérégie, ainsi que des retraités du secteur de l’éducation membre de l’AREQ, sont venus dire haut et fort devant les bureaux du député François Rebello qu’ils ne veulent pas d’un système public d’éducation « à la Air Transat. » 

Ce rassemblement était organisé dans le cadre du plan d’action de la CSQ  pour contrer les attaques  au système d’éducation québécois.


Des idées rétrogrades

La présidente du Syndicat de Champlain, Monique Pauzé, s’est vivement attaquée aux idées de la Coalition Avenir Québec en matière d’éducation : « Ce sont des idées rétrogrades. En Angleterre, la paye au mérite a été abandonnée à la fin du 19e siècle parce qu’il a été prouvé qu’elle n’avait aucune efficacité. En 2003, au Québec, plus de 9 enseignants sur 10 ont rejeté l’idée de la création d’un ordre professionnel pour les enseignants, une vieille idée qui circulait déjà en 1995 ».

Monique Pauzé a également dénoncé l’idée d’abolir les commissions scolaires : « Les commissions scolaires assurent une juste répartition des ressources professionnelles et de soutien ».


Écœuré est le mot juste

Prenant la parole lors de ce rassemblement, le président du Syndicat des professionnelles et professionnels des commissions scolaires du Sud de la Montérégie, monsieur Jean-Marie Comeau,  a affirmé que « les actrices et les acteurs  de l’éducation sont écœurés de se faire dire quoi faire par des politiciens qui n’ont aucune idée de ce que veut dire éduquer et qui font fi de l’expertise des véritables spécialistes : les gens sur le terrain ». 

Il a également souligné « l’importance d’une répartition équitable des ressources professionnelles (psychologues, orthophonistes, animatrices, animateurs, etc.) entre les différentes écoles pour assurer un service adéquat à tous les élèves sans égard à  taille de leur école ou à leur indice de défavorisation.

Les enseignantes et enseignants rejettent en bloc les idées de la CAQ

Louise Chabot , la 1ère vice-présidente de la CSQ, a rappelé que « la Centrale a réalisé un sondage dans lequel 98% des enseignantes et enseignants  se disent en désaccord avec la rémunération en fonction des résultats. De plus, 92% des répondantes et répondants ont rejeté l’idée de financer les écoles en fonction de la réussite des élèves.  C’est donc un message clair à François Legault et à la CAQ : Ils doivent cesser de prétendre qu’une majorité d’enseignantes et d’enseignants sont d’accord avec ces idées en matière d’éducation ».

Louise Chabot a conclu son allocution en rappelant l’objectif de cette manifestation. : « C’est un message sans équivoque qu’un système public d’éducation qui vise la réussite de tous les élèves ne peut se gérer comme l’on gère une entreprise privée.  L’Éducation doit se comprendre comme un investissement et non comme une dépense ».

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|Le monde de l’enseignement dit non à un système public d'éducation « à la Air Transat »
3519|3593|Manchettes Mouvements_syndical|Le lock-out à Rio Tinto Alcan|2012-03-27 07:36:12|Francis Ouellet|

L’auteur est travailleur en lock-out à l’usine de Rio Tinto Alcan à Alma

Depuis le 30 décembre dernier, nous sommes encore plus sensibilisés au risque de voir disparaître la classe moyenne du Québec. A notre échelle, nous revendiquons des emplois de qualité et un plancher d’emploi.  Mais, à l’échelle du Québec, il devient une évidence que notre combat est beaucoup plus important, que nous sommes seulement la pointe de l’iceberg, car la société doit se réveiller et réclamer ce qui leur revient de droit, des retours sur nos richesses naturelles.

Lorsque les libéraux ont modifié la loi C45 du code du travail du Québec, ils ont marqué le départ officiel de la campagne antisyndicale au Québec et de l’extinction de la classe moyenne.

Dernièrement, grâce au journal le Devoir, nous avons découvert une partie de l’entente secrète entre RTA et le gouvernement du Québec.  Il ne faut pas oublier que cette compagnie est mondiale, donc ce genre d’entente se négocie aussi avec le gouvernement fédéral du Canada et les autres entreprises semblables.

Depuis quelques années, plusieurs entreprises ferment leurs portes ou déménagent, non pas parce qu’elles ne sont pas rentables, mais seulement pour augmenter les bonus des dirigeants et l’avoir des actionnaires. Tiré un maximum de nos ressources et donner un minimum pour la population.  Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui nous ne parlons plus de l’être humain, ou du travailleur,  mais bien des ressources humaines.  Et des ressources, ça s’exploite.

Je parle de coalition contre la classe moyenne, il suffit de regarder le muselagesystématique des revendications de la fonction publique, les lois contre les syndicats de la construction et tous les avantages consentis aux grandes entreprises sans aucune garantie de redevance ou presque.  Le Plan Nord en est un bel exemple.  Demander au plus pauvre de notre société de financer le développement du Nord et ne rien attendre en retour.

Depuis quelques décennies, les médias, financés par les grandes entreprises préparent la population contre le syndicalisme.  Ils implantent dans l’esprit des gens que les syndicats nuisent au développement économique.  Dans un même élan, les emplois de qualité disparaissent lentement, mais progressivement.  S’il n’y avait pas eu de syndicat, croyez vous que nous aurions aujourd’hui cette qualité de vie?

Notre région en l’illustre bien.  Si nous prenons l’exemple de l’Alcan, dans notre région, il y a une cinquantaine d’année, il y avait 12000 travailleurs et la compagnie faisait des profits, malgré que le taux d’imposition dépassait les 30%.

Aujourd’hui, on produit près de quatre fois plus d’aluminium, le taux d’imposition est demoins de 13% et le nombre d’emploi direct est inférieur à 5000.  Et là, je ne parle pas des subventions, des avantages hydro-électriques, des abris fiscaux, des prêts sans intérêt et de l’augmentation du coût la tonne.  Nous pouvons facilement conclure que les profits sont extraordinaires.

Certains vont se permettre l’audace de dire que ces profits sont dus à la modernisation de la technologie.  Il est vrai que la technologie fait diminuer le coût de la valeur de la tonne,fait donc disparaitre des emplois et augmenter les bénéfices des actionnaires.  Mais pour la population en général, quels en sont les impacts financiers réels?  L’extinction des emplois de qualité au profit des actionnaires étrangers.


Présentement, les avantages consentis à RTA, couvrent entièrement nos salaires.  Ce sont les Québécois au grand complet qui paient nos salaires avec l’ensemble des avantages consentis. Ce qui représente approximativement 9% des dépenses de production.  Ce n’est pas suffisant pour cette entreprise. Ses dirigeants veulent tirer encore plus de profitsen siphonnant davantage dans le peu de retombées directes qu’elle distribue en salaires.
 
Là, je ne parle que d’une entreprise, mais il y a plusieurs grosses entreprises qui exploitent notre belle province.  Elles ont sûrement le même genre d’avantages.

Présentement, les étudiants donnent une leçon de solidarité collective aux travailleurs du Québec. Il est grandement le temps que chacun sorte de son petit confort, pendant que nous en sommes encore capables.  Car l’attitude des grandes entreprises d’épuiser nos ressources naturelles se fait sentir de plus en plus, partout en Amérique du nord.  Il est temps de réagir.


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|Un bel exemple des ravages de la coalition contre les travailleurs et la classe moyenne qui pille nos ressources
3520|3594|International Manchettes|La révolution en cours en Islande|2012-03-27 07:51:42|Deena Stryker|

On se souvient que, au début de la crise financière de 2008, l'Islande fit littéralement faillite. Les raisons ne furent mentionnées qu'en passant, et depuis lors, ce membre peu connu de l'Union Européenne a semblé s’éclipser de l’actualité.

À mesure qu’un pays européen après l'autre fait face a une quasi-faillite, mettant en péril l'euro, l'Islande devient un phare d'espoir pour avoir choisi les gens avant le profit. Voici pourquoi.

Cinq ans d'un régime néolibéral ont conduit à une privatisation de toutes les banques en Islande, (320.000 habitants, pas d'armée). afin d'attirer les investisseurs étrangers. Ces banques offraient des services bancaires en ligne dont les coûts minimes leur ont permis de fournir des taux de rendement relativement élevés.

Ces comptes bancaires, appelés Icesave, ont attiré de nombreux petits investisseurs anglais et néerlandais. À mesure que les investissements augmentaient, les dettes étrangères des banques augmentaient aussi. En 2003, la dette de l'Islande équivalait à 200 fois son PNB (produit national brut), et en 2007, elle était de 900 pour cent.

La crise financière mondiale de 2008 devint le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises firent faillite et furent nationalisées, tandis que la couronne (monnaie de l'Islande) perdit beaucoup de sa valeur par rapport à l'euro. A la fin de cette année-là, le pays se déclara en faillite.


Les citoyens récupèrent leurs droits

Contrairement aux attentes mondiales, la crise a conduit la population à prendre le contrôle de son pays, à travers un processus de démocratie participative directe. Ceci a finalement conduit à une nouvelle constitution, mais seulement après une persévérance féroce.

Geir Haarde, le premier ministre d'une coalition gouvernementale sociale-démocrate, négocia un prêt important. Mais la communauté financière étrangère fit pression pour que l’Islande impose des mesures drastiques.

Des protestations et des émeutes s'ensuivirent, obligeant finalement le gouvernement à être remplacé par une coalition de gauche nouvellement formée.

La coalition se plia finalement face aux exigences provenant de l'extérieur et selon lesquelles l'Islande devait payer une dette totale qui aurait exigé de chaque Islandais de payer 130 $ par mois pendant quinze ans, à 5,5% d'intérêt, afin de rembourser une dette contractée par des parties privées vis-à-vis d’autres parties privées. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

Ce qui s'est passé ensuite fut extraordinaire.  La croyance selon laquelle les citoyens devaient payer pour les erreurs d'un monopole financier, qu'une nation entière devait être taxée afin de rembourser les dettes privées, fut brisée.

Les relations, animées entre les citoyens et leurs politiciens, habilitèrent les dirigeants de l'Islande à agir aux cotés de leurs électeurs. Le chef de l'État,Olafur Ragnar Grimsson, refusa de ratifier la loi qui rendait les Islandais responsables des dettes bancaires  et soutint les appels à la tenue d’un référendum.


La communauté internationale furieuse

Le communauté internationale ne fit qu'accroître la pression. La Grande-Bretagne et la Hollande mirent le gouvernement et la population islandaises en garde contre des représailles terribles qui isoleraient le pays, incluant l'arrêt de l'aide du FMI  et le gel des comptes bancaires islandais étrangers.

Lors du référendum du mois de mars 2010, 93% de la population votèrent contre le remboursement de la dette. Le FMI gela immédiatement son prêt. Mais l'Islande n'allait pas se laisser intimider. Comme Grimsson le dit: « On nous a dit que si nous refusions les conditions de la communauté internationale, nous deviendrions le Cuba du nord. Mais si nous les avions acceptées, nous serions devenus l'Haïti du nord ».

Avec le soutien des citoyens furieux, le gouvernement lança des enquêtes civiles et pénales contre les personnes responsables de la crise financière. En conséquence, l'ancien ministre des Finances purgea une peine de prison de deux ans, alors qu'Interpol émit des mandats d'arrêt internationaux contre les banquiers impliqués dans le krach.

Les Islandais se mirent également d'accord sur certaines mesures de réduction budgétaire comme le démantèlement de leurs infrastructures militaires - l'IslandicDefense Agency (Agence islandaise de la défense, ou IDA), cessa d'exister en janvier 2011.


La nouvelle constitution de l’Islande

Afin de libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l'argent virtuel, le peuple islandais décida de rédiger une nouvelle constitution. 

La population procéda à l’élection de 25 citoyens parmi 522 adultes n'appartenant à aucun parti politique, mais recommandés par au moins trente personnes. Les réunions des électeurs furent diffusées en ligne, et les citoyens purent envoyer leurs commentaires et suggestions, étant les témoins de ce document à mesure qu'il prenait forme.

La constitution qui émergea de ce processus de démocratie participative fut soumise au parlement pour approbation à l'automne.

On a dit au peuple grec que la privatisation de leur secteur public était le seul moyen de garder le pays à flot. Les peuples de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal sont confrontés à des pressions similaires.

Ils pourraient, ainsi que le reste d'entre nous, apprendre beaucoup de l'Islande, en refusant de se plier à des intérêts étrangers et en déclarant haut et fort que les gens peuvent reprendre et reprendront leur pouvoir.


Davantage d'informations:

www.stjornlagarad.is/english

Traduit par VicFlame de Iceland's On-going Revolution

http://www.positivenewsus.org/editions/fal11/fal1105.html



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|Comment la population islandaise s’est opposée aux diktats de la « communauté internationale »
3521|3595|International Accueil_Analyses|Opérations illégales des États-Unis à Cuba|2012-03-28 07:03:08|Jean-Guy Allard|

L’auteur est journaliste à l’agence cubaine Granma

La dénommée Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) dénoncée pour être une façade de l'appareil de renseignement des États-Unis, vient de refuser à un chercheur de renom, l'accès aux documents relatifs à ses opérations à Cuba, qualifiés de « secrets ».

L’USAID a refusé de divulguer les détails clés des activités de la  Freedom House à Cuba de janvier 2000 à décembre 2007, tel que demandés par le journaliste Tracey Eaton, rédacteur en chef du site « Along the Malecon ». Les documents ont été demandés en vertu du programme fédéral d'accès à l'information, le « Freedom of Information Act » (FOIA).

Dans son message à Eaton, l'agence controversée cite une exonération de la FOIA qui lui permet de ne pas révéler non seulement « les secrets commerciaux, informations commerciales ou financières » qui sont considérés comme « privilégiés ou confidentiels », mais aussi des secrets liés à des opérations de renseignement, clandestines et évidemment illégales. L'exemption est assez vague pour cacher la plupart des informations aux yeux du public», explique Eaton sur son site Internet.


ENVOI DE MATÉRIEL DE TRANSMISSION ÉLECTRONIQUE DANS L'ÎLE

L'USAID a signé en 1999 un contrat avec la Freedom House, accompagné de 11 accords supplémentaires, qui mentionne les programmes de travail de l'organisation à Cuba. Le document mentionne « des partenaires étrangers » et « des partenaires situés à l’étranger », mais ils ne sont pas identifiés.

L'agence connue pour se livrer à la déstabilisation, derrière l’écran du développement, a implicitement reconnu en 2008 le caractère secret et illégal de ses activités d’espionnage à Cuba.

Le 14 mai de cette année, Jose « Pepe » Cárdenas, leader cubanoaméricain, et aussi à la tête de l’USAID pour l'Amérique latine, a présenté lors d'une réunion convoquée à Washington, la façon de distribuer les 45 millions de dollars affectés à la subversion à Cuba par l'intermédiaire de ce que nous appellerons « les institutions éprouvées ».

Il a dit qu'il favoriserait l'envoi clandestin de matériel électronique dans l'île par le biais d'intermédiaires européens et latino-américains qui effectuent des opérations qui ne peuvent se développer légalement ; cela encouragerait les agents de voyages dans le pays, en utilisant ce qu'on appelle les licences humanitaires pour mener des « évaluations sur le terrain ».


ACTIVITÉS AU-DESSUS DE LA LOI

En plus de de ces propositions pour lesquelles il a sollicité des offres, Cardenas a déclaré que l'agence promettait le secret absolu à leurs employés : leurs activités ne seraient jamais divulguées, « même aux demandes d’accès à l’information à la FOIA ».

Les garanties furent faites par Cardenas au nom de l'agence a conduit, entre autres choses, l'attribution d'un contrat lucratif pour la firme « Development Alternatives Inc » (DAI), dont le sous-traitant, Alan Gross, a été plus tard arrêté et condamné pour ses activités. L’USAID a déjà nié à Tracey Eaton l’obtention de copies des conclusions présentées dans ce cas.

Dans les textes déjà publiés l’USAID fait référence au développement à Cuba d'une « capacité de déploiement afin d'inclure la possibilité d'établir un espace de bureaux, des télécommunications, des dispositifs de transport, l'identification et le recrutement du personnel local, des achats locaux et « d'autres actions. »

Parallèlement à ces sales activités de l'USAID, un autre organisme fédéral, le Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion - Broadcasting Board of Governors (BBG pour son sigle en anglais), a récemment embauché la firme israélienne RRSat Global Communications avec pour mission de transmettre par satellite des programmes de propagande étatsuniens directement dans les téléviseurs cubains ; ainsi qu'un contrat pour transmettre à des milliers de téléphones portables cubains sélectionnés à partir d'une source indéterminée par le même BBG comportant des messages de propagande attribuée à Washington Software, une entreprise « de propriété asiatique ».

Les États-Unis investissent des milliards de dollars chaque année dans les opérations soi-disant « humanitaires » en Amérique latine et dans les Caraïbes par l’intermédiaire de la dénommée Agence pour le développement international (USAID).

Twitter: @ AllardJean-Guy

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|L'USAID en reconnaît le caractère « secret »
3522|3596|Manchettes Mouvements_étudiant|Endettement étudiant : vers une bulle spéculative?|2012-03-28 07:15:39|IRIS|

La hausse des droits de scolarité se traduira par une augmentation sans précédent de l’endettement étudiant, le tout dans un contexte où les ménages canadiens n’ont jamais été aussi endettés. Cette situation inquiétante laisse présager la formation d’une bulle spéculative dans le marché des prêts étudiants. C’est ce que révèle une note socio-économique dévoilée aujourd’hui par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

« On prétend que le recours à l’aide financière annulera les impacts négatifs de la hausse. Or, comme on le voit au Canada anglais et en Grande-Bretagne, les hausses de frais de scolarité sont une occasion de réduire le financement public de l’éducation et de généraliser le recours au crédit et aux emprunts chez les étudiant-e-s », explique Eric Martin, chercheur à l’IRIS. « Les étudiant-e-s n’ont pas les moyens de payer les frais de scolarité élevés, alors il n’ont d’autre choix que de s’endetter à des niveaux records, qui atteignent en moyenne 27 000$ au Canada et 84 000$ en Grande Bretagne ».

Cet endettement élevé aura des impacts limitatifs sur l’autonomie de choix des étudiant-e-s, qui seront poussés vers des domaines réputés lucratifs, ce qui réduira à la baisse la diversité de l’offre de programmes.

La note démonte aussi l’argument qui veut que l’endettement étudiant soit compensé par des bénéfices futurs pour les individus, ce qui en ferait un « investissement personnel » rentable.

« Ce qu’on voit poindre à l’horizon, dans un contexte de chômage très élevé des jeunes et de précarisation de l’emploi, c’est un scénario de bulle spéculative semblable à celle des subprimes lors de la dernière crise économique. Le prix de l’éducation augmente sans cesse, les gouvernements encouragent les jeunes à s’endetter plus que jamais en promettant des retombées positives. Mais au final, on risque de produire une génération d’insolvables », explique Simon Tremblay-Pepin, co-auteur de la note.

« En situation de crise, le pari des gouvernements est d’utiliser l’endettement des étudiants et des ménages comme moteur dans une stratégie de relance économique que l’on pourrait appeler ‘‘la croissance par l’endettement’’. C’est ce type de situation qui nous a mené à l’effondrement immobilier de 2008. À l’heure où les ménages canadiens sont endettés de 153%, la pire politique semble être de hausser les frais de scolarité et d’encourager le recours à des emprunts de dizaines de milliers de dollars. Cela est, pour le moins, imprudent. Et déjà nombre d’indicateurs et de signaux semblent pointer vers la formation d’une bulle spéculative dans le marché des prêts étudiants. », explique Simon Tremblay-Pepin.

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|Au final, on risque de produire une génération d’insolvables 
3523|3597|Manchettes Mouvements_syndical Mouvements_étudiant|Mobilisation et implication électorale|2012-03-28 07:26:05|Marc Laviolette et Pierre Dubuc|

Respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

Le SPQ Libre salue la détermination, l’imagination et le courage politique des étudiantes et des étudiants du Québec, ainsi que de leurs organisations et de leurs leaders. Leur message clair et leur incroyable mobilisation a cristallisé les véritables enjeux du débat sur l’éducation.

Voulons-nous une éducation accessible à l’ensemble de la population – et plus particulièrement aux classes ouvrière et populaire – ou une éducation réservée à l’élite?

Voulons-nous des universités assujetties aux objectifs de rentabilité à court terme des entreprises ou des universités qui prennent en compte les besoins globaux de notre société?

Voulons-nous des universités dont la seule ambition est de s’inscrire dans le grand jeu compétitif de la mondialisation néolibérale ou des universités héritières des traditions de solidarité de la société québécoise?


Action politique et électorale

Le mouvement étudiant nous donne présentement une extraordinaire leçon de mobilisation et de stratégie politique. Après la manifestation de 200 000 personnes dans les rues de Montréal, il oriente son action sur le terrain électoral avec du porte à porte et la distribution de tracts dans dix circonscriptions où la majorité libérale pourrait facilement être renversée lors des prochaines élections.

De plus, des équipes de téléphonistes vont rejoindre les bâilleurs de fonds du Parti libéral pour les inciter à lui retirer leur appui.

Par ces actions, les organisations étudiantes franchissent un pas important. Elles vont au-delà du rôle de simple groupe de pression, dans lequel on cherche à enfermer toutes les organisations syndicales, étudiantes et populaires, et s’impliquent sur le terrain proprement politique et électoral.

On y reconnaît le modèle d’action des organisations syndicales américaines les plus actives et les plus progressistes. Dernièrement, dans plusieurs États américains, elles ont déployé d’immenses ressources sur le terrain politique pour obtenir le rappel de lois antisyndicales.

En Ohio, les syndicats ont été le fer de lance d’une campagne qui a vu 1,5 million de citoyens signer un registre pour la tenue d’un référendum d’initiative populaire et, au Wisconsin, ils ont recueilli plus d’un million de signatures pour la destitution du gouverneur Scott Walker, le tout conformément aux mécanismes démocratiques prévus par les constitutions de ces deux États.


Un pas supplémentaire

Un pas supplémentaire dans la bonne direction serait qu’un bon nombre d’étudiantes et d’étudiants prennent leur carte du Parti Québécois et y militent activement pour consolider sa position en faveur du gel des droits de scolarité.

Car des camps opposés s’y affrontent et le rapport de forces peut basculer dans un sens ou dans l’autre. À son arrivée à la tête du Parti Québécois, Mme Marois était favorable à un dégel des droits de scolarité. C’est l’action du Comité national des jeunes qui a réussi à imposer, lors du dernier congrès, une proposition qui stipule que le Parti Québécois : « rétablira le gel des droits de scolarité à la fin de la hausse 2007-2012 jusqu’à la tenue du sommet sur l’enseignement supérieur ».

Lors de ce Sommet, au lendemain d’une victoire péquiste, il y a fort à parier que les ténors de la droite au sein du parti vont revenir à la charge. Et la « gauche efficace » de Jean-François Lisée proposera sans doute, comme elle en a fait sa marque de commerce, un « compromis » boiteux sous la forme d’une modulation des droits de scolarité par faculté et l’étalement des paiements, de façon à ce qu'une plus grande partie soit payable lorsque l'étudiant se retrouvera sur le marché du travail.

Il est intéressant de noter que cette proposition de la soi-disant « gauche efficace » a été récemment mise de l’avant par Claude Castonguay de l’Institut CIRANO, un think tank de droite, et qu’il ne serait pas étonnant qu’elle revienne sur le tapis comme « solution de compromis » au cours des prochaines semaines.

Mais, au sein du Parti Québécois, d’autres forces, dont le SPQ Libre, s’opposeront à la droite. Soulignons au passage la défense de la « quasi-gratuité » de notre système d’éducation par Louis Bernard, ex-secrétaire du gouvernement du Québec et candidat à la chefferie du PQ en 2005, au nom de la solidarité sociale.

Selon Louis Bernard, « cet esprit de solidarité sera affaibli si se propage l'idée que le diplômé universitaire, ayant payé pour ses études, est moins redevable à ses concitoyens. L'intérêt personnel portera ombrage à l'intérêt général. Les privilégiés du système le seront encore davantage ».


Exit Charest, Beauchamp et Bachand sur les rangs

Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Le Parti Québécois n’est pas encore au pouvoir et des rumeurs de plus en plus persistantes laissent croire que Jean Charest ne dirigera pas les troupes libérales lors du prochain scrutin.

De toute évidence, les ministres Beauchamp et Bachand sont sur les rangs pour le remplacer. Ils doivent donc, dès maintenant, être des cibles privilégiées.

Il faut réaliser que les forces fédéralistes mettront tout en œuvre pour empêcher l’accession du Parti Québécois au pouvoir. Leur quasi-défaite, lors du référendum de 1995, leur a servi de leçon. Pour rien au monde, elles ne veulent risquer un autre face à face. Le flou artistique de la gouvernance souverainiste n’y change rien.

Les fédéralistes ont encouragé la création de la CAQ du tandem Sirois-Legault dans l’espoir que ce nouveau parti marginalise le Parti Québécois et s’impose comme l’alternative au Parti Libéral. Ce rêve se dissipe. Désormais, la seule option des fédéralistes est de remplacer Jean Charest.

Lors des prochaines élections, l’enjeu ne se limitera pas aux droits de scolarité. Les droits syndicaux seront aussi la table. Tout comme l’ensemble du développement futur du Québec. Les syndicalistes et les progressistes devront être de la partie. Pour la mobilisation et l’action politique, ils ont aujourd’hui un modèle : le mouvement étudiant!

Photo : J. Nadeau
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|Le mouvement étudiant montre la voie au mouvement syndical
3524|3598|Accueil_Actualités|Action Profilons les profileurs|2012-03-28 07:40:59|L’aut’journal|

Ce jeudi, des membres de diverses communautés montréalaises se rassembleront devant les bureaux du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) dans le but de « profiler les profileurs ».

Les participantEs photographierons, filmerons et interrogerons les personnes entrant dans les bureaux.

Parce que les agents du SCRS procèdent régulièrement à d'intimidantes visites à domicile et au travail, posent des questions déplacées sur les idées politiques et les pratiques religieuses, et harcèlent des personnes sur la base du profilage et de la culpabilité par association, l'action vise à inverser les rôles habituels de « profileurs et profilés ».

Cette action théâtrale fait partie de la campagne de non-collaboration avec le SCRS du Réseau de la Commission populaire, lancée publiquement lors d'une conférence de presse en janvier 2012. Près de 80 organisations - dont des associations étudiantes, des syndicats, des groupes militants et des groupes communautaires - ont appuyé l'appel à cesser toute collaboration avec le SCRS.

Cette action s'incrit également dans le cadre d'un mois d'actvités contre la brutalité policière et la répression politique à Montréal.

Jeudi, 29 mars 2012 à 8 h
Bureaux du SCRS
715, rue Peel, Montréal

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|Le SCRS ciblé pour ses tactiques de profilage et d'intimidation
3525|3599|Accueil_Actualités|Lendemains de manif de 200 000 personnes|2012-03-28 07:42:46|Dominic Desroches|

L’auteur est professeur de philosophie / Collège Ahuntsic / Montréal

« Il faut être rameur avant de tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire. »
-Aristophane

Les étudiants utilisent le climat politique. Ils ont montré qu’il était possible de faire déferler une « marée humaine » sur le centre-ville de Montréal (Devoir, 23 mars). D’un côté, ils profitent du vent de l’indignation mondiale, alors que de l’autre, ils doivent inscrire leur mouvement dans le temps québécois actuel. Le succès de leur printemps intempestif reposera sur leur capacité à organiser d’autres vagues de manifestations afin de ne pas voir la pression qui s’exerce sur le gouvernement libéral disparaître. Leur victoire est à ce prix.


Du cycle de la marée

Ceux qui étudient la mer savent que la marée haute répond à la nécessité d’un cycle qui la dépasse. De même en politique : il importe, quand on proteste dans le temps, de ne pas se retrouver déphasé ou déporté de l’actualité, c’est-à-dire exclus du temps politique qui nous englobe. Le temps de repos doit servir au retour de la marée et non à sa disparition.

Contrairement aux infirmières qui a avait fait plié les genoux du gouvernement Bouchard à l’été 1999 et qui avait erré en votant une « trêve » qui allait les conduire à la défaite, les étudiants ne doivent pas ralentir, jouer le contretemps, car cela pourrait causer leur perte.

Même si le retour de la vague n’est pas perceptible, la force mobilisatrice doit être active et savoir s’abriter dans le temps politique.


Combattre l’inertie, l’essoufflement et la fatigue politique

Les risques derrière tout mouvement social sont l’inertie, l’essoufflement et la fatigue. Le manque d’air frais crée l’essoufflement. Pour garder le corps social dispo, il faut bouger et en informer les médias – les baromètres de la météo politique - car ceux-ci participent à l’ambiance en relayant l’information.

S’il n’est pas utile de mobiliser les étudiants en permanence, on utilisera certaines facultés pendant le creux de vague de manière à garder le rythme.

Les leaders veilleront à ce que les activités à venir cadrent dans le système météo, que la chaleur ne se dispersera pas trop et que l’entrée d’air sera assurée afin de ne pas engendrer de fatigue politique.

Celle-ci se produit lorsqu’une population, fatiguée de lutter, se croit enfin en sécurité. Afin d’éviter cette fatigue - elle est cyclique – on planifiera l’agenda politique afin d’y demeuré inclus.


Occupation de l’agenda politique

Le pouvoir politique réside dans la capacité à décider, dans certaines limites, du temps qu’il fait et du temps qu’il fera. Il se réalise dans l’atmosphère qui conditionne l’agir des hommes. Ceux qui luttent doivent profiter du temps qu’il fait, sinon produire eux-mêmes l’ambiance nécessaire à la compréhension de leur action. S’ils veulent déjouer le passage à vide (le ressac de la marée) et garder la forme, ils devront occuper le calendrier. Ils réussiront notamment en actualisant leur slogans créatifs et en répétant des performances.


De la parole aux actes – l’actualisation des slogans

Les étudiants profiteront du cycle en organisant des activités qui s’inscrivent dans le temps. Par exemple, ils ont écrit sur leurs pancartes que « Beauchamp est dans le champ ». Si c’est le cas, il serait pertinent d’organiser des battues sur les rives du Richelieu afin de retrouver la ministre qui est dans le champ.

Ce faisant, ils montreront que, contrairement aux libéraux, ils vont voir les sinistrés de 2011 et qu’ils ont à cœur la population riveraine dans la défense de sa cause.

Certains ont écrit que leur temps est celui du « printemps érable ». Il convient ainsi d’inviter les politiciens à la cabane à sucre… ce qui permettra d’aider les acériculteurs aux prises avec le « dégel » rapide.

Au refrain « À qui la rue ? », les étudiants pourraient répondre « À nous la rue » en remplissant, lors de la prochaine marche, les nids de poule avec leurs copies d’examen.

Si les étudiant sont si « pauvres » et n’ont pas d’autos, ils organiseront le « lave-auto contre la hausse » des limousines des ministres Bachand et Beauchamp. On le voit bien : les possibilités sont infinies. L’essentiel, c’est de rester dans le temps politique afin d’assurer les conditions du retour de la grande vague.

Une leçon de météo politique pour l’avenir

La politique, depuis Platon, est l’art de naviguer ensemble. Les étudiants l’ont compris : ils font des « vagues ». Le gouvernement se retrouve alors en pleine tempête.

Les étudiants toutefois ne gagneront leur lutte, leur voyage en mer, que s’ils parviennent à surfer sur la vague sociale qu’ils ont contribué à créer. S’ils ne parviennent pas à reproduire et dominer la vague, ils seront engloutis et le gouvernement aura gagné : il sera encore le seul capitaine à bord.

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|Apprendre à naviguer jusqu’au bout
3526|3600|Société|La CAQ attaque|2012-03-28 07:52:27|L'aut'journal|

|Capsule vidéo
3527|3601|Société Accueil_Analyses|Le vieillissement ne nous mène pas à l’apocalypse!|2012-03-29 08:08:47|IRÉC|

Dans une importante note d’intervention sur la démographie, l’économiste Gilles L. Bourque remet les pendules à l’heure. « Lorsque nous regardons les tendances démographiques à plus long terme dans le monde et au Québec, a-t-il déclaré, nous constatons que le Québec est en phase avec ce qui va se passer ailleurs. Nous allons vivre une transition démographique qui se rapproche de celle de la moyenne des pays industrialisés. Il est inconcevable de laisser entendre que nous devrions connaître, année après année, une répétition de déficits publics dans les décennies à venir en raison du vieillissement de la population et de la perte de la compétitivité de l’économie québécoise ».

« Ce discours apocalyptique associant vieillissement de la population et difficultés économiques n’est pas crédible. Cet alarmisme n’a pas d’assise scientifique solide. Il simplifie abusivement la relation complexe qui s’établit entre le potentiel humain et la capacité productive. D’ailleurs, nous avons connu entre 1971 et 2006 une diminution graduelle du rapport de dépendance de la population québécoise en raison d’une baisse de la natalité et d’une évolution assez stable du nombre de personnes de 65 ans et plus. Mais cela ne s’est pas traduit par un Âge d’or des surplus budgétaires! » a poursuivi l’économiste de l’IRÉC.


2011 : une année de transition démographique

L’année 2011 aura été un moment important de l’évolution démographique québécoise : les premiers baby-boomers ont en effet franchi le cap des 65 ans, pendant que les plus jeunes d’entre eux l’atteindront en 2030. Le Québec est entré de plain-pied dans une phase de transition importante vers un nouveau régime démographique.

Selon le chercheur de l’IRÉC, le Québec se trouvera dans une position avantageuse. En effet, dans les pays développés, les changements démographiques ont été plus faciles à absorber et les réformes ont pu être faites progressivement, de telle sorte que l’adaptation au nouveau régime démographique est relativement bien supportée par la population.

« Le véritable défi se situe dans les pays du Sud, en raison du rythme bien plus rapide du vieillissement démographique à venir. D’autant plus qu’ils n’ont ni le même patrimoine accumulé, ni les solides institutions démocratiques pour bien gouverner ce phénomène », a constaté l’économiste.

À partir du début des années 2040, la transition serait sensiblement achevée pour les pays développés. Les effectifs des trois principaux groupes d’âge vont se stabiliser avec une population active correspondant à un peu moins du double des effectifs des 65 ans et plus.

« Le ratio de soutien démographique au Québec c’est-à-dire le nombre de personnes en âge de travailler pour chaque personne de plus de 65 ans qui était de plus de quatre dans les années 2000, passera donc légèrement sous la barre du deux à partir des années 2050. C’est exactement le ratio vers lequel convergera l’ensemble de la planète pour la même période », a indiqué le chercheur de l’IRÉC.

« D’ailleurs, a-t-il souligné, les plus récentes perspectives démographiques de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) réalisées en 2009 sur la base du recensement de 2006 ont été changées de façon significative. Sur l’horizon 2056, on prévoit une population de 9,1 millions de personnes au Québec, soit 1,6 million de plus qu’en 2006, ainsi que 4,2 millions de ménages. Le nombre de ménages augmente plus rapidement que la population puisqu’on assiste à la diminution du nombre moyen de personnes par ménage. Ce dernier passe en effet, entre 2006 et 2036, de 2,39 à 2,17 personnes par ménage, puis demeure à ce niveau jusqu’en 2056. La croissance plus forte du nombre de ménages est importante puisque c’est le nombre de ménages qui joue le rôle le plus significatif pour le développement des sociétés ».

Enfin, une étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) le confirme : les principaux pays de l’OCDE devraient connaître une forte convergence des ratios au cours des quarante prochaines années. En 2050, la moyenne du ratio de soutien démographique des pays membres de l’OCDE sera de 2,1. À cette date, 13 des 35 pays membres devraient avoir un ratio sous la barre de 2. Avec 1,9, le ratio du Québec se situe encore une fois très près de la moyenne.

Soulignons que l’auteur fera paraître sous peu une deuxième note approfondissant les principaux enjeux socioéconomiques liés au vieillissement pour le Québec.

Pour connaître les résultats des travaux de l’IRÉC, voir www.irec.net

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|Note d’intervention de l’IRÉC sur la démographie, partie 1.
3528|3602|Accueil_Actualités|Projection de Questions nationales|2012-03-29 08:12:16|Impératif français|

Lundi 2 avril prochain à 19 heures
Soirée de projection du documentaire « Questions nationales », suivie d'un débat avec Pierre Curzi, Jean-Martin Aussant et Jocelyn Desjardins le lundi 2 avril prochain à 19 heures, à l'auditorium de la Grande Bibliothèque à Montréal (métro Berri-UQÀM).

Montréal, le 20 février 2012 – Quel est l'avenir politique et constitutionnel du Québec?  Le Québec est-il condamné à rester une province ou pourrait-il un jour devenir un pays?  C'est dans cet état d'esprit que l'organisme Impératif français vous invite à voir ou revoir le documentaire  Questions nationales  et à assister et participer à un débat avec le député indépendant Pierre Curzi, le député et fondateur d'Option nationale Jean-Martin Aussant et le fondateur du Nouveau Mouvement des Québécois Jocelyn Desjardins.

Avant que messieurs Curzi, Aussant et Desjardins ne prennent la parole, la soirée débutera par la projection du film « Questions nationales », documentaire indépendant et non partisan réalisé par Roger Boire et Jean-Pierre Roy, lancé lors du Festival du Film du Monde en 2009.  Primé à Barcelone et fort d'une tournée québécoise et européenne, Questions nationales présente le destin de trois nations « sans pays » tiraillées par leur rêve d’indépendance, soit le Québec, l'Écosse et la Catalogne.  Les deux co-réalisateurs seront aussi présents à cette soirée spéciale ouverte tant aux passionnés qu'aux curieux qui souhaitent en apprendre davantage sur ce dilemme : partir ou rester...

Désireux d’apporter une bouffée d'air frais et de redonner un nouveau souffle au débat sur l’avenir du Québec, Questions nationales s’interroge sur les raisons qui ont empêché jusqu’ici le Québec de devenir un pays.  Depuis l'arrivée du mouvement souverainiste au Québec, il y a plus de 40 ans, plusieurs pays, partout sur la planète, ont choisi l'indépendance.  Pourquoi pas le Québec?  Et comment les autres nations se débrouillent-elles avec un tel dilemme : briser un pays pour en créer un autre?  Les Écossais, au Royaume-Uni, jonglent avec ce même destin en préparant un référendum pour 2014 : quitter, oui... mais à quel prix?  Comment les Écossais imaginent-ils cette transition politique, économique et juridique hors de l’Empire britannique?  De leur côté, en Espagne, les Catalans ont-ils la liberté de penser à s’affranchir?  Leur langue et leur culture pourront-elles survivre encore longtemps dans une Espagne fermée aux nationalismes?  Et, de retour au Québec, comment la réalité de ces deux autres nations nous permet-elle d’y voir plus clair?

Les billets sont en prévente au coût de 10 $ jusqu’au jeudi 29 mars sur le site Web d’Impératif français ou à la porte de l'auditorium de la Grande Bibliothèque au coût de 12 $.  Pour information : 819 684-8460 / www.questionsnationales-lefilm.net ou www.imperatif-francais.org

Pour ceux et celles qui sont intéressés à faire du covoiturage, SVP communiquer, sans tarder, avec monsieur Maurice Corriveau au 1mcorriveau@videotron.ca  ou encore par téléphone au 819 771-5320 ou 819 771-1557.

Le départ aura lieu en après-midi et le retour en soirée.

Impératif français
www.imperatif-francais.org

imperatif@imperatif-francais.org

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|Suivi d’un débat avec Pierre Curzi, Jean-Martin Aussant et Jocelyn Desjardins
3529|3603|Manchettes Politique_Canada|110 millions pour un F-35, c’est trop !|2012-03-29 08:16:28|Marcel Lapointe|

S’adressant à un quotidien de Saguenay, le 2 mars dernier, le capitaine Patrick Gobeil pilote de CF-18 tenait ces propos : « La machine est superbe! C’est l’appareil le plus fiable et le mieux entretenu de l’armée canadienne! Je peux accomplir des manœuvres acrobatiques à 3000 pieds d’altitude, descendre progressivement jusqu’à 300 pieds du sol avec le seul appareil capable de faire un tonneau au décollage et le ‘‘looping’’ carré ». Les paroles d’un expert en la matière.

Et le colonel Prévost de la Base de Bagotville de poursuivre que grâce aux CF-18, le Grand Nord canadien est fort et libre; qu’il est prioritaire d’établir notre souveraineté dans l’Article!

La compagnie américaine, Lockheed-Martin, un État dans l’État, s’est, tout à coup, mise à avoir moins d’influence qu’auparavant sur nos politiciens « va-t-en-guerre» conservateurs à Ottawa.

Non seulement à cause de la déconvenue entourant le développement multinational d’avions de combat interarmées, mais aussi parce que l’avion de cette compagnie, le F-35, ne cesse de les décevoir par ses problèmes de conception et son coût unitaire qui pourrait, dépasser plus que les bornes.

Nos apprentis sorciers de la chose militaire commencent à trouver gênant, voire indécent et politiquement non rentable de s’entêter dans leur lubie qui ne frise rien de moins que la démesure et la folie des grandeurs.

En y réfléchissant bien, pourquoi les CF-18 de l’Aviation royale du Canada ne pourraient-ils pas continuer à faire l’affaire au-delà de 2020? C’est la date de fin de vie utile annoncée péremptoirement par tout ce qui bouge de spécialistes en la matière et de porte-parole associés de près ou de loin à l’armée de l’air.

Si la Commission « Mourir dans la dignité » ici au Québec a été capable de nous donner une définition claire de la « fin de vie » d’un être humain, comment se fait-il, depuis des mois que je suis le projet d’achat de nouveaux avions de guerre, ne suis-je pas encore capable de définir l’expression « fin de vie utile » d’un CF-18?

Quels sont les critères mis de l’avant pour dire que les CF-18 auront atteint leur durée de vie utile en 2020 ? L’usure des pneus? Des freins collés et le moteur « encrassé » par une immobilité trop longue de l’appareil? La rouille ou le manque de pièces de rechange? Ces avions qui viennent d’accomplir une mission humanitaire (!?) qualifiée de prestigieuse (!?) parce qu’effectuée aux côtés des Américains, des Anglais et des Français, ont-ils révélé leur inaptitude?

Et les autres missions au Kosovo, en Irak? Combien de CF-18 abattus en 30 ans? Y a-t-il déjà eu quelque défectuosité concernant le largage de bombes?

Environ cinq sorties dans le cadre des missions de l’OTAN, la surveillance du Grand Nord dans le cadre de NORAD, quelques missions de sauvetage et un certain nombre d’heures dévolues à l’entrainement pour ne pas rouiller. Sans oublier un ou deux écrasements lors de démonstration acrobatiques.

Messieurs Lagassé et Massie, professeurs à l’Université d’Ottawa, disaient récemment dans le même quotidien qu’une modernisation des CF-18 pourrait être une option de rechange réalisable à la place des F-35. Avions qu’il nous faudrait payer non 75 millions l’unité comme annoncé jadis, mais plutôt au-delà de 100 millions, ce qui ferait monter une facture déjà salée de plusieurs milliards. 65 milliards au bas mot.

Ce montant, nous ne l’avons pas. La question qu’il faut dès lors se poser: « Avons-nous, Canadiens, déjà très endettés, les moyens d’approfondir davantage notre dette par l’achat de 65 avions F-35 que nous devrons payer 110 millions l’unité, alors que des CF-18 retapés feraient très bien l’affaire pour une mission de bombardement de temps à autre, pour donner des spectacles aériens ou pour surveiller la présence éventuelle d’étrangers dans le Grand Nord canadien?

Poser la question c’est y répondre.

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|Pour une définition claire de la « fin de vie » d’un F-18
3530|3604|Langue Manchettes|Le Mouvement Québec français félicite Pierre Curzi|2012-03-29 08:24:13|Mouvement Québec français|

« Nous saluons l’excellent travail d’analyse de la situation du français et le projet de loi élaborés par Pierre Curzi, Éric Bouchard et toute l’équipe du député de Borduas. L’analyse rigoureuse et exhaustive des données scientifiques résumée dans leur texte de présentation («livre blanc») démontre jusqu’à quel point il y a urgence d’agir pour contrer l’anglicisation rapide de Montréal.

Les conséquences de cette anglicisation se font déjà sentir dans l’ensemble du Québec. L’effet initial de la loi 101 sur la force d’attraction et d’intégration du français s’est affaibli à mesure que la Charte de la langue française a subi plus de 200 modifications dans la plupart de ses secteurs d’application », souligne Mario Beaulieu, président du Mouvement Québec français (MQF).

Le nouveau projet de loi comporte plusieurs points communs avec les revendications du MQF. Il présente d’importants renforcements à la législation linguistique québécoise dans le secteur névralgique de l’éducation, qui joue un rôle crucial dans la francisation et l’intégration des nouveaux arrivants. 

M. Curzi propose d’étendre la portée de la loi 101 aux cégeps, aux établissements de formation professionnelle, aux services éducatifs aux adultes, aux services de garde éducatifs et aux écoles privées non subventionnées (écoles passerelles).  D’autres propositions importantes visent à renforcer la loi 101 dans les secteurs de la langue de travail, de l’affichage et des services gouvernementaux au Québec, ainsi que de rendre l’Office québécois de la langue française (OQLF) plus indépendant du pouvoir politique.

« Le projet de Pierre Curzi pour une nouvelle loi 101 propose une réforme qui pose un jalon de plus dans la bonne direction», souligne Mario Beaulieu. Le MQF propose plusieurs autres mesures importantes. Notamment ces mesures impliquent que le français soit la seule langue de communication du gouvernement avec les entreprises établies au Québec et que l’ensemble des services de la fonction publique du Québec soit offert exclusivement en français à tous les citoyens, sauf pour les services susceptibles d’être reconnus en vertu de l’article 29.1 (les organismes municipaux, les organismes scolaires ou les établissements de services de santé et de services sociaux). De plus, le MQF préconise le rétablissement d’un financement équitable du réseau universitaire de langue française.

« En bref, M. Curzi poursuit son immense contribution au débat politique sur la langue française au Québec. Il est essentiel que les diverses formations politiques se positionnent de façon claire et précise relativement à ce projet de loi. Le statut du français en tant que seule langue officielle et commune est une condition fondamentale tant pour l’intégration des immigrants et la cohésion sociale que pour assurer l’avenir du français au Québec », de conclure le président du MQF.

Le livre blanc :
charte-fr-livre-blanc.pdf
charte-fr-comparaison.pdf
charte-fr-synthèse.pdf


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|Pour son immense contribution au débat politique sur la langue française
3531|3606|Manchettes Mouvements_syndical|Rio Tinto Alcan : Le lock-out d’Alma concerne tout le monde|2012-03-30 07:54:49|Denis Lepage|

Extrait du discours tenu par Denis Lepage, directeur régional TCA-Québec Saguenay
Lac St-Jean Côte Nord, lors du conseil général FTQ du 29 février 2012
au Sheraton Laval.

Pourquoi le conflit d’Alma interpelle directement tous les travailleurs et travailleuses?

Dans un premier temps, comme vous le savez tous et toutes, RTA a décrété le 30 décembre 2011, un lock-out à son aluminerie d’Alma, mettant ainsi plus de 750 salariés(es) sur le pavé.


Dommages collatéraux

Ce lock-out sauvage touche directement les TCA-Québec; outre le fait que la majorité de nos unités syndicales ont le même employeur, soit Rio Tinto Alcan, il ne faut pas oublier que la majorité des 3 500 membres des TCA-Québec au Saguenay Lac St-Jean sont en lien avec RTA.

Que les impacts collatéraux se fassent sentir peu ou pas dans les installations du Complexe Jonquière, comme par exemple à l’Usine Vaudreuil, et également aux installations portuaires de La Baie, par le biais de moins de bateaux de bauxite, ce n’est pas le cas pour d’autres unités TCA; les effets du lock-out d’Alma ont un impact percutant sur les fournisseurs de RTA d’Alma de la section locale 2004, (principalement des unités de PME) des TCA-Québec. Au moment d’écrire ce texte, au-delà de 150 salariés(es) des différentes unités de cette section locale étaient déjà en mise à pied, et ce n’est qu’un début.

N’en déplaise à personne, quand RTA tousse, toute la région risque d’être malade, très malade. Le lock-out d’Alma est un conflit régional qui nous touche directement.


Conflit très médiatisé

Lorsque RTA a décrété un lock-out à Alma, le boom médiatique au Lac, incluant le Saguenay, a été instantané. La plus grosse aluminerie régionale (+400 000/TM) et sa position sur l’échiquier mondial fait en sorte de monopoliser les médias régionaux et ce, presque à plein temps.

Quand on connaît et qu’on suit l’actualité régionale, on comprend encore mieux pourquoi ce conflit amène un tsunami intarissable d’articles, de reportages, de sondages et surtout de déclarations à l’emporte-pièce.

De plus, l’avènement des médias sociaux confirme, à tous les niveaux, l’importance indissociable de ce moyen de communication, autant avec les salariés(es) directement touchés par ce conflit, qu’envers la population en général.

 

David contre Goliath? Pas certain…

S’il y a un secteur où RTA semble à l’aise, ce serait bien celui des médias. Avec toute l’armada en communications que possède le « Manoir », RTA devrait se sentir comme un poisson dans l’eau.

Et les canons médiatiques RTA tonnent ces temps-ci; tout y passe.

  • Reportages hebdomadaires;

  • Entrevues télévisées, radio, journaux;

  • Site Web, Face Book, You Tube;

  • Dépliants à tous les résidents du Saguenay Lac St-Jean;

  • Etc.

Et en plus des appuis traditionnels, des chambres de commerce, de l’Institut économique de Montréal, de certains ministres du gouvernement libéral, et jusqu’au conseil municipal, etc.

Ne pas oublier surtout, tous les sondeurs régionaux qui par leurs rituelles questions tentent de définir les enjeux :

  • Les travailleurs sont-ils trop gâtés?

  • RTA a-t-il trop d’avantages?

  • Qui va gagner; RTA ou le syndicat?

  • Etc.

C’est bizarre, ils ne posent jamais la question, à savoir, si les gens préfèrent gagner 15$ ou 35$ l’heure? Probablement parce que la poser, c’est y répondre.

Mais ce qui est d’une importance capitale est que malgré tous les efforts médiatiques déployés par RTA afin de centrer le message sur les deux enjeux de cette négociation, soit le plancher d’emploi et la sous-traitance, ne font que confirmer la fragilité sur laquelle est basée son image de bon citoyen corporatif. Et c’est cela qui fait réellement très mal à Rio Tinto Alcan. Et c’est carrément là-dessus que doivent continuer de frapper nos consoeurs, confrères Métallos d’Alma.


Qui sortira gagnant?

Le syndicat d’Alma, et ce, pour trois raisons :



Premièrement,

Le défi est de taille, mais grâce à ce conflit, le syndicat d’Alma a réussi à déboulonner peu à peu « la statue » de bon citoyen corporatif de Rio Tinto Alcan. Par contre, pas facile de parler contre RTA, principalement pour ce bon payeur de taxes, qui amène beaucoup d’eau au moulin ($$$), autant à nos différentes municipalités qu’aux redevances énergétiques provinciales, en passant par les subventions aux universités, spectacles et œuvres de charité, etc.

La population du Saguenay Lac St-Jean prend de plus en plus conscience que Rio Tinto Alcan est chez nous, non pas parce que nous sommes de bons travailleurs et travailleuses, mais parce que nous avons des ressources naturelles qui s’avèrent très payantes. Et le lock-out à l’usine d’Alma relance le débat sur l’équitabilité d’utilisation des ressources naturelles qui fatiguent et énervent passablement RTA.


Deuxièmement,

Le conflit à l’usine d’Alma a fait remettre en place les valeurs de base du mouvement syndical, soit le vrai sens du mot solidarité, qui somme toute, est bien plus que de chanter « so, so, so » à toutes sauces…

Pour les TCA-Québec au Saguenay Lac St-Jean, nous avons pris soin de laisser à chaque unité syndicale, son rythme d’implication et de support à ce conflit, que ce soit par :

  • Prêt de $1 million sans intérêt;

  • Dons en argent;

  • Support aux manifestations;

  • Articles de journaux;

  • Etc.

Les confrères, consoeurs TCA de Kitimat ont également emboîté le pas en débloquant une importante somme d’argent, en support aux lock-outés d’Alma.

Nous avons même remis en fonction la table intersyndicale, afin de suivre de près l’évolution de la situation, qui sera la clé pour les prochaines négociations en 2015.

En plus de tous les soutiens des affiliés FTQ, de toutes centrales syndicales confondues, d’organismes, de députés et autres, qui se concrétisent de semaine en semaine, en appui aux lock-outés(es) d’Alma. Même les confrères, consoeurs non syndiqués (Usines Grande-Baie, Dubuc) ont emboîté le pas avec des collectes internes ($$) en guise de support. Du jamais vu lors de conflits.

Le point culminant de ces gestes de solidarité se tiendra par un grand rassemblement à Alma le samedi 31 mars prochain. Les membres des TCA de tout le Québec seront invités à participer à cette manifestation. Les détails seront communiqués au cours des prochains jours.


Troisièmement,

En décrétant le lock-out le 30 décembre dernier, Rio Tinto Alcan est venu changer complètement le type de négociations. Depuis plus de 30 ans, vos représentants syndicaux ont toujours négocié dans un esprit de règlement, sans tenir compte de l’échéance des conventions collectives de travail. D’ailleurs, à cet effet, nous avons eu de nombreux dépassements de négociations (10 mois, 14 mois, 16 mois, etc.).

La mise en place par RTA d’un concept de « pas de contrat/pas de travail », oblige les dirigeants syndicaux à sortir des sentiers battus et de faire face ensemble à ces nouveaux défis. Le traditionnel syndicalisme d’affaires, qui a été longtemps notre type de syndicalisme, doit se transformer en syndicalisme de participation sociale afin de nous préparer aux prochaines négociations qui seront tout un défi d’unité et de solidarité en 2015.


Conclusion,

Pour toutes ces raisons, je réitère que les consoeurs, confrères Métallos de la section locale 9490 de RTA-Alma, sortiront très largement gagnants de ce lock-out sauvage de Rio Tinto Alcan.

Rio Tinto Alcan ou toute autre multinationale en devenir sera toujours insatiable au sein du monde capitalisme dans lequel nous vivons. Seul le rendement aux actionnaires prime.

Peu importe le résultat, des gains dans cette négociation, le principal objectif a été atteint, soit d’avoir créé une solidarité syndicale régionale que RTA ne pourra jamais nous enlever. C’est à nous de savoir la conserver et surtout de s’en servir habilement, dans l’intérêt de notre région.

Merci de votre attention Monsieur le président.

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|Pourquoi les travailleurs vont gagner
3532|3607|Manchettes Politique_Canada| Libre-échange Canada-Europe : publication de deux annexes |2012-03-30 08:11:16|RQIC|

Le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) rend publiques deux annexes constituant les offres révisées qu’a faites l’Union européenne dans le cadre des négociations de l’Accord économique et commercial global (AÉCG) entre le Canada et l’Union européenne (UE), en date de février 2012. À la lumière de l’analyse qu’en fait l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), qui publie une note d’intervention à ce sujet aujourd’hui, le RQIC et ses alliés sociaux exigent à nouveau la suspension immédiate des négociations et un débat public.

Selon l’analyse de l’IRÉC, préparée par le chercheur Alexandre Maltais, tout indique que le Québec fera les frais d’un accord déséquilibré. « Les Européens protègent à juste titre de nombreux secteurs en imposant conditions et réserves concernant la santé, l’éducation et d’autres services publics. Ils s’assurent d’avoir l’espace politique public nécessaire pour réglementer la gestion de l’eau, par exemple. Du côté du Québec et du Canada, on ne trouve rien de semblable. C’est inacceptable », indique Pierre-Yves Serinet, coordonnateur du RQIC.

« À l’heure où nous assistons à une lutte étudiante sans précédent au Québec pour le droit à l’éducation et contre sa marchandisation, les documents révèlent que les pays européens protègent nommément leur services publics d’éducation, alors que le Québec garde un silence inquiétant sur le sujet. Le négociateur en chef du Québec, Pierre-Marc Johnson, qui intervient ce vendredi matin à un colloque de l’Université de Montréal, doit nous démontrer que l’éducation et nos services publics sont vraiment protégés dans cet accord », demande Louise Chabot, première vice-présidente de la CSQ, en soutien au mouvement d’opposition à l’AÉCG.

« Pourtant, il en est tout autrement. Force est de constater que cet accord vise à assujettir les services publics, incluant le réseau de la santé et des services sociaux, aux aléas de l’économie et de la mondialisation. Il est par ailleurs étonnant et grandement inquiétant que le gouvernement du Québec n’ait pas jugé bon d’inscrire de réserve ni en ce qui a trait à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), ni au chapitre des services sociaux. Est-ce cela un signe du gouvernement de son désengagement et de sa volonté de laisser libre cours au marché ? J’ai bien peur que oui », déclare Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ.

Négocié en catimini par le Canada depuis 2009, avec une participation du Québec aux tables de négociations, l’AÉCG est vendu à la population québécoise avec l’argument qu’il ouvrira un marché de 500 millions de consommateurs. Sur ce point aussi, l’analyse de l’IRÉC fait tomber quelques mirages. « Elle démontre qu’il faut cesser de voir des gains là où il n’y en a pas en réalité. L’enjeu n’est pas d’ouvrir des marchés qui sont par ailleurs souvent déjà ouverts, mais de ne pas perdre la capacité du Québec et des pouvoirs municipaux de gouverner dans l’intérêt public et d’utiliser les marchés publics comme de précieux outils de développement locaux » ajoute Claude Vaillancourt d’ATTAC-Québec.

« Montréal a adopté une résolution concernant l’AÉCG demandant que des mesures soient prises par les gouvernements pour limiter l’impact d’un tel accord sur la libéralisation des marchés publics. La Ville de Toronto demande même à être clairement exclue d’un tel accord. C’est une position que les gouvernements ne peuvent continuer d’ignorer et tant que les marchés publics d’ici ne seront pas expressément exclus de cet accord, le Syndicat canadien de la fonction publique luttera contre la signature et la ratification d’un AÉCG », avertit Denis Bolduc, secrétaire général du SCFP-Québec.

« Nous ne pouvons pas nous lancer dans un pareil accord, qui a de si larges conséquences, sans entreprendre un débat large et ouvert », affirme Jacques Létourneau, 1er vice-président de la CSN. « Le refus du gouvernement Charest est carrément anti-démocratique et il a assez duré. »

Cette sortie publique de l’IRÉC et du RQIC se produit à la suite de la 11e ronde secrète de négociations de l’AÉCG (à laquelle apparemment les provinces n’ont pas été invitées), qui se déroulait à Bruxelles la semaine dernière. Le RQIC et le Réseau pour le commerce juste (TJN) ont transmis une lettre aux députéEs du Parlement européen qui font partie de la Commission sur le commerce international, les alertant concernant l’inclusion d’un chapitre sur la protection des investissements dans l’AÉCG.

La Note d’intervention de l’IREC est sur leur site internet à www.irec.net

Les offres européennes sont disponibles sur le site du RQIC à http://www.rqic.alternatives.ca/RQIC-fr.htm

Le RQIC est une coalition sociale multi-sectorielle regroupant plus de vingt organisations sociales du Québec, provenant des milieux syndicaux, communautaires et populaires, étudiants, environnementaux, de femmes, de droits humains, et de développement international. Les organisations membres du RQIC représentent plus d’un million de personnes. Depuis sa fondation lors des négociations de l’ALÉ entre les États-Unis et le Canada, le RQIC s’est imposé comme un interlocuteur incontournable de la société civile québécoise en matière d’intégration économique et de commerce international.

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|Un coût économique, social, environnemental et politique pour le Québec
3533|3608|Accueil_Actualités|Écomusée du fier monde|2012-03-30 08:20:59|L'aut'journal|

 

L’Écomusée du fier monde a inauguré sa nouvelle exposition permanente À cœur de jour! Grandeurs et misères d’un quartier populaire le 28 mars dernier. Cet événement a marqué le début des célébrations du 30anniversaire de l’Écomusée. L’exposition raconte le Centre-Sud de Montréal, un quartier marqué par la Révolution industrielle au 19siècle. Soyez témoin des impacts de l’industrie sur le travail et sur les conditions de vie des familles ouvrières, et découvrez la réalité actuelle d’un espace en pleine mutation.

 Un quartier industriel

De 1850 à 1950, Montréal est la métropole du Canada et le Centre-Sud en est le cœur industriel. Voyez comment l’industrialisation façonne la ville et bouleverse l’organisation du travail. Des photographies de la construction du pont Jacques-Cartier et du port de Montréal illustrent le réseau de transport en plein essor. C’est d’ailleurs à l’odeur qui se dégageait des arrivages de mélasse dans le port et qui se répandait dans le quartier que l’on doit l’expression « Faubourg à m’lasse ». En plus d’être un véritable carrefour, Montréal est le centre manufacturier le plus important du pays. Découvrez des photographies et des objets des plus anciennes usines du Centre-Sud : la brasserie Molson fondée en 1786, la compagnie Macdonald Tobacco établie en 1858, la biscuiterie Viau & Frère datant de 1867, etc.

 Un quartier vivant

Au cœur de cette ère industrielle se trouve l’ouvrier et sa famille. En échange de ses longues heures de travail, un ouvrier non qualifié reçoit un salaire annuel moyen de 240 $ en 1882. Loin d’être suffisant comme revenu, il n’est donc pas rare de voir travailler les femmes et les enfants. Lisez le témoignage de la jeune ouvrière Florina Lacoste âgée de douze ans, et rencontrez la famille Filion tout en constatant les conditions dans lesquelles elle vit. Un des nombreux défis quotidiens est l’approvisionnement et la conservation des aliments comme en témoigne une glacière de l’époque. Malgré ses conditions difficiles, les citadins se réunissent et tissent des liens, que ce soit dans les paroisses, les syndicats ou d’autres lieux de sociabilité tels les parcs et les cabarets. Voyez les divers programmes de théâtre des années 1950 qui sont exposés.

 Un quartier diversifié

Après la Deuxième Guerre mondiale s’amorce la désindustrialisation et le déclin des vieux quartiers montréalais. Les usines ferment, les emplois se font rares. Malgré les difficultés, les résidents du Centre-Sud ne se laissent pas abattre et se donnent les moyens d’agir dans leur milieu. Une cinquantaine d’affiches illustrent l’effervescence présente dans les organismes communautaires qui sont mis sur pied dans les années 1960 et 1970. Le Centre-Sud est maintenant marqué par les entreprises de services et de communications, par le savoir et la culture, et par la présence du Village gai. Écoutez les témoignages de résidents et d’intervenants du quartier qui évoquent sa mémoire et sa transformation. Ils vous racontent comment le milieu continue de se réinventer.

Écomusée du fier monde : musée d’histoire et musée citoyen

L’Écomusée du fier monde est à la fois un musée d’histoire industrielle et ouvrière de Montréal et un musée citoyen. Accrédité par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, l’Écomusée explore l’histoire du travail et met en valeur le patrimoine du Centre-Sud de Montréal. Il développe une pratique muséale axée sur l’éducation populaire et favorise la participation citoyenne à ses activités. L’Écomusée du fier monde, c’est un musée qui, depuis 30 ans, évoque la fierté des résidents du quartier et leur capacité à se prendre en main.

Expositions temporaires, visites guidées des expositions et du quartier, activités culturelles, publications et programmes éducatifs sont également offerts!

Renseignements: 514 528-8444| ecomusee.qc.ca

 Écomusée du fier monde  Horaire  Tarifs
 2050, rue Amherst  Mercredi : 11 h à 20 h Adulte : 6 $
 Angle Ontario  Jeu/ven : 9 h 30 à 16 h  Étudiant/aîné/Accès Mtl : 4 $
 Métro Berri-UQAM  Sam/dim : 10 h 30 à 17 h  Famille : 12 $

La nouvelle exposition permanente a été réalisée grâce à la contribution financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec.

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|Grandeurs et misères d'un quartier populaire
3534|3609|Accueil_Actualités|Dépôt d’un budget idéologique à Ottawa|2012-03-30 09:21:52|L’aut’journal|
Le dépôt du budget idéologique du gouvernement conservateur du Canada est un mauvais présage pour les plus démunis, les retraités ainsi que la classe moyenne. Il va à l’encontre des principes phares de justice sociale et de redistribution de la richesse.

« Ce gouvernement vient de nous annoncer pas moins de 5,6 milliards de dollars de coupures dans plus d’une douzaine d’organismes et programmes fédéraux. C’est énorme et les conséquences se feront sentir dans toutes les régions,» indique Jérôme Turcq, vice-président exécutif régional de l’AFPC-Québec.

L’annonce budgétaire du gouvernement conservateur du Canada réduira les investissements d’environ 7% du budget. L’inspection des aliments, les services offerts par Service Canada, les services aux Anciens Combattants, la recherche et le sauvetage et la Défense nationale seront particulièrement touchés avec des coupes variant de 60 millions à 1,1 milliard de dollars.

De plus, les coupures à Industrie Canada feront en sorte que la recherche, notamment effectuée dans les universités, sera recentrée sur la production de brevets, ce qui profitera en premier lieu aux entreprises privées.

«Actuellement, le manque de travailleuses et de travailleurs à Service Canada, fait en sorte que les nouveaux sans emploi doivent attendre près de 3 mois pour obtenir leurs indemnités de chômage. Le gouvernement ne se sent pas concerné par les plus démunis,» souligne indigné le représentant syndical.

Parallèlement à ces réductions budgétaires, plus de 19 200 travailleuses et travailleurs verront leur poste aboli principalement par attrition. Comme ces personnes ne seront pas remplacées, c’est autant de gens en moins qui seront disponibles pour offrir des services essentiels à la population québécoise et canadienne.

«En plus des coupures dans les services publics, ce gouvernement s’attaque aux retraités en repoussant l’âge pour obtenir la pension de vieillesse. Même s’il s’agit que de deux ans, les aînés dans le besoin devront vivre deux ans de plus dans la pauvreté. Ça aussi c’est loin des préoccupations du gouvernement conservateur,» souligne M. Turcq.

L’AFPC-Québec appuie la campagne sur la retraite de la FTQ qui vise entre autres une bonification aux régimes de retraite publics, tels le Régime des rentes du Québec et le Régime de pension du Canada. De plus, l’AFPC-Québec revendique une retraite décente pour toutes et tous, autant dans le secteur public que privé, syndiqué que non syndiqué.

L’AFPC-Québec réclame le maintien des services tel que nous les connaissons, pour le bien-être collectif de l’ensemble de la population. Les coupures de programmes fédéraux et les mesures d’attritions des emplois dans les services publics ne sont pas la voie à emprunter pour équilibrer les finances publiques. L’AFPC-Québec, propose d’augmenter les revenus étatiques, en révisant à la hausse la fiscalité des grandes entreprises qui bénéficient de réductions d’impôt depuis plusieurs années.

L’AFPC représente plus de 178 000 à travers le Canada. Au Québec, affiliée à la FTQ, l’AFPC-Québec regroupe plus de 40 000 membres dans le secteur public fédéral, dans les universités québécoises ainsi que dans le secteur privé.|L’AFPC-Québec craint pour la pérennité des services publics
3535|3610|authebdo|authebdo - 30 mars 2012|2012-03-30 09:36:50|L'aut' journal|Plus de 5 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles :

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MOUVEMENT ÉTUDIANT

Mobilisation et implication électorale
Le mouvement étudiant montre la voie au mouvement syndical
par Marc Laviolette et Pierre Dubuc du SPQ Libre 

Endettement étudiant : vers une bulle spéculative?
Au final, on risque de produire une génération d’insolvables
par IRIS

Lendemains de manif de 200 000 personnes
Apprendre à naviguer jusqu’au bout
par Dominic Desroches


MOUVEMENT SYNDICAL

Rio Tinto Alcan : Le lock-out d’Alma concerne tout le monde
Pourquoi les travailleurs vont gagner
par Denis Lepage

Le lock-out à Rio Tinto Alcan
Un bel exemple des ravages de la coalition contre les travailleurs et la classe moyenne qui pille nos ressources
par Francis Ouellet


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Libre-échange Canada-Europe : publication de deux annexes
Un coût économique, social, environnemental et politique pour le Québec
par RQIC

200 manifestants devant les bureaux de François Rebello
Le monde de l’enseignement dit non à un système public d'éducation « à la Air Transat »
par Martin Cayouette


POLITIQUE CANADIENNE

Dépôt d’un budget idéologique à Ottawa
L’AFPC-Québec craint pour la pérennité des services publics

110 millions pour un F-35, c’est trop !
Pour une définition claire de la « fin de vie » d’un F-18
par Marcel Lapointe


INTERNATIONAL

La révolution en cours en Islande
Comment la population islandaise s’est opposée aux diktats de la « communauté internationale »
par Deena Stryker

Opérations illégales des États-Unis à Cuba
L'USAID en reconnaît le caractère « secret »
par Jean-Guy Allard


LANGUE

Le Mouvement Québec français félicite Pierre Curzi
Pour son immense contribution au débat politique sur la langue française
par Mouvement Québec français


SOCIÉTÉ

Le vieillissement ne nous mène pas à l’apocalypse!

Note d’intervention de l’IRÉC sur la démographie, partie 1
par IRÉC


EXPOSITION

Écomusée du fier monde
Grandeurs et misères d'un quartier populaire


FILM-DÉBAT

Projection de Questions nationales
Suivi d’un débat avec Pierre Curzi, Jean-Martin Aussant et Jocelyn Desjardins


VIDÉO

Éducation: La CAQ attaque !


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3536|3611|Manchettes Région|Quand les banques se lancent en agriculture pour le « bacon »!|2012-04-02 08:12:40|Roméo Bouchard|

C’est confirmé, un peu partout au Québec, les banques, les sociétés d’assurance et d’investissement achètent à gros prix des terres agricoles considérées désormais comme une valeur refuge, compte-tenu des pénuries alimentaires en vue. 

Dans Le Devoir du 29 mars, Robert Laplante de l’IREC (Institut de recherche en économie contemporaine) mentionnait que plus de 200 millions d’hectares depuis 10 ans, la superficie du Groenland, ont fait l’objet de transactions majeures.

Le président de l’UPA précise pour sa part que des compagnies  créées à cette fin par des institutions financières sont à l’oeuvre, comme Canadian Farmland Corporation, Agriterra, Solifor.

La Banque nationale du Canada, de son côté, par l’entremise d’un agent nommé Éric Dubé, aurait mis la main sur plus d’une centaine de lots dans plusieurs municipalités du Lac-Saint-Jean depuis un an.

Sans compter les Chinois qu’on soupçonne évidemment, sans que rien de tel ne soit confirmé,  d’agir dans l’ombre ici comme dans les mines, le pétrole et tout ce qui est ressources.

Faut-il s’en étonner?. Le scénario est le même partout. Déjà, dans son rapport publié en janvier 2008, la Commission Pronovost prédisait que si on ne procédait pas à une réforme structurelle de notre régime agricole, pour l’orienter vers nos besoins, l’agrobusiness allait s’en emparer à ses propres fins : 

«Le diagnostic que pose la Commission se veut limpide : le secteur agricole et agroalimentaire est en train de se refermer sur lui-même. Les systèmes qu’il a mis en place créent des obstacles à l’émergence de nouveaux types d’agriculture, au développement des produits originaux et à l’exploration de nouvelles possibilités commerciales…Le secteur agricole et agroalimentaire ne pourra pas faire face aux défis de l’avenir en reconduisant simplement le statu quo intégral de ses façons de faire. Ou bien ses acteurs s’engagent dans des changements et ouvrent leurs systèmes à l’innovation et aux initiatives des entrepreneurs, ou certains changements vont s’imposer d’eux-mêmes, sous les effets de la conjoncture, des nouvelles tendances de consommation et de la concurrence d’autre produits d’ici et d’ailleurs » p. 15

Le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont préféré faire la sourde oreille et maintenir le statu quo intégral en ce qui concerne les réformes structurelles proposées.

La consultation avortée sur un Livre vert bidon vient de sceller l’enterrement du rapport Pronovost.

On vient d’ailleurs de reculer sur une autre des réformes qu’avait amorcé le défunt ministre Claude Béchard (encore une fois au profit des gros producteurs), la fameuse norme du retrait  du 25% des fermes moins performantes dans le calcul de l’assurance agricole qui avait provoqué le boycott des sentiers de motoneige. 

Plutôt que de faire subir à notre agriculture un virage vers une agriculture plurielle, multifonctionnelle, écologique et  territoriale, comme le proposait Pronovost, ils ont maintenu et même accru les avantages pour les intégrateurs (et maintenant les banquiers), qui ramassent l’essentiel des 2 milliards annuels de fonds publics dédiés à l’agriculture et profitent de monopoles, à tous les niveaux de la chaîne de mise en valeur, grâce à des structures désuètes d’assurances, de mise en marché collective et de zonage agricole défendues mordicus par l’UPA et certains groupes environnementaux qui n’y comprennent rien.

Loin d’être une barrière aux multinationales de l’agroalimentaire comme le prétend l’UPA, ces structures désuètes qui étouffent les agriculteurs, on le voit aujourd’hui, leur ouvre la voie à l’accaparement des terres.

L’UPA peut bien déchirer sa chemise et  réclamer en catastrophe des mesures gouvernementales pour empêcher l’accaparement des terres : elle est la première responsable. Car c’est son entêtement à défendre le statu quo et à boycotter le rapport Pronovost qui a fait reculer le bureau de Jean Charest et qui est responsable de cette dérive.  

Comme on a écarté la réforme qui aurait permis à notre agriculture de se réenraciner localement, ce sont les intégrateurs, et maintenant les banques et les sociétés d'assurance, qui avalent les fermes une après l'autre pour y faire travailler, à des forfaits misérables, les ex-agriculteurs, ex-fromagers, ex-bouchers, dans des productions hyperspécialisées en fonction des marchés commerciaux les plus rentables dans le monde, mais qui n'ont plus rien à faire avec l'alimentation des Québécois. Notre taux d’autosuffisance alimentaire est passé de 80 à 30% depuis 1985 et la part des produits locaux dans nos supermarchés ne dépasse pas 5%, moins de 2% en produits biologiques : l’avenir ne laisse guère entrevoir d’embellie.

Paradoxalement, pendant que la campagne est de plus en plus livrée à l’agro-business mondial, comme le Nord aux compagnies minières,  c’est en ville que se développe l’agriculture nourricière : bienvenue à l’agriculture urbaine! Trouvez l’erreur tout de même!?
Pour ceux qui croiraient que cette dérive de l’agriculture est une fatalité, permettez-moi de citer l’article 104 que la Suisse a inscrit dans sa constitution en 1999, suite à un référendum populaire :

1.  La Confédération veille à ce que l’agriculture, par une production répondant à la fois aux exigences du développement durable et à celles du marché, contribue substantiellement:
a. à la sécurité de l’approvisionnement de la population;
b. à la conservation des ressources naturelles et à l’entretien du paysage rural;
c. à l’occupation décentralisée du territoire.

2.  En complément des mesures d’entraide que l’on peut raisonnablement exiger de l’agriculture et en dérogeant, au besoin, au principe de la liberté économique, la Confédération encourage les exploitations paysannes cultivant le sol.

3.  Elle conçoit les mesures de sorte que l’agriculture réponde à ses multiples fonctions. Ses compétences et ses tâches sont notamment les suivantes:
a. elle complète le revenu paysan par des paiements directs aux fins de rémunérer équitablement les prestations fournies, à condition que l’exploitant apporte la preuve qu’il satisfait à des exigences de caractère écologique;
b. elle encourage, au moyen de mesures incitatives présentant un intérêt économique, les formes d’exploitation particulièrement en accord avec la nature et respectueuses de l’environnement et des animaux;
c. elle légifère sur la déclaration de la provenance, de la qualité, des méthodes de production et des procédés de transformation des denrées alimentaires;
d. elle protège l’environnement contre les atteintes liées à l’utilisation abusive d’engrais, de produits chimiques et d’autres matières auxiliaires;
e. elle peut encourager la recherche, la vulgarisation et la formation agricoles et octroyer des aides à l’investissement;
f. elle peut légiférer sur la consolidation de la propriété foncière rurale.

4. Elle engage à ces fins des crédits agricoles à affectation spéciale ainsi que des ressources générales de la Confédération. »

De quoi faire pâlir notre Livre vert !

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|="="Les vautours lorgnent nos terres
3537|3612|Accueil_Actualités|Cessez les déportations des Mexicain(e)s|2012-04-02 08:28:31|L’aut’journal|

Quoi: rassemblement devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) afin de demander la régularisation des demandeurs d’asile et sans statut mexicain(e)s. 
Le groupe Mexicain(e)s uni(e)s pour la régularisation (MUR) et leurs allié(e)s ont organisé un rassemblement devant la CISR le 31 mars afin d’exiger que soient mis en place par le gouvernement fédéral un moratoire sur les déportations et les expulsions des Mexicains vers leur pays d’origine ainsi qu’un programme de régularisation leur permettant d’accéder à la résidence permanente. 
Lors de cette troisième manifestation mensuelle, une emphase particulière a été mise sur les drames vécus par les femmes mexicaines, autant au Mexique, où la violence, la pauvreté et la discrimination dont elles sont l’objet menacent leur vie et leur liberté, qu’ici au Québec, où les politiques migratoires inhumaines causent la séparation forcée de leurs familles.

En effet, ces femmes sont souvent obligées  de faire le choix cruel entre laisser leurs enfants canadiens ici, en sécurité, mais privés du droit de grandir auprès de leur mère, et les ramener avec elles au Mexique, leur niant ainsi toute possibilité d’une vie digne et à l’abri du danger. 

Qui sommes nous? 

Nous sommes un groupe de Mexicain(e)s et allié(e)s qui luttons pour la régularisation du statut migratoire de tous les Mexicain(e)s vivant au Québec. Nous demandons un programme de régularisation complet, continu et ouvert à tous(tes) les  Mexicain(e)s établis au Québec. 

À cause de l’irresponsabilité du gouvernement canadien et de son refus de reconnaître la violence extrême qui enflamme le Mexique ainsi que l’incapacité de l’État mexicain à protéger ses citoyens, des milliers d’entre nous, craignant pour notre vie si nous devions retourner dans notre pays d’origine, avons été, sommes ou serons contraints de demeurer ici sans papiers; cela  nous condamnera à coup sûr  à une situation d’extrême vulnérabilité.

En effet, les personnes sans papiers sont les plus exploitées sur le marché du travail et dans la société en général. Elles sont privées de droits fondamentaux et vivent généralement dans la peur, l’angoisse et l’isolement. 

Pourquoi de telles demandes? 

En décembre 2006, le gouvernement mexicain a déclaré une « guerre aux narcotrafiquants» en déployant l’armée à travers tout le pays, malgré ses antécédents historiques de violation des droits humains et d’impunité. Ainsi, plutôt que de contribuer à la diminution de la violence associée au crime organisé, les forces de sécurité ont elles-mêmes commis assassinats, torture, viols et autres abus. 

À mesure que cette sanglante « guerre » s’est déployée, la violence s’est dirigée de plus en plus vers la population civile. Les membres du crime organisé terrorisent la population mexicaine en pratiquant l’extorsion, des enlèvements contre rançons, le recrutement forcé, le trafic de personnes et l’assassinat de journalistes ainsi que de quiconque ne se soumet pas à leurs règles.

Les fusillades, massacres, explosion de bombes, découverte de corps décapités, torturés et jetés sur la place publique font désormais partie du quotidien au Mexique. Après 5 ans de cette guerre meurtrière, le bilan est d’environ 50 000 morts (dont 1322 enfants), entre 10 000 et 20 000 personnes disparues ainsi que 230 000 personnes déplacées.

Le gouvernement canadien affirme que l’État mexicain est en mesure de protéger ses citoyens. Or, de multiples études démontrent que la corruption et l’infiltration par les groupes criminels existent à tous les échelons du gouvernement et des forces de sécurité, ce qui rend cette tâche impossible. 

Malheureusement, la violence associée au narcotrafic et à la militarisation ne représente pas l’unique phénomène qui fait que nous, Mexicains ayant trouvé refuge au Canada, ne puissions pas retourner dans notre pays. S’ajoutent, entre autres : 

Des formes extrêmes de violence envers les femmes, perpétrées dans la plus complète impunité.  
Des attaques, intimidations et assassinats fréquents des défenseurs des droits humains, journalistes, activistes et militants. 
Une hausse de la paramilitarisation, ce qui mène plusieurs à parler de la « colombianisation du Mexique ». 
Un État de droit gravement affaibli, un système judiciaire dysfonctionnel et un accès à la justice inexistant pour la majorité des Mexicains, ce qui engendre et perpétue la violence et l’impunité.
Une persécution généralisée des minorités sexuelles


Le gouvernement canadien affirme que nous sommes de « faux réfugiés » abusant de la générosité du Canada. Or, selon nous, cette façon de présenter les choses est malhonnête et hypocrite. Il n’est pas ici question de générosité, mais plutôt d’une responsabilité de la part du Canada d’accueillir les réfugiés mexicains, étant donné que, par ses politiques impérialistes d’intégration néolibérale (ALÉNA et Partenariat pour la sécurité et la prospérité), il est en partie responsable de la misère, de l’essor de la criminalité et de la violence, des déplacements forcés et de la désintégration sociale qui sévissent au Mexique actuellement.

Le gouvernement canadien affirme que le Mexique est un pays démocratique, mais les politiques néolibérales profitant à ses intérêts économiques ont plutôt causé un retour vers l’autoritarisme et la violation des droits de la majorité de la population au Mexique 

Pour toutes ces raisons, nous considérons comme criminel notre renvoi, par les autorités canadiennes, vers cette violence inouïe qui nous a fait fuir notre pays. Nous demandons donc que cessent tous les renvois des Mexicains au Mexique et exigeons l’accès à un programme de régularisation. 


NOUS SOMMES ICI ET NOUS NE PARTIRONS PAS!
MEXICAINS UNIS POUR LA RÉGULARISATION


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|Régularisez notre statut !
3538|3613|Manchettes Mouvements_syndical|7 000 personnes dans les rues d’Alma : RTA réplique !|2012-04-03 08:11:58|Marcel Lapointe|

C'est Rio Tinto-Alcan qui, le 30 décembre dernier, a sauvagement mis fin à la négociation. Aux dires du patron, Étienne Jacques, partout sur la planète depuis 16 ans, toutes les conventions ont été réglées entre la compagnie Rio Tinto et ses employés. Cependant, on ne connaît ni la nature des règlements, ni combien de contrats furent réglés le couteau sur la gorge le cas échéant. 
 
En réponse à la manifestation d’une large coalition opposée à la manière dont la compagnie agit en forçant un règlement à coup de lock-out, Étienne Jacques n’a pas tardé à rappeler à nos bons offices le rôle inestimable, voire indispensable joué par Alcan au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis 86 ans.

Histoire de faire pencher l’opinion publique du côté de la compagnie et de mettre de la pression sur la partie adverse à la table de négociation. Décidément, il n’y a pas que le gouvernement que les manifestations dérangent!

Pourquoi la compagnie a-t-elle refusé systémiquement de laisser une chance à la négociation au-delà du 31 décembre dernier? Rien ne dit que le syndicat serait parti en grève le 1er janvier 2012. Ne plus reconnaître que la négociation puisse se poursuivre au-delà de l’échéance en l’absence de lock-out ou de grève, voilà une nouvelle dynamique patronale de relations de travail à laquelle les syndicats sont désormais conviés.

Pourtant, dans le public comme dans le privé, les négociations ont, très souvent, dépassé la date d'échéance du contrat de travail, justement, dans le but d'en arriver à un règlement négocié. Le vécu démontre que cela a fonctionné.

Cet arrêt de production de la part de la compagnie, on le sait maintenant, ne fut que prétexte. Tout le monde connaît les détails de l’entente cachée entre Rio Tinto-Alcan et le gouvernement.

On sait aussi que parce que la crise économique perdure et qu’en conséquence les inventaires d'aluminium grossissent tout le temps, l'offre dépasse la demande. Benoît Aubin, journaliste au Journal de Montréal, parle des effets de la crise en ces termes : « Les États-Unis titubent encore, de nombreux pays d'Europe sont en crise (le mot et faible), la croissance s’essouffle en Chine ».

Quelle compagnie, dans ces conditions, serait malheureuse de suspendre sa production en attendant des jours meilleurs? Rio Tinto-Alcan d’Alma sans aucun doute !

En investisseur majeur et en producteur le plus performant qu'elle se dit être, la compagnie n’a plus à nous convaincre de sa contribution au bien-être socio-économique de la région. Les retombées de plusieurs milliards depuis plusieurs décennies le démontrent. Cependant, la compagnie ne devra jamais oublier que la région, grâce à ses ressources naturelles, humaines, conjuguées aux  déductions fiscales de toutes sortes, aux subventions, aux  prêts sans intérêt, lui a donné bien plus que ce qu'elle nous a retourné en redevances. Des miettes, comparées à ce qui s’est retrouvé dans les poches des actionnaires depuis 86 ans. 

La compagnie se dit fière d'être au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour opérer, innover, investir depuis 86 ans. Mais le bon citoyen corporatiste qu'elle prétend être là-dedans?

Samedi dans les rues d’Alma, beaucoup de manifestants ont réclamé de Rio Tinto-Alcan des preuves de sa bonne foi en négociant la pérennité des emplois de qualité de son usine tant et aussi longtemps qu'elle exploitera le Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

Quelle sera sa réponse?


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|La bataille de l’opinion publique se poursuit
3539|3614|Société Manchettes|Soins à domicile : 500 millions et meilleure gestion|2012-04-03 08:29:29|L’aut’journal|La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) accueille très favorablement les constats et recommandations ressortant du rapport d’enquête du Protecteur du citoyen portant sur l’accessibilité aux services de soins à domicile pour les personnes présentant une incapacité significative et persistante. Dans ce rapport, le Protecteur du citoyen démontre les insuffisances actuelles dans le financement, la gestion et la prestation des services de soins à domicile auprès de ces bénéficiaires.


Un rapport qui confirme l’importance d’un financement adéquat et de services publics de soins à domicile

Les principales recommandations du rapport d’enquête portent sur le taux de financement actuellement accordé aux services de soins à domicile. « Alors que le gouvernement ne cesse de prétendre que le maintien à domicile est pour lui une priorité fondamentale, le rapport d’enquête du Protecteur du citoyen prouve que le financement est insuffisant pour répondre aux réels besoins de la population », affirme Francine Lévesque, présidente de la FSSS-CSN. 

Nous savons par exemple qu’une politique efficace de services de soins à domicile nécessiterait l’ajout d’un montant de 500 millions de dollars. Malgré l’augmentation du financement des services de soins à domicile dévoilée dans le dernier budget du Québec, les sommes à venir seront insuffisantes pour répondre aux besoins en croissance. Cela est d’autant plus vrai que l’année dernière, seulement une fraction des 150 millions de dollars réservés aux soins à domicile et à la création de nouvelles places en hébergement a été véritablement débloquée à cette fin. « Afin de maintenir des services universels et gratuits, il est nécessaire que le gouvernement revoie l’allocation des ressources », de préciser Francine Lévesque.

Le rapport d’enquête du Protecteur du citoyen dévoile de plus la nécessité de revoir la gestion des services de soins à domicile. « Comme nous, le Protecteur du citoyen appelle le gouvernement et les Agences de la santé et des services sociaux à leurs responsabilités. Si nous voulons que les personnes en situation de perte d’autonomie demeurent le plus longtemps possible à domicile, il faut se donner les moyens d’offrir des services de qualité », ajoute Francine Lévesque. En effet, le rapport d’enquête a démontré les variations dans l’offre des services entre les différentes agences.

Finalement, le rapport d’enquête établit clairement les dangers du désengagement actuel de l’État québécois dans le financement et la prestation des services de soins à domicile pour les personnes ayant une incapacité significative et persistante. « Nous endossons les recommandations du Protecteur du citoyen, en ce sens où nous avons l’intime conviction que ce n’est que par une prise en charge publique du financement et de la prestation des soins à domicile que nous saurons offrir des services accessibles et de qualité », rajoute la présidente de la FSSS-CSN. En effet, les travailleuses et travailleurs du secteur public œuvrant auprès des personnes en perte d’autonomie résidant à domicile sont à même, non seulement d’assurer les services de la meilleure qualité, mais aussi de faire de la prévention auprès des bénéficiaires. 


À propos de la FSSS-CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte un peu plus de 125 000 membres dans les secteurs privé et public. La FSSS représente la majorité des travailleuses et de travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS-CSN agit en faveur d'une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.



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|La FSSS-CSN se réjouit des conclusions du rapport du Protecteur du citoyen
3540|3615|Accueil_Actualités|Le déclin de Montréal tel que vu par Jane Jacobs|2012-04-03 08:48:03|IPSO|Le cas de la métropole montréalaise dans l’optique de la thèse coup de poing de Jane Jacobs publiée en 1980 et dont le Canada anglais ne veut pas entendre parler : The Question of Separatism : Quebec and the Struggle over Sovereignity 

 - L’argumentaire de Jane Jacobs est-il toujours valable ? 
- Les stratégies gouvernementales et municipales en matière de relations internationales, développement des réseaux de transport continentaux, de développement urbain, de culture, d’approvisionnement énergétique, de communication prennent-elles en compte le potentiel de métropole francophone internationale de Montréal ? 
- Le déplacement vers l’Ouest canadien des pôles de pouvoir décisionnels aux plans de la politique, de l’économie et de la culture contribue-t-il au déclin de Montréal ? 
- Le caractère francophone de Montréal est-il toujours un atout pour le rayonnement de Montréal ? 
- Le projet indépendantiste est-il en mesure de renverser le phénomène de la déliquescence de la vocation métropolitaine de Montréal ? 

Conférenciers 
Robin Philpot, auteur et éditeur qui a interviewé Jane Jacobs en 2005 
Robert Laplante, directeur général, Institut de recherche en économie contemporaine 
Gilles Sénécal, professeur à l’INRS - Centre Urbanisation Culture Société 

Commentateur: Gérald McNichols Tétreault, urbaniste, membre du CA des IPSO

Lundi le 16 avril 2012 à 19 h, au pavillon Athanase David de l’UQAM, salle D-R200


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|Soirée débat des Intellectuels pour la souveraineté
3541|3616|Accueil_Actualités|NON à la marchandisation des services publics|2012-04-03 08:54:08|L’aut’journal|Lundi 2 avril 2012, des parents affiliés au réseau des Parents contre la hausse ont interrompu en matinée la présentation des ministres Bolduc et Bachand à l’Hôpital St-Mary’s pour exprimer leur solidarité avec la lutte étudiante en cours. «Alors que le mouvement de grève entame sa 7e semaine, les Parents contre la hausse unissent leurs voix à celles des étudiant.es que le gouvernement se refuse toujours à écouter», affirme Louis-Frédéric Gaudet, membre du réseau ayant participé à l’intervention.


Par cette action, nous souhaitons faire notre juste part en tant que parents : exprimer notre profond désaccord avec la dérive actuelle de nos services publics. En éducation comme en santé, la «révolution tarifaire» initiée par le ministre Bachand ouvre la porte au démantèlement du financement public des programmes sociaux au profit d’un financement individualisé basé sur le principe de l’utilisateur-payeur. Or, «nous nous opposons fermement à la marchandisation des services publics qui anime les interventions du gouvernement libéral de Jean Charest : l’universalité de l’accès à l’éducation et à la santé doit primer sur le critère de rentabilité économique que l’on cherche à nous imposer», poursuit Christian Goyette, impliqué dans le regroupement des parents.

En tant que parents et membres de la communauté québécoise, nous nous sentons redevables du projet porté par les générations précédentes et actuelles en faveur de l’émancipation et de la justice sociale. Au nom de nos enfants et de nos petits-enfants, résistons à la mutation commerciale qui fonde la logique du gouvernement afin de maintenir des services publics démocratiques qui contribuent véritablement au développement des individus et de la société. 

«Contrairement à l’attitude intransigeante des Libéraux, nous prenons acte de la colère des étudiant.es et de la sympathie de la population à leur égard. Nous invitons donc les membres de la communauté québécoise à utiliser tous les moyens à leur disposition pour faire entendre leur réprobation de l’entêtement gouvernemental et leur fierté à se joindre à la lutte des étudiant.es», conclut M. Gaudet.


Site web des Parents contre la hausse : http://www.parentscontrelahausse.org


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|Des Parents contre la hausse interrompent les activités des ministres Bolduc et Bachand
3542|3618|Manchettes Mouvements_syndical|Comment j’ai rencontré Madeleine Parent, en 1946, à Valleyfield|2012-04-04 08:06:22|Jean Ménard|Tu voulais savoir comment j’avais connu Madeleine. Ton insistance a vaincu ma résistance.


Je suis né en 1928, un an avant le « crash », à Valleyfield, petite ville pauvre mais digne,  bâtie autour d’un lac magnifique au pied d’une immense forteresse maléfique qu’on appelait le « Cotton ». C’était la Dominion textile, usine de coton qui, disait-on faisait manger la ville. Voici quelques souvenirs dont quelques uns remontent à 65 ans.   .

Alors que ma mère n’avait que 10 ans, mon grand-père lui demanda d’aller travailler à la « facterie » de coton pour permettre que ses frères et sœurs «  puissent  manger »... C’était en 1910.

Après une journée de travail de 12 heures et une marche  dans la neige de deux kilomètres pour retourner souper à la maison,  en arrivant la « petite » s’est endormie,  la tête dans son assiette  à soupe. Alors, mon grand-père décida qu’elle recommencerait à travailler seulement l’année suivante, vu son très jeune âge. 

Ma mère s’est mariée en 1927, après 17 ans de travail et d’exploitation dans une usine dont on disait qu’elle faisait vivre la  ville. Elle m’a raconté bien des choses comme, par exemple, que, certains jours, le « boss » cachait les enfants derrière une toile, car, des « monsieurs aux souliers noirs très propres » , visitaient l’usine, le travail des enfants de moins de 15 ans étant interdit par la loi.

Un jour, son amie Carmen, une voisine de chez moi que j’ai bien connue, a perdu trois doigts sur un métier. Les « boss » l’ont renvoyée chez elle, car elle perdait beaucoup de sang. Le lendemain, elle était de retour au travail, le bras en bandoulière et les « boss » disaient: « Regardez comme la petite est généreuse; elle ne veut perdre aucune heure de travail ».

Et d’autres horreurs que ma mère me racontait en essayant de voir la réaction de son fils rebelle. L’adolescent que j’étais commençait à vivre ce que d’aucuns ont appelé: « les certitudes difficiles »...

Nous étions tous très pauvres — mais, chez moi, pas misérables— dans ce « quartier ouest »  de la ville de Valleyfield. Un jour, j’avais peut être 7 ou 8 ans, en me promenant sur la rue Ellice, j’ai vu, tout à coup, qu’on lançait par la fenêtre d’une pauvre maison, des objets appartenant à la famille Boileau: des chaises, une table, et par la porte un vieux sofa qui s’est brisé une patte en tombant sur le trottoir de bois.

J’ai demandé aux gens attroupés ce qui se passait. On m’a dit: Ils font maison nette.  J’ai compris un peu plus tard que les Boileau n’avaient pas payé leur loyer. L‘angoisse  m’a saisi à la gorge en pensant que la même chose pourrait arriver à  ma famille. Je me suis mis à vendre du poisson, de la perchaude et surtout du crapet noir que je faisais passer pour de l’achigan de roche...! Mes clients de la rue saint Louis aimaient bien cela...

Nous étions pauvres mais pas misérables, car mon père, après avoir travaillé « pour la ville » fut engagé par la Dominion Textile, travail d’esclave très mal payé.

Cependant, grâce à des amis curés qui considéraient que j’avais de très bonnes notes à l’école Émard, école pour enfants pauvres de ce quartier pauvre, j’ai obtenu une bourse d’études. J’ai donc fait mon cours classique avec les enfants des bourgeois de cette petite ville.  Ils étaient mes amis.

Plusieurs profs pensaient que je manquais de jugement et d’éducation, mais étant  souvent  premier de classe, on pensait que cela allait se passer.

Au contraire, quand la grève du textile éclata dans les années quarante, mes «certitudes difficiles »  devinrent de plus en plus « certitudes » et de moins en moins « difficiles »...

Quand la grève fut déclarée à la Dominion Textile en 1946, j’allais régulièrement au Parc  Salaberry écouter les discours enflammés des dirigeants de  l’Union. Je devais avoir 17 ans.

Quand une jeune femme de 27 ou 28 ans prenait la parole, elle m’électrisait. Elle faisait remonter du fond de moi-même toutes les horreurs de mon enfance, de ma pauvre ville et de «l’usine de coton qui nous avait nourris »...

J’avais beau dire à mes confrères du collège et à mes parents et amis: « Venez l’écouter, elle dit la vérité ». On me répondait qu’elle était révoltée, que le curé l’avait dit et qu’elle était communiste.  Je me suis renseigné auprès des autorités du collège pour savoir ce qu’était le communisme. Ils ne le savaient pas, mais ils étaient contre. Je retournais régulièrement écouter ses discours; communiste ou pas, elle avait raison.  

Puis, avec le temps, la panique s’est emparée de la bourgeoisie... Qu’est ce que le monde allait manger... Les patrons, petits  et gros, se sont organisés. Les hautes autorités de nos basses institutions, certains collèges, certaines  écoles et quelques paroisses de la ville ont commencé à se mobiliser.

Par exemple, un certain dimanche, pendant les messes, des curés ont prêché contre la grève.  Des jeunes ouvriers de l’action Catholique complotaient. Ces derniers, gonflés à bloc  par des prêtres, attaquèrent le local du syndicat lançant par les fenêtres tout ce qu’ils trouvaient : papiers, crayons, dactylo.

Quant à moi, désemparé, je ne m’étais jamais senti aussi seul. Ce soir-là,  J’étais allé à la pêche au doré sur le  lac saint François... 

Mais comment rester solidaire, seul et silencieux dans un rapport de force aussi inégal... J’ai alors saisi le journal hebdomadaire de ma ville, le Progrès de Valleyfield, j’ai découpé la photo de Madeleine Parent, je l’ai mise dans mon porte monnaie et je l’ai gardé là pendant 5 ans.

C’était ma conscience critique dans ce monde aliéné, expression que je ne connaissais pas alors. Par exemple, quand des personnes importantes  s’exprimaient sur quelque chose, je me tournais vers la photo et demandait à Madeleine ce qu’elle en pensait. Je me suis trouvé ainsi,  très souvent, en opposition  avec les gens  en place, entre autres, avec mon ancien curé, le futur cardinal Paul-Émile Léger. 
 
Beaucoup plus tard, un soir que je soupais chez Madeleine avec deux ami-es, je lui racontai l’histoire de ma photo, de sa photo, stratégie d’un jeune adolescent pour survivre consciemment. Elle m’a répondu, très émue, que ça l’avait beaucoup touchée. 
Merci Madeleine, grande dame du mouvement ouvrier, de t’être battue pour ma petite ville.       


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|Comment mes « certitudes difficiles » devinrent de moins en moins difficiles
3543|3619|Accueil_Actualités|La participation citoyenne contraire à la démocratie ? |2012-04-04 08:18:35|Collectif des profs contre la hausse|Jeudi le 22 mars 2012, plus de 200 000 étudiants, parents, professeurs, tous citoyens, nous ont donné une leçon d’engagement civique en marchant dans les rues de Montréal pour décrier la hausse des droits de scolarité. Malgré cette manifestation, le gouvernement en place maintient toujours le cap : « Tout ce qu’on demande, c’est que les étudiants fassent leur juste part », disait le ministre Bachand lors d’une entrevue à Tout le Monde en parle.


Nous ne souhaitons pas débattre du principe de la « juste part ». Nous avons entendu, vu et lu dans plusieurs médias les arguments permettant de remettre en question le bien-fondé de la nécessité d’une hausse des droits de scolarité. Ce que nous souhaitons dénoncer, c’est la position de fermeture et de non-écoute du présent gouvernement.

Depuis le début de la médiatisation du mouvement « Bloquons la hausse », le gouvernement tente par tous les moyens de minimiser son ampleur. On dit qu’il n’y a pas unanimité dans le mouvement étudiant, que tous ne sont pas en faveur de la grève, voire que certains souhaitent une augmentation plus significative des droits de scolarité. 

Il est vrai qu’il n’y a pas une position « monolithique » au sein du mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité. Toutefois, comment peut-on ignorer la parole de plus de 200 000 personnes qui demandent d’être entendues, d’être écoutées ? Nous considérons que la position de fermeture du gouvernement ne peut être comprise que comme de l’arrogance.

L’attitude de fermeture du gouvernement ne fait qu’alimenter le cynisme vis-à-vis la classe politique. Les jeunes comme les plus vieux ne se reconnaissent plus dans notre « système » politique actuel où les décisions sont prises de façon unilatérale, sans qu’ils n’aient été consultés et entendus.

Cette stratégie du Parti libéral se caractérise par l’utilisation du bâillon. Nous pouvons citer en exemple la loi sur l’Agence des partenariats public-privé qui, nous le savons aujourd’hui, n’a pas été un succès! Les interlocuteurs impliqués par cette loi ont été muselés, ce qui brime un principe essentiel de la démocratie, celui de débattre des lois.

Par ailleurs, les différentes lois spéciales obligeant le retour forcé des travailleurs en grève de la fonction publique le démontre tout autant. Le droit de manifester est fondamental pour une société démocratique. Le cynisme répandu dans l’opinion publique québécoise est en partie dû à l’effritement de ces principes fondamentaux de la démocratie. La classe dirigeante dirige, la population se résigne.

Les étudiants ont parlé, ils veulent prendre part, discuter et débattre des enjeux collectifs, en l’occurrence ceux ayant trait au financement des universités. 
Monsieur le premier ministre, vous vous trouvez devant une jeunesse intelligente, mobilisée et intéressée qui vous demande de dialoguer sur un sujet qui aura des conséquences sur l’ensemble de la population,  et ce, pour des décennies à venir. Votre réponse ne peut plus être celle de la fermeture ou de l’unilatéralité.

La population revendique une vaste consultation publique et des états généraux sur le financement des universités. Un gouvernement démocratiquement responsable se doit de répondre favorablement à cette demande des plus légitimes.  

Madame la ministre Beauchamp, nous souhaitons vous rappeler votre devoir de représentante du peuple. Vous avez été élue pour prendre des décisions, soit, mais des décisions qui restent fidèles aux volontés du peuple. Cessez de parler de la majorité silencieuse, vous vous trouvez devant une majorité bruyante qui exige d’autres moyens de financer les universités.

Cette réticence du gouvernement à ne pas vouloir dialoguer avec les manifestants risque pourtant de jouer contre lui. « Il n’est pas question de s’asseoir avec les étudiants pour initier le dialogue », affirmait la ministre Beauchamp. La stratégie du gouvernement se résume à attendre l’essoufflement du mouvement étudiant. Pourtant, celui-ci semble en bonne posture même s’il est divisé. La ministre ne pourra plus ignorer encore longtemps les revendications étudiantes. 

Pour l’instant, le gouvernement n’est pas perdant, les étudiants non plus. Mais l’enjeu devient capital lorsque les délais de reprise des cours se resserrent. Les étudiants n’ont qu’une seule peur : perdre leur session.

Mais pourtant, cet enjeu devrait préoccuper davantage le gouvernement. Madame Beauchamp affirme que les coûts sont estimés à 100 000$ par jour, par cégep, pour une seule journée de reprise de cours en dehors du calendrier scolaire! Les conséquences économiques d’une telle décision sont énormes, c’est sans doute la raison pour laquelle aucune session n’a jamais été annulée au Québec.

Le gouvernement peut-il obliger le retour forcé des étudiants sur les bancs d’école? Dans un État dirigiste, cette décision est possible, mais en démocratie, un tel décret pourrait lui nuire.

On peut facilement prédire que le mouvement étudiant ne cèdera pas. Parents, professeurs, syndicats, soit une bonne partie de la société civile, appuient les étudiants dans leurs revendications. Le carré rouge, omniprésent dans les sphères publiques, en est la preuve! La démocratie pourrait alors s’imposer et la résistance contraindre le gouvernement à abdiquer.

La fermeture dont le gouvernement fait preuve envoie un message inquiétant; nous pouvons faire ce que bon nous semble tout au long de notre mandat. La démocratie ne s’exerce donc qu’en temps d’élection ?

Pour vous cher lecteur, la démocratie, c’est un gouvernement qui fait la sourde oreille à la plus grosse manifestation qu’a connu le Québec ?

Pour vous, la démocratie n’est pas synonyme de participation citoyenne et de débats publics?

Le message que nous retenons de notre gouvernement, c’est que la participation et la mobilisation des étudiants sont contraires à l’esprit de la démocratie. 
Ironiquement, le Québec se situe au 13e rang des pays de l’OCDE quant au taux de diplomation de sa population, ce qui rappelons-le, nous place devant la moyenne canadienne et devant les États-Unis.

Un gouvernement dirigiste a de quoi s’inquiéter puisqu’une population instruite se laisse difficilement gouverner. Une population scolarisée utilise son pouvoir de résistance lorsque les décisions prises par son gouvernement vont à l’encontre de ce qu’elle considère fondamental pour sa société. Voilà une leçon de démocratie : celle d’un peuple qui s’élève contre un gouvernement dirigiste! 

Membres du collectif des professeurs contre la hausse

Vanessa Pelland
Professeure de science politique
Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu

François Régimbal
Professeur de sociologie
Cégep du Vieux Montréal

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|Un gouvernement dirigiste a de quoi s’inquiéter d’une population instruite
3544|3620|Manchettes Mouvements_étudiant|Droits de scolarité : la vraie question|2012-04-05 07:56:03|Jean-Pierre Fortin|

L’auteur est directeur du syndicat des TCA-Québec



La gratuité scolaire pourquoi?

Un affrontement sans précédent se déroule actuellement dans les rues du Québec confrontant d’un côté le gouvernement libéral de Jean Charest qui demeure caché dans ses tranchées et refuse tout dialogue avec les leaders étudiants sur la question de la hausse des frais de scolarité.

De l’autre côté, des milliers de jeunes issus de familles à faible et moyen revenu se mobilisent contre cette hausse drastique de 75 % mettant en péril leur capacité de poursuivre leur programme scolaire sans un important endettement.



Qu’en est-il vraiment?

La véritable question est : quel genre de société voulons-nous laisser aux générations présente et future? Le gouvernement Charest veut se désengager de son rôle de répartiteur équitable de la richesse, en prônant des solutions axées sur l’individualisme plutôt que sur la collectivité.

Cette rhétorique l’amène donc à utiliser l’argument qu’il est tout à fait normal que l’étudiant, comme individu, défraie une partie plus importante de ses études supérieures.

Je suis d’avis que dans le présent débat, nous devons tous faire notre part équitable, aussi bien le gouvernement par le biais des impôts des entreprises et des particuliers que les étudiants eux-mêmes.



Un choix de société

Avant de faire un choix comme société, nous devons répondre à la question suivante : à quoi servent nos programmes d’éducation supérieure et qui en profite?

Tous nos programmes d’éducation supérieure n’ont qu’un seul objectif fondamental, à savoir celui de former une main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux besoins de notre société. Rien d’autre.

Qui profite de cette main-d’œuvre qualifiée? Ce sont les entreprises du Québec qui sont les grandes bénéficiaires de cette main-d’œuvre soigneusement formée pour répondre à leurs besoins.

Par conséquent, une grande partie de ces étudiants seront au service soit d’entreprises du secteur public et l’autre partie servira les entreprises privées.



Que chacun fasse sa part!

Je préconise ici l’abolition complète des droits de scolarité et je m’explique. La vaste majorité des étudiants seront au service de la société québécoise.

Même avec la totale gratuité scolaire, c’est l’étudiant, comme individu, qui continuera de faire le plus grand des sacrifices. En effet, au terme de sa formation universitaire, incluant le CÉGEP, un étudiant aura sacrifié entre 6 à 10 ans de sa vie afin d’obtenir une spécialisation.

Quelle est la réelle valeur financière de ce sacrifice pour notre société? Puisqu’une très grande partie de ces universitaires seront à notre service sans frais dans nos écoles, nos cliniques médicales, nos CLSC et nos hôpitaux, il serait tout à fait normal que notre société défraie les coûts de leur formation.

Là où il y a un véritable manque à gagner pour notre société se situe au niveau des entreprises privées. En effet, par exemple, nous sommes en droit de nous demander pourquoi nous devrions payer pour la formation d’un ingénieur ou d’un avocat qui viendra enrichir une entreprise privée.

Ce manque à gagner ne devrait-il pas être compensé par un simple « impôt éducation » défrayé par les entreprises bénéficiant de cette main-d’œuvre spécialisée formée aux frais de notre société?

Finalement, pour ceux qui affirment que ces universitaires, lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail, auront des revenus supérieurs à la moyenne et pourront ainsi facilement rembourser leurs dettes, je leur réponds plutôt que ce jeune travailleur spécialisé paiera des impôts sur le revenu supérieur à la moyenne et que ces impôts non seulement compenseront largement pour les coûts de sa formation, mais pourront aussi servir à l’éducation des générations futures.


En toute solidarité avec le mouvement étudiant.

Photo : Jacques Nadeau

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|Quel genre de société voulons-nous laisser aux générations présente et future?
3545|3621|Manchettes Politique_Canada|Ministère de la Défense ou de la Guerre?|2012-04-05 08:11:15|Dominique Boisvert|

Le scandale des F-35 a assez duré! Irresponsabilité ministérielle face aux désirs des militaires. Mensonges répétés aux membres du Parlement et aux Canadiens. Coûts largement sous-estimés. Improvisation administrative. Pour un gouvernement qui se targue de rigueur budgétaire, c’est un fiasco retentissant!

Mais, au-delà de ce gâchis politique, il est plus que temps de nous demander : « Avons-nous vraiment besoin de ces F-35? » Et la réponse est un NON sans équivoque. D’abord parce que même ces « Cadillac » des avions de chasse ne pourront jamais défendre un territoire canadien indéfendable militairement face aux seuls ennemis potentiels qui nécessiteraient un tel arsenal, les États-Unis et la Russie. D’autant plus que les F-35 ne sont pas adaptés pour notre territoire nordique.

Mais aussi parce que les F-35 sont essentiellement des avions de combat, conçus pour les missions offensives, ce que le Canada n’a jamais favorisé avant l’arrivée des Conservateurs au pouvoir, préférant travailler à favoriser la paix par la diplomatie et les missions de casques bleus des Nations Unies.

Les F-18 actuels de l’armée canadienne devront bientôt être remplacés. Mais l’armée est-elle là pour assurer notre défense ou plutôt pour aller faire la guerre ailleurs en notre nom? Si c’est pour la défense, les F-35 ne sont pas adaptés.

Et si c’est pour assurer notre juste part de la responsabilité internationale en matière de sécurité et de paix dans le monde, les F-35 sont un pur gaspillage.

Car cette fortune (25 milliard? ou même davantage selon le Vérificateur général?) serait bien mieux utilisée pour financer, comme les autres pays nordiques de moyenne puissance, la prévention, l’aide au développement et la diplomatie multilatérale : toutes choses que le gouvernement Harper est en train de saborder au profit d’une rhétorique partisane et belliqueuse et d’une quincaillerie militaire toujours plus coûteuse et agressive.

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|Le scandale des F-35 a assez duré
3546|3622|Langue Accueil_Analyses|Les trois époques de la langue française :1663-1774-1977|2012-04-05 08:16:47|Christian Néron|

L’auteur est avocat, membre du Barreau du Québec, diplômé en Histoire et en Psychopédagogie, auteur de plusieurs articles et essais sur l’histoire des institutions.

Le docteur Camille Laurin n’est pas à proprement parler le Père de la langue française au Québec. L’histoire de notre droit démontre plutôt qu’il en a été l’héritier et son réformateur le plus inspiré.

Trois époques marquent le statut légal de la langue française au Canada : 1663, 1774 et 1977.

La première porte le sceau de Louis XIV. Le 24 février 1663, le roi de France faisait adopter une grande ordonnance introduisant au Canada les lois et coutumes en vigueur dans le ressort du Parlement de Paris.

Parmi ces lois, l’une des plus marquantes est l’Ordonnance de Villers-Cotterêts que François 1er avait fait adopter en août 1539. Cette ordonnance fait de la langue française la langue officielle et obligatoire de l’État. Il y est stipulé, à l’article 111, que les actes législatifs et judiciaires doivent être obligatoirement rédigés dans le «langage maternel françois et non autrement».

L’Ordonnance de Villers-Cotterêts, devenue «loi du Canada en 1663», pose ainsi les assises législatives de la primauté et de l’exclusivité de la langue française dans la vie publique. Cessant d’être une simple question de fait laissée à la discrétion de chaque locuteur, le statut de la langue française devient une question de droit liant tout à la fois le souverain, les justiciables et les tribunaux.

Le changement de souveraineté en faveur de l’Angleterre, le 3 février 1763, ne modifie en rien le statut légal de la langue française puisque, d’une part, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts demeure en vigueur et que, d’autre part, aucune loi anglaise n’est introduite au pays pour changer l’état du droit sur la question.

Cette situation ne posait d’ailleurs aucune difficulté au nouveau souverain puisque la langue française n’avait jamais cessé d’être la langue patrimoniale des rois d’Angleterre. Qui plus est, le premier devoir des rois a toujours été de faire respecter les lois en vigueur, et non de les changer à leur convenance.

L’adoption de l’Acte de Québec en juin 1774 marque la deuxième époque de la langue française. Le Parlement de Westminster donne alors au Canada une nouvelle constitution. Exception faite pour le droit criminel et les lois ecclésiastiques, les «lois et coutumes du Canada» sont reconduites dans leur intégralité, ce qui, bien entendu, inclut l’Ordonnance de Villers-Cotterêts. Serait-ce une distraction du législateur anglais ? Voyons-y de plus près.

À l’examen des avis juridiques, de la correspondance officielle, des nombreux rapports et travaux préparatoires à la rédaction de l’Acte de Québec, il ressort que le statut de la langue française n’a été l’objet d’aucun commentaire, d’aucune remarque, d’aucun questionnement de la part des ministres, des juristes et du juge en chef, lord Mansfield.

Plus significatif encore, aucun député n’a soulevé la moindre question sur le sujet lors des débats sur le projet de loi devant le Parlement de Westminster. Tous savaient que le français était la langue du Canada et que les lois et coutumes du pays étaient écrites dans cette langue.

Pour expliquer ce silence, qui peut sembler étrange aujourd’hui, un bref examen de la tradition linguistique des juristes ayant œuvré à la préparation et à la rédaction de l’Acte de Québec nous permettra de comprendre leur attitude et leur façon de penser à ce sujet.

Pendant de nombreux siècles, le français a été la seule langue du droit en Angleterre. Dans la première partie du XVIIIème siècle, il était toujours de tradition, dans les écoles de droit, de demander aux étudiants de n’étudier le droit [anglais] qu’en français.

La plupart des ouvrages de droit étaient alors bilingues, chaque page divisée en deux colonnes, avec le texte français d’un côté, et la traduction anglaise de l’autre. Les enseignants insistaient pour que les étudiants n’étudient qu’à partir du texte français original, et de ne recourir à la traduction anglaise qu’en cas de difficulté.

Il s’agissait là d’une vieille tradition qui n’offusquait aucun étudiant en droit. Le français, langue de leurs ancêtres, était la langue originale et fondatrice de leur droit. Les étudiants anglais étudiaient donc leur droit, en français, un peu comme les prêtres catholiques célébraient la messe et lisaient leur bréviaire en latin il n’y a pas si longtemps (1965).

Les juristes qui ont participé à la rédaction de l’Acte de Québec font partie de la dernière génération d’étudiants anglais à avoir été formés selon la méthodologie précédemment définie, c’est-à-dire selon une tradition qui vouait un attachement séculaire au français à titre de langue fondatrice de leur droit.

On comprendra que toute idée de demander aux Canadiens de substituer l’anglais à leur propre langue pour le règlement de leurs affaires aurait été jugée absurde de leur part. Le français étant depuis toujours la langue du Canada et, de surcroît, la deuxième langue de bien des Anglais et la langue obligée des relations internationales, personne n’aurait pu les convaincre de l’utilité de changer quoi que ce soit à cet égard.

Contrairement à ce qui est trop souvent rapporté, il est important de souligner que l’Acte de Québec n’a pas uniquement reconduit la Coutume de Paris et quelques lois civiles la complétant.

À l’exception du droit criminel, et des lois ecclésiastiques mises en vigueur au Canada à partir du 24 février 1663, le Parlement de Westminster a reconduit l’ensemble des «lois et coutumes du Canada» qui établissait la base de la nouvelle constitution du pays.

Il n’a jamais été question non plus, avant ou pendant les débats parlementaires à la Chambre des communes, d’établir une distinction quelconque entre les lois «privées» ou «publiques» des Canadiens.

Pour les juristes anglais de cette époque, tout le droit était public et toute idée de division en ce sens était tenue pour une aberration. La théorie du «droit privé» qui apparaîtra par la suite est un développement qui relève de la sociologie coloniale et non pas du libellé de l’Acte de Québec.

En ce sens, des juges et des avocats, issus de l’immigration britannique, vont mener une longue campagne de mystification judiciaire afin de limiter la portée ou juguler les effets de l’Acte de Québec, mais il aurait fallu être un fin prestidigitateur pour découvrir, dans le libellé de cette loi, la moindre intention du Parlement de Westminster de limiter le sens et la portée de l’expression «lois et coutumes du Canada».

Mise en vigueur au Canada par Louis XIV en 1663, puis reconduite par le Parlement de Westminster en 1774, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts a continué à faire du français la langue officielle et publique du Canada, et ce, sans partage, puisque le libellé de l’article 111 de cette ordonnance spécifie : «dans le langage maternel françois et pas autrement».

Au moment de la Confédération, les vieilles «lois et coutumes du Canada» demeureront sous la juridiction exclusive de la province de Québec en vertu du paragraphe 92 (13) de la Loi constitutionnelle de 1867 portant sur la compétence des provinces en matière de «propriété et de droits civils».

En février 1977, le docteur Camille Laurin, en droite lignée et fidélité de pensée à sa tradition, va sonner la troisième époque de la langue française en faisant adopter, dans le sillage de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, la Charte de la langue française par l’Assemblée nationale du Québec.

Il en est qui ont voulu honorer la mémoire du docteur Laurin en le qualifiant de Père de la langue française, mais l’histoire de notre droit démontre plutôt qu’il en a été l’héritier et son réformateur le plus inspiré. Il a rappelé et confirmé, par une loi technique et moderne, un principe fondateur qui avait été implanté au Canada plus de trois siècles auparavant.

Quels sont ceux et celles qui seront présents, le 24 février 2013, pour en commémorer le 350ième anniversaire ?


Références :

1- Cet article fait suite à «Honni soit qui mal y pense», en ligne : <L’aut’journal> (28 février 2012).
2- Sir William Holdsworth, A History of English Law, vol. VI, London, Methuen & Co. Ltd, Sweet and Maxell, p. 487-499.
3- Pierre Néron et Étienne Girard, Recueil d’édits et d’ordonnances royaux sur le fait de la justice et autres matières les plus importantes, t. 1, Paris, 1720.
4- Roger North, A Discourse on the Study of the Laws, London, Printed for Charles Baldwin, 1824, 105.
5- Lois Green Schwoerer, «Roger North and His Notes on the Legal Education» Huntingdon Library Quarterly, vol. 22, no. 4, août 1959, 327.
6- Testar de Montigny, Histoire du droit canadien, Montréal, Eusébe Sénécal, 1869, 984 p.

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|Le docteur Camille Laurin n’est pas le Père de la langue française au Québec, mais on héritier et son réformateur le plus inspiré
3547|3623|Manchettes Mouvements_étudiant|La face cachée de la hausse des droits de scolarité|2012-04-06 07:59:15|Pierre Dubuc|

Une version abrégée de cet article paraît aujourd'hui, 6 avril, dans la page Idées du journal Le Devoir

Dans une étude publiée récemment par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), les économistes Jules Bélanger et Oscar Calderon évaluent à 6 000 le nombre d’étudiants à temps plein de moins par année à partir de 2016-2017 par suite de la hausse des droits de scolarité.

Dans une opinion publiée dans Le Devoir (23 mars 2010) sous le titre « Gels et dégels : bref rappel historique », le sociologue Pierre Doray et la doctorante Amélie Groleau corroborent cette analyse.

Ils rappellent que, lorsque Robert Bourassa a procédé au début des années 1990 à un important dégel des droits de scolarité, la conséquence fut immédiate. « Les inscriptions chutèrent jusqu’en 1997. Cette décroissance se fit essentiellement sentir dans les universités francophones, qui connurent une baisse de plus de 26 000 inscriptions en cinq ans. »

L’éditorialiste André Pratte de La Presse conteste cette interprétation. Il écrit que la hausse n’aura pas d’effet sur le nombre d’étudiants inscrits dans les universités du Québec. Il en tient pour preuve que « depuis 2007, la participation aux études universitaires continue à grimper malgré l’augmentation des droits de scolarité » (La Presse, 25 février 2012).

Qui a raison? Les deux! Et l’explication se trouve dans la précision apportée par Doray et Groleau à propos des universités anglophones.  « Si les universités anglophones ne furent pas autant touchées par cette décision politique de Robert Bourassa, c’est probablement en raison de leur plus fort recrutement en dehors du Québec ».

Aujourd’hui, les universités francophones sont partie prenante, elles aussi, de l’« industrie des étudiants étrangers » et il y a fort à parier qu’elles vont remplacer les étudiants québécois, écartés par des droits de scolarité trop élevés, par des étudiants recrutés à l’étranger.


L’industrie des étudiants étrangers

La présence d’étudiants étrangers dans nos institutions d’enseignement est évidemment source d’enrichissement culturel. Au niveau collégial, elle permet même dans des régions éloignées des grands centres de compléter des programmes en compensant la diminution du nombre d’étudiants québécois, conséquence d’un faible taux de natalité et de l’exode des jeunes vers les villes.

Mais ce n’est pas de cet enrichissement dont il est question ici. À l’ère de la mondialisation, nos universités n’auraient, comme se plaisent à le répéter leurs recteurs, d’autre choix que de se placer en concurrence avec les autres universités de la planète. Le recrutement d’étudiants étrangers devient alors un enjeu fondamental.

D’ailleurs, lors des consultations pré-budgétaires, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a mis de l’avant comme deuxième recommandation l’objectif d’« accroître les ressources pour attirer les étudiants étrangers ». Le maintien du cap sur le refinancement des universités était évidemment la première.

L’industrie des étudiants étrangers est un phénomène mondial en pleine expansion. Elle est la troisième industrie de l’Australie. L’an dernier, le gouvernement McGuinty de l’Ontario l’envisageait comme un moyen privilégié pour réduire le déficit de la province. Il avait fixé comme objectif d’augmenter de 50% le nombre d’inscriptions d’étudiants étrangers dans les collèges et les universités de la province au cours des cinq prochaines années.

Des articles du Globe and Mail expliquaient alors qu’au-delà des droits de scolarité, il fallait tenir compte des retombées économiques de la simple présence de ces étudiants en sol ontarien. C’était particulièrement important, selon le Globe, dans le cas des étudiants et des étudiantes des riches Émirats qui s’amenaient avec plusieurs membres de leur famille, et même des chaperons pour les jeunes filles!

Selon le ministère de l’Éducation du Québec, il y avait, au niveau mondial, en 2008, 3,3 millions d’étudiants scolarisés dans des pays dont ils ne sont pas ressortissants. Une hausse de 154% sur une période de cinq ans.

Au Québec, la hausse était comparable et le nombre d’étudiants étrangers dans le réseau universitaire est passé, au cours de la même période de cinq ans se terminant en 2008, de 9 135 à 22 512, pour une hausse de 146%, une croissance plus rapide que celle du nombre total d’étudiants. La hausse s’est poursuivie par la suite pour atteindre 26 191 en 2010. Aujourd’hui, dans nos universités, près d’un étudiant sur dix est originaire de l’étranger.


Le modèle : les universités anglophones

La répartition des étudiants internationaux est inégale entre les universités québécoises. Les trois universités anglophones s’accaparent de la part du lion avec 41,2% du total, même si les anglophones ne représentent que 8,3% de la population du Québec.

Le partage est la suivant : Bishop’s (1,1%), Concordia (15,3%) et McGill (24,8%). Signalons, au passage, que la moitié des étudiants de McGill proviennent de l’extérieur du Québec, soit environ 25% du Canada anglais et un autre 25% de l’extérieur du pays.

Du côté francophone, l’Université de Montréal arrive en tête avec 13,2% de l’ensemble des étudiants internationaux, soit près de la moitié moins que McGill.

La disproportion du recrutement entre les universités anglophones et francophones explique l’engouement des universités francophones à offrir des cours en anglais, comme on l’a vu récemment aux HEC. On se rappellera également qu’en 2009, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) avait décidé d’offrir six cours en anglais dans le but avoué de recruter des étudiants étrangers.

Mondialisation oblige, le bassin d’étudiants internationaux désirant suivre des cours en anglais est beaucoup plus important que celui d’étudiants désireux de s’inscrire à des cours en français. À titre d’indication, mentionnons qu’environ 160 000 Indiens poursuivent leurs études à l'étranger chaque année.


Une source de revenus importante

Pour les universités, les étudiants internationaux sont beaucoup plus « payants » que les étudiants québécois. Au Québec, la facture présentée aux étudiants étrangers se décline comme suit : les droits de scolarité imposés aux étudiants québécois, auxquels s’ajoutent les frais institutionnels obligatoires (621 $ en moyenne en 2010-2011), plus un montant forfaitaire par crédit (de 375 à 427$).

De plus, les universités sont autorisées à charger un supplément pouvant atteindre jusqu’à 10% du montant forfaitaire et les frais sont tout simplement déréglementés pour six familles de programme (administration, informatique, génie, droit, mathématique et sciences pures). Plus de 45% des étudiants internationaux sont inscrits dans ces programmes déréglementés.

Les droits universitaires exigés des étudiants étrangers est d’environ sept fois supérieur à ceux payés par les étudiants québécois.


Le cas des étudiants français

On aurait tendance à présumer que les universités francophones se tournent tout naturellement vers le bassin d’étudiants étrangers de langue française. On constate effectivement que les étudiants en provenance de la France formaient en 2010 le tiers (33,6 %) des étudiants étrangers au Québec.

Cependant, les étudiants français rapportent peu de sous. En vertu d’une entente signée avec la France en 1978, les étudiants titulaires d’un passeport français sont exemptés des droits de scolarité supplémentaires.

De plus, ils ne fréquentent pas tous des établissements scolaires francophones. Loin de là! Il y a quelques années, un reportage de Radio-Canada nous apprenait qu’environ 15% d’entre eux sont inscrits dans une des trois universités anglophones!

Une véritable aubaine! Plutôt que de s’inscrire à un coût exorbitant dans une université américaine, ils viennent étudier sans frais supplémentaires au Québec dans une université anglophone pour « parfaire leur anglais » à nos frais!

Et dire que l’entente de 1978 avec la France avait pour objectif déclaré de « consolider le fait français au Québec »! Ajoutons, pour montrer comment cette entente a été détournée de son objectif, qu’il y a plus d’étudiants français dans les universités anglophones du Québec qu’il y a d’étudiants québécois en France!

Enfin, le Québec a des ententes avec une quarantaine de pays qui bénéficient d’exemptions (quotas) – avec un nombre maximal par pays – du montant forfaitaire réclamé en plus des droits de scolarité exigés des étudiants québécois, pour un total de 1324 étudiants.


Concurrence entre les provinces

L’industrie des étudiants internationaux est appelé à prendre une grande expansion au cours des prochaines années. Dans un récent article du Globe and Mail (24 mars 2012), on rapportait que le gouvernement brésilien projette l’envoi de plus de 100 000 étudiants à l’étranger. Le Canada en accueillerait 12 000 dans ses universités. (Il y aurait présentement moins de 500 étudiants brésiliens au Canada.)

Cette initiative est accueillie avec enthousiasme par le gouvernement Harper qui prône le développement de liens plus étroits entre le Canada et les pays du BRIC (Brésil, Russie, Indes et Chine).

Le gouvernement brésilien a posé comme condition que les étudiants paient les droits de scolarité prévus pour les étudiants canadiens et non pas ceux, beaucoup plus élevés, qu’on demande aux étudiants étrangers.

La question était donc posée : qui va payer la différence? Comme ni les universités, ni les gouvernements provinciaux, ni le gouvernement fédéral ne semblaient disposer à acquitter le montant de cette différence, le gouvernement brésilien a finalement accepté de le faire, mais uniquement pour les étudiants au premier cycle.

Il y a plus d’étudiants étrangers au premier cycle (63%), mais la proportion d’étudiants étrangers augmente avec les cycles. Elle était en 2009 de 7,5% au premier cycle, de 11,7% au deuxième cycle et 22,4% au troisième cycle.

Selon le journaliste du Globe and Mail, il y aurait présentement des négociations avec le Brésil pour les droits de scolarité des étudiants à la maîtrise et au doctorat et quatre universités canadiennes, non identifiées dans l’article, auraient déjà offerts des rabais.

La concurrence entre les universités, mais également entre les provinces canadiennes, risque d’être féroce. Le 26 octobre dernier, le gouvernement du Manitoba a annoncé que les quelque 6 000 étudiants étrangers de la province n’auront plus à souscrire à une assurance privée pour être soignés dans la province. Le Manitoba deviendra alors la quatrième province à offrir ces soins de santé aux étudiants internationaux après la Saskatchewan, Terre-Neuve et la Colombie-Britannique.

Au Québec, les étudiants internationaux sont tenus d’être couverts par une assurance-maladie privée dont ils doivent assumer les frais d’adhésion. Ceux-ci s’élevaient entre 578 $ et 792 $ en 2009. Par contre, les étudiants français sont couverts par la RAMQ, toujours en vertu de l’entente signée avec la France.

La marchandisation de l’éducation

La mondialisation néolibérale corrompt tout ce qui entre dans son giron. Historiquement source de progrès, le commerce international varlope aujourd’hui les particularités nationales en les soumettant aux diktats du marché. Le commerce des étudiants suit la même logique.

Si l’échange d’étudiants entre les pays a toujours été source d’enrichissement mutuel, sa marchandisation en pervertit la nature. Rien de plus normal, dans ce marché, que des pays « exportateurs » d’étudiants, comme le Brésil, négocient à la baisse les droits de scolarité de leurs ressortissants et que des pays « importateurs », comme le Canada, haussent les droits de leur clientèle captive.

Le marché des étudiants étrangers devient plus important que la scolarisation de la population nationale. Les intérêts purement mercantiles l’emportent. Et ces intérêts favorisent les universités anglophones et commandent de faire une plus grande place à l’anglais dans les universités francophones.

Le recrutement d’étudiants étrangers gagne progressivement les cégeps. Cependant, les caractéristiques atypiques de cette institution par rapport au modèle anglo-saxon les désavantagent. Aussi, doit-on s’attendre, au cours des prochaines années, à d’énormes pressions pour leur abolition. Déjà, François Legault de la CAQ s’est prononcé en ce sens.

L’industrie des étudiants étrangers risque de bouleverser de fond en comble notre système d’éducation. Il mérite qu’on s’y attarde et qu’on en prenne la pleine mesure.

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|Remplacer les étudiants québécois par des étudiants étrangers
3548|3624|Langue Manchettes|L'Actualisée et le verbomenteur|2012-04-06 08:02:04|Charles Castonguay|

L’Actualité du 15 avril monte en épingle les attitudes négatives de certains Anglo-Québécois envers le français, recueillies au moyen d’un sondage CROP douteux. En commentant les résultats, Jean-François Lisée et Jack Jedwab y rivalisent de démesure.

Lisée fait grand battage autour des opinions d’anglophones tirés d’un « panel Web ». Une note en bas de page nous avertit : « Compte tenu du caractère non probabiliste de l’échantillon, le calcul de la marge d’erreur ne s’applique pas. »

Parlons clair. Autosélectionné, pareil panel ne représente que lui-même. Ses opinions courent d’excellentes chances d’être biaisées. CROP a d’ailleurs refusé de me préciser le taux de réponse.

Qu’à cela ne tienne, Lisée généralise à gogo. Les Anglo-Québécois sont comme ci et pensent comme ça. C’est, au mieux, de l’information-spectacle.

L’Actualité a aussi pris soin d’écarter tous les métissés anglais-français de type anglophone francisé ou francophone anglicisé, pour ne retenir qu’un noyau dur d’anglophones (langue maternelle) persistants, qui continuent à parler surtout ou exclusivement l’anglais à la maison, additionné d’allophones (langue maternelle) anglicisés, qui ont choisi l’anglais – et non le français – comme leur nouvelle langue d’usage.

Effet garanti. Ce sont les moins susceptibles de se préoccuper de l’avenir de la langue française.

Pour mieux faire sensation, Lisée concocte ensuite un paradoxe. Il oppose les attitudes négatives exprimées par son groupe de répondants pas mal particulier, à des signes grossis « d’une présence massive du français dans la vie de nos concitoyens anglophones ».

Des exemples ? « Une des données les plus importantes du recensement de 2006, Lisée nous assure-t-il, tient à l’augmentation fulgurante de la proportion d’Anglo-Québécois qui choisissent un francophone pour conjoint. Presque la moitié vivent en couple mixte. » Il insiste : « L’Anglo-Québécois de 2012 n’est plus prisonnier de sa langue […] Une fois sur deux, son partenaire de vie est francophone. »

Vous trouvez que c’est beaucoup ? Vous avez raison. Lisée charrie cette fausse information depuis plus d’un an. Faudrait bien que quelqu’un finisse par lui dire qu’il comprend les chiffres de travers.

Faisons un peu d’arithmétique. Du point de vue de la langue maternelle, il est vrai que le nombre de couples avec un conjoint anglophone et un conjoint francophone est à peu près égal au nombre de couples avec deux conjoints anglophones. Mais un couple avec deux conjoints anglophones compte, justement, deux conjoints anglophones ! Ce n’est donc pas un anglophone, langue maternelle, sur deux qui vit avec un francophone, mais un sur trois.

Cependant, les anglophones de Lisée ne sont pas définis selon la langue maternelle. Parmi les anglophones, langue d’usage, qui correspondent au profil particulier de ses répondants, c’est moins d’un sur cinq qui vit avec un conjoint francophone, langue maternelle. Et moins d’un sur dix qui vit avec un conjoint francophone, langue d’usage.

Lisée exagère pareillement le degré d’intégration des Anglo-Québécois sur le plan identitaire. Il assure qu’un sondage Jedwab-Léger Marketing aurait récemment trouvé que « pas moins de 82 % d’entre eux s’identifiaient comme Québécois ».

Il ne s’agit là que du complément des 18 % qui s’identifiaient exclusivement comme Canadiens. Pour atteindre son 82 %, Lisée fourre dans le même sac 45 % de répondants qui se déclaraient Canadiens d’abord et Québécois ensuite, 21 % qui s’identifiaient comme également Canadiens et Québécois, seulement 12 % de Québécois d’abord mais aussi Canadiens et, enfin, un infime 2 % de Québécois tout court.

Lisée s’extasie aussi devant le degré élevé de connaissance du français parmi les Anglo-Québécois. Tout le monde sait que cela reflète plus souvent un apprentissage scolaire qu’une pratique courante dans la vie de tous les jours.

Au fond, le paradoxe à Lisée n’est qu’un poisson d’avril.

Réagissant dans The Gazette, Jack Jedwab relève que les questions du sondage de L’Actualité étaient formulées de manière à provoquer l’indifférence, sinon l’hostilité envers le français. Il en profite pour prendre son air habituel de sainte nitouche. « Le Québec serait mieux servi si l’on s’employait davantage à promouvoir le dialogue entre les communautés anglophone et francophone » [traduction libre], écrit-il.

Jedwab fait, bien sûr, le contraire de ce qu’il prêche. En interview dans le même numéro de L’Actualité, il donne aux résultats du sondage le genre de tournure dont il a le secret. « Difficile de demander aux anglophones de se solidariser avec la majorité dans un conflit linguistique où ils sont perçus comme le problème. […] On s’attend à ce qu’ils comprennent les préoccupations des francophones, mais pas le contraire. Comme si, du fait qu’ils habitent en Amérique du Nord, les Anglos n’avaient pas de véritables préoccupations. »

Voir ainsi les anglophones comme victimes linguistiques en Amérique du Nord vous mérite de somptueuses subventions d’Ottawa. Qui permettent de commander à Léger Marketing plein d’enquêtes pour hausser votre cote médiatique. Cette fois, Jedwab vise le gros lot.

« Ne croyez-vous pas que le français soit réellement menacé dans la métropole ? » lui demande L’Actualité. « C’est l’objectif qui a changé, répond Jedwab. 

« Avant, on visait à ce que la langue française progresse. Et c’est clair que des progrès importants ont été réalisés. Quatre-vingt pour cent des anglophones se disent capables de converser en français […]. 

« Mais on a déplacé la cible. Maintenant, l’objectif est de faire du français la langue commune de la vie publique. C’est-à-dire qu’il faudrait entendre le français partout. C’est inatteignable, et c’est ce qui insécurise la population francophone. Certains s’inquiètent dès qu’ils discernent de l’anglais dans un commerce. Mais c’est illusoire de croire que tout le monde va parler français dans l’espace public. Il y a des anglophones à Montréal, et ils ont la manie de parler anglais ensemble ! »

C’est plus fort que lui. Jedwab, supposément historien, ment comme il respire.

Nous sommes en 2012. La commission Gendron a recommandé en 1972 de faire du français la langue commune du Québec. Ça fait 40 ans. Et 35 ans depuis que Camille Laurin en a fait la pierre angulaire de la loi 101.

Jedwab essaie de nous faire avaler que jusqu’à maintenant, la politique linguistique québécoise n’a eu pour but que de faire en sorte que les anglophones apprennent le français. Et que ce n’est que d’aujourd’hui qu’elle voudrait aussi qu’ils s’en servent.

Jedwab travestit du même souffle l’objectif du français langue commune. Il présente ça comme si ça voulait dire que tout le monde ne doit parler que le français en public. Y compris les anglophones lorsqu’ils parlent entre eux. Tout pour braquer la minorité anglophone. Et pour culpabiliser la majorité francophone.

La politique québécoise n’a pas de telle visée assimilatrice. Le français, dénominateur commun pour communiquer entre personnes de langues maternelles différentes. Aucunement pour interdire l’usage de l’anglais entre anglophones. Ni de l’arabe entre arabophones.

Sur son blogue, Lisée s’étonne de la réaction de Jedwab dans The Gazette. Il joue à son tour à la vierge offensée : « [Jedwab] avait pu longuement – et sobrement – donner son point de vue sur le sondage dans les colonnes du magazine, juste après mon analyse. »

Sobrement ? Qu’y a-t-il de sobre à nous garrocher des mensonges en pleine face ? En s’attardant aux attaques ad hominem de Jedwab, Lisée a raté une belle occasion de défendre l’idéal collectif du français langue commune.

Il a préféré mousser son concept fumeux de « prédominance ». Dans sa réplique à Jedwab parue dans The Gazette, Lisée confie : « Je languis du jour où tous les Québécois sentiront qu’il y va de leur intérêt d’assurer la prédominance de la langue française au Québec. » [traduction libre]

La prédominance du français se trouve toujours parmi les valeurs fondamentales que la version en ligne du programme du Parti québécois propose de constitutionnaliser. Il est toutefois rassurant de voir que dans les condensés du programme que distribue actuellement le PQ, « Le français : langue commune des Québécois » a retrouvé sa place dans la Constitution québécoise à venir.

L’Office québécois de la langue française a reçu en 2002 le mandat de faire rapport au moins tous les cinq ans sur, entre autres, les attitudes des différents groupes linguistiques. Cela lui revient de nous renseigner en particulier sur celles des Anglo-Québécois envers notre langue commune. Non pas à partir d’un groupe de répondants traficoté, mais au moyen d’enquêtes qui permettent d’en suivre l’évolution avec un minimum de confiance dans les résultats.

Dix ans plus tard, on attend toujours.

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|À propos du sondage de L'Actualité
3549|3625|Manchettes Culture Cinéma|De Saint-Malo à Bamako : une histoire qui vaut le détour|2012-04-06 08:04:24|Ginette Leroux|

« De nouveau, je m’en vais en Afrique. J’y suis allée pour la première fois à l’âge de 22 ans et mon voyage avait tout de la fuite. J’ai atterri par hasard sur le continent africain. On aurait pu m’envoyer n’importe où ailleurs. Mais voilà, l’Afrique, ce n’est pas n’importe où. Depuis, j’y suis allée à plusieurs reprises. Chaque fois que j’en reviens, je recherche une occasion d’y retourner », déclare Catherine Hébert en ouverture de son nouveau film « Carnet d’un grand détour ».

Cette année-là, Catherine a perdu sa mère et ses repères. Ce beau document cinématographique rend un hommage émouvant à celle « qui n’a pas eu le temps de voyager. » Si la dédicace est touchante, la suite l’est tout autant.

D’une voix limpide, douce et pénétrante, la jeune cinéaste raconte un voyage inhabituel. Un homme, un âne, une cinéaste partent à pied sur les routes, à la découverte de leurs semblables. De Saint-Malo à Bamako, sur une distance de 5000 km, à raison de 20 km par jour, la Québécoise Catherine Hébert et le Français Marc Roger, lecteur public de son état, entreprennent ensemble ce voyage pédestre avec pour seuls bagages des sacoches bourrées de livres chargées sur le dos de Babel. La traversée durera huit mois.

« Une méridienne imaginaire, comme se plaît à le dire Marc, qui relie la naissance et la mort et en sens inverse », raconte Catherine Hébert. De ses parents enterrés dans la ville française de départ jusqu’à son lieu de naissance Bamako se confondent sa mémoire et ses racines.

La préparation de ce projet « fou » a demandé quatre ans de recherche. L’itinéraire complexe, le choix de l’âne comme bibliothèque ambulante, le déplacement à pied étaient autant d’obstacles à surmonter. Le but premier de Marc Roger était d’aller à la rencontre de son public, les enfants dans les écoles ou encore sur la place publique. « Moi, quand je traverse un pays, j’essaie de lire la littérature des auteurs de ce pays. Quand on en a un petit aperçu, on peut accompagner les gens dans la découverte », raconte celui qui a songé à réinventer l’homme-livre, un métier millénaire à caractère social, dans le but de transmettre sa passion pour la littérature.

L’itinéraire a dû être adapté selon les circonstances. D’abord, il fallait traverser la France et l’Espagne. Ensuite emprunter le détroit de Gibraltar pour rejoindre le Maroc. Par mesure de sécurité, étant donné la multiplication, à l’époque, des enlèvements dans ce pays, ils ont dû se résoudre à survoler la Mauritanie et reprendre la route à Dakar avant de rejoindre la destination ultime, Bamako.

Au détour de cette enfilade de lieux, imitant ses singuliers compagnons de route, la jeune femme à l’affût, caméra à l’épaule, a profité de ces rencontres fortuites pour se mettre à l’écoute des hommes et de leurs histoires, souvent modestes, parfois tragiques.

Une première escale marocaine annonce un village reculé en bordure de mer, bâti serré, où des femmes discutent et des hommes, vêtus de djellabas de tissu brut, longent les murs. Le soleil chauffe. Le gardien du phare accueille, dans son antre, les marcheurs et les invite à prendre le thé. La conversation amène le vieil homme serein, assis sous la photo de Mohammed VI – le roi apprécié du peuple marocain – à parler de sa famille, sa femme, ses dix filles et ses quatre garçons, dont la bonne santé est garantie par le climat marin. Il a appris le monde dans son vieil atlas, usé par le temps. Le feuilleter lui permet de rêver d’un ailleurs dont seuls les étrangers témoignent de l’existence.

À Casablanca, l’image des toits, surplombés d’une forêt d’antennes paraboliques, est saisissante. Un homme parle des années de plomb sous le règne du roi Hassan II. À l’époque, le peuple rêvait d’avoir des ailes pour s’échapper de l’humiliation quotidienne et de la peur. L’air était irrespirable. Pendant ces décennies de répression, à défaut de passeport, les Marocains ont envié les oiseaux du ciel. « Dans la peau d’un moineau, l’homme serait une créature heureuse », écrit l’auteur marocain Mohamed Nedali dans un roman récent « Le bonheur des moineaux » (2009)  où il reprend cette métaphore. Maintenant, ils quittent pour des raisons différentes, reprend l’homme interrogé. À défaut de perspectives favorables, les gens vont chercher ailleurs l’avenir qui leur échappe dans leur propre pays.

D’histoire en histoire, le trio de voyageurs arrive au Sahel. Dans ce territoire, transition entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire, l’accueil dans les villages se fait à l’aveugle, car la noirceur tombe d’un seul coup, sans crépuscule. Au petit matin, Catherine et Marc découvrent avec délice les femmes souriantes qui les ont hébergés pour la nuit. Une des scènes les plus pittoresques du film. La chaleur, cause de brûlures invisibles, de sécheresse et de sol craquelé, ralentit leurs pas. Leur trajectoire croise celle des clandestins qui marchent à contresens « comme tous ceux qui espèrent une autre histoire que la leur ». Ces mêmes clandestins, qu’ils ont vus traverser, au risque de leur vie, sur des bateaux de fortune le détroit de Gibraltar, entre l’Espagne et le Maroc.

À Bamako, deux Libériens, l’espoir rongé par la tristesse et la déception, racontent comment ils ont été roulés par un Camerounais qui, moyennant une forte somme d’argent, avait promis de les faire passer en Amérique. Déportés au Mali, ils se demandaient encore comment ils pourraient retourner dans leur pays natal.

Film personnel, « Carnet d’un grand détour », est aussi un film politique qui met en lumière les grandes blessures des pays africains qui chassent leurs habitants privés d’espoir et d’avenir.

Amoureuse inconditionnelle de l’Afrique, Catherine Hébert a tourné des images d’une grande beauté desquelles se dégagent une sérénité, une lenteur à laquelle il fait bon s’abandonner autant qu’à sa voix chaude et calme. Ce film est un pur délice.

« Je ne sais pas ce que ma mère aurait pensé de mes nombreux départs, elle qui n’a jamais voyagé. Peut-être qu’elle aussi me l’aurait demandé. Je lui aurais dit que, quand je pars en voyage, c’est que j’ai besoin pour un temps de glisser dans une autre direction que celle qui indique la route principale, que j’ai besoin de ces grands détours pour savoir un peu plus chaque fois qui sont ces hommes d’ailleurs », conclut-elle, nous ramenant au point de départ de sa quête personnelle. Des paroles empreintes d’une grande sagesse, à la fois solides et fragiles.

Catherine Hébert est diplômée en journalisme international. Son engouement pour le cinéma documentaire s’est manifesté lors de son premier voyage en Afrique de l’Ouest. « De l’autre côté du pays », son premier film tourné en 2008, a été présenté dans de nombreux festivals et s’est attiré les louanges des critiques. Le présent film a obtenu le Grand Prix de la compétition nationale, section longs métrages, aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal en 2011.

Carnet d’un grand détour, un documentaire de Catherine Hébert, en salle le 6 avril au Cinéma Excentris.

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|Carnet d’un grand détour, une réalisation de Catherine Hébert
3550|3626|Langue Accueil_Analyses|Révoquer le statut bilingue anglophone de nombreuses institutions de santé et services sociaux|2012-04-06 08:14:32|Mario Beaulieu|

L'auteur est président du Mouvement Québec français

Cette semaine, plusieurs patients des hôpitaux montréalais Royal Victoria, Santa-Cabrini et St. Mary’s ont dénoncé les services unilingues anglais dans plusieurs médias.

Depuis de nombreuses années, plusieurs organisations de défense du français ont dévoilé des cas semblables dans les hôpitaux qui détiennent le statut dit « bilingue » anglais-français en vertu de l’article 29.1 de la loi 101.

Ces institutions « bilingues » ont pris une expansion démesurée depuis 1993 avec la loi 86 de Claude Ryan. L’Office québécois de la langue française (OQLF) a alors perdu le pouvoir de révoquer le statut dit « bilingue », sauf si les organismes en font la demande.

La loi 101 était censée permettre à un hôpital d’avoir le statut « bilingue » anglais-français s’il fournit des services à une majorité d’anglophones. Nous invitons fermement la ministre Christine St-Pierre, responsable de l’application de la Charte de la langue française, à redonner à l’OQLF le pouvoir de révoquer le statut « bilingue » injustifié. À Montréal, on compte maintenant plus d’une douzaine d’hôpitaux anglophones pseudo-bilingues!

Il y aura bientôt 5 ans, on a imposé au dernier hôpital francophone de l'ouest de l'île de Montréal le statut bilingue en étant intégré au McGill University Health Center (MUHC), alors que sa clientèle était massivement francophone.

Et à ces établissements « bilingues » s’ajoutera le nouveau méga-hôpital du McGill University Health Center (MUHC) auquel le Jewish General n’est même pas intégré. Le statut bilingue anglais-français ne devrait aucunement s’appliquer à cet hôpital car il ne desservira aucunement une majorité d’anglophones.

L’anglais constitue la principale langue de travail au sein de ces établissements. Le statut dit « bilingue » en vertu de l’article 29.1 de la Loi 101 leur permet, entre autres, d’utiliser l’anglais comme langue de communication interne et d’engager du personnel unilingue anglais.

Le domaine de la santé et des services sociaux est en passe de devenir le plus important employeur. Le (MUHC) constitue déjà le 4e employeur en importance à Montréal, devant le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

En plus d’imposer l’anglais comme langue de travail, ces hôpitaux l’imposent à une proportion considérable de patients francophones. Notons que l’article 27 permet que les pièces versées aux dossiers cliniques soient rédigées en anglais à la convenance du rédacteur! Les patients n’ont droit qu’à des résumés de leurs dossiers médicaux en français et ce, exclusivement sur demande.

La Charte de la langue française et la loi sur la santé et les services sociaux doivent être modifiées afin que le droit des Québécois à travailler et à être servi en français soit respecté.

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|En plus d’imposer l’anglais comme langue de travail, ils l'imposent à une proportion considérable de patients francophones.
3551|3627|authebdo|authebdo - 6 avril 2012|2012-04-06 10:12:12|L'aut' journal|Plus de 5 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles :

Pour lire l'article, cliquez sur le titre

ÉDITORIAL

La face cachée de la hausse des droits de scolarité
Remplacer les étudiants québécois par des étudiants étrangers
par Pierre Dubuc


POLÉMIQUE

L'Actualisée et le verbomenteur
À propos du sondage de L'Actualité sur les anglophones
par Charles Castonguay


MOUVEMENT ÉTUDIANT

Droits de scolarité : la vraie question
Quel genre de société voulons-nous laisser aux générations présente et future?
par Jean-Pierre Fortin

La participation citoyenne contraire à la démocratie ?
Un gouvernement dirigiste a de quoi s’inquiéter d’une population instruite
par Collectif des profs contre la hausse

NON à la marchandisation des services publics
Des Parents contre la hausse interrompent les activités des ministres Bolduc et Bachand


MOUVEMENT SYNDICAL

Comment j’ai rencontré Madeleine Parent, en 1946, à Valleyfield
Comment mes « certitudes difficiles » devinrent de moins en moins difficiles
par Jean Ménard

7 000 personnes dans les rues d’Alma : RTA réplique !
La bataille de l’opinion publique se poursuit
par Marcel Lapointe

Soins à domicile : 500 millions et une meilleure gestion
La FSSS-CSN se réjouit des conclusions du rapport du Protecteur du citoyen


LANGUE

Révoquer le statut bilingue anglophone de nombreuses institutions de santé et services sociaux
En plus d’imposer l’anglais comme langue de travail, ils l'imposent à une proportion considérable de patients francophones
par Mario Beaulieu

Les trois époques de la langue française :1663-1774-1977
Le docteur Camille Laurin n’est pas le Père de la langue française au Québec, mais on héritier et son réformateur le plus inspiré
par Christian Néron


POLITIQUE CANADIENNE

Ministère de la Défense ou de la Guerre?
Le scandale des F-35 a assez duré
par Dominique Boisvert

Cessez les déportations des Mexicain(e)s
Régularisez notre statut !


RÉGIONS

Quand les banques se lancent en agriculture pour le « bacon »!
Les vautours lorgnent nos terres
par Roméo Bouchard


CINÉMA

De Saint-Malo à Bamako : une histoire qui vaut le détour
Carnet d’un grand détour, une réalisation de Catherine Hébert
par Ginette Leroux


SOIRÉE-DÉBAT

Le déclin de Montréal tel que vu par Jane Jacobs
Soirée débat des Intellectuels pour la souveraineté


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3552|3628|Manchettes Mouvements_syndical Mouvements_étudiant|Message d’une génération à une autre|2012-04-10 08:38:32|Yannick Ouellet|

Depuis le début de l’année, le Québec gronde. Les gens descendent dans les rues pour différentes manifestations, d’autres perdent leur emploi, certains se font mettre en lock-out.  Le Québec gronde, cependant il y a de la discorde dans son peuple. Cette discorde est d’autant plus vraie entre les générations. 
Cependant, si nous voulons nous en sortir, il faudra accepter de s’entendre et de se soutenir les uns les autres. Avec ce texte, je ne désire pas insulter personne; je désire simplement exposer aux générations plus âgées comment les jeunes voient leur avenir. Je suis un jeune de l'Estrie, ne suis pas étudiant, j’approche de la trentaine, je travaille mon 40 heures comme tout le monde et même plus, car en plus de mon emploi, j’ai une entreprise en informatique. Cependant, lorsque je pense au futur, j’ai peur… Laissez-moi m’expliquer.

Notre génération, grâce au magnifique Parti Libéral, sera la première à gagner moins d’argent que ses parents. Que ce soit par la sous-traitance ou par la disparition des emplois de qualité, bientôt les jeunes auront de la difficulté à vivre, voire même à survivre!

De plus, la dette du Québec ne cesse d’augmenter. Selon le compteur sur le site de TVA, j’ai évalué que le Québec s’endettait d’environ 12 000 $ par minute… Les Québécois, toutes générations confondues, vivent donc bien au-dessus de leur véritable moyen. Cette facture, ce sont les jeunes qui la paieront. Si nous ne réagissons pas aujourd’hui, les jeunes vivront les mêmes mesures d’austérités qu’en Grèce. C’est vraiment ce que vous voulez?

La population de moins de 35 ans est aussi beaucoup plus faible que les 35 et plus. En d’autres mots, comme il y aura moins de travailleurs dans dix ans que de gens à la retraite, il faudra augmenter considérablement les impôts pour financer la santé et le régime des rentes. Un autre fardeau de plus pour les jeunes.
De plus, avec la hausse des frais de scolarité, les jeunes sortiront des études encore plus endettés que jamais. Alors, si vous considérez payer votre lot d’impôt et de taxes, demandez-vous comment se sentent les jeunes face à cet avenir que nous voyons venir, effrayés.

Le Québec a, dans le passé, fait le choix d’être de centre-gauche, ce qui signifie que nous voulions prioriser les valeurs humaines plutôt que les avoirs personnels. Vous nous avez cependant élevés dans une société hyper-matérialiste et de surconsommation. Nous comprenons très bien que vous nous avez inculqués ces valeurs par désir d’avoir de meilleures conditions de vie et nous trouvons ça très normal. Cependant, nous nous retrouvons dans une société devenue hyper-individualiste. Vous en êtes un bon exemple lorsque vous réagissez fasse à la hausse de scolarité en disant que les jeunes doivent payer leur part. La part des jeunes, au final, sera beaucoup plus grande que la vôtre, en avez-vous seulement conscience?

Cette philosophie d’utilisateur-payeur, c’est une philosophie de droite, par opposition à la gauche (ou au centre-gauche du Québec). Cependant, si vous désirez emprunter ce chemin, dites-vous que ce n’est qu’un début. Ce qui veut donc dire que si vous voulez passer vers la droite, d’ici dix ans, la santé retournera dans le privé et le régime des rentes n’existera plus.

En d’autres mots, si vous voulez suivre la droite aujourd’hui, vous pariez littéralement votre retraite et vos soins de santé sur un cheval qui risque grandement d’être perdant, car les jeunes n’auront plus la même capacité de payer que vous avez actuellement et pourtant, vous trouvez que vous payez déjà suffisamment. Imaginez comment sera notre fardeau?

Cependant, j’ai pu voir une lueur d’espoir. Cette lueur, je l’ai vu dans les yeux des lock-outés de Rio Tinto Alcan d’Alma. Ces gens ont compris ce qui se prépare, et ils se battent pour protéger des emplois qui iront à notre génération. Sur ces actions, je ne peux que féliciter les lock-outés. Ces gens voient vraiment plus loin que leur petit nombril, contrairement à certains Québécois d’aujourd’hui.

Ces lock-outés nous donne un bel exemple de solidarité et de valeurs humaines et le Québec en a grandement besoin. Il est anormal que, dans notre société, l’argent ait plus de valeur qu’une vie humaine. Pourtant, c’est ce qui arrive!

Mesdames, messieurs, vous qui êtes plus âgés et plus sages que nous, ce texte est pour vous. Je ne désire pas vous insulter avec mes propos, je veux seulement tenter de vous exposer les craintes des générations qui vous suivent.

J’ai appris, à force d’expérience, que la majorité des conflits étaient, la plupart du temps, des conflits dus à un manque de communication et de compréhension de part et d’autre. J’ai donc écrit ce texte en espérant pouvoir vous communiquer nos craintes. Il est anormal d’avoir aussi peur du futur, cependant le gouvernement Charest a tellement fait mal au Québec, que les jeunes Québécois devront, tôt ou tard, en payer les frais.

Il serait peut-être une bonne idée de les laisser finir leurs études, question qu’ils aient de meilleurs salaires, avant de leur envoyer une facture plus salée que toutes celles que vous aurez eu à payer dans votre vie. Si nous ne les laissons pas s’éduquer, qui paiera des impôts dans dix ans?
Vous?

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » - Le grand père de Boucar Diouf.
Dans ce cas, le Québec n’a pas seulement emprunté la terre de ses enfants, il l’a hypothéqué.
Dans l’espoir d’un avenir meilleur.


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|De la grève des étudiants aux lock-outés de Rio Tinto Alcan d’Alma
3553|3629|Manchettes Région|La pérennité de l’industrie forestière|2012-04-10 08:52:06|Marcel Lapointe|Contrairement à ce qu’affirme, François Saint-Gelais dans son éditorial du 7 avril 12 du Quotidien du Saguenay, je ne vois rien de contradictoire dans la politique du gouvernement du Québec qui veut assurer la pérennité de l’industrie forestière tout en créant de plus en plus d’aires protégées. 


Quand même, ce n’est que depuis très récemment que le gouvernement met en place des politiques pour assurer la pérennité de la forêt.

Contrairement au fait que, depuis au moins deux siècles ici au Québec, toutes sortes d’entreprises forestières ont, sans vergogne, pillé la forêt plutôt que de la développer dans une perspective de développement durable. 

La multiplication des aires protégées en forêt par l’État constitue, selon moi, un juste retour du balancier. Et, au demeurant, même si on leur rendait la richesse disponible sans contrôle de l’État comme le voudrait Produits Forestiers Résolu, qu’est-ce que pourraient bien en faire les compagnies forestières? 

L’activité économique, dans la foresterie, comme dans d’autres domaines, est à son plus bas, à cause du taux de change qui nous est défavorable, de la consommation du papier journal qui diminue sans cesse et de la baisse drastique des ventes du bois d’œuvre aux États-Unis.

Bref, un malheur n’arrivant jamais seul, voilà un contexte favorable à la repousse des arbres!

En fait, la multiplication des aires protégées par l’État constitue une forme de réglementation qui a trop longtemps fait défaut au Québec; entre autres dans l’industrie forestière.

Si la bonne volonté est, un jour, au rendez-vous, il y a au moins une leçon à tirer de la crise économique qui nous afflige présentement.

C’est la déréglementation tous azimuts dans les domaines bancaire et financier en particulier, conduite par Ronald Reagan et Margaret Tatcher, qui nous a conduits à la catastrophe économique depuis 2008. Les institutions financières, lieux de dépôts, mais de vente d’une multitude de produits dérivés, dirigés par des patrons bien gras (Louis Vachon de la Banque Nationale, 8,4 millions annuellement et George Cope de la BCE, 9,6 millions) sont les seuls grands bénéficiaires de ladite catastrophe. Faux diront certains. 

Alors, comment se fait-il qu’une entreprise vivant du bois tel que Perfecta au Lac-Saint-Jean, qui a un carnet de commandes rempli, se voie obligée de mettre ses soixante travailleurs au chômage à cause d’un manque de liquidité?

Parce que les banques refusent de supporter l’entreprise en lui prêtant. La solidarité des instutitions financières : un mirage!

La pérennité de nos ressources naturelles, si elle devient réalité un jour, sera une bien mince consolation face la pérennité du pouvoir financier d’une caste qui domine la terre.


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|Avec la multiplication des aires protégées
3554|3630|Langue Manchettes|Des faits troublants sur l’expansion de l’anglais dans l’enseignement|2012-04-10 08:59:15|Maka Kotto|Dimanche, 1er avril. 2012 – Saint Bruno

Je suis ici aujourd’hui pour vous parler de culture.  Avec votre permission, je m’attarderais sur deux points importants : L’anglomanie galopante et la fragilisation tranquille du français. La fragilisation de notre navire culturel… au Québec.


Je vais à ce propos me référer aux travaux de deux chercheurs, Érick Falardeau et Denis Simard. Ils sont tous les deux de l’université Laval. À travers un travail de recherche qu’ils ont mené et consigné dans un livre publié par les Presses de l’université Laval et intitulé : « La culture dans la classe de français…» , ils nous rapportent des faits troublants relatifs à l’expansion de la langue anglaise dans la sphère de l’enseignement au secondaire. 

Je vous recommande les pages 104 à 107 dont je vous lis quelques extraits :

« Les anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé n’est sûrement pas l’œuvre littéraire qui soulève l’enthousiasme le plus délirant auprès des élèves québécois de 18 ans. Pourtant, cette histoire vieillotte selon plusieurs a éveillé en Chantale (enseignante) un sentiment précieux, unique, irremplaçable : celui d’appartenir à un tout cohérent, à une société francophone qui partage une langue et une façon de comprendre le monde. Cette expérience forte de lecture a ainsi mis en mouvement plusieurs dimensions de son propre rapport à la culture – notamment le sens à ses yeux des objets et des pratiques – et lui a permis de comprendre son malaise à l’égard d’une littérature ‘‘étrangère’’ qu’on lui imposait.

« Dans l’école secondaire où enseigne Chantale, la concentration en anglais occupe de plus en plus de place, au point où la direction a décidé d’amputer la classe de français des heures supplémentaires que lui attribuait le nouveau régime pédagogique de la réforme, pour permettre aux enfants de doubler leurs heures d’anglais dans un cycle de neuf jours. La lutte acharnée que mène Chantale contre cette décision s’inscrit à notre avis pleinement dans sa logique identitaire : ‘‘On s’est entredéchirés il y a deux ans, ici, vraiment, à l’assemblée, quand ils ont dit qu’ils coupaient encore dans le français. Et puis encore, on a eu une réunion la semaine dernière parce qu’ils voulaient couper le français de 3, puis [le directeur] nous a défendus.’’

« Elle se bat constamment contre ses collègues anglophiles; elle a même reçu un grief, ce qui n’a en rien ébranlé sa détermination et sa hargne : ‘‘Et puis ici, ça nous parle en anglais, les profs d’anglais. Moi, des fois, je viens sans connaissance ! Ils me parlent en anglais! Ce n’est vraiment pas sain, cette situation-là.’’

« Elle ira jusqu’à transporter cette bataille dans son enseignement, pour que ses élèves soient bien conscients des tensions linguistiques qui existent à l’intérieur de leur école pourtant entièrement francophone. 

« De façon générale, le français est détesté. Sincèrement. Oui, [j’ai une prise contre moi]. Puis, ils me parlent en anglais pour niaiser. Je dis aux élèves : ‘‘Étant donné qu’en anglais ils vous enlèvent des points quand vous parlez français, si vous osez me parler en anglais, j’enlève des points !’’. Les élève, ça arrête tout de suite, mais il faut toujours ramener cette … Je ne fais pas de bataille contre l’anglais, c’est correct qu’ils l’apprennent, j’en ai fait mon deuil. Sauf que, dans ma classe, je veux faire en sorte qu’ils aiment le français avant la fin de l’année. 

« […] Même les parents mettent de la pression sur l’école pour accentuer la valorisation de l’anglais - et, par le fait même, la dévalorisation du français : ‘‘Il ne faut pas se leurrer, la concentration anglais attire des élèves que nous n’aurions pas. Eh oui, [il y a un lobby de la part des parents]. Ça, je n’aurais pas osé le dire, mais il y a ça.’’

« L’évocation du lobby mise entre crochet vient de la bouche de l’interviewer qui cherchait à relancer l’idée de Chantale ; sans le savoir, il a mis le doigt sur un tabou : l’anglais attire les élèves les plus forts dans son école à une époque où toutes les écoles se battent à coup de programmes spéciaux pour contrer la puissance attractive de l’école privée. 

« À ses yeux, les répercussions de cette situation sur les élèves sont importantes, puisqu’ils construisent leur rapport à la culture, le sens et la valeur de la langue dans un contexte du tout-anglais : ‘‘Ces élèves sont extrêmement forts en anglais, ils adorent l’anglais parce qu’ils en ont 8 périodes ! C’est qu’on a beaucoup plus de temps pour passer la culture ! Ce n’est pas une culture francophone qui passe en anglais, c’est une culture anglophone. ! Malheureusement ! Avec les meilleurs élèves. Donc, ce sont ces enfants-là qui s’en vont dans notre société ! Qui vont prôner quoi au bout de la ligne ? C’est ce que je trouve triste personnellement pour la langue ».

Inquiétant…

Inquiétant quand on sait comment se construit le «moi», comment se forme la personnalité de l’enfant et de l’adolescent… L’impact des modèles culturels de références, voire les modèles culturels d’identification et l’altération de la personnalité de ces enfants et ces adolescents… Tout se joue très tôt dans la vie . Tout est consigné comme dans un disque dur. La psychologie, la sociologie, les sciences humaines, la morale et la philosophie ont largement exploré cette question et nous guident dans la compréhension de ces mécanismes…

Alors je vous laisse libre d’imaginer le Québec de demain si nous ne réagissons pas à l’alarme que sonne Chantale…

|Extrait de l’allocution de Maka Kotto à l’investiture de Monique Richard
3555|3631|Accueil_Actualités|Contribuables en grève; unies et unis!|2012-04-10 09:18:03|Hélène Rochon et al|

Maude Bouchard, Barbara Jomphe, Brittaney Caron, Danny Polifroni, Linton Garner, Liz Colford, et Hélène Rochon

Étudiants et étudiantes de deuxième cycle de l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université Concordia.


Nous sommes des travailleurs et travailleuses à temps plein, pour la majorité dans des groupes communautaires. Nous sommes également étudiants et étudiantes de cycle supérieur dans un programme facilitant la conciliation travail/études. Nous avons joint sans hésiter le mouvement de grève générale illimitée il y a un mois afin de freiner les politiques néolibérales du gouvernement de Jean Charest et l’application d’une hausse fulgurante des frais de scolarité universitaires.

Notre graduation approche à grand pas. La hausse prévue qui prendra son plein en 2017 ne nous affecte donc presque pas individuellement. Nous aurions très bien pu choisir la voie de la facilité et continuer à étudier sans tracas. Or, nous avons tout mis de côté pour nous investir dans l’un des plus grands soulèvements étudiant de l’histoire du Canada. 

Plusieurs clament que ce sont seulement les étudiants et étudiantes « pauvres » qui se mobilisent pour que nous, les « contribuables », leur donnent ce qu’ils veulent « tout cuit dans le bec » sans faire leur « juste part ». À cela nous répondons « NON » haut et fort! Non seulement il est faux de croire que tous les contribuables pensent cela, mais nous sommes en grève pour le prouver, et pas les seulEs! Et notre « juste part », comme étudiantEs et travailleurs et travailleuses, nous la faisons dans la rue avec les personnes qui s’unissent pour un meilleur accès à l’éducation.
 
Sur cette lancée, nous voulons à tout prix éviter que triomphent ces dogmes quant à la lutte étudiante:

-Cessons de croire que nous, citoyenNEs, avons tous des intérêts différents et que la population est divisée. Contre l’austérité, nous sommes tous uniEs. Travailleurs, travailleuses, étudiantEs et citoyenNEs de la Grèce, du Chili, de la Tunisie ou du Québec, d’Alma à Montréal, nous luttons pour préserver les droits économiques de la population. Tenir un discours haineux envers une lutte ou une autre ne fait que nuire aux mobilisations qui pourtant reviennent toutes aux mêmes. Cessons de nous désunir pendant qu’une minorité s’enrichit. UniEs, nous ne serons jamais vaincuEs!
  
-Luttons contre la perception selon laquelle l’éducation est un bien de consommation, une marchandise. L’éducation est un investissement collectif, dont nous bénéficions tous et toutes. L’éducation ne doit pas seulement être vue sous un angle privé, mais plutôt comme un bien commun. Instruits et instruites, imaginez quel monde nous pouvons nous offrir ? Un peuple instruit jamais ne sera vaincu!

-Et finalement, rappelons-nous que nous avons tout à gagner par l’union. Le rapport de force se construit via une mobilisation massive. N’oublions pas les neuf grèves générales illimitées de l’histoire du Québec, depuis les années soixante. Rien n’aurait été gagné sans mouvement d’opposition. Étiez-vous vous-même dans ces luttes ? 

Ayons donc confiance en la lutte citoyenne et cessons d’infantiliser et d’opprimer ceux et celles qui luttent pour une société plus égalitaire. Mobilisons-nous!

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|Ce sont seulement les étudiants et étudiantes « pauvres » qui se mobilisent

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