Le plan de charest : une émeute, puis des élections

2012/06/05 | Par François-Xavier Simard

Auteur du livre Le vrai visage de Pierre Elliott Trudeau

En provoquant les étudiants en grève, le premier ministre du Québec, Jean Charest, se prépare à utiliser le plan machiavélique de Trudeau. Les vieux électeurs comme moi se rappellent la parade du 24 juin 1968, la veille de la première élection générale de Pierre Elliott Trudeau à la tête des troupes fédérales.

Malgré le risque que sa présence ne provoque les nationalistes québécois, Trudeau tient quand même à assister à la parade de la Saint-Jean-Baptiste, du haut de la tribune d'honneur de la rue Sherbrooke: ce fut le « lundi de la matraque ».

Selon les journaux du lendemain, il y a eu 290 arrestations, 43 policiers et 83 spectateurs blessés, dont quelques-uns gravement. Claude Savoie a décrit l’attitude de Trudeau ce soir-là: « Comme César du haut de sa tribune, Trudeau regarde le carnage dans la rue Sherbrooke, le spectacle semble lui plaire. […] Mais le lendemain matin, lorsque les Canadiens anglais iront voter, ils auront l’impression que Monsieur Trudeau est le seul homme assez brave et assez courageux pour tenir tête à un Québec au bord de l’anarchie.» (Les crises de Pierre Elliott Trudeau, p. 109) La provocation de Trudeau lui assura une victoire électorale majoritaire.

Charest se prépare à utiliser le même stratagème. Il refuse une entente avec les leaders étudiants sur les frais de scolarité malgré une grève de 13 semaines, malgré la crise sociale provoquée par sa loi 78 et malgré le tintamarre quotidien des casseroles. Il n'attend qu'une émeute pour enclencher des élections et tenter de se faire réélire avant les révélations de la commission Charbonneau sur la corruption dans l'industrie de la construction.

Les étudiants savent qu'ils ne doivent pas tomber dans le piège, mais comment empêcher les casseurs de provoquer une émeute?

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