Trois court et moyens métrages au RIDM

2012/11/09 | Par Ginette Leroux

PAAL, un film de Christophe Müller et Victor Vargas Villafuerte

Cote:

Coproduction MEXIQUE, QUÉBEC, SUISSE, Espagnol, S.-T.F., 21 min.

En compétition internationale courts et moyens métrages

Memo vit à Paal, un petit village mexicain encastré dans la péninsule du Yucatan. Tout petit, ses parents lui ont appris à apprivoiser les beautés et à appréhender les dangers de la jungle environnante.

Sandalettes aux pieds, parfois pieds nus, il grimpe aux arbres, s’arrête un moment pour observer les insectes, les tortues, les scarabées et entendre le chant des oiseaux, se méfiant des vipères et des tarentules qu’il sait éviter.

À 9 ans, devenu un expert en désherbage des plants de maïs, Memo accompagne son père au champ, sans toutefois oublier qu’il adore l’école où il apprend à lire et à écrire. L’enfant heureux caresse un grand rêve : il voudrait raconter l’histoire de ses ancêtres mayas et de sa riche et fascinante mythologie.


Ce court métrage procure 21 minutes d’enchantement. Les cris d’oiseaux au crépuscule, les animaux exotiques au milieu de plantes luxuriantes contrastent avec le quotidien d’une famille ordinaire, qui oscille entre sa culture millénaire et les facilités du monde moderne. Au cours d’une journée-type, l’enfant raconte son univers qu’il anime de légendes yucatèques.


PAAL, présenté le 11 novembre en première partie du film « Afghan Alphabet » et le 18 novembre en première partie du film « Les poings de la fierté », au cinéma Excentris.  

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La Pologne recréée en Argentine



ARGENTINIAN LESSON
, un film de Wojciech Staron

Cote :

POLOGNE, 2011, Polonais, Espagnol, S.-T.A., 59 min.


En compétition internationale courts et moyens métrages

En Argentine, la diaspora polonaise représente plus de 450 000 personnes. Les familles polonaises expatriées, de première et de deuxième générations, se regroupent dans des colonies appelées « polonia » afin de conserver la langue et la culture de leur pays d’origine.

Le documentariste polonais Wojciech Staron y a vu une superbe occasion de rendre compte de ce phénomène alors que sa femme était mandatée par son gouvernement pour enseigner le polonais à ses compatriotes immigrés.

Arrivée à Buenos Aires, les Staron accompagnés de leurs deux enfants, Janek 7 ans et un bébé, se dirigent vers Azara, un village agricole de la province de Misiones. La « leçon argentine » peut commencer.

Janek, inscrit à l’école du village, apprend l’espagnol. Il y rencontre Marcia, une fillette née en Argentine. Ses parents, d’origine polonaise, sont très pauvres, ce qui oblige le père à travailler loin de son village. Sa femme, de santé mentale fragile, doit s’occuper seule de ses enfants.

Inséparables, les deux écoliers partagent leurs joies et leurs peines. Janek se rend vite compte de la détresse de Marcia. Ensemble, les enfants déploient des moyens ingénieux pour aider la fillette à sortir sa famille du pétrin. Les jeux sont remplacés par le travail. On ne reste pas longtemps enfants lorsqu’on a des préoccupations d’adultes. La « leçon argentine » devient alors une leçon de vie.  


Tourné en 16mm, Wojciech Staron pose une caméra de proximité sur la vie ordinaire des gens de ce village du sud de l’Argentine. À la pluie, la boue, la misère, la pauvreté se superposent les jeux d’enfants, les réussites scolaires, les fêtes religieuses et les bals populaires.

En choisissant les gros plans, le cinéaste renforce les détails contrastifs de ses principaux personnages. Par exemple : le visage soucieux de Janek et la mine triste de Marcia tranchent sur la scène où l’insouciance de la petite sœur de Janek – elle n’a que 3 ans – qui, miroir d’une main et peigne de l’autre, tente de mater une mèche rebelle.

Racontée à hauteur d’enfant, « Argentinian lesson » rend à la banalité du sujet toute sa poésie et sa sensibilité.


ARGENTINIAN LESSON, présenté les 8 et 13 novembre, au cinéma Excentris.  


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Portrait exceptionnel d’un transsexuel de la Havane.


MARI, un film de Sofiane Belaid et Ulysse del Drago

Cote :

QUÉBEC, Espagnol, S.-T.F., 38 min.

En compétition internationale courts et moyens métrages

Mari est l’histoire douloureuse d’un transsexuel cubain. Né le 22 juillet 1983, dans un quartier sud de La Havane, l’enfant affole ses parents, au point où sa mère le croit possédé. Mari est une femme enfermée dans un corps d’homme.

Abusée à l’âge de 8 ans, rejetée par ses parents, blessée au physique comme au moral par les hommes qu’elle aime, ne pouvant compter sur aucun secours de la médecine officielle qui lui refuse la chirurgie que nécessite sa transformation, la vie de la transsexuelle n’est que mépris, souffrance et solitude.

Mais, gracias à la vida, elle persiste, relève la tête.


Ce film est l’œuvre de deux documentaristes québécois Sofiane Belaid et Ulysse del Drago. Le choix qu’ont fait les cinéastes de donner la parole à Mari dès les premiers instants permet de s’approcher d'un être à la fois fort et fragile et d’apprivoiser un milieu trop souvent présenté comme flamboyant et superficiel.

Le traitement d’un sujet aussi controversé que la transsexualité  demande respect, délicatesse et humanité, honnêteté et retenue de la part des cinéastes. L’atteinte de ces objectifs fait de ce documentaire un film exceptionnel.

MARI, présenté en première partie du film de la Québécoise Catherine Proulx
« Le dernier cabaret », le 15 novembre à la Cinémathèque québécoise et le 17 novembre au cinéma Excentris. 

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