Nos patrons, assis, bien au chaud, sur 575 milliards $

2013/02/01 | Par Sylvain Martin

L'auteur est directeur québécois des TCA

La « Journée d’affranchissement de l’impôt des sociétés », cela vous dit quelque chose? C’est la date où l’on calcule que les entreprises canadiennes ont accumulé assez de profits, depuis le début de l’année, pour verser aux gouvernements fédéral et provincial la somme de leurs impôts annuels.

Cette année, cette fameuse journée est arrivée à la fin janvier, quelques jours plus tôt qu’à l’habitude. C’est donc dire que les entreprises canadiennes engrangent toujours plus de profits.

Une étude éclairante du CTC

Le Congrès du travail du Canada (CTC) a rendu publique une étude à ce sujet dont on peut lire les conclusions, entre autres, dans Le Devoir et La Presse du 30 janvier. Sylvain Schetagne, l’économiste en chef du CTC, nous y apprend que les profits augmentent d’année en année, soit plus de 200 % en 10 ans. Connaissez-vous bien des gens qui ont vu leurs avoirs augmenter de 200 % en une décennie? Pas moi!

À mon avis, que les entreprises canadiennes fassent de plus en plus de profits, c’est une bonne chose. Mais plusieurs questions se posent.

Premièrement, où vont et à quoi servent ces profits?

Deuxièmement, si les entreprises canadiennes atteignent leur « journée d’affranchissement de l’impôt » à la fin janvier et que nous, les travailleurs, nous ne l’atteignons que vers le mois de juin, devrions-nous revoir la répartition de l’assiette fiscale entre les entreprises et les travailleurs?

Surtout quand on apprend dans l’étude que les impôts des entreprises ne représentent que 8,3 % de tous les revenus des gouvernements fédéral et provincial.

Où vont et à quoi servent les profits?

L’étude du CTC répond à ces questions. Les profits servent d’abord à payer les salaires des dirigeants et à rémunérer les actionnaires. Une fois cela fait, il reste la somme astronomique de 575 milliards $ en liquidités inutilisés!

Le discours officiel, avec lequel on nous rebat les oreilles depuis une trentaine d’années, c’est que les réductions d’impôts accordées aux entreprises favorisent les investissements, stimulent l’économie et créent de l’emploi.

L’étude des faits démontre que c’est faux, archi-faux. Les patrons sont assis sur 575 milliards $ inutilisés. Le gouverneur Carney de la Banque Canada et le ministre Flaherty des Finances supplient depuis des années les patrons d’investir. Mais ils n’en font rien !

Les travailleurs écopent !

Pendant ce temps, le gouvernement fédéral se privait, pour l’année 2011 seulement, de 3 milliards $ par suite des réductions d’impôts aux entreprises. Car, chaque point de pourcentage de baisse d’impôt coûte au fédéral un milliard $ par année en entrées fiscales.

Il résulte de tout cela des budgets déficitaires et l’obligation pour le gouvernement de s’endetter pour équilibrer son budget. Cet argent est emprunté sur les marchés financiers avec intérêt!

En résumé, les travailleurs écopent des baisses d’impôts accordées aux entreprises. Ils voient le déficit du pays augmenter, paient des intérêts sur les emprunts et subissent des coupures dans les services publics, soi-disant parce que l’on n’a plus les moyens de se les payer!

Et des entreprises privées occupent l’espace laissé par la disparition des services publics pour leur plus grand profit!

C’est ce que l’on appelle une bonne affaire pour les entreprises!

Finalement, à la question « où vont tous ces profits? », la réponse est qu’ils vont en partie au club sélect du 1% de la population, dont Statistique Canada nous a appris cette semaine que leur revenu médian, qui était sept fois plus élevé que celui du reste de la population en 1982, est maintenant dix fois plus élevé!

À la question, à quoi servent-ils? », la réponse est : à pas grand-chose. Ces 575 milliards $ dorment dans les coffres des entreprises.

Nos suggestions

Nous aurions plusieurs suggestions pour leur utilisation. Par exemple, étant donné qu’une partie des 575 milliards $ en liquidités qu’ont les entreprises canadiennes viennent des baisses d’impôt que nos généreux gouvernements leur ont consenti, nous serions en droit de nous attendre à ce que les entreprises canadiennes participent au remboursement de la dette du Canada qui, elle, s’élève à 600 milliards $.

Si, au cours des dernières années, le taux fédéral d’imposition pour les entreprises n’avait pas été réduit de 28 % à 21 %, sous le règne des libéraux, puis à 15 % avec le gouvernement Harper, le gouvernement fédéral serait aujourd’hui en mesure de stimuler l’économie par des investissements stratégiques et créer de bons emplois.

Mais non! Harper préfère procéder à des mises à pied massives dans la fonction publique (19 000 postes) et faire la chasse aux chômeurs.

Étant un éternel optimiste, je me console en me disant qu’il va être difficile pour les employeurs de s’asseoir à la table des négociations en disant qu’ils n’ont pas d’argent, alors que nous savons maintenant qu’il y a 575 milliards $ de liquidités disponibles!

+++

Un p’tit deux sur Bachand !

Dans un autre ordre d’idée, je m’intéresse à la course à la chefferie du Parti libéral du Québec. Comme vous le savez, trois candidats sont en liste.

Philippe Couillard, l’ancien ministre de la Santé, a quitté la politique, il y a quelques années, en nous laissant en cadeau un règlement qui autorise les cliniques privées à pratiquer 54 nouvelles chirurgies.

Coïncidence! Il a quitté pour aller travailler dans le secteur privé de la santé. M. Couillard est actuellement le favori dans la course.

Raymond Bachand, l’ancien ministre des Finances, est resté en poste jusqu’au 4 septembre dernier. Son principal héritage, à mon avis, est la fameuse taxe santé, et sa célèbre citation : « Tout le monde doit faire sa part ».

Cela couronnait sa transformation de la fiscalité du Québec, caractérisée par une diminution des impôts, remplacés par des taxes régressives comme les hausses des tarifs tels que l’hydroélectricité, des frais de scolarité et l’imposition de la taxe santé.

Finalement, il y a un troisième candidat, Pierre Moreau, l’ancien ministre des Transports, qui n’a pas été en place assez longtemps pour faire sa marque, mais à qui on reconnaît une facilité à s’exprimer et à défendre son point de vue. Il ferme la marche.

La course ne suscite pas beaucoup d’intérêt, mais elle pique quand même ma curiosité.

En décembre dernier, le journaliste Denis Lessard de La Presse révélait que la famille Desmarais soutenait financièrement la candidature de Raymond Bachand.

À ce moment-là, je m’étais dit : les jeux sont faits et si j’avais à parier un p’tit deux, je le mettrais sur Bachand.

Mais Couillard trônait toujours en tête, son avance semblait confortable, et je me suis dit que j’avais bien fait de garder mon argent dans mes poches.

Cependant, depuis quelques jours, je constate que le vent tourne. La machine Desmarais est en marche. On a juste à lire La Presse pour s’en rendre compte. Les titres des reportages sur les débats sont tout à l’avantage de Bachand. Lysiane Gagnon y est allée d’une chronique assassine sur Couillard rappelant ses liens nébuleux avec Arthur Porter, l’ancien pdg du CUSM, au-dessus duquel flottent des vapeurs de scandale, ses séjours en Arabie Saoudite, son opposition à la construction du CHUM dans la cour de triage d’Outremont (c’était le choix de la famille Desmarais) et son départ vers le privé, dont j’ai parlé précédemment.

Je suis prêt à ressortir un p’tit deux et à le placer sur Bachand. Y’a-t-il des preneurs?|À lire également : Un p’tit deux sur Bachand !
4281|4361|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-02-01 07:49:03|Maude Messier|

Le pdg de Couche-Tard au classement des milliardaires du magazine Forbes

Montréal – On apprenait cette semaine que le pdg de Couche-Tard, Alain Bouchard, était le seul Canadien parmi les 30 nouveaux milliardaires du monde à figurer au classement du magazine Forbes.

Interpellé sur cette nouvelle qui se retrouvait jeudi matin dans toutes les manchettes économiques, le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, a déclaré à l’aut’journal : « Peut-on au moins souligner que c’est grâce à ses employés si Alain Bouchard est milliardaire et que sa rémunération a bondi de 119 %, passant de 3 300 000 $ à 7 200 000 $. »

Couche-Tard, une entreprise québécoise qui connaît un succès mondial, est régulièrement citée pour son succès en affaires. M. Bouchard a même été nommé « personnalité d’affaires 2012 » par le journal Les Affaires.

Pourtant, depuis plus de deux ans, elle croise le fer avec la CSN dans une campagne de syndicalisation de ses employés.

Payés à peine plus que le salaire minimum, sans journée de maladie rémunérée et aux prises avec des relations de travail souvent conflictuelles parce que les normes minimales du travail en vigueur au Québec ne sont même pas respectées, les employés qui choisissent de s’impliquer syndicalement doivent aussi faire face à des mesures de représailles, ce que dénonce avec véhémence la CSN.

Cette semaine, La Presse Affaires révélait que l’entreprise s’apprêtait à vendre six établissements à des franchisés, dont trois dépanneurs récemment syndiqués: Pierrefonds, Boisbriand et Montréal-Nord. Une stratégie qui n’a rien à voir avec la campagne de syndicalisation de la CSN, assure-t-on du côté de l’entreprise.

Deux autres établissements syndiqués ont également subi le même sort, Saint-Liboire et Saint-Hubert. Jean Lacharité est catégorique : cette stratégie vise à étirer et à complexifier le processus de négociation pour l’obtention d’une première convention collective.

« C’est une stratégie claire contre la présence syndicale », affirme-t-il, expliquant qu’il est beaucoup plus difficile de négocier avec différents employeurs, les franchisés, qu’avec une seule entité, Couche-Tard.

La CSN a d’ailleurs déposé une requête à la Commission des relations du travail (CRT) pour faire statuer qui, du franchisé ou de Couche-Tard, est le véritable employeur. La Commission n’a toujours pas rendu de décision à ce moment.

« Il [Alain Bouchard] se dégage des relations avec les syndicats et de ses obligations envers les employés. Il n’y a pas de franchises depuis le début de la campagne et tout-à-coup, comme par hasard, ça tombe sur des dépanneurs syndiqués! »

Le vice-président de la CSN ajoute qu’à Saint-Liboire, le plus important établissement de l’entreprise au Québec, la décision de vendre à un franchisé est pour le moins questionnable. « Avez-vous vu l’achalandage là-bas? Comment peut-on expliquer cette décision en termes logiques d’affaires? »

La nouvelle stratégie de Couche-Tard concernant les franchises est à ce point soudaine, que le site Internet de l’entreprise indiquait toujours, mercredi en fin de journée selon La Presse Affaires, « qu'il n'est pas possible d'acheter une franchise, puisque tous les magasins sont corporatifs ».

Rappelons que Couche-Tard a aussi fermé, en 2011, deux établissements syndiqués à Montréal : les dépanneurs situés au coin des rues Jean-Talon et d’Iberville de même que celui sur Saint-Denis, au coin de Beaubien.

Fait intéressant : Couche-Tard a récemment ouvert un dépanneur dans le même secteur, sur le boulevard Saint-Laurent, à l’angle de Beaubien, sous la filiale Provi-Soir.


***

Réductions d’impôts aux entreprises : l’argent dort dans les coffres… et dans les poches!

Ottawa – Un rapport publié cette semaine par le Congrès du travail du Canada (CTC) révèle que les réductions d’impôts consenties aux entreprises privées canadiennes ne vont à pas la création d’emplois, mais plutôt à renflouer les liquidités des sociétés et à graisser les salaires de leurs dirigeants.

L’étude du CTC démontre qu’entre 2001 et 2011, le total des réserves de liquidités des sociétés privées non financières du Canada est passé de 187 milliards $ à 575 milliards $. Pour l’année 2010-2011 seulement, cette augmentation se chiffre à 72 milliards $, soit plus du double que le déficit fédéral total de 33,4 milliards $ enregistré pour la même période.

« En échange des réductions d’impôt, les entreprises doivent investir dans la création de bons emplois au Canada, mais elles accumulent plutôt des liquidités et versent des rémunérations exorbitantes à leurs PDG », a commenté le secrétaire-trésorier du CTC, Hassan Yussuff.

Le CTC dénonce que ces réductions d’impôt se traduisent par la perte de milliards de dollars en recettes fiscales pour le gouvernement fédéral. Il déplore aussi que le gouvernement ait choisi d’effectuer des compressions dans les services publics pour rembourser la facture de « ses cadeaux fiscaux ».

« Ottawa ne devrait accorder des crédits d’impôt qu’aux entreprises qui investissent réellement dans la machinerie et qui ont augmenté leur productivité au Canada », a indiqué M. Yussuff, ajoutant que le gouvernement devrait également investir dans les infrastructures publiques, le transport en commun, l’alphabétisation, la formation professionnelle et les services de garde.

Le CTC souligne par ailleurs que même le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a décrit ces réserves de liquidités comme « de l’argent qui dort » et que les sociétés privées « devraient l’investir et faire travailler l’argent ».

Pour consulter le rapport : ici.

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Déjà exposé à l’amiante?

Montréal – Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) réclame la création d’un registre central des établissements québécois comportant de l’amiante plutôt qu’un registre par établissement, tel que proposé par la Commission de la Santé et de la sécurité du travail (CSST) dans le Projet de Règlement sur la santé et la sécurité du travail et le code de sécurité pour les travaux de construction.

Avoir plusieurs employeurs et fréquenter différents milieux de travail au cours d’une vie professionnelle est devenue la norme pour des milliers de travailleurs.

Considérant qu’un mésothéliome peut se développer et être diagnostiqué plusieurs dizaines d’années après une exposition aux fibres d’amiante, « un registre exhaustif des bâtiments où il y a présence d'amiante est nécessaire », de déclarer Lucie Martineau, porte-parole du SISP.

Le SISP fait valoir l’utilité d’un tel outil pour les travailleurs et les retraités confrontés à un diagnostic de mésothéliome ou de toute autre forme de cancer pulmonaire lié à une exposition à l’amiante qui souhaitent entreprendre des recours en justice et faire valoir leurs droits.

Mme Martineau a ajouté qu’il pourrait « en outre constituer une banque d'informations colligées de grande valeur pour les autorités publiques à des fins de dépistage et de recherche en matière de santé publique. »


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Fonction publique : PQ ou PLQ, même politique…

Québec – Le gouvernement du Parti Québécois a décrété le 15 janvier dernier, un gel d’embauche dans la fonction publique, une mesure qui a pris de cours les Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) qui n’ont pas manqué de souligner l’incohérence du gouvernement.

Au moment même où il décrétait cette mesure, le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, indiquait publiquement ses intentions de se démarquer du gouvernement précédant par un nouveau modèle de gestion des effectifs. M. Bédard faisait alors notamment allusion à la politique de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, décriée depuis longtemps par les syndicats de la fonction publique.

Pour pallier au manque de personnel, les ministères et organismes ont recours à la sous-traitance, entraînant une augmentation des coûts de main-d'œuvre et créant une dépendance de l'État envers secteur privé.

Les syndicats ne sont d’ailleurs pas les seuls à s’inquiéter de cette incursion grandissante des entreprises privées au détriment de l’expertise publique, le Vérificateur général du Québec et la Commission de la fonction publique ont récemment émis des réserves quant au recours accru à la sous-traitance.

Le SPGQ ajoute que cette mesure annoncée par le gouvernement péquiste risque de coûter cher aux contribuables québécois, faisant valoir qu’une ressource interne, par exemple un analyste expert en informatique, coûte à l’État au maximum 400 $ par jour (salaire + bénéfices marginaux).

En comparaison, le coût d'une ressource externe (sous-traitance) est au minimum de 571 $ par jour et peut facilement s'élever à 647 $ par jour. Pour certains domaines d'expertise, le coût d'une ressource externe peut atteindre 1200 $ par jour.


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Des AIR MILES contre des soins de santé à domicile

Mississauga – L’entreprise de soins de santé à domicile ontarienne Bayshore a annoncé fièrement, ce mardi, un partenariat avec le programme de récompenses AIR MILES.

Ainsi, « les clients de Bayshore et leurs familles disposent maintenant de plusieurs possibilités pour obtenir des milles de récompense AIR MILES lors de leurs achats de services privés », selon ce qu’on peut lire dans le communiqué publié par l’entreprise.

Par exemple, il est possible de gagner 50 milles de récompenses AIR MILES à l’achat d’un nouveau service de soins de santé à domicile de Bayshore. Pour un service privé 24 heures sur 24, l’offre passe à 500 milles de récompense.

Dans un contexte de vieillissement de la population et de restructuration des soins de santé à domicile, il apparaît évident que l’occasion d’affaires est intéressante, pour différents types d’entreprises.

« Les aînés nous disent que les soins à domicile sont plus appréciés qu'un séjour à l'hôpital, dans un centre de soins de longue durée ou dans une maison de retraite. Par l'entremise de ce partenariat, Bayshore affirme que cette indépendance doit être récompensée », a déclaré le président de l’entreprise, M. Stuart Cottrelle.

Bayshore opère plus de 50 succursales de soins à domicile et deux douzaines de cliniques à travers le Canada. Elle offre des soins infirmiers, des soins personnels, des services de soutien à domicile et des services d'accompagnement de même que des services de dotation de personnel infirmier.


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Pas de grève pour les agents de sécurité

Montréal – Les 14 000 agents de sécurité membres de la section locale 8922 du Syndicat des Métallos se prononceront sur les offres finales et globales déposées par l’Association provinciale des agents de sécurité.

Le Syndicat des Métallos annonce donc que les deux journées de grèves prévues pour le 4 et le 9 février prochain sont annulées. L’organisation a également fait valoir que le comité de négociation ne formulera pas de recommandation quant à l'acceptation ou au rejet des offres.

Aucun détail quant à la proposition patronale ne sera dévoilé avant qu’elle ne soit présentée aux syndiqués.

De façon à rejoindre le plus de travailleurs possible, 44 assemblées se tiendront à travers la province au cours des deux dernières semaines du mois de février.

Les négociations sont amorcées depuis le mois d’avril 2012 et la convention collective est arrivée à échéance le 1er juillet dernier.

Soulignons que les conditions de travail de tous les agents de sécurité au Québec, soit un total de près de 20 000 salariés, sont régies par un décret gouvernemental, lequel est basé sur la convention collective négociée entre les agents membres des Métallos et l'Association patronale.

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4282|4362|Manchettes Politique_Québec Cinéma|Le prix des mots du Noir Canada|2013-02-01 08:20:35|Ginette Leroux|

Julien Fréchette livre, avec « Le prix des mots », un documentaire choc sur les coulisses de la saga judiciaire entourant la parution, en 2008, du livre « Noir Canada » aux éditions Écosociété.

Une véritable descente en enfer pour l’auteur Alain Deneault et ses collaborateurs, soutenus tout au long de leurs démêlés épiques avec la justice par l’équipe de la maison d’édition, alors qu’ils ont dû faire face aux poursuites malveillantes intentées par deux géants canadiens de l’industrie minière.

Julien Fréchette suit le fil des événements de cette triste affaire qui, non seulement s’est révélée être un calvaire pour l’éditeur et un supplice pour l’auteur, mais a mis à mal les fondements même de la liberté d’expression.

On ne s’attaque pas à Barrick Gold, la plus grande société aurifère au monde, ni à Banro, sa petite sœur ontarienne, sans y laisser des plumes. Alain Deneault et son éditeur l’ont appris à leurs dépens.

Rappelons que « Noir Canada » est un ouvrage acide sur le pillage, la corruption et la criminalité qui entourent les activités de ces sociétés minières canadiennes en Afrique.

Dès la parution du livre en avril 2008, une première mise en demeure signifiée par Barrick Gold assortie d’une menace de poursuite ouvre le bal, suivie par une action similaire de Banro.

Deux poursuites en libelle pour dommages moraux compensatoires et dommages punitifs pour un total de 11 millions $, une somme qui représente 25 fois le chiffre d’affaire annuel de la maison d’édition. Une boutade du journal français « Le Monde » affirme que « Noir Canada » est le livre le plus cher de l’histoire. Pas peu dire!

Sans tarder, le soutien populaire s’organise. Conférences de presse, manifestations de solidarité et création d’un site Internet où circule, entre autres, une pétition contre la poursuite-bâillon (appelée SLAPP/ Strategic lawsuit against public participation) qui constitue une attaque en règle contre la liberté d’expression.

Peu habituée à une résistance aussi farouche, Barrick Gold se cambre. Le dossier prend une ampleur insoupçonnée. La menace de la société minière se transforme en attaque musclée.

Alain Deneault et Guy Cheyney, le coordonnateur de la maison d’édition, sont convoqués à un interrogatoire hors cour. Durant vingt jours, les deux hommes seront littéralement cuisinés par les avocats de la compagnie qui tentent par tous les moyens de cerner des contradictions dans leurs témoignages.

Dans le cas du procès Banro, qui se déroule en Ontario, bien que seulement 83 livres aient été vendus dans cette province, les frais des intimés s’élèvent à 25 000 $ par jour. « Tout le monde nous plume », se désole Deneault.

Pressions, accusations, poursuite-bâillon, interdictions se succèdent et Guy Cheyney craque après deux ans dans la tourmente. Le « manège » juridique le rend fou. « Un vrai show, croit-il. On continue à faire écho au silence. »

Au tour d’Alain Deneault. Suite à la dérobade de maître Tamaro, leur avocat dans le litige, c’en est trop pour le gars ordinaire, adepte de la simplicité volontaire, qui se déplace en vélo, possède une mauvaise télé et vit seul, sans personne à charge.

La justice n’est pas seulement aveugle, elle est sourde. Muette aussi. Malade, il déclare forfait. Pour un temps seulement. Aussitôt rétabli, l’universitaire qui consacre sa vie à ses recherches reprend le combat.

En octobre 2011, on se rend à l’évidence : il faut en finir. Après trois ans et demi d’une lutte sans merci, Alain Deneault et les Éditions Écosociété retirent le livre du marché et acceptent une entente hors cour avec Barrick Gold afin d’éviter la ruine. Ni une défaite juridique ni un désaveu de l’auteur et de ses écrits. Le livre « Noir Canada », lu par des milliers de lecteurs, aura atteint une visibilité inespérée.

De plus, compte tenu que 75% des compagnies minières internationales ont leur siège social au Canada, les révélations sur la toute-puissance de ces sociétés minières en matière d’exploitation abusive des ressources des pays africains auront suffisamment alerté le public québécois et canadien pour que s’installe une réflexion sur l’accès à la justice pour tous et sur les conséquences d’un musellement des petits face aux gros, limitant ainsi le droit à l’information et à la liberté d’expression.

Le gouvernement du Québec adoptera une loi anti-bâillon. Son application dans le cas de « Noir Canada » amènera Barrick Gold à proposer une entente hors cour.

« Le prix des mots » est un film efficace. Le cinéaste attentif rappelle les faits de façon concise et honnête. Il sait poser les bonnes questions. Il sait également s’effacer devant les protagonistes, les suivant pas à pas, sans s’interposer ni juger.

Le jeune réalisateur a su s’entourer de précieux collaborateurs. Parmi eux, apparaissent au générique les noms du regretté Magnus Isaacson et de Francine Pelletier qui ont agi à titre de conseillers à la scénarisation.

Après « Le réflexe juridique », un entretien avec Chris Tollefson, juriste et professeur de droit à l’université Victoria, à qui on doit l’élaboration de la première législation anti-slapp au Canada initiée dans les années 1990, le cinéaste engagé signe ici une deuxième production avec l’Office national du film.

Le prix des mots prend l’affiche le 8 février.

Copruduction MC2 Communication Media et ONF


|Un film de Julien Fréchette
4283|4363|Accueil_Actualités|Québec doit se doter d’une véritable politique industrielle|2013-02-01 08:23:43|IRÉC|

L’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) publie aujourd’hui un rapport de recherche Réflexion sur les fondements d’une politique industrielle pour le Québec qui pose les bases d’une véritable politique industrielle au Québec.

« Les statistiques sur le commerce extérieur du Québec montrent que l’exportation génère une grande activité économique et qu’elle permet de satisfaire une grande part de nos besoins par des marchandises importées de l’étranger. Cependant, un déficit commercial insoutenable de plus de 22 milliards de dollars s’est creusé entre la valeur des exportations du Québec et celle des importations. Il est essentiel de développer une politique industrielle qui permet à l’économie du Québec de redevenir compétitive même avec un dollar canadien à parité avec le dollar américain », a expliqué Pierre Gouin, économiste et chargé de projet à l’IRÉC.

Il utilise le critère de la valeur ajoutée retenue au Québec en proportion de la valeur totale du produit comme point de départ pour analyser l’intérêt relatif de différentes activités.

« Cette valeur ajoutée est considérée comme durable et la définition de la politique industrielle doit se faire dans la perspective d’une économie globale, poursuit-il. L’absence d’une véritable politique industrielle réduit la cohérence et l’efficacité des efforts consacrés au développement économique ».


Valeur ajoutée et ressources productives

Après avoir analysé l’évolution de la structure du commerce international du Québec de 1988 à 2011, l’économiste propose des politiques visant le développement des différentes ressources productives.

Comparativement aux activités manufacturières sophistiquées ou standardisées, l’économiste constate que les activités liées aux ressources naturelles et géographiques locales offrent des perspectives supérieures de stabilité et de durée en plus de permettre de dégager des rentes liées à l’offre limitée de ces ressources.

« L’exploration et le développement de ces ressources doivent se poursuivre, dit-il. Cependant, la rente du propriétaire doit être réservée au Québec. De leur côté, les efforts de spécialisation de la main-d’oeuvre contribuent à limiter les surplus de main-d’oeuvre non qualifiée en même temps qu’ils permettent la transition de l’économie vers des activités à plus forte valeur ajoutée et durable ».

En ce qui a trait au développement des activités de haute technologie, cela doit être fait de façon sélective, en tenant compte des risques de délocalisation de la part de multinationales et des perspectives de croissance de chacune des activités.

Pierre Gouin suggère de poursuivre la formation de spécialistes de haut niveau dans les principaux domaines de la technologie, le soutien à la R&D et l’appui aux entrepreneurs locaux qui ont de solides plans d’affaires.

« Par contre, dit l’économiste, les activités du secteur des produits manufacturiers standards n’offrent généralement pas une valeur ajoutée intéressante à l’exception notamment du raffinage de produits pétroliers pour lequel cependant les profits peuvent facilement être transférés à l’extérieur du Québec. Nous pouvons prévoir qu’une entreprise québécoise de raffinage serait à la merci de gros joueurs hostiles tant pour son approvisionnement en pétrole que pour la distribution en dehors du Québec et pourrait difficilement générer une forte valeur ajoutée sur une longue période. La meilleure façon de réduire la dépendance aux entreprises étrangères est de développer un entrepreneuriat local en mesure d’utiliser de façon optimale la plus grande part de nos ressources productives disponibles ».


Projets spéciaux

En conclusion, le chargé de projet de l’IRÉC voit d’un bon oeil le développement de projets de grande envergure de reconversion de l’économie comme l’électrification des transports, l’habitation écologique ou l’exploitation de la biomasse, car ils pourraient apparaître trop risqués aux investisseurs internationaux et exiger une injection majeure de capital local appuyée par une décision collective à cet égard.

« Les projets visant à diminuer la dépendance aux hydrocarbures permettraient aussi d’améliorer sensiblement la balance commerciale du Québec. Les rentes payées sont tellement élevées qu’il n’y a pas d’activité économique plus rentable que de réduire les importations de pétrole », a affirmé Pierre Gouin.

On peut télécharger le rapport de recherche sur le site de l’IRÉC à www.irec.net

|Devant un déficit commercial de 22 milliards de dollars
4284|4364|authebdo|L'aut'hebdo - 1er février 2013|2013-02-01 08:48:15|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

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Le prix des mots du Noir Canada
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4285|4365|Manchettes Mouvements_syndical|La recherche universitaire : une priorité sans lendemain|2013-02-04 07:13:58|Syndicat des employé(e)s de la recherche de l’UdeM|

Alors qu’un certain consensus semblait avoir été atteint à l’égard du sous-financement de nos universités, voici qu’aujourd’hui nous assistons à un spectaculaire retournement de situation comme en témoigne l’amputation sauvage de 124 M$ pour l’année en cours.

Cette mauvaise nouvelle, bien sûr dramatique pour la gestion des institutions, est tout simplement alarmante pour le milieu de la recherche universitaire qui voit ici s’allonger la liste des frappes à son endroit; compressions dans les subventions fédérales, réorientations vers des cibles industrielles puis coupes annoncées dans les Fonds Québécois de la Recherche (FRQ) allant de 13 % (Santé, Société et Culture) à 30 % (Sciences Naturelles et Génie).

À l'approche du sommet sur l'éducation, il nous semble important d’expliciter les incidences qu’auront de telles politiques sur la recherche universitaire, et tout particulièrement sur les milliers d’emplois qui s’y rattachent. Il ne s’agit pas ici de professeurs protégés par une permanence, mais bien d’employés à statut précaire, travaillant au sein d’équipes de recherche.

Prenant l’Université de Montréal à titre d’exemple, institution pour laquelle les données existent, ce sont environ 800 techniciens et professionnels de recherche hautement spécialisés qui œuvrent au sein de laboratoires et équipes universitaires de pointe.

De par leurs fonctions, ils veillent au quotidien des activités en assurant le suivi des travaux de recherche et offrent soutien et encadrement aux étudiants des cycles supérieurs et stagiaires postdoctoraux. La qualité de l’éducation supérieure en est entièrement tributaire et la négliger menace du coup la valeur de la formation et la diplomation.

On accole volontiers l’épithète de tour d’ivoire à tout ce qui grenouille à l’université : permanence d’emploi, conditions salariales élevées, avantages sociaux sans pareil et retraites alléchantes. Pourtant, il suffit de regarder les conditions de travail des employés de la recherche pour constater que tous ne vivent pas dans la même tour d’ivoire.

Contrairement aux autres employés universitaires, tous payés sur fonds courants issus d’enveloppes budgétaires récurrentes, les employés de la recherche sont quant à eux rémunérés à même les subventions de recherche, soit des enveloppes aléatoires attribuées par concours et sujettes à renouvellements (2 à 5 ans).

Avec un taux de succès inférieur à 20 % aux concours généraux, nul besoin de souligner l’état financier désastreux qui prévaut aujourd’hui dans les laboratoires de recherche ; les impacts profonds qu’ont de telles conditions sur les équipes en place sont évidents, à commencer par l’extrême précarité d’emploi qui caractérise le milieu.

De fait, les pertes y sont si courantes que la majorité de nos collègues ne cumulent pas plus de cinq années d’ancienneté avant de se retrouver à la rue. Inutile donc de parler d’une quelconque permanence dans de telles conditions. Et, bien sûr, une telle précarité s’associe à des conditions salariales inférieures.

À titre indicatif, la rémunération moyenne d’un professionnel sur fond de recherche à l’Université de Montréal est 25,6% inférieure à celle d’un professionnel du secteur public. Cette iniquité existe dans la plupart des Universités québécoises.

Bien sûr, nul ne peut se targuer d’avoir une gestion sans failles qui ne puisse être améliorée. L’optimisation des dépenses est une exigence constante, qui plus est lorsqu’intervient un financement public.

Pourtant, la détérioration du milieu de la recherche universitaire est déjà une évidence pour quiconque côtoie le milieu.

Aujourd’hui, nous coupons non seulement la main gauche par des ponctions générales aux universités, mais aussi la main droite par les frappes directes sur les subventions de recherche via les organismes subventionnaires.

Alors que 80 % des dépenses en recherches sont d’ordre salarial, il est évident que les coupes annoncées auront un impact dévastateur sur la pérennité des emplois, avant même de parler de la qualité de la recherche.

La recherche universitaire est un investissement collectif dont les visées sont à moyen et long termes, et mettre ainsi à mal son financement menace directement nos espoirs de prospérité pour les années à venir. Son importance sociale comme économique est indéniable. Elle influe, oriente et alimente le développement de notre société en agissant sur toutes les sphères de l’activité humaine. Elle est instigatrice de remarquables avancées industrielles qui donneront naissance aux fleurons de demain, les fruits de cette économie du savoir.

Or, la prospérité de notre recherche universitaire dépend directement du travail collectif des milliers de personnes qui la soutiennent, ce que semble oublier le présent gouvernement. Fondamentalement, ce qui est en jeu ici, ce ne sont pas seulement des emplois, mais aussi des expertises uniques sans compter la qualité de l’éducation au cycle supérieur ; c’est le rôle même des universités au sein de notre société qui est menacé.

À l’aube du sommet sur l’éducation supérieure, c’est à se demander si le gouvernement de Mme Marois réalise l’impact de ces coupes sauvages.

|Les employés de la recherche sont rémunérés à même les subventions de recherche
4286|4366|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|Pour une République du Québec|2013-02-04 07:23:35|Vladimir De Thézier|

Vladimir De Thézier est un Québécois d’ascendance haïtienne né et vivant à Montréal au Québec. Il est idéateur professionnel dans différents domaines culturels. Membre du conseil d'administration des Intellectuels pour la souveraineté et membre co-fondateur du parti souverainiste Option nationale, Vladimir plaide pour que des idées novatrices deviennent des pièces maîtresses du projet de pays.

Ce n’est pas un «Québécois de souche» qui m’a convaincu de devenir un indépendantiste, mais un Haïtien né à Port-au-Prince!

Québécois d’ascendance haïtienne né à Montréal, je fus un fédéraliste progressiste toute ma vie, jusqu'au jour où l'Accord de Charlottetown fût proposé en 1992 par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney pour convaincre le Québec de ratifier la Constitution du Canada.

Avant le vote, un ami de ma famille, un sociologue haïtien qui enseignait à l'époque au Cégep de Sainte-Foy, m'a expliqué pourquoi les Québécois devaient et allaient voter NON à l'accord. Par la suite, nous avons eu plusieurs conversations sur le Québec en tant qu'une des «neuf nations d'Amérique du Nord».

Il fut parmi un nombre inconnu d'intellectuels d'origine haïtienne au Québec qui sont devenus indépendantistes parce qu'ils ont la profonde conviction que c’est aller à l’encontre des idéaux républicains de leurs ancêtres que de s’opposer à la marche du peuple québécois vers son indépendance.

Cet homme a approfondi ma compréhension de la question nationale québécoise, jusqu'au jour où j'ai embrassé le projet de pays du Québec et voté OUI au Référendum de 1995 pour unir les Québécois de toutes origines sous la Constitution d'une République.


La République comme idéal

L'idéal républicain est l'idée que l'objectif d'un État et le sens même de son existence comme de ses décisions doivent être le bien commun.

À travers l'histoire moderne, l'abolition de la monarchie et des privilèges; la laïcité; la séparation des pouvoirs; la souveraineté du peuple; les droits, libertés, responsabilités et devoirs du citoyen; et le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique sur un pied d'égalité ont été promues comme devant être les principes fondamentaux de la Constitution d'un État pour assurer le bien commun. Une Constitution garantit la pérennité de l'idéal républicain à travers l'existence d'un peuple libre.

Une République est une forme de gouvernement qui peut être basée sur différents régimes politiques: régime parlementaire, régime présidentiel ou régime mixte de parlementarisme et présidentialisme. C'est donc au peuple de décider du type de régime politique qui lui permettra de mieux exercer sa souveraineté à l'intérieur de leur République.


Toutes les Amériques sont républicaines, sauf ici

La République est aujourd'hui la forme d'État la plus répandue : sur 193 pays, 136 sont des Républiques. Le Canada fait partie des exceptions en étant toujours une monarchie constitutionnelle avec un régime parlementaire dont la Constitution est très difficile à amender, ayant pour conséquence d'être un obstacle à une véritable réforme des institutions démocratiques du Québec pour le bien commun.

L'exemple le plus troublant de ce déficit de souveraineté populaire? Comme nous le rappelait l'avocat André Binette, «la démocratie directe exercée par les citoyens dans des référendums» n'existe pas dans le système juridique du Canada. «C'est pour cette raison que les référendums ne peuvent pas être décisionnels en droit canadien et que les législateurs et les tribunaux sont libres d'en interpréter la portée.»


La clé de voûte du projet de pays

Depuis plus de 50 ans, la principale justification avancée par le mouvement indépendantiste québécois est que le Québec est une nation qui se distingue par sa langue et donc mérite son indépendance nationale pour protéger son élément distinctif -- le fait de parler français dans une Amérique du Nord anglophone. Cependant, comme le déplore le politologue Marc Chevrier, cette revendication légitime n'a jamais été explicitement liée à l'idéal républicain des Patriotes d'une souveraineté populaire, d'une «conjonction des libertés individuelles et collectives au sein d'une communauté qui aspire à s'autogouverner - soit la Constitution d'un peuple libre».

Autrement dit, le but de l'indépendance du Québec ne devrait pas simplement être la protection de la langue française ou une fin en soi, mais la fondation d'une République du Québec dont la Constitution garantit que chaque citoyen détient une part égale de la souveraineté.


Rassurer nos concitoyens d'origines diverses

Au delà d'une loyauté envers le Canada en tant que terre d'accueil, d'une adhésion au libéralisme multiculturaliste de Trudeau et d'un réflexe de vouloir conserver un statu quo social, politique et économique auquel ils sont accoutumés, il ne faut pas sous-estimer une raison beaucoup plus émotive pour laquelle plusieurs de nos concitoyens d'origines diverses votent stratégiquement pour le Parti libéral du Québec et contre l'indépendance du Québec.

Ils ont très peur que la victoire du OUI lors d'un référendum «chèque-en-blanc» permette aux Québécois d’ascendance canadienne-française et de confession catholique d'établir une «ethnocratie», c'est-à-dire une façade de démocratie libérale cachant des politiques nationalistes-conservatrices de discrimination légale basée sur une «préférence nationale» pour les membres de la majorité ethnique et religieuse par rapport aux membres des minorités, notamment pour l'emploi, le logement et les services publiques.

Il faut donc cesser de croire que l'on peut dissiper ces angoisses profondes simplement avec des belles promesses qui sonnent faux ou par le recrutement de quelques hommes et femmes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pour donner l'apparence d'être inclusif et mieux se défendre contre des accusations d'ethnocentrisme.

La solution, sans être une panacée, est de tenir un référendum non pas sur une question de souveraineté mais sur la première Constitution de la République du Québec indépendant -- rédigée après une vaste consultation populaire -- qui définirait le peuple québécois comme incluant la majorité francophone d’origine canadienne-française, la minorité anglophone porteuse de droits historiques, et tous ceux nés ailleurs mais qui ont choisi de vivre au Québec, et qui sont invités à s’intégrer à la majorité francophone. Ce document fondateur cimenterait ensuite les droits et libertés de la personne ainsi que l'égalité politique de tous les citoyens, quelles que soient leurs origines. Finalement, cette constitution scellerait le devoir du peuple québécois de reconnaître l'existence et l'autonomie des Premières nations autochtones du Québec.


Ayant eu l'audace de prendre ce virage républicain, les historiens diront peut-être que la génération fondatrice du pays ne se souvenait plus que l'indépendance du Québec était impossible, alors elle l'a fait...

|Rassurer nos concitoyens d'origines diverses
4287|4367|Manchettes Mouvements_souverainiste|Amendements aux règles de succession royale|2013-02-05 08:15:01|Maxime Laporte, Mario Beaulieu et René Boulanger|

Maxime Laporte, LL. B., est étudiant à la maîtrise en science politique et coordonnateur du réseau Cap sur l’indépendance
Mario Beaulieu est président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
René Boulanger est écrivain et historien

Suite à une demande du gouvernement britannique adressée aux pays membres du Commonwealth, le parlement d’Ottawa s’apprête à voter une loi de nature constitutionnelle visant à modifier les règles de succession au trône canadien, occupé par la reine ou le roi d’Angleterre.

Des constitutionnalistes, dont le réputé Henri Brun, ont émis l’avis qu’il s’agissait rien de moins qu’un amendement à la Constitution exigeant l’accord du Québec.

Certains pensent même que le Québec pourrait détenir un véto sur cette question, ce qui est vraisemblable puisque la notion de « charge de la reine » édictée à l’art. 41 de la loi de 1982, lequel institue la procédure unanime de modification par les provinces et le fédéral pour « toute question » y afférant, est certainement indissociable de la notion d’habilité d’une personne à exercer cette « charge » royale; habilité que déterminent en grande partie les règles de succession.

Puisse la classe politique québécoise ne pas dormir au gaz sur cet enjeu !

Selon un autre scénario fort envisageable, cela pourrait créer un dangereux précédent en droit constitutionnel canadien en octroyant à Ottawa le pouvoir unilatéral d’amender certains documents constitutionnels datant d’avant la Confédération ou n’étant pas énumérés dans la définition de la Constitution du Canada prévue à l’art. 52. On peut penser à l’Acte de Québec et à divers autres traités, du moins à leur contenu normatif.

Or, depuis le rapatriement de 1982, la nouvelle procédure pour les amendements importants à la Constitution exige normalement que les législatures « provinciales » soient impliquées, et non que le fédéral décide seul de ces questions.

Toutefois, c’est bien ce qui se passera dans les prochaines semaines si nous restons inactifs, puisque la règle de droit écrit qu’entend modifier seul Ottawa, qui est contenue dans l’Act of Settlement de 1701, ferait effectivement partie de la Constitution canadienne comme l’a confirmé en 2003 un jugement de la Cour supérieure de l’Ontario, maintenu en Cour d’appel.

Ottawa invoque constamment son champ de compétence pour imposer au Québec des décisions qui affectent journellement la vie de ses citoyens. Et au moment où Ottawa a probablement besoin de nous pour modifier son régime impérial, allons-nous approuver?

Cette monarchie qui superpose et maintient en place tout l’édifice législatif de la nation canadienne n’a pas à faire l’objet de notre complaisance.

Faut-il rappeler à tous nos élus nationalistes que la première exigence du combat national, c’est de se battre?

Il s’avère que la constitution canadienne qui nous a été imposée de force demande cette fois notre accord pour que le monde britannique puisse continuer à jouer à la fée clochette ainsi qu’au star system monarchique.

Souvenons-nous que ce beau rêve impérial s’est toutefois fait sur notre dos, sur la mort de la Nouvelle-France, sur la pendaison des Patriotes, sur la subordination de la nation québécoise et sur la mise en tutelle des nations autochtones.

Après le refus cinglant d’Ottawa d’abroger la loi sur la clarté référendaire, le Québec a aujourd’hui une prise pour pouvoir dire « non, c’est assez, nous n’appartenons pas à ce monde ».

Allons-nous encore laisser passer cette chance de médiatiser internationalement notre lutte sous prétexte que nous ne sommes pas à Ottawa pour empêcher ce régime de fonctionner ?

Vive la République libre du Québec !

|Un dangereux précédent en droit constitutionnel canadien
4288|4368|Langue Manchettes|Marois se dissocie de Lisée|2013-02-05 08:45:17|Jean-Paul Perreault|

L’auteur est président d’Impératif français

Impératif français est heureux de l’appui obtenu suite à la diffusion grand réseau du communiqué « Nous mettons les lecteurs en garde : Les propos de Jean-François Lisée » propos dans lesquels Jean-François Lisée promeut et réclame sur les ondes de la station de radio de langue anglaise CJAD une défrancisation et une anglicisation plus poussée de la langue du travail au Québec, notamment à la Société de transport de Montréal (STM).

Nous remercions tous ceux et toutes celles qui sont intervenus dans la foulée de notre intervention ainsi que la SSJB de Montréal, le Mouvement Montréal français et de nombreux autres organismes pour leur appui.

Dans un deuxième communiqué repris à la fin de ce texte « L’anglais à la STM : une rétractation s’impose », Impératif français a demandé à la première ministre Pauline Marois qu’elle « rappelle son ministre à l’ordre » et que Jean-François Lisée se rétracte.

Mme Marois rappelle son ministre à l’ordre dans Le Devoir du samedi 2 février : « Pauline Marois a affirmé sa confiance envers son ministre responsable des relations avec la communauté anglophone, Jean-François Lisée, qui veut qu’on exige le bilinguisme des employés de la Société des transports de Montréal, qui sont en relation avec la clientèle. Or, elle a pris une tout autre position à ce sujet. « Je ne crois pas que c’est une avenue pour nous de soutenir le bilinguisme », a-t-elle dit à une journaliste anglophone.

Les affaires doivent se faire en français, tout comme les relations du gouvernement avec les citoyens, bien que son gouvernement entende respecter les droits de la communauté anglophone d’avoir accès à des services en anglais en matière de santé et de justice, notamment, a-t-elle dit en substance. « Nous ne sommes pas dans une société, dans un pays qui est bilingue. La langue officielle ici est le français », a-t-elle déclaré dans la langue de Shakespeare. »*

Quant aux rétractations du ministre Jean-François Lisée, elles se font toujours attendre!

|Mais la rétractation se fait toujours attendre!
4289|4369|Environnement Accueil_Analyses|Risques reliés aux hydrocarbures extracôtiers|2013-02-06 08:39:02|Coalition Saint-Laurent|

Le Commissaire à l’environnement et au développement durable (Vérificateur général du Canada) a publié aujourd’hui un rapport particulièrement critique sur la gestion des risques reliés aux hydrocarbures extracôtiers, entre autres dans le golfe du Saint-Laurent. Ce rapport confirme clairement les inquiétudes exprimées depuis plus de deux ans par la Coalition Saint-Laurent :

  • La capacité d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent est nettement inadéquate;
  • La garantie financière de $30 millions exigée des compagnies pétrolières pour contrer les dommages causés par un déversement est tout à fait insuffisante.

 Le rapport du Commissaire ne peut être plus clair, l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers, qui gère les activités pétrolières de Terre-Neuve dans le golfe du Saint-Laurent, démontre d’importantes lacunes au niveau de la surveillance environnementale, de la prévention, de l’intervention en cas d’accidents et au niveau de la capacité à effectuer des évaluations environnementales adéquates.

 « Alors que les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve s’activent pour ouvrir le golfe du Saint-Laurent à l’exploration pétrolière, ce rapport  nous confirme que nous ne sommes absolument pas préparés à faire face à tout incident lié avec cette activité extractive. Nous n’avons ni les ressources techniques pour prévenir ou réparer les dégâts, ni les garanties financières pour y faire face. Ce rapport est une véritable douche froide pour les communautés côtières qui dépendent de la santé du golfe pour leur bien-être », d’affirmer Danielle Giroux, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent.

 « Les dommages causés par l’incident Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, sont maintenant évalués à plus de $40 milliards. Comme l’indique le rapport, notre plafond de responsabilité de $30 millions, inchangé depuis 24 ans, ne reflète aucunement les coûts réels reliés à un déversement et expose la population canadienne à des répercussions financières importantes. Mais peu importe le montant des compensations financières, les dommages causés aux écosystèmes et aux communautés côtières sont souvent irréversibles, comme nous le montre clairement l’expérience de la marée noire dans le golfe du Mexique » de préciser Sylvain Archambault, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent.

 Enfin, la Coalition Saint-Laurent note que peu importe les mesures techniques ou financières mises en place, le risque d’un incident majeur demeure entier. « Ce qui ressort du rapport est un décalage de plus en plus grand entre le développement accéléré des ressources naturelles et la capacité du gouvernement fédéral à protéger l’environnement et de gérer les risques. Alors que le gouvernement fédéral devrait rehausser ses efforts en ce sens, il a plutôt choisi de démanteler des pans entiers de notre régime de protection de l’environnement et de la santé humaine. Ceci fait porter des risques inacceptables aux communautés du golfe du St-Laurent et à l’ensemble des Canadiens» de conclure Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki.

La Coalition Saint-Laurent regroupe des Premières Nations et des non-autochtones, provenant de 80 organismes et associations et plus de 4 500 individus issus de secteurs économiques variés et des 5 provinces côtières du golfe. Les membres de la Coalition demandent que soit décrété un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans l'ensemble du golfe du Saint-Laurent.

|Rapport accablant du Commissaire à l’environnement et au développement durable
4290|4370|Manchettes Mouvements_syndical|Journal de Montréal : deux ans après le lock-out|2013-02-06 08:43:59|Maude Messier|

« La CSN vit au temps des chevaliers. Elle savait que ce serait un duel, mais s’attendait à ce que ça se passe selon les règles chevaleresques. Mais l’adversaire, c’était Rambo en personne, le couteau entre les dents, qui applique une politique de la terre brûlée. » - Patrick Gauthier, ex-lock-outés du Journal de Montréal.

Le 26 février 2011 marquait la fin du plus long conflit de travail de l’histoire des médias québécois. Les lock-outés du Journal de Montréal entérinaient à 64,1 % les offres patronales, après 764 jours passés à la rue.

Pourquoi en parler encore deux ans plus tard? Parce que le sujet n’est pas clos, sous bien des angles.

Le système de relations de travail en vigueur au Québec repose sur l’équilibre dans les rapports de force entre les parties syndicale et patronale. Au Journal de Montréal, comme au Journal de Québec et ailleurs, c’est là que le bât blesse : la loi devant empêcher l’embauche de travailleurs de remplacement, de «scabs», pour faire le travail de ceux qui sont dans la rue est désuète et ne remplit plus son mandat.

Si les dispositions de la loi anti-briseurs de grève ne sont pas modernisées, d’autres conflits comme ceux des deux grands quotidiens de Québecor surviendront encore, laissant des travailleurs à la rue pendant des mois sans que ça n’affecte vraiment l’employeur.

Au Journal de Montréal, Québecor a utilisé le travail des journalistes de l’extérieur, de l’Agence QMI notamment, pour alimenter en contenu ses pages. Elle a maintenu, et même augmenter, son tirage, tout en économisant sur la masse salariale.

Patrick Gauthier a débuté comme chroniqueur en 1988 au quotidien de la rue Frontenac, puis y a travaillé comme journaliste et, finalement, à titre de chef de pupitre. Sollicité par le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM-CSN), il s’implique dès le printemps 2008 dans le comité de mobilisation en vue des négociations. Le conflit, il l’a vécu de l’intérieur; comme travailleur, lock-outé et militant.

Dans une entrevue accordée à l’aut’journal, il soutient que le conflit ne se serait pas éternisé de la sorte si les dispositions de la loi avait été actualisées. Il n’est pas convaincu qu’il y aurait même eu un conflit.


Pour la suite, prévenir plutôt que guérir

Quand on lui demande si le conflit au Journal de Québec a servi d’«école» pour Québecor en préparation des négociations pour le Journal de Montréal, Patrick Gauthier répond par l’affirmative. « Ils se sont préparés, ils ont fait leur plan de contingence. Faire faire le travail de l’extérieur, c’est là que ça a été testé. »

C’est la notion d’«établissement» qui pose spécifiquement problème, ou plutôt, l’absence de définition du terme, d’où les litiges d’interprétation.

En vertu du Code du travail, un employeur ne peut « utiliser, dans l'établissement où la grève ou le lock-out a été déclaré, les services d'une personne à l'emploi d'un autre employeur ou ceux d'un entrepreneur pour remplir les fonctions d'un salarié faisant partie de l'unité de négociation en grève ou en lock-out ».

Or, cette notion date de 1977, soit bien avant la venue d’Internet et la multiplication des technologies qui favorisent le travail à distance.

La Commission des relations du travail (CRT) a rendu, en décembre 2008, une décision favorable au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représentait les syndiqués du Journal de Québec. Pour Patrick Gauthier, cette décision de la commissaire Bédard établissait une interprétation de la notion d’établissement « juste et moderne, qui respectait l’esprit de la loi, mais pas la lettre. Il y a des juristes qui s’en sont donné à cœur joie. »

Dans sa décision, la commissaire Bédard stipule que « dès le début du conflit, on a créé de toutes pièces une structure permettant de faire faire le travail des journalistes en lock-out par d’autres journalistes. Ces structures ont été mises en place dans le but de continuer à publier le Journal malgré le conflit. »

Surtout, la décision reconnaissait que le travail des journalistes et des photographes, entre autres, n’est pas confiné uniquement à l’intérieur d’un lieu physique, mais bien en plusieurs endroits : conférences de presse, Centre Bell, la Tribune de la presse du Parlement, etc.

Autrement dit, l’utilisation des travailleurs de remplacement et la publication de textes par l’entremise de Canoë et de l’Agence QMI, la réalisation de l’infographie du Journal de Montréal par la boîte Côté Tonic, la comptabilité à Saint-Jérôme, la page «5 minutes» à Paris et la révision linguistique à Québec et à Blainville, représentaient autant de pratiques ainsi jugées illégales par la CRT.

Cette décision a toutefois été renversée en Cour Supérieure du Québec en septembre 2009, soit huit mois après le déclenchement du lock-out au Journal de Montréal. Pour la partie syndicale, cela signifiait la perte de facto de son rapport de force.

Patrick Gauthier rappelle que les nombreux chroniqueurs ont poursuivi leur collaboration, malgré le conflit, « ce qui a permis de conserver une personnalité au journal pendant le conflit, bien qu’il ne soit plus réalisé par ses artisans. Les gens avaient l’impression d’avoir leur journal quand même. C’était une sorte de bel emballage brillant et bruyant. »

L’ironie, c’est qu’une des préoccupations syndicales au début des négociations était justement les balises de la libre circulation des contenus sur les différentes plateformes et journaux. M. Gauthier explique que la convention collective balisait jusque-là l’utilisation du travail des journalistes et des photographes. « Mais pour cette négo, c’est aussi l’alimentation du journal en contenu par les autres plateformes, dont l’Agence QMI qui nous préoccupait. Québecor voulait faire rouler le pipeline dans les deux directions. »

Le lock-out et les dispositions inadéquates de la loi anti-briseurs de grève ont justement permis de mettre en œuvre la salle de nouvelles telle que souhaitée par Québecor.


Stratégie syndicale

« On a vraiment senti un changement d’attitude, quandt ça a fait deux ans. Comme une barrière psychologique… Comme si on avait atteint la date d’expiration du conflit. Pourtant, c’est là que ça commençait… »

Quand on lui demande s’il est amer en repensant à l’issue du conflit, Patrick Gauthier sourit. « Écoute, on était à peu près cinquante qui auraient tout donné, malgré la désaffection de 80 % des autres. À un moment donné, je me suis retourné et j’ai compris que les autres ne suivaient plus, que c’était fini. Quand ça fait deux ans… On ne pouvait pas continuer seuls. »

L’offre patronale, qui a finalement été entérinée le 26 février 2011, n’était finalement pas très différente de celle rejetée à 89,3% quatre mois auparavant. Pourquoi la CSN a-t-elle présenté cette offre? « C’est ce que je disais plus tôt sur la motivation des gens. Quand la CSN a senti que la majorité était tannée, ça s’est arrêté là. Pierre Karl Péladeau a eu ce qu’il voulait, il a détruit un syndicat. »

Sur le plan stratégique, on a reproché beaucoup de choses à la CSN, dont le manque de « mordant », ou d’innovation dans ses moyens de pression. De toute évidence, l’appel au boycott du Journal de Montréal n’a pas eu les effets escomptés. Doit-on blâmer la CSN pour ses stratégies dans le conflit?

« La force de la CSN, c’est précisément l’autonomie qu’elle confère à ses syndicats. Dans mes fonctions au comité de mobilisation, j’ai toujours senti qu’on avait la liberté de faire ce qu’on voulait localement. Mais il faut être clair là, si on parle de moyens de pression et de rapport de force, on n’en avait juste pas de rapport de force! »

Sur le plan juridique, Patrick Gauthier croit que la CSN a sous-estimé la « férocité » et la « rage » de son adversaire.

« La CSN vit au temps des chevaliers. Elle savait que c’était un duel, mais s’attendait à ce que ça se passe selon les règles chevaleresques. Mais l’adversaire, c’était Rambo en personne, le couteau entre les dents, qui applique une politique de la terre brûlée. »

Par exemple, alors que la première partie du conflit reposait justement sur une bataille juridique, il indique que Québecor a créé une filiale juridique de 4 ou 5 avocats qui se consacraient spécifiquement au conflit. Le STIJM bénéficiait du soutien du service juridique de la CSN, au même titre que tous les autres syndicats. « Je comprends, mais c’est une unité de crise que ça aurait pris. Il aurait fallu être à armes égales, et ce n’était pas le cas. »

Il affirme ne pas avoir de rancoeur envers la CSN et insiste sur le fait que Pierre Karl Péladeau n’est pas un adversaire comme les autres. « Hey, on en a fait des affaires! La plupart des employeurs seraient revenus à la table de négociations pour ne pas nuire à leur image, lui il mordait plus fort! C’était difficile de prévoir ses orientations, il ne réagissait jamais en vrai chef d’entreprise. Il avait toujours des réactions surprenantes, très émotives. »


Un syndicat « bicéphal »

Le STIJM représentait deux catégories distinctes d’employés : ceux de la rédaction et les employés de bureau.

Patrick Gauthier rappelle que les demandes patronales initiales ne comportaient pas de coupures de postes dans la salle de rédaction. « Au contraire, il y avait des ajouts, une douzaine de postes si je me souviens, en prévision justement de l’expansion de l’utilisation des plateformes web. Les coupures concernaient surtout les filles des petites annonces et la comptabilité. Ça représentait environ 90 postes. »

À son avis, pour se débarrasser des petites annonces, l’objectif initial si l’on en croit les demandes patronales, la direction a misé sur la tactique de la division.

Au journal depuis 1988, M. Gauthier affirme que la salle de rédaction n’avait jamais été aussi jeune. « Près du tiers des employés n’avaient pas trente ans. Il [l’employeur] s’est dit qu’une partie des employés n’avaient pas d’attachement historique avec ces filles-là. Que les jeunes ne voudraient pas se retrouver dans la rue pour sauver les jobs à 65 000 $ pour des gens qui n’ont pas de secondaire 5. »

Dès le dépôt des demandes patronales, la première action du STIJM a été de rassembler les employés visés par les coupures dans la salle de rédaction.

« Pour plusieurs, c’était la première fois qu’ils se voyaient. Ça permettait de mettre un visage sur un titre d’emploi. Le Journal de Montréal, ce sont elles! Tu ne peux pas juste dire ‘‘merci bonsoir’’ trente ans plus tard. »

Le Journal de Montréal, fondé dans la foulée de la grève des typographes de La Presse en 1964, s’est historiquement établi et enrichi grâce aux annonces classées.

À une autre époque, alors que le rapport de force se trouvait du côté des petites annonces, les autres employés en ont bénéficié pour améliorer leurs conditions de travail.

« Cette solidarité était un juste retour des choses, explique-t-il. Ça a marché pendant deux ans. »

Quoiqu’on en dise, le lock-out au Journal de Montréal s’est soldé par une défaite cuisante pour l’ensemble du mouvement syndical québécois, qui n’a pas fini d’en subir les conséquences. Au-delà du Journal de Montréal, l’empire médiatique de Québecor, c’est aussi le porte-étendard idéologique d’un anti-syndicalisme véhiculé via toutes ses plateformes.

Du Journal de Montréal aux journaux de Sun Media, en passant par Canoë et TVA, l’acrimonie envers les travailleurs syndiqués est réelle. La surexposition des idées de l’Institut économique de Montréal, des récriminations du Conseil de patronat et des chroniques vilipendant les travailleurs de la fonction publique et parapublique sont légion.

L’importance de l’opinion publique dans un conflit de travail ne doit pas être sous-estimée, la hargne de l’adversaire non plus. La convention collective au Journal de Québec arrive à échéance en août prochain; à suivre.

|Retour sur une défaite cuisante et amère pour l’ensemble du mouvement syndical
4291|4371|Manchettes Mouvements_souverainiste|La promotion de l’indépendance passe par les États généraux sur la souveraineté|2013-02-06 09:02:00|Marc Laviolette et Pierre Dubuc|

Respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

Les 9 et 10 février prochains, se tiendra le Conseil national du Parti Québécois avec, à l’ordre du jour, l’adoption d’un plan de promotion de la souveraineté. Nous croyons, au SPQ Libre, que le Parti Québécois doit aller au-delà de l’habituel plan de marketing publicitaire et investir des ressources militantes et matérielles dans la phase 2 des États généraux sur la souveraineté du Québec, dont le Grand Rassemblement national est prévu pour ce printemps.

Le SPQ Libre a été parmi les premiers organismes à proposer à l’été 2011 la tenue des États généraux sur la souveraineté. Mme Marois y a donné suite en demandant au Conseil de la souveraineté de les organiser.



L’ossature d’une organisation de masse

Au cours des derniers mois, les commissaires ont tenu des assemblées dans toutes les principales régions du Québec, réussissant, à chaque occasion, à réunir les principaux leaders souverainistes, toutes affiliations politiques confondues, et à identifier avec eux les blocages identitaires et linguistiques, économiques, fiscaux, structuraux, institutionnels et constitutionnels du système canadien au développement du Québec.

Au terme de l’exercice, nous pouvons affirmer que nous avons là l’embryon de l’ossature d’une véritable organisation souverainiste de masse, englobant des militantes et des militants indépendantistes de toutes allégeances (PQ, QS, ON, etc.), avec un énorme potentiel de mobilisation contre les politiques anti-Québec du gouvernement fédéral, tout en faisant la promotion de l’indépendance du Québec.



Un vide à combler par la société civile

Dans les régions du Québec, la quasi-disparition du Bloc Québécois a laissé un grand vide politique et les indépendantistes se retrouvent présentement orphelins sur la scène politique fédérale.

Il est vrai que, du côté de la société civile, nous avons un grand nombre d’organisations syndicales, communautaires, écologistes et nationalistes, mais leurs préoccupations et leurs actions sont déterminées par leur raison d’être, et leurs regards sont en général tournés vers le gouvernement du Québec, plutôt que vers celui d’Ottawa.

En Catalogne, ce sont les organisations de la société civile qui sont à l’origine de l’extraordinaire mobilisation populaire qui a mis à l’ordre du jour un référendum sur l’indépendance et fait élire au parlement une coalition souverainiste majoritaire. Inspirons-nous de leur expérience!



Pour une organisation de masse tournée vers l’action

Quelles pourraient être les activités d’une telle organisation? Elle devrait, selon nous, faire la « pédagogie de la souveraineté » par l’action directe en lien avec l’actualité politique. Donnons-en trois exemples tirés de l’actualité récente.

  1. L’assurance-emploi. D’importantes mobilisations sont en cours dans les différentes régions du Québec contre la réforme du gouvernement Harper. Deux approches s’affrontent quant à la solution. L’une, prônée par le NPD et les Libéraux, réclame des modifications à la loi. L’autre, mise de l’avant par le Conseil National des Chômeurs et le Parti Québécois, demande le rapatriement au Québec de l’assurance-emploi.


  1. L’aide internationale. Le gouvernement Harper vient de passer à la moulinette les budgets des organismes de coopération internationale. Au Québec, plusieurs de ces organismes, regroupés entre autres dans l’AQOCI, ne revendiquent plus le rétablissement de ces budgets, mais plutôt la prise en charge du domaine de la coopération internationale par le gouvernement du Québec. C’est un changement d’orientation majeur.


  1. Idle No More. Les jeunes et les femmes autochtones sont à l’origine d’un grand mouvement de revendications qui devrait nous interpeller, étant donné l’enjeu stratégique capital que constitue la question autochtone pour l’indépendance du Québec.


Une organisation de masse, issue des États généraux sur la souveraineté, s’impliquerait activement sur ces trois questions. Dans chaque région, elle participerait activement à la mobilisation populaire contre la réforme de l’assurance-emploi, tout en expliquant la nécessité de son rapatriement à Québec.

Dans le cas de l’aide internationale, elle organiserait des conférences, des débats, des colloques avec des représentants des organismes de coopération internationale pour faire le procès de la politique étrangère du gouvernement Harper et esquisser les grandes lignes de ce que pourrait être une politique étrangère d’un Québec indépendant.

Sur la question autochtone, des représentants du mouvement Idle No More seraient invités à des rencontres, particulièrement dans les régions où il y a une présence autochtone, pour échanger, de « nation à nation », avec les citoyens québécois sur nos revendications respectives face à Ottawa et examiner les avenues pour une lutte commune.



Préparer la Constituante

Dans plusieurs assemblées régionales, lors de la tournée des États généraux, des intervenants ont proposé, comme deuxième phase de ses travaux, la mise sur pied d’une Assemblée constituante.

À notre avis, seule sa mise sur pied par le gouvernement du Québec ou l’Assemblée nationale peut assurer la légitimité d’une telle Assemblée constituante. Cependant, rien ne nous empêche de la préparer dès maintenant, en s’inspirant, encore là, de l’actualité.

La question de la répartition des pouvoirs entre le gouvernement central et les instances politiques régionales est un sujet brûlant d’actualité dans toutes les régions du Québec. Comment s’inscrirait-elle dans la constitution d’un Québec indépendant?

Le statut de la minorité anglophone dans une future constitution québécoise est un enjeu crucial. Pourquoi ne pas l’aborder dans le cadre du débat linguistique initié par les modifications apportées à la Loi 101?

Quel régime pour un Québec indépendant? Présidentiel ou parlementaire? Quelle répartition des pouvoirs permettrait, dans le cas d’un régime présidentiel, d’éviter une crise institutionnelle comme celle qui se vit actuellement entre le Congrès et la présidence aux États-Unis? Ou, dans le cas d’un régime parlementaire, de contrer la concentration des pouvoirs entre les mains d’un premier ministre, comme c’est le cas à Ottawa?

Il ne s’agirait pas d’arriver à une conclusion définitive, mais de soumettre à la réflexion des indépendantistes deux ou trois alternatives. Plus tard, l’Assemblée constituante tranchera.

En Catalogne, le mouvement indépendantiste a réussi à intéresser les intellectuels du pays aux différents aspects de l’accession à l’indépendance. Pourquoi ne pas remobiliser les nôtres? Sur les différentes questions mentionnées précédemment, et sur bien d’autres, dans une perspective préparatoire d’une Constituante, des colloques pourraient être organisés, des écrits publiés.

Aux États-Unis, dans le cadre du débat sur l’adoption de la Constitution, Alexander Hamilton, James Madison et John Jay ont publié les Federalists Papers, plus de 85 articles sur les différents volets du projet de constitution. Encore aujourd’hui, la Cour Suprême des États-Unis s’y réfère dans ses interprétations de la constitution. Pourquoi n’aurions-nous pas nos Écrits souverainistes?


L’avenir des États généraux entre les mains du Parti Québécois

Au printemps, plus de 600 délégués des quatre coins du Québec se réuniront pour faire le bilan de la phase 1 des États généraux et décider de la phase 2. Avec ce texte, nous proposons une orientation pour cette deuxième phase. D’autres avenues sont possibles. Le Grand Rassemblement en disposera.

Mais, peu importe l’orientation choisie, toute cette démarche des États généraux sur la souveraineté du Québec ne peut se poursuivre sans un soutien militant et financier du Parti Québécois. Sans un tel appui, elle se retrouvera, inexorablement et malheureusement, sur une tablette au grand musée souverainiste des projets inachevés.

|Une proposition pour le Conseil national du Parti Québécois
4292|4372|Manchettes Mouvements_syndical|Journal de Québec : une véritable négociation est-elle aujourd’hui possible?|2013-02-07 08:06:18|Maude Messier|

La convention collective des employés du Journal de Québec viendra à échéance le 6 août prochain. À l’approche des négociations, impossible de ne pas revenir sur ce qui a été un temps le plus long conflit de l’histoire des médias au Québec, avant d’être « délogé » par le lock-out au Journal de Montréal.

Denis Bolduc a travaillé au Journal de Québec comme journaliste dès 1986, puis il est devenu chef de pupitre. Celui qui était président du syndicat de la rédaction pendant le lock-out et porte-parole pour l’ensemble des syndicats du quotidien en conflit de travail est aujourd’hui secrétaire général du Syndicat canadien de la fonction publique, section Québec (SCFP).

En entrevue à l’aut’journal, il est sans équivoque : l’issue du lock-out est une victoire pour le syndicat. « Dans les médias, à la suite d’un conflit de travail, ce qu’on entend, c’est souvent les gains de l’employeur. Dans notre cas, même si on a dû faire une grosse concession, on a fait des gains quand même. »

À propos du fait que la semaine de travail est passée de 32 heures à 37,5 heures sans compensations, il explique que le syndicat a réussi à obtenir notamment la création d’un plancher d’emploi de 8 photographes, le retour des petites annonces (en sous-traitance à Kanata, près d’Ottawa) et des balises pour la circulation des contenus sur les différentes plateformes de Québecor.

Après 16 mois de conflit, les parties syndicales et patronales ont convenu d’une entente « somme toute satisfaisante, surtout si l’on tient compte du contexte. Même l’employeur a déclaré publiquement qu’il a pu mettre en place des dispositifs pour assurer l’avenir de l’entreprise. »

Denis Bolduc soutient pourtant que les lendemains de la signature n’ont pas été si gais. « Il y a eu beaucoup de difficultés. Moi, naïvement, je pensais que ça irait assez bien, sauf peut-être pour quelques petits éléments qui pouvaient générer des divergences d’interprétation. Mais non. »

Il affirme que l’employeur a carrément tenté d’outrepasser des clauses pourtant claires de la toute nouvelle convention, comme le fait que les articles du Journal de Québec utilisés sur d’autres plateformes doivent être clairement identifiés, ce qui n’est pas toujours le cas. « Ils les signent Agence QMI. Les choses qui ne font pas leur affaire, ils font comme si elles n’existent pas. Au quotidien, ce sont des irritants majeurs pour les travailleurs. Tu as une entente que tu n’arrives pas à faire respecter, ce n’est rien pour rétablir un lien de confiance. »

M. Bolduc indique toutefois ne pas vouloir s’immiscer dans les affaires du syndicat qu’il ne préside plus. « Il y a une équipe en place et des négociations qui s’en viennent. Je parle pour les deux années où j’ai été là après le conflit. »

Après le lock-out au Journal de Québec, puis au Journal de Montréal, une négociation « normale » est-elle vraiment possible? « Disons qu’il y a lieu d’être méfiant encore. » Il ajoute qu’il y aurait des signes à l’effet que Québecor chercherait à donner « une place importante » au Journal de Québec dans l’organisation de l’entreprise. À son avis, s’il y a vraiment des signes en ce sens, les négociations pourraient bien aller.

« Mais le syndicat ne se laissera pas bulldozer. Le multiplateforme, on a rien contre, il ne faut juste pas que ce soit un prétexte pour attaquer les conditions de travail des employés et défoncer un syndicat. La dernière fois, c’était ça la volonté de Québecor. »


Orchestrer le parfait lock-out

Dès le début du conflit, il apparaissait évident que 14 cadres ne pouvaient pas faire le travail de 67 employés. Pourtant, le journal était publié quotidiennement. Denis Bolduc se souvient que l’Agence QMI a été lancé à cette époque. « On appelait ça la machine à blanchiment de textes et de photos. »

Le journal était aussi alimenté par d’autres agences comme Nomade et Keystone. « On voulait faire la démonstration que c’était orchestré par Québecor. Que les directives venaient de Québecor, que ces gens faisaient le travail des lock-outés et couvraient pour les besoins du journal. On a fait la démonstration de ça et la CRT l’a reconnu. »

Dans un jugement favorable au syndicat rendu le 12 décembre 2009, la Commission des relations du travail (CRT) reconnaissait le stratagème mis en place par Québecor pour contourner la loi. Il reconnaissait aussi que la notion d’« établissement », qui n’est pas définie dans les dispositions anti-briseurs de grève, devait être interprétée comme là où le travail se fait, et non pas être limitée au bâtiment, ou lieu physique de l’entreprise.

« Ce jugement transpirait le bon sens. Même si les gens n’allaient pas s’asseoir directement dans la chaise du Journal de Québec au palais de justice, ils couvraient le palais de justice pour le Journal de Québec. Ce n’est pas compliqué ça! »

La décision a cependant été renversée par la Cour Supérieure du Québec en septembre 2009, soit après la fin du conflit et en plein lock-out au Journal de Montréal, puis maintenue en Cour d’appel. La Cour Suprême a refusé d’entendre la cause.

Pour Denis Bolduc, si la loi était interprétée à la lumière du jugement Bédard du CRT, elle ne poserait pas de problème. « On la trouverait convenable à tout le moins, ce qui est préférable à la situation actuelle. Mais en raison de ce qui s’est passé, on est rendu à dire que pour que la loi anti-scabs soit efficace, il faut la réviser. »

Précisons que, puisque la décision de la CRT a été renversée, Québecor ne peut être accusée d’avoir violé le Code du travail en ayant recours au travail de scabs, à proprement dit. Un règlement hors cour, dont la teneur demeure confidentielle, est intervenu en décembre dernier, mettant fin à une poursuite intentée par des journalistes de l’Agence Canoë contre le syndicat de la rédaction du Journal de Québec.

En comparaison avec le Journal de Montréal, la question de la révision de la loi anti-briseurs de grève s’est surtout imposée après le conflit, le syndicat ayant, dans un premier temps, bénéficié d’une décision favorable de la CRT.

Désormais secrétaire général du SCFP-Québec, Denis Bolduc admet qu’il n’y a pas de démarches en cours dans son organisation syndicale quant au dossier de la modernisation de la loi anti-scabs, « mais ça demeure dans nos cartons. »

Il déplore que le projet de loi 399, déposé par le Parti Québécois en décembre 2010, soit mort au feuilleton. Le projet de loi prévoyait qu’une entreprise ne pourrait utiliser le produit du travail de d’autres salariés qui travaillent dans une autre entreprise pour remplacer ses employés en grève ou en lock-out, et ce, même à l’extérieur de l’établissement.


MédiaMatin Québec

L’embauche de 14 cadres supplémentaires deux jours avant la date butoir au-delà de laquelle ils ne pouvaient « être utilisés » en cas de conflit de travail, a confirmé, pour le syndicat, que Québecor se préparait pour un lock-out.

« Légalement, ils ne pouvaient pas déclencher un lock-out avant la mi-janvier 2007. On est passé en mode action et on s’est assuré d’être prêts pour cette date. On souhaite le moins pire, mais on se prépare au pire. C’est ce qu’on a dit aux membres. »

Le lock-out a été décrété le 22 avril 2007, un dimanche matin. Le plan était déjà fignolé : le premier quotidien distribué gratuitement à Québec, MédiaMatin Québec. « On a fait imprimer un numéro zéro pour présenter aux membres. J’ai eu les 500 copies dans le sous-sol chez-nous pendant trois mois, dans les caisses, et j’espérais ne jamais être obligé de les ouvrir. »

Des trois sections locales du SCFP en négociation, seules deux étaient mises à la rue : la rédaction et les employés de bureau. « C’était une stratégie de division. On avait prévu tous les scénarios. Les travailleurs de l’imprimerie ont voté la grève dans une proportion de 98% en solidarité avec les autres le matin même. »

En pleine assemblée, des « camelots » sont entrés dans la salle et ont distribué le fameux numéro zéro. « Le monde se tapait sur les cuisses. Ils étaient prêts à commencer dès le lendemain. Personne dans les médias à Québec ne comprenait ce qui se passait. Il y avait un lock-out, personne devant le Journal de Québec, juste moi qui donnait des entrevues. Les journalistes et les photographes étaient sur le terrain. Évidemment, la consigne c’était motus et bouche cousue. »

12 750 000 copies distribuées gratuitement, du lundi au vendredi, durant les 16 mois de conflit. « Ce qui a permis de rétablir le rapport de force, c’est le succès de MédiaMatin Québec. On avait fait le choix éditorial d’avoir presque qu’exclusivement des nouvelles de Québec. » Ce qui, de toute évidence, répondait à une demande de la population de la ville.

« Une dame, dans la Basse-Ville, arrivait avec du café tous les vendredis matins pour ceux qui distribuaient le journal. C’est mieux que des bêtises dans une radio poubelle! »

Québec n’est pas spécialement un environnement propice et favorable aux syndicats, ce qui aurait pu constituer une difficulté supplémentaire pour les lock-outés à s’adjoindre l’opinion publique. « On avait assez d’être en conflit de travail, on n’avait pas besoin d’avoir l’opinion publique contre nous. Pas besoin en ouvrant la radio chaque matin, de se faire crier des noms ou dire qu’on est paresseux. J’ai toujours dit aux membres : un conflit propre. »

Avec les années de recul, Denis Bolduc explique que le plus difficile à vivre dans un conflit de travail, c’est l’aspect psychologique. « C’est drôle à dire, mais ce qui est difficile, c’est que c’est du vent. C’est une bulle d’air. Ça se passe dans ta tête. Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi ils ne négocient plus? Quand est-ce que ça va se régler? C’est toujours là, ça roule tout le temps. Et l’employeur joue avec ça. »

Il cite en exemple le fait que l’employeur ait convié le syndicat à un blitz de négociations juste avant la période des Fêtes. « Ça crée beaucoup d’espoir. Pendant un mois, l’échelle d’espoir augmente tout le temps : « Hey, ça doit bien aller, on n’en entend pas parler. » Jusqu’au jour où, tu es obligé d’annoncer qu’il n’y a rien. C’est planifié, ce sont des stratégies de négos. »

Et le retour au travail? Le syndicaliste soupire longuement. « Vous savez, des gens qui étaient là depuis 25, 30 ans, c’était légion. Il n’y a pas eu de conflit au Journal de Québec en quarante ans. Il y avait beaucoup de colère et d’amertume. Plusieurs se sont carrément sentis trahis par l’employeur. Ça laisse des traces. »

|Entrevue avec Denis Bolduc, président du syndicat de la rédaction lors du lock-out
4293|4373|Manchettes Mouvements_syndical|Val-Jalbert… inacceptable!|2013-02-07 08:22:52|Réjean Porlier, Richard Perreault, Ginette Paul, Benoît Bouchard|

Réjean Porlier, Président provincial, Syndicat des technologues d’Hydro-Québec (SCFP 957)
Richard Perreault, Président provincial, Syndicat des employé-e-s de métiers d’Hydro-Québec (SCFP 1500)
Ginette Paul, Présidente, Syndicat des employé-e-s de techniques professionnelles et de bureau d’Hydro-Québec (SCFP 2000)
Benoît Bouchard, Président, Syndicat des spécialistes et professionnels d’Hydro-Québec (SCFP 4250)

Lorsque nous avons dénoncé le recours à la petite production privée au Québec, d'abord parce que ça trahissait l'engagement de l'élection référendaire de 1963 qui a mené à la nationalisation de l'hydro-électricité, on nous a traités de corporatistes.

Nous dénoncions particulièrement le caractère privé des projets, mais aussi le fait que les contrats étaient secrets. Nous prétendions aussi qu'Hydro-Québec n'avait pas besoin de cette énergie.

Comment pouvons-nous sérieusement parler de développement durable lorsque pour 2, 5, 10, 16 ou même 40 mégawatts, on bétonne une rivière, sachant que cela n'aura absolument aucun impact sur la réalisation des grands projets qui suffisent à la demande?

Nous avons toujours dénoncé cette filière, qui, de notre avis, servait davantage les intérêts politiques qu'énergétiques. Tout le monde voulait son petit barrage dans sa cour et les politiciens n'avaient qu'à passer la commande à la société d'État.

Les présidents d'Hydro-Québec ont toujours été formels à ce sujet : « La commande est politique », bien conscients que ces projets n'apportaient aucune plus-value à la sécurité énergétique.

Des contrats garantis d'achat sur de très longues périodes, sans le moindre risque... On peut comprendre la frénésie.

Les partis politiques se sont succédé et les partisans de cette filière ont toujours refait surface, les premiers promettant devant la controverse suscitée qu'il s'agissait de la dernière vague de projets.

Val-Jalbert ne sera pas différent des autres. On promet encore une fois que ce sera le dernier, mais détrompez-vous, il y en aura bien d'autres. Imaginez, si c'est possible sur un site patrimonial classé...

Lorsque nous avons mené la bataille pour la nationalisation de l'énergie éolienne, on nous a aussi traités de corporatistes. Nous dénoncions encore une fois le caractère privé des projets nous distançant encore davantage des ambitions de René Lévesque, mais nous en avions aussi contre un déploiement complètement anarchique de la filière, contre des coûts de production élevés, en partie à cause de la fragmentation des appels d'offres et du manque de vision du gouvernement.

L’occasion était excellente d’exiger que les turbines soient construites au Québec plutôt qu'uniquement des pièces de structure, ce qui aurait créé chez nous des emplois de bonne qualité.

Encore une fois, la petite politique a pris le dessus, chacun en voulant dans sa cour avec espoir d'en retirer le magot, et le gouvernement s'est prêté au jeu. Plusieurs ont été déçus et c'est plutôt la controverse qui s'est installée à gauche et à droite, à l'image des petites centrales privées.

Et voilà, le rideau est tombé: comme l'explique Pierre Couture dans le Soleil du 15 janvier dernier (« Les surplus d'Hydro-Québec vont coûter une fortune »), la société d'État devra acheter de l'énergie dont elle n'a pas besoin à un prix passablement plus élevé que celui auquel elle peut la revendre, avec pour conséquence une perte annuelle d'environ 500 millions de dollars. On parle d'une facture qui pourrait atteindre 4,5 milliards d'ici 2020.

Depuis quelque temps, certains acteurs économiques s'appliquent à dénoncer la prétendue inefficacité de notre société d'État. Le dernier en liste, l'économiste Pierre Fortin dans un article de L'Actualité daté du 15 décembre dernier intitulé « Legault a raison », reprend l'étude de Claude Garcia qui compare les effectifs d'Hydro-Québec à ceux d'autres entreprises d'électricité en Amérique du Nord.

Nous avons vu la réponse du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, à l'article de Pierre Fortin; il défait une à une les comparaisons très hasardeuses de l'économiste.

Avec l'équipe du SCFP, nous avions précédemment décelé les erreurs de méthodologie de M. Garcia, mais n'avions pas donné suite à ses affirmations. Pourquoi? Pour ne pas donner inutilement de publicité à un pseudo-économiste qui se démarque par son manque de rigueur et d'objectivité, porte-parole du think tank de droite qu'est l'Institut économique de Montréal et qui n'a qu'une seule obsession, la privatisation d'Hydro-Québec.

Nous ne pouvons qu'être déçus de voir Pierre Fortin reprendre les résultats de cette étude sans plus de rigueur et d'objectivité que n’a démontrées M. Garcia. C'est d'ailleurs là que le bât blesse: où était donc l'élite économique lorsqu'il était question de dénoncer l'ingérence du gouvernement pour favoriser l'achat d'énergie dont nous n'avions pas besoin, à gros prix et à long terme?

On n'a pas non plus entendu de grand tollé lorsque nous apprenions qu'Hydro-Québec devait acheter l'énergie de Rio Tinto durant le lock-out au Saguenay, ni à propos des versements à TransCanada Energy, rémunérée pour ne pas faire fonctionner la centrale au gaz de Bécancour.

Comment se fait-il qu'on n'entende pas des gens comme Pierre Fortin dénoncer vertement le projet de mini-centrale de Val-Jalbert, qui entraîne des coûts d'achat d'une énergie complètement inutile pour Hydro-Québec qui s'additionneront aux 500 millions de dollars en pure perte?

Nous nous inquiétons de ce manque d'objectivité d'une certaine élite économique qui semble approuver les 2000 suppressions de postes à la société d’État annoncées dans le budget Marceau, même si celles-ci ne s'appuient sur rien d'autre que des prétentions trop peu étayées. Cette même élite ferme les yeux sur les aberrations qui mènent lentement à une privatisation discrète d’Hydro-Québec.

Pas un mot non plus sur le fait que notre société d'État rapporte plus dans les coffres de l'état que l'ensemble des 300 000 compagnies privées qui paient de l'impôt au Québec malgré des tarifs parmi les plus bas en Amérique du Nord, malgré aussi qu'à la demande du gouvernement, Hydro-Québec ampute ses profits pour subventionner l'entreprise privée : quelque 3 milliards chaque année uniquement pour les alumineries.

Il n'y a pas que les syndicats qui devraient s'inquiéter présentement!

|On promet encore une fois que ce sera le dernier, mais détrompez-vous, il y en aura bien d'autres
4294|4374|Accueil_Actualités|Idle No More appelle à la mobilisation|2013-02-07 08:30:12|Idle No More Québec|

Idle No More Québec (Fini l’inertie) invite la population et les organismes à participer à une manifestation à Montréal le dimanche 10 février 2013, à 13h, au Square Phillips, en appui aux peuples autochtones contre les politiques fédérales conservatrices, telles que les lois omnibus C-45 et C-38.

Ces lois à caractère antidémocratique apportent des changements majeurs en ce qui concerne les droits humains, les droits autochtones et les droits environnementaux.

Cette manifestation se veut pacifique, festive et familiale. Elle souligne également le 250ème anniversaire du Traité de Paris, qui a mené à la Proclamation Royale de 1763, qui reconnait les droits autochtones liés au territoire.

Au cours des dernières semaines, de nombreux organismes ont continué à donner officiellement leur appui au mouvement autochtone Idle No More, tels que la Coalition pour les droits des peuples autochtones composée entre autres d’Amnistie internationale Canada francophone, la Ligue des droits et libertés, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador ainsi que Femmes Autochtones du Québec.

Rappelons également que le Salon des Ressources Naturelles aura lieu à Montréal les 8 et 9 février et que plusieurs communautés autochtones du Québec manifestent déjà leur mécontentement face aux politiques provinciales d’exploitation des ressources naturelles sous la forme du projet Le Nord pour tous (anciennement appelé le Plan Nord).

Idle No More Québec (Fini l’inertie) lance cet appel à la solidarité pour vous inviter à manifester publiquement et à vous joindre à nous!

QUAND : Manifestation Idle No More à Montréal - Le dimanche 10 février 2013 à 13h
OÙ :
Square Phillips, 585 rue Ste-Catherine Ouest, Montréal (en face du magasin La Baie)

(près de la station de métro McGill)

COMMENT : Venez avec amis et famille et apportez tambours, hochets, jingle dress, plumes rouges!
L'événement Facebook: 
https://www.facebook.com/events/574836705877414/


|Manifestation, dimanche 10 février, contre les politiques du gouvernement Harper
4295|4375|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-02-08 07:42:37|Maude Messier|

Lac-Saint-Jean : Les camionneurs se voient nier le droit à la négociation

Dolbeau-Mistassini – « Produits forestiers Résolu ne reconnaît pas le droit à la négociation des transporteurs. Je négocie à la grandeur de la province sans problème. Au Lac, Résolu ne veut rien savoir, ils ne veulent pas négocier », dénonce Pierre Vallée, directeur forestier de l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI).

En entrevue à l’aut’journal, il explique que l’entreprise impose unilatéralement un contrat aux transporteurs. « Tu signes ça ou tu n’as pas de job, c’est comme ça que ça se passe. Sauf que, les conditions de travail n’ont pas évolué en cinq ans. » M. Vallée soutient notamment qu’il y a un écart équivalant à 10 $ de l’heure entre la rémunération des camionneurs de la Gaspésie et ceux du Lac-Saint-Jean.

Dénonçant le mutisme et le refus de négocier de la direction de l’entreprise, il ajoute que « Résolu est le plus gros employeur dans le secteur forestier de la région pour les transporteurs. »

Pour établir un rapport de force, les camionneurs propriétaires du Lac-Saint-Jean ont joint le Regroupement des transporteurs forestiers du Québec en 2012. Le Regroupement est associé à l'Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI), une association professionnelle composée d’un réseau de 80 organismes de courtage dans différents secteurs d’activité à travers le Québec.

Quelle sera la prochaine étape? « On va prendre action avec le gouvernement parce tout ça découle de la Loi 89 et du contrat de transport forestier qui reconnaît que les transporteurs ont le droit d’être représentés pour négocier leurs conditions de travail. »

L’ANCAI souligne l’ironie du fait que l’entreprise diffuse actuellement une publicité « où Résolu affirme soutenir ses employés et que le capital humain est d'une grande valeur pour l'entreprise ».

***

A.B.I.  à Bécancour: vote sur les offres finales patronales

Bécancour – Les syndiqués de l’Aluminerie A.B.I. à Bécancour sont appelés à se prononcer sur les dernières offres patronales. Des assemblées sont prévues pour les 12 et 13 février prochains.

Le comité de négociation a indiqué qu’il recommanderait le rejet de cette offre qui « ne rencontre pas les priorités identifiées par les membres pour cette négociation. », de déclarer dans un communiqué le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse.   

Le dirigeant syndical soutient que la proposition ne répond pas aux attentes du syndicat et qu’elle est surtout le reflet des volontés patronales. « Pour paraphraser le langage souvent employé par la direction, ça prend une solution gagnant-gagnant. Ce n’est pas ce que nous avons entre les mains pour le moment. »

Les 900 travailleurs syndiqués d’A.B.I. se sont prononcés le 21 novembre dernier en faveur d’une grève à exercer au moment jugé opportun. En cas de refus des syndiqués, il pourrait y avoir déclenchement d’un conflit de travail.

La convention collective est échue depuis le 22 novembre 2012. Rappelons qu’au terme d’un blitz intensif de négociations sans issue et dans un ultime effort pour éviter un conflit, le syndicat a rencontré la haute direction d’Alcoa à Pittsburg au début du mois de décembre. L’aluminerie est la propriété d’Alcoa (74,95 %) et de Rio Tinto Alcan (25,05 %).

Les pourparlers ont repris par la suite, jusqu’au dépôt de l’offre finale et globale de l’employeur, lundi soir.

Les assemblées se tiendront à huis clos et aucune entrevue ne sera accordée avant le vote.

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Débat public sur la fiscalité : la CSQ y tient !

Baie-Comeau – Seulement deux scénarios sont possibles pour atteindre l’équilibre budgétaire tel que le préconise le gouvernement Marois : couper dans les services à la population ou trouver de nouvelles sources de revenus.

La CSQ prend partie pour la deuxième option et réclame un débat public sur la fiscalité. Jointe à Baie-Comeau à l’occasion d’une tournée provinciale, la présidente de la centrale syndicale, Louise Chabot, soutient que le Québec est mûr pour une grande réflexion collective sur le sujet.

Taxe sur le capital, nouveaux paliers d’imposition, remise en question des paradis fiscaux, « ce ne sont pourtant pas les options qui manquent pour avoir un régime fiscal plus progressif et plus équitable. Mais le gouvernement a reculé. Il a fait le choix de faire des compressions qui mettront plus de pression sur les services publics. Parce que ce n’est pas vrai que les coupures annoncées n’auront pas d’impact sur les services ! »

Pour la CSQ, l’heure des choix de société est arrivée quant au développement économique du Québec, « qui va de paire avec le développement social. On va se priver sérieusement d’un développement si le gouvernement continue de regarder strictement du côté de la colonne des dépenses. »

Alphabétisation, lutte au décrochage scolaire, dépistage précoce des élèves en difficulté, entretien des bâtiments, diminution des listes d’attente dans les hôpitaux, amélioration des soins à apporter aux aînés, meilleure accessibilité aux services de santé, tout autant de défis à relever qui feront les frais de coupures du gouvernement.

Découlant des engagements adoptés au congrès de juin dernier, la CSQ prépare une campagne d’information et de sensibilisation, d’abord auprès de ses membres, puis auprès de la population.

« Il faut positionner la nécessité du débat, développer un argumentaire, défaire les mythes », explique Mme Chabot, ajoutant que le milieu des affaires mène une « véritable campagne de peur » lorsqu’il est question de fiscalité.

Sans faire de mauvais comparatifs, Mme Chabot rappelle les récentes publications de l’OCDE et déclarations du FMI, « qui ne sont pas particulièrement à gauche » quant à la non efficience des mesures d’austérité. « Si on continue d’affaiblir le tissu social, c’est tout le développement économique du Québec qui sera affecté, on le voit ailleurs. Il y a d’autres façons de faire et il faut en parler. »

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Des travailleurs chinois dans des mines au Canada

Vancouver – Penggui Yan, président HD Mining International Ltd., soutient que la nécessité d’embaucher des mineurs spécialisés chinois pour le projet de mine Murray River, près de Tumbler Ridge en Colombie-Britannique, est « inattaquable ».

Le Globe and Mail rapportait mardi le plaidoyer de M. Yan qui allègue qu’aucun travailleur canadien n’est qualifié pour les méthodes de minage utilisées. Il insiste sur la « nécessité d’avoir des employés qui connaissent les équipements, les méthodes de travail et les dangers – incluant la présence potentielle de gaz explosifs – d’un tel environnement. »

Plusieurs, dont le NPD et différentes organisations syndicales, questionnent le recours aux travailleurs étrangers dans ce cas précis. Deux syndicats ont d’ailleurs intenté des recours judiciaires concernant l’embauche de 200 travailleurs chinois à Murray River alors que des travailleurs canadiens qualifiés étaient disponibles.

M. Yan a indiqué que, si la mine devait finalement être construite, HD Mining engagerait et formerait des travailleurs canadiens par la suite.

« Il aurait dû y penser avant! », de déclarer le porte-parole du NPD en matière de travail et député de Rosemont Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, questionné par l’aut’journal sur l’article du Globe and Mail. Il est d’avis que le PTET pose sérieusement problème.

C’est que la présence sans cesse grandissante de travailleurs étrangers temporaires au Canada inquiète. D’un peu moins de 200 000 en 2007, ils étaient plus de 300 000 à la fin de l’année 2011 à bénéficier du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

« L’autre chose, c’est que, oui, l’entreprise doit payer ces travailleurs étrangers un salaire équivalant à ce qu’ils paieraient aux travailleurs canadiens. Mais avec la loi C-45, ils peuvent aussi les payer 15% moins cher, sans justification. C’est dans la loi! »

Il ajoute que la présence de travailleurs étrangers se fait d’ailleurs sentir dans des secteurs où ce n’était pas monnaie courant auparavant, comme les pilotes d’avion par exemple, et ce n’est plus le lot seulement du secteur agricole et du travail domestique.

La voix du député Boulerice s’ajoute à celle des syndicats pour dénoncer le fait que le PTET est devenu une façon d’employer du « cheap labor », de faire pression à la baisse sur les salaires des travailleurs, les coûts de main-d’œuvre et de formation.

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a déclaré en novembre dernier « qu’il est clair pour son gouvernement qu’il y a des problèmes avec le Programme pour les travailleurs étrangers temporaires. »

Il n’est toutefois pas clair si des modifications seront apportées au programme ni dans quel délai. « Nous n’avons aucune nouvelle de ça », de répondre le député Boulerice.

L’association de la circonscription Rosemont Petite-Patrie doit déposer au Congres du NPD, au printemps, une résolution pour que soit resserré le PTET « afin qu’il serve vraiment à ce pourquoi il a été crée », à savoir répondre à des besoins immédiats en matière de compétences et de main-d’œuvre lorsqu’il n’y a pas de travailleurs canadiens pour faire le travail.

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L’Illinois, le prochain État « right to work » ?

Illinois – Le mouvement ouvrier du Midwest américain est sous attaque, c’est à tout le moins ce que prétend M. Lichtenstein, directeur du Center for the Study of Work, Labor and Democracy de l’Université de la Californie.

Le Michigan, qui a pourtant une longue tradition de syndicalisme ouvrier, est devenu le 24e État à adopter une législation de type « right to work » en décembre dernier. Le professeur Lichtenstein soutient que l’Illinois ne pourra y échapper.

Une position contredite par Chris Mooney, professeur de sciences politiques à l’Université de l’Illinois, qui soutient que, contrairement au Michigan, l’Illinois a un Gouverneur Démocrate et que la législature est dominée par le Parti Démocrate, lequel est soutenu par les syndicats.

À l’origine de la polémique, le cas rapporté par le Chicago Tribune vendredi dernier de deux travailleurs mis à l’amende par leur syndicat pour avoir franchi les piquets de grève. Soutenus par la National Right to Work Legal Defense Foundation, les deux hommes entendent contester les amendes devant les tribunaux. Ils réclament également le droit de ne plus payer de cotisations syndicales, prétendant que leur syndicat ne représente pas leurs intérêts.

Voilà un terrain fertile pour mener une bataille antisyndicale, une occasion que n’a pas ratée la National Right to Work Legal Defense Foundation, elle-même associée à la National Right to Work Committee, une organisation qui exerce un lobby en faveur des législations de type « right to work ». Un combat idéologique qui se joue à l’heure actuelle aux États-Unis sur le financement des organisations syndicales.

Au cœur du litige, une scission syndicale : des inégalités salariales chez les travailleurs ont alimenté du ressentiment pendant une grève de trois mois et demi chez Caterpillar (CAT), dans la ville de Joliet. Certains ont décidé de retourner au travail, franchissant les piquets se grève sous les yeux leurs confrères. Le syndicat les a avisé qu’ils s’exposaient à des amendes.

Selon le Chicago Tribune, plus d’une centaine de travailleurs ont reçu des amendes pouvant aller jusqu’à 30 000 $ dans certains cas. Environ les deux tiers d’entre eux se sont tournés vers la National Right to Work Legal Defense Foundation pour les supporter dans une lutte contre leur syndicat.

Un porte-parole syndical a souligné l’ironie du fait que les employés se soient retournés contre le syndicat plutôt que contre l’employeur qui, malgré une bonne santé financière, demandait d’importantes concessions, précipitant les travailleurs dans cette grève. Grève qui a retourné nombre de salariés contre leur syndicat.

« This is a warning shot to other unions », a déclaré un porte-parole de la fondation.

|Lac-Saint-Jean : Les camionneurs se voient nier le droit à la négociation; A.B.I.  à Bécancour: vote sur les offres finales patronales; Débat public sur la fiscalité : la CSQ y tient !; Des travailleurs chinois dans des mines au Canada; L’Illinois, le prochain État « right to work » ?
4296|4376|Société Manchettes|L’aut’revue de presse – 8 février 2013|2013-02-08 07:48:14|Pierre Dubuc|

Bravo à Martine Ouellet !

Le PQ annule la construction de six mini-barrages! On se serait attendu que la nouvelle soit saluée par tous les groupes qui s’opposent depuis des années à ces projets coûteux, pour produire de l’électricité dont nous n’avons pas besoin, qui saccagent sans raison des rivières, et qui ouvrent une brèche dans le monopole étatique que doit continuer d’être Hydro-Québec.

Mais non! Syndicats, groupes environnementalistes, Québec solidaire et tutti quanti passent sous silence la nouvelle et crient au scandale à cause du maintien du petit barrage à Val-Jalbert. Même la CAQ dénonce le projet de Val-Jalbert! C’est tout dire!

Dans le grand tintamarre sur les petits barrages, le PQ se retrouve sous les feux croisés ennemis des promoteurs des petits barrages et du Parti libéral et, d’autre part, amis (?) des opposants au projet de Val-Jalbert.

C’est la conséquence inévitable d’une politique de demi-mesures, d’une politique qui ne s’assume pas jusqu’au bout.

On nous dit que, contrairement aux autres projets, le petit barrage à Val-Jalbert a passé toutes les étapes d’approbation sous les libéraux.

Mais on ne peut s’empêcher de penser, comme le souligne la Fondation Rivières, que son acceptation est une récompense politique à Bernard Généreux – dont la municipalité a des intérêts dans le projet – pour avoir été candidat sous la bannière péquiste lors des dernières élections.

Mais, à la place du gouvernement, quand je vois la réaction outrée du même Généreux, à titre de président de la Fédération québécoise des municipalités, je n’hésiterais pas une seule seconde à reconsidérer le projet de Val-Jalbert.

Il doit bien y avoir quelque part un document qui a été malencontreusement égaré et qui, ô surprise, nous apprend, maintenant qu’on l’a retrouvé, qu’il y a de telles failles dans le projet Val-Jalbert que ça nécessite une réouverture du dossier.

En attendant, au risque d’être le seul, je dis bravo à Martine Ouellet pour avoir débranché six mini-barrages.

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Rajoy, Charest et l’argent de la brique

Le premier ministre Charest doit apprécier que les Québécois réagissent différemment des Espagnols face à la corruption.

Des milliers d’Espagnols manifestent ces jours-ci pour demander la démission du premier ministre Mariano Rajoy parce qu’il a touché un « salaire au noir » de 30 000 $ au cours des dernières années.

« L’argent de la brique », comme on l’appelle en Espagne, venait du milieu de la construction, contrôlé par la mafia.

Au Québec, le premier ministre Charest a touché pendant des années, en plus de son salaire de premier ministre, un « salaire au noir » de 50 000 $ du Parti libéral.

La Commission Charbonneau et des révélations des journalistes nous ont appris que la caisse du Parti Libéral était également alimentée par « l’argent de la brique », l’argent de la mafia.

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Line Beauchamp, les votes ethniques et l’argent

Ainsi donc Line Beauchamp, qui reconnaît avoir voté Oui au référendum de 1995, aurait fait faux bond aux souverainistes à cause des propos de M. Parizeau sur les votes ethniques. Voilà du moins ce qu’elle confie à Denise Bombardier dans sa larmoyante entrevue publiée dans le Journal de Montréal du 2 février sous le titre « L’Écorchée du printemps érable ».

Certains s’étonneront de la fragilité de ses convictions souverainistes. D’autres, moins naïfs, dateront sa conversion au fédéralisme de sa rencontre avec celui qui deviendra son conjoint : Pierre Bibeau, un des principaux organisateurs du Parti Libéral.

Dans l’entrevue accordée à Denise Bombardier, elle relate ainsi sa rencontre avec Pierre Bibeau en 1997. « J’ai 34 ans et je suis naïve. Il est alors PDG de la Régie des installations olympiques, mais je ne suis pas consciente de la place qu’il occupe au PLQ. »

Faudrait quand même pas nous prendre pour des valises. À cette époque, Line Beauchamp est tour à tour directrice générale de la station de radio CIBL-FM (1991-1993), membre du Réseau des gens d'affaires de l'Est (1993-1998) et membre des conseils d'administration du Cégep de Maisonneuve (1995-1998) et de la Régie des installations olympiques (RIO) (1996-1998).

Bibeau travaillait pour le PLQ depuis les années 1970. Il a présidé la Commission jeunesse du parti. En 1985, il été conseiller spécial de Robert Bourassa à son cabinet. À la fin des années 1980, il a défrayé la manchette lorsque l’opposition péquiste l’a accusé d’être au cœur d’un système de favoritisme dans l’octroi des contrats d’Hydro-Québec à la Baie James.

À la tête de la RIO, il a été accusé en 1992 d’avoir changé les règles d’attribution des contrats, ce qui a eu pour effet de favoriser des entreprises qui n’étaient pas établies à Montréal, comme SM, propriété de son ami Bernard Poulin.

Peut-on sérieusement croire que celle, qui était, entre autres, à l’époque directrice de CIBL, ne connaissait pas ces faits ?!

Dans le cadre des travaux de la Commission Charbonneau, il a été révélé que Line Beauchamp a participé avec son conjoint Pierre Bibeau à un déjeuner de financement organisé par deux vice-présidents de Genivar, où se retrouvaient, parmi les 15 à 20 invités, Domenico Arcuri, membre reconnu de la mafia, Lino Zambito et Paolo Catania.

Et voilà-tu pas que Denise Bombardier nous dit que Line Beauchamp est « avant tout une femme de principes », « entrée en politique pour servir », qu’elle a été « trompée professionnellement par son conjoint », qu’elle a été « trahie par les étudiants » qui ont « abusé de sa bonne foi » et qu’elle « éclate en pleurs » parce qu’une « partie de l’opinion refuse aux fédéralistes le droit d’aimer le Québec »!

On croirait un remake de son entrevue avec Céline Dion!

Monsieur Parizeau avait raison. Nous avons perdu en 1995 à cause de l’argent. Et nous continuons à perdre à cause de l’argent. Car, contrairement au dicton populaire, l’argent a une odeur, surtout lorsqu’elle est associée au pouvoir. Une odeur si forte et tenace que la vaporisation de pushh-pushh de naïveté dans l’air n’arrive pas à dissiper.

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Le retour du p’tit Gibus

Dans son entrevue à Denise Bombardier au Journal de Montréal, Line Beauchamp laisse échapper un « Si j’avais su… ».

Une référence au célèbre « Si j’avais su, j’aurais pas venu » du P’tit Gibus dans le film La guerre des boutons d’Yves Robert (1962).

Dans une entrevue au Devoir (21 janvier 2013), le ministre de la Culture Maka Kotto a utilisé la même expression pour exprimer son « peu de marge de manoeuvre pour rêver, ce qui lui fait presque regretter son rôle de ministre par les temps qui courent », rapporte la journaliste.

Pour en rester aux références cinématographiques, ces déclarations font penser aux propos du hockeyeur Bernard « Boom-Boom » Geoffrion dans le film Un jeu si simple de Gilles Groulx (1964).

Expliquant à la caméra que ce n’était pas la forme et l’enthousiasme à chaque partie, le Boomer déclare dans son style coloré : « J’peux toujours ben pas m’mettre dans l’centre d’la glace moi, pis dire : ‘‘bon ben l`à…’’ y’a 14 000 personnes à souère ‘‘…escusez-moi à souère, ça m’tente pas d’jouer’’. Là, eux autres, y vont se l’ver pis y vont dire : ‘‘ben reste chez vous’’. »

C’est aussi ce qu’on a envie de dire…

Pour visionner l’extrait, cliquez ici
Début : 17:29 - Fin : 17:39

|Bravo à Martine Ouellet !; Rajoy, Charest et l’argent de la brique; Line Beauchamp, les votes ethniques et l’argent; Le retour du p’tit Gibus
4297|4377|Manchettes Mouvements_syndical Mouvements_étudiant Coups_de_gueule|Droits de scolarité : d’accord avec l’ASSÉ, mais…|2013-02-08 07:57:07|Sylvain Martin|

Depuis l’annonce de la tenue d’un Sommet sur l’enseignement supérieur par le gouvernement Marois, nous avons un sentiment de déjà-vu. Toutes les propositions concernant le financement de l’enseignement du printemps dernier refont surface.

D’un côté, les recteurs des universités disent que leurs établissements souffrent d’un sous-financement grave qui met en péril la qualité de l’enseignement alors que, de l’autre côté, le ministre Duchesne annonce des compressions de 160 millions $ d’ici avril. La table est donc mise pour une bonne vieille négociation.

Tout le monde est en mode recherche de solutions. Comment financer l’enseignement supérieur?


L’utilisateur/payeur

Nous avons d’abord le système de l’utilisateur/payeur. On demande aux étudiants de faire leur part. Et, là, les idées ne manquent pas.

Il y a la solution Charest : augmenter substantiellement les frais de scolarité. On connaît le résultat.

Puis, il y a la solution péquiste : indexer les frais de scolarité. Elle ressemble drôlement à celle des libéraux, mais paraît plus acceptable. Après tout, qui peut être contre le fait de suivre le coût de la vie, d’aligner la hausse sur celle normale des biens et services?

Personne! (Sauf, bien entendu, les patrons lorsque vient le temps de négocier des augmentations de salaire.)

Une autre solution veut que les étudiants paient selon les bénéfices escomptés de leur futur emploi. Ainsi, les droits de scolarité seraient plus élevés pour un étudiant en médecine que pour un étudiant en arts et lettres. Autrement dit, aussi bien réserver la médecine aux biens nantis et les arts et lettres aux autres!


Le gel et la gratuité

D’autres proposent un gel des droits de scolarité, le temps de vérifier comment l’argent déjà investi dans le réseau est dépensé. Et voir si on peut faire plus ou mieux avec ce que l’on a. Une analyse quasiment vouée à l’échec lorsqu’on sait que les recteurs et le gouvernement ont des visions diamétralement opposées de l’état des finances de nos institutions d’enseignement.

Finalement, nous avons l’ASSÉ qui propose la gratuité scolaire pour les études supérieures. L’éducation est un bien commun qui devrait être accessible à tous, peu importe leurs revenus.

Une proposition très valable. On aimerait cependant que l’ASSÉ l’étende aux niveaux secondaire et collégial en revendiquant l’abolition des subventions publiques aux écoles privées, qui fragilisent le réseau public en l’écrémant de ses meilleurs éléments.

Près de 20 % des élèves du secondaire fréquentent l’école privée. Presque 30 % dans la région de Montréal. Ces écoles privées sont subventionnées à 60 % à même des fonds publics. Une situation unique en Amérique du Nord. Au collégial, c’est 15 % des étudiants qui fréquentent des collèges privés. C’est dans ces institutions privées que se déroule l’essentiel de la sélection par l’argent.


D’accord avec l’ASSÉ, mais…

Là où le bât blesse dans la proposition de l’ASSÉ, c’est dans l’utilisation de l’expression « gratuité scolaire ». La gratuité n’existe pas. Tout le monde sait qu’il n’y a rien de gratuit. Si on s’offre la gratuité scolaire, c’est parce que nous en paierons chacun notre part avec nos impôts.

Mais parler de « gratuité scolaire » a pour effet de faire porter le débat uniquement sur le financement du système d’éducation. Il n’y a plus de place pour une vision large de ce que nous voulons faire de l’éducation au Québec.

De plus, cela apporte de l’eau au moulin aux tenants du concept « d’utilisateur/payeur ».

Nos pseudo-analystes politiques et économiques ont alors tout le loisir d’opposer les étudiants qui se paient des cellulaires, des voitures et des vacances au soleil aux contribuables égorgés par les taxes et impôts.

Pour donner de la crédibilité à leurs arguments, ils ont une phrase toute prête : « l’État n’a plus les moyens de s’offrir la gratuité » avec comme punch final : « Tout le monde doit faire sa part »! Et, croyez-moi, ça fonctionne!


Un courriel d’un de nos membres

Je me souviens d’avoir reçu un courriel d’un de nos membres qui me reprochait d’avoir pris position, comme directeur québécois des TCA, pour les revendications des groupes étudiants.

Il était contre toutes les demandes des étudiants qui, selon lui, n’étaient qu’une bande d’enfants gâtés. S’ils avaient les moyens de se payer des cellulaires, des voitures et des vacances, ils avaient les moyens de payer la hausse des droits de scolarité.

En somme, il me répétait le discours des pseudo-analystes politiques et économiques qu’il entendait tous les jours.

Je lui ai répondu que j’avais une fille de 20 ans, qui fréquente l’université, détient un cellulaire – comme presque tout le monde d’ailleurs – et possède une voiture d’une valeur de 3 000 $!

J’ai cependant ajouté que j’étais fier d’avoir contribué à l’achat de cette voiture, qu’à ce jour elle n’avait jamais fait de voyage au soleil, et qu’elle travaillait à temps plein l’été comme serveuse dans un restaurant, et à temps partiel durant son année scolaire.

Cela en faisait une contribuable qui paie des taxes et des impôts, comme tout le monde, et qui, par le fait même, contribue à financer tous les services que nous avons collectivement décidé de nous offrir.

Je lui ai également répondu que, à mon avis, la situation de ma fille était semblable à celle d’un grand nombre d’étudiants. Ce que confirme une étude dont les résultats ont été publiés cette semaine. On y apprend que 42,3 % des étudiants québécois à temps plein de 15 à 24 ans occupent un emploi pendant les mois qu'ils étudient et qu’ils travaillent en moyenne 14,7 heures par semaine.


La nécessité d’une vision globale de l’éducation

L’utilisation du terme « gratuité scolaire » a le désavantage de ramener le débat uniquement sur l’aspect économique de la question. C’est exactement ce que la droite veut, tout ramener à l’économie, alors que l’éducation, même si elle a une grande valeur économique, doit d’abord procéder d’une vision globale.

À mon point de vue, c’est ce que le gouvernement devrait faire. Mettre de l’avant une vision globale de notre système d’éducation. C’est le propre de tout leader d’avoir une « vision », savoir vers où on doit aller, et rassembler toutes les personnes susceptibles d’aider à atteindre ce but.

Le ministre Duchesne devrait asseoir à la même table des représentants, des enseignants, des étudiants, des syndicats, des employeurs, des parents et des administrateurs du réseau scolaire.

Le point de départ des discussions devait être : comment faire de l’éducation un pilier du développement social et économique du Québec.


Quelques principes de base

L’accessibilité aux études supérieures doit être établie en fonction du potentiel et des aspirations de l’étudiant et non de sa capacité de payer.

Le travail d’enseignant doit être élevé au niveau d’une valeur précieuse pour le Québec. Pour cela, il faut donner aux enseignants les outils, la latitude et le respect nécessaires à la réalisation de leurs tâches.

Selon le type et le niveau de formation, les décisions doivent être prises et mises en œuvre en collégialité avec les acteurs directement concernés.

Ainsi, au niveau primaire, une grande place doit être accordée aux parents et ceux-ci doivent être conscients que le succès et l’épanouissement de leurs jeunes enfants ne reposent pas seulement sur les épaules des enseignants.

Les employeurs doivent être ouverts à la conciliation travail/famille en facilitant et encourageant la participation de leurs employés à l’éducation de leurs enfants.

Pour la formation technique dispensée à partir du niveau secondaire, les syndicats et les employeurs doivent faire preuve d’ouverture en permettant dans les entreprises des stages d’initiation au métier afin que les étudiants puissent avoir un aperçu de ce qu’est le métier de soudeur, de mécanicien, de serveur, de cuisinier, de technicien en laboratoire, etc.

Les établissements scolaires doivent également permettre à leurs étudiants d’entrer en contact avec les représentants syndicaux et les employeurs afin qu’ils aient un bon portrait de leur futur milieu de travail.

Nous devons aussi être ouverts à ce qui se fait dans le monde afin d’offrir à nos étudiants un système scolaire d’envergure mondiale.

En terminant, il faut absolument sortir l’éducation du discours économique réducteur, de façon à ce qu’on n’entende plus des phrases comme « l’État n’a pas les moyens de se payer la gratuité scolaire ». Ou, pire encore, opposer nos étudiants au reste de la société en disant « tout le monde doit faire sa part ».

Nous devons plutôt faire de l’éducation un pilier de notre société et assurer à nos étudiants l’accessibilité aux études supérieures en fonction de leur potentiel et de leurs aspirations.

Nous pourrons alors nous réjouir à l’écoute de phrases comme : « Le Québec est fier d’être un exemple avec son système d’éducation de qualité et d’envergure mondiale ».

|La nécessité d’une vision globale de l’éducation
4298|4378|Accueil_Analyses Mouvements_des_femmes|Prélèvement à la source de la taxe santé par Revenu Québec|2013-02-08 08:06:35|L’R des centres de femmes|



Madame la Première Ministre,

Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous faire part de notre sentiment de trahison face à votre récente décision de formaliser et d’invisibiliser davantage la taxe santé que vous aviez pourtant promis d’abolir pendant la campagne électorale.

Pendant que les familles du Québec se préparaient à célébrer le temps des fêtes, Revenu Québec annonçait aux employeurs, à l’insu de la majorité de la population qui vous a portée au pouvoir, qu’ils devraient retenir à la source la contribution santé à compter de 2013.

Pourtant à peine un mois plus tôt, votre ministre Mme Agnès Maltais annonçait que le PQ maintenait son intention d’abolir complètement la taxe santé aux membres du comité de coordination de L’R des centres de femmes du Québec.

Sachez madame la première ministre que notre mouvement de femmes est implanté partout au Québec et que nous luttons avec vigueur depuis 2010 pour l’abolition de la taxe santé, une mesure injuste, régressive et appauvrissante, particulièrement pour les femmes dont les revenus sont encore aujourd’hui notablement moindre que ceux des hommes.

Nous avons cru vos promesses, nous avons célébré votre prise de position en faveur de la taxe santé pendant et après la campagne électorale, vous comprendrez donc notre surprise d’apprendre que votre gouvernement décide plutôt de se doter d’une infrastructure complexe en modifiant les pratiques de Revenu Québec de même que de tous les employeurs du Québec pour le prélèvement automatique de la taxe santé.

Nous ne sommes pas dupes, le fait de prélever la taxe santé sur le revenu n’amoindrit pas son caractère régressif (montant qui représente un pourcentage plus important du revenu pour les plus pauvres). Votre version de la taxe santé continue d’affecter de la même manière près de 35% de la population québécoise, et elle coûtera 3 fois plus cher à une personne gagnant 20 000$ qu’à une personne en gagnant 130 000$! Pourquoi ne pas abolir la taxe santé comme promis en campagne électorale et augmenter les impôts, qui eux, sont réellement progressifs (montants modulés selon les revenus)? Au contraire, l’instauration du prélèvement à la source ouvre la porte à des augmentations futures de la taxe santé qui seraient par ailleurs moins visibles que son paiement via le rapport d’impôt.

Au-delà de la surprise, nous nous sentons flouées, trahies, puisque en plus de ne pas respecter vos engagements, vous le faites en manque complet de transparence envers la population qui vous a portée au pouvoir. Cette façon d’agir en catimini est ignoble!

Nous restons indignées devant le geste de votre gouvernement Madame Marois et réitérons nos attentes face au respect intégral de vos promesses !


Angèle Laroche,
Présidente de L’R des centres de femmes du Québec

|Lettre ouverte à la Première ministre du Québec 
4299|4379|Accueil_Actualités|Assurance-emploi : la mobilisation se poursuit aux îles|2013-02-08 08:11:47|Saul Clark-Gagnon|

Le Comité de citoyens contre la réforme de l’assurance-emploi des Îles-de-la-Madeleine a tenu ce matin une rencontre d’information et d’échanges à laquelle étaient conviés les Madelinots. Quelque 400 personnes ont répondu à l’appel et sont venues témoigner de leurs inquiétudes concernant la nouvelle réforme, particulièrement en ce qui a trait au fameux trou noir auquel devront bientôt faire face plusieurs travailleurs saisonniers.

Afin de pouvoir bien saisir l’ampleur de la situation quant aux besoins de ces Madelinots et pour bien évaluer les ressources à mettre en place, tous ont convenu de la nécessité de dresser un portrait de la situation : « Ce qu’on a besoin de savoir immédiatement, c’est combien de personnes aux Îles se retrouvent dans des situations critiques à cause de la nouvelle réforme du gouvernement fédéral. Le trou noir, pour certains, ce n’est pas dans six semaines, c’est aujourd’hui ou très bientôt pour d’autres, alors que ces travailleurs saisonniers ne pourront reprendre leur emploi que dans trois ou quatre mois selon leur secteur d’activité », explique Saul Clark-Gagnon, porte-parole du comité de citoyens contre la réforme de l’assurance-emploi des Îles.

Au terme de la rencontre, et afin de pouvoir fournir au Comité citoyen des données visant à documenter la situation, près d’une centaine de participants ont convenu de se présenter en personne aux bureaux de Service Canada à Cap-aux-Meules afin de demander aux agents une preuve écrite indiquant le moment prévu de la fin de leur prestation d’assurance-emploi.

Or, ceux-ci se sont retrouvés devant des portes-clauses. « C’est aberrant de constater que non seulement il y a une réforme, mais en plus, qu’on refuse de donner un service, de fournir une simple information inscrite au dossier de ces prestataires. Ce ne sont pas tous les citoyens qui ont la capacité d’aller chercher eux-mêmes cette information via Internet. La moindre des choses, c’est d’offrir le service, un service fédéral auquel on a droit» ajoute monsieur Clark-Gagnon.

À noter qu’au même moment, les bureaux locaux de Pêches et Océans Canada étaient eux aussi fermés pour la journée.

|400 Madelinots témoignent de leur inquiétude

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