8 mars : « C’est normal, vous êtes des filles! »

2013/03/08 | Par Sylvain Martin

L’auteur est directeur des TCA-Québec

Ce vendredi, le 8 mars, nous soulignons la Journée internationale de la femme. Comme à chaque anniversaire ou journée commémorative, j’ai toujours le réflexe de prendre un temps d’arrêt et de réfléchir au passé, au présent et au futur de ce que l’on fête, souligne ou commémore.

Pour la Journée internationale de la femme, je n’ai pu m’empêcher de penser à ces trois périodes, en faisant un lien avec les femmes de ma vie : ma mère, ma conjointe, ma fille et ma petite-fille.


Ma mère

Ma mère aurait aujourd’hui 85 ans, si elle était encore vivante. À son époque, celle de mon enfance, il y avait une place déterminée pour les femmes et une autre pour les hommes.

La place des femmes était à la maison, la plupart du temps dans la cuisine. Elles avaient la responsabilité d’éduquer les enfants avec les limites qui étaient les leurs.

Ma mère, étant la plus vieille de treize enfants, avait dû quitter l’école en 3e année pour aider sa mère à tenir la maison.

Son peu d’éducation limitait l’aide qu’elle pouvait nous apporter pour faire nos devoirs. De façon plus générale, c’est sa liberté de choix dans toutes les facettes de la vie qui s’en trouvait restreinte.

À l’époque, « c’était normal, c’était une fille! »


Ma conjointe

Arrivé à l’âge adulte, un tout autre monde s’ouvrait à moi dans le cadre de ma relation avec ma conjointe. Elle avait eu accès à une bonne éducation et avait pu faire un réel choix de carrière.

Ayant la possibilité d’être financièrement indépendantes, les femmes de sa génération sont plus autonomes. Je me souviens qu’au début de nos vies actives, elle touchait une rémunération plus élevée que la mienne.

Cependant, avec le temps, les choses ont changé. Nous avons eu trois enfants. Mais cela n’a pas entravé mes activités syndicales. J’ai pu relever tous les défis. J’ai été officier syndical, recruteur, formateur, président du Conseil québécois, jusqu’au privilège d’être aujourd’hui le directeur québécois de notre syndicat.

Par contre, ma conjointe a fait le choix de s’occuper des enfants et cela a eu pour effet de ralentir sa progression dans sa carrière d’infirmière.

Ce qui était sous-entendu : « C’est normal, c’est une fille! ».


Ma fille

Ma fille de 20 ans est toujours aux études. Je me souviens que, vers la fin du secondaire, elle se posait des questions sur son avenir professionnel. Je me réjouissais de voir qu’aucun obstacle ne se trouvait devant elle. Tout était permis comme choix de carrière.

Je me disais et je lui ai même dit : « L’éducation, c’est la liberté ». Tu vis dans un monde fait pour les hommes. Si tu veux être libre de tes choix, comme femme, ta planche de salut passe par l’éducation.

Je n’ai jamais tenu ce discours à mon garçon. Si j’ai senti le besoin de le faire avec ma fille, c’est probablement parce que « c’est normal, c’est une fille! ».


Le siècle des femmes

Je me réjouis de voir tout le chemin parcouru par les femmes entre la génération de ma mère et celle de ma fille. D’une société où les femmes avaient comme seule identité d’être mère, sans droit de vote ni droit de signer de contrat, nous sommes passés à une société où les femmes ont réalisé des gains appréciables.

Qu’on pense, entre autres, aux congés parentaux, à la Loi sur l’équité salariale, à des modifications aux normes du travail pour faciliter la conciliation travail/famille, à un système de garderie à prix abordable, à un début d’accès aux métiers non traditionnels.

Ces avancées ne sont pas tombées du ciel. Elles sont le résultat de dures batailles, de luttes épiques et de mobilisations exceptionnelles tout au long du XXe siècle, si bien que plusieurs historiens ont qualifié le XXe siècle de « siècle des femmes ».

Au cœur de ces luttes, partout à travers le monde, on retrouve des militantes syndicales, appuyées par leurs confrères masculins et par l’ensemble du mouvement syndical.

Les gains des femmes ont été sociaux, politiques, juridiques et ont influencé l’évolution de la société. Une des principales victoires est sans doute le changement d’attitude de la société à l’égard des femmes.

Si bien qu’aujourd’hui, l’expression c'est normal, vous êtes des filles! » est perçue comme une insulte qui exige excuses et rétractations.


À nos filles et petites-filles

Le 8 mars est l’occasion pour les femmes et tous les progressistes de mesurer le chemin accompli sur la voie de l’émancipation des femmes, mais également de prendre conscience des menaces qui pèsent sur les gains obtenus.

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, nous allons entendre les ténors de la droite déclarer que le féminisme est dépassé, que la femme est devenue égale à l’homme, que les militantes féministes sont des nostalgiques du passé.

Sans surprise, on constatera que les tenants de ce discours sont les mêmes qui disent que les syndicats ne sont plus nécessaires, que nous avons des lois pour protéger les droits des travailleurs, que les militants syndicaux sont demeurés accrochés aux vieux idéaux des années ’70.

À mon avis, leur seul objectif est d’éteindre toute riposte à leur vision de droite de la société et protéger les profits de la main qui les nourrit.

Vouloir nous faire croire que tout est réglé, que nous vivons dans une société égalitaire, c’est dire à ma fille et ma petite-fille que « c’est normal que les femmes gagnent moins que les hommes, c’est normal que l’équité salariale ne soit pas réglée partout, c’est normal qu’il y ait un plafond de verre pour les femmes qui désirent faire carrière ».

Finalement, c’est dire à nos filles et petites-filles : « C’est normal, vous êtes des filles! ».

|Une expression familière aujourd’hui perçue comme une insulte
4387|4468|Langue Accueil_Analyses|Anglais intensif au primaire : l’illusion du choix|2013-03-08 08:18:15|Frédéric Lacroix|

Le gouvernement vient d’annoncer sa décision concernant le programme d’anglais intensif au primaire. Il faut d’abord comprendre que cette annonce n’en est pas une : les conseils d’établissement (CE) avaient déjà le pouvoir de refuser l’implantation du programme et, en ce sens, le programme n’a jamais été « obligatoire ».

Voici ce qui est dit à l’article 74 de la Loi sur l’instruction publique (L.I.P). : « Le conseil d'établissement analyse la situation […]. Sur la base de cette analyse et en tenant compte du plan stratégique de la commission scolaire, il adopte le projet éducatif de l'école, […]. »

Notons que si le CE est appelé à voter l’implantation du programme ou non,  la L.I.P. ne prévoit cependant pas qu’il élabore un projet éducatif comme semble le suggérer la Ministre Malavoy. Un CE en a-t-il d’abord la compétence?

Notons également que la L.I.P. prévoit que le CE doit « tenir compte du plan stratégique de la commission scolaire » dans ses décisions. Simultanément à l’annonce de « l’assouplissement » du programme d’anglais intensif, le gouvernement annonce un nouvel objectif pédagogique touchant l’anglais à l’école française qui se lit ainsi : « être capables de se faire comprendre facilement par un interlocuteur anglophone en s’exprimant avec aisance et de le comprendre sans difficulté ».

L’école française se doit donc maintenant de produire des élèves parfaitement bilingues… Voilà la seule nouveauté de cette annonce et elle est de taille. Le bilinguisme qui devra donc dorénavant faire partie du plan stratégique de chaque commission scolaire dont les CE devront tenir compte dans leurs décisions.

En adoptant ce nouvel objectif pédagogique, le gouvernement se trouve donc à parler des deux côtés de la bouche : d’un côté il annonce un « assouplissement » qui n’en est pas un et de l’autre, il met en place un cadre qui fera en sorte que l’anglais intensif au primaire pourra difficilement ne pas être adopté. Il faut prévoir des luttes épiques au sein des CE et beaucoup de pots cassés au sein des équipe-écoles.

Notons enfin qu’en laissant les CE décider, le gouvernement prive les parents du droit de décider ou non s’ils veulent que leur enfant suive ce programme et il prive à mon avis les parents du « droit de faire éduquer leur enfant en français ». Un droit qui est pourtant garanti par la L.I.P.

Loin d’avoir réglé la question, en cherchant à ménager la chèvre et le chou et en se dérobant à sa responsabilité de gouverner, le gouvernement nous enfonce un peu plus dans la confusion.

http://www.anglaisintensif.org/

|La nouveauté n’est pas là où l’on pense
4388|4469|Société Accueil_Analyses|Contrat abusif imposé aux pigistes de TC Media|2013-03-08 08:26:00|Martin Lachapelle|

Nouvelle passée sous le radar des grands médias, plusieurs regroupements différents d’employés à la pige et d’artistes, tous aussi concernés par les questions de droits d’auteur et de droits moraux, ont fortement dénoncé le nouveau contrat de travail de TC Media.

Contrat dans lequel l’éditeur « convergent » – qui veut pouvoir réutiliser voire transformer à d’autres fins les textes, photos, vidéos ou illustrations de ses collaborateurs sans aucune compensation ou droit de regard pour ces même créateurs – exige donc de ses pigistes déjà sous-payés qu’ils signent dorénavant de belles œuvres en blanc…

Imposé au personnel québécois depuis deux semaines, ce contrat de travail de TC Media, alias Transcontinental, éditeur de magazines et géant de la presse écrite locale et régionale, serait déjà appliqué depuis bientôt près d’un mois aux autres employés du reste du Canada.

J’ai appris la nouvelle jeudi dernier via le communiqué d’un des 5 regroupements d’employés à la pige et d’artistes ayant dénoncé ce contrat qualifié avec raison d’« abusif » par l’Association canadienne des créateurs professionnels de l’image (CAPIC).

La coalition d’opposants est présentement complétée par l’Association des journalistes indépendants (AJIQ), le Regroupement des artistes en arts visuels (RAAV), Illustration Québec (IQ), la Guilde canadienne des médias (CMG) et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ).

Sur le site Web de l’AJIQ, un texte de son vice-président, André Dumont, nous apprenait quant à lui qu’elle se serait associée à la RAAV « dans le but de rencontrer les hauts responsables de TC Media afin de les amener à modifier ce contrat et à le rendre plus équitable pour les créateurs pigistes » .

En attendant que les grands patrons en question entendent raison, André Dumont s’insurge :

« Avec ce contrat, TC Media se hisse d'un seul coup au sommet de la liste des éditeurs québécois les plus méprisants envers les journalistes indépendants. Il est désolant de voir un éditeur, qui reconnaissait les droits d’auteur de ses collaborateurs, vouloir aujourd’hui les anéantir. »

Et tout ça pour quoi ? L’éternelle rengaine sur la nécessité de demeurer « compétitif » pour des géants médiatiques qui rivalisent d’astuces afin d’augmenter leur « compétitivité »… sur le dos de leurs employés. À commencer par des pigistes toujours sous-payés dont le salaire stagne depuis maintenant 30 ans.

Or, dans ces circonstances, le vice-président de l’AJIQ a eu raison de dire que, priver les employés à la pige de leurs droits d’auteur, équivaut carrément à « leur couper les vivres ». Sans parler du problème d’éthique posé par la perte de droit moral concernant l’utilisation de l’œuvre à d’autres fins telles que la publicité.

TC Media adopterait donc la méthode Québecor au détriment des travailleurs, mais aussi de la population dont le droit à une information de qualité et variée est bafoué par l’uniformisation aliénante du contenu des géants « convergents » qui l’informe à grands coups de « copier-coller ». Ce qu’André Dumont n’a pas manqué de rappeler :

« TC Media emboîte le pas à d'autres grands groupes médiatiques en s'engageant sur le sentier de la détérioration des conditions de travail des pigistes tout en érodant la qualité et la diversité de l'information ».

J’entends déjà de mauvaises langues clamer que les pigistes non-syndiqués n’auraient rien à foutre de la qualité ni de la diversité de l’information et qu’ils seraient des apôtres de la convergence en autant qu’ils soient payés à chaque fois que leurs œuvres sont réutilisées…

Plutôt insultant pour tous les journalistes, car c’est présumer qu’ils ne sont pas d’abord motivés par la passion de contribuer à bien informer la population. Alors que c’est vraiment LA motivation principale qui peut pousser la majorité des gens à vouloir travailler dans le milieu de l’information. Pas l’argent ! À moins d’être mal informé…

C’est aussi ridicule de penser que les pigistes et les journalistes pourraient être les gagnants dans un univers médiatique convergent. Dans n’importe quel domaine, la convergence enrichit les patrons. Pas les employés ! Uniformisation du contenu = moins d’articles différents = réduction des salles de rédaction.

Et qu’arrive-t-il quand le nombre de travailleurs disponibles augmente rapidement au moment où le nombre de postes offerts tombe en chute libre ? Les conditions de travail des employés régressent au profit des patrons...

On veut bien croire que les revenus pubs des empires ont fondu. Mais faut pas charrier. Le salaire des pigistes est pratiquement gelé depuis 30 ans même si les grands médias ont pourtant connu de très bonnes années en termes de rentabilité…

Ce serait donc un minimum que les employés à la pige de TC Media, à qui plusieurs comme l’AJIQ conseillent de ne pas signer le fameux contrat contesté, puissent au moins conserver leurs droits moraux sur l’utilisation de leurs œuvres. Tout en profitant d’une redevance à chaque fois que leurs créations sont réutilisées sur d’autres plates-formes.

Par exemple, en France, et contrairement à ici, la Loi Cressard procurerait des protections aux pigistes dont une rémunération supplémentaire équivalent souvent à la moitié du tarif fixé pour une première publication à chaque fois qu’une œuvre est réutilisée, selon un article publié en 2006 sur le site agoravox.fr – Le média citoyen (Pigiste, es-tu bafoué ?).


LE scoop non publié de l’année par les grands médias: les pigistes sont exploités

Vous n’avez pas lu ça en première page du journal Métro Montréal : « Une coalition dénonce l’abusif contrat de travail imposé aux pigistes de TC Media » ?

Vous êtes bien certains de ne pas avoir appris la nouvelle dans un journal concurrent ? Rien dans le Journal de Montréal ou dans La Presse ? Tu parles d’un hasard !

À ma connaissance, seul Le Devoir l’a rapporté. Et, si j’ignore les conditions de travail dans ce petit journal indépendant, on peut au moins le féliciter d’avoir parlé (dans ses éditions de vendredi et samedi derniers) de ce dossier tabou que tous les autres auront délibérément choisi d’occulter.

(Parlant de gros joueurs médiatiques, avez-vous entendu parler de cette nouvelle sur RDI ou sur les autres plates-formes de Radio-Canada ? Je pose vraiment la question et j’espère que la réponse est OUI. Autrement, se pourrait-il que la Société Radio-Canada soit aussi mal placée pour parler d’employés sous-payés ? Surtout depuis que Le Devoir, encore lui, nous a appris, avec « Disparités salariales à Radio-Canada / CBC », de Stéphane Baillargeon, publié le 28 février 2013, que le personnel de Montréal serait moins bien payé de 7 % que leurs collègues de Toronto ou de Calgary…)

Quelle sera la suite des choses face à l’abusif contrat de travail imposé aux journalistes, photographes et illustrateurs pigistes de TC Media ? Bonne question. Certains demandent une intervention du ministre de la Culture et des Communications, Maka Koto.

Assistera-t-on à des manifestations devant les bureaux de l’éditeur ? Possible. Un appel au boycott de l’éditeur de Coup de Pouce, d’Elle Québec et du très « écologique » Public-Sac sera-t-il lancé ? Peut-être. Mais la vraie question est plutôt : sera-t-il entendu et appliqué ?

Terminons sur une mise en situation fictive visant à mettre en application le principe de privation de droits d’auteur et moraux. Vous êtes un cuisinier de mets santé. Quelqu’un vous paye pour préparer un repas, avant de finalement copier votre recette pis de revendre le tout plusieurs fois sans vous donner un seul sou supplémentaire.

Ajoutez à ça que la personne pourra aussi transformer le plat cuisiné, quitte à le dénaturer complètement, tout en conservant votre nom sur un produit final qui pourrait très bien ne plus rien à voir avec votre réputation de cuisinier santé. Z’auriez pas un peu l’impression de vous faire entuber ?

|Droits d’auteur et moraux : artistes et pigistes unis pour un même combat
4389|4470|International Accueil_Analyses|Mort de Chavez : une revue de presse|2013-03-08 08:30:19|Alex Nado|

Le National Post, au lendemain de la mort du président Hugo Chavez Frias, titrait dans ses pages internationales (traduction libre): « Bon débarras d'un dictateur: la mort de Chavez est célébrée par les uns, et donne espoir aux autres ». En éditorial, dans la Presse, Mario Roy parle de l'héritage « médiocre » de ce président « autoritaire », « populiste » et « porté à la mégalomanie ».

Et dans leurs messages de condoléances le premier ministre Stephen Harper et le président Barack Obama – qui n'ont jamais refusé une invitation d'affaires du très démocratique Parti communiste chinois – ont tout de suite fait référence au bien de la démocratie et à l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire du Venezuela.

Ce ne sont là que quelques exemples du discours à la mode, aussi bien dans les médias de masse que dans les circuits officiels des hautes sphères de la politique. En fait, cette attitude, parfois due à l'ignorance mais plus souvent encore à la malhonnêteté, est assez représentative de ce qui est dit et écrit en Occident sur le personnage qui vient de s'éteindre.

Malhonnêteté, oui. Notez-le bien: presque tous les arguments des détracteurs du gouvernement Chavez se limitent à des accusations à l'emporte-pièce rarement soutenues par les faits.

Il semble que, pour tous les Jon Lee Anderson (New-Yorker) ou les Doug Saunders (Globe and Mail) de la droite mercantile, il suffit de répéter ad nauseam que la liberté de la presse souffrait à Caracas ou que les opposants étaient « intimidés » par les « Chavistas » pour démontrer que le Venezuela sort de 14 ans de dictature.

Des preuves? Aucune, sinon quelques récits anecdotiques ou les rapports de Human Rights Watch, le seul organisme qu'ils peuvent citer et qui, par ailleurs, est aussi accusé (entre autre par son fondateur et ex-président Robert L. Bernstein) d'obéir aux consignes de Washington (ennemi juré de Hugo Chavez).

Les ténors de la « politique raisonnable », les démocrates et les républicains, les libéraux et les conservateurs, luttent pour ainsi dire avec l'énergie du désespoir. Loin d'être l'échec qu'ils attendaient, le « socialisme du XXIème siècle » gagne en popularité, non seulement en Amérique latine, mais ailleurs.

Ils sont de plus en plus nombreux à comprendre dans les pays en voie de développement que leurs génuflexions devant les « investisseurs étrangers » et devant Washington ne servent à rien.

La mort du président bolivarien en est un éloquent témoignage: bien que le discours anti-Chavez domine encore sur la place publique occidentale, jamais le parachutiste de Sabaneta n'a pu compter sur un tel soutien dans les pays dits développés.

Au Québec, Le Devoir notamment, a dépeint la personne de Hugo Chavez en des termes sympathiques. Pourtant, c'est du Royaume Uni, à travers un article du Guardian1 que nous provient l'un des meilleurs exemples de cette nouvelle perception du chef d'État.

L'éditorial britannique s'appuie sur des données provenant de sources neutres. Il rappelle par exemple que le nombre de familles vivant sous le seuil de la pauvreté au Venezuela est passé de 55% en 1995 (3 ans avant que Chavez ne prenne le pouvoir) à 26% en 2009.

Il souligne même les succès économiques du gouvernement bolivarien, au grand dam de la droite qui se fait toujours un point d'honneur de discréditer systématiquement – et encore une fois, souvent sans preuve – le bilan économique de la présidence de Hugo Chavez (ex., réduction du taux de chômage de moitié en 10 ans).

En 14 ans au pouvoir, le gouvernement Chavez a presque réussit à éliminer l'analphabétisme au Venezuela. L'accès à l'eau potable, aux services de santé, à l'éducation universitaire et même à la propriété a connu une hausse sans précédent pour les classes les plus pauvres.

Pour financer ses programmes, Hugo Chavez a doublé l'impôt (jusque-là dérisoire) payé par les oligarques du pétrole, à peine après avoir mis en place son premier gouvernement. Jamais un président n'avait osé faire une chose pareille dans ce pays.

Pas étonnant d'ailleurs qu'en 2002, une grève générale (plutôt un lock-out) dans l'industrie pétrolière ait servit de prétexte à la seule tentative de reversement de Hugo Chavez.

Le « dictateur » Chavez a remporté, en 14 ans, quatre élections et un référendum sur sa propre révocation. À titre de comparaison, rappelons qu'au Canada, il est impossible, même avec une pétition signée par tous les citoyens d'un océan à l'autre, de révoquer un élu (de quoi réjouir le maire de Mascouche!).

Rappelons aussi que le dernier premier ministre québécois à avoir récolté un appui populaire aussi important qu'Hugo Chavez lors de son pire résultat électoral est Robert Bourassa en 1985. Il avait récolté 56% des voix.

Et pour ceux ou celles qui seraient tenté de mettre en doute la valeur des résultats électoraux, disons seulement que tous les scrutins (présidentiels, régionaux, législatifs, référendaires) ont été validés par l'ensemble des observateurs internationaux (ONU, OEA, et même l'ancien président américain Jimmy Carter!).

Caracas n'a de leçon de démocratie à recevoir de personne, et encore moins d'un pays comme le nôtre qui a toujours un monarque comme chef d'État.

Oui, Hugo Chavez avait bien des défauts. Mais surtout, il n'avait rien à voir avec le modèle de politicien qui s'est imposé chez-nous, comme dans le reste de l'Occident d'ailleurs. Ce n'était pas un « négociateur », un « chercheur de consensus », un « metteur d'eau dans son vin ».

C'était d'abord un soldat; expéditif, parfois grossier, et personne, à raison, ne vante ses talents de diplomate. Il n'empêche qu'au nom de ceux qui versent présentement des larmes sincères pour leur défunt président, un devoir de vérité s'impose.

On dit que l'Histoire donne toujours raison aux vainqueurs. Si c'est le cas, et alors que se joue l'avenir de la Révolution bolivarienne, nous saurons très bientôt quel souvenir gardera la postérité du flamboyant leader latino-américain.

Mais quoiqu'il advienne, el Commandante Chavez vivra encore longtemps dans le cœur de ces millions de vénézuéliens, les pauvres surtout, pour qui il a incarné l'espoir et la dignité.

1 Guardiola-Rivera, Oscar, Chavez kept his promise to the people of Venezuela, The Guardian, ed. du mardi 5 mars.

|« Bon débarras d'un dictateur », titre le National Post
4390|4471|Accueil_Analyses Mouvements_des_femmes|Émilie : Le combat solitaire d’une femme remarquable|2013-03-08 08:38:29|Ginette Leroux|

 
 Visage avenant, regard vif, presque souriante, Émilie n’a pas la raideur figée des photos d’autrefois.

La généalogie est une activité très prisée par beaucoup de Québécois, grâce aux sites qui foisonnent sur le Net. La recherche des ancêtres donne une touche personnelle aux quatre cents ans d’histoire qui nous unissent. La petite histoire de chacun constitue les éléments narratifs de la grande Histoire, la base même de la fierté d’être ce que nous sommes. Voici l’histoire d’Émilie, une battante, moderne pour son temps.

Au tournant d’une recherche de mes ancêtres paternels est apparue, sur une branche de l’arbre généalogique d’une famille américaine, une photographie de mon arrière-grand-père Frédéric Leroux. À ses côtés, m’attendait sa fille Émilie. L’histoire de son mari, racontée par ses descendants, allait m’apprendre les grandes lignes de l’aventure américaine de cette femme que je n’ai pas connue.

Émilie Leroux est née le 21 juillet 1880 à Saint-Césaire de Rouville, comté qui a cessé d’exister en 1980 et qui fait maintenant partie de la Montérégie. Elle était la sœur d’Horace, mon grand-père mort, en 1918, de la grippe espagnole à l’aube de ses 41 ans.

Émilie, elle, a défié le 20e siècle. Décédée le 13 juillet 1977, à l’âge de 97 ans moins 4 jours, ma grand-tante a joui d’une vie longue, semée d’embûches, que seule son indéfectible courage et son authentique détermination ont sauvée d’une vie malheureuse et désordonnée.

Son aventure américaine commence en 1903 alors qu’elle épouse George Joseph Billings, un garçon de quatre ans son aîné. Selon le recensement canadien de 1901, George J. habitait chez son père Henry Billings au moment de leur mariage. Les Billings possédaient une boulangerie qui avait pignon sur rue dans le village de Granby. L’entreprise familiale florissante employait le père et ses fils.

Henry Billings avait vu le jour à Henryville, localité située à proximité de la frontière américaine de Lacolle. Il avait, à maintes reprises, traversé les « lignes » à la recherche de travail comme journalier. Un illettré comme le père Billings ne pouvait compter que sur ses bras pour apporter de quoi nourrir sa famille. Commença pour lui et sa femme, une vie de nomade, faite d’allers retours entre les États et le Québec. Deux de ses fils y naîtront : George J. vit le jour à Lewiston dans le Maine et Antoine, au Massachusetts.

Rappelons que l’exil des Canadiens français a commencé dès 1840, se poursuivant jusqu’à 1930. Comme Henry Billings, ils ont été nombreux à se tourner vers les « factries » de coton de la Côte-Est, en quête de travail.

Le beau jeune homme, à l’allure typique d’un « all american boy » selon une photographie de l’époque, représentait certainement pour la jeune fille aux traits fins un parti séduisant. Malheureusement, en 1904, le vieux Billings, prématurément usé, dû vendre son commerce. Il fallait pour les nouveaux parents trouver une autre avenue.

À l’époque, peu de Canadiens français étaient attirés vers les mines de cuivre du Montana. Pourtant, le mari d’Émilie y a vu l’espoir d’un avenir meilleur. En 1906, le couple quitte le Québec avec leurs deux enfants : Germaine est âgée de 2 ans, le petit Oza n’a que quelques mois. Arrivé à destination, l’homme de 29 ans trouve un emploi à la St. Lawrence Mine, dans la ville minière de Butte, troquant son métier de boulanger pour celui de mineur.

The World’s greatest mining camp, Butte, Montana, circa 1910

La vie n’était pas facile dans ce qu’on appelait alors « The World’s greatest mining camp ». Ses camps de fortune, ses cheminées industrielles, son paysage lunaire sans arbres barbouillé de poussière grise, ses baraquements sommaires, construits de planches grisonnantes et froides, sans compter le danger que représentait le travail sous terre, n’étaient pas pour alléger les peines d’Émilie. Selon les documents de l’époque, entre 1906 et 1925, 685 mineurs y ont perdu la vie et des centaines d’autres ont été blessés ou handicapés.

On peut imaginer l’inquiétude qui rongea l’épouse et la mère. Isolée dans cette Amérique du bout du monde, elle déclara forfait. Émilie revint à Saint-Césaire avec ses enfants après quatre ans d’exil. Elle y laissa son fils de 4 ans chez son frère et mit Germaine pensionnaire au couvent où elle fera ses études. Quant à la mère, elle se tournera une fois de plus vers les États-Unis. Installée à Holyoke au Massachusetts, elle sera employée dans les usines de coton.

Jamais plus, Émilie ne reverra son mari. Les enfants auront peu de souvenirs de leur père. Après avoir roulé sa bosse dans différents États, George J. Billings s’est éteint dans l’Utah en 1940. Le couple n’a jamais officialisé sa situation. On raconte que, pour sauver les apparences, la jeune femme portait son alliance. Elle prit l’habitude de se déclarer veuve lors des nombreux recensements auxquels elle dut répondre.

Ma grand-tante Émilie était une femme animée par le sens du devoir et d’un amour sans fin pour ses enfants qu’elle chérissait plus que tout au monde. Après dix ans de dur labeur, elle est revenue chercher ses enfants pour les amener vivre auprès d’elle à Holyoke.

Émilie n’a jamais oublié son pays d’origine. Ses voyages vers son village natal ne se comptent plus. Accompagnée de sa fille, elle venait en visite presque à chaque année et cela, jusqu’à 10 ans avant sa mort. Fière de ses racines canadiennes-françaises, elle s’exprimait dans un français remarquable, malgré un exil de plus de 70 ans. Si bien que ses descendants, toujours résidants de Holyoke, ont gardé vivante la langue de Vigneault.

L’émigration canadienne-française est révolue. L’assimilation a fait son chemin. Les Franco-Américains de la nouvelle génération ne parlent plus le français de leurs arrière-grands-parents ou de leurs grands-parents. L’époque des pionnières qui ont tenu à bout de bras la famille et ses valeurs québécoises n’est plus. Mais force est de constater que le souvenir de leur amour passionné pour leurs origines québécoises et françaises est toujours vivant.

Bon 8 mars!

|La grande désillusion de l’émigration franco-américaine
4391|4472|Accueil_Actualités|Invitation à un Rassemblement pour le renforcement de la Loi 101|2013-03-08 08:47:54|Marc Laviolette et Pierre Dubuc, respectivement président et secrétaire du SPQ Libre|

Le SPQ Libre invite ses membres ainsi que l’ensemble de la population à une importante assemblée publique sur la langue, à la veille du début des travaux de la Commission parlementaire sur le projet de loi 14, qui vise à bonifier la Charte de la langue française (Loi 101).

Depuis déjà plusieurs semaines, les anglophones sont sur toutes les tribunes pour ridiculiser et démoniser les mesures proposées en vue de renforcer la langue française au Québec.

Malheureusement, ils ont des relais dans les milieux francophones, principalement dans les médias fédéralistes.


Une situation de gouvernement minoritaire

C’est du « déjà vu! », diront les plus âgés qui se souviennent que le Dr Laurin et le Parti Québécois avaient été traités de fascistes et de racistes, lors de l’adoption de la Loi 101.

Si le Dr Laurin et le Parti Québécois ont pu, à l’époque, aller de l’avant, c’est parce qu’ils bénéficiaient d’un imposant appui populaire et militant.

Aujourd’hui, pareil soutien est d’autant plus nécessaire et important que le Parti Québécois forme un gouvernement minoritaire.

Nous connaissons la position du Part Libéral. Elle reflète parfaitement sa base électorale anglophone et allophone, qui lui a accordé ses suffrages lors du dernier scrutin, même si le Parti Libéral était identifié à la corruption la plus crasse.

La Coalition Avenir Québec a courtisé, lors de la dernière campagne électorale, la communauté anglophone. Mais sans succès. Nul doute que la CAQ sera aujourd’hui sensible à la mobilisation des francophones.

Quant à Québec solidaire, il sera intéressant de voir où ce parti campera. Historiquement, le courant de la gauche qu’il représente n’a jamais été très sensible aux questions linguistiques. Maintenant que ses représentants à l’Assemblée nationale auront à prendre publiquement position, Québec solidaire devra, lui aussi, tenir compte de la mobilisation populaire.


Tenir compte des leçons de la taxe santé

Au lendemain de la victoire du Parti Québécois, les milieux patronaux et néolibéraux se sont mobilisés contre la taxe santé et l’imposition des dividendes et des gains en capital.

En l’absence d’une mobilisation populaire en appui à ces mesures, la droite a occupé tout le terrain médiatique et le gouvernement du Parti Québécois a reculé.

Dans plusieurs milieux, les progressistes ont fait leur mea culpa et se sont reproché leur inertie.

Aujourd’hui, une situation similaire se déroule devant nos yeux. Démontrons que nous avons tiré les leçons du passé. Et que nous ne laisserons pas le gouvernement reculer sur un enjeu aussi fondamental.

Mobilisons nos amis, les membres de nos familles, nos collègues de travail pour la plus grande participation possible à cette première activité publique pour le renforcement de la loi 101.

Rassemblement pour un renforcement de la loi 101
À l’occasion du début des travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 14
Lundi 11 mars 2013 À 19h
Théâtre Plaza, 6505, rue Saint-Hubert (métro Beaubien)

De nombreux orateurs sont prévus dont Jacques Létourneau (CSN), Lucie Martineau (SFPQ), Marc Nantel (CSQ), Marc Laviolette (SPQ Libre), Pierre Dubuc (l’aut’journal), Pierre Curzi, Maria Mourani (BQ), François Saillant (Québec solidaire), Mario St-Amand, artiste, Mario Beaulieu (SSJB et MQF), Gilles Laporte (MNQ), , Carole Laperrière (Cégeps pour le français), Robert Laplante (L’Action nationale), Jean-Paul Perreault (Impératif français), , Denis Trudel (MMF), Ivy (slameur), Rachid Bandou (Amitiés Québec-Kabylie).

|Mobilisons nos amis, les membres de nos familles, nos collègues de travail pour la plus grande participation possible à cette première activité publique
4392|4473|Accueil_Actualités|Duhaime et son « Libérez-nous des syndicats »|2013-03-08 08:50:28|Guy Roy|

Le problème n’est pas tellement du trouver des sociétés ou des organisations parfaites. Ça n’existe tout simplement pas. C’est hors de notre champ de connaissance. La façon dont elles ont évolué, souvent dans la tourmente, demande des jugements nuancés. La vraie difficulté, c’est de trouver ces moyens qui nous permettrons de faire progresser ces institutions bien humaines.

La charge de Duhaime, qui veut nous libérer des syndicats, nous en apprend plus sur son ignorance de l’histoire du syndicalisme que sur sa volonté réelle d’en améliorer le fonctionnement.

Pour lui, ils devraient tout simplement disparaître ou être ramenés à des appareils au service de l’ordre établie. C’est bien sûr ne rien retenir de la contribution des syndicats à l’évolution du Québec et du monde. Et ne rien reconnaître à leur rôle actuel dans la défense des travailleurs.

C’est une forme de révisionnisme historique, si on peut dire, qui veut que les syndicats soient une nuisance, selon les principes des néolibéraux. « On connaît la chanson » pour leur éloge du régime de Pinochet ou de l’Irak actuelle à laquelle M. Duhaime recommandait l’abolition du droit de grève, par exemple.

Duhaime n’est pas le seul critique de ces institutions du mouvement ouvrier. L’aspect réactionnaire des syndicats est aussi fortement critiqué à gauche. La question reste celle-ci : au lieu de détruire ou de stigmatiser, pouvons-nous seulement rechercher un moyen de faire progresser ces associations dont la démocratie libérale a finalement reconnue les droits après quelques pendaisons de syndicalistes ?

Dans ses jugements, l’extrême-droite fait semblant d’ignorer les graves dérives que le XXième siècle a connues quand sa philosophie est devenue hégémonique en Europe : la barbarie nazie.

|On connaît la chanson
4393|4474|authebdo|L'aut'hebdo - 8 mars 2013|2013-03-08 09:55:58|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre

8 MARS – JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Le militant de l’ombre est plus souvent une militante
Notre Personnalité de l’année et la militante syndicale anonyme qui affronte quotidiennement les Alain Bouchard de Couche-Tard et ses émules
par Pierre Dubuc

8 mars : « C’est normal, vous êtes des filles! »
Une expression familière aujourd’hui perçue comme une insulte
par Sylvain Martin

Émilie : Le combat solitaire d’une femme remarquable
La grande désillusion de l’émigration franco-américaine
par Ginette Leroux

Événement public
La laïcité au Québec, quel est son avenir ?


HOMMAGE À HUGO CHAVEZ

Hommage à Hugo Chavez !
Gloire au brave Chavez. À la victoire, toujours, commandant !
par André Maltais

Mort de Chavez : une revue de presse
« Bon débarras d'un dictateur », titre le National Post
par Alex Nado


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
« Je suis féministe », et vous?; Marche contre la violence faite aux femmes à New York; Une femme sur l’exécutif de la CSN-Construction; Ville de Montréal : 65 millions $ sur le dos des femmes; Lock-out « odieux » chez Solution Digitale
par Maude Messier

Duhaime et son « Libérez-nous des syndicats »
On connaît la chanson
par Guy Roy

Chez nous, c’est NON au saccage de l’assurance-emploi
Rassemblement le 4 avril et thème du 1er mai


LANGUE

Invitation à un Rassemblement pour le renforcement de la Loi 101
Mobilisons nos amis, les membres de nos familles, nos collègues de travail pour la plus grande participation possible à cette première activité publique
par Marc Laviolette et Pierre Dubuc, respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

Réaction des anglos au projet de loi 14 modifiant la Loi 101 : rien n’est acceptable !
Ne nous laisserons pas intimider par quelque campagne « pasta » que ce soit !
par Pierre Dubuc

Anglais intensif au primaire : l’illusion du choix
La nouveauté n’est pas là où l’on pense
par Frédéric Lacroix

Qui fait reculer le gouvernement du Parti québécois?
Dans la foulée de l’affaire de la STM et du Buonanotte
par Impératif français


INTERNATIONAL

La crise syrienne et les médias
Conférence sur la Syrie en marge de la 22e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
par Bahar Kimyongür

Suspension de l’Aide au Rwanda: décision tardive mais judicieuse
Par suite du soutien du régime de Kigali aux rebelles du M23 en République Démocratique du Congo >>
par Emmanuel Hakizimana et Gallican Gasana


MEDIA

Contrat abusif imposé aux pigistes de TC Media
Droits d’auteur et moraux : artistes et pigistes unis pour un même combat
par Martin Lachapelle


MOUVEMENT POPULAIRE

« Le marché de l’endettement »
120 participants et pas moins de 13 conférenciers de renom ont déjà confirmé leur présence à ce jour

Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4394|4475|Société|Le privé et les personnes âgées|2013-03-11 08:05:42|Yves Lévesque|




L’Édito
veut faire entendre les voix de celles et de ceux qui proposent d’autres voies de progrès pour l’humanité que celles véhiculées par les médias traditionnels. Chaque semaine, L’Édito vient ajouter son grain de sel aux débats de société. Mis en ligne le vendredi, L’Édito prend la forme d’une courte vidéo apparaissant sur plusieurs sites simultanément afin de rejoindre le plus large public.
 
L’Édito est au point de départ accessible sur les sites de WEBTV.COOP et de l’Aut’Journal. Si vous désirez joindre le mouvement en assurant la diffusion, vous pouvez le faire facilement en cliquant sur le bouton « Partager » apparaissant dans le coin supérieur gauche du lecteur vidéo. Vous pourrez alors soit intégrer le lecteur vidéo dans votre propre site par incorporation, soit y ajouter un lien permanent menant à sa page de diffusion.
 
Nous vous invitons par ailleurs à soutenir sa diffusion en faisant connaître L’Édito à vos proches par les moyens habituels que sont le courriel, les forums, les blogues ou les médias sociaux... ou de vive voix!
 
Les points de vue défendus par les éditorialistes représentent l'opinion de leurs auteurs et n'engage pas la responsabilité de la coopérative de solidarité WEBTV.|Chaque semaine, L’Édito vient ajouter son grain de sel aux débats de société.
4395|4476|Manchettes Mouvements_des_femmes|Comment la laïcité peut changer notre monde!|2013-03-11 08:29:54|Louise Mailloux|

Une société laïque, c’est d’une manière générale, une société où la loi des hommes prime sur la loi divine. Une société où la Torah, la Bible et le Coran ne remplacent pas les lois civiles et où la croyance de certains ne doit pas devenir la loi de tous.

L’État laïque est neutre. Il ne privilégie, ni n’impose aucune religion, laissant ainsi à chacun la liberté de choisir ses croyances ou ses convictions. Cela s’appelle respecter la liberté de conscience.

L’État laïque est neutre parce que l’État est public, qu’il s’adresse à tous les citoyens, qu’ils soient catholiques, protestants, athées, juifs ou musulmans, qu’il s’adresse à eux dans ce qu’ils ont de commun, alors que la religion est une affaire particulière, personnelle et privée qui n’a pas sa place dans les institutions publiques.

Bref, les gens ont la liberté de croire ou de ne pas croire, mais cela ne leur donne pas pour autant le droit d’imposer leurs croyances dans l’espace civique.

L’État laïque s’adresse à des citoyens, des citoyens égaux, ayant tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, quelles que soient leurs croyances, et où chaque citoyen ne peut invoquer sa religion pour se soustraire aux règles et aux lois communes, justement parce que dans l’État et dans ses institutions, les lois civiles ont préséance sur les lois divines.

En gros, l’idéal d’une société laïque pourrait se résumer à cela. Maintenant comment fait-on pour réaliser cela? La recette est simple, c’est en séparant l’Église de l’État, en éloignant la religion de la politique.

On entend souvent dire que la laïcité est antireligieuse, que c’est de l’athéisme et qu’un État laïque veut supprimer les religions. Rien n’est plus faux. Séparer n’est pas supprimer. Loin de les supprimer, l’État laïque inclut toutes les religions et même leur contraire. Il les inclut toutes parce qu’il n’en impose aucune. En ce sens, il permet le maximum d’ouverture.

Cet idéal laïque n’est pas tombé du ciel. Il a été rendu nécessaire alors qu’au XVIIième siècle, les guerres de religion mettaient l’Europe à feu et à sang. C’est à ce moment-là que la laïcité est apparue comme la solution pour pacifier cette Europe, meurtrie par ces religions d’amour qui se faisaient âprement la guerre.

L’exigence laïque est née non pas pour se débarrasser des religions, mais pour mettre un terme aux rivalités religieuses qui leur sont congénitales, parce que contrairement aux religions, la laïcité prône la tolérance, cette tolérance qui sera traduite, au siècle des Lumières, par la Déclaration des droits de l’homme.

Pendant longtemps, l’histoire du Québec a été liée à celle du catholicisme. Du début de la colonie jusqu’à la Révolution tranquille, l’Église catholique a joué un rôle politique prépondérant dans notre société, contrôlant des secteurs névralgiques tels celui de l’éducation, celui de la santé et des services sociaux, exerçant son emprise dans le domaine de l’édition scolaire, celui de la culture, celui des arts et des médias. Bref, l’Église était partout présente, dans nos institutions comme dans nos vies, jusque dans la chambre à coucher, si bien que le Québec d’hier était peuplé presqu’exclusivement de catholiques qu’on pourrait dire «automatiques».

Avec la Révolution tranquille, l’État québécois a pris ses distances vis-à-vis le clergé catholique pour affirmer son autonomie et prendre en charge des institutions auparavant gérées par l’Église. En 1958, il y a eu la création du ministère du Bien-Être social et de la Jeunesse. En 1961, une loi sur l’assurance-hospitalisation et la mise sur pied du ministère des Affaires culturelles. Puis en 1964, la création d’un ministère de l’Éducation qui va laïciser les universités, laïciser les savoirs et abolir les collèges classiques, pour les remplacer par des cégeps laïques.

Mais d’importants compromis seront faits avec l’Église dans le domaine de l’éducation. Des postes de sous-ministres associés de foi catholique et protestante ainsi que des comités catholique et protestant du Conseil supérieur de l’Éducation ont été créés alors que les écoles publiques demeurent confessionnelles et qu’elles continuent à dispenser un enseignement religieux. Ces compromis majeurs furent en quelque sorte l’échec de la Commission Parent.

Il faut comprendre ici à quel point l’école comme institution, joue un rôle capital dans la transmission des valeurs comme celle d’une foi, pour une Église qui veut garder son emprise sur le peuple. C’est donc sur le terrain de l’éducation que la bataille pour la laïcité va se concentrer, avec pour objectif, la déconfessionnalisation des écoles publiques.

Dans les années 90, sous l’effet de l’immigration, la diversité religieuse s’accroît dans nos écoles publiques, faisant que des élèves recevaient un enseignement confessionnel parfois contraire à leur religion. Bref, l’enseignement catholique et protestant devenait problématique parce qu’il contrevenait à la Charte québécoise des droits de la personne comme à la Charte canadienne des droits et libertés qui garantissent la liberté de religion. La laïcisation du système scolaire devenait alors un impératif de plus en plus pressant.

1997 sera l’année de la déconfessionnalisation des commissions scolaires, dorénavant organisées sur une base linguistique.

En 1999, se tiendra une commission parlementaire sur la place de la religion à l’école. Le Québec se divisa alors en deux camps. D’un côté, les partisans de la majorité historique qui souhaitaient le maintien de l’enseignement religieux et de l’autre, les partisans de l’égalité, qui souhaitaient son abolition, alléguant que cet enseignement constituait un privilège accordé aux catholiques et aux protestants qui violait l’égalité des droits protégés par les Chartes.

Dans le camp des partisans de l’égalité, se trouvaient les syndicats, des groupes féministes tels le Conseil du statut de la femme et la Fédération des femmes du Québec (FFQ), ayant Françoise David comme présidente et Manon Massé vice-présidente, des catholiques de gauche voulant s’éloigner de l’autoritarisme de Rome et des laïques regroupés autour du Mouvement laïque québécois. Tous étaient unanimes à exiger au nom de l’égalité des droits, la laïcisation totale du système scolaire. Tous ces gens reconnaissaient qu’une école laïque, qu’une école sans religion est une école ouverte à tous, quelles que soient les croyances ou les convictions de chacun.

C’était la belle époque, celle où tout le monde communiait à la même table, celle où les féministes défendaient la laïcité, celle où la gauche défendait la laïcité, celle où les catholiques de gauche défendaient aussi la laïcité et celle où les militants laïques n’étaient pas traités de racistes ou d’islamophobes. Mais c’était surtout l’époque où, il n’y avait qu’une seule laïcité, qui étonnamment n’était ni rigide, ni stricte, ni fermée. Une laïcité si parfaite que personne au Québec ne parlait de laïcité ouverte.

Que s’est-il passé pour que le mouvement féministe et la gauche soient maintenant divisés sur cette question et que le seul parti politique qui veuille avancer dans ce dossier, se fasse traiter de raciste et de xénophobe alors que les laïques qui s’opposent au voile et au crucifix passent pour des talibans qui veulent dynamiter les églises, changer les noms des rues et des villages et faire la chasse aux musulmans? Que s’est-il passé pour que Québec solidaire (QS), la FFQ, les catholiques de gauche et la Ligue des droits de l’homme abandonnent le combat laïque et défendent aujourd’hui les femmes et les fillettes voilées, alors qu’il y a 8 ans, ils abhorraient le crucifix et les cornettes de nos bonnes soeurs?

Que s’est-il passé, pour qu’en moins de 10 ans, en 2007, lors de la Commission Bouchard-Taylor, on se retrouve tout à coup avec deux modèles de laïcité et que cette laïcité si admirable des années 90, ne soit plus la bonne?

C’était aussi l’époque où il n’y avait qu’un seul féminisme et un seul ennemi, le patriarcat. Un féminisme qui inspirait la gauche et qui faisait dire à Françoise David, alors présidente de la FFQ, que toutes les religions oppriment toutes les femmes. Un féminisme si parfait que même les femmes chrétiennes ont trouvé dans De Beauvoir de quoi critiquer la Bible et leur Église.

Que s’est-il passé pour que l’on se retrouve maintenant avec deux féminismes; l’un occidental et l’autre musulman. Parce qu’il ne faut pas s’y méprendre. Il n’y a pas d’autres féminismes. Un pour les lesbiennes, un pour les prostituées, un autre pour les handicapées et il n’y a pas non plus de féminisme bouddhiste ou hindou. Un féminisme pour les blondes, un autre pour les brunes et un troisième pour les rousses. Non, à la FFQ, nous avons maintenant deux féminismes; l’occidental repentant et le musulman triomphant.

Un féminisme qui mélangent l’islam avec les prostituées et les lesbiennes et qui dit que les femmes blanches occidentales oppriment celles qui sont noires en fauteuil roulant. Et que les femmes blanches de la majorité eurodescendante dont la salle est remplie ici aujourd’hui ont le réflexe colonialiste facile de s’être déjà pratiquées sur les femmes autochones, qui comme l’affirmait Samira Laouni, en entrevue à Radio-Canada, en décembre sur le niqab dans les cours de justice, disait que les femmes musulmanes d’Afrique du nord qui vivaient à Montréal avaient la même oppression que les femmes Inuits du grand Nord. Wow! Ça décoiffe l’intersectionnalité, non? Et j’ai bien hâte d’entendre madame Laouni défendre les lesbiennes et de la voir avec son voile au défilé de la Fierté gaie.

Les années 90, c’était aussi l’époque où il n’y avait qu’une seule religion. Pas de chrétiens modérés qui font de la religion, ni de christiannistes radicaux qui font de la politique. Et pas de christianophobie non plus. Non, rien que des chrétiens. Point.

Mais que s’est-il passé? Je pourrais vous dire qu’au Québec, avec l’immigration des dernières décennies, la présence de l’islam et de ses femmes voilées, la présence de militants islamistes qui multiplient les organisations, étendent leur réseau et leur influence dans notre société, que tout ceci a pour effet de remettre en question la culture laïque de nos institutions publiques.

Je pourrais aussi vous dire que la gauche étant anti-américaine de naissance, anti-israélienne et pro-palestinienne défend inconditionnellement les musulmans au lieu de défendre la laïcité.

Je pourrais vous dire que la FFQ est infiltrée depuis quelques années par des militantes islamistes, voilées ou pas, qui se retrouvent dans des instances décisionnelles et dont certaines défendent la charia. Pas des femmes sikhs ou bouddhistes sur ces comités mais des islamistes.

Je pourrais également ajouter que les catholiques de gauche, qui militent dans l’anonymat à QS, à la FFQ et à la Ligue des droits de l’homme, voient dans l’islam, pour qui la laïcité est une hérésie, une occasion inespérée de ramener la religion dans l’espace public. Et que tout ce beau monde communie à la sainte table de la laïcité ouverte. Cette fausse laïcité ne visant qu’à redonner aux religions une visibilité et une légitimité dans nos institutions publiques.

La laïcité a changé et le féminisme a changé aussi. Ils ont été contaminés par le multiculturalisme et l’islamisme. La laïcité est devenue ouverte et le féminisme est devenu pluriel et insignifiant. De neutre, d’égalitariste et d’universel qu’ils étaient, chacun est devenu, en l’espace d’une décennie, particulier, occidental, colonialiste et impérialiste.

Dans le rapport Bouchard-Taylor, la laïcité n’est plus neutre, mais elle devient le reflet des valeurs de la majorité, d’une majorité tyrannique à l’endroit des minorités, d’une majorité dont les valeurs collectives sont discriminatoires à l’égard des autres. Une majorité dont on se fout éperdument qu’elle soit une nation. Une majorité qui, de l’Abitibi jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine, est raciste et colonialiste. Une majorité qui, avec son histoire et sa culture, devient suspecte et que l’on doit absolument neutraliser.

Dans le féminisme multiculturel de la FFQ, le féminisme n’est plus neutre non plus mais impérialiste et colonialiste parce qu’il reflète les valeurs de la majorité, de celle des femmes blanches occidentales, racistes et colonialistes. Ces femmes qui se sont battues et qui ont changé le monde, si bien que l’on dit du XX ième siècle, qu’il a été le siècle des femmes.

Nous sommes rongés par le multiculturalisme et son cancer relativiste qui tolère n’importe quoi sous prétexte que c’est différent.

Nous les femmes, nous les laïques, nous devons être fiers de ce que nous avons accompli et continuer d’aller de l’avant. Sans douter de soi, sans renoncer à soi. Sans se laisser humilier par des gens qui défendent le voile ou le niqab. Sans se laisser humilier par des gens qui plaident l’indignité pour les femmes. Sans se laisser mépriser par des islamistes qui n’ont en tête que de nous imposer la charia. Ça suffit!

Nous devons maintenant retrouver confiance dans la laïcité et dans le féminisme qui nous a toujours uni. Et ne pas oublier ce que disait Pierre Falardeau : «Si tu te couches, ils vont te piler dessus, mais si tu restes debout, ils vont devoir te respecter».

|Allocution présentée dans le cadre d’une rencontre féministe pour la Journée internationale des femmes, Ste-Thérèse-de –Blainville
4396|4477|Manchettes Mouvements_des_femmes|8 mars : Une rencontre historique avec la Première ministre|2013-03-11 08:42:30|L’aut’journal|

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, les représentantes du Collectif 8 mars (APTS, CSD, CSN, CSQ, FFQ, FIQ, FTQ, SFPQ, SPGQ) ont rencontré la Première ministre, Pauline Marois ainsi que la ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais afin de faire le point sur l’avancement du droit des femmes à l’égalité et présenter des revendications.

«C’est la première fois que le mouvement des femmes rencontre la Première ministre à l’occasion du 8 mars. Nous avons convenu que cela devrait devenir une tradition», indique la porte-parole du Collectif, Alexa Conradi, également présidente de la Fédération des femmes du Québec.

Nous avons présenté des demandes sur le détournement des pensions alimentaires, sur le Régime des rentes du Québec, sur la conciliation travail-famille ainsi que sur le financement des groupes de femmes.

« Notre constat : Mesdames Marois et Maltais sont généralement d’accord avec les mesures proposées, mais s’engagent peu, car la priorité gouvernementale n’est pas la lutte aux inégalités mais au contrôle des dépenses et de ne pas brusquer le patronat. Ce choix politique nous déçoit », déplore la porte-parole.


Conciliation travail-famille

Le Collectif 8 mars propose au gouvernement d’instaurer une loi-cadre sur la conciliation travail-famille qui obligerait les employeurs à mettre en place des mesures de conciliation adaptées à chaque milieu de travail.

À cette demande, la première ministre a indiqué qu’elle a mandaté la ministre de la Famille, Nicole Léger, à faire avancer ce dossier mais n’a précisé ni le contenu des travaux, ni l’échéancier.

Le Collectif 8 mars demande que la conciliation travail-famille fasse partie des priorités du gouvernement. « En 2003, le PQ proposait l’adoption d’une loi-cadre dans sa plateforme électorale, on ne veut pas attendre encore 10 ans pour avancer », d’affirmer Alexa Conradi.


La retraite

Le gouvernement s’est engagé, en campagne électorale, à bonifier le Régime des rentes du Québec, ce qui aurait pour effet de mieux tenir compte du parcours des femmes sur le marché du travail que les mesures comme le RVER. Or ce dossier n’avancera pas avant l’automne.

Pourtant, les femmes demeurent pénalisées, alors que les femmes continuent de recevoir seulement 65% des revenus des hommes à la retraite. Même le président de la CIBC est prêt à aller de l’avant» note la porte-parole.


Pensions alimentaires et aide sociale

Le Collectif du 8 mars a demandé au gouvernement de cesser l’appauvrissement des personnes à l’aide sociale et de mettre fin au détournement des pensions alimentaires chez les femmes monoparentales bénéficiant des programmes d’aide sociale, d’aide juridique, d’aide financière aux études et à l’aide au logement.

À l’heure actuelle, les pensions alimentaires pour enfants sont toujours calculées comme un revenu pour le parent gardien qui bénéficie de ces programmes sociaux, ce qui implique que ces familles ne peuvent toucher que 100$ de la pension alimentaire par mois par enfant.

Or, tous les autres enfants du Québec peuvent bénéficier pleinement de leur pension alimentaire puisque celle-ci n’est pas comptabilisée aux fins d’impôts dans le revenu du parent gardien.

Le gouvernement prévoit plutôt investir chez les personnes seules.

« Tout en étant d’accord qu’il y a urgence d’augmenter les revenus des personnes seules, le Collectif 8 mars conteste l’idée qu’il faille choisir entre les deux. La fin du détournement des pensions alimentaires semble repoussée aux calendes grecques », note la porte-parole.

Le collectif a également abordé les récents changements à l’aide sociale en demandant à la ministre d’abroger le règlement. Madame Maltais a affirmé ne pas vouloir appauvrir personne, sans pour autant revenir sur sa décision.


Ministère de la Condition féminine et financement des groupes de femmes

Le Collectif a également demandé au gouvernement de créer un ministère de la Condition féminine afin de donner à la Condition féminine tout le poids nécessaire au sein du cabinet et de la fonction publique.

Sur cette demande, le gouvernement a mieux compris que cette mesure pourrait donner des moyens à l’État de mieux intégrer une analyse qui tient compte des discriminations systémiques à l’endroit des femmes dans l’adoption de l’ensemble de leurs politiques.

Aucun engagement n’a été formulé de la part du gouvernement.

Le financement des groupes de femmes, particulièrement en défense collective des droits, qui jouent un rôle moteur dans l’avancement de l’égalité et la justice pour toutes les femmes, s’étiole. Le gouvernement s’est engagé à garantir les sommes consacrées au financement de l’action communautaire autonome, sans indiquer en quoi il pourrait améliorer la situation des groupes en défense collective des droits.

Le gouvernement s’est, par ailleurs, engagé à financer les États généraux de l’action et de l’analyse féministes en raison de 25 000$ pour l’année en cours.

Madame Maltais a fait une annonce inattendue à l’effet qu’elle compte déposer un projet de loi pour encadrer les conditions de travail des aides domestiques. Il s’agit d’une bonne nouvelle.

« Le Collectif entend le souci que le gouvernement a pour le droit des femmes à l’égalité, mais est déçu de constater que les mesures concrètes viennent après les politiques de déficit zéro. »

Source : Collectif 8 mars

Représentantes du Collectif 8 mars

  • Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec

  • Denise Boucher, vice-présidente de la CSN

  • Louise Mercier, vice-présidente de la FTQ

  • Manon Therrien, 2e Vice-présidente du SPGQ

  • Johanne Prémont, adjointe à la présidente du SFPQ

  • Louise Chabot, présidente de la CSQ

  • Renée Rodrigue, responsable nationale à la condition féminine de la CSD

  • Carole Dubé, présidente de l'APTS

  • Régine Laurent, présidente de la FIQ

Crédit photos: Sylvie Lépine

|Mais les représentantes d’organisations syndicales et féministes déçues de s’être trouvées devant un gouvernement menotté par les politiques de déficit zéro
4397|4479|Accueil_Actualités|Informatisation des CSSS par la firme privée Proaction|2013-03-11 08:54:06|L’aut’journal|

Nous apprenions ce matin, 6 mars, dans un article de La Presse que la firme privée Proaction développe actuellement un système informatique pour le réseau public de santé et de services sociaux.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) est étonnée d’apprendre que les directions des CSSS continuent à faire affaire avec une firme dont le bilan négatif sur les services à la population et la charge de travail a été longuement fait récemment.

Devant les liens de proximité qui se confirment entre les CSSS et certaines firmes privées, la FSSS demande au MSSS de ramener à l’ordre les directions des CSSS.


Les firmes privées continuent leur implantation dans notre système de santé public

Depuis plusieurs mois, nombre d’interventions ont mis en lumière les impacts désastreux de l’implantation des projets menés par certaines firmes privées, dont Proaction. En organisation du travail, l’essentiel du travail de ces firmes se résume dans le minutage des gestes des salarié-es. Voilà que nous apprenons aujourd’hui que les directions des CSSS continuent leur association avec cette firme entachée.

Le système informatique actuellement développé par Proaction est en droite ligne avec les travaux précédents de cette firme. « Ce fut d’abord des contrats pour effectuer de l’organisation du travail à la place des intervenants du réseau, et c’est maintenant l’implantation d’un système informatique. Ce sera quoi ensuite? Et comment se fait-il que les CSSS aient développé des liens de proximité si importants avec ces firmes privées? » demande Nadine Lambert, vice-présidente de la FSSS-CSN.

En effet, au-delà des impacts négatifs des mesures mises en place par ces firmes privées, qui ont été longuement expliqués récemment sur la place publique, ce qui apparaît de plus en plus aujourd’hui c’est que l’on permet aux CSSS de développer des liens de proximité avec des firmes privées, et ce, avec tout ce que cela implique sur la qualité des services à la population, sur la charge de travail et sur la perte d’expertise publique. D’ailleurs, il est étonnant d’apprendre que nos directions de CSSS acceptent de financer des firmes privées pour que celles-ci développent un système informatique dans le réseau public de la santé et des services sociaux. Voilà un accord très profitable pour ces firmes privées. Peut-on dire autant pour la qualité de nos services?


Un laisser-aller des CSSS de plus en plus questionnable

Comment expliquer en effet que les CSSS en soient venus à agir, non seulement en opposition aux orientations ministérielles, mais en favorisant de plus en plus le privé. Il est évident que les CSSS ont une certaine autonomie, mais pour nous il doit s’agit d’une autonomie dans un cadre défini par le MSSS.

« La priorité des CSSS ne devrait-elle pas de donner des services de qualité à la population du Québec? Alors, comment expliquer cette dilapidation des fonds publics dans des contrats à des firmes privées dont les effets sont sans cesse remis en question?

En organisation du travail par exemple, il a été maintes fois démontré que les seuls projets où des effets positifs sont perçus sont ceux où les syndicats participent. Pourtant, les directions des CSSS s’obstinent à tenir les syndicats à l’écart et à donner le travail à contrat à des firmes externes qui ne connaissent rien à la réalité de terrain » explique Nadine Lambert.

En fait, ce qu’on remarque, c’est le laisser-aller de plus en plus questionnable des CSSS. Alors que l’organisation du travail doit être réalisée en respect des orientations ministérielles, voilà pourtant plusieurs mois que nous savons pertinemment qu’il en va tout autrement.

Cette fois-ci, on apprend que des directions de CSSS sont tentés de payer Proaction pour qu’elle développe un système informatique dans le système de santé et de services sociaux. « Nous ne pouvons faire autrement que de demander l’intervention pressante du MSSS dans ce dossier.

Depuis des mois, la preuve a été faite que l’implantation de ces firmes privées a des impacts désastreux. C’est maintenant le rôle du ministre de rétablir la situation. On ne peut accepter que cette firme développe de nouveaux créneaux. Il y a déjà quelque temps déjà que le ministre a expliqué publiquement qu’il faisait enquête sur la place de ces firmes privées dans le réseau. Nous pensons qu’il est maintenant temps de remettre de l’ordre dans nos CSSS » déclare Nadine Lambert.


À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 125 000 membres dans les secteurs privé et public. La FSSS est la plus grande organisation syndicale du secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS-CSN agit en faveur d'une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.


Source : FSSS-CSN

|La FSSS-CSN demande au Ministère de ramener les CSSS à l’ordre
4398|4480|Langue Manchettes|Pour le retour de l’unilinguisme dans l’affichage|2013-03-12 09:07:55|Pierre Dubuc|

Mes amis,

Il y a 25 ans, la Cour suprême du Canada invalidait les dispositions de la loi 101 sur l’affichage.

La Cour décrétait l’illégalité de l’affichage unilingue français.

La Cour imposait le bilinguisme institutionnel.

***

Ce jugement allait avoir une importance considérable.

Une importance qui dépassait la question de l’affichage.

Dans ce qui a été interprété à l’époque comme une concession au Québec, la Cour suprême du Canada introduisait dans le discours linguistique un nouveau concept : « la nette prépondérance du français ».

Concrètement, « la nette prédominance du français », dans l’affichage, cela s’est traduit par les Grosses Lettres en français et des Petites Lettres en anglais.

On voit aujourd’hui le résultat. L’anglais est sur le même pied que le français, ou l’emporte sur le français.

La « nette prédominance du français », c’est le bilinguisme institutionnel.

***

 
Pierre Dubuc, Robert Laplante, Mario Beaulieu et Jean-Paul Perreault. 
Crédit photo : J. Nadeau - Ledevoir.com

Le concept de « nette prédominance du français » n’existait pas dans la loi 101.

C’est un concept contraire à l’esprit même de la loi 101.

La loi 101 est basée sur le concept du « français, langue commune ».

Le « français, langue commune », ça signifie que la langue de communication entre les francophones et les anglophones, entre les francophones et les allophones, mais aussi entre les anglophones et les allophones, c’est le français !

C’est clair, net et précis.

***

Mais, sans qu’on n’y prenne garde, au cours des ans, le concept de « nette prédominance du français » est même venu qu’à remplacer progressivement le concept du « français, langue commune ».

Pas seulement dans l’affichage, mais dans aussi dans les autres sphères de la vie sociale.

Au travail, il pouvait dorénavant y avoir deux langues communes, le français et l’anglais, mais à la condition que le français soit prédominant.

Dans l’administration publique, il pouvait y avoir deux langues communes, le français et l’anglais, mais à la condition que le français soit prédominant.

Petit à petit, le bilinguisme institutionnel s’est imposé.

***

Ce bilinguisme s’est également introduit dans la pensée des leaders du mouvement souverainiste.

Le concept de « nette prédominance du français », imposé par la Cour suprême du Canada, a supplanté les concepts du « français, langue officielle » et « français, langue commune » de la Charte de la langue française.

Par exemple, dans le rapport de la Commission Larose, il est écrit : « Les différentes langues s’harmonisent dans la vie et l’espace publics selon le principe de la nette prééminence du français ».

Au dernier congrès du Parti Québécois, le titre du chapitre sur la langue de la Proposition principale de l’exécutif du parti était : « Pour la nette prépondérance du français ».

Dans ses livres, Jean-François Lisée fait de la « nette prédominance du français » le concept clé d’une politique linguistique. Il propose même de le « constitutionnaliser ».

Sa position en faveur du bilinguisme des guichetiers du métro dans le centre-ville de Montréal n’est pas une erreur de parcours. Elle découle de son adhésion au principe de la « nette prédominance du français ».

***

Il faudrait rappeler quelques faits historiques à Jean-François Lisée et à tous les partisans du concept de « nette prédominance ».

Quand la Cour suprême a invalidé en 1988 l’unilinguisme dans l’affichage, le Québec s’est soulevé en bloc contre cette décision.

Le gouvernement de Robert Bourassa a dû recourir à la clause nonobstant pour soustraire le Québec à l’arrêt de la Cour suprême.

Plus récemment, au dernier congrès du Parti Québécois, les délégués ont voté pour le retour à l’unilinguisme dans l’affichage. À l’unanimité en atelier et à une très large majorité en plénière.

La proposition a été finalement rejetée quand Mme Marois a mis tout son poids politique pour obtenir une reconsidération du vote.

Mais l’important à retenir, c’est que les militants du Parti Québécois, quand ils se sont exprimés en toute liberté, ont voté pour le retour à l’unilinguisme dans l’affichage.

***

Aujourd’hui, Mme De Courcy réaffirme dans le préambule du projet de loi 14 que le concept fondateur de la Charte de la langue française est « le français, langue commune ».

Nous saluons cette prise de position. Mais, pour être conséquent, il faut réintroduire les dispositions en faveur de l’affichage unilingue.

L’affichage unilingue, c’est l’étendard de notre lutte pour un Québec français.

L’affichage unilingue, c’était le volet de la Loi 101 préféré de René Lévesque.

Il disait : « À sa manière, chaque affiche bilingue dit à l’immigrant : « Il y a deux langues ici, l’anglais et le français; on choisit celle qu’on veut ». Elle dit à l’anglophone : « Pas besoin d’apprendre le français, tout est traduit ».

L’affichage unilingue est encore plus important aujourd’hui pour deux raisons.

Premièrement, parce que nous accueillons plus d’immigrants.

Deuxièmement, parce qu’une plus grande proportion de la population est bilingue.

Le bilinguisme individuel est une bonne chose. Mais plus il va progresser, plus l’unilinguisme français dans l’affichage devient essentiel.

D’ailleurs, si les anglophones sont aujourd’hui aussi bilingues, qu’on nous le dit, j’imagine qu’ils seront capables de lire une affiche en français et s’acheter un ticket de métro en français.

Sinon, qu’ils marchent!

En avant, pour l’affichage unilingue français!

En avant, pour Montréal français!

En avant, pour un Québec français!

|Discours prononcé lors de l’assemblée publique « Pour un renforcement de la Loi 101 » du 11 mars
4399|4481|Accueil_Actualités|Mines d’uranium au Québec : un moratoire|2013-03-12 09:18:49|L’aut’journal|

Deux ans, jour pour jour, après la catastrophe de Fukushima au Japon, des représentants des Premières Nations, des municipalités et de la société civile unissent leur voix pour demander au gouvernement du Québec de décréter un moratoire sur les mines d’uranium.

Ils demandent également au gouvernement de rapidement donner suite à son engagement de tenir une évaluation environnementale générique sur la filière de l’uranium au Québec.

L'uranium est un métal lourd radioactif qui sert de base à la production d'électricité nucléaire et à la fabrication de bombes. Son exploitation représente de lourds risques pour l’environnement et les populations.

En conséquence, des moratoires sur l’uranium sont déjà en place en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et dans l’État de Virginie.

« Québec doit suivre l’exemple de ces États qui, après analyses, et malgré les pressions de l’industrie, ont tous pris la sage décision de fermer la porte aux mines d’uranium pour des raisons de santé publique, de sécurité et d’environnement » affirme Ugo Lapointe de la coalition Québec meilleure mine.

Plusieurs communautés se sont prononcées contre les mines d’uranium au Québec ces dernières années. C’est le cas de la Nation Crie de Mistissini, à la Baie-James-Eeyou-Isthee, dans le Nord-du-Québec.

« En tant que défenseurs du plus grand lac d’eau douce au Québec, le lac Mistassini, nous nous opposons à l’exploitation de l’uranium. Cela irait à l’encontre de notre mode de vie et nos valeurs. Contrairement aux résidus miniers d’autres types de mines, comme ceux de la mine diamantifère Stornoway sur notre territoire, les déchets d’une mine d’uranium demeurent radioactifs pendant des milliers d’années. Cela ne nous apparaît pas acceptable et nous sommes réunis ici, aujourd’hui, pour proclamer haut et fort que l’uranium ne devrait pas être exploité au Québec » à fait savoir le Chef du Conseil de Mistissini, Richard Shecapio.

Cette sortie des organismes fait suite à la récente initiative du maire de la ville d’Amqui, M. Gaëtan Ruest, qui a mené sa municipalité à être la première au Québec à adopter à l’unanimité une nouvelle résolution prônant l’abandon de la filière de l’uranium et du nucléaire au Québec.

À ce jour, plus de 300 municipalités, MRC et collectivités autochtones ont adopté une résolution similaire au Québec. L’objectif est maintenant fixé à 500 municipalités. Un site Internet, avec copies de la nouvelle résolution, a été lancé pour l’occasion (www.quebecsansuranium.org).

Le Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, M. Ghislain Picard, salue l’initiative du groupe. « Nous saluons l’initiative du maire Ruest et nous incitons le plus grand nombre de collectivités autochtones et non autochtones à en faire autant et ainsi envoyer un message clair au gouvernement du Québec ».

Rappelons qu’un récent sondage de Léger Marketing révélait que 62% des Québécois sont favorables à un moratoire sur les mines d’uranium, une proportion qui augmente à 78% en faveur d’un examen indépendant des impacts de la filière uranifère avant d’autoriser tout projet sur le territoire québécois.

« Le gouvernement a tout en main pour décréter un moratoire et faire suite à son engagement de tenir une commission indépendante sur les mines d’uranium au Québec » de conclure Philippe Bourke, directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement.

Plusieurs organismes appuyaient la sortie d’aujourd’hui, dont la Nation Crie de Mistissini, l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, la Ville d’Amqui, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement, la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, le Mouvement Sortons le Québec du nucléaire, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, les Professionnel-le-s de la santé pour la survie mondiale, le Réseau canadien pour la surveillance du nucléaire, Sept-Îles sans uranium, Minganie sans uranium, Baie-James/Eeyou Istchee Sans uranium, Mouvement vert Mauricie, l’Association de protection des Hautes-Laurentides, Nature Québec, Fondation Suzuki, et Greenpeace-Québec.

|Premières nations, municipalités et citoyens unissent leur voix
4400|4482|Manchettes Mouvements_populaire|La ministre Maltais à TLPM : « Nous, ce qu’on dit, c’est que la ministre ment|2013-03-12 09:31:59|Maude Messier|

Amélie Châteauneuf, porte-parole de Front commun des personnes assistées sociale du Québec (FCPASQ), était catégorique au lendemain du passage de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Mme Agnès Maltais, à l’émission Tout le monde en parle dimanche soir.

Au terme d’une semaine tumultueuse, la ministre tentait de faire le point sur les coupures qui seront apportées à l’aide sociale. Plutôt que de calmer le jeu, ses propos ont plutôt enflammé les groupes de défense des droits des personnes assistées sociales.

Jointe par l’aut’journal, Amélie Châteauneuf estime que les personnes assistées sociales auraient dû avoir leur droit de parole à l’émission pour répondre à la ministre. « Ils l’ont bien fait avec les carrés rouges et verts. Mon numéro de téléphone circule partout au Québec depuis une semaine, je ne suis pas difficile à rejoindre. »

La ministre Maltais a expliqué que la prestation additionnelle de 129 $ pour contraintes à l’emploi actuellement accordée notamment aux bénéficiaires de 55 à 58 ans ainsi qu’aux jeunes familles ayant un enfant en bas âge ne serait non pas coupée, mais remplacée par une bonification de 195 $ jumelée à un programme d’employabilité, pour permettre à ces gens de trouver un emploi. La ministre a même affirmé qu’ils en seraient « plus riches ».

Amélie Châteauneuf s’insurge contre ces propos qu’elle juge trompeurs. « Elle remplace un programme d’aide sociale par un programme d’employabilité. Ce n’est pas du tout la même chose. Le premier garantit le droit universel à l’aide sociale, une aide de dernier recours. Le programme d’employabilité est déterminé dans le temps, basé sur des critères et n’offre aucun droit de recours en cas de refus. »

La porte-parole insiste sur le fait que la ministre ment à la population. « Les détails des coupures sont très claires, mais en ce qui concerne le programme d’employabilité, la ministre est floue. On n’a pas de détails. Elle dit qu’elle n’échappera personne, mais ça aussi c’est faux. On lui a donné des exemples, mais elle n’avait rien à répondre. »

Qu’adviendra-t-il d’une personne qui, par exemple, pour des raisons de santé qui ne sont pas reconnues comme une contrainte sévère à l’emploi, n’arrive pas à compléter son parcours de formation? Ou encore de quelqu’un qui ne trouve pas d’emploi quand prend fin le programme? « Tous ces éléments-là sont flous. C’est pourtant essentiel. »

À TLMEP, Mme Maltais a insisté sur le fait qu’il y aurait des suivis individuels. « Comment compte-elle faire le suivi des 13 500 personnes ou familles touchées? »

Le FCPASQ ne se positionne pas contre un meilleur arrimage entre les prestataires d’aide sociale et les besoins de main-d’œuvre, mais soutient qu’il est possible d’offrir un programme d’aide à l’emploi personnalisé sans couper dans les prestations des plus démunis de la société.

« Ce qui ne fonctionne pas, ce sont les coupures. Ce qui peut fonctionner, ce sont les formations, en autant qu’elles soient qualifiantes. Si tu n’as pas de qualifications, tu peux bien refaire ton cv vingt fois, ça ne changera rien. Mais on a peu de détails sur la mise en place des programmes aussi. »

Si le projet de la ministre est mal reçu par de nombreux groupes sociaux, dont le Collectif pour un Québec sans pauvreté qui dénonce ce « pari insensé et indécent », c’est surtout l’attitude de la ministre qui dérange. Le FCPASQ lui reproche de tromper la population quant aux coupures qu’elle s’apprête à faire.

« On pense qu’elle ment sur tout. Ces gens vont être pénalisés, il y a des gens qui vont tomber entre deux chaises. Mais aussi, la ministre ment lorsqu’elle affirme devant tout le Québec qu’elle n’a pas eu la chance de nous rencontrer. Elle a rencontré un groupe de défense des personnes assistées sociales le lundi 25 février et j’ai parlé à son attaché politique ce même lundi. » Ces changements ont été publiés dans la Gazette officielle du Québec le 27 février dernier.

Le FCPASQ entend intensifier ses activités au cours des prochaines semaines pour mettre de la pression sur la ministre afin qu’elle retire son projet. Des manifestations sont prévues le 13 mars à Montréal, à Québec et à Sherbrooke.

|Déclare Amélie Châteauneuf, porte-parole de Front commun des personnes assistées sociale
4401|4483|Langue Manchettes|Anglais intensif : Réplique à une réplique|2013-03-13 07:53:28|Frédéric Lacroix et Charles Castonguay|

Dans Le Devoir du vendredi 1er mars, Pascal Genest-Richard donne la réplique à notre texte paru le 27 février (Enseignement de la langue seconde - Anglais intensif : la fuite en avant continue).

Le titre « Gare aux visions obscurantistes » ainsi que la teneur de ses propos illustrent à merveille –probablement inconsciemment – la thèse centrale de notre texte : la fuite en avant semble être la seule posture admise en ce qui concerne l’enseignement de l’anglais langue seconde.

Exiger une réflexion collective, voire des études scientifiques avant de totalement chambouler le cursus de l’école primaire? « Obscurantisme! » clame M. Genest-Richard qui se dit « apeuré » par notre texte. Celui-ci remet même en question la « légitimité de nos propos »! Voilà qui va très loin… Selon lui, les opposants à l’anglais intensif devraient-ils bénéficier de la liberté d’expression en ce pays?

Il n’agit pas de « bouter l’anglais » hors de l’école française. Il s'agit d'optimiser l'enseignement de l'anglais en tenant compte des autres objectifs pédagogiques et en tenant compte du fait que nos écoles accueillent maintenant de grandes quantités d’élèves dont le français n’est pas la langue maternelle et qui doivent se mettre à l’étude simultanée de deux langues étrangères dès la première année du primaire.

Rappelons que les études scientifiques indiquent que l’apprentissage plus tardif d’une langue seconde donne de meilleurs résultats que l’apprentissage précoce.  En mettant l’anglais intensif au primaire, non seulement on vient potentiellement mettre en danger les matières de base, mais on nuit aussi paradoxalement à l’apprentissage de l’anglais comparativement à une période d’anglais intensif qui aurait lieu au secondaire, par exemple. 

Il s’agit aussi de rappeler que la « langue seconde » comme on le dit pudiquement, c’est toujours uniquement l’anglais et que la « liberté de choix » de la langue seconde n’existe pas au Québec.  Une contrainte dont semble fort bien s’accommoder M. Genest-Richard.

Rappelons que le pourcentage de bilinguisme anglais-français des francophones de 20 à 34 ans est maintenant de 79% à Montréal. Avons-nous vraiment un problème collectif de connaissance de l’anglais? Il semble bien que non.

Rappelons par contre que le pourcentage de bilingues français-espagnol tourne autour d’un misérable 2% au Québec. Avons-nous plutôt un problème collectif de connaissance d’autres langues secondes que l’anglais au Québec? Il semble bien que oui.

|La fuite en avant semble être la seule posture admise
4402|4484|Langue Manchettes|Le français doit retrouver sa place de langue officielle|2013-03-13 08:07:33|SFPQ|

Les modifications que le projet de loi no 14 propose d'apporter à la Charte de la langue française ne constituent pas un renforcement de la loi 101 en ce qui concerne l'usage du français dans l'administration publique et l'accueil des immigrants. C'est le message livré par la présidente générale du Syndicat de la fonction et parapublique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, devant la commission parlementaire mandatée pour étudier le projet de loi no 14, Loi modifiant la Charte de la langue française, la Charte des droits et libertés de la personne et d'autres dispositions législatives. « Bien que nous soyons d'accord avec la majeure partie des propositions contenues dans le projet de loi, nous demeurons sceptiques quant à la volonté réelle du gouvernement de reprendre en main l'intégration des immigrants. Nous craignons que ces modifications contribuent à un assouplissement de la Charte de la langue française », estime Lucie Martineau. 

Depuis plusieurs années, déplore le SFPQ, des services s'adressant aux personnes immigrantes sont délocalisés du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) vers des organismes communautaires. Plutôt que d'établir une saine complémentarité des fonctions et des responsabilités entre la fonction publique et le secteur communautaire, ces transferts de services ont contribué à brouiller le message envoyé à ces nouveaux arrivants en matière d'intégration linguistique. « Au-delà de leur accueil physique à l'aéroport, le contrôle de l'immigration doit être un symbole fort de l'État et un rôle qu'il doit assumer clairement. Il est paradoxal de vouloir renforcer la francisation des personnes immigrantes sans augmenter les ressources pour ce faire. Se pourrait-il que nos moyens ne soient pas à la hauteur de notre hospitalité? », questionne madame Martineau. 


Des assouplissements dangereux
 

Selon les modifications proposées, les entreprises n'auront plus à fournir la documentation en français pour obtenir un permis, une autorisation, une subvention ou toute forme d'avantages conférés par l'administration publique. Le SFPQ ne peut souscrire à cet assouplissement. « Nous savons trop bien ce qui se passera lorsque nous aurons un gouvernement dont la détermination à faire du français la langue commune sera chancelante : il n'y aura jamais de raisons valables pour demander une version française des documents. Cette mesure viendra élargir la route de la bilinguisation de l'administration publique qui est déjà toute tracée. Cette ouverture sur « l'autre langue » a une conséquence directe sur l'obligation de bilinguisme de la part du personnel de la fonction publique, et le projet de loi no 14 ne la corrige pas », insiste la porte-parole syndicale. 


Les solutions prônées
 

Le SFPQ propose au gouvernement de modifier la Charte de la langue française afin que les services de la fonction publique et parapublique du Québec soient offerts exclusivement en français, sauf pour de rares exceptions comme ceux impliquant des échanges avec l'extérieur du Québec. L'administration publique devrait également s'adresser en français aux nouvelles personnes arrivantes, dès leur arrivée et sans exception. «  Le gouvernement doit donner un sérieux coup de barre pour que le français retrouve la place qui sied à une langue officielle », conclut Lucie Martineau.

Pour consulter le mémoire du SFPQ, cliquez ici.

|Les modifications proposées ne constituent pas un renforcement de la loi 101 en ce qui concerne l'usage du français dans l'administration publique et l'accueil des immigrants
4403|4485|Langue Manchettes|Salle comble au rassemblement pour un renforcement de la loi 101|2013-03-13 08:11:58|MQF|



À l’initiative du Mouvement Québec français (MQF), plus de 400 personnes ont participé avec un grand enthousiasme à un rassemblement pour le renforcement de la Charte de la langue française au Théâtre Plaza, à Montréal, à la veille du début des travaux parlementaires sur le projet de Loi 14. On tenait également à souligner qu’il y a 100 ans, le 11 mars 1913, était créée la Ligue des droits du français, l’ancêtre de la Ligue d’Action nationale.

Le MQF, comme la plupart des autres organismes, a accueilli le projet de loi n°14 avec de sérieuses réserves. Bien qu’il applaudisse au passage les mesures qu’il conçoit comme des réponses appropriées à des problèmes depuis longtemps documentés, par exemple l’inclusion d’une procédure de francisation pour les entreprises employant entre 26 et 49 personnes, le MQF juge le projet de loi n°14 globalement insuffisant pour assurer la pérennité du français au Québec.

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), a martelé que « les articles du projet de loi 14 touchant la langue de travail doivent à tout prix être appliqués de façon à consolider le français comme langue du travail au Québec. Une langue perd de sa vitalité et est condamnée à long terme à disparaître lorsqu’elle n’est plus utile pour gagner sa vie. »

Mario Beaulieu, président du MQF et de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, considère « qu’il est essentiel de contrer le bilinguisme institutionnel dans les municipalités comme dans l’ensemble de l’administration publique pour faire du français la langue commune des Québécoises et des Québécois de toutes origines. »




Jean-François Sylvestre, vice-président du SFPQ Montréal-Laval, a également expliqué pourquoi il est nécessaire que les services publics et parapublics soient donnés en français exclusivement : « afin de bien accueillir les nouveaux arrivants et de favoriser leur intégration au Québec, il est essentiel que l’État soit exemplaire en matière linguistique et francise ses services au maximum. » De plus, pour le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), la loi 14 représente un recul en ce qui concerne l’obligation des entreprises de communiquer en français avec l’État.

Robert Laplante, de l’Action nationale, a pour sa part fait valoir que « la question des municipalités bilingues est loin d’épuiser le débat. Il faut reconfigurer l’ensemble des institutions pour les rendre conformes à l’esprit et à la lettre de la loi 101 originale. » M. Laplante fait valoir que « le financement des institutions anglophones n’a jamais été ajusté au poids démographique de la minorité. En continuant de surfinancer les institutions anglophones dans la santé, l’éducation et l’administration publique, le Gouvernement du Québec est devenu le principal agent d’anglicisation de la métropole et du Québec. »

Ont pris la parole la parole lors du rassemblement : Mario Saint-Amand, Pierre Curzi, Marc Nantel, v.-p. de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Gilles Laporte, président du Mouvement national des Québécois (MNQ), Mario Beaulieu, président du MQF et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français, Pierre Dubuc, de l’aut’journal, Robert Laplante de l’Action nationale, Marc Laviolette, président du SPQ Libre, François Saillant, de Québec Solidaire (QS), Rachid Bandou, d’Amitié Québec-Kabylie, Gilbert Paquette, professeur, IVY, slameur et Coralie Laperrière du Mouvement des cégépiens pour le français (MCF).

L’ensemble des organismes de défense du français considère qu’en l'absence de l'application de la loi 101 au cégep, on continuera de financer des cégeps anglophones qui favorisent l'anglicisation massive des allophones et des francophones et, en bout de piste, notre minorisation sur le continent.»

|Plus de 400 personnes au théâtre Plaza à Montréal
4404|4486|Manchettes Politique_Canada|Irak : ce que Chrétien omet de dire|2013-03-14 07:35:17|Pierre Dubuc|

Dans les entrevues qu’il accorde à l’occasion du dixième anniversaire de la décision de son gouvernement de ne pas participer aux côtés des États-Unis à la guerre en Irak, l’ancien premier ministre Jean Chrétien néglige de souligner l’importance de la mobilisation populaire au Québec contre cette guerre dans sa prise de décision.

Pourtant, selon Janice Gross Stein et Eugene Lang, les auteurs de The Unexpected War, c’est la mobilisation contre la guerre en Irak au Québec qui est la cause principale de la décision de Jean Chrétien de dire Non aux États-Unis. Chrétien, soulignent-ils, craignait que l’adhésion du Canada à la guerre entraîne la réélection d’un gouvernement du Parti Québécois dont le chef, Bernard Landry, s’était prononcé contre la guerre.

Dans ses Mémoires, l’ambassadeur des États-Unis à Ottawa Paul Cellucci écrit que « le Québec constituait un problème tout comme les opposants au sein du Parti libéral qui ne voulaient pas voir le Canada trop se rapprocher des États-Unis d’un point de vue militaire ».

Cellucci et les dirigeants canadiens se rappelaient sans doute que, lors de la crise de la conscription de la Première guerre mondiale, alors que le Canada anglais vociférait contre le mouvement pacifiste québécois, le député J.N. Francoeur avait déposé une motion à l’Assemblée législative du Québec en faveur de l’indépendance du Québec, une motion qui stipulait que le «Québec serait disposé à accepter la rupture du pacte fédératif de 1867».

Comme le craignait Jean Chrétien, un gouvernement du Parti Québécois aurait pu faire campagne contre la guerre en s’appuyant sur l’extraordinaire mobilisation qui a vu à trois reprises, par des froids sibériens en plein mois de février, plus de 200 000 personnes, de toutes origines ethniques, descendre dans la rue pour s’opposer à la participation du Canada à la guerre en Irak.

Les conditions étaient réunies pour transformer le mouvement contre la guerre en mobilisation pour l’indépendance du Québec et un référendum appelé dans ce contexte aurait fort probablement pu rallier une confortable majorité.

La décision de Jean Chrétien de faire faux bond aux États-Unis a permis d’éviter au Canada et aux États-Unis d’être confronté à cette éventualité en désamorçant le débat au Québec, ce qui allait conduire à la défaite du Parti Québécois et l’élection du gouvernement de Jean Charest.


Malgré tout, une participation discrète

Malgré les affirmations contraires de l’ancien premier ministre, le Canada a tout de même assumé une certaine participation à la guerre en Irak. Indirecte, par le remplacement de soldats américains en Afghanistan, mais également directe, comme le démontre un petit retour sur les événements.

On se rappellera qu’après les attentats du 11 septembre 2001, le secrétaire général de l’OTAN invoque l’article 5 du Traité de Washington qui stipule que toute attaque contre un membre de l’alliance est une attaque contre tous et rend obligatoire de se porter à la défense de ce membre.

Le Canada, en tant que signataire de l’Alliance, est légalement obligé de s’impliquer aux côtés des États-Unis. Ordre est donné aux HMCS Halifax et HMCS Preserver de se diriger vers le Golfe persique pour joindre la Coalition dans le cadre de l’Opération Enduring Freedom, la mission américaine ayant mandat de renverser le régime des Taliban en Afghanistan.

En décembre 2001, des éléments du Joint Task Force 2 (JTF2), l’unité d’élite de l’armée canadienne sont déployés en Afghanistan.

L’implication canadienne est somme toute modeste, en bonne partie parce que l’état-major des Forces armées considère que ses effectifs sont à bout de souffle après les missions en Yougoslavie, en Somalie et au Timor oriental.

Mais les Américains font pression pour que les troupes canadiennes combattent avec eux dans le sud de l’Afghanistan et le Canada accepte l’envoi d’un bataillon de 800 soldats dans la région de Kandahar. Lorsque les soldats canadiens y débarquent, quatre mois après l’invasion américaine, la région est pacifiée.

Alors que le Canada s’apprête à retirer ses troupes de Kandahar, Washington demande à Ottawa de prolonger la mission. Des dissensions se manifestent alors entre l’establishment militaire et le gouvernement Chrétien. Les militaires voudraient demeurer aux côtés des Américains à Kandahar dans le cadre de l’Opération Enduring Freedom, mais le cabinet Chrétien préfère voir les troupes canadiennes s’installer à Kaboul avec les Européens sous l’autorité de l’ISAF. En toile de fond, se dessine à ce moment-là l’invasion de l’Irak auquel l’état-major canadien aimerait participer.

Le ministre de la Défense, John McCallum, est alors « invité » à aller rencontrer le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Ce dernier veut la présence du Canada à Kaboul et non à Kandahar où, selon lui, les combats sont à toutes fins pratiques terminés, tout comme dans le reste de l’Afghanistan.

Rumsfeld laisse entendre qu’il voudrait que l’ISAF relève de l’OTAN et que le Canada prenne la direction de la mission. McCallum prévient Rumsfeld que si le Canada prend cet engagement, il n’aura plus de soldats pour l’Irak.

Rumsfeld acquiesce. Il veut diminuer la présence militaire américaine en Afghanistan au profit de la guerre à venir en Irak et a planifié que l’armée canadienne se substitue à l’armée américaine en Afghanistan. Peu lui chaud que le Canada n’envoie pas de soldats en Irak, mais il insiste sur la nécessité du soutien politique d’Ottawa à cette guerre.

Mais le gouvernement canadien, on le sait, refusera de cautionner la guerre en Irak. McCallum avise l’état-major militaire canadien d’informer le Pentagone que le Canada ne participera pas aux sessions préparatoires à l’invasion en Irak.

Aussi, lorsque les militaires canadiens qui siègent au CENTCOM – le Commandement central de l’armée américaine – demanderont à Ottawa de signer un memorandum avec le Qatar afin de pouvoir suivre le CENTCOM lorsqu’il quitte Tampa en Floride pour le Qatar afin d’assurer la direction des opérations en Irak et en Afghanistan, le ministre des Affaires étrangères Bill Graham refuse.

Malgré tout, le Canada maintiendra ses navires envoyés dans le Golfe Persique (Arabian Sea) dans le cadre de l’Opération Enduring Freedom bien que celle-ci soit passée sous la direction du CENTCOM.

De plus, une trentaine d’officiers canadiens impliqués dans un échange d’officiers avec les Américains participeront à la guerre en Irak. L’officier au rang le plus élevé, Walt Natynczuk, est même directement impliqué dans les plans d’invasion de l’Irak à partir des quartiers généraux américains au Koweit.

Il suivra le quartier-général lorsque celui-ci se déplacera en Irak, même si le gouvernement dont il relève avait pris position contre la participation à cette guerre. Plus tard, Walt Natynczuk deviendra commandant en chef des Forces armées canadiennes.

|Les vrais motifs d’une décision, qui a laissé place à une participation indirecte et discrète
4405|4487|Manchettes Mouvements_syndical|Négos à Radio-Canada : Harper en appel|2013-03-14 07:39:47|Maude Messier|

Les employés de bureau et les professionnels de Radio-Canada affrontent le gouvernement Harper devant les tribunaux pour défendre leur droit à la négociation collective et pour obtenir le versement des hausses salariales prévues à leur convention collective pour la période 2009-2011.

Le gouvernement fédéral porte en appel une décision de la Cour supérieure du Québec qui déclarait inconstitutionnelles certaines dispositions de la Loi sur le contrôle des dépenses.

La Loi sur le contrôle des dépenses, adoptée en mars 2009 par le gouvernement conservateur, partie intégrante de la Loi sur le budget (Loi C-10), limitait les hausses salariales à 1,5 % par année à compter de 2009 alors que la convention collective négociée entre la section locale 675 du SCFP et Radio-Canada prévoyait des hausses salariales de 2,5 % pour la période 2009-2011.

En d’autres mots, le gouvernement conservateur fait fi du contrat de travail légitimement négocié entre le syndicat et Radio-Canada et limite à son gré les hausses salariales qui pourront être accordées.

Plus encore, depuis l’adoption de C-10, la partie du budget de Radio-Canada attribuée aux augmentations de salaires n’est plus versée par le gouvernement. Radio-Canada doit désormais puiser à même ses budgets de fonctionnement pour payer ces hausses.

« Tout le monde est perdant. Sans compter les coupures de 171 millions de dollars qui ont coûté 800 postes en 2009 et les 450 postes équivalents temps plein en 2012 », de souligner la présidente du syndicat, Isabelle Doyon, en entrevue à l’aut’journal.


D’un grief à… la Cour suprême?

Le 27 avril 2009, Radio-Canada annonce au syndicat par écrit que les hausses salariales de 2,5 % prévues dans la convention collective et devant être versées en septembre seront limitées à 1,5 % pour les trois prochaines années. La société d’État réfère à la Loi C-10.

Le 20 mai 2009, le SCFP-675 dépose un grief contre Radio-Canada pour contester cette décision. Le syndicat estime que les dispositions de la Loi sur le contrôle des dépenses sont inconstitutionnelles et violent la Charte canadienne des droits et libertés en compromettant notamment « l’intégrité du processus de négociation ».

Le syndicat, de même que l’Association des réalisateurs, adressent donc une requête conjointe aux tribunaux pour faire reconnaître l’inconstitutionnalité de la loi.

Le 11 juillet 2012, la juge Lise Matteau de la Cour Supérieure rend un jugement favorable aux syndicats.

Elle déclare notamment « invalides, inapplicables constitutionnellement ou inopérants plusieurs articles de la Loi sur le contrôle des dépenses (…) contraires à l’article 2 d) de la Charte canadienne des droits et libertés ». L’article 2 d) réfère à la liberté d’association.

La juge déclare que la convention collective dûment négociée couvrant la période 2007-2010 doit être respectée par la SRC et que les hausses de salaires prévues doivent être versées.

Sans surprise, le gouvernement conservateur a décidé de porter en appel cette décision. Les parties se présenteront en Cour d’appel à l’automne prochain.

Pour la présidente du SCFP-675, les assises juridiques du dossier sont solides. « Nous sommes prêts à aller jusqu’en Cour Suprême pour défendre notre droit d’association et de négociation. C’est fondamental. »

Elle cite un dossier similaire dans le secteur de la santé en Colombie-Britannique (Health Services and Support – Facilities Subsector Bargaining Assn. c. Colombie-Britannique), pour lequel une décision favorables à la partie syndicale a été rendue.

Des syndicats contestaient en partie la constitutionnalité de la Health and Social Services Delivery Improvement Act, qui limitait notamment le droit à la négociation collective.



Conséquences futures…

« C-10 a aussi des répercussions au-delà de la période visée de trois ans pour laquelle on est en cour actuellement. Alors qu’on était en plein cœur des procédures, on entamait aussi une nouvelle négo pour 2010-2015. Que pensez-vous que l’employeur nous a proposé dans ce contexte-là? », explique Mme Doyon.

Compte tenu du contexte budgétaire austère à Radio-Canada, impossible de négocier plus haut que le 1,5 % par année fixé par C-10. « L’employeur est contraint par la loi. Avant, on négociait autour de l’IPC, plus vers 2,3 % - 2,5 %. Là, on ne négocie pas. On n’a pas de rapport de force. »

Elle rappelle pourtant qu’en période de difficultés financières, les parties négocient en tenant comptes des contraintes. Le contexte économique ne doit pas servir d’excuse pour bafouer les droits des travailleurs. « Nous n’avons même pas eu la possibilité de négocier des mesures pour atténuer les impacts pour nos membres. »

Mme Doyon insiste : « Ces hausses que nous n’avons pas, ce sont non seulement des pertes directes de salaires, mais elles ont aussi un impact sur la retraite de plusieurs d’entre-nous, parce que ce sont les cinq meilleures années des dix dernières années sur lesquelles les calculs sont basés. On est donc pénalisés là-dessus aussi. »

Elle affirme qu’elle recommande à tous qui quittent pour la retraite depuis le début du litige de signer leur quittance de travail sous réserve d’un éventuel règlement au dossier. « Pour ne pas complètement couper le lien d’emploi pour qu’ils puissent se prévaloir d’un remboursement éventuel. Ce serait tellement injuste sinon. »

Le SCFP-675 représente quelque 600 salariés dans environ 70 départements de la Société Radio-Canada, au Québec et à Moncton. 70 % de ces employés sont des femmes.

|Les employés de la SRC prêts à défendre le droit de négocier jusqu’en Cour suprême
4406|4488|Manchettes Politique_Canada|Libre-échange Canada-Europe : rencontre Ayrault-Marois|2013-03-14 07:49:32|France Latreille et al.|

France Latreille, directrice, Union des consommateurs
Carolle Dubé, présidente, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
Claude Vaillancourt, président, ATTAC-Québec
Jacques Benoit, coordonnateur, Coalition solidarité santé
Michèle Boisclair, 1ère vice-présidente, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
Pierre-Yves Serinet, coordonnateur, Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC)


Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, est présentement en visite au pays et sera aux côtés de Mme Marois, ce soir, [le 14 mars] lors d’un dîner conférence qualifié «d’exceptionnel» par la Chambre de commerce française, organisatrice de l’événement. Il y sera question, entre autres, de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AÉCG).

Le Québec participe en effet depuis 2009 aux négociations de cet accord dont la portée est

sans précédent puisque pour la première fois sont négociés des domaines entiers relevant de la juridiction des provinces et des pouvoirs municipaux et qui, pour le Québec, représentent des services publics majeurs.

Selon les diverses versions et annexes de l’accord, rendues accessibles grâce à des fuites, différents aspects des services en matière de santé, d’éducation, d’électricité, de télécommunications, d’eau potable, de culture, et les marchés publics qui y sont associés, font l’objet de tractations.

Le 17 janvier dernier, le négociateur en chef pour le Québec, M. Pierre-Marc  Johnson, informait quelques acteurs de la société civile que l’Union européenne (UE), dont la France, tenait beaucoup à la prolongation des brevets pharmaceutiques.

Non seulement une telle mesure favoriserait-elle les multinationales européennes de l’industrie des médicaments, mais toutes les études sont unanimes pour signaler qu’en retardant l’arrivée sur le marché des versions génériques, plus abordables, cette clause de l’AÉCG en matière de propriété intellectuelle occasionnerait une hausse importante des coûts du système de santé.

Entre autres, l’Association canadienne du médicament générique évalue que l’impact sur les régimes public et privés d’assurance médicaments du Québec pourrait s’élever à 773 millions de dollars annuellement. Pour l’ensemble du Canada, il s’agit d’une augmentation annuelle de 2,8 milliards de dollars.

Devant l’insistance de l’UE, des sources au sein de l’équipe québécoise de négociations indiquent que Québec et les autres provinces s’apprêtent à plier et songent désormais à éponger cette pression additionnelle sur le système de santé en demandant une compensation à Ottawa.

À juste titre, cette stratégie soulève de vives inquiétudes. Seuls des néophytes des relations Québec-Canada sous le régime Harper peuvent arriver à se convaincre qu’un tel dédommagement fédéral est réaliste. Sans compter que d’un point de vue global, le coût de cette généreuse mesure envers l’industrie pharmaceutique sera inévitablement défrayé par les contribuables.

Il en coûte déjà, au Québec, pas moins de 38% de plus que dans la moyenne des pays de l’OCDE pour acheter nos médicaments. Le Canada trône au deuxième rang des pays où les médicaments sont les plus dispendieux. Accepter davantage de protection des médicaments de marque dans l’AÉCG, c’est condamner d’avance toute tentative de contrôle du coût et des dépenses en médicaments au Québec.

Dans un contexte d’austérité et de coupures tous azimuts du gouvernement du Québec pour atteindre à tout prix le déficit zéro, il est inconcevable que Québec accepte de faire des cadeaux, aux multinationales étrangères de surcroît.

Il est grand temps au contraire que le gouvernement du Québec prenne toutes les mesures nécessaires pour contrôler et réduire les dépenses en médicaments dans la province, notamment grâce à l’adoption d’un régime entièrement public d’assurance médicaments qui, selon les estimations, permettrait une économie annuelle de 1 à 3 milliards de dollars.

Lors de ses échanges avec son homologue français, nous nous attendons à ce que la première ministre Marois fasse savoir qu’elle refuse catégoriquement toute prolongation des brevets pharmaceutiques, au nom de la nécessité urgente de mieux contrôler les coûts de nos médicaments au Québec.

Cela n’est que cohérent avec le fait que l’un des premiers gestes qu’a posé le nouveau gouvernement péquiste a été d’abolir la règle de 15 ans qui protégeait les brevets et privilégiait exagérément les pharmaceutiques au Québec.

La «règle des 15 ans », cette politique industrielle instaurée en 1994 pour soutenir l’innovation dans le secteur pharmaceutique, octroyait en effet trois années de protection supplémentaire aux brevets, en moyenne.

Elle a coûté 193 millions de dollars en 2011-2012 au gouvernement du Québec. Pour les onze dernières années (2002-2003 à 2012-2013), ce sont 838,3 millions de dollars que le gouvernement du Québec a dû allonger. C’est tout juste un peu plus que ce que pourrait coûter pour une seule année la demande de l’Union européenne.

La règle des 15 ans a été abolie notamment parce que, malgré son existence, les compagnies pharmaceutiques de marque continuaient de quitter le Québec depuis cinq ans. Que pourraient donc espérer le gouvernement et la population du Québec en retour d’une prolongation des brevets sur les médicaments dans l’AÉCG?

Il ne faut pas oublier non plus qu’en vertu de la règle de la nation la plus favorisée (NPF) inscrite au chapitre 11 de l’ALÉNA, les entreprises américaines pourraient également profiter de l’extension de la durée des brevets et ce, sans la moindre contrepartie.

Il apparaît déjà clairement que les entreprises américaines n’hésiteront pas à faire valoir leurs droits, si l’on en juge par le cas d’Eli Lilly qui a intenté une poursuite de 100 millions de dollars contre le gouvernement du Canada, en novembre 2012, après que celui-ci ait suspendu un de ses brevets pour non-conformité.

La portée de l’AÉCG est telle, sur notre système de santé mais aussi sur des pans entiers de notre souveraineté et notre vision du développement, qu’il est fondamental qu’un large débat public ait lieu au Québec, loin du secret actuel des négociations, afin de décider collectivement du bien-fondé d’un tel accord et nous assurer qu’il ne contraindra pas la capacité de l’État québécois à gouverner pour l’intérêt public.

|Non à la prolongation des brevets pharmaceutiques
4407|4489|Société|Robert Laplante au Théâtre Plaza|2013-03-14 08:10:23|L'aut'journal|

|100e anniversaire du la Ligue des droits du français.
4408|4490|authebdo|Paul Rose n’est plus !|2013-03-14 11:19:32|Pierre Dubuc|Le Québec perd un grand patriote

Paul Rose, une figure marquante de l’histoire du Québec contemporain, est décédé aujourd’hui à l’âge de 69 ans, à la suite d’un AVC.

Paul Rose a été de toutes les luttes importantes du Québec. Au cours des années 1960, il a été un des instigateurs de la Maison du pêcheur à Percé, l’ancêtre des auberges de jeunesse au Québec.

L’automne dernier, il s’était rendu en Gaspésie, sur les lieux du tournage du film qu’Alain Chartrand consacre à ces événements.

En 1968, il a été un des organisateurs de la manifestation McGill Français et a participé à la célèbre manifestation de la St-Jean-Baptiste.

Paul Rose faisait partie de cette génération de jeunes révoltés des années 1960, issue des milieux populaires, qui avait décidé de prendre les moyens nécessaires pour secouer le joug de l’oppression nationale et sociale dont était victime la génération de ses parents, après tant d’autres générations.

Paul Rose a toujours expliqué les actions du Front de libération du Québec (FLQ) auxquelles il a pris part comme une réaction à la répression dont étaient victimes, à l’époque, les organisations populaires et indépendantistes.

Aujourd’hui, nous savons que l’adoption de la Loi des mesures de guerre par le gouvernement Trudeau exprimait cette volonté des milieux fédéralistes d’écraser le mouvement souverainiste québécois.

Son procès au quartier général de la Sûreté du Québec à Parthenais, transformé pour l’occasion en caserne militaire, était un déni de justice. À l’époque, par exemple, les femmes ne pouvaient siéger comme jurés. C’est suite à ce procès que la loi fut modifiée.

Au cours de ses treize années d’emprisonnement, Paul Rose a milité pour les droits des détenus et a organisé des « grèves du travail », un précédent dans les annales pénitentiaires, pour réclamer le droit à l’éducation pour les prisonniers, de l’alphabétisation à l’université. Une autre revendication était le droit à des visites-contact.

Après sa libération en décembre 1982, Paul Rose a poursuivi son militantisme à l’aut’journal, à la CSN comme conseiller syndical et, en politique, au Parti de la Démocratie socialiste, à l’Union des forces progressistes et à Québec solidaire.

Paul Rose est décédé paisiblement, aujourd’hui, le 14 mars 2013, à l’hôpital Sacré-Cœur, entouré de ses proches, alors que son fils Félix et sa fille Rosalie lui faisaient la lecture d’un Canadien errant d’Antoine Gérin-Lajoie, des poèmes de Gérald Godin et Gaston Miron, et des chroniques de Nous étions le nouveau monde de Jean-Claude Germain.

Paul Rose laisse dans le deuil sa conjointe Andrée Bergeron, son fils Félix, sa fille Rosalie, son frère Jacques, ses sœurs Suzanne, Claire et Lise.

Ses nombreux amis et tous les militants syndicaux et nationalistes pleurent la perte d’un grand patriote québécois.

Les détails de la cérémonie funéraire seront communiqués ultérieurement.
La famille informe les médias qu’elle tient à vivre ces premiers jours de deuil dans l’intimité.

Pour infos : Pierre Dubuc (514-962-2302)|
4409|4491|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose n’est plus !|2013-03-14 11:36:25|Pierre Dubuc|Paul Rose, une figure marquante de l’histoire du Québec contemporain, est décédé aujourd’hui à l’âge de 69 ans, à la suite d’un AVC.

Paul Rose a été de toutes les luttes importantes du Québec. Au cours des années 1960, il a été un des instigateurs de la Maison du pêcheur à Percé, l’ancêtre des auberges de jeunesse au Québec.

L’automne dernier, il s’était rendu en Gaspésie, sur les lieux du tournage du film qu’Alain Chartrand consacre à ces événements.

En 1968, il a été un des organisateurs de la manifestation McGill Français et a participé à la célèbre manifestation de la St-Jean-Baptiste.

Paul Rose faisait partie de cette génération de jeunes révoltés des années 1960, issue des milieux populaires, qui avait décidé de prendre les moyens nécessaires pour secouer le joug de l’oppression nationale et sociale dont était victime la génération de ses parents, après tant d’autres générations.

Paul Rose a toujours expliqué les actions du Front de libération du Québec (FLQ) auxquelles il a pris part comme une réaction à la répression dont étaient victimes, à l’époque, les organisations populaires et indépendantistes.

Aujourd’hui, nous savons que l’adoption de la Loi des mesures de guerre par le gouvernement Trudeau exprimait cette volonté des milieux fédéralistes d’écraser le mouvement souverainiste québécois.

Son procès au quartier général de la Sûreté du Québec à Parthenais, transformé pour l’occasion en caserne militaire, était un déni de justice. À l’époque, par exemple, les femmes ne pouvaient siéger comme jurés. C’est suite à ce procès que la loi fut modifiée.

Au cours de ses treize années d’emprisonnement, Paul Rose a milité pour les droits des détenus et a organisé des « grèves du travail », un précédent dans les annales pénitentiaires, pour réclamer le droit à l’éducation pour les prisonniers, de l’alphabétisation à l’université. Une autre revendication était le droit à des visites-contact.

Après sa libération en décembre 1982, Paul Rose a poursuivi son militantisme à l’aut’journal, à la CSN comme conseiller syndical et, en politique, au Parti de la Démocratie socialiste, à l’Union des forces progressistes et à Québec solidaire.

Paul Rose est décédé paisiblement, aujourd’hui, le 14 mars 2013, à l’hôpital Sacré-Cœur, entouré de ses proches, alors que son fils Félix et sa fille Rosalie lui faisaient la lecture d’un Canadien errant d’Antoine Gérin-Lajoie, des poèmes de Gérald Godin et Gaston Miron, et des chroniques de Nous étions le nouveau monde de Jean-Claude Germain.

Paul Rose laisse dans le deuil sa conjointe Andrée Bergeron, son fils Félix, sa fille Rosalie, son frère Jacques, ses sœurs Suzanne, Claire et Lise.

Ses nombreux amis et tous les militants syndicaux et nationalistes pleurent la perte d’un grand patriote québécois.

Les détails de la cérémonie funéraire seront communiqués ultérieurement.
La famille informe les médias qu’elle tient à vivre ces premiers jours de deuil dans l’intimité.|Le Québec perd un grand patriote
4410|4492|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose : le gars qui avait horreur du « je »|2013-03-15 08:42:58|Robin Philpot|

Ô qu’il va nous manquer, Paul Rose! Bien sûr, on ne le voyait pas partout, on ne l’entendait pas, on ne le voyait pas à Radio-Canada, à TVA, dans la grosse Presse et sur les ondes d’autres radios poubelles. Il ne décorait pas les scènes où le babillage tient lieu de commentaire politique, où des chroniqueurs et commentateurs chevronnés au gros salaire ânonnent à longueur de journée.

Par contre, on savait que lui, il était là, et qu’il serait là, toujours solide comme le roc des Laurentides ou le Rocher Percé; on savait que, lui, il ne changerait pas, qu’il garderait le cap jusqu’à la fin. Et c’est ce qu’il a fait.

Paul Rose détestait les feux de la rampe; et il n’était pas impressionné par ceux qui y baignaient sans mérite. Ce qui comptait pour lui, c’était de savoir comment le travailleur, la chômeuse, l’assistée sociale vivaient, comment les politiques toujours si peu intéressantes pouvaient aider à répondre aux besoins du peuple.

À chaque décennie depuis octobre 1970, Paul Rose, comme nous tous, devait subir les émissions qui tournaient en boucle, toujours aussi vides les uns que les autres; mais qui ne posaient jamais la vraie question sur les « Québécois violents », non pas ceux du FLQ, mais ceux de la violence de l’État canadien, en commençant par Pierre-Elliott Trudeau et ses complices, Marc Lalonde, Gérard Pelletier et autres Jean Marchand. Paul Rose, lui, voulait parler des Mesures de guerre, « cette affaire qu’on ne connaissait même pas en 1970 », disait-il. Il voulait qu’on parle des centaines d’arrestations et de détentions arbitraires d’hommes et de femmes totalement innocents, des dizaines de milliers de perquisitions, des vols d’hélicoptères visant l’intimidation maximale.

Les grands médias n’aiment pas les Paul Rose de ce monde, parce que les gens comme lui refusent carrément de jouer leur jeu, qui consiste à pavoiser sa personne et ses connaissances infinies. Or, contrairement au modèle recherché par ces médias, Paul Rose avait horreur du « je ». L’important, c’était le peuple, la collectivité, les gens qu’il défendait.

En ce sens, il était un modèle et nous sommes des milliers aujourd’hui qui pleurons sa disparition. Le Québec a besoins de davantage de Paul Rose.

L’histoire lui donnera raison!


Robin Philpot

|Ô qu’il va nous manquer, Paul Rose!
4411|4493|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-03-15 08:54:46|Maude Messier|

Assurance-emploi : la Coalition multiplie ses appuis

Montréal - En conférence de presse jeudi matin, les représentants de la Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi ont annoncé la venue de nouveaux partenaires : la Fédération québécoise des municipalités (FQM), l'Union des municipalités du Québec (UMQ), l'Union des producteurs agricoles (UPA), l'organisme Solidarité rurale du Québec (SRQ) ainsi que la Coalition de l'Est (un regroupement d'acteurs socioéconomiques) se joignent à la cause.

Bernard Généreux, président de la FQM, s’inquiète des impacts de la réforme qui menacent les secteurs saisonniers comme l'agriculture, la forêt, la pêche et le tourisme et ébranlent la structure de l’économie des régions.

Absent du point de presse, le président de l'UMQ, Éric Forest, a souligné les répercussions sur le tissu social et économique des régions, craignant que les travailleurs saisonniers et leur famille soient poussés à déserter. « Au Québec, nous travaillons depuis des années sur des politiques et des projets d'occupation et de vitalité des territoires, nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant cette réforme. »

Ces nouveaux appuis consolident le consensus québécois contre la réforme imposée par le gouvernement conservateur a fait valoir la Coalition, qui demande la suspension de l'application de la réforme, la publication d’études d'impact sur les changements apportées et la tenue de consultations publiques sur le sujet.

Un grand rassemblement est prévu pour le 4 avril prochain ainsi qu’une manifestation nationale le 4 mai à l’occasion de la Fête des travailleurs.



Côte-Nord

Dans le cadre d’un plan d’action mis en branle par la Coalition, 1 000 panneaux affichant un carré blanc marqué d’un rond noir ont été installés, cette semaine, le long de la route 138, principale voie routière de la région de la Côte-Nord.

Cette thématique visuelle adoptée par la Coalition symbolise le fameux « trou noir », soit une période de quelques semaines durant laquelle les travailleurs saisonniers ne recevront aucun revenu, conséquence des changements apportés au régime de l'assurance-emploi.



Centre-du-Québec

Rassemblement et piquetage sont prévus à Drummondville ce samedi 16 mars dans le cadre d’une première activité de visibilité de la coalition régionale s’opposant à la réforme du régime d’assurance-emploi.


Saguenay-Lac-Saint-Jean

Roberval - Une cinquantaine de prestataires d'assurance-emploi ont rendu visite à Denis Lebel, ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités et ministre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec mardi matin.

Ils se sont présentés au bureau du député de Roberval pour lui remettre leur curriculum vitae, souhaitant ainsi l’interpeller sur la réforme du régime d'assurance-emploi et manifester leur désaccord.

L’Étoile du Lac a rapporté les propos d’un des manifestants. « M. Lebel a été élu par la population du Lac-Saint-Jean. C'est notre député et nous voulons son aide dans ce dossier. Il a une responsabilité et nous espérons qu'il nous écoutera ».

Le ministre Lebel était absent au moment de la visite. Les employés de son bureau auraient accusé réception de tous les curriculums vitae, selon ce que rapporte le journal local.

Îles-de-la-Madeleine

Dimanche soir, une rumeur selon laquelle des inspecteurs de l’assurance-emploi seraient de passage aux Îles-de-la-Madeleine a provoqué une manifestation spontanée de chômeurs en colère.

Une cinquantaine de personnes ont visité le Château madelinot, le Madeli Inn et l'Hôtel Motel Bellevue pour trouver les fonctionnaires venus enquêter sur les prestataires de l'assurance-emploi avec l’intention de les retourner par avion ou par bateau le plus rapidement possible. Cliquez ici pour voir.

Or, selon Radio-Canada, cette information était fausse : il n’y avait pas d’inspecteurs en sol madelinot.

La tension est à son comble dans la région et la colère contre la réforme de l’assurance-emploi ne dérougit pas. Aux Îles-de-la-Madeleine, la pêche et le tourisme emploient plus de 50 % de la population active, dont une majorité de travailleurs saisonniers.

De nombreux chômeurs devront bientôt faire face au « trou noir », plusieurs semaines sans revenu ni prestations le temps de reprendre leur travail saisonnier en mai.


***

Entente pour les agents de sécurité

Montréal – La section locale 8922 du Syndicat des Métallos, qui représente 14 000 agents de sécurité, a conclu une entente la nuit dernière avec l'Association provinciale des agences de sécurité (APAS).

À la suite d’une série de 44 assemblées syndicales à l’issue desquelles les agents de sécurité ont rejeté à 67 % l'offre patronale, les parties se sont rencontrées le lundi 4 mars, puis ont repris les pourparlers lundi dernier. Une entente est finalement survenue à 1h du matin ce jeudi.

Rappelons que deux journées de grève en février dernier avaient été suspendues, les membres devant se prononcer sur une offre finale et globale de l'employeur.

Le contenu de l'entente demeurera confidentiel tant que les agents de sécurité n'en auront pas pris connaissance. Les dates des assemblées devraient être fixées dans les prochains jours.

À noter que les conditions de travail de tous les agents de sécurité au Québec sont régies par un décret gouvernemental, basé sur les éléments négociés entre les agents membres des Métallos et l'APAS.


***

Hôpitaux universitaires en PPP : 35 ans de désastre à prévoir selon la FSSS-CSN

Montréal – Jeudi matin, les employés syndiqués du CUSM et du CHUM ont distribué à la sortie de quatre stations de métro 2 000 exemplaires d’un journal syndical (PDF) visant à informer la population des dérives des projets des deux hôpitaux universitaires menés en PPP.

Les syndicats des deux CHU, affiliés à la FSSS-CSN, s’unissent pour réclamer que le gouvernement reprenne les rênes des deux centres hospitaliers. Ils réclament que les projets soient réintégrés, dès la fin de leur construction, dans le réseau public de santé.

Absence de concurrence dans l’octroi des contrats, secret entourant les contrats, manque de transparence des administrations, dérapages financiers, apparences de collusion et gaspillage de fonds publics ne sont que quelques uns des problèmes qu’ils attribuent aux projets en PPP.

Les deux syndicats ont aussi annoncé qu’ils intensifieraient leurs actions de sensibilisation; une assemblée publique est d’ailleurs prévue le 11 avril prochain.

Le vice-président de la FSSS–CSN, Guy Laurion, estime que le gouvernement peut encore recourir à des clauses de retrait prévues aux contrats.

« Au départ, les PPP étaient une mauvaise idée. Ils sont maintenant une catastrophe financière annoncée : les coûts de l’opération explosent et nous n’en sommes qu’à mi-chemin. Tout se fait dans le secret le plus total et si on ne fait rien, ce désastre durera 35 ans, soit la durée des contrats de gestion octroyés aux consortiums privés. »


***

Quand l’employeur joue dans l’entente de principe…

Saint-Hubert – Les sept salariées du Club optimiste Laflèche affectées au mandat de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) de la région de Saint-Hubert ont voté à l'unanimité pour des moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève en assemblée lundi soir.

Malgré une entente de principe acceptée par les membres le 19 décembre dernier, la signature de la convention collective tarde et l’employeur tente d’y apporter des changements.

« Nous avions eu une entente de principe et le soir même les salariées ont donné leur aval. Nous avions même une date de signature, mais l'employeur a décidé qu'il ne voulait plus signer la convention collective, car il n'arrive pas à gérer l'organisation du travail au niveau des responsabilités », a indiqué la présidente du SCFP 5051, Manon Bienvenue.

L’employeur demande notamment que la gérante, une employée cadre, puisse effectuer 20 heures de travail par semaine au niveau des tâches de l'unité d'accréditation. Le syndicat s’y oppose, alléguant que cette pratique priverait une salariée d’un « horaire hebdomadaire normal ».

Le temps accordé pour la fermeture de la succursale est aussi source de litige.

Puisqu’il s’agit d’une première convention collective pour cette unité d’accréditation, le syndicat a le droit de demander un arbitrage unilatéralement, sans l’accord de la partie patronale… et « il songe sérieusement à le faire », a-t-il fait savoir par voie de communiqué.

***



C’est notre retraite

Avez-vous vu publicité télé de la campagne « C’est notre retraite » du Syndicat canadien de la fonction publique?

Pour les détails de cette campagne en faveur de l’amélioration des régimes publics de retraite, pour envoyer une carte postale virtuelle à votre député et pour visionner les publicités : ici.

|Assurance-emploi : la Coalition multiplie ses appuis; Entente pour les agents de sécurité; Hôpitaux universitaires en PPP : 35 ans de désastre à prévoir selon la FSSS-CSN; Quand l’employeur joue dans l’entente de principe… ; C’est notre retraite!
4412|4494|Économie Accueil_Analyses|Forum sur les redevances minières|2013-03-15 09:03:26|Québec meilleure mine !|

Québec meilleure mine ! propose de porter les revenus de redevances minières et les revenus d'impôt perçus par le gouvernement à au moins 10 % de la valeur brute de la production minière. La Coalition propose cinq mesures claires qui permettraient au Québec de doubler les revenus qu'il tire de l'exploitation minière tout en limitant les coûts non comptabilisés liés à cette industrie. Au-delà de la question des redevances, qui doit être réglée de façon urgente, Québec meilleure mine ! veut également que le Québec se dote d'une politique minière globale basée sur un bilan rigoureux de tous les coûts économiques et environnementaux, ainsi que des bénéfices de l'industrie. La Coalition rend publiques ses recommandations à la veille de l'important forum convoqué par le gouvernement du Québec sur la question des redevances minières.



1 - Redevances hybrides et progressives

La Coalition propose un régime de redevances hybrides et progressives, appliqué mine par mine, combinant à la fois des taux de redevances sur la valeur brute (3 à 8 %, selon prix des métaux) et sur les profits (10 à 25 %, selon les bénéfices bruts). En ajustant les taux de redevances en fonction des prix des métaux et de la marge bénéficiaire des exploitants, ce régime permettrait de s’assurer que chaque minière paie des redevances et que la proportion payée augmente avec les profits. L’impôt sur les sociétés ainsi que les généreuses déductions accordées à l’industrie pour réduire le calcul de leur profit devraient également être revus à la baisse.

« Notre modèle combine des mesures qui s’appliquent déjà ailleurs dans le monde. S’il avait été appliqué de 2001 à 2011, cela aurait permis à Québec de s’assurer que chaque mine paie des redevances pour une valeur combinée correspondant à au moins 4,1 G$ (contrairement au maigre 1 G$ actuellement) », explique Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine ! Le détail de l’analyse de Québec meilleure mine ! sera présenté demain, au forum sur les redevances minières.



2 - Capitalisation à l’étape de l’exploration

Québec meilleure mine ! propose également que Québec récupère toute somme investie en soutien à l’exploration minière sous forme de capitalisation lors de la vente ou de l’exploitation d’un gisement découvert. « Si, par exemple, Québec soutien à hauteur de 25 % un projet d’exploration et qu’il y a vente d’un gisement découvert, alors Québec devrait avoir droit à 25 % de la transaction ou l’équivalent des parts dans le projet. Autrement dit, Québec doit retrouver ses billes et ne doit pas subventionner gratuitement les minières », affirme Christian Simard de Nature Québec.



3 - Redevance spéciale pour les sites miniers abandonnés

Québec meilleure mine ! demande également que les minières contribuent au financement d’un fonds de restauration des sites miniers abandonnés. « Les Québécois ne doivent pas éponger à eux seuls la dette de 1,2 G$ des sites miniers abandonnés. Les minières doivent faire leur part à hauteur d’au moins 50 % à l’aide d’une redevance spéciale de moins de 1 % pendant les 15 à 20  prochaines années », ajoute M. Simard



4 – Transparence dans les revenus miniers

« La transparence dans les revenus miniers doit devenir la norme au Québec. Il n’est pas normal que l’on ne sache quels sont les revenus, profits et redevances payés mine par mine au Québec, alors que ce sont des ressources collectives, non renouvelables. Cette information est essentielle pour juger de l’efficacité des politiques que l’on met en place », affirme M. Lapointe.

À cet égard, Québec meilleure mine ! appuie l’idée d’adopter une loi du type de celle de Dodd-Franck, adoptée aux États-Unis en 2012. Cette dernière rendra obligatoire la divulgation de toutes ces données à partir de 2014 pour les minières inscrites dans une bourse aux États-Unis.



5 – Bilan des coûts économiques et environnementaux de l’industrie

Au-delà de la question des redevances, qui doit être réglée de façon urgente, Québec meilleure mine ! veut également que le Québec se dote d'une politique minière globale basée sur un bilan rigoureux de tous les coûts économiques et environnementaux, ainsi que des bénéfices de l'industrie. Le Vérificateur général du Québec a demandé cette analyse à deux reprises dans ces rapports de 2009 et 2013 ; rien n’a été produit à ce jour.

 

|Porter les redevances et l’impôt à au moins 10 % de la valeur brute
4413|4495|Langue Manchettes Coups_de_gueule|Faudrait-il s’excuser d’être francophone ?|2013-03-15 09:20:30|Sylvain Martin|

L'auteur est directeur québécois des TCA

Le dépôt du projet de loi 14 visant à modifier la Loi 101 fait couler beaucoup d’encre et réveille de vieux fantômes. J’ai l’impression d’entendre toujours le même vieux disque chaque fois qu’il est question de vouloir vivre et travailler en français au Québec. C’est comme le jour de la marmotte!

Comme à l’accoutumée, les médias anglophones hors Québec et au Québec ne font pas dans la dentelle. À coups de manchette à l’emporte-pièce et d’éditoriaux, ils laissent entendre que les Québécois de langue française veulent éliminer les « pauvres » anglophones, laissés sans défense. Ils nous dépeignent comme des mangeurs d’anglos sans foi ni loi.

Pour eux, le comble est que le gouvernement propose, en plus des modifications à la Charte de la langue française, une modification à la Charte des droits et libertés qui reconnaitrait que « toute personne a le droit de vivre et de travailler au Québec en français dans la mesure prévue dans la Charte de la langue française ».

Pour ces médias, mettre « le droit de vivre et travailler en français » sur le même pied que les autres droits fondamentaux est un sacrilège.

Le français au travail

Les associations anglophones du Québec ont commencé à défiler à la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 14. Et le discours d’une association est la copie conforme de l’association qui l’a précédée.

Depuis la Conquête britannique, font-ils valoir, ils ont participé au développement économique du Québec. Ils sont des citoyens à part entière, proclament-ils, en affirmant leur droit de vivre et de recevoir des services en anglais.

Que le projet de loi prévoit leur enlever le statut de municipalité bilingue, si les anglophones forment moins de 50 % de la population, est présenté comme le pire des ostracismes!

Mais le véritable enjeu de ce projet de loi est l’extension des dispositions de la Loi 101 aux entreprises de 26 à 50 employés. Dans la grande région de Montréal, les immigrants y trouvent souvent leur premier emploi. Si la langue de travail est l’anglais, ils risquent fort de l’adopter comme langue d’usage dans les autres domaines de la vie sociale.

Le projet de loi 14 veut non seulement imposer des règles de francisation aux entreprises de 26 employés et plus, mais il donne également aux travailleurs des recours.

Face aux entreprises qui exigent, sans raison valable, le bilinguisme de leurs travailleurs et imposent l’obligation de parler une langue autre que le français, il est prévu que l’Office de la langue française pourra et devra intervenir, mais également que les travailleurs non syndiqués puissent « adresser une plainte à la Commission des normes de travail ».

Le français langue commune

Bien entendu, la bataille du français ne se gagnera pas usine par usine. Nous savons que, dans plusieurs entreprises de plus de 50 employés, donc assujetties à la Loi 101, le français n’est toujours pas la langue de travail normale et habituelle.

Bien que la francisation des entreprises soit cruciale – après tout, on passe en moyenne huit heures par jour au travail, on ne réussira pas à l’imposer sans faire de la question linguistique une question qui concerne l’ensemble de la société.

Si le travailleur immigrant est confronté, lorsqu’il sort de l’usine, à un affichage en anglais; s’il se fait répondre en anglais lorsqu’il entre en contact avec l’administration publique; s’il se fait toujours servir en anglais quand il magasine ou va au restaurant; si ses enfants peuvent fréquenter le cégep et l’université en anglais; autrement dit, si tout le reste de ses activités se déroule en anglais, il sera drôlement difficile de le convaincre de son intérêt à parler français au travail!

C’est pour cela que le concept clé de l’actuel débat linguistique est le « français, langue commune ». La langue commune de communication au travail et dans l’espace public doit être le français entre les francophones et les anglophones, entre les francophones et les allophones, mais également entre les anglophones et les allophones.

Quelle langue adopteront les immigrants?

Avec des taux de natalité qui ne permettent pas le renouvellement des générations, l’avenir des francophones et des anglophones du Québec dépend de leur capacité à convaincre les quelque 50 000 immigrants qui débarquent au Québec chaque année d’adopter leur langue.

Pour maintenir la répartition actuelle, neuf immigrants sur dix devraient choisir le français. Ce n’est pas le cas. C’est même loin d’être le cas. À peine cinq sur dix choisissent le français; les cinq autres passent à l’anglais.

Cela explique pourquoi la population francophone du Québec est passée récemment sous la barre des 80 % et que celle de l’île de Montréal est inférieure à 50 %.

La CAQ, la voix du patronat

Si le Parti libéral se fait l’écho de sa principale base électorale, la minorité anglophone, la CAQ se fait la porte-parole du patronat.

La CAQ et le patronat ne s’opposent pas directement à l’objectif de francisation des entreprises de plus de 25 employés, mais essaient de l’édenter, sous prétexte qu’il entraînerait trop de paperasserie.

La « paperasserie » prendrait trop de temps, compliquerait la gérance et rendrait l’entreprise moins concurrentielle. Donc, le projet de loi serait nuisible à l’économie du Québec!

En passant, il faudrait qu’ils changent d’expression. On ne peut plus parler de « paperasserie » quand tout se fait par internet!

Des luttes d’un pays qui n’en est pas un!

L’an dernier, j’ai eu la chance de rencontrer une délégation de syndicalistes de la Belgique. Lors de ces échanges, nous tentons toujours de nous expliquer mutuellement nos particularités culturelles et les caractéristiques de notre fonctionnement syndical. Évidemment, nous en profitons pour relater nos principaux faits d’armes, nos grandes luttes du passé et celles d’aujourd’hui.

Chaque fois, je raconte la nationalisation de l’électricité, avec la mise en place de dirigeants francophones chez Hydro-Québec en 1962, la grève menée chez GM pour nos membres en 1970 pour avoir de droit de travailler en français, et de façon plus contemporaine, notre combat quotidien pour travailler et vivre en français, même si la Loi 101 le prescrit.

À ce jour, je n’ai jamais rencontré un syndicaliste d’un autre pays, quel qu’il soit, me raconter une lutte menée pour avoir le droit de travailler dans sa langue. À tous les autres niveaux, nos batailles sont semblables, notre combat est le même, sauf sur un aspect, la langue de travail! Cela en est consternant!

En fait, je sais très bien pourquoi le récit de leurs luttes ne concerne jamais la langue de travail. Ils me racontent des luttes de leur pays. Moi, je leur raconte les luttes d’un pays qui n’en est pas encore un!

Pardonnez-moi de m’excuser!

Aujourd’hui, je tombe sur une citation de Pierre Bourgault : « Si tu veux reconnaître un Québécois francophone dans un autobus rempli de monde, c’est celui qui s’excuse de se faire piler sur les pieds ».

Au cours de cette commission parlementaire sur l’étude du projet de loi 14, on risque de « se faire piler sur les pieds » par des anglophones, par des représentants patronaux, mais aussi, malheureusement, par des francophones!

On connaît la chanson. On nous reprochera de nuire aux chances de succès de nos enfants avec notre volonté de défendre le français, de ne pas manifester d’« ouverture au monde », d’être un peuple rétrograde, refermé sur lui-même.

Comme s’il fallait s’excuser d’être francophone!

|Le dépôt du projet de loi 14 visant à modifier la Loi 101 fait couler beaucoup d’encre et réveille de vieux fantômes.
4414|4496|authebdo|L'aut'hebdo - 15 mars 2013|2013-03-15 09:22:40|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre

DOSSIER – HOMMAGE À PAUL ROSE

L’aut’journal salue le décès d’un grand patriote québécois
Des témoignages, des analyses et le point de vue de Paul Rose sur la crise d’octobre


LANGUE

Salle comble au rassemblement pour un renforcement de la loi 101
Plus de 400 personnes au théâtre Plaza à Montréal
par MQF

Pour le retour de l’unilinguisme dans l’affichage
Discours prononcé lors de l’assemblée publique « Pour un renforcement de la Loi 101 » du 11 mars
par Pierre Dubuc

Vidéo – Discours de Robert Laplante au théâtre Plaza
« Il faut reconfigurer nos institutions »

Le français doit retrouver sa place de langue officielle
Les modifications proposées ne constituent pas un renforcement de la loi 101 en ce qui concerne l'usage du français dans l'administration publique et l'accueil des immigrants
par SFPQ

Anglais intensif : Réplique à une réplique
La fuite en avant semble être la seule posture admise
par Frédéric Lacroix et Charles Castonguay


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
Assurance-emploi : la Coalition multiplie ses appuis; Entente pour les agents de sécurité; Hôpitaux universitaires en PPP : 35 ans de désastre à prévoir selon la FSSS-CSN; Quand l’employeur joue dans l’entente de principe… ; C’est notre retraite!
par Maude Messier

Négos à Radio-Canada : Harper en appel
Les employés de la SRC prêts à défendre le droit de négocier jusqu’en Cour suprême
par Maude Messier

Informatisation des CSSS par la firme privée Proaction
La FSSS-CSN demande au Ministère de ramener les CSSS à l’ordre


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

La ministre Maltais à TLPM : « Nous, ce qu’on dit, c’est que la ministre ment »
Déclare Amélie Châteauneuf, porte-parole de Front commun des personnes assistées sociale
par Maude Messier

8 mars : Une rencontre historique avec la Première ministre
Mais les représentantes d’organisations syndicales et féministes déçues de s’être trouvées devant un gouvernement menotté par les politiques de déficit zéro


POLITIQUE CANADIENNE

Irak : ce que Chrétien omet de dire
Les vrais motifs d’une décision, qui a laissé place à une participation indirecte et discrète
par Pierre Dubuc

Libre-échange Canada-Europe : rencontre Ayrault-Marois
Non à la prolongation des brevets pharmaceutiques
par France Latreille et al.


INTERNATIONAL

Vidéo - L’Édito avec Ricardo Penafel
À propos de la réaction de Harper à la mort de Chavez

MOUVEMENT DES FEMMES

Comment la laïcité peut changer notre monde!
Allocution présentée dans le cadre d’une rencontre féministe pour la Journée internationale des femmes, Ste-Thérèse-de –Blainville
par Louise Mailloux


ÉCONOMIE

Forum sur les redevances minières
Porter les redevances et l’impôt à au moins 10 % de la valeur brute
par Québec meilleure mine !


ENVIRONNEMENT

Mines d’uranium au Québec : un moratoire
Premières nations, municipalités et citoyens unissent leur voix

Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4415|4497|Société|L'édito du 15 mars 2013 avec Ricardo Peñafiel|2013-03-15 09:26:53|Ricardo Peñafiel|



L’Édito veut faire entendre les voix de celles et de ceux qui proposent d’autres voies de progrès pour l’humanité que celles véhiculées par les médias traditionnels. Chaque semaine, L’Édito vient ajouter son grain de sel aux débats de société. Mis en ligne le vendredi, L’Édito prend la forme d’une courte vidéo apparaissant sur plusieurs sites simultanément afin de rejoindre le plus large public.

L’Édito est au point de départ accessible sur les sites de WEBTV.COOP et de l’Aut’Journal. Si vous désirez joindre le mouvement en assurant la diffusion, vous pouvez le faire facilement en cliquant sur le bouton « Partager » apparaissant dans le coin supérieur gauche du lecteur vidéo. Vous pourrez alors soit intégrer le lecteur vidéo dans votre propre site par incorporation, soit y ajouter un lien permanent menant à sa page de diffusion.

Nous vous invitons par ailleurs à soutenir sa diffusion en faisant connaître L’Édito à vos proches par les moyens habituels que sont le courriel, les forums, les blogues ou les médias sociaux... ou de vive voix!

Les points de vue défendus par les éditorialistes représentent l'opinion de leurs auteurs et n'engage pas la responsabilité de la coopérative de solidarité WEBTV.|Chaque semaine, L’Édito vient ajouter son grain de sel aux débats de société.
4416|4498|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose|2013-03-15 15:20:02|Victor-Lévy Beaulieu|

À vingt ans, j’ai lu la vie de Gandhi qui a réussi à libérer son peuple du colonialisme anglais et raciste de Winston Churchill - (qui avait dit de lui : « Laissez-moi un peu de temps : vous allez voir ce que je vais en faire de ce petit avocat teigneux!) - en pratiquant, au nom de la non-violence, la désobéissance civile.

Après mes lectures, j’ai toujours pensé que l’indépendance du Québec pourrait se réaliser beaucoup plus facilement en adoptant la méthode de Gandhi par-devers ce que nous sommes comme peuple.

Mais la fin des années 1960 et le début des années 1970 ont vu partout dans le monde les « libérateurs » privilégier le terrorisme à la désobéissance civile. Le Québec, en agissant de même, ne faisait que participer à cette lutte de libération telle qu’on la pratiquait en Occident.

En enlevant le ministre Pierre Laporte, la cellule Chénier dont faisait partie Paul Rose, visait une chose qu’on oublie trop aisément aujourd’hui : Pierre Laporte était acoquiné avec le crime organisé, tout comme le Parti libéral dont il était ministre, et c’est cet aveu-là que les membres de la cellule Chénier voulaient lui faire admettre.

On oublie trop aisément encore aujourd’hui qu’avant la Déclaration des mesures de guerre qui faisait du Québec un pays occupé, les Québécois manifestaient un appui très large aux jeunes felquistes.

Les assemblées qui se tenaient au Centre Paul-Sauvé réunissaient de plus en plus de personnes, tellement en fait qu’il y en avait autant à l’extérieur de la salle que dedans. Je peux en témoigner parce que j’y étais.

La mort de Pierre Laporte a fait basculer la donne. On trouva le corps du ministre dans le coffre d’une vieille voiture près de la base aérienne de Saint-Hubert.

Paul Rose fut considéré comme le meurtrier de Pierre Laporte. On lui fit des procès « bidon » et on le condamna à la prison à vie même quand il fut prouvé qu’il n’était même pas sur les lieux, à la maison de la rue Armstrong, quand Pierre Laporte mourut.

Paul Rose n’avoua rien, ne trahit personne, décida d’assumer le fait qu’il était terroriste, et l’assuma seul.

La justice « canadian » avait son meurtrier : le reste, c’est-à-dire la vérité, elle s’en crissait. Ce n’était pas la vérité qu’elle cherchait de toute façon, mais la mise en veilleuse de l’indépendance du Québec… une campagne de peur dont René Lévesque fut d’ailleurs la première victime : quand il y eut grève des journalistes à La Presse et qu’on organisa une grande manifestation en appui aux travailleurs du journal, René Lévesque refusa au nom du PQ d’y participer.

Il faisait une fixation sur « la violence », même virtuelle. Son leitmotiv : « Soyons plus démocrates que la démocratie elle-même! » Résultat : il fit du PQ sa chose et le rendit aussi poule mouillée que lui. Avec le désastre politique qu’on connaît aujourd’hui.

Dois-je dire que j’ai d’autant plus de respect, d’admiration et d’amitié pour Paul Rose qui fut un véritable patriote et qui le paya pour beaucoup d’autres qui l’étaient moins que lui, c’est-à-dire nous qui avions 25 ans en ce temps et qui, insensibles aux leçons de l’histoire, nous sommes mis à prendre glorieusement nos vessies pour des lanternes!

Je lisais dans Le Devoir de ce matin un texte d’un militant indépendantiste, sans doute sous l’influence létale du conclave romain, qui disait regretter que Paul Rose ne se soit pas confessé avant de mourir (ce n’est pas écrit ainsi, mais c’est ce que ça veut dire).

Quand donc sortirons-nous de cette morale pourrie du judéo-christianisme et ouvrirons-nous les yeux? Me semble que la mort de Paul Rose nous en donnerait l’occasion si nous réfléchissions vraiment plutôt que de simplement nous contenter de réfléchir ce qu’il y a dans le fond pourri de l’air!

|Quand donc sortirons-nous de cette morale pourrie du judéo-christianisme et ouvrirons-nous les yeux?
4417|4499|authebdo|Paul Rose 1943 - 2013|2013-03-15 15:54:39|L'aut'journal|À Montréal, le 14 mars 2013, à l’âge de 69 ans, est décédé M. Paul Rose, conjoint de Mme Andrée Bergeron. M. Rose a travaillé plus de 25 ans à la CSN.

Outre sa conjointe, il laisse dans le deuil ses enfants Félix et Rosalie, son frère Jacques (Céline), ses sœurs Lise, Suzanne, Claire (Blair), ses beaux-frères, belles-sœurs, plusieurs neveux et nièces et tous les autres membres des familles Rose et Bergeron ainsi que ses collègues et amis.

La famille vous accueillera pour les condoléances ce vendredi 22 mars 2013 de 13h à 17h et de 19h à 22h.

Résidence funéraire Curé-Poirier

635, boul. Curé-Poirier Ouest
Longueuil (Québec)
J4J 2H8|
4418|4500|authebdo|Paul Rose : un traitement ordurier de Patrick Lagacé et Chapleau|2013-03-16 17:32:49|Pierre Dubuc|Les médias anglophones manifestent plus de respect et d’honnêteté journalistique que la presse francophone

par Pierre Dubuc

« J'ai un fils enragé », chante Félix Leclerc dans L’alouette en colère. La journaliste Marion Scott du journal The Gazette a fait le lien entre ce chef d’œuvre et Paul Rose. Dans son article, paru le 14 mars, elle cite même, pour rendre compte du combat de Paul Rose et des felquistes, ces vers de la chanson :

J'ai un fils dépouillé
Comme le fût son père
Porteur d'eau, scieur de bois
Locataire et chômeur
Dans son propre pays

Il est absolument incroyable que les meilleurs articles commentant le décès de Paul Rose, mis à part celui de Jean-François Nadeau dans Le Devoir, soient ceux de The Gazette et du Globe and Mail.

Révolutionnaire ou « terroriste »?

Révolutionnaire ou vulgaire terroriste?, telle serait la question, nous dit Patrick Lagacé dans sa chronique parue dans La Presse du 15 mars.

Pendant que Lagacé et Chapleau, avec son ignoble caricature du 16 mars, faisaient le choix de « vulgaire terroriste », le Globe and Mail exprimait son respect pour le parcours politique de Paul Rose, sans évidemment l’endosser, en titrant la pleine page qui lui est consacrée dans son édition du 15 mars: « FLQ leader was a separatist to the end. Imprisoned 13 years for Pierre Laporte murder, he renounced violence, but not revolution » (Le leader du FLQ est demeuré un séparatiste jusqu’à la fin. Emprisonné 13 ans pour le meurtre de Pierre Laporte, il a renoncé à la violence, mais non à la révolution.)

Après avoir rappelé que les autres membres du FLQ se sont à toutes fins pratiques retirés de la politique, le Globe and Mail, tout comme The Gazette d’ailleurs, rappellent l’implication de Paul Rose à l’aut’journal, à la CSN et sur la scène politique avec le Parti de la Démocratie socialiste.

Marion Scott rend compte du fait que plus de 400 personnalités publiques avaient signé une pétition, publiée dans Le Devoir en 1978, qui réclamait la libération des prisonniers politiques du FLQ, y compris Paul Rose.

Au nombre de ces personnalités, Marion Scott cite Yvon Deschamps, Paul Piché, Michel Rivard, Richard et Marie-Claire Séguin et Gilles Vigneault, qui ont tous participé à un spectacle-bénéficie pour cette cause. Jean-François Nadeau rappelle également cet événement.

L’impact politique d’Octobre

Alors que le public anglophone a droit à ces comptes rendus honnêtes, les lecteurs de La Presse se font servir la salade dégoûtante de Patrick Lagacé.
Lagacé compare l’action du FLQ à celle des « barbus salafistes », du Sentier Lumineux et de la Fraction armée rouge, évacuant toute référence à notre lutte de libération nationale et il se réfugie, pour son interprétation finale, derrière une déclaration de René Lévesque, sortie de son contexte, condamnant l’action du FLQ.

À l’époque, Lévesque n’avait pas le choix. Il voyait bien que le fédéral, à la faveur de la Loi des Mesures de guerre, planifiait d’utiliser les événements d’Octobre pour détruire le Parti Québécois.

Mais, par la suite, il s’est avéré que la Crise d’Octobre a été un facteur important de la politisation de la population québécoise. Par exemple, c’est à partir, et à cause, de la Crise d’Octobre que Félix Leclerc s’est radicalisé et a cessé de chanter les petits oiseaux sur le bord d’un ruisseau.

Comme il le chante dans L’alouette en colère.

Mon fils est en prison
Et moi je sens en moi
Dans le tréfonds de moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l'os
S'installer la colère

Au bout du compte, la Crise d’Octobre a donné d’autres chefs d’œuvre comme Le tour de l’île de Félix ou Octobre de Claude Gauthier, mais surtout, au plan politique, la victoire du Parti Québécois en 1976.

Deux attitudes

Ayant été mandaté par la famille de Paul Rose pour m’occuper des relations de presse suite à son décès, j’ai pu apprécier l’extraordinaire intérêt que l’événement suscitait, mais également la différence d’attitude à l’égard du personnage, selon les médias.

Tous les journalistes de TVA, de LCN, du Journal de Montréal, avec lesquels j’ai été en contact, m’ont prié de transmettre leurs plus sincères condoléances à la famille. Ce fut le cas également d’une journaliste du Soleil. Rien de tel cependant, chez les journalistes de La Presse et de Radio-Canada.

Des chroniqueurs et caricaturistes comme Lagacé ou Chapleau posent en « gauchistes » à l’occasion, pour asseoir leur crédibilité auprès d’un certain public aux sensibilités de gauche.

Mais, dès que la question nationale est en jeu, ils redeviennent les chiens de garde des intérêts de leur patron, l’empire Desmarais. En bons molosses bien dressés, ils ne mordront jamais la main qui les nourrit.

Parlons « terroristes »

Mais, puisque Lagacé veut parler de « terroristes », relevons le défi. Nous pourrions d’abord lui souligner que d’autres pays ont une appréciation différente des « terroristes ». Deux anciens « terroristes » des années 1960 sont à la tête du Brésil et de l’Uruguay.

En Uruguay, le président est Jose « Pepe » Mujica, l’ancien guérillero des Tupamaros, dont s’inspirait le FLQ. Comme Paul Rose, il a passé 13 ans en prison, dont deux au fonds d’un puits, et a été torturé.

Au Brésil, le pays le plus important d’Amérique latine, la présidente Dilma Roussef a été membre du mouvement de libération nationale VAR-Palmares, ce qui lui a valu trois ans de prison et d’être torturée.

Mais, comme les médias québécois ne s’intéressent pas à l’Amérique latine, référons-nous plutôt à l’Irlande.

D’ailleurs, le Globe and Mail cite à cet égard Paul Rose : « Le nationalisme québécois, j’ai le regret de le dire, est un nationalisme de libération. Le peuple québécois est un peuple, dont on nie l’existence, et qui cherche sa place au soleil, tout comme la Palestine et l’Irlande ».

Paul Rose et les « terroristes » irlandais

L’Irlande a toujours été une source d’inspiration pour Paul Rose. En prison, il a fait une grève de la faim en appui à la grève de la faim de Bobby Sands.

Bobby Sands, un républicain irlandais membre de l’IRA provisoire, est décédé en prison au terme d’une grève de la faim de 66 jours. Au cours de cette période, il avait été élu député à Westminster. Sa mort a été à l’origine d’émeutes en Irlande du Nord et d’une manifestation rassemblant plus de 10,000 personnes. Margaret Thatcher a commenté sa mort par des propos similaires à ceux de Lagacé à l’égard de Paul Rose. « Bobby Sands est un criminel », a-t-elle déclaré.

Lors d’une visite à Montréal, Gerry Adams, le chef du Sinn Féin, considéré comme le bras politique de l’IRA provisoire, a remercié publiquement Paul Rose, lors d’une conférence de presse, pour son geste de soutien à Bobby Sands.

À l’occasion d’une autre visite à Montréal, Gerry Adams a tenu à s’entretenir une nouvelle fois avec Paul Rose, lors d’une rencontre privée à laquelle j’ai assistée.

L’été dernier, Paul Rose s’est rendu en Irlande avec son fils Félix. Ce fut son seul voyage en Europe. Il a été alors pris en charge par des militants du Sinn Féin et il a eu l’honneur d’être invité dans un pub privé, où seuls sont admis les révolutionnaires irlandais qui ont fait de la prison pour la cause.

Avec une fierté bien légitime, Paul était heureux de nous raconter qu’il fut reçu avec les plus grands hommages par ses camarades irlandais.

Nous n’avons pas au Québec de pub dédié aux militants révolutionnaires, mais nous pourrons exprimer notre solidarité avec ce grand patriote qu’est Paul Rose lors de la cérémonie prévue à cet effet par sa famille.

La famille Rose vous accueillera pour les condoléances ce vendredi 22 mars 2013 de 13h à 17h et de 19h à 22h.
Résidence funéraire Curé-Poirier
635, boul. Curé-Poirier Ouest
Longueuil (Québec)
J4J 2H8
Tél. : (450) 677-5203|
4419|4501|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose : un traitement ordurier de Patrick Lagacé et Chapleau|2013-03-16 17:54:39|Pierre Dubuc|« J'ai un fils enragé », chante Félix Leclerc dans L’alouette en colère. La journaliste Marion Scott du journal The Gazette a fait le lien entre ce chef d’œuvre et Paul Rose. Dans son article, paru le 14 mars, elle cite même, pour rendre compte du combat de Paul Rose et des felquistes, ces vers de la chanson :

J'ai un fils dépouillé
Comme le fût son père
Porteur d'eau, scieur de bois
Locataire et chômeur
Dans son propre pays

Il est absolument incroyable que les meilleurs articles commentant le décès de Paul Rose, mis à part celui de Jean-François Nadeau dans Le Devoir, soient ceux de The Gazette et du Globe and Mail.

Révolutionnaire ou « terroriste »?

Révolutionnaire ou vulgaire terroriste?, telle serait la question, nous dit Patrick Lagacé dans sa chronique parue dans La Presse du 15 mars.

Pendant que Lagacé et Chapleau, dans son ignoble caricature du 16 mars, faisaient le choix de « vulgaire terroriste », le Globe and Mail exprimait son respect pour le parcours politique de Paul Rose, sans évidemment l’endosser, en titrant la pleine page qui lui est consacrée dans son édition du 15 mars: « FLQ leader was a separatist to the end. Imprisoned 13 years for Pierre Laporte murder, he renounced violence, but not revolution » (Le leader du FLQ est demeuré un séparatiste jusqu’à la fin. Emprisonné 13 ans pour le meurtre de Pierre Laporte, il a renoncé à la violence, mais non à la révolution.)

Après avoir rappelé que les autres membres du FLQ se soient à toutes fins pratiques retirés de la politique, le Globe and Mail, tout comme The Gazette d’ailleurs, rappellent l’implication de Paul Rose à l’aut’journal, à la CSN et sur la scène politique avec le Parti de la Démocratie socialiste.

Marion Scott rend compte du fait que plus de 400 personnalités publiques avaient signé une pétition, publiée dans Le Devoir en 1978, qui réclamait la libération des prisonniers politiques du FLQ, y compris Paul Rose.

Au nombre de ces personnalités, Marion Scott cite Yvon Deschamps, Paul Piché, Michel Rivard, Richard et Marie-Claire Séguin et Gilles Vigneault, qui ont tous participé à un spectacle-bénéficie pour cette cause. Jean-François Nadeau rappelle également cet événement.

L’impact politique d’Octobre

Alors que le public anglophone a droit à ces comptes rendus honnêtes, les lecteurs de La Presse se font servir la salade dégoûtante de Patrick Lagacé.
Lagacé compare l’action du FLQ à celle des « barbus salafistes », du Sentier Lumineux et de la Fraction armée rouge, évacuant toute référence à notre lutte de libération nationale et il se réfugie, pour son interprétation finale, derrière une déclaration de René Lévesque, sortie de son contexte, condamnant l’action du FLQ.

À l’époque, Lévesque n’avait pas le choix. Il voyait bien que le fédéral, à la faveur de la Loi des Mesures de guerre, planifiait d’utiliser les événements d’Octobre pour détruire le Parti Québécois.

Mais, par la suite, il s’est avéré que la Crise d’Octobre a été un facteur important de la politisation de la population québécoise. Par exemple, c’est à partir, et à cause, de la Crise d’Octobre que Félix Leclerc s’est radicalisé et a cessé de chanter les petits oiseaux sur le bord d’un ruisseau.

Comme il le chante dans L’alouette en colère.

Mon fils est en prison
Et moi je sens en moi
Dans le tréfonds de moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l'os
S'installer la colère

Au bout du compte, la Crise d’Octobre a donné d’autres chefs d’œuvre comme Le tour de l’île de Félix ou Octobre de Claude Gauthier, mais surtout, au plan politique, la victoire du Parti Québécois en 1976.

Un des plus grands regrets de Paul Rose aura été de ne pas avoir eu la chance de rencontrer Félix Leclerc après sa sortie de prison. À la mort de ce dernier, Paul s’est rendu à l’île d’Orléans déposer une rose dans sa boîte aux lettres en bordure du chemin. Pour lui rendre hommage, il a donné à son fils le prénom de Félix.

Deux attitudes

Ayant été mandaté par la famille de Paul Rose pour m’occuper des relations de presse suite à son décès, j’ai pu apprécier l’extraordinaire intérêt que l’événement suscitait, mais également la différence d’attitude à l’égard du personnage, selon les médias.

Tous les journalistes de TVA, de LCN, du Journal de Montréal, avec lesquels j’ai été en contact, m’ont prié de transmettre leurs plus sincères condoléances à la famille. Ce fut le cas également d’une journaliste du Soleil. Rien de tel cependant, chez les journalistes de La Presse et de Radio-Canada.

Des chroniqueurs et caricaturistes comme Lagacé ou Chapleau posent en « gauchistes » à l’occasion, pour asseoir leur crédibilité auprès d’un certain public aux sensibilités de gauche.

Mais, dès que la question nationale est en jeu, ils redeviennent les chiens de garde des intérêts de leur patron, l’empire Desmarais. En bons molosses bien dressés, ils ne mordront jamais la main qui les nourrit.

Parlons « terroristes »

Mais, puisque Lagacé veut parler de « terroristes », relevons le défi. Nous pourrions d’abord lui souligner que d’autres pays ont une appréciation différente des « terroristes ». Deux anciens « terroristes » des années 1960 sont à la tête du Brésil et de l’Uruguay.

En Uruguay, le président est Jose « Pepe » Mujica, l’ancien guérillero des Tupamaros, dont s’inspirait le FLQ. Comme Paul Rose, il a passé 13 ans en prison, dont deux au fonds d’un puits, et a été torturé.

Au Brésil, le pays le plus important d’Amérique latine, la présidente Dilma Roussef a été membre du mouvement de libération nationale VAR-Palmares, ce qui lui a valu trois ans de prison et d’être torturée.

Mais, comme les médias québécois ne s’intéressent pas à l’Amérique latine, référons-nous plutôt à l’Irlande.

D’ailleurs, le Globe and Mail cite à cet égard Paul Rose : « Le nationalisme québécois, j’ai le regret de le dire, est un nationalisme de libération. Le peuple québécois est un peuple, dont on nie l’existence, et qui cherche sa place au soleil, tout comme la Palestine et l’Irlande ».

Paul Rose et les « terroristes » irlandais

L’Irlande a toujours été une source d’inspiration pour Paul Rose. En prison, il a fait une grève de la faim en appui à la grève de la faim de Bobby Sands.

Bobby Sands, un républicain irlandais membre de l’IRA provisoire, est décédé en prison au terme d’une grève de la faim de 66 jours. Au cours de cette période, il avait été élu député à Westminster. Sa mort a été à l’origine d’émeutes en Irlande du Nord et d’une manifestation rassemblant plus de 10,000 personnes. Margaret Thatcher a commenté sa mort par des propos similaires à ceux de Lagacé à l’égard de Paul Rose. « Bobby Sands est un criminel », a-t-elle déclaré.

Lors d’une visite à Montréal, Gerry Adams, le chef du Sinn Féin, considéré comme le bras politique de l’IRA provisoire, a remercié publiquement Paul Rose, lors d’une conférence de presse, pour son geste de soutien à Bobby Sands.

À l’occasion d’une autre visite à Montréal, Gerry Adams a tenu à s’entretenir une nouvelle fois avec Paul Rose, lors d’une rencontre privée à laquelle j’ai assistée.

L’été dernier, Paul Rose s’est rendu en Irlande avec son fils Félix. Ce fut son seul voyage en Europe. Il a été alors pris en charge par des militants du Sinn Féin et il a eu l’honneur d’être invité dans un pub privé, où seuls sont admis les révolutionnaires irlandais qui ont fait de la prison pour la cause.

Avec une fierté bien légitime, Paul était heureux de nous raconter qu’il fut reçu avec les plus grands hommages par ses camarades irlandais.

Nous n’avons pas au Québec de pub dédié aux militants révolutionnaires, mais nous pourrons exprimer notre solidarité avec ce grand patriote qu’est Paul Rose lors de la cérémonie prévue à cet effet par sa famille.

La famille Rose vous accueillera pour les condoléances ce vendredi 22 mars 2013 de 13h à 17h et de 19h à 22h.
Résidence funéraire Curé-Poirier
635, boul. Curé-Poirier Ouest
Longueuil (Québec)
J4J 2H8
Tél. : (450) 677-5203|Les médias anglophones manifestent plus de respect et d’honnêteté journalistique que la presse francophone
4420|4502|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|Paul Rose : le vrai bilan|2013-03-18 08:25:24|Glenda Wagner|

Nous tenons à exprimer nos condoléances à la famille de Paul Rose, sa femme, ses enfants et son frère Jacques. Étant en 2e secondaire, lors des événements d’Octobre qui ont marqué tout le Québec, nous savons qui est Paul Rose. Nous étions alors consciente qu’un événement rarissime se déroulait sous nos yeux et qu’il en était l’un des auteurs. Aussi lisions-nous les journaux et écoutions-nous les journaux télévisés, sans désemparer.

Il est impossible d’oublier l’enlèvement tour à tour de James Richard Cross et de Pierre Laporte par deux cellules du Front de libération du Québec. Comme le Québécois était réputé pour sa tolérance et son pacifisme, ce qu’il n’a cessé d’incarner au fil des ans, il faut croire qu’il s’agit d’une époque où son exaspération était à son comble puisque, avant l’arrivée de la Grande Faucheuse, il y eut tout de même un vent de sympathie à l’égard du courage des kidnappeurs, qui osaient leur vie.

Plus d’un Québécois était au coton, las d’entendre le refrain de l’Église catholique : « né pour un petit pain… », et d’entrevoir son avenir économique bouché par son gouvernement du Québec encore sous la coupe des milieux d’affaires et financiers anglophones. Répression tranquille.

Est-il besoin de rappeler ce que l’on sait aujourd’hui au sujet de Paul Rose, et que d’autres ignorent? Qu’il ne fut pas chaud à l’idée d’un enlèvement — il considérait ce geste comme suicidaire, et il avait raison, mais s’est rallié à la majorité. Qu’il ne fut pas l’assassin de Laporte, se trouvant autre part à l’heure du décès accidentel de ce dernier. Qu’il purgea, parmi les felquistes incarcérés, la peine la plus sévère, dans des conditions carcérales anormales (lumière allumée 23 heures et demie sur 24), quand bien même, grâce à l’écoute électronique, les autorités furent informées qu’il n’avait pas participé à la fin tragique du ministre.

Malgré ces faits historiques, il n’a pas bronché ou tenté de sauver sa peau; au contraire, il a choisi la solidarité.

Pour nous, eu égard à cet éveilleur de conscience, qui n’a jamais veillé à son propre enrichissement, mais a œuvré à la suite du monde en secouant l’apathie des Québécois et en contribuant toute sa vie à l’émancipation de son peuple, qu’il devait aimer beaucoup, il est plus que temps de signifier au moins à sa famille qu’il est pardonné, faute de pouvoir le lui dire à lui, d’autant que le système juridique l’a libéré.

Incidemment, je salue la grandeur d’âme ou générosité d’un Gérald Larose. Lequel a embauché Rose, alors que personne n’en voulait à sa sortie de prison.

|Il n’a pas bronché ou tenté de sauver sa peau; au contraire, il a choisi la solidarité.
4421|4503|Langue Manchettes|Mario Beaulieu réélu par acclamation|2013-03-18 08:46:11|L’aut’journal|

Prenant fin vendredi soir, la 179e Assemblée générale annuelle de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a réélu par acclamation Mario Beaulieu pour un troisième mandat à la présidence. Soulignons que l'assemblée générale a élu quatre membres de son Conseil général, soit Rachid Bandou, Josianne Lavallée, Robert Ladouceur et l’ancien président de la SSJB, Jean Dorion,

Selon Mario Beaulieu, « la SSJB a plus que jamais un rôle crucial à assumer car l’avenir du français au Québec se joue actuellement : si la tendance se maintient, nous risquons de perdre définitivement Montréal et d’angliciser une partie de plus en plus importante des 50 000 nouveaux arrivants qui s’y installent. Cette tendance à la baisse gagne déjà la couronne de la métropole et atteindra à plus long terme le Québec en entier. Avec l’anglicisation des services publics imposée par les nombreux affaiblissements qu’a subis la loi 101 sous le régime libéral, l’anglais maintient une force d’attraction cinq fois plus grande que le français auprès des allophones.»

Le président de la SSJB déplore que « la possibilité d’un renforcement, aussi minime soit-il, de la loi 101 suscite une campagne d’intimidation et de dénigrement plus intense que jamais. Par exemple, les médias anglophones canadiens font peu de cas de la faiblesse des services en français pour les francophones hors-Québec, mais ne pas offrir de pleins services en anglais aux non-anglophones du Québec est souvent un crime!» Il fait valoir que « c’est notre abdication devant ces tactiques de salissage et de culpabilisation qui ont fait des enjeux linguistiques un tabou, pendant que la loi 101 était charcutée par les libéraux. Il faut les dénoncer systématiquement pour ce qu’ils sont : des dérapages haineux et anti-francophones. Les Québécoises et les Québécois ont le droit fondamental d’assurer la survie et l’épanouissement de leur langue et de leur culture comme tous les autres peuples. Des lois linguistiques existent partout  à travers le monde, dans plus de 190 États et 110 pays  », de conclure le président de la SSJB, « pourquoi devrait-il en être autrement au Québec ? ».

Les membres de la SSJB de Montréal ont dénoncé vigoureusement le «saccage» que constitue la réforme de l’assurance-emploi, et entendent participer massivement à la mobilisation afin d’obtenir un changement de cap du gouvernement fédéral dans ce dossier.

La SSJB entend continuer à jouer un rôle moteur et à favoriser l’action concertée des organismes de la société civile pour la langue française, pour la promotion de l’histoire, pour la fierté nationale et pour l’indépendance du Québec.

La SSJB constitue la plus ancienne institution militante toujours active pour la promotion et la défense des intérêts du peuple québécois. Parmi les anciens présidents les plus connus, citons Jacques Viger, George-Étienne Cartier, Laurent-Olivier David, Olivar Asselin, Victor Morin, François Albert-Angers, Jean-Marie Cossette, Nicole Boudreau et Jean Dorion.

Source : SSJB-Montréal

|Pour un 3e mandat à la SSJB de Montréal
4422|4504|Langue Manchettes|Le non-sens des villes à statut bilingue|2013-03-18 08:53:07|Charles Castonguay|

 
Photo : J. Nadeau.
Archives ledevoir.com

La notion de municipalité à statut bilingue n’a plus de sens. Cette disposition de la loi 101 en est venue à s’opposer au français en tant que langue commune, précisément là où sa vitalité est le plus faible.

Quel cheminement a pu conduire à pareille incohérence?

Cela commence avec le concept de district bilingue. C’était la « pierre angulaire » de la politique préconisée en 1967 par la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, ou Commission Laurendeau-Dunton.

Par cette mesure, les commissaires voulaient conduire tous les paliers de gouvernement – fédéral, provincial et municipal – à garantir à certaines minorités une gamme complète de services dans leur langue : « [cette] action conjuguée modifiera sensiblement dans un lieu bien délimité les conditions de vie de la minorité [là] où la minorité officielle est assez importante pour justifier le genre de réorientation linguistique qui nous paraît souhaitable ».

La mesure visait tout particulièrement à renforcer celles des minorités francophones hors Québec qui étaient encore suffisamment viables. « Le district bilingue […] établira un équilibre : la minorité de langue française saura qu’elle obtient, dans une région donnée de l’Ontario ou du Nouveau-Brunswick, l’équivalent de ce qu’on accorde, dans le Québec, à la minorité de langue anglaise. »

Vouloir ainsi que l’Ontario devienne en quelque sorte aussi français que le Québec est anglais était certes légitime. Mais Trudeau tenait mordicus à établir également des districts bilingues au Québec, ce qui n’allait pas de soi.

Car la réalité n’est en rien symétrique. C’est le français qui a besoin de soutien, au Québec comme dans le reste du Canada.

Trudeau s’en moque. Il fait adopter en 1969 sa Loi sur les langues officielles qui prévoit de créer des districts bilingues partout où une minorité de langue officielle compte pour 10% ou plus de la population. Un premier Conseil consultatif des districts bilingues recommande en 1971 de proclamer, entre autres, tout le Québec district bilingue.

Le Québec prend mal ça. Sa propre Commission d’enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques, ou Commission Gendron, est en voie de confirmer que c’est le français et non l’anglais qui a besoin de protection sur son territoire. La Commission Gendron recommande par conséquent en 1972 de faire plutôt du français la langue commune dans l’ensemble du Québec.

Qu’à cela ne tienne, Ottawa met sur pied un second conseil consultatif qui, en 1975, propose la création de nombreux districts bilingues au Québec et ailleurs au Canada. Il conseille cependant de n’établir aucun district bilingue dans la région de Montréal, étant donné la « pression » que l’anglais exerce dans la métropole.

Un examen des données du recensement de 1971 révèle toutefois l’incohérence fondamentale de cette position. Tout comme à Montréal, l’assimilation à l’anglais affaiblit la population francophone dans chacun des districts bilingues que le Conseil propose de créer ailleurs au Québec.

En même temps, un ressac francophobe contre certains districts bilingues prévus en Ontario commence à poindre. Trudeau enterre finalement en 1977 la pierre angulaire de la politique élaborée par la Commission Laurendeau-Dunton.

Par un curieux revirement, le concept se réincarne aussitôt dans la Charte de la langue française, ou loi 101, sous la forme de municipalités québécoises à statut bilingue! La Charte a pourtant bien comme but premier de faire du français la langue commune sur l’ensemble du territoire du Québec, comme l’avait recommandé la Commission Gendron.

Dans le fond, il n’y avait pas ici d’incohérence. En permettant à certaines municipalités de s’identifier en français et en anglais, la Charte version 1977 voulait assurer une visibilité à l’anglais dans un paysage linguistique qu’elle entendait par ailleurs franciser en profondeur par un affichage commercial en français seulement.

Aujourd’hui, toutefois, cette vision d’un paysage fermement francisé se trouve réduite en miettes. L’actuel projet de loi 14 reconduit d’ailleurs l’affichage commercial bilingue, façon Cour suprême, et même les marques de commerce où l’anglais prédomine effrontément.

La dénomination bilingue pour les municipalités à forte proportion d’anglophones n’a donc plus son sens initial. Tout au contraire : dans un paysage saturé d’anglais, qu’une municipalité s’affiche en français et en anglais vient désormais inhiber l’acceptation du français comme langue commune.

Dévoyé par l’idéologie trudeauiste triomphante, le statut bilingue conduit en effet à revendiquer maintenant l’usage de l’anglais en toute circonstance, y compris pour un geste aussi élémentaire qu’acheter un billet d’autobus. Et vlan! pour le français langue véhiculaire – c’est-à-dire, langue commune de la vie publique.

À tour de rôle, chaque commissaire aux langues officielles canadiennes ne manque pas de conforter cette résistance. « La Loi sur les langues officielles n’oblige pas tous les Canadiens à devenir bilingues, nous répète-t-on. Elle a pour but, au contraire, de protéger l’unilinguisme parmi les minorités de langue officielle. » Cela veut dire, au Québec, protéger l’unilinguisme anglais.

C’était le but en particulier du concept révolu de district bilingue. Par un cheminement pervers, c’est devenu la principale raison d’être des municipalités bilingues.

Le dernier recensement confirme que celles-ci demeurent plus que jamais des foyers d’anglicisation, notamment dans le West Island à Montréal et le West Quebec dans l’Outaouais. Cela s’observe le mieux parmi les jeunes adultes âgés en 2011 de 25 à 44 ans. Ils ont en grande majorité commencé leur scolarisation après l’adoption des lois 22 et 101 et sont, d’autre part, à un âge où les compétences et comportements linguistiques sont parvenus à maturité.

Loin de reculer depuis 1971, l’anglicisation des jeunes adultes de langue maternelle française a progressé dans le West Island. Dans l’ensemble des douze villes à statut bilingue dans l’île de Montréal, 21% de ces francophones déclarent parler, au moment du recensement de 2011, l’anglais comme langue principale à la maison. Une honte.

En contrepartie, le taux de francisation des anglophones est d’un gros 1%. Parmi les allophones, le taux d’anglicisation s’élève à 32%, comparé à une francisation de 7%.

Quant aux compétences linguistiques des jeunes adultes dans les mêmes villes, seulement 5% des francophones et 8% des allophones se déclarent incapables de converser en anglais, alors que 19% des anglophones et 29% des allophones ignorent le français.

La situation est semblable dans Pierrefonds-Roxboro, arrondissement à statut bilingue de la ville de Montréal.

Dans les 21 municipalités à statut bilingue du West Quebec, situées surtout à l’ouest et au nord de la ville de Gatineau, le français se porte également mal. En 2011, 14% des jeunes adultes francophones ont l’anglais comme langue d’usage à la maison, contre 2% de francisés parmi les anglophones.

En milieu rural, c’est pire. Dans les 18 municipalités bilingues à l’extérieur de la région métropolitaine de Gatineau, on compte 27% de francophones anglicisés contre 1% d’anglophones francisés. Dans le Far West du Québec, c’est-à-dire dans les 15 municipalités outaouaises à statut bilingue du Pontiac, pas moins du tiers des jeunes adultes francophones sont de langue d’usage anglaise. Désespérant.

Quant à l’unilinguisme, dans l’ensemble des 21 municipalités seulement 10% des francophones ne connaissent que le français, tandis que 51% des anglophones ne peuvent parler que l’anglais. Dans le Pontiac, 2% des francophones sont unilingues, contre 63% des anglophones.

Quel que soit le pourcentage d’anglophones fixé pour reconnaître à une municipalité un statut bilingue, ces municipalités du West Island et du West Quebec seraient du nombre. L’incohérence ne tient donc pas au seuil requis. C’est l’emmanchure en soi qui n’a plus aucun bon sens.

Le projet de loi 14 ne rétablit pas l’affichage commercial en français seulement. Il n’empêche en outre aucune municipalité de prodiguer des services en anglais à ses résidants anglophones.

Qu’on abolisse donc ce statut bilingue néfaste au français. Face aux statistiques linguistiques de 2011, qu’on s’empresse d’inviter les municipalités en cause à se définir plutôt comme solidaires du projet de société que le Québec s’est donné en 1977. Autrement dit, à se doter d’une politique linguistique visant à promouvoir l’usage du français comme langue publique commune sur leur territoire.

|Leur existence était prévue dans le cadre d’un affichage commercial en français seulement
4423|4505|Accueil_Actualités|Val-Jalbert : Il est plus que temps d’agir!|2013-03-19 08:10:38|Marie Néron|

Mme Marois, je commencerai en citant vos propres paroles : «Je crois qu'il est sage pour un gouvernement de se mettre à l'écoute de la population. Ce n'est pas seulement vrai pour un gouvernement minoritaire, ça devrait être vrai tout le temps qu'un gouvernement puisse écouter la population et corriger le tir lorsque c'est nécessaire». Alors, qu’attendez-vous? Votre gouvernement attend quoi exactement pour « corriger le tir » dans le dossier de mini-centrale à Val-Jalbert?

Que représente la Chute Ouiatchouan pour vous, mis à part un potentiel hydro-électrique, dont on n’a aucun besoin. A l’heure actuelle, tout le monde au Québec, sait que ce n’est pas le besoin en hydroélectricité qui justifie la réalisation de ce projet. Alors, dites-nous Mme Marois, pourquoi vous entêter à poursuivre dans cette direction?

Pourquoi n’a-t-on pas pris en considération l’avis du Conseil du patrimoine qui mentionnait, entre autre, que dans ce projet, l’acceptabilité sociale n’était pas à un niveau satisfaisant. Il estimait donc que ce projet devrait être bonifié, notamment en ce qui concerne l’aspect visuel de la chute. Également, toujours dans cet avis, concernant la réduction du débit de la chute à 0,3 mètre-cube/seconde, en dehors des heures d’ouverture du Village historique; le Conseil la considère comme beaucoup trop importante et juge que ce faible débit équivaut à tarir complètement la chute, ce qui, à ses yeux, est inacceptable. A quoi bon une instance comme le Conseil du Patrimoine et de la Culture, si, de toute façon, leur avis n’est considéré d’aucune manière? Des vœux pieux, nous sommes tous capable d’en faire… Croyez-moi!

Nous sommes en surplus énergétiques, pour les vingt prochaines années, au moins… Ce projet ne génèrera aucun profit, au contraire… A qui profitera-t-il, mis à part les banques et les firmes d’ingénierie? Vous avez aboli le programme de mini-centrale, bravo. Vous avez choisi de maintenir le projet de Val-Jalbert! Pourquoi?

La majorité de la population n’en veut pas, tant chez les non-autochtones que chez les autochtones, trois sondages le démontrent. On détruira un site ancestral. La rivière Ouiatchouan constitue l’un des cours d’eau majeur dans l’histoire ancienne de l’occupation humaine du Lac-Saint-Jean. C’est par cette rivière que seraient arrivés les premiers occupants de la région. On retrouve seize secteurs à potentiel, tant historique, que préhistorique à l’intérieur des limites de la zone à l’étude. Les autochtones de la région sont inquiets, ils veulent protéger leur territoire ancestral.

Alors, pourquoi? Pourquoi ne pas verser tout simplement et directement une subvention à la MRC pour réaménager le site et développer une offre touristique dynamique et attrayante, sur une base annuelle. Ce site est un diamant brut, qui offre une multitude de possibilités, pour quiconque voudra s’y attarder, y réfléchir et agir concrètement en ce sens. Nous possédons, ici, dans notre région toutes les ressources humaines et techniques pour en faire le lieu de prédilection des touristes de partout et ce, sur quatre saisons et créer ainsi de nombreux emplois permanents.

Si rien ne se passe, si rien ne change, la chute Ouiatchouan vit son dernier hiver et vous porterez tous l’odieux de cette décision. Arrêtez ce projet, ça presse!

Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants (Antoine de St-Exupéry). Nous avons beaucoup emprunté et bien peu remboursé. La terre de nos enfants est dans le rouge...

Voici peut-être l’occasion, pour vous, d’annuler un nouvel emprunt sur ce Capital Terre qui ne nous appartient pas.


Marie Néron, Roberval
(Photo, gracieuseté Pierre Leclerc)

|Lettre à Mme Pauline Marois, première ministre, ainsi qu’à tous ses ministres et députés
4424|4506|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose, une vie d’engagement pour la justice sociale|2013-03-19 08:13:04|Suzanne-G. Chartrand|

Paul Rose est mort. Dans les médias, on a surtout voire exclusivement parlé du felquiste. Nonobstant notre jugement sur son action au sein du FLQ en 1970 et compte tenu des circonstances encore en partie inexpliquées entourant la mort de Pierre Laporte, il serait injuste que la vie de Paul Rose se voie jugée à l’aune de sa seule action dans le FLQ.

Après douze ans d’incarcération où il a étudié les sciences sociales, Paul Rose issu d’un milieu pauvre a eu engagement indéfectible envers les exploités, œuvrant dans des organisations communautaires d’abord, puis syndicales où il a principalement travaillé à la mobilisation et au soutien des grévistes tout en militant dans des organisations et médias politiques de gauche.

Il rendait régulièrement visite à Michel Chartrand au cours des dernières années de sa vie. Mon père avait noué avec cet homme bon, doux, cultivé, réfléchi et courageux une sincère amitié avec fondée sur le respect et l’affection réciproques.

Que sa famille, ses amis et ceux qui sont solidaires de son engagement social reçoivent nos condoléances.

Photo : J. Nadeau, ledevoir.com.

|Mon père avait noué avec cet homme bon, doux, cultivé, réfléchi et courageux une sincère amitié
4425|4507|International Manchettes|Honduras : un escadron de la mort sème la terreur|2013-03-19 08:29:25|André Maltais|

Le Congrès hondurien, l’un des protagonistes du coup d’état de 2009 contre le président Manuel Zelaya, ne cesse, depuis ce temps, de voter des lois au service du capital étranger, dans un pays devenu l’épicentre du trafic de drogue en Amérique centrale et l’un des endroits les plus violents sur la planète.

Ce constat de l’Organisation fraternelle des noirs du Honduras (OFRANEH), paru dans un communiqué du 28 janvier dernier, n’est vécu nulle part ailleurs avec autant d’intensité que dans la région du Bajo Aguan, sur la côte caribéenne du Honduras.

Là-bas, depuis trois ans, ont jusqu’à maintenant été assassinés près d’une centaine de membres et sympathisants d’organisations paysannes, comme le Mouvement unifié des paysans de l’Aguan (MUCA) et le Mouvement paysan pour la récupération de l’Aguan (MOCRA), qui cherchent à protéger les petits fermiers contre l’appropriation des terres par l’oligarchie de l’agrobusiness.

Pour le gouvernement de Porfirio Lobo, ces meurtres sont le triste résultat d’une confrontation entre les forces de sécurité des grands producteurs d’huile de palme et les organisations paysannes et on ne peut rien faire de plus que de recourir aux forces de l’ordre pour mettre fin au conflit.

Mais un rapport de l’organisme Rights Action, publié le 20 février, souligne que seulement six des assassinats ont eu lieu sur des terres occupées par les paysans ou pendant les opérations d’éviction de ces derniers. Tous les autres sont des meurtres ciblés alors que les victimes sont tuées à la maison ou sur la route.

Ces meurtres systématiques exécutés par des tueurs masqués ont commencé, note Annie Bird, co-directrice de Rights Action, quand, en janvier 2010, une unité des forces spéciales du 15e bataillon de l’armée hondurienne est arrivée dans l’Aguan, fraîchement entraînée par le Commandement des opérations spéciales du Commandement Sud de l’armée des Etats-Unis (SOCSOUTH).

Baptisée Opération Tumbador, cette première militarisation répondait à l’occupation de 10,000 hectares de terres appartenant au plus grand propriétaire terrien du pays, Miguel Facussé, par des milliers de paysans du MUCA.

Médias et gouvernement, raconte German Reyes, du Front national de résistance populaire (FNRP) hondurien, avaient alors accusé les militants paysans d’avoir créé une cellule de guérilla, financée par le trafic de drogue, pour déstabiliser le pays.

Après Tumbador, aucune annonce n’a suivi à propos de la supposée guérilla, continue Reyes. Aucune saisie d’armes ni capture de guérillero. Pendant que militaires et policiers se concentraient à déloger les paysans des terres occupées et que commençaient les meurtres ciblés de paysans par ce qui semble être un escadron de la mort, le SOCSOUTH états-unien finançait l’agrandissement et la modernisation de la base militaire de Rio Claro, là où avait été entraîné le 15e bataillon.

Mais les auteurs du rapport font plus que de souligner la coïncidence entre l’Opération Tumbador et le début des assassinats. Les conditions entourant plusieurs des meurtres de paysans, révèlent-ils, découlent des techniques enseignées aux militaires et policiers honduriens par le SOCSOUTH, parmi celles-ci, la « conduite automobile offensive », le « tir de précision à distance » et « l’insertion » dans les domiciles ou lieux de travail.

Or, s’inquiète madame Bird, plusieurs dizaines de meurtres sont survenus suite à des poursuites automobiles à haute vitesse tandis que plusieurs autres paysans sont morts ou ont survécu à des tirs de « snipers » ou ont été attaqués à la maison ou au travail par des commandos de tueurs.

Les résidents locaux et la presse nationale signalent la présence de Rangers états-uniens dans la région, depuis au moins 2008, ce que confirment, écrit Rights Action, des documents publics du gouvernement des Etats-Unis.

Pour les organisations paysannes, il ne fait aucun doute que la police et les militaires participent à cette tuerie tellement elles ont été témoin d’actes de violence et d’intimidation de leur part dans les communautés agraires. Il est, par ailleurs, de notoriété publique que des éléments de la police commettent de nombreux délits, au Honduras, spécialement des meurtres commandités, du trafic de drogue et des enlèvements avec extorsion.

Bien que Tumbador ait aggravé la situation dans l’Aguan, le gouvernement y dépêchait, en 2011, une nouvelle unité conjointe de l’armée et de la police, l’unité Xatruch qui, en 2004, a participé à l’occupation iraquienne par les Etats-Unis et à ses opérations spéciales de contre-insurrection.

Pour OFRANEH, le conflit meurtrier de l’Aguan, avec sa population armée de machettes coincée entre les AK-47 des trafiquants de drogue et des milices terriennes, pourrait se reproduire partout au pays tellement le gouvernement est anxieux d’en livrer les ressources aux investisseurs étrangers.

En octobre 2011, Lobo est allé à Washington se faire photographier et annoncer au monde que son pays est ouvert à des affaires qui, toutes, augmentent la pression sur la terre hondurienne: agro-combustibles, tourisme, sylviculture et mines à ciel ouvert.

Le 23 janvier dernier, le Congrès putschiste adoptait un projet de villes-modèle, parrainé par l’économiste états-unien, Paul Romer, et baptisé Loi des régimes spéciaux de développement (RED), qui consiste à transformer des portions du territoire hondurien en villes-états autonomes, répliques de paradis fiscaux comme Singapour ou les îles Caïmans.

Trois mois auparavant, la Cour suprême de justice avait pourtant déclaré le projet de loi RED inconstitutionnel mais, le 12 décembre, le Congrès hondurien destituait illégalement les quatre magistrats qui avaient voté contre l’initiative néocoloniale.

Comme le Chili de Pinochet, le Honduras d’après 2009 est devenu un laboratoire politique, social et économique, dont les enseignements visent à être appliqués à d’autres pays latino-américains plus importants. Dans un avenir pas si lointain, prédit OFRANEH, les Cours supérieures des pays restés sous la férule impériale seront prisonnières des législateurs soumis aux intérêts du Nord.

Selon le Groupe de travail de l’ONU sur l’emploi des mercenaires, le Honduras de Porfirio Lobo compte 706 entreprises privées de sécurité qui emploient entre 60,000 et 70,000 personnes, soit plus du double des éléments que comptent ensemble la police nationale et l’armée.

Il y a cinq gardes de sécurité privés pour un policier, au Honduras et cela ne comprend même pas les entreprises de sécurité illégales. Il est clair, dit Patricia Arrias, membre du groupe de travail onusien, que, dans un contexte de législation insuffisante et très faible encadrant ces entreprises, cela facilite les violations des droits humains.

Le congrès hondurien, conclut l’OFRANEH, est en train d’écrire un Manuel de destruction de l’état et de la démocratie pour les nuls, en quatre chapitres : coup d’état pour éliminer les forces qui s’opposent au pillage des ressources; tolérance des cartels de la drogue qui contrôlent des pans entiers du territoire national; sape de ce qui reste de l’administration de la justice et, en guise de happy end, don de la terre et du sous-sol du pays aux néo-colonialistes.

Mais reste à voir ce qu’en dira la population. 2013, au Honduras, est une année d’élections présidentielles. Or, tous les sondages montrent jusqu’à maintenant qu’une élection libre donnera gagnante Xiomara Castro, épouse de l’ex-président, Manuel Zelaya, et son parti Liberté et refondation (LIBRE).

|Fraîchement entraîné par le Commandement des opérations spéciales du Commandement Sud de l’armée des États-Unis (SOCSOUTH).
4426|4508|Société|VLB sur Paul Rose|2013-03-19 09:05:36|Robin Philpot|

|Entrevue avec Victor-Lévy Beaulieu sur Paul Rose        
4427|4509|Langue Manchettes|Le français langue commune|2013-03-20 08:11:38|SPQ Libre|

Mémoire présenté par le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre)

Article 2. Le français, langue officielle du Québec, doit devenir la langue commune dans toutes les sphères de la vie sociale, plus particulièrement dans les milieux de travail. (Extrait du Manifeste du SPQ Libre)

Le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre a été créé le 23 février 2004. Le SPQ Libre est une organisation indépendante, avec ses propres orientations et ses statuts et règlements. Il est incorporé en vertu de la IIIe partie de la Loi des compagnies comme organisme sans but lucratif.


Objectifs

Le club politique a pour objectif la formation et le développement d'un courant syndicaliste et progressiste organisé sur la scène politique québécoise et plus particulièrement au sein du Parti québécois.

Il vise par l'action de ses membres l'adoption de mesures progressistes par les instances du Parti québécois et il met tout en oeuvre pour les populariser auprès de l'ensemble de la population.

Il encourage la participation active de ses membres à la vie politique et il les invite à occuper des postes de responsabilités, entre autres électifs, au sein du Parti québécois.

Il donne un appui concret à celles et ceux de ses membres qui briguent l'investiture du Parti pour être désignés candidates ou candidats lors d'élections partielles ou générales.


Conseil d’administration

Le SPQ Libre compte environ 400 membres. Il est dirigé par son conseil d’administration.

Son président est Marc Laviolette (vice-président de la Fédération de l’industrie manufacturière (CSN)), son vice-président est Sylvain Martin (directeur québécois des TCA), son secrétaire est Pierre Dubuc (directeur de l’aut’journal), son trésorier est Gabriel Ste-Marie (enseignant, économiste et membre de la Commission politique du Parti Québécois).

Les conseillères et conseillers sont Hélène Guay (retraitée de la FTQ), Robert Dean (ex-ministre du gouvernement de René Lévesque et ex-directeur des TCA-Québec), Charles Castonguay (professeur à la retraite), Michel Parent (Président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal), Sylvain Charron (membre de l’exécutif du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal), Alain Dion (enseignant, président du Parti Québécois/Rimouski), Louis-Philippe Sauvé (étudiant, membre du Comité des jeunes du Bloc québécois), Kim Comeau (étudiant, membre de l’exécutif du Parti Québécois/Vaudreuil).


Le français langue commune

Résumé

Le SPQ Libre salue l’intention du gouvernement de renforcer la position du français au Québec. Nous considérons que cela ne peut se faire de manière adéquate qu’en faisant du français notre langue publique commune.

La Commission Gendron a désigné cet objectif dès 1972. La politique québécoise de la langue française de mars 1977 a fait ensuite du français langue commune le tout premier principe de la Charte de la langue française.

La Cour suprême du Canada a cependant fait dévier le Québec de cet objectif premier. Sa décision sur la langue d’affichage a conduit à introduire dans notre Charte la notion de « nette prédominance » du français et a ramené le Québec à pratiquer une forme de bilinguisme institutionnel.

Nous saluons la réaffirmation du principe du français langue commune dans le projet de loi 14. Cependant, cela n’est pas fait assez clairement. Les mesures préconisées accusent aussi d’importantes lacunes.

Le SPQ Libre invite le gouvernement à mieux centrer et à étoffer son projet de loi afin de rétablir une Charte apte à stopper la dégringolade du français et la dégradation de son statut.


Le français langue commune

Le SPQ Libre salue la volonté du gouvernement de renforcer le statut du français, notamment en tant que langue publique commune des Québécois. Nous considérons cependant que le projet de loi 14 ne vise pas de manière adéquate cet objectif clé de notre politique linguistique. Nous recommandons par conséquent que le gouvernement recentre et étoffe son projet de loi afin de rendre la Charte de la langue française de nouveau susceptible d’atteindre ce but qui fait consensus au Québec depuis maintenant quarante ans.

L’esprit de notre politique linguistique depuis 40 ans

La Commission Gendron (1968-1972) a bien explicité la notion de langue commune : « une langue que tous connaissent et sont capables d’utiliser, de telle sorte qu’elle puisse servir naturellement sur le territoire du Québec de moyen de communication entre Québécois de toute langue et de toute origine ». Elle a résumé ainsi ce qui est par la suite devenu l’objectif fondamental de notre politique linguistique : « faire du français la langue commune des Québécois ».

Dans son analyse de la situation, la Commission Gendron avait souligné en particulier celle des francophones qui vivaient tels des étrangers dans leur propre pays. Qui, pour s’épanouir à Montréal et dans l’Outaouais, pour gravir les plus hauts échelons, devaient parler l’anglais. « Il y aura toujours au Québec une masse unilingue francophone, aussi bien dans la région métropolitaine qu’en province. Ces personnes devraient pouvoir circuler sur toute partie du territoire du Québec en se servant de la seule langue qu’elles connaissent, le français », écrivait-elle. Aux yeux de la Commission Gendron, une politique du français langue commune allait donc de soi.

C’est dès 1974 que l’objectif du français langue commune a fait ses premiers pas dans notre politique linguistique. Par sa loi 22, le premier gouvernement Bourassa a proclamé le français langue officielle du Québec. Par d’autres articles, par contre, la loi 22 louvoyait entre un Québec dont la langue commune serait le français et un Québec bilingue.

En 1977, le gouvernement Lévesque a tranché en faveur d’un Québec français en adoptant la Charte de la langue française ayant comme but premier de faire du français la langue commune de la société québécoise. Le texte fondateur de la Charte, soit le livre blanc de mars 1977 intitulé La politique québécoise de la langue française, présente on ne peut plus explicitement cet objectif comme principe premier de notre politique linguistique.

Le chapitre II du livre blanc, intitulé « Principes d’une politique de la langue », énonce en effet ceci : « Autant la pluralité des moyens d'expression est utile et féconde sur un même territoire, autant il est nécessaire qu'au préalable, un réseau de signes communs rassemble les hommes. Sans quoi ne sauraient subsister la cohésion et le consensus indispensables au développement d'un peuple. »

Ses auteurs enchaînent immédiatement avec le développement suivant : « En affirmant que dans une société comme le Québec tous doivent connaître la langue française, le Gouvernement n'entend pas empêcher qu'on apprenne et qu'on parle aussi d'autres langues. Il veut simplement assurer une communauté foncière d'expression, semblable à celle que l'on retrouve d'ailleurs dans toutes les sociétés normales, y compris dans le reste du Canada où l'anglais est à la base des échanges et des communications. » C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le slogan « Un Québec aussi français que l’Ontario est anglais », repris plusieurs fois par Camille Laurin entre mars et août 1977.

Le livre blanc désigne ensuite ce qu’il nomme le « premier principe » de la politique préconisée : « Le français doit devenir la langue commune de tous les Québécois. » 

En ce qui touche le deuxième principe énoncé au chapitre II, soit le respect des minorités, les considérations suivantes conservent toute leur pertinence : « L'anglais, tout particulièrement, aura toujours une place importante au Québec [...] Cependant, dans un Québec vivant en français, il sera normal que les Québécois, quelle que soit leur origine ethnique et culturelle, puissent s'exprimer en français, participer de plein droit à une société française, admettre que le français est ici la langue commune à tous. » Autrement dit, tous les membres – francophones aussi bien que non-francophones – d’une société dont le français est la langue commune sont naturellement appelés à agir en conséquence et de façon solidaire.

Intitulé « La Charte », le chapitre III du livre blanc résume de manière semblable le but premier de ce qui sera aussi appelé la loi 101 : « Pour tout dire, le Québec dont le portrait d'ensemble est déjà esquissé dans la Charte est une société de langue française.

« Il ne sera donc plus question d'un Québec bilingue.

« [...] la consécration du français comme langue officielle implique que cette langue est vraiment la langue commune à tous les Québécois. »

  Le chapitre III réitère encore ceci touchant le deuxième principe de la Charte, le respect des minorités : « Si les anglophones et les autres minorités sont assurés du respect de la majorité francophone, il faut espérer qu'ils se reconnaissent eux-mêmes comme des Québécois à part entière et qu'ils acceptent leurs responsabilités dans le développement de la culture québécoise aussi bien que dans l'épanouissement de la langue du Québec [...] langue de notre société depuis ses origines, langue de la majorité, seule langue officielle, langue de tous les actes de la vie publique. »

Il serait difficile d’être plus clair. Et plus pertinent pour l’actuel débat politique sur la langue.

Parmi les articles de la Charte adoptée en août 1977, celui qui instaurait l’affichage commercial en français seulement illustrait de manière particulièrement évidente la règle du français langue commune. En 1988, face à la décision de la Cour suprême concernant cet article, le second gouvernement Bourassa a lui-même d’abord refusé, au moyen de la clause dérogatoire, le retour à l’affichage bilingue, du moins en ce qui avait trait à l’affichage à l’extérieur des commerces. Dans son Énoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration, le même gouvernement réitérait en 1990 son engagement envers le français langue commune : « Depuis le début de la Révolution tranquille, l’action en matière linguistique des gouvernements qui se sont succédé au Québec se fonde sur le principe suivant : faire du français la langue commune de la vie publique grâce à laquelle les Québécois de toutes origines pourront communiquer entre eux et participer au développement de la société québécoise ».

Le second gouvernement Bourassa a cependant renoncé par la suite à reconduire la clause dérogatoire. En 1993, suivant les prescriptions de la Cour suprême, il a introduit dans la Charte de la langue française les dispositions actuelles permettant l’affichage bilingue avec nette prépondérance du français.

Le Parti québécois préconisait dans les éditions 1989 et 1994 de son programme officiel de réinstaurer l’affichage en français seulement, à l’intérieur comme à l’extérieur des commerces, d’étendre les dispositions scolaires de la loi 101 aux études collégiales et d’« assurer l’indépendance des organismes institués par la Charte de la langue française vis-à-vis du pouvoir politique ». La quasi-victoire du Oui au référendum de 1995 sur l’indépendance a toutefois provoqué une mobilisation politique qui, en diabolisant le Québec français, a réussi à faire perdre de vue ces éléments essentiels de relance du français langue commune.

Durant le gouvernement Bouchard, le volet sur la langue dans le programme du Parti québécois portait néanmoins comme titre « Le français. Langue commune et de convergence ». Le bilan interministériel de 1996 sur la situation du français s’intitulait de même Le français langue commune. Enjeu de la société québécoise. « Le français [est-il] devenu la langue d’usage public commune à tous les Québécois? La réponse est non », concluait-il. Le rapport ne recommandait pas moins que cet objectif demeure l’axe central de notre politique. Louise Beaudoin, ministre responsable de la Charte de la langue française, avait aussitôt enchaîné avec sa proposition de politique linguistique, Le français langue commune. Promouvoir l’usage et la qualité du français, langue officielle et langue commune du Québec.

Concoctée cependant par la Cour suprême dans sa décision de 1988, puis intégrée en 1993 dans les dispositions de la Charte de la langue française touchant l’affichage, la notion de nette prédominance a fait tache d’huile dans certains esprits à la suite de la diabolisation post-référendaire du nationalisme québécois. Ainsi, au tournant des années 2000, la Commission Larose considère que « les différentes langues [doivent s’harmoniser] dans la vie et l’espace publics selon le principe de la nette prééminence du français, langue officielle et commune du Québec. » Soit que cette « nette prééminence » n’est que racolage, soit qu’elle édulcore, dans le sens de la décision de la Cour suprême sur l’affichage, le statut du français langue commune.

Plus récemment, deux intellectuels bien en vue, Jean-François Lisée et Christian Dufour, se sont longuement employés à prôner respectivement « la nette prédominance du français » et « la claire prédominance du français sans exclusion de l’anglais dont la présence n’est pas obligatoire ». Dufour, en particulier, donne plusieurs exemples qui, à ses yeux, incarnent de façon satisfaisante sa formule alambiquée, dont les paramètres actuels de la Charte de la langue française en matière de langue d’affichage et d’accès à l’école anglaise émanant qui de la Cour suprême, qui du coup de force constitutionnel de 1982.

Mais peut-on vraiment reconnaître un caractère français « clairement prédominant » dans ce que Montréal nous renvoie aujourd’hui comme paysage linguistique, affiches à la sauce deux-tiers-un-tiers, raisons sociales et marques de commerce confondues? Et l’accès automatique à l’école anglaise pour les migrants du reste du Canada n’est-il pas en train de transformer l’Outaouais en une succursale de l’Ontario?

Au fond, les notions de prédominance, primauté, prééminence, priorité et prépondérance, claires et nettes ou non, sont faites sur mesure pour justifier toutes les compromissions. Qu’on se le rappelle : Robert Bourassa avait fondé sa loi 22 sur la prémisse de la « prééminence » du français.

Il y a une limite à vouloir accommoder et séduire. Se contenter de prédominance, c’est enlever tout mordant à la francisation et se condamner à négocier sans cesse, dans chaque aire d’activité sociale, ce qu’on entend par prédominer.

On sait jusqu’où cela a conduit Lisée, aujourd’hui ministre et responsable des relations avec la communauté anglophone, en ce qui concerne le respect du français langue commune à la Société de transport de Montréal.

Par équité envers la majorité francophone de même qu’envers ceux de nos immigrants que nous sélectionnons depuis 1978 en fonction de leur compétence en français, ce n’est pas le moment de diluer le français langue commune avec un objectif à rabais.

Quelle que soit la séduction qu’opère sur certains esprits la notion nébuleuse de bilinguisme à prédominance française, avancée en 1988 par la Cour suprême, le gouvernement du Québec, tant péquiste que libéral, n’a jamais dévié depuis 1977 du principe premier du français langue commune. C’est ce qui ressort de L’embarras des langues. Origine, conception et évaluation de la politique linguistique québécoise, survol de quarante ans de recherches, débats et lois sur la langue qu’a signé en 2007 Jean-Claude Corbeil, artisan au cœur de notre politique linguistique depuis la Révolution tranquille.

Corbeil insiste sur la nécessité de poursuivre le projet global d’une société québécoise de langue française. « La politique linguistique québécoise et la Charte de la langue française ont pour objectif fondamental de faire contrepoids aux forces dominantes du marché linguistique qui jouent toujours en faveur de la langue anglaise en Amérique du Nord […] et de plus en plus avec la mondialisation, écrit-il. La Charte est nécessaire aujourd’hui comme hier. »

Faire contrepoids. Tout est là.

Le français, langue commune du Québec a des chances de faire contrepoids à l’anglais, langue commune du Canada, des États-Unis et de la mondialisation. Pas un français qui ne serait que prédominant.


La lettre de la Charte de la langue française

Dès son premier article, la Charte confirme que « le français est la langue officielle du Québec ». Et comme nous l’avons vu, dans l’esprit du livre blanc de mars 1977, « la consécration du français comme langue officielle implique que cette langue est vraiment la langue commune à tous les Québécois. »

Il est clair également, par l’économie générale de ses autres dispositions, que la Charte de la langue française d’août 1977 tendait bien de manière centrale à faire du français la langue publique commune. L’article qui impose l’affichage en français seulement en est une illustration probante. L’obligation faite aux nouveaux arrivants du reste du Canada et de l’étranger d’inscrire leurs enfants à l’école française en est une autre.

Par cette dernière contrainte, en effet, la Charte ne visait pas simplement à ce que les enfants des nouveaux arrivants apprennent le français. Si son but n’avait été que cela, il aurait suffi de maintenir le libre choix de la langue d’enseignement et d’exiger uniquement que les diplômés du réseau d’enseignement de langue anglaise fassent preuve d’une compétence suffisante en français. Cette mesure visait donc davantage : non seulement que les enfants des nouveaux arrivants apprennent le français, mais qu’ils s’habituent, dans un milieu de vie de langue française, à l’employer comme langue publique commune.

Relevons que le livre blanc de mars 1977 annonçait que la Charte exigerait aussi que les élèves du réseau scolaire anglais réussissent un examen de français, ce qui permettrait à ses finissants « de pouvoir s’inscrire plus facilement dans les collèges et universités francophones si, comme il est souhaitable, ils en manifestent le désir ». Invitation restée jusqu’à ce jour, on le sait, à peu de chose près lettre morte.

Pour les nouveaux arrivants du reste du Canada, tout particulièrement, le régime scolaire de la Charte de 1977 rappelait l’obligation d’un accommodement fondamental : s’ils élisaient domicile à Montréal ou dans l’Outaouais, ils ne devaient pas s’attendre à y vivre comme s’ils étaient en Ontario.

Chose singulière, l’expression « langue commune » ne figure nulle part dans la Charte.

Le préambule affirme, il est vrai, que l’Assemblée nationale est « résolue à faire du français la langue de l'État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et des affaires ». Mais « normale », « habituelle », « courante », « usuelle », « prédominante » ou « prépondérante » sont synonymes, et le français était déjà tout cela en 1977, à la fois au travail, dans l’enseignement, dans les communications et le reste, du simple fait que les francophones du Québec, fortement majoritaires, travaillent, étudient et communiquent sur la place publique le plus souvent dans cette langue.

À s’en tenir, donc, à un semblable libellé réducteur, l’objectif principal de la Charte aurait été d’emblée réalisé. Il importe de remédier à cette faiblesse.

Insistons. La simple accumulation de synonymes du genre « normale et habituelle » n’équivaut pas plus à « faire du français la langue commune du travail, de l’enseignement, des communications, etc. ». La redondance est d’ailleurs contraire à l’esprit de la langue française !

En effet, si le français est bien la langue utilisée de façon normale et habituelle par les Québécois pour communiquer entre eux sur la place publique, du simple fait que les francophones sont encore aujourd’hui majoritaires, le bilan de 1996 a conclu, comme nous l’avons vu, que le français n’est toujours pas la langue commune du Québec. Une enquête et une étude plus récentes de l’Office québécois de la langue française (OQLF) et du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), respectivement, le confirment : même dans les entreprises de 100 employés ou plus qui sont directement visées par les mesures de francisation les plus contraignantes de la loi 101, dans la région métropolitaine de Montréal c’est l’anglais qui, plus souvent que le français, joue le rôle de langue commune utilisée par les employés francophones pour communiquer – à l’interne – avec leurs collègues, supérieurs ou subalternes anglophones.

Autrement dit, que le français soit la langue publique normale et habituelle n’implique pas qu’il est la langue publique commune. Cette faiblesse dans le préambule de la Charte de 1977 quant au principe premier de notre politique linguistique contribue sans doute à expliquer pourquoi, après plus d’un tiers de siècle, la société québécoise n’a pas progressé davantage vers la réalisation de l’idéal du français langue commune.

Il est évident, par contre, que si le français était la langue publique commune, il serait aussi la langue publique normale et habituelle du fait que non seulement les communications publiques entre les francophones, fortement majoritaires, se dérouleraient naturellement en français, mais également les communications publiques entre francophones et anglophones, entre francophones et allophones et même entre anglophones et allophones dont, ne l’oublions pas, près de la moitié sont aujourd’hui francotropes. Seules les communications publiques entre anglophones et anglophones, hispanophones et hispanophones, et ainsi de suite se dérouleraient le plus souvent dans une autre langue que le français.

Les mesures les plus directement attaquées par le coup de force de 1982 et la Cour suprême sont celles qui marquaient le plus fortement la différence entre la politique du français langue commune, que le Québec avait choisie démocratiquement, et la politique canadienne du libre choix entre le français et l’anglais.

C’est également la rigueur avec laquelle ces mesures initiales de la loi 101 imposaient le français en tant que langue commune qui explique sans doute la présence, dans la même loi, d’articles plus accommodants, qui vont même à l’encontre du but recherché, tels que l’article 15 qui permet explicitement à l’Administration de correspondre dans une autre langue que le français avec des personnes physiques qui s’adressent à elle dans cette autre langue, ou l’article 89 qui permet, explicitement encore, l’usage d’autres langues là où l’usage exclusif du français n’est pas prescrit.

Amputée de ses dispositions qui visaient le plus vigoureusement à faire du français la langue commune du Québec, il n’est pas surprenant que ce qu’il nous reste aujourd’hui de la Charte puisse paraître inviter plutôt à une forme de bilinguisme institutionnalisé plus ou moins franco-dominant. En particulier, que le français soit la langue « normale et habituelle » de communication publique n’exclut en rien que l’usage public de l’anglais soit normal et habituel aussi sauf, jusqu’à nouvel ordre, à un moindre degré. Voire n’exclut en rien que le Québec ait deux langues communes.

Dans sa forme initiale, la Charte de la langue française d’août 1977 était susceptible de réaliser l’objectif principal tracé par le livre blanc. Mais au fil des contestations et compromissions de toutes sortes, un écart de plus en plus considérable s’est creusé entre l’esprit et la lettre de notre politique sur la langue. Devant l’ampleur et la rapidité sans précédent du présent recul du français, tout particulièrement à Montréal, il faut rétablir une nouvelle adéquation entre l’esprit et la lettre de la Charte afin de remettre notre politique linguistique sur les rails. Pour faire efficacement contrepoids, il faut que le français devienne la langue commune des communications publiques internes sur le territoire québécois au même degré que l’anglais est devenu la langue commune des communications au niveau international.


Le projet de loi 14

Le projet de loi 14 n’a pas ce poids.

L’article 1 du projet de loi propose d’ajouter au préambule de la Charte de la langue française la phrase suivante : « Elle [l’Assemblée nationale] prend acte qu’une langue commune constitue un puissant vecteur de cohésion sociale dans une société diversifiée, propre à assurer le développement de celle-ci et à maintenir des relations harmonieuses entre toutes ses composantes. » Dans cet ajout, ce qui précède la virgule n’affirme pas que dans la situation particulière du Québec, une langue commune est un facteur indispensable de cohésion sociale. Ni, explicitement, que cette langue commune doit être le français. Ce qui suit la virgule paraît par ailleurs de trop.

C’est le seul endroit où le projet de loi propose d’insérer l’expression « langue commune » dans la Charte.

L’article 2 du projet de loi propose d’ajouter à l’article 1 de la Charte, qui affirme « Le français est la langue officielle du Québec », l’alinéa suivant : « Il constitue le fondement de l’identité québécoise et d’une culture distincte, ouverte sur le monde ». Le premier alinéa du préambule actuel de la Charte exprime déjà la première partie de cette phrase. Le reste paraît encore de trop. Compte tenu du dévoiement et du rapetissement dont la Charte a été l’objet depuis 1977 et dont nous avons fait état à la section précédente, il est impératif que son article 1 affirme haut et fort, simplement et explicitement, que « Le français est la langue officielle et la langue commune du Québec ».

Selon l’article 3 du projet de loi, le gouvernement du Québec, ses ministères et les autres organismes de l’Administration doivent jouer un rôle exemplaire en matière linguistique « en faisant du français la langue normale et habituelle dans laquelle ils s’expriment et celle utilisée pour s’adresser à eux ». Comme nous l’avons vu, les qualificatifs « normale » et « habituelle » donnent prise à une confusion qui s’est avérée néfaste. Cette confusion a permis d’orienter notre politique linguistique vers un bilinguisme institutionnel anglais-français. Il faut donc supprimer de cette phrase les mots « normale et habituelle ».

L’article 46 du projet de loi, qui traite des politiques linguistiques éventuelles de certains organismes municipaux, affirme qu’une telle politique doit « bien marquer le fait que le français est la langue officielle du Québec, la langue normale et habituelle d’usage public, ainsi qu’un instrument essentiel de cohésion sociale ». Encore le même objectif à rabais, cette fois sous la forme de « la langue normale et habituelle d’usage public ». À remplacer par « la langue publique commune ».

L’article 56 propose d’ajouter ce qui suit au préambule de la Charte des droits et libertés de la personne : « Considérant que le français est la langue officielle du Québec et qu’il constitue un élément fondamental de sa cohésion sociale ». À remplacer par « Considérant que le français est la langue officielle et la langue commune du Québec ».

Ces quelques observations suffisent à montrer pourquoi il faut repenser le projet de loi 14 dès son début et réviser l’ensemble de ses articles en fonction du principe du français langue publique commune. La Charte doit articuler de manière parfaitement explicite et cohérente cet objectif clé de notre politique linguistique.

Cet exercice s’avérera fertile en ce qui concerne notamment la langue de travail.

Par exemple, l’article 45 du projet de loi 14 donne à une entreprise comptant entre 26 et 49 employés, « en tenant compte de la situation qui lui est propre », l’objectif de « faire du français la langue normale et habituelle du travail ». Pour une entreprise dont la situation qui lui est propre comporte, entre autres, de compter une majorité d’employés anglophones, cela est excessif. D’un point de vue pratique, d’ailleurs, tenter de faire en sorte que les employés anglophones de cette entreprise utilisent le français pour communiquer entre eux est, dans le contexte québécois, voué à l’échec. Au contraire, « faire du français la langue commune du travail » dans une telle entreprise serait envisageable et faciliterait l’exercice du droit de ses employés francophones et francotropes, en particulier, de travailler en français.

Cet exercice conduira aussi, en ce qui concerne le français au travail, à supprimer de la Charte des articles par trop accommodants tels que les articles 15 et 89 actuels.


Les maillons manquants du projet de loi 14

Faire bon usage du principe du français langue commune ne suffit pas. Il faut aussi que les mesures préconisées soient aptes à atteindre ce but. Le projet de loi 14 accuse des lacunes béantes dans cette perspective aussi. Nous n’en relevons que trois.

Premier maillon manquant. Notre paysage linguistique, en particulier à Montréal, ne renvoie pas l’image d’une société dont le français est la langue publique commune. Cela ne concerne plus seulement la langue de l’affichage commercial. Les raisons sociales et marques de commerce comportant une partie en langue anglaise qui est dix fois plus visible qu’un éventuel générique poussif en langue française, prolifèrent. Elles véhiculent le message qu’au Québec, ça se passe en anglais. Et que le français est une langue secondaire, sinon minable. Il faut que notre paysage linguistique communique de nouveau le message que le gouvernement Lévesque a jugé nécessaire de lui donner. Le Québec dispose toujours de la clause dérogatoire. Il faut s’en servir pour rétablir les dispositions originelles de la Charte en matière d’affichage. Quant aux raisons sociales et marques de commerce, la partie en langue anglaise ne doit pas occuper un plus grand espace que celle en langue française.

Deuxième maillon. Un réseau collégial anglais hypertrophié forme un nombre disproportionné d’étudiants et futurs travailleurs à employer l’anglais comme langue commune. Recensements et enquêtes ont démontré que le libre choix de la langue d’enseignement au collégial exerce un effet certain sur la langue subséquemment utilisée au travail. Les plus récentes données enfin diffusées en juin dernier par le ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport indiquent qu’au total, 18 % des étudiants passent par le cégep anglais. À la formation pré-universitaire, c’est 23 %. Cette hypertrophie n’est pas uniquement le fait de jeunes allophones : la proportion d’étudiants francophones (de langue maternelle française) qui, au pré-universitaire, choisissent le cégep anglais, a progressé jusqu’à atteindre 8 % à la fin des années 2010.

Sur l’ensemble des années 2001-2010, le nombre de nouveaux inscrits au cégep anglais a atteint le double de sa clientèle cible naturelle, soit le nombre total de nouveaux inscrits de langue maternelle anglaise. En même temps, le nombre de nouveaux inscrits au cégep français dépassait à peine celui de sa clientèle naturelle de langue maternelle française. Entre 1981 et 2010, le libre choix de la langue des études collégiales a fait en sorte que le nombre d’étudiants qui sont passés par le cégep anglais excédait, au total, de 110 000 le nombre de cégépiens de langue maternelle anglaise. L’excédent correspondant pour le cégep français durant ces trois décennies n’était au total que de 10 000. Sur trente ans, le Québec a ainsi financé l’anglicisation d’une partie appréciable de sa future élite.

Les mesures proposées dans le projet de loi 14 ne sont pas susceptibles de réduire de manière significative l’espace démesuré qu’occupe l’anglais langue commune dans le domaine des études collégiales, ni l’espace encore plus démesuré de l’anglais langue commune dans celui des études universitaires. Pour accroître efficacement l’espace du français langue commune sur le plan des études supérieures, il faut étendre aux études collégiales les dispositions de la Charte touchant les études primaires et secondaires.

Troisième maillon. Le français langue commune, principe clé de notre politique linguistique, a fait consensus parmi les partis représentés à l’Assemblée nationale depuis maintenant trente-cinq ans. Cependant, au fil des considérations partisanes, les gouvernements successifs ont fait preuve de peu de zèle à informer de façon adéquate les Québécois sur l’évolution réelle de la situation linguistique et à promouvoir activement le français en tant que langue publique commune de la société québécoise. Au lieu de renforcer l’emprise du ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, comme le prévoit l’article 3 du projet de loi 14, il est plus que temps de mettre fin au jeu des nominations partisanes à la présidence de l’OQLF et du CSLF. D’assurer, quoi, « l’indépendance des organismes institués par la Charte de la langue française vis-à-vis du pouvoir politique », comme le préconisait le Parti québécois dès la fin des années 1980.

Nous avons vu que le Parti québécois jugeait déjà, voilà un quart de siècle, que les maillons manquants énumérés ci-dessus s’imposaient tous trois pour relancer notre politique linguistique dans la bonne voie. Ils sont devenus encore plus nécessaires aujourd’hui.


Conclusion

Il y a trente-cinq ans, le livre blanc jugeait que « À n’en pas douter, la situation de la langue française au Québec justifie la vigilance et l’intervention de l’État ». La Charte de la langue française a subi depuis 1977 des affaiblissements et un dévoiement tels que nous en sommes revenus au même point aujourd’hui.

Le SPQ Libre invite le gouvernement à mieux centrer et à étoffer son projet de loi en fonction des observations formulées ci-dessus, afin de rétablir une Charte apte à stopper la dégringolade du français et la dégradation de son statut.

Le temps presse.

|Mémoire du SPQ Libre à la commission parlementaire sur le projet de loi 14
4428|4510|Manchettes Politique_Québec Coups_de_gueule|Quand Aniaise niaise encore !|2013-03-20 08:25:33|Michel Rioux|

Soyons charitable pour une fois ! Acceptons sans poser davantage de questions les affirmations de la ministre Maltais, qui n’a de cesse, depuis quelques jours, de soutenir que le règlement publié in petto dans la Gazette officielle est le fruit d’une soudaine empathie à l’endroit des moins bien nantis de notre société et que ledit règlement n’a qu’un objectif : le bonheur des prestataires d’aide sociale. Encore que…

Or quand un gouvernement se sent pris d’une sollicitude aussi soudaine pour la frange citoyenne qui a le moins de pouvoir, il n’hésite pas d’ordinaire à convoquer au moins une conférence de presse, sinon deux, avec la ou le chef du gouvernement en renfort. Exercice de pettage de bretelles, on en conviendra. Mais fort légitime en revanche quand c’est pour annoncer une bonne nouvelle.

Mais si je ne m’étais pas engagé à demeurer charitable, il me viendrait à l’esprit que la ministre, en plein pédalage dans la choucroute, a essayé d’en passer une petite vite. Le problème, c’est que la chose est arrivée quelques jours seulement après qu’elle a monté à l’assaut du gouvernement Harper, qui s’acharne sur les plus faibles. Et que des esprits chagrins et mal tournés en ont profité pour faire un amalgame avec les deux mesures.

Qu’une Québécoise pur sucre comme elle s’expose à la moquerie en se présentant à Tout le monde en parle en dit long sur l’urgence d’un contrôle de dommages qu’on a senti dans les coulisses du pouvoir. Personne n’aura compris comment une tempête de neige à Ottawa a pu provoquer la parution du projet de règlement dans la Gazette officielle.

Qui aura compris qu’il n’y a pas de jobs disponibles au Québec quand les personnes sont liées à l’assurance-emploi, mais qu’elles nous sortent par les oreilles, les jobs, quand ce sont des personnes dépendantes de l’aide sociale qui sont en cause ?

Le directeur de la santé publique s’est inquiété des mesures Maltais. Plusieurs établissements qui traitent les personnes aux prises avec des toxicomanies craignent de devoir fermer leurs portes.

Quand 500 prestataires sont convoqués à Sherbrooke, ce n’est pas, oh non ! pour vérifier leur situation. C’est plutôt pour leur annoncer la bonne nouvelle : ils auraient droit à des prestations plus élevées ! Ben voyons donc !

Mais faisons-nous violence et demeurons charitable, même si la ministre nous a déjà fait la démonstration que son jugement pouvait faire voir un déficit peut-être encore plus important que celui de l’État québécois.

On se souvient qu’elle avait défendu bec et ongles la reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham. On se souvient aussi qu’avec son projet de loi 204, qui permettait au maire Labeaume de contourner un certain nombre de règles dans son projet d’amphithéâtre, elle avait réussi à provoquer une crise dont le Parti québécois ne s’est pas encore remis.

Pour demeurer toujours dans la charité active, on passera sous silence le sourire de Jean Charest à l’époque, celui d’un chat qui vient de se faire à peu de frais une souris insouciante, les libéraux encaissant les bénéfices et le PQ les pertes. Mais trêve d’ironie et de balivernes !

Madame la ministre, comme d’autres collègues, est aujourd’hui confrontée à la difficile opération qui consiste à tenter de remettre dans son tube la pâte dentifrice qu’on a laissé s’échapper. Ainsi, Le Devoir nous apprenait quelques jours après son passage devant Guy A. que « Maltais change de ton ». Croit-on vraiment que poser un muffler à un bulldozer, cela le transforme en Alfa Romeo…

Ce n’est bien sûr pas le rôle de Pauline Marois de vérifier tous les détails de la plomberie. Mais c’est sa responsabilité de nommer à des postes stratégiques des personnes capables d’assurer le trafic de toutes ces lois, règlements, livres blancs, verts ou autres qui émanent tous les jours des ministères.

Or il y a un certain Hubert Bolduc, sous-ministre à la communication gouvernementale, en poste depuis début octobre. Issu du sérail de Cascades – une prédestination en quelque sorte tant les mauvaises nouvelles déboulent en cascade depuis son arrivée – le Bolduc en question ne s’était pas particulièrement illustré dans son rôle de conseiller en matière de communication de Bernard Landry.

Soyons encore charitable et faisons l’hypothèse qu’un sombre complot, ourdi par les libéraux, a sans doute conduit à cette nomination, dont les effets dévastateurs s’accumulent jour après jour.

Madame Maltais s’explique du matin au soir ces jours-ci. Si elle est tellement sûre de la valeur de ses réformes, peut-être devrait-elle faire sien ce conseil de Willie Lamothe confié à Lise Payette : « Vous savez, madame, je préfère être incompris que de passer ma vie à m’expliquer… »

|Après les plaines d’Abraham et l’amphithéâtre à Labeaume
4429|4511|Accueil_Analyses Livres|Le républicanisme comme gouvernement responsable|2013-03-20 08:51:49|Julien Beauregard|

Dans une allocution prononcée en 2001, le premier ministre Bernard Landry était, entre autres choses, redevable aux Patriotes qui ont revendiqué l’obtention du gouvernement responsable.

Lorsque le gouvernement du Québec, dirigé par le premier ministre Jean Charest, émettait un communiqué pour souligner, lors de la Journée nationale des patriotes, l’apport des Patriotes à l’obtention d’un gouvernement responsable, il y avait de quoi s’étonner.

On était en droit de croire que l’obtention du gouvernement responsable pouvait faire consensus entre Québécois de différentes allégeances politiques.

Toutefois, selon Yvan Lamonde et Jonathan Livernois, cette lecture de l’histoire est fondée sur une méprise fondamentale qu’ils démontrent dans le livre Papineau : erreur sur la personne qu’ils ont fait paraître en septembre 2012 chez Boréal.

«Papineau n’évoque pas ni ne réclame un gouvernement responsable de type britannique dans lequel le chef du parti qui fait élire le plus de députés est invité par le souverain à diriger le pays et à nommer les ministres de son cabinet», disent les auteurs.

Papineau cherchait plutôt une réforme radicale du modèle de gouvernance du Bas-Canada en s’inspirant de l’expérience républicaine américaine.

Lamonde et Livernois remontent le cours de l’histoire pour confronter des auteurs qui se sont appropriés Papineau afin de travestir son discours. Le travail de distorsion se serait amorcé avec Lord Durham et aurait perduré avec Jacques Parizeau dans son essai La souveraineté du Québec.

Les auteurs n’épargnent personne tant leur désir de réhabilitation est profond. En plus de Durham et Parizeau, ils s’en prennent à Lionel Groulx, André Pratte, John Saul et Jocelyn Létourneau qu’ils accusent d’avoir travesti la pensée politique de Papineau.

De plus, ils confrontent cette pensée à celle d’anciens collaborateurs comme Wolfred Nelson qui ont siégé avec lui au Parlement du Canada-Uni, parfois dans le contentement.

Chose certaine, Papineau le républicain n’a jamais échappé à ses idéaux bien qu’il ait compris avec le temps qu’il ne reverrait pas un autre momentum révolutionnaire de son vivant. Cela ne l’a pas empêché de pousser jusqu’au bout sa réflexion.

Dans la conclusion du livre, Lamonde et Livernois encouragent sans le dire les souverainistes à ne pas travestir le passé pour servir des intérêts contextuels. Ils plaident pour une réinscription de la pensée politique actuelle dans le giron républicain du Patriote :

«Aujourd’hui, nous croyons qu’une véritable conscience démocratique et historique devrait pouvoir, d’entrée de jeu dédramatiser la défaite ou l’échec, dans la mesure où elle permet de voir les événements et les hommes dans une dynamique de longue fidélité à des principes républicains et démocratiques.»

|Lamonde, Yvan et Jonathan Livernois (2012). Papineau : Erreur sur la personne, Montréal, Boréal, 201 pages.
4430|4512|Environnement Manchettes|Troisième tentative de réforme de la Loi sur les mines|2013-03-21 08:35:49|Québec meilleure mine !|

À l’aube d’une troisième tentative de réforme de la Loi sur les mines au Québec, la coalition Québec meilleure mine ! demande à tous les partis de l’Assemblée nationale de collaborer pour mettre fin, une fois pour toutes, à la préséance des droits miniers sur les autres usages du territoire.

« Nous appuyons aujourd’hui le principe du projet de loi de Québec solidaire et nous demandons à tous les partis de l’Assemblée nationale d’en faire autant. La préséance des droits miniers, gaziers et pétroliers sur les autres usages du territoire, les municipalités et les citoyens, est un non-sens qu’il faut cesser une fois pour toutes au Québec. C’est une question non partisane qui concerne l’ensemble de la population et du territoire du Québec », affirme Sylvain Archambault, qui représentait aujourd’hui Québec meilleure mine ! lors d’une conférence de presse à l’hôtel du Parlement du Québec.

Il existe un large consensus au Québec sur la nécessité de mettre fin au vieux principe du free mining et à la préséance des droits miniers.

« Ces principes sont anachroniques avec la réalité d’aujourd’hui et sont incompatibles avec les fondements de plusieurs autres lois du Québec, dont le Code civil, la Loi sur la qualité de l’environnement et la Loi sur le développement durable du Québec. Lors des commissions parlementaires de 2010 et 2011, autant le monde municipal que les élus régionaux, la société civile, les groupes environnementaux et le Barreau du Québec ont dénoncé cet état de fait et ont réclamés des changements à la Loi sur les mines », rappelle Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine !

« Les commissaires du Bureau d’audience publique sur l’environnement ont souligné également à deux reprises, en 2009 et 2011, l’incompatibilité de la Loi sur les mines par rapport aux prérogatives municipales et aux droits des citoyens. Plus récemment, en 2012, l’Institut du Nouveau Monde recommandait également de changer cet aspect de la Loi sur les mines après une tournée d’échanges publics dans 10 villes du Québec. Combien d’autres constats faudra-t-il faire avant de changer une fois pour toutes cette aberration de la Loi sur les mines ? », se demande Christian Simard de Nature Québec.

Rappelons que les deux projets de loi du gouvernement précédent (PL79 et PL14) ont avorté, le premier dans la foulée de la saga des gaz de schiste en 2011, le second à cause du déclenchement des élections provinciales en 2012.

« Des gains avaient été faits dans la dernière mouture du projet de loi 14 des Libéraux. Souhaitons aujourd’hui que l’ensemble des partis de l’Assemblée nationale collaboreront pour bonifier ce projet de loi afin d’assurer une réelle protection des droits des citoyens, des municipalités et de l’environnement », de conclure M. Simard.

La coalition Québec meilleure mine ! et ses organismes partenaires soumettront leurs recommandations au gouvernement du Québec lors de la prochaine réforme de la Loi sur les mines du Québec, laquelle est prévue d’ici l’été 2013.

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée d’une trentaine d’organismes représentant collectivement plus de 250 000 membres partout au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social, environnemental et économique. Site : www.quebecmeilleuremine.org.

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT),  Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) ,  Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL),  Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA),  Centrale des syndicats du Québec (CSQ),  Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté,  Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU), Coalition Stop Uranium de Baie-des-Chaleurs,  Comité de vigilance de Malartic, Écojustice,  Eco-vigilance Baie-des-Chaleurs,   Environnement Vert Plus Baie-des-Chaleurs,  Fondation Rivières,  Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM,  Groupe solidarité justice,  Les AmiEs de la Terre du Québec, Justice transnational extractive (JUSTE), MiningWatch Canada,  Minganie sans uranium,  Mouvement Vert Mauricie,  Nature Québec,  Professionnels de la santé pour la survie mondiale,  Regroupement citoyen pour la sauvegarde de la grande Baie de Sep-Îles,  Regroupement pour la surveillance du nucléaire,  Réseau œcuménique justice et paix (ROJeP), Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE),  Sept-Îles sans uranium  Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec), Société pour vaincre la pollution (SVP), Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Tous nouveaux membres bienvenus.

| Mettre fin, une fois pour toutes, à la préséance des droits miniers
4431|4513|Accueil_Analyses Mouvements_syndical|Le syndicalisme est-il toujours pertinent ?|2013-03-21 08:45:13|Jean-Simon Carrier|

Je travaille à titre d’enseignant depuis septembre 2005. À ce moment, j’ai obtenu un contrat dans une école que je ne connaissais pas beaucoup. Au moment de former les différents comités de travail pour l’année scolaire, j’ai été surpris de constater qu’il n’y avait pas foule pour représenter l’école aux réunions syndicales. J’ai sauté sur l’opportunité.

Mes objectifs étaient simples : je voulais rencontrer d’autres enseignants tout en découvrant quels sont mes droits et mes responsabilités face à mon employeur. Une aventure très enrichissante commençait.

Évidemment, mes objectifs de départ ont évolué. Je milite, aujourd’hui, pour améliorer les conditions de travail de mes collègues. Par extension, je revendique l’amélioration des conditions d’apprentissage de mes élèves. S’il y en a moins dans une classe, la job de l’enseignant est plus facile et l’élève en sort gagnant. Dans les prochaines lignes, je vais vous démontrer pourquoi, à 32 ans, je trouve primordial que le syndicalisme existe encore aujourd’hui.

Tout d’abord, le syndicalisme sert à créer un rapport de force entre employés et employeur. Celui-ci n’est pas obligatoirement conflictuel. Dans le meilleur des mondes, les deux partis s’efforcent de trouver le meilleur compromis pour tous. Beaucoup diront qu’ils n’ont pas besoin d’un syndicat pour faire cela. J’en conviens ! Mais, est-ce que tout le monde a cette capacité ?

Je ne peux pas débarquer dans le bureau de Marie Malavoy, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pour lui parler de mon salaire. Et mon directeur ne peut pas prendre de décisions à ce niveau. D’où l’importance de se rassembler pour faire respecter nos droits et pour assurer une certaine uniformité. Est-ce normal que l’ami du boss ait de meilleures conditions de travail qu’un autre employé ?

Un premier mythe véhiculé, c’est que le syndicat est une grosse machine qui sert à protéger de mauvais employés. Malheureusement, où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Par contre, j’aime mieux voir les choses du côté positif.

Pour le nombre de travailleurs incompétents, combien de bons travailleurs profitent du syndicat, peut-être sans même le savoir ? Ce que l’on oublie souvent, c’est qu’avant d’avoir la protection syndicale, l’employeur dispose d’une période où il doit évaluer l’employé.

Si l’employeur ne fait pas son travail adéquatement, c’est le syndicat qui passe pour fautif par la suite car il se doit, selon la loi, de défendre ses membres qu’ils soient bons ou mauvais.

En second lieu, on entend souvent que le syndicat est devenu une grosse machine sur laquelle nous n’avons aucun impact. Je suis au fait de ce qui se passe dans mon syndicat local, le Syndicat de l’enseignement Val-Maska (SEVM) affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Je sais que ma voix est importante pour chacune des instances. Dans mon syndicat local, je suis invité à deux assemblées générales par année, sans compter les assemblées générales extraordinaires convoquées au gré de l’actualité. À ces moments, les micros sont ouverts et je peux faire part de mon opinion.

En plus, je me dois d’informer mon représentant d’école (élu) de ce que je pense des sujets qui seront débattus à l’instance intermédiaire. Pour faire cela, je dois être au courant de ce qui se passe. Donc, j’ai la responsabilité de m’informer et de lire ce qui m’est remis.

Comme je peux élire mes représentants à la CSQ et à la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), ma voix est transmise aux instances supérieures mais je dois aussi demander à mes représentants de rendre des comptes. Dans cette optique, ma voix est importante et chacun des paliers veut la connaître par les assemblées tenues ou par les enquêtes menées.

En plus d’aider à rehausser le niveau de vie de ses membres, les non-syndiqués en profitent aussi. Pensons à l’assurance maladie, à l’équité salariale ou au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). Ces gains, qui s’étendent à l’ensemble de la population, sont le résultat de batailles entamées par des syndicats !

Le syndicalisme est encore très pertinent dans le Québec d’aujourd’hui. Par contre, il est atteint du même mal que la politique scolaire, municipale, québécoise ou canadienne. Il se heurte à l’individualisation de la société et au désintérêt face aux institutions démocratiques.

La population est cynique par rapport à ces dernières, mais elle ne les investit pas pour les réformer. Les syndiqués ne sont pas différents, certains chialent contre la structure mais ne font rien pour la changer. Ils attendent peut-être l’intervention divine !

En même temps, il faut constater que quelqu’un qui décide de s’investir va souvent se rendre compte de la nécessité de l’institution. Il deviendra peut-être, par la suite, un militant. À tout le moins, il comprendra l’importance de prendre l’information et de questionner.

Faut-il dépoussiérer certaines pratiques ? Probablement ! Pour ce faire, allez à vos réunions syndicales et faites profiter aux membres de vos bonnes idées. On en sera tous gagnant !

|J’ai été surpris de constater qu’il n’y avait pas foule pour représenter l’école aux réunions syndicales. J’ai sauté sur l’opportunité
4432|4514|Accueil_Actualités|Important déversement de résidus miniers, mine Québec Lithium (Abitibi)|2013-03-21 08:51:37|Québec meilleure mine !|

La coalition Québec meilleure mine ! demande une totale transparence concernant les causes et les impacts d’un important déversement de résidus miniers à la mine Québec Lithium en Abitibi-Témiscamingue.

« Le registre du ministère de l’Environnement signale depuis aujourd’hui un déversement de plus de 50 millions de litres de résidus miniers ayant affecté au moins une rivière, sans toutefois préciser la nature ou l’étendue des impacts, ni même les causes de l’évènement. Nous demandons au Ministère et à la minière d’informer rapidement le public sur les conséquences potentielles de cet incident et des mesures prises pour minimiser les impacts », déclare Ugo Lapointe de la coalition Québec meilleure mine !

« Quel est le niveau de matière en suspension dans l’eau, sur quelle distance en aval du site ? Quelle est la toxicité des substances en cause ? Comment l’habitat et la faune aquatiques sont-ils affectés ? Qui procède actuellement aux analyses ? Comment expliquer ce déversement ? À qui en attribuer la responsabilité ? Aurait-il pu être évité ? Qui paiera la facture ? Quelles sont les garanties financières versées d’avance par la minière pour ce type de déversement ? Voilà autant de questions pour lesquelles nous n’avons toujours pas de réponses », affirme Christian Simard de Nature Québec.

« Ce déversement nous inquiète d’autant plus qu’il s’agit d’une nouvelle mine qui a totalement échappé à l’évaluation des impacts sur l’environnement par le Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE) en raison des trous dans la loi actuelle. Nous avions pourtant demandé au ministre de l’Environnement de l’époque, M. Arcand, de tenir un BAPE sur ce projet, la première mine de lithium d’envergure en exploitation au Québec. Malheureusement, ça n’a pas été fait. Peut-être que ça nous aurait évité ce genre d’incident », dénonce Henri Jacob d’Action boréale Abitibi-Témiscamingue.

Ce déversement s’ajoute à au moins deux autres déversements importants au Québec ces dernières années, dont celui de l’ancienne mine Opemiska près de Chapais en 2008 (une vague de 11 millions litres de résidus boueux ayant emporté un tronçon de 30 m de la route 113), ainsi que celui de la mine Lac Bloom près de Fermont en mai 2011 (plus de 50 millions litres de résidus boueux ayant affecté 14 lacs en aval). « La répétition de ces déversements démontre non seulement qu’il y a un manque de contrôle et de suivi des projets sur le terrain, mais également que les pénalités imposées aux minières pour ce type d’incident semblent nettement insuffisantes. Il faut corriger ces lacunes dans la prochaine réforme de la Loi sur les mines  », de conclure M. Lapointe.

|Québec meilleure mine demande une totale transparence
4433|4515|Manchettes Mouvements_syndical|Budget Flaherty : un budget anti-travailleur et anti-Québec|2013-03-22 06:43:39|Sylvain Martin|L’auteur est directeur québécois des TCA

J’écoutais le ministre Denis Paradis justifier la suppression du 15 % de déduction fiscale supplémentaire accordée aux fonds des travailleurs au nom de la « neutralité fiscale ».

« Le Fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CSN ont bénéficié de cet avantage fiscal pour amasser des actifs de 10 milliards $, c’est assez! », disait-il en substance.

Parler de « neutralité fiscale » en mettant les 8,8 milliards de $ du Fonds de la FTQ et le milliard de $ du Fondaction sur le même pied que les actifs des banques canadiennes, c’est de la fraude intellectuelle.

Faut-il rappeler que les actifs de la seule Banque Royale sont de 360 milliards de $ et respectivement de 288, 287, 284 et 239 milliards de $ pour les Banques TD, CIBC, Scotia et de Montréal!

Un outil de développement économique et de sécurité financière

Le Fonds de solidarité a été créé lors de la crise économique du début des années 1980 pour fournir du capital de risques aux PME du Québec parce que les grandes banques canadiennes ne voulaient pas leur prêter. C’est toujours le cas et rien ne nous fera croire qu’elles changeront d’attitude, surtout avec la perspective d’un ralentissement économique qui nous pend au bout du nez.

Depuis sa création, le Fonds de solidarité de la FTQ a permis de créer, de maintenir ou de sauvegarder près de 170 000 emplois tout en injectant près de 6 milliards de $ dans notre économie depuis 1990.

Il a aussi permis à ses 600 000 actionnaires de contrôler une partie de leurs épargnes et de bénéficier de crédits d’impôt plus importants. Ça veut dire une plus grande accessibilité aux REER pour les travailleurs et plus d’argent pour leur retraite. D'ailleurs, plus de 200 000 travailleurs du Québec ont comme seul véhicule de retraite le Fonds de solidarité de la FTQ.

Avec l’abolition de cette mesure, le gouvernement Harper compte prélever dans nos économies et dans les économies des travailleurs, 15 millions de $ l’an prochain et 65, 115 et 160 millions de $ au cours des années suivantes, pour un total de 355 millions de $. Ce n’est pas rien!

Privatisation de la formation de la main-d’œuvre

Depuis 1997, le Québec avait récupéré d’Ottawa la formation de la main-d’œuvre. En fait, il serait plus juste de dire : croyait avoir récupéré.

Car le gouvernement Harper veut renégocier l’entente qui vient à échéance l’an prochain pour modifier complètement le programme. Il propose ni plus ni moins que de privatiser la formation de la main-d’œuvre.

Selon le plan proposé, un travailleur devra trouver un employeur prêt à débourser 5 000 $ pour sa formation, un montant qui sera complété par un 5 000 $ du fédéral et un 5 000 $ de Québec. L’objectif, nous dit le ministre Paradis, est de répondre aux besoins des entreprises.

Il faut mettre cette réforme majeure de la formation de la main-d’œuvre en lien avec les modifications apportées à l’assurance-emploi.

Pour donner une idée des effets escomptés de la réforme de l’assurance-emploi, Ottawa prévoit des surplus de la caisse de l’assurance-emploi de 3,6 milliards de $ en 2013-2014, 4,6 milliards de $ en 2014-2015 et 5,5 milliards de $ en 2015-2016.

Des surplus qu’il utilisera pour réduire son déficit, même s’il ne contribue d’aucune façon à la caisse. Elle est constituée uniquement à partir des cotisations des employeurs et des travailleurs.

Réforme de la formation de la main-d’œuvre, réforme de l’assurance-emploi, tout est mis en œuvre pour faire pression à la baisse sur les salaires des travailleurs québécois et canadiens et des travailleurs appauvris qui deviennent une main-d’œuvre docile, de la musique aux oreilles de nos bons patrons.

La cible du déficit zéro : la fonction publique fédérale

Le budget prévoit une hausse des dépenses d’à peine 0,8 %, soit beaucoup moins que la hausse de l’indice du coût de la vie. Cela signifie des compressions budgétaires importantes, d’autant plus que le gouvernement vise à éliminer son déficit pour atteindre le déficit zéro.

Le ministre des Finances Jim Flaherty n’a pas caché la cible de ces compressions : la fonction publique fédérale.

Non seulement veut-il poursuivre son plan qui visait à supprimer 19 200 emplois d'ici 2015 dans la fonction publique, mais il indique qu’il veut négocier avec les syndicats de nouvelles mesures de « gains d’efficience » pour s’assurer que la rémunération dans la fonction publique est « raisonnable et abordable » et qu’elle est « semblable à celle offerte par d’autres employeurs des secteurs privés et publics ».

Après les abolitions de postes, le gouvernement Harper a désormais dans sa mire les relations de travail, la gestion de l'invalidité, les congés de maladie des employés et les avantages sociaux des pensionnés de la fonction publique.

Une attaque frontale contre le Québec

Le ministre des Finances du Québec Nicolas Marceau a parfaitement raison lorsqu’il parle d’une « attaque frontale contre le Québec » et d’une entreprise de « sabotage économique ».

Surtout, qu’au même moment, le budget fédéral prévoit près d'un milliard de $ pour l'économie du sud de l'Ontario. Tant mieux si les travailleurs de l’Ontario peuvent en profiter, mais il devient de plus en plus évident que les travailleurs québécois écopent doublement des politiques fédérales. D’abord, en tant que travailleurs, mais également en tant que Québécois.

Avec la réforme proposée de la formation de la main-d’œuvre, on voit également ce que valent les fameuses « ententes administratives » entre Québec et Ottawa, tant vantées par les libéraux et les caquistes comme substituts à des réformes constitutionnelles.

Le budget fédéral est une nouvelle preuve de la marginalisation du Québec au sein du Canada. Harper sait qu’il peut être reporté au pouvoir à la tête d’un gouvernement majoritaire sans le Québec, à la condition de dorloter sa principale base électorale : le sud de l’Ontario.

Cela est d’autant plus vrai que la refonte de la carte électorale fédérale prévoit l’ajout de 27 nouvelles circonscriptions au Canada anglais et seulement trois au Québec.

Un gouvernement majoritaire sans le Québec, c’est maintenant dans l’ordre des choses. À nous d’en tirer les leçons qui s’imposent.|Après la loi sur la « transparence syndicale », la réforme de l’assurance-emploi, Harper s’attaque maintenant à la formation des travailleurs et aux fonds des travailleurs du Québec
4434|4516|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-03-22 07:09:35|Maude Messier|

L’AFPC-Québec dénonce les pressions politiques à Radio-Canada

Montréal – Ce lundi, le bureau chef du code publicitaire de Radio-Canada a fait savoir à l'Alliance de la Fonction publique du Canada, région du Québec, que sa vidéo « Harper vous souhaite bon appétit » ne pourra être diffusée dans quelque émission que ce soit des sites radio-canada.ca et TOU.TV.

Cette vidéo, première d’une série de quatre, dénonce les compressions de 56 millions $ imposées par le gouvernement Harper à l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Vendredi après-midi, alors qu’en matinée elle acceptait toujours de diffuser la publicité, la société d’État a justifié sa décision ainsi : « Nous estimons que la diffusion de la publicité sur nos plateformes risquerait de donner l'impression que la Société Radio-Canada est une partie ou est associée directement ou indirectement aux enjeux dans ce débat public sur le budget fédéral. » Notamment en raison du fait que Radio-Canada subit elle-même d’importantes coupures budgétaires.

La vice-présidente exécutive de l'AFPC-Québec, Magali Picard, dit comprendre les motivations de Radio-Canada, mais estime que son indépendance doit être remise en question si la politique pèse si lourd dans ses décisions. « On peut même parler, je crois, de pression politique, ne serait-ce qu'indirecte. »

Le syndicat explique que cette campagne web portant sur les compressions budgétaires dans les services publics fédéraux en est une d’information et que la population est en droit de connaître les conséquences des compressions du gouvernement conservateur.

« (…) les citoyens ont le droit de savoir qu'en raison des coupes, nous sommes revenus au même nombre d'inspecteurs en salubrité alimentaire qu'avant la crise de la listériose en 2008 et que c'est dangereux pour leur santé », explique Mme Picard.

L’organisation espérait pouvoir atteindre un plus large public en diffusant sa vidéo sur radio-canada.ca et TOU.TV.

Aucun contrat de diffusion n’avait été formellement signé, mais le porte-parole de l’AFPC-Québec a confirmé à l’aut’journal qu’il y avait une entente verbale et que le contrat était sur le point d’être signé.

« Ils avaient vu l’ébauche du clip et connaissaient le concept. La diffusion était autorisée, à l’exclusion des bulletins de nouvelles et des émissions d’affaires publiques. »

Pour voir la vidéo : ici. 

Êtes-vous un ami de Radio-Canada?

À propos des coupures à SRC, les Amis de Radio-Canada lançaient cette semaine la première d'une série de trois capsules vidéo à propos du financement accordé au seul diffuseur public canadien : ici.

***

Sur les étages : incursion chez les infirmières

Montréal – Présenté en première aux Rendez-vous du cinéma québécois, le film de Sylvie Groulx, Sur les étages (Amazone Film, 2013) a été diffusé ce jeudi sur RDI et devrait être disponible pour visionnement sur TOU.TV.

Construit autour de Sissy, une jeune infirmière qui travaille sur les différents étages d’un hôpital, le film trace un portrait de la profession infirmière, vue de l’intérieur. Au cœur de l’évolution et de la mutation du métier, demeure toujours la vocation des infirmières à prendre soin de l’autre.

Pour de nombreux compléments d’information, des statistiques et des entrevues, un webdocumentaire est aussi disponible en ligne

***

Assurance-emploi : Lanaudière se mobilise

Lanaudière – Manifestation et piquetage symbolique à Joliette ce lundi pour annoncer la création de la Coalition Lanaudière contre la réforme de l’assurance-emploi.

La cause réunit différents acteurs au sein de cette coalition régionale : CSN, CSQ, FTQ, SFPQ, Action Dignité Lanaudière, Action populaire des Moulins, Association des travailleurs et travailleuses accidentés du Matawin, Groupe d’entraide en toute amitié, Groupe d’information et de défense des droits sociaux et Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière.

La coalition réclame que le gouvernement conservateur retire la réforme, tienne des consultations publiques sur les changements à apporter au programme d’assurance-emploi et mène des études d’impact.

Un plan de mobilisation régionale a également été dévoilé. Les partenaires promettent « beaucoup de surprises à ceux qui font la promotion de telles politiques d’austérité antitravailleurs ».


Mauricie

Des opérations de piquetage symbolique sont aussi prévues ce samedi 23 mars, à Trois-Rivières.

Outre le retrait de la réforme, les organisations présentes souhaitent aussi mettre l’accent sur l’arrivée d’un nouveau Tribunal de la sécurité sociale, qui remplacera les conseils arbitraux, dès le 1er avril.

Les conseils arbitraux étaient des « instances paritaires, efficaces et conviviales, où les travailleuses et les travailleurs étaient formellement représentés ». Une seule personne prendra désormais les décisions au nouveau tribunal, ce qui minera l’accès à la justice soutiennent-elles.

Pour suivre les activités de la Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi : ici.

***


Avocats des centres jeunesse : un travail de seconde catégorie?

Montréal – Les avocats des centres jeunesse ont manifesté lundi dernier devant le Tribunal de la jeunesse de Montréal, réclamant la parité salariale avec leurs collègues de la Couronne, de l'aide juridique et des autres organismes gouvernementaux.

Des manifestations ont aussi eu lieu ailleurs au Québec, notamment à Saint-Jérôme, à Joliette et à Longueuil.

En 2011, les procureurs de la Couronne ont obtenu une bonification salariale de 15 %. Depuis, cette augmentation a été accordée aux juristes de l'État, aux avocats de l'aide juridique et à ceux des autres organismes relevant de l'État québécois.

De l'ensemble des avocats du secteur public provincial, seuls les 120 avocats des centres jeunesse n'ont pas obtenu le même redressement salarial.

Même si les conventions collectives de ces derniers n’arrivent à échéance qu’en mars 2015 (puisqu’ils relèvent du réseau public de la santé, à la différence de leurs collègues), des négociations sont en cours avec le conseil du Trésor pour obtenir un redressement salarial.

À la CSN, on fait valoir que les avocats des centres jeunesse ont historiquement toujours été à parité salariale avec leurs collègues.

« Quel message le gouvernement envoie-t-il aux avocats qui ont pour responsabilité de faire appliquer la Loi sur la protection de la jeunesse?, s'interroge Line Beaulieu, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Qu'ils ne méritent pas les mêmes conditions de travail que leurs collègues? »

La CSN représente une centaine d’avocats dans onze centres jeunesse du Québec.

***


Persepolis banni des écoles

Chicago – La semaine dernière, une directive du Chicago Public Schools (CPS), adressée aux directions d’école, bannissait complètement Persepolis des établissements scolaires.

L’ouvrage autobiographique de Marjane Satrapi, qui a aussi donné naissance à un film d’animation prisé et notamment oscarisé en 2008, raconte l’histoire d’une jeune fille qui grandit au cœur de la révolution islamique en Iran. Le livre traite de la liberté d’expression, de la tyrannie du gouvernement, de l’austérité des politiques et de la censure.

Le CPS a justifié sa décision par la présence de scènes de torture dans le livre graphique qui ne convenaient pas aux étudiants. D’autres y voient plutôt une forme de censure, particulièrement malvenue en milieu scolaire.

Le syndicat des enseignants (Chicago Teachers Union), les étudiants, les parents ainsi que différentes associations militant contre la censure ont interpellé le CPS sur cette décision controversée.

Le CPS a finalement abandonné le bannissement complet de Persepolis; le livre sera retiré des classes de septième année, mais demeurera disponible dans les bibliothèques scolaires.

Le Chicago Huffington Post nous informait la fin de semaine dernière que quelque 160 écoles publiques de la ville n’ont pas de bibliothèque.

Décidément, le CPS multiplie les bavures ces temps-ci. D’abord, il y a la controverse sur la multiplication des fermetures d’écoles publiques (et de la multiplication d’ouvertures d’écoles à chartes). Puis, il y a deux semaines, la directrice des communications, Becky Carroll, laissait entendre que 40 élèves dans une classe est un nombre acceptable.

Pour un résumé des événements : ici.

Pour suivre le dossier des fermetures d’écoles publiques à Chicago : Chicago Teachers Union.

***

Discrimination au travail en hausse

France – Le sociologue Jean-François Amadieu, spécialiste des organisations du travail, vient de publier un ouvrage qui dresse un portrait inquiétant des pratiques de gestion en France : DRH, le livre noir (Seuil).

La prémisse du livre est que la crise a accentué les discriminations sur le marché du travail, faisant resurgir des pratiques discriminatoires pourtant en baisse avant 2008. Ainsi, l’âge, l’apparence physique, l’engagement syndical et l’appartenance sociale freinent et même bloquent le recrutement, les augmentations de salaire ou l'évolution de carrière.

Pour lire l’entrevue du journal Le Monde : ici. 

|L’AFPC-Québec dénonce les pressions politiques à Radio-Canada; Sur les étages : incursion chez les infirmières; Assurance-emploi : Lanaudière se mobilise; Avocats des centres jeunesse : un travail de seconde catégorie?; Persepolis banni des écoles; Discrimination au travail en hausse
4435|4517|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose et l’expérience du FLQ|2013-03-22 07:23:47|Pierre Dubuc|

En octobre 1987, Paul Rose accordait une longue entrevue à l’aut’journal au cours de laquelle il revenait sur l’expérience du FLQ. Nous en reproduisons des extraits :

« Pour Paul Rose, il est impossible de comprendre le FLQ sans le resituer dans le contexte des années ’60 et ’70 et des particularités de la société québécoise. ‘‘ Nous faisions alors face à un problème majeur au Québec. On n’avait pas d’expérience de formation politique vraiment progressistes, ayant une longue tradition de lutte’’. Selon Paul Rose, cette absence a conduit les militants de l’époque à tenter différentes expériences dont celle d’un mouvement clandestin comme le FLQ.

Mais le RIN ne se voulait-il pas cette organisation politique? Pour Paul Rose, c’était une tentative mais, ajoute-t-il, ‘‘ il n’y avait pas vraiment d’intégration de l’aspect émancipation sociale dans le programme du RIN. Il y avait des éléments, mais de programme intégré.’’

(…)

Le FLQ avait lié ces deux aspects dans son célèbre manifeste lu sur les ondes de Radio-Canada et l’impact considérable qu’il avait eu sur la population avait incité le gouvernement à changer de tactique et à recourir à la répression avec la Loi des mesures de guerre.

Paul Rose reconnaît que si le FLQ avait réuni les deux aspects de notre oppression au plan du discours, ce ne l’était pas au point de vue organisationnel. ‘‘ Le FLQ était une organisation clandestine avec les limites de tout mouvement clandestin. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Le FLQ était un mouvement clandestin et non un mouvement de lutte armée. Le but du FLQ n’était pas de prendre le pouvoir, mais d’accentuer ou d’accélérer des luttes déjà existantes de partis comme le RIN ou d’autres mouvements politiques, parce que ceux-ci étaient dans un cul-de-sac.

‘‘ Le FLQ visait aussi une conscientisation large de la population et a utilisé les moyens qui étaient les siens parce que les voies démocratiques étaient bloquées. Les manifestations étaient interdites, la police perquisitionnait les groupes populaires, au plan électoral, il y avait eu le coup de la Brink’s’’.

Il n’y a pas trente-six solutions, selon Paul Rose. Ce qui manquait à l’époque fait toujours défaut. Un parti populaire, capable de lier lutte d’émancipation sociale à lutte de libération nationale, un parti, non pas créé artificiellement, mais enraciné dans les luttes, un parti capable de transmettre notre expérience historique de lutte. ‘‘ Le temps est venu, conclut Paul Rose, d’œuvrer dans tous les coins du Québec à la création d’un tel parti politique. Sinon, nos enfants ou les enfants de nos enfants risquent d’être amenés à repasser par où nous sommes passés…’’ »

L’aut’journal, no. 57, octobre 1987

|Extraits d’une entrevue accordée à l’aut’journal en octobre 1987
4436|4518|authebdo|L'aut'hebdo - 22 mars 2013|2013-03-22 08:30:19|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre

PAUL ROSE 1943-2013

À Montréal, le 14 mars 2013, à l’âge de 69 ans, est décédé M. Paul Rose, conjoint de Mme Andrée Bergeron. M. Rose a travaillé plus de 25 ans à la CSN.

Outre sa conjointe, il laisse dans le deuil ses enfants Félix et Rosalie, son frère Jacques (Céline), ses sœurs Lise, Suzanne, Claire (Blair), ses beaux-frères, belles-sœurs, plusieurs neveux et nièces et tous les autres membres des familles Rose et Bergeron ainsi que ses collègues et amis.

La famille vous accueillera pour les condoléances ce vendredi 22 mars 2013 de 13h à 17h et de 19h à 22h.

Résidence funéraire Curé-Poirier
635, boul. Curé-Poirier Ouest
Longueuil (Québec)
J4J 2H8

HOMMAGES À PAUL ROSE

Paul Rose et l’expérience du FLQ
Extraits d’une entrevue accordée à l’aut’journal en octobre 1987
par Pierre Dubuc

Paul Rose, une vie d’engagement pour la justice sociale
Mon père avait noué avec cet homme bon, doux, cultivé, réfléchi et courageux une sincère amitié
par Suzanne-G. Chartrand

Paul Rose : le vrai bilan
Il n’a pas bronché ou tenté de sauver sa peau; au contraire, il a choisi la solidarité
par Glenda Wagner


COUPS DE GUEULE

Budget Flaherty : un budget anti-travailleur et anti-Québec
Après la loi sur la « transparence syndicale », la réforme de l’assurance-emploi, Harper s’attaque maintenant à la formation des travailleurs et aux fonds des travailleurs du Québec
par Sylvain Martin


Quand Aniaise niaise encore !
Après les plaines d’Abraham et l’amphithéâtre à Labeaume
par Michel Rioux


LANGUE

Le non-sens des villes à statut bilingue
Leur existence était prévue dans le cadre d’un affichage commercial en français seulement
par Charles Castonguay

Le français langue commune
Mémoire du SPQ Libre à la commission parlementaire sur le projet de loi 14
par SPQ Libre


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
L’AFPC-Québec dénonce les pressions politiques à Radio-Canada; Sur les étages : incursion chez les infirmières; Assurance-emploi : Lanaudière se mobilise; Avocats des centres jeunesse : un travail de seconde catégorie?; Persepolis banni des écoles; Discrimination au travail en hausse
par Maude Messier

Le syndicalisme est-il toujours pertinent ?
J’ai été surpris de constater qu’il n’y avait pas foule pour représenter l’école aux réunions syndicales. J’ai sauté sur l’opportunité
par Jean-Simon Carrier


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Troisième tentative de réforme de la Loi sur les mines
Mettre fin, une fois pour toutes, à la préséance des droits miniers
par Québec meilleure mine !


INTERNATIONAL

Honduras : un escadron de la mort sème la terreur
Fraîchement entraîné par le Commandement des opérations spéciales du Commandement Sud de l’armée des États-Unis (SOCSOUTH)
par André Maltais


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

Mario Beaulieu réélu par acclamation
Pour un 3e mandat à la SSJB de Montréal

Le républicanisme comme gouvernement responsable
Yvab Lamonde et Jonathan Livernois, Papineau : Erreur sur la personne, Montréal, Boréal
par Julien Beauregard


ENVIRONNEMENT

Important déversement de résidus miniers, mine Québec Lithium (Abitibi)
Québec meilleure mine demande une totale transparence
par Québec meilleure mine !

Val-Jalbert : Il est plus que temps d’agir!
Lettre à Mme Pauline Marois, première ministre, ainsi qu’à tous ses ministres et députés
par Marie Néron

Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4437|4519|Accueil_Analyses Politique_Québec|L’assurance autonomie entraînera-t-elle une privatisation accrue ?|2013-03-25 08:15:59|Jacques Fournier|

L’auteur est responsable du dossier santé à l’Association québécoise de défense des droits des retraités (AQDR)

Contribution au panel du colloque de l’Association québécoise de gérontologie (AQG) sur l’assurance autonomie. Drummondville, le 22 mars 2013. Les panelistes pouvaient poser chacun une question au ministre Réjean Hébert à la suite de la présentation par le ministre de son projet.



Question au ministre M. Réjean Hébert

Monsieur le ministre,

Ma question porte sur la qualité des services qui seront offerts dans le cadre de l’allocation de soutien à domicile (ASA). Pour nous, à l’AQDR, la question de la qualité des services offerts est importante. Le personnel doit être bien formé, bien encadré, rémunéré de façon à ce que le taux de rotation ne soit pas trop élevé, etc. Nous nous demandons si une dispensation plus importante des services par le secteur privé nous permettrait d’atteindre les standards de qualité que nous recherchons.

Nous avons lu – et vous avez probablement lu vous aussi – des études qui vérifient si la qualité des services offerts dans le public et dans le privé sont équivalents. Une recherche, menée par Margaret McGregor et Lisa Ronald de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), publiée en 2011, démontre qu’il y a davantage de chances d’avoir des services de moins bonne qualité dans les établissements privés de soins aux aînés, que dans les établissements publics (1). Attention : la conclusion de l’étude est subtile. Les chercheures ne disent pas que les services ne sont pas bons dans le privé et bons dans le public. Elles disent qu’il y a plus de chance (ou de malchance !) d’avoir des services de moins bonne qualité dans les établissements privés. Il y a toute une littérature scientifique, aux États-Unis et en Europe, qui va dans le même sens.

Le cas des ressources intermédiaires, qui sont des ressources privées à contrat, est éclairant à cet égard. Une place y coûte annuellement environ 35 000 $ comparativement à 60 000 $ dans un CHSLD. L’une des raisons, ce n’est pas la seule, c’est que le personnel y gagne autour de 12 $ de l’heure comparativement à environ 18 $ dans les CHSLD. Évidemment, le taux de rotation du personnel est plus élevé dans les RI, avec tous les effets négatifs que l’on connaît sur la continuité des services. Les RI constituent une manière de privatisation car une bonne partie de leur clientèle était auparavant orientée vers les CHSLD, c’est-à-dire les personnes requérant entre deux et trois heures de soins par jour. Bref, l’assurance autonomie va-t-elle elle aussi conduire à davantage de privatisation des services publics ?

Nous avons un préjugé favorable à l’économie sociale et aux EESAD (entreprises d’économie sociale en aide domestique) mais force est de constater que la quasi-non-indexation du Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique (PEFSAD) depuis 1996 ne crée pas des conditions pour une rémunération raisonnable du personnel, avec tout ce que cela entraîne, là aussi, comme taux de rotation élevé du personnel et autres effets négatifs. Les EESAD ne permettent pas, très souvent, aux femmes qui y travaillent à temps plein de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté. C’est aussi le cas des RI.

La possibilité que l’allocation de soutien à l’autonomie (ASA) soit versée sous forme de chèque emploi-service est particulièrement inquiétante. Si cette formule plait aux personnes handicapées (ayant des limitations fonctionnelles), elle risque d’être très compliquée à gérer pour des personnes âgées en perte d’autonomie. La personne âgée doit elle-même recruter et encadrer son employée. C’est une formule qui ne garantit pas la qualité de la formation du personnel et qui maintient les prestataires de services, surtout des femmes, sous le seuil de la pauvreté. Au fond, monsieur le ministre, il faudrait, à chaque fois, se poser la question : est-ce ce telle ou telle modalité de mise en oeuvre de l’assurance autonomie va, concrètement, favoriser ou non la création de ghettos d’emplois féminins sous-payés ?

Nous avons constaté avec plaisir que vous avez annoncé qu’il n’y aura plus de construction de CHSLD et de CH en PPP, projets qui se sont avérés très coûteux.

Nous avons appris avec plaisir également que le contrat de la clinique privée Rockland MD avec l’hôpital Sacré-Coeur ne sera pas renouvelé. Rappelons que les médecins de cette clinique s’empressaient de facturer divers coûts aux patients jusqu’à ce que la RAMQ mette fin à ces illégalités.

Nous aimerions, monsieur le ministre, que vous nous donniez l’heure juste concernant la position de votre ministère face à cette question de la privatisation, en lien avec la qualité des services. Notre question : entendez-vous mener à ce propos des politiques différentes du précédent gouvernement ? Allez-vous adopter, concernant la privatisation et la qualité des services, des positions basées sur les meilleures données scientifiques à ce sujet ?


Intervention lors du panel

Merci à l’AQG d’avoir invité l’AQDR au colloque. L’AQDR a environ 36 000 membres et 47 sections. Nous avons presque le même âge que l’AQG, à un an près (notre fondation date de 1979).

Nous sommes en faveur de l’assurance autonomie que nous voyons comme une formule favorisant le transfert des services d’hébergement vers des services de soutien à domicile. C’est un appui de principe seulement. Il faudra voir les modalités concrètes, le diable est souvent dans les détails. Et surtout, il faut se donner une garantie de services de qualité, en fonction des conclusions de l’étude de l’IRPP mentionnée plus haut.  Question à 60 000 $ : « À cause du vieillissement, avons-nous les moyens d’avoir des services publics de qualité, accessibles et en quantité suivante dans le cadre de l’assurance autonomie ? »

Le professeur émérite Lee Soderstrom, de l’Université McGill, répondrait probablement oui. M. Soderstrom a été le premier économiste au Québec, à ma connaissance, à avoir démoli rigoureusement le mythe que le vieillissement est une catastrophe économique et qu’elle nous rend impuissants collectivement. Il a été suivi de plusieurs autres qui ont bien illustré que les élites économiques dominantes véhiculent un discours non scientifique mais qui leur est favorable. Ce discours, c’est que l’impact du vieillissement nous contraint à regarder le secteur privé comme étant LA seule et unique et merveilleuse solution puisque le secteur public n’arrivera nécessairement pas à donner des services suffisants. Pour ces élites économiques, il est essentiel que le vieillissement soit perçu comme une menace.

Des économistes ont pourtant bien démontré que les trois causes principales de la croissance des coûts dans le secteur de la santé sont les médicaments, la rémunération des médecins (qui a explosé, littéralement) et la technologie. Le vieillissement contribue pour une très faible part à la hausse des coûts (2).

La phrase passe-partout « à cause du vieillissement, on n’a pas le choix de… »  nous stérilise et nous rend impuissants comme citoyens. Des services publics de qualité, accessibles et en quantité suffisante, c’est un choix de société (3).



Les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD)

J’aimerais maintenant aborder avec vous la question des EESAD que ma collègue sur ce panel Marie-Claude Gasse va également commenter avec le dynamisme qu’on lui connait. Je le disais plus haut : j’ai un préjugé favorable à l’économie sociale. J’ai été personnellement co-fondateur d’une EESAD à Longueuil en 1998. J’ai siégé à son c.a. durant plusieurs années.

Parlons d’abord de l’accessibilité aux services. Plusieurs de nos membres, à l’AQDR, nous ont dit : à chaque fois que les tarifs augmentent (malgré le fait que grâce au programme PEFSAD (4), les plus démunis paient un coût peu élevé), nous devons diminuer les services demandés. On passe d’un ménage aux deux semaines à un ménage par mois, par exemple. Il y a un impact réel de la tarification sur la quantité des services que les usagers peuvent s’offrir. Un ménage par mois, est-ce suffisant dans le cadre d’une politique de soutien à domicile ?

Le ministre nous a annoncé tantôt qu’il veut élargir le panier de services des EESAD pour y inclure les activités de vie quotidienne (AVQ, bains, etc.). Si ce service est entièrement payé par le CSSS, dans le cadre d’un sous-contrat, il sera accessible aux usagers (mais alors, si ce CSSS a des auxiliaires familiales et sociales à son emploi, elles sont protégées par une accréditation syndicale et l’employeur ne peut agir illégalement hors du cadre de nos lois du travail en donnant des sous-contrats sous-payés – problème en vue : art. 45 du Code du travail). Si ce service d’AVQ n’est pas payé entièrement par le CSSS, nous assistons alors à un recul de l’accessibilité car les services des auxiliaires familiales et sociales (ces personnes si appréciées) sont actuellement gratuits. Nos membres nous diront-ils : je dois passer d’un bain aux deux semaines à un bain par mois parce que les tarifs ont encore augmenté ?

J’aborde maintenant la question de la mission des EESAD et des conditions de travail des employées. Dans ce dossier, j’estime, et je ne suis pas le seul, avoir été piégé et trahi par les divers gouvernements depuis 1996 (et non pas trahi par les EESAD elles-mêmes). Au Sommet socioéconomique de 1996, il y avait eu un accord explicite entre le gouvernement et la société civile. On avait appelé cela le « consensus de 1996 » (voir les travaux du professeur Yves Vaillancourt, j’ai été associé à son équipe de recherche en économie sociale pendant plus de 10 ans). Ce consensus : la création des EESAD ne doit pas favoriser la substitution d’emplois décemment rémunérés du secteur public (les auxiliaires familiales) par des emplois sous-rémunérés du secteur de l’économie sociale. L’annonce faite tantôt par le ministre, d’élargir le panier de services des EESAD, constitue un reniement de cet engagement du Sommet de 1996, pourtant présidé par un premier ministre péquiste bien connu, M. Lucien Bouchard.

Deuxième trahison : le Sommet de 1996 s’était engagé à ce que les emplois créés dans les EESAD permettent aux femmes qui y travaillent une semaine complète d’avoir un salaire qui les situe au-dessus du seuil de pauvreté. Malheureusement, comme les gouvernements qui se sont succédés depuis 1996 n’ont jamais indexé suffisamment le PEFSAD, les EESAD sont très rapidement devenues des ghettos d’emplois féminins sous-payés. Les politiques gouvernementales dans ce secteur créent de la pauvreté. Je garde un goût amer de cette expérience, où de nombreuses personnes ont investi tant d’énergies, car il me semble que lorsque des consensus sociaux sont négociés de bonne foi entre le gouvernement et la société civile, il est important qu’ils soient respectés. Ai-je envie dorénavant, comme citoyen, de m’engager dans de tels exercices de dialogue piégé ?


Le printemps érable

Quelques mots maintenant sur le printemps érable, pour terminer. Le printemps érable, on le sait, ce n’était pas seulement la question des droits de scolarité. C’était la dénonciation de l’enrichissement des banques, des abris fiscaux, de la corruption et de la collusion d’une partie du monde politique, de l’exploitation éhontée des richesses naturelles sans que la population en bénéficie réellement, de la destruction de l’environnement, de la concentration malsaine des médias et d’un système électoral peu représentatif de la variété des courants de pensée. C’était aussi et surtout la dénonciation de l’augmentation des écarts entre les hauts et les bas revenus. Nous avons vu hier, lors de l’une des présentations, que les inégalités sociales de santé constituent un problème majeur. Le printemps érable a fait souffler un peu d’air frais sur nos vieux os. Il ne faudrait pas nous rendormir. Merci de votre attention.

|Contribution au colloque de l’Association québécoise de gérontologie
4438|4520|Société Manchettes|Liza Frulla quitte ENFIN Radio-Canada mais…|2013-03-25 08:27:20|Martin Lachapelle|

Deux nouvelles. La bonne est que Radio-Canada a finalement annoncé le départ de la commentatrice politique Liza Frulla, qui avait provoqué la colère des auditeurs en se permettant de commenter la demande d’enquête sur des contrats reçus par la firme de son conjoint, André Morrow, trois semaines avant que ce publicitaire soit cité à la commission Charbonneau.

La mauvaise nouvelle est que cette décision inévitable, et déjà trop tardive, face à ce conflit d’intérêts évident, relèverait de Mme Frulla et non de la société d’État.

Récapitulons : le 21 février dernier, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, soupçonnant une affaire de copinage, convoquait les médias pour exiger une enquête sur des contrats d’une valeur totale d’environ 3 M$ octroyés sans appel d’offres, entre 2006 et 2011, par la ville de Montréal et l’administration de l’ancien maire démissionnaire, Gérald Tremblay, à deux firmes de communications : Octane Stratégies / Groupe CJB (2,5 M$) et Morrow Communications (439 000$), propriété du conjoint de Liza Frulla.

(Morrow Communications est à l’origine de la campagne de marketing très douteuse concernant la promotion du vélo Bixi à partir d’un blogue alimenté… par des personnes fictives. Cette pratique, l’astroturfing, n’est pas illégale au Canada mais elle le serait ailleurs dans le monde puisqu’elle soulève des questions éthiques.)

Immédiatement après la conférence de presse diffusée à RDI, lors de l’émission Le club des ex, le sujet revint alors inévitablement sur le tapis. Et ce qui devait arriver arriva : Liza Frulla s’est entêtée à se mettre en conflit d’intérêts direct pour « défendre » son Roméo en commentant un dossier sur lequel l’animateur, Simon Durivage, lui avait pourtant gentiment ordonné de se la boucler. Et à plus d’une reprise !

Quatre jours plus tard, le 25 février, à son retour en ondes, Liza Frulla faisait des excuses pour répondre aux plaintes des auditeurs.

Faut croire que, pour Radio-Canada, faute avouée, faute totalement pardonnée, même en situation de conflit d’intérêts, puisque Liza Frulla a pu ensuite continuer à commenter la politique comme si rien ne s’était passé. Du moins jusqu’à ce que l’entreprise de son conjoint soit évoquée de nouveau, cette fois à la commission Charbonneau, au sujet des dons illégaux aux partis municipaux et provinciaux.

En effet, la semaine passée, le 14 mars, le procureur en chef adjoint, Me Denis Gallant, déposait en preuve une facture de Morrow Communications. Le problème est qu’il s’agirait d’une « fausse facture », selon le témoin interrogé, Yves Cadotte, vice-président principal de SNC-Lavalin.

Comme le mentionnait également Stéphane Baillargeon, du journal Le Devoir, dans un article très pertinent publié le 16 mars, rappelons que : « le stratagème comptable exposé jusqu’ici aurait permis de blanchir de l’argent ensuite remis en pots de vin ou pour le financement illégal des formations politiques ».



La Société Radio-Canada et son code d’éthique très élastique sur les conflits d’intérêts

Le chroniqueur du Devoir, dans son texte paru le lendemain de l’annonce du départ de Liza Frulla, a aussi rapporté les propos du directeur des relations publiques de la SRC qui, en précisant d’abord que « c’est vraiment sa décision » (à elle), est venu confirmer que la direction n’aurait eu aucun problème de conscience à la garder en ondes !

Heureusement que Mme Frulla aurait apparemment eu la présence d’esprit de se retirer, par elle-même, pour éviter d’être accusée de conflits d’intérêts, et « par respect pour le public et ses collègues », même si le mal était déjà fait !

Autrement, et s’il n’en tenait qu’à la direction, le public aurait encore été poigné à l’écouter « défendre » son conjoint et ses p’tits amis libéraux, en déblatérant contre une commission Charbonneau à laquelle elle s’est toujours objectée, sous prétexte que « seulement six spectateurs nous ont indiqué qu’ils estimaient que Liza Frulla ne pouvait plus continuer » (son travail de commentatrice politique), selon le directeur des relations publiques de la SRC.

« Seulement six spectateurs… estimaient »… Je suis le 7ème et je me permets non pas d’estimer mais bien de trancher que ce genre de réponse de la direction est de nature à lui faire perdre toute mon estime.

Car j’ignorais que les boss de Radio-Canada étaient dépourvus de jugeote au point d’avoir besoin que le public mécontent gagne un référendum de plaintes avec un taux de participation de 99 %, pour arriver à faire la différence entre le bien et le mal en terme d’éthique journalistique.

Et le comble dans tout ça, c’est que Radio-Canada a pourtant un code de Normes et pratiques journalistiques très strict, comme le mentionnait le chroniqueur Stéphane Baillargeon : «La confiance du public est notre capital le plus précieux. Nous évitons de nous placer en situation de conflit d’intérêts réel ou potentiel. Cela est essentiel au maintien de notre crédibilité »

N’importe quoi. Devons-nous encore rappeler que Radio-Canada est en conflit d’intérêts direct depuis que la société d’État a perverti son mandat de neutralité en décidant de converger avec Gesca ? Et cette relation incestueuse entre « notre » diffuseur public et les faiseurs d’opinion politique de cet empire privé de propagande libérale, fédéraliste, droitiste, et « Power Corporationniste » dure malheureusement depuis plus de 10 ans !

Rendu là, je ne suis pas étonné de voir que « Radio-Gesca-nada » n’a eu aucun cas de conscience en réengageant une bonne vieille libérale comme Liza Frulla, en 2007, alors qu’elle et son conjoint publicitaire furent pourtant éclaboussés par les scandales des Commandites et d’Option Canada, bien qu’aucun député ou ministre député n’a été condamné.

La réalité est quand même que la démocratie a été violée, avant et après le référendum volé de 1995, par le camp fédéraliste à la tête duquel siégeaient Jean Charest et Liza Frulla, à la vice-présidence du Comité du NON.

Si Radio-Canada évitait vraiment de se placer en situation de conflit d’intérêts, Liza Frulla n’aurait jamais due se faire réengager, comme employée tout court et surtout comme commentatrice politique, par un diffuseur public sérieux pour qui « la confiance du public est (apparemment) notre capital le plus précieux ».

Si Radio-Canada évitait vraiment de se placer en situation de conflit d’intérêts, Liza Frulla n’aurait jamais due pouvoir commenter la politique municipale et le travail de l’administration de l’ancien maire de Montréal et ex-ministre libéral, Gérald Tremblay, un ami personnel qui, depuis 2001, a aussi la particularité de donner de beaux contrats au conjoint de Mme Frulla.

Bref, si Radio-Canada évitait vraiment de se placer en situation de conflit d’intérêts, comme elle le prétend dans son p’tit code d’éthique super élastique, Liza n’aurait même jamais due se trouver sur le plateau du Club des ex lorsque le dossier de la demande d’enquête sur des contrats obtenus par l’entreprise de son conjoint fut abordé.

Disons-nous les vraies affaires : Radio-Canada a peut-être demandé à Liza Frulla de partir, en voulant lui éviter l’humiliation d’un congédiement. Erreur et traitement de faveur, car elle aurait due être flushée dès sa sortie déplacée. D’autant plus qu’elle a alors fait preuve d’insubordination envers un animateur ayant toujours eu beaucoup de mal à la contrôler.

Partie « d’elle-même », Frulla a donc profité d’un luxe que n’auront pas eu d’autres anciens employés poussés cavalièrement vers la sortie, bien que pourtant infiniment plus compétents et pertinents. On pense à Normand Lester et François Parenteau, deux vilains souverainistes surtout bannis de la SRC pour crime de lèse-majesté fédéraliste.

Quelle importance la direction de la Société Radio-Canada accorde-t-elle à la rigueur intellectuelle et à l’éthique journalistique ? Je l’ignore. Et je déplore que la société d’État, dans sa pyramide de valeurs et de principes, puisse être allergique à garder des souverainistes avoués et juger banal le fait de conserver à son emploi une incontrôlable commentatrice libérale s’étant délibérément placée en conflit d’intérêts.

(Je suis d’ailleurs curieux de voir ce que fera, avec « Radio-Gesca-nada » et Liza Frulla, le Conseil de presse, formé notamment par des membres de la société d’État et de Gesca, qui, en matière de conflit d’intérêts, serait très mal placé pour juger l’affaire. Et dire que Claude Poirier, chroniqueur judicaire, a déjà été blâmé, lui, pour une simple pub télé vantant, non pas un groupe de victimes, un cabinet d’avocats ou une firme de détectives privés, mais bien un simple produit alimentaire.)

|Un code d’éthique très élastique sur les conflits d’intérêts
4439|4521|Économie Manchettes Coups_de_gueule|Europe : 1600 milliards d’euros aux banques|2013-03-25 08:30:28|Léo-Paul Lauzon|

Le 22 décembre 2012, les médias nous informaient que les gouvernements des pays européens avaient versé à leurs banques la bagatelle somme de 1600 milliards d’euros (d’octobre 2008 à décembre 2011), soit 13% du PIB de l’Union européenne, afin d’aider les responsables de la crise financière de 2008, à s’en sortir.

Pendant que l’on subventionnait avec des fonds publics les banques, leurs dirigeants et leurs actionnaires, des non-élus, non redevables à personne, provenant de ces mêmes institutions financières comme le Fonds monétaire international, imposaient un train de mesures d’austérité inhumaines à leurs populations.

Les lucides de tout acabit continuent à vanter à tour de bras l’économie de marché, la concurrence, la liberté individuelle, le capitalisme et à brandir l’épouvantail du socialisme. L’État qui donne 1600 milliards d’euros en fonds publics aux banques, c’est du socialisme mais à l’envers !

Les institutions financières sont en concurrence, mais pour quémander de l’aide gouvernementale, prise directement dans les poches des chômeurs et des pauvres. L’argent ne tombe tout de même pas du ciel !

À peine moins d’un an après la crise, les banques européenne et leurs dirigeants, comme au Canada et aux États-Unis, ont recommencé à engranger des profits records, à verser aux boss des émoluments orgiaques et à devenir encore plus grosses et plus puissantes, tout cela avec l’aide d’une armée de lobbyistes, souvent d’ex-politiciens, grassement payées.

L’élite financière continue à régner en roi et maître et à prodiguer ses précieux conseils «désintéressés» aux gouvernements afin de mater cette satanée crise qui, elle, n’en finit plus pour le monde ordinaire.

Tout naturellement, au menu économique, on retrouve des mesures d’austérité « pragmatiques » et « pleines de gros bon sens », comme couper dans les services sociaux, l’assurance-emploi, les prestations aux assistés sociaux, les pensions de retraite aux vieux, et l’imposition de tarifs d’utilisation à tous les services publics, sans oublier, bien entendu, de détaxer les dominants.

Nos politiciens, bien dressés et bien élevés, leurs rendent la pareille en embauchant à gros prix des banquiers pour les conseiller sur les façons d’atténuer les effets pervers de la crise avec « sagesse » et « clairvoyance ».

Bonne nouvelle, puisque de 2011 à 2013 les banques de la zone euro ont commencé à rembourser leurs emprunts et à racheter les actions de leurs compagnies privées détenues par l’État.

Si les banquiers se portent à merveille, le monde ordinaire paie encore le prix des excès bancaires, dont aucun dirigeant n’a été tenu légalement responsable, encore moins emprisonné.

Pauvreté, chômage, dépressions et suicides, pour les individus qui ont perdu le peu qu’ils avaient, comme le laisse voir les titres de quelques articles récents de journaux : «Un quart de la population européenne est menacée par la pauvreté» (3 janvier 2013) ; «Des milliers d’Européens ont été happés par la pauvreté en 2012» (27 décembre 2012) ; «L’austérité pénalise les femmes, selon l’OCDE» (17 décembre 2012) et, enfin, «Grèce : une société traumatisée» (19 décembre 2012).

Des personnes vulnérables, victimes de canailles guidées uniquement par la cupidité, pas seulement en Grèce, mais partout en Europe, de l’Irlande à l’Espagne, de la Grande-Bretagne à l’Italie.

Mes amis, arrêtez-vous un instant et méditez sur l’horreur de ces drames vécus par des millions d’individus. Au-delà de la froideur des statistiques économiques se dissimulent des drames humains épouvantables.

Aujourd’hui, quelle surprise !, on apprend que les fameux experts non-élus, embauchés par les gouvernements, se sont trompés dans leurs calculs ! Ils ont tout simplement sous-estimé l’impact dévastateur des mesures d’austérité imposées à la population.

Tous ces économistes, fort en modélisation mathématique, avaient estimé que, pour chaque dollar de compressions des dépenses publiques, il y aurait «seulement» 50¢ de recul de leurs économies.

Dans les faits, les effets négatifs de leurs multiplicateurs budgétaires, très sophistiqués et très flyés, ont plutôt doublé, voire triplé, soit 90¢ à 1,70$.

Y’a rien là, ça pénalise seulement le monde ordinaire !

Bande d’hypocrites. Tous le savaient pertinemment ! L’important était d’aider les institutions financières et les banquiers : «Austérité, l’échec des experts. Les économistes ont sous-évalué l’impact négatif de la rigueur budgétaire» (Le Devoir, 8 janvier 2013).

Voilà la véritable nature mise à nue de ces pseudo-experts au service de la classe dominante.

Ici, au Québec, ces mêmes spécialistes prétendent, avec leur science infuse et leur condescendance notoire, qu’il faut obligatoirement augmenter les droits de scolarité, privatiser la santé, ne pas taxer les minières, privatiser nos services publics et nos instruments collectifs, appliquer le principe de l’utilisateur-payeur. Tout en prenant soin fiscalement de nos « créateurs de richesse » ! Et l’exploitation continue !

|L’État subventionne généreusement les BS bancaires responsables de la crise
4440|4522|Économie Manchettes Mouvements_syndical|Ressources minières : Au-delà des redevances : la transformation|2013-03-26 07:26:09|Daniel Roy|

L’auteur est directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ)

De savantes et nécessaires discussions ont eu lieu la semaine dernière sur les redevances minières versées à l’État par les compagnies - pour la plupart multinationales - qui exploitent nos ressources. Mais pour savoir si les Québécois tireront leur juste part du développement minier, il faut élargir le débat à la transformation.

On apprenait récemment que l’usine de boulettes de fer de la compagnie Cliff près de Sept-Îles sera fermée en juin pour une durée indéterminée, laissant sur le carreau 165 travailleurs. ArcelorMittal, qui projette d’augmenter de 15 à 24 millions par année sa capacité de production de fer à Fermont, a renoncé pour le moment à construire une nouvelle usine de bouletage et se fait tirer l’oreille depuis six ans pour moderniser son aciérie de Contrecoeur.

Pendant ce temps, une usine flambant neuve de transformation de nickel est sur le point d’entrer en opération à Terre-Neuve, pour transformer la production de la mine de Voisey’s Bay au Labrador et une entente prévoit même que l’usine continuera ses opérations après la fermeture de la mine. Cherchez l’erreur!

L’erreur, c’est que le Québec a trop longtemps hésité à mettre ses culottes et exiger des multinationales qu’elles transforment une part significative des ressources naturelles ici. Résultat : on transforme au Québec 0 % du nickel extrait de notre sol et seulement 11 % du fer.

Terre-Neuve a quant à elle fait de la construction d’une usine de transformation du nickel une condition à l’exploitation de la mine de Voisey’s Bay.

Notre autre voisin, l’Ontario, réserve quant à lui 10 % de sa nouvelle production de diamant à une taille locale , procédant par appel d’offres pour dénicher une compagnie qui traiterait ses diamants de belle façon.


De l’ambition SVP

Il est temps d’avoir un peu plus d’ambition pour nos ressources naturelles. Ça suffit le raisonnement du colonisé, déjà bien content que les multinationales daignent exploiter nos ressources et qui craint de les faire fuir en exigeant plus que des miettes.

Chaque augmentation de 10 % de la deuxième et troisième transformation métallique se traduirait par une hausse de 7500 emplois, selon l’évaluation de firme KPMG basée sur le modèle économique de l’Institut de la statistique du Québec.

Tout d’abord, le scénario évoqué par le gouvernement d’une redevance sur la valeur du minerai qui serait modulée en fonction de la valeur ajoutée aiderait déjà à arrêter l’hémorragie, alors que les minières tendent à effectuer même les étapes de première transformation outremer. Et nous suggérons que les redevances plus élevées payées par les entreprises qui exportent sans transformer soient versées dans un fonds destiné à soutenir des investissements en transformation.

Ensuite, il faut se montrer plus fermes et assujettir l’obtention d’un permis d’exploitation d’une nouvelle mine à des exigences de transformation. Nous ne sommes pas plus fous que les Terre-Neuviens! Plusieurs nouvelles ressources suscitent l’intérêt aujourd’hui comme le graphite, le lithium ou encore les terres rares. Il faut dès maintenant que l’État annonce ses couleurs et se donne les moyens légaux de négocier serré la transformation au Québec.

Il y a moyen aussi de transformer le fer, première ressource minérale extraite en volume, qui entre dans la composition d’une multitude de produits. Notons d’ailleurs que depuis 2013, le Canada importe davantage d’acier de plus qu’il n’en consomme, un écart de 3 millions en 2012.

Le secteur manufacturier a connu un déclin inquiétant depuis 10 ans, passant de 23,6 % du PIB en 2000 à seulement 16,3 % en 2010 et pourrait fléchir jusqu’à 13,5 % en 2015, selon des données de la firme Deloitte. En développant intelligemment des filières stratégiques, la transformation des ressources naturelles peut donner une impulsion pour la relance du secteur manufacturier.

|Une usine flambant neuve de transformation de nickel est sur le point d’entrer en opération à Terre-Neuve
4441|4523|Manchettes Mouvements_syndical|Changement de cap : La FIQ va « parler finance »|2013-03-26 07:40:48|Maude Messier|

« Auparavant, la directrice des soins infirmiers jouait un rôle majeur. Ses recommandations étaient écoutées. Désormais, elle est confinée à un rôle conseil. C’est la finance qui a le rôle décisionnel central », déclare Régine Laurent, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui soutient que ce glissement dans les pratiques de gestion est à l’origine de bien des maux dans le réseau de la santé.

Dans une entrevue accordée à l’aut’journal, elle déplore que, depuis la création des centres de santé et de services sociaux (CSSS), l’organigramme du réseau a changé, faisant en sorte que « nos vis-à-vis dans les établissements, ce sont maintenant les gens de la finance, pas la direction des soins infirmiers ou la direction des ressources humaines. Et ces gens-là parlent un langage financier, ils ne comprennent pas l’organisation du travail ».

Mme Laurent affirme, par exemple, avoir eu connaissance d’un projet de réorganisation, mené en collaboration avec une firme privée, de pratiques de travail dans une salle d’opération sans que ne soit consultée la direction des soins infirmiers, responsable de la dispensation, de l’organisation des soins infirmiers et du respect des pratiques professionnelles, en conformité, notamment, avec les codes de déontologie.

« Nous avons dû, comme organisation syndicale, faire des représentations pour remédier à ça. Imaginez, ces gens-là ont déjà questionné le fait qu’on consulte, à plusieurs reprises, le bracelet d’identification médicale sur le bras d’un patient. Pour eux, c’est une perte de temps! »

Difficile dans ces conditions, indique-t-elle, de faire comprendre que c’est l’organisation du travail et la structure des postes qui posent problème. « Personne ne veut vraiment travailler à temps partiel, avec un statut précaire. Il faut cesser d’ouvrir des postes à deux jours par semaine. Il faut plutôt organiser le travail pour offrir des conditions de travail qui favorisent la rétention. Certaines professionnelles, comme les infirmières auxiliaires, sont mal ou sous utilisées. En fait, sur le terrain, tout semble être mis en place pour justifier le recours à la main-d’œuvre indépendante. »


Tout ce qui traîne se salit

Avant les dernières négociations du secteur public, la FIQ avait entrepris de documenter le recours à la main-d’œuvre indépendante et la part grandissante de l’argent public qui finance des entreprises privées de placement de personnel en soins infirmiers.

Le syndicat a réalisé une importante compilation à partir des données publiées dans l’annexe C des budgets des établissements de santé, où sont notamment ventilés les différents postes budgétaires et les dépenses reliées à la main-d’œuvre indépendante.

« Eh bien! le ministère [de la Santé, sous le gouvernement libéral] a accepté que l’annexe C ne fasse plus partie du budget. Autrement dit, pour avoir accès à ces données, il faudra désormais faire une demande d’accès à l’information et ce, pour chaque établissement de santé au Québec. »

La campagne de la FIQ avait mené à la conclusion d’une entente, lors des dernières négociations, en vertu de laquelle le gouvernement s’engageait à réduire de 40 % l’utilisation du personnel d’agences pour la durée de la convention.

« Nous n’atteindrons pas cet objectif. Il y a deux ans d’écoulés et nous sommes en deçà de 12 % de réduction! Pire, il y a des endroits où il n’y avait pas de main-d’œuvre indépendante, mais où on en trouve maintenant! Malgré la circulaire du gouvernement! »

La circulaire est un rappel, émis par le ministère de la Santé, des politiques gouvernementales concernant le personnel des agences, destiné aux directions des établissements de santé, faisant suite aux alertes de la FIQ adressées au ministère.

« Il n’y a personne d’imputable! C’est, entre autres, ça le problème. On négocie une entente avec le gouvernement et les établissements ne la respectent pas. Pire, il y a même des établissements qui disent ouvertement qu’ils n’en ont rien à faire de la circulaire du gouvernement. Et il n’y a pas de suivi du ministère, pas de contraintes. »


Mauvaise gestion des fonds publics

Après avoir mené de multiples campagnes auprès de toutes les instances concernées, incluant les directions générales, les conseils d’établissements et le ministère de la Santé, pour dénoncer le recours accru à la main-d’œuvre indépendante, les projets d’optimisation menés par des firmes conseils privées (Proaction et Fujitsu), les structures de postes et les pratiques d’organisation du travail déficientes, la FIQ passe à une autre étape.

« On a décidé de parler le même langage qu’eux, celui de l’argent. »

Réunies en conseil fédéral à la mi-mars à Montréal, les déléguées de la FIQ ont adopté un plan d’action qui vise à dénoncer la mauvaise gestion et le gaspillage de fonds publics dans le réseau de la santé.

Le coup d'envoi a été une manifestation, le 21 mars dernier, de quelque 600 professionnelles en soins devant le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), où un plan de compressions budgétaires de 50 millions $ a été annoncé. 

« Le CUSM est un bel exemple des problèmes de gestion. Pas moyen de savoir comment seront effectuées les compressions. On ne sait rien. Pire encore, ils ont répondu aux demandes du syndicat local en l’invitant à déposer une requête d’accès à l’information pour connaître les postes touchés par des coupures! »

Mme Laurent confirme que le ministre Hébert est à l’écoute des récriminations de la FIQ et qu’il est bien au fait des problématiques soulevées par l’organisation. « Nous avons l’oreille du ministre Hébert, mais les résultats sur le terrain ne sont pas là. Les déléguées ont donc décidé que c’était assez. La population doit savoir que tous sont affectés par la mauvaise gestion de l’argent public, parce que c’est la dispensation et la qualité des soins qui écopent, en bout de ligne. »

D’autres établissements de santé feront l'objet de dénonciations sur la place publique au cours des prochaines semaines. « Ils n’auront pas le choix de répondre au public. Si le ministre veut prouver ce qu’il nous dit, il va devoir serrer la vis. Parce qu’actuellement, il n’y a rien qui se passe sur le terrain et la situation continue de se détériorer. »

Pendant que le gouvernement péquiste cherche à atteindre le déficit zéro et demande à tous de faire leur part, les gestionnaires du réseau de la santé dépensent des millions de dollars en octroyant des contrats à des firmes privées pour effectuer des projets d’optimisation qui minent la qualité des soins dispensés, fragilisent les équipes de travail dans les établissements, perturbent au plus haut point les relations de travail déjà difficiles, et exaspèrent les professionnelles en soins.

Régine Laurent rappelle que des solutions aux différents problèmes sont à portée de main. « Tout est une question de gestion, justement », conclut-elle.


Photo : Jacques Nadeau, ledevoir.com

|Pour dénoncer la détérioration de l’organisation du travail dans le réseau de la santé
4442|4524|Langue Manchettes|Projet de loi 14 : boycott des médias francophones|2013-03-26 07:10:35|Pierre Dubuc|

Quelle ne fut pas notre surprise de constater, le 20 mars dernier, l’absence de médias francophones, lors de la présentation du mémoire du SPQ Libre à la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 14, modifiant la Charte de la langue française.

Pourtant, il n’y avait ni tempête de neige, ni tremblement de terre.

Renseignements pris, il ne s’agissait pas d’un fait exceptionnel. Jour après jour, le constat est le même. La presse francophone est absente. On peut donc parler d’un boycott.

D’autant plus que la presse anglophone est présente. Les anglos, eux, veillent à leurs intérêts.

CTV et The Gazette ont relaté la présentation du SPQ Libre et le reportage publié dans The Gazette rendait justice au mémoire et aux interventions devant la commission.

Deux hypothèses pour expliquer cette absence de la presse francophone.

Première hypothèse. Il ne s’y fait plus de journalisme traditionnel, ce journalisme qui consiste à couvrir un événement pour informer les lecteurs. Le commentaire, la chronique d’humeur, l’éditorial ont pris toute la place.

Deuxième hypothèse. La langue est un sujet trop explosif. Pour couvrir le pastagate et souligner à gros traits les dérives de l’Office de la langue, on est partant! Mais, rapporter les propos de Charles Castonguay sur le non-sens des villes à statut bilingue risquerait d’enflammer les esprits!

En fait, les deux hypothèses sont justes. Elles visent le même objectif : garder les gens dans l’ignorance. Mais, on aura beau tenir le couvert à deux mains, rien n’empêchera la marmite de continuer à bouillir.

Pour visionner la présentation du SPQ Libre en commission parlementaire, cliquez ici.

Nous attirons particulièrement votre attention sur deux moments forts de la présentation :

1. La critique du concept de ville à statut bilingue par Charles Castonguay




2. La réponse de Charles Castonguay à la question de la députée caquiste Nathalie Roy qui demandait aux représentants du SPQ Libre de commenter la déclaration de représentants des cantons de l’est à l’effet que la moitié des anglophones déménageraient si le projet de loi 14 était adoptée.




|L’absence des médias francophones à la commission parlementaire lors de la présentation du SPQ Libre n’était pas un fait exceptionnel
4443|4525|Société|Retour sur la vie de Paul Rose avec Pierre Dubuc|2013-03-26 08:53:09|Robin Philpot|

|Entrevue avec Pierre Dubuc sur Paul Rose.
4444|4526|Environnement Manchettes|renversement du pipeline 9 d’Enbridge|2013-03-27 08:28:17|L’aut’journal|

Des groupes environnementaux des États-Unis, de l’Ontario et du Québec dénoncent le mandat limité de l’Office national de l’énergie (ONÉ) et le manque de transparence de la compagnie Enbridge dans le projet d'inversement de son pipeline numéro 9.

Les groupes ont communiqué le 21 mars dernier à l'ONÉ leurs réserves au sujet de la liste des enjeux qui seront débattus devant elle sur ce projet. L'ONÉ est l'organisme fédéral responsable de voir à la protection du public et de l'environnement en matière d'énergie et tiendra des audiences sur le projet en 2013.

La production du pétrole des sables bitumineux émet trois à quatre fois de plus de GES que la production de pétrole conventionnel ce qui en fait la plus importante source de croissance des émissions de GES au Canada et l'un des projets les plus émetteurs de GES au monde.

Le projet déposé par Enbridge implique le passage des sables bitumineux au Québec par un pipeline qui se rend à Montréal en passant par de nombreuses autres zones densément peuplées.

« Il ne s'agit pas simplement de renverser le flux du pétrole entre Montréal et Sarnia, Enbridge veut augmenter la capacité quotidienne et y faire circuler un pétrole lourd dans un pipeline vieux d'au moins 40 ans. Cela comporte des risques environnementaux importants en cas d'un déversement », explique Steven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre. Les citoyens et les communautés ont besoin de connaître les risques réels reliés à la sécurité des pipelines, poursuit-il.

Rappelons qu'Enbridge est responsable du plus important déversement pétrolier en sol nord-américain lorsqu'un de leurs pipelines, transportant des sables bitumineux, a déversé plus de 3,7 millions de litres de pétrole dans la rivière Kalamazoo au Michigan en 2010. La facture de cette catastrophe s'élève à près d’un milliard de dollars  et Enbridge conteste présentement les montants qu'on lui demande de payer. 

Plusieurs indices démontrent que le projet fait partie d'un plus important projet, anciennement appelé Trailbreaker, qui vise à acheminer des sables bitumineux jusqu'en Nouvelle-Angleterre. On doit savoir ce qu’il adviendrait du pétrole une fois arrivé à Montréal.

« L’inversion du sens du flux dans l’oléoduc d’Enbridge signifie potentiellement pour le Québec d’augmenter considérablement l’ampleur des émissions atmosphériques des raffineries d’ici qui recevront ce pétrole lourd, avec tout ce que ça implique en termes de pollution et de problèmes de santé publique. On ne peut pas passer à côté de ces questions », estime André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.

« Le pétrole des sables bitumineux est l’un des pétroles les plus sales au monde. L’Office national de l’énergie ne peut se mettre la tête dans le sable et doit évaluer les impacts liés à l’augmentation de la production de ce pétrole sale incluant les émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées », affirme Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie à Greenpeace Canada.

L'Office national de l'énergie invite les citoyens et organisations à s'inscrire en tant qu'intervenant à cette audience d'ici le 11 avril 2013. Ce statut permet de faire valoir son point de vue sur le projet. Toutes les informations sont disponibles sur le site de l'ONÉ.

Les groupes de l’Ontario et du Québec sont : Équiterre, Environmental Defence, Justice climatique Montréal, Sierra Club du Canada – chapitre du Québec, Greenpeace Canada - Montréal et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.

|Une large coalition de groupes environnementaux du Canada et des États-Unis réclame plus d'informations
4445|4527|Environnement Accueil_Analyses|C’est possible d’être pétrolibre !|2013-03-27 08:33:57|RNCREQ|

Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ) a dévoilé ce matin la « Vitrine du Québec sans pétrole ». À l’aube d’une nouvelle stratégie énergétique, le RNCREQ démontre ainsi qu’il est non seulement souhaitable mais aussi possible pour la population québécoise de réduire sa dépendance au pétrole.

« Le pétrole est une énergie non renouvelable, polluante et de plus en plus chère, rappelle Philippe Bourke, directeur général du RNCREQ. Le Québec en est dépendant à 38 % dans sa consommation d’énergie primaire. Pourtant, nous avons la chance de posséder des sources d’énergie propres et renouvelables pour le remplacer, ainsi que des technologies et un savoir-faire considérables en matière d’économie d’énergie, d’efficacité et de substitution énergétiques. »

Des Québécois et des Québécoises s’activent déjà pour réduire cette dépendance au pétrole, conscients des bénéfices sur les plans du développement régional, de l’économie et de l’environnement. L’électrification des transports, la mise en place de mesures d’efficacité énergétique ou le chauffage par la biométhanisation sont autant de façons pour eux de devenir pétrolibres.

La « Vitrine du Québec sans pétrole » (www.quebecsanspetrole.com) met ainsi en valeur des réalisations à travers toutes les régions dans les domaines aussi variés que l’agriculture, le transport des personnes et des marchandises, le chauffage des bâtiments, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et l’industrie.

Une carte interactive permet de parcourir le Québec sans pétrole par région ou par thème. Pour chaque réalisation, une fiche quantifie les économies d’énergie et la réduction de GES qui en découlent, ainsi que ses autres bénéfices sociaux et environnementaux.

La Vitrine propose également de la documentation relative à la réduction de la consommation de pétrole ainsi que des outils (guides pratiques, programmes de subventions et de financement, etc.) à destination de ceux qui souhaiteraient passer à l’action.


À propos:

Le développement de la « Vitrine du Québec sans pétrole » s’inscrit dans le cadre de la démarche Par notre PROPRE énergie à laquelle participent activement les seize conseils régionaux de l’environnement (CRE). Des Tables régionales sur la réduction de la dépendance au pétrole ont été mises en place au cours de la dernière année. Celles-ci ont produit des portraits énergétiques de leur territoire et finalisent actuellement des plans d’action pour diminuer notre consommation de pétrole.

La réalisation de la Vitrine est rendue possible grâce à la contribution financière principale du Fonds vert du gouvernement du Québec et en partenariat avec le Centre québécois d’actions sur les changements climatiques, la Fédération québécoise des coopératives forestières, Fondaction, l’Union des producteurs agricoles et l’Association québécoise de la maîtrise de l’énergie.

|Dévoilement de la « Vitrine du Québec sans pétrole »
4446|4528|Accueil_Analyses Politique_Québec|Rapport de recherche de l’IRIS sur le système de retraite|2013-03-27 08:39:32|L’aut’journal|

À moins d’un mois du dévoilement du rapport D’Amours, annoncé pour le 17 avril prochain, le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) accueille avec beaucoup d’intérêt le rapport de recherche de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) rendu public aujourd’hui.

Plus particulièrement, la porte-parole du SISP, Carolle Dubé, se dit heureuse de constater qu’une étude sérieuse et indépendante, comme celle de l’IRIS, arrive essentiellement aux mêmes conclusions que le SISP en ce qui concerne l’état général des régimes de retraite à prestations déterminées, et plus spécifiquement ceux du secteur public. 



Des régimes en bonne santé financière

« Les difficultés rencontrées par ces régimes sont loin d’être toutes de la même ampleur. Tous doivent exercer une grande vigilance et apporter certains ajustements qui en assureront davantage la pérennité. Mais quelques-uns, dont le RREGOP, sont loin d’être au bord de l’agonie, malgré ce qu’en disent certains groupes et commentateurs de droite », explique Carolle Dubé.

Au 31 décembre 2011, la caisse des personnes participantes du RREGOP était capitalisée à environ 104,2 % , c’est-à-dire qu’elle contenait environ 4,2 % plus de fonds que requis pour payer sa part (50 %) des rentes acquises par toutes les personnes participantes, actives ou retraitées. 



Un type de régimes à multiplier

Le SISP fait également sienne l’assertion que « vu les pourcentages déjà alarmants de personnes retraitées ne pouvant pas s’attendre à bénéficier d’un taux de remplacement de revenu adéquat, pouvons-nous vraiment nous permettre de saborder les rares régimes qui procurent toujours une autonomie financière à la retraite ? »

« Tout comme l’IRIS, nous croyons qu’il faut œuvrer à pérenniser les régimes de retraite à prestations déterminées, tant des secteurs public que privé, plutôt que de détruire cette composante fondamentale de notre système de retraite. Il faudrait aussi chercher à favoriser l’émergence de nouveaux régimes de ce type », fait valoir la porte-parole du SISP.



Des rentes de retraite profitables pour la société

D’autre part, Carolle Dubé insiste pour souligner que dans le débat en cours, il ne faudrait pas négliger l'apport économique des rentes de retraite pour la société.

« En effet, le niveau et la pérennité des rentes venant des régimes à prestations déterminées procurent des revenus additionnels pour le Trésor québécois et canadien.  Plusieurs bénéficiaires de rentes de retraite provenant de régimes à prestations déterminées paient de l'impôt et sollicitent moins les régimes sociaux étant donné leur niveau de revenu. Il ne faut pas perdre de vue que l'argent versé en provenance de ces régimes est dépensé essentiellement dans l'économie québécoise.  Ainsi, d'un point de vue macroéconomique, ce n’est pas seulement du salaire différé pour les participantes et participants, mais également des sommes imposables et taxables qui sont différées dans le temps », rappelle la porte-parole du SISP.



Appel à la prudence et recommandation

Par ailleurs, à l’instar de l’IRIS, le SISP est aussi convaincu que la solution gouvernementale de régler les problèmes du système de retraite par la mise en place des régimes volontaires d’épargne retraite (RVER) ne permettra pas d’offrir des revenus intéressants à cause des frais de gestion élevés, de l’absence de contribution de l’employeur et du risque qui sera assumé en totalité par les travailleurs et travailleuses.

« Par contre, la bonification du Régime de rentes du Québec nous semble être une avenue à envisager. Elle pourrait offrir la possibilité d’améliorer la couverture des personnes qui participent à des régimes déficients ou qui n’en ont tout simplement pas. Plus largement, elle pourrait améliorer les revenus de retraite de l’ensemble de la population active », commente Carolle Dubé. Elle ajoute que le SISP juge particulièrement intéressante l’idée qu’afin de ne rien enlever aux gens qui bénéficient actuellement d’un régime de retraite en bonne santé, il devrait être possible d’être exempté d’une telle bonification.


Un rapport attendu

Le SISP espère que le rapport D’Amours ira essentiellement dans le même sens que ce que suggère l’IRIS, à savoir proposer un système de retraite visant de meilleurs revenus pour toutes et tous, un maintien et même un élargissement de la responsabilité des employeurs, particulièrement pour ceux n’offrant pas de régime de retraite, et la mise en place des mécanismes nécessaires à la pérennité de ce système. 

|Des constats et des solutions partagés par le SISP
4447|4529|Accueil_Actualités|Déclaration en appui aux luttes et à la souveraineté autochtones|2013-03-27 08:43:11|Coalition un statut pour tous et toutes|

Aujourd'hui, le 25 mars 2013, la coalition Un Statut pour tous et toutes organise une délégation pour se rendre à Ottawa, pour donner notre appui aux jeunes autochtones, partis de la Première Nation de Whapmagoostui à la Baie James, qui ont marché plus de mille kilomètres depuis le début de janvier.

Dans le contexte du mouvement Idle No More, l'objectif de ces jeunes est d'aider à réveiller et à unir les Premières Nations de toute l'Île de la Tortue.

Cette marche menée par les jeunes, qui comptait au départ sept jeunes et en compte maintenant plus de 150, pour un voyage vers le sud passant par les territoires cris et algonquins, est déjà une formidable source d'inspiration et une puissante affirmation de la présence, de la force et de l'unité des autochtones au Québec et au Canada. (Pour plus d'informations sur la marche, cliquez ici). Nous utilisons cette occasion pour partager notre Déclaration en appui aux luttes et à la souveraineté autochtones (disponible ici)


Nous sommes la coalition Un statut pour tous et toutes de Montréal, une coalition de groupes et d'individus qui soutiennent activement les communautés immigrantes, particulièrement celles qui font face aux déportations et aux détentions.

Notre travail de mobilisation se fait autour de quatre revendications principales : que cessent les détentions, que cessent toutes les déportations, que cessent les doubles peines pour les immigrantES et un statut pour tous et toutes.

Ensemble, nous sommes des immigrantEs et des colons; nous sommes principalement des non-autochtones, mais il y a parmi nous des indigènes déplacéEs de pays d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. En tant qu'immigrantEs, nous avons été déplacéEs de nos pays d'origine à cause du capitalisme et de l'impérialisme. Cela reflète un apartheid mondial par lequel le Sud est exploité et opprimé systématiquement pour le bénéfice du Nord.

Cependant, nous croyons que nous ne pouvons pas parler vraiment de l'apartheid mondial et des politiques migratoires injustes sans d'abord parler des réalités de l'apartheid ici, au Canada.

Depuis sa fondation, l'existence du Canada est basée sur le vol des terres autochtones et le génocide et le déplacement des peuples autochtones. Essentiellement, le traitement que l'État canadien réserve aux peuples autochtones, dans le passé comme aujourd'hui, est un système d'apartheid - de l'imposition de la Loi sur les Indiens, des Conseils de bande, du système de réserves, au vol d'enfants et aux pensionnats indiens; du vol continuel des terres et des ressources par les gouvernements et les entreprises, à l'appropriation culturelle des traditions et de la culture autochtones.

Aujourd'hui, cette tradition continue, soit par le taux disproportionné d'autochtones incarcéréEs par le système raciste des prisons canadiennes; par la complicité des autorités canadiennes avec la disparition ou le meurtre de centaines de femmes autochtones au cours des trois dernières décennies seulement; par les sociétés d'aide à l'enfance qui ont remplacé les pensionnats indiens pour perpétuer le vol d'enfants autochtones ou par des projets d'extraction des ressources comme celui des sables bitumineux en Alberta, qui contribuent à continuer la destruction environnementale des territoires des autochtones.


Le passé génocidaire du Canada est célébré par les noms de nos rues et de nos villes et villages, tandis que nous continuons à effacer l'identité propre des peuples d'origine de ces terres.

Le Plan Nord colonialiste du Québec, qui est fondé sur la dépossession et la destruction des terres autochtones, cherche aussi à tirer profit de l'exploitation des travailleurs et travailleuses immigrantEs.

Les frontières militarisées qui séparent les immigrantEs de leurs communautés et qui déchirent des familles créent aussi un fossé parmi les nations autochtones.

Le même gouvernement fédéral qui impose sa juridiction aux peuples autochtones partout au Canada se permet de décider qui sera autorisé à entrer et à sortir de ces terres.

Plusieurs immigrantEs et réfugiéEs sont eux et elles-mêmes des indigènes, déplacéEs de leurs pays dans d'autres parties du monde, par un processus colonial semblable, qui est souvent le fer de lance des intérêts canadiens, en particulier des minières canadiennes.

Ainsi, les luttes pour la justice pour les immigrantEs et les luttes pour l'autodétermination des autochtones sont interreliées. 

Toute la répression, tous les déplacements et les migrations de communautés dans ce qui est appelé le « Sud », sont motivés par l'expansion violente de la politique étrangère canadienne et par son programme néocolonial agressif, accompagnés d'autres manifestations de la domination occidentale comme la Banque mondiale, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Fonds monétaire international (FMI).

Les accords de libre-échange dictés par le capitalisme comme l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) ou les Accords sur la promotion et la protection de l'investissement étranger, ainsi que des projets d'infrastructures comme le Plan Puebla-Panama (PPP) facilitent la présence canadienne et l'expansion des entreprises multinationales, des méga-projets d'extraction des ressources et de l'occupation militaire, créant des conflits, la destruction de l'environnement et l'oppression économique qui forcent les immigrantEs à quitter leurs communautés.

Pendant que le Canada exploite les terres et les vies des peuples du Sud, ses frontières sont de plus en plus fermées à ceux et celles que le capital a déplacé de force.

Le Canada est le symbole d'une réalité coloniale brutale, basée sur le déplacement et l'exploitation de peuples et de nations indigènes. Plusieurs des endroits d'où nous provenons sont des symboles de lutte contre le colonialisme et le néocolonialisme et contre les processus de domination capitalistes dans nos pays d'origine comme l'Algérie, le Bangladesh, le Burundi, la Chine, le Congo, l'Égypte, le Guatemala, Haïti, le Honduras, l'Inde, le Mexique, le Pakistan, la Palestine, les Philippines et le Sri Lanka (pour n'en nommer que quelques uns).


En tant que personnes déplacées par le colonialisme et le néocolonialisme, nous croyons qu'il est important de s'allier avec tous ceux et toutes celles qui survivent et résistent au colonialisme sur l'Île de la Tortue.

Après avoir fait face au colonialisme pendant plus de cinq cents ans, les communautés autochtones continuent à résister et à survivre. Leurs luttes multiples et diverses requièrent notre soutien actif, particulièrement face à la répression et à la criminalisation de l'État.

Pour ceux et celles d'entre nous qui ne sont pas autochtones, nous avons un rôle au sein de nos communautés de faire avancer le processus de décolonisation du Canada. La solidarité ce n'est pas seulement regarder avec sympathie, c'est écouter activement et apprendre des communautés autochtones. C'est aussi résister aux idéologies et aux politiques coloniales et capitalistes qui sont responsables du génocide.


- La COALITION UN STATUT POUR TOUS ET TOUTES (Montréal)
Dignidad Migrante (www.dignidadmigrante.org)
Le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (www.iwc-cti.ca)
Mexicains unis pour la régularisation (www.mexregularizacion.org)
Personne n'est illégal – Montréal (www.nooneisillegal.org)
Solidarité sans frontières (www.solidaritesansfrontieres.org)
et plusieurs individuEs alliéEs

-----
 
En plus de notre Déclaration en appui aux luttes et à la souveraineté autochtones, la Coalition Un statut pour tous et toutes voudrait souligner de quelles manières concrètes nous avons l'intention de mettre notre déclaration en pratique. Cette année, 2013, nous nous organisons dans un contexte d'intensification des luttes pour l'autodétermination et la résistance autochtones.

Un Statut pour tous et toutes organise une délégation pour se rendre à Ottawa le 25 mars, pour donner notre appui aux jeunes autochtones, partis de la Première Nation de Whapmagoostui à la Baie James, qui ont marché plus de mille kilomètres depuis le début de janvier.

Dans le contexte du mouvement Idle No More, l'objectif de ces jeunes est d'aider à réveiller et à unir les Premières Nations de toute l'Île de la Tortue.

Cette marche menée par les jeunes, qui comptait au départ sept jeunes et en compte maintenant plus de 150, pour un voyage vers le sud passant par les territoires cris et algonquins, est déjà une formidable source d'inspiration et une puissante affirmation de la présence, de la force et de l'unité des autochtones au Québec et au Canada. (Pour plus d'informations sur la marche : http://nishiyuujourney.ca)

Nous exprimons aussi publiquement notre appui aux communautés d'Akwesasne qui vont manifester, le 23 mars, contre les autorités frontalières qui harcèlent et divisent leurs communautés. Nous appuyons l'autodétermination des peuples autochtones, incluant la communauté d'Akwasasne. (Pour plus d'informations sur la lutte à Akwasasne, cliquez ici)

Comme coalition, vous voulons en apprendre plus, directement des voix des peuples autochtones, grâce à un processus d'éducation populaire, d'écoute et d'apprentissage.

Nous avons endossé des événements d'éducation populaire locaux, dont le plus récent panel « Décolonisation du Canada ». Nous endosserons aussi un teach-in anticolonial organisé par le Collectif de solidarité anticoloniale et Personne n'est illégal-Montréal, qui aura lieu le 11 mai, pour approfondir notre compréhension du processus de décolonisation.

Nous réitérons aussi notre opposition au Plan Nord du Québec et à l'exploitation injuste des terres et des ressources autochtones par des entreprises d'exploitation des ressources naturelles, avec la complicité des gouvernements du Québec et du Canada. Dans le cadre de l'opposition au Plan Nord, des membres de la communauté Innu de Uashat-Mani-Utenam ont organisé des manifestations, des blocages, des marches, ainsi que des grèves de la faim et nous soutenons leurs efforts.

Notre but est d'appuyer les luttes anticoloniales et pour la décolonisation durant toute l'année.

|En marge de la marche des jeunes autochtones, partis de la Première Nation de Whapmagoostui à la Baie James
4448|4530|Manchettes Politique_Québec|Forum sur les redevances minières : forum de la peur|2013-03-28 07:34:58|Réjean Porlier|

Le 15 mars dernier, j’assistais au forum sur les redevances minières organisé par le gouvernement du Québec dans les locaux des HEC Montréal. Il m’était impossible de passer sous silence le fait que le vérificateur général du Québec avait fortement recommandé au gouvernement en 2009 de procéder à une analyse complète de ce que rapporte réellement l'industrie minière, versus ce qu'elle nous coûte, afin de fixer un système de redevances qui tienne la route.

Ça n'a pas été fait, naturellement. Faut-il attendre pour autant? Non, mais il faut faire cet exercice pour donner un peu de sérieux à tout le reste.

Une analyse qui tiendrait compte, par exemple, des impôts payés, des salaires versés, mais aussi des coûts sociaux, ceux de la santé et de l'environnement, ceux des abris fiscaux, etc.

Car, c'est bien beau de dire que l'industrie génère de bons emplois, mais la restauration des sites miniers représente, à elle seule, une dette importante pour le Québec. Je n'ai pas encore entendu qui que ce soit dire que le Vérificateur était dans le trèfle.

Il fallait voir ces porte-voix des multinationales venir à tour de rôle prédire l'apocalypse et faire dans la démagogie. Le dernier en liste, Bryan Coates, vice-président de la minière Osisko, qui, après nous avoir presque tiré des larmes avec une vidéo propagandiste comme ça ne se peut pas, implorait la ministre de ne pas toucher à la poule aux œufs d'or, la sienne naturellement.

Il me fût impossible de ne pas rappeler à tout ce beau monde que la poule aux œufs d'or au Québec, c'est Hydro-Québec qui rapporte plus que l'ensemble des compagnies privées, y compris les minières.

Peut-être que si l'industrie minière faisait davantage sa part en matière de redevances, nos sociétés d'État respireraient un peu mieux, car les différentes annonces de coupures d'emplois à Hydro-Québec, dont nos élus et nos acteurs économiques ont fait peu de cas jusqu'à maintenant, sont le résultat d'un manque à gagner important dans les coffres du gouvernement.

Vous avez raison, il n'y a pas que de grosses multinationales qui font plein d'argent dans le secteur minier. C'est pourquoi la loi doit être modulée en fonction de toutes les réalités afin de permettre aux petites et moyennes entreprises de se sortir la tête de l'eau. Et c'est d'ailleurs ce que j'ai entendu au forum: une politique qui tient compte des profits, des types de minerai et d'autres facteurs.

L'industrie nous présente le projet du gouvernement comme quelque chose de mur à mur, ce qui n'est pas le cas. Si quelques acteurs de la grande industrie ont versé dans la démagogie, d'autres ont plutôt utilisé la menace pour tenter de faire avorter le projet du gouvernement. C'est bien connu, les gouvernements essaient de faire fuir l'industrie1 Pousse, mais pousse égal!

La ministre Martine Ouellet a eu le courage de mettre ce débat sur la table, alors que l’industrie ne cesse de mettre de la pression pour la voir reculer. Et, soyez-en convaincu, cette industrie a les moyens de ses ambitions.

Le 20 mars dernier, j’accompagnais différents groupes à l’Assemblée Nationale pour souligner le dépôt d’un projet de loi par le député de Mercier, Amir Kadhir. Le projet propose de modifier l’article 246 (Free Mining) de la Loi sur les mines et retirer la préséance accordée aux minières depuis 1880 sur le territoire québécois en permettant aux municipalités d’établir des zones d’exclusion. Il y a sur ce sujet un très large consensus de la société civile au Québec.

Au début, je me questionnais sur la démarche, puisque le PQ déposera prochainement son propre projet de loi pour modifier la Loi sur les mines dans sa globalité. Mais, après coup, je pense qu’Amir a eu raison de sortir cet article, car je ne serais pas surpris de voir les partis de l’opposition et même quelques députés péquistes faire avorter la démarche de la ministre.

À ne pas en douter, l’industrie a ses hommes de mains dans les rangs des trois principaux partis politiques au Québec.

Soyons sérieux, le Parti Québécois n’acceptera pas de débattre du projet de QS, sachant qu’il débarquera avec le sien à court terme. Mais si le PQ échoue dans sa tentative de modifier la Loi sur les mines, pourquoi ne pas revenir avec celui d’Amir et au moins régler la question du Free Mining, si chère à la société civile?

Soyons optimistes et disons-nous plutôt que tous les députés ont pour priorité les intérêts de la population, qui s’attend à ce que l’article 246 soit modifié le plus tôt possible.

Puisqu’il y a ce large consensus, la logique voudrait que le PQ, advenant qu’il échoue avec son projet de Loi, revienne au minimum avec celui d’Amir afin de régler rapidement cette question que l’Union et la Fédération des municipalités du Québec veulent voir réglée.

Une chose est sûre, cela permettrait d’identifier les marionnettes de l’industrie et le leur faire payer aux prochaines élections. J’entends par là ceux et celles qui oseraient voter contre.

Faisons un bond en arrière dans l’histoire. Lorsqu'il a été question en 1963 de nationaliser l'électricité, on a eu droit de la part des multinationales étrangères au même discours apocalyptique et il s'est trouvé des gens de chez nous pour relayer ce message de peur. Mais c'est à ce moment précis que nous avons amorcé notre affranchissement du modèle colonial en posant la première pierre du Maîtres chez nous.

Il est grand temps de poser cette deuxième pierre qui représente ni plus ni moins que de reprendre le contrôle de nos ressources naturelles, 133 ans plus tard.

Je ne me fais pas d’idée, les temps changent, mais se ressemblent. L'industrie a toujours entretenu ses porte-voix et les débats à venir devraient nous permettre de les départager.

J’ai compris que le gouvernement voulait aller chercher davantage de redevances de ces milliards de dollars de minerai qui sont extraits du sol québécois chaque année.

Je me plais à penser que c'est pour enlever un peu de pression à tous les contribuables, y compris aux municipalités qui, lorsque le gouvernement est étouffé, se voient refiler différentes charges, qu'elles refilent à leur tour aux citoyens.

Je pense malheureusement que nous assisterons dans les prochaines semaines à un autre moment peu élogieux de l’histoire politique du Québec, alors que nos politiciens n’arriveront même pas à s’entendre sur le minimum auquel la population est en droit de s’attendre.

Nous sommes bien loin de compléter le deuxième épisode du Maîtres chez nous amorcé par René Lévesque et l’équipe du Tonnerre de Jean Lesage. Eh oui!, un Libéral comme il ne s’en fait plus…

Naturellement, je souhaite me tromper et voir tout ce beau monde mettre de côté la partisannerie et travailler le temps d’un projet de Loi pour le bien commun…

Naïf disiez-vous!

Ah! Oui, j’oubliais cette petite anecdote. En sortant de l’Assemblée Nationale, je croisais François Legault qui donnait une conférence de presse. Curieux de nature, j’étirais l’oreille pour l’entendre encore une fois casser du sucre sur le dos d’Hydro-Québec et demander que le gouvernement en fasse plus en exigeant davantage de coupures de postes.

Ça a été plus fort que moi et lui ai balancé en pleine conférence de presse qu’il disait n’importe quoi. Je pense avoir gâché son point de presse. Cet homme là m’exaspère!

Alors que le débat de l’heure, c’est celui sur les redevances minières, histoire de mettre fin à cette exploitation à bon marché de nos ressources naturelles et, qui sait?, récupérer quelques milliards dont on aurait bien besoin, son gros os à lui, c’est la saignée de nos société d’État.

J’ai offert à M.Legault de débattre de la question et, naturellement, il s’est empressé de dire qu’il n’était pas là pour ça.

Nous n’avons pas le droit de ne plus y croire, mais toute cette petite politique alors que se joue notre avenir, finit par user son homme. Il faut au minimum passer le message à nos députés respectifs.

|Il fallait voir ces porte-voix des multinationales venir à tour de rôle prédire l'apocalypse
4449|4531|Manchettes Mouvements_souverainiste|Paul Rose et L'aut'journal|2013-03-28 08:11:10|Pierre Dubuc|

J’ai rencontré Paul Rose, pour la première fois, au mois d’août 1987, à la sortie d’une assemblée publique célébrant le 10e anniversaire de la loi 101 au théâtre St-Denis. J’avais réussi à me frayer un chemin à travers les dizaines de personnes qui tenaient à lui serrer la main, pour lui remettre un exemplaire de l’aut’journal et nous avions convenu de nous rencontrer pour une entrevue.

À l’époque, les libéraux étaient au pouvoir, le Parti Québécois était à l’heure de « l’affirmation nationale » avec Pierre-Marc Johnson à sa tête, et les indépendantistes, qui avaient quitté le parti lors du « beau risque », attendaient leur heure dans le Rassemblement démocratique pour l'indépendance.

Les blessures de la défaite du référendum de 1980 étaient toujours vives. C’était la grande morosité. Le grand découragement. Tout était à reconstruire. C’est du moins la conclusion que Paul Rose tirait de l’analyse de la situation.

Paul a accepté mon invitation à tenir une chronique régulière dans les pages de l’aut’journal et nous avons convenu de faire une tournée du Québec pour rencontrer le plus grand nombre de groupes de militantes et de militants possibles pour leur redonner espoir, les remettre en marche et contribuer, avec nos modestes moyens, à la relance d’un véritable mouvement d’émancipation nationale et sociale.

C’était le début d’une collaboration et d’une amitié de plus de 25 ans. Au cours de ces années, nous avons parcouru plusieurs fois le Québec ensemble, organisé de nombreux spectacles-bénéfices pour l’aut’journal, échafaudé toutes sortes de plans et de théories.

Ainsi, un mois à peine après la publication de l’entrevue dans l’aut’journal, Pierre-Marc Johnson démissionnait de son poste de chef du Parti Québécois et Jacques Parizeau annonçait sa candidature. La conjoncture venait de changer. L’espoir renaissait.

Cependant, à l’époque, dans plusieurs milieux syndicaux et de gauche, Parizeau était persona non grata. On avait encore en mémoire l’affrontement de 1981 entre le Parti Québécois et le Front commun. Nous étions d’avis, Paul et moi, que Parizeau ne réussirait pas à ramener la gauche au PQ.

Germe alors l’idée d’une candidature de gauche contre Parizeau dans la course à la chefferie, une candidature pour rallier la gauche au PQ, une candidature de Paul Rose !

Bien que membre en règle du Parti Québécois, Paul est conscient que la direction du parti mettra tout en œuvre pour juger sa candidature irrecevable. Mais, il veut tirer un trait sur l’expérience du FLQ et inciter la gauche à faire de l’action politique dans le cadre d’un parti politique. Toujours lier le geste à la parole.

L’idée fait son chemin au point où, dans le plus grand secret, nous louons un local, faisons installer des téléphones, concevons une campagne publicitaire à paraître dans le Journal de Montréal, rédigeons le communiqué et la convocation pour les journalistes.

Mais, la veille de la conférence de presse, Paul change d’idée. Pourquoi? Juge-t-il le projet trop aventuriste? Trop ambitieux? Craint-il des conséquences imprévisibles? Pour toutes ces raisons, sans doute.

Nous décidons plutôt de travailler, au ras des pâquerettes, avec la base militante. Paul lance l’idée d’un « Mouvement progressiste », qui rejoindrait des militantes et des militants du PQ et hors PQ, avec l’objectif de faire la jonction entre les deux pour canaliser leurs efforts dans une même direction. Avec cet objectif en tête, nous entreprenons une tournée du Québec.

Le nom de Paul Rose était un sésame qui ouvrait bien des portes. C’était le résultat, oublié aujourd’hui, de l’extraordinaire mobilisation populaire de la fin des années 1970 pour demander sa libération.

En 1978, le Comité d’information sur les prisonniers politiques (CIPP) avait recueilli plus de 50 000 signatures pour sa remise en liberté et celle des autres prisonniers politiques.

Rappelons que, bien qu’admissible à une libération conditionnelle en 1977, Paul Rose n’a été libéré sous condition qu’en décembre 1982. Dans un rapport secret versé à son dossier, on précise que « pour aucune considération, Paul Rose ne devrait être libéré avant le référendum ».

Donc, partout au Québec, des militantes et des militants, qui avaient été actifs au sein du CIPP, étaient prêts à organiser des réunions de cuisine pour entendre Paul Rose. Nous avons rencontré des syndicalistes de Marine Industries à Sorel, de la Pratt & Whitney à Longueuil, de la Société des Alcools, etc.

Au nombre des conditions de sa libération conditionnelle, il y avait l’obligation de ne pas s’éloigner à plus de 35 km de son lieu de résidence sans autorisation. Astucieusement, Paul s’était déniché un emploi de chargé de cours à l’Université du Québec à Rimouski, ce qui lui permettait d’élargir son rayon d’activités, et il n’hésitait à transgresser le règlement.

Ensemble, nous sommes allés, en plus du Bas-du-Fleuve et de la Gaspésie, à Québec, dans Lanaudière, à Valleyfield, à St-Hyacinthe, Drummondville, au Saguenay Lac St-Jean, en Abitibi, dans l’Estrie, etc. Les militants nous hébergeaient. Nous rencontrions des travailleurs, des militants nationalistes, des étudiants, mais également des petits producteurs.

En prison, Paul avait entrepris une maîtrise en développement régional. Il s’était intéressé plus particulièrement aux coopératives de petits producteurs (fermiers, pêcheurs) du Bas-du-Fleuve et de la Gaspésie qui avaient empêché la fermeture de leurs villages dans les années 60 et 70. Plus tard, il défendit avec succès une thèse de doctorat sur le même sujet.

Paul rendait compte de ses rencontres militantes dans sa chronique mensuelle, intitulée « En vrac sur la route », dans l’aut’journal et nous profitions de la tournée pour mettre en place un réseau de distribution militant du journal.

Raconter comme cela, tout a l’air planifié, organisé, couler de source. Mais, avec Paul Rose, le principe organisationnel était l’improvisation créatrice!

Je me souviens d’un voyage en Abitibi où la personne qui devait nous recevoir était absente! Paul avait omis de la contacter! Un voyage pour rien! À tout hasard, nous nous arrêtons au local de la FTQ à Rouyn et nous tombons en pleine réunion de tous les représentants de la centrale syndicale de la région. Paul est accueilli en héros. On s’empresse de lui céder la parole. Des arrangements sont pris pour la distribution du journal dans la région. Ce fut une des rencontres les plus productives.

Au mois de décembre 1988, la Cour suprême du Canada invalide les dispositions de la loi 101 sur l’affichage unilingue. La réaction au Québec est virulente. Assemblées, manifestations, dénonciations. Un incendie s’étant déclaré dans les locaux d’Alliance Québec, son directeur, Royal Orr, insinue que Paul Rose et Hans Marotte, qui collaborait également à l’aut’journal à l’époque, portent la responsabilité de cet incendie.

Royal Orr déclare aux médias: « Nous nous adressons à nos concitoyens de langue française : est-ce là le genre de société que vous voulez? Une société où un nombre inquiétant de gens prennent pour modèles Paul Rose et Hans Marotte. »

Paul veut répliquer, mais sans convoquer directement les journalistes. Il propose un subterfuge. Convoquer les médias sous prétexte de leur présenter le plan d’action de l’aut’journal pour l’année qui vient en soulignant la présence de Paul et Hans.

Les médias accourent et les questions, évidemment, portent uniquement sur les déclarations de Royal Orr. Le lendemain, La Presse titre « Marotte et Rose volent la vedette à l’aut’journal ». Nous avons bien ri! C’était précisément le but de l’opération!

En novembre 1991, coup de théâtre, Paul Rose annonce qu’il sera candidat du NPD-Québec à l’élection partielle dans la circonscription d’Anjou, prévue pour le 20 janvier 1992. Stupéfaction chez les souverainistes, parce que peu de gens savent que le NPD-Québec a rompu d’avec son grand frère fédéral. Stupeur chez le NPD, qui ne veut surtout pas que son logo soit identifié à Paul Rose !

Paul justifie sa position par la nécessité de développer une formation indépendantiste de gauche, tout en précisant que, lors d’une élection générale, il recommanderait au NPD-Québec de ne pas présenter de candidats si l’élection était référendaire.

Il envoie une lettre aux membres du Mouvement progressiste pour connaître leur avis. Plus de 300 personnes lui répondent qu’ils appuient sa démarche. Finalement, il ne sera pas candidat. La loi électorale du Québec interdit aux personnes ayant écopé d’une sentence à vie de poser leur candidature aux élections québécoises.

Paul continuera à militer au NPD-Québec. Il en deviendra le chef, le transformera en Parti de la Démocratie socialiste, lequel se joindra au Rassemblement pour une alternative politique (RAP) pour former l’Union des forces progressistes, dont la fusion avec Option citoyenne donnera Québec solidaire.

Paul a poursuivi sa collaboration avec l’aut’journal. Avec sa conjointe Andrée Bergeron, ils se chargeaient de l’organisation de nos spectacles-bénéfices. Paul contactait les têtes d’affiche du monde du spectacle, les Vigneault, Yvon Deschamps, Richard et Marie-Claire Séguin, Richard Desjardins, Claude Dubois, Sylvie Legault, Fred Fortin des Colocs, etc. Il imposait un tel respect que tous répondaient : Présent !

Pour les besoins de cet article, je relis les chroniques de Paul. Il commente l’actualité politique, rencontre des personnages qui ont marqué l’histoire du Québec, comme Théo Gagné, le dirigeant de la grande grève de Murdochville en 1957, mais il s’intéresse surtout aux luttes des groupes communautaires, particulièrement dans les régions éloignées de Montréal. Beaucoup d’entrevues également avec de jeunes artistes.

Ses chroniques sont empreintes de sensibilité, de poésie. Commentant l’échec du Lac Meech, il écrit : « Je me sens à la veille de quelque chose d’important. Comme le début de la fin d’un long joug. La même sensation trouble que, dans les derniers vers de ce poème écrit au vieux pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul au milieu des années 70 après l’évasion de deux détenus :


Dans le béton armé d’fers
Dans le béton armé d’fers
Grouillent des livres de chairs noires
De grands yeux blancs ouverts
Captifs de trop longs soirs..

Sous l’ciel barbelé d’aigles
De flashs de néons bègues
Des peaux meurtries d’mépris
Couvent, dans l’ombre, l’aube d’la vie

Contre les tours prises au piège
Dans la froide noirceur blanche
Des soirs de grands vents d’neige
Bourgeonne la résistance

Dans l’béton armé d’fers
Grouillent des livres de chairs noires
De grands yeux blancs ouverts
Captifs d’un trop long soir

Le long de longs murs gris
Fonce l’arme larvée des nuits
En mille ombres dégelées :…
« La marche des prisonniers »

Derrière les barreaux croches
Tout un peuple dans la « sloshe »
Les mains fermées en poings
Gronde la révolte de d’main

Dans l’béton armé d’fers
Grouillent des livres de chairs noires
De grands yeux blancs ouverts
Captifs d’un dernier soir…

Le poème résume bien Paul Rose. Cette résistance, cette révolte, cet espoir, mais surtout cet amour incommensurable pour son peuple de ce grand patriote.

|25 ans de lutte commune pour l’indépendance nationale et l’émancipation sociale
4450|4532|Manchettes Mouvements_populaire|Savez-vous ce que c’est d’avoir faim tellement que ça fait mal?|2013-03-28 08:15:13|Amélie Châteauneuf|

L’auteure est porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales

Le 27 février dernier, votre parti, le Parti Québécois, surprenait tout ce qui lui restait de base sociale-démocrate en annonçant dans la Gazette officielle des coupures massives à l’aide sociale. Ces coupures, les plus importantes des dix dernières années, visent les personnes de 55 à 57 ans, les familles avec de très jeunes enfants et les personnes ayant des problèmes de toxicomanie.

La ministre responsable du dossier, Agnès Maltais minimise l’impact de ces coupures en disant que ces personnes et ces familles pourraient avoir accès à des allocations de 195$, si elles participent à des programmes d’aide à l’emploi.

Or, la ministre refuse de nous fournir des détails et des documents écrits sur ces programmes qui devraient pourtant accueillir des milliers de personnes dès le 1er juin prochain.

Dans ses interventions publiques, la ministre entretient aussi la confusion sur le nombre de personnes affectées par sa réforme, car elle ne parle que des personnes de 55 à 57 ans et ignore complètement les 9500 familles qui seront frappées de plein fouet par les coupures.

Est-ce que ces parents, ces enfants existent pour vous, au Parti Québécois ? Parce que ce sont des personnes aussi, vous savez.

Il est tout-à-fait possible pour le gouvernement de mettre en place des projets d’aide à l’emploi personnalisés, tout en renonçant aux coupures à l’aide sociale que votre parti planifie de mettre en vigueur au 1er juin 2013.

En effet, dans le système actuel, les personnes assistées sociales qui participent à un programme d’aide à l’emploi (avec allocation de 195$) se font déjà couper, sur une base individuelle, leur allocation pour contrainte temporaire à l’emploi (129$). Les coupures collectives prévues pour le 1er juin ne sont donc pas nécessaires.

Mais, si vous choisissez d’aller de l’avant avec cette réforme, soyez certain que des familles vont perdre leur logement, faute de pouvoir équilibrer leur budget après des coupures de 1548$ sur leur budget familial annuel.

D’autres familles ne se retrouveront pas à la rue, mais elles devront couper ailleurs, alors soyez certain qu’il y aura davantage d’enfants et d’adultes dans les banques alimentaires.

Le gros problème avec ça, à part toute la question morale évidemment (mais ça ne semble pas vous déranger plus que ça), c’est que les banques alimentaires n’arrivent déjà pas à fournir pour toutes les demandes.

Bref, la mise en place de votre réforme, ça veut dire plus de personnes affamées. Savez-vous ce que c’est d’avoir faim tellement que ça fait mal, parce que vous n’avez même plus assez d’argent pour payer le bus pour vous rendre à la banque alimentaire ou parce que ladite banque alimentaire n’a plus rien à vous donner ?

Vous ne trouvez pas ça gênant d’être membre d’un parti qui a comme projet de mettre une limite de trois mois aux soins en hébergement que peuvent recevoir les personnes assistées sociales ayant des problèmes de toxicomanie ?

Est-ce que c’est ça que vous voulez comme société ? Non ? Alors vous n’avez qu’une chose à faire : annuler les coupures imposées aux plus pauvres d’entre nous.

D’ici là, la mobilisation populaire contre cette réforme odieuse s’intensifie alors que des évènements ont eu lieu et sont prévus à la grandeur du Québec (pétition, distribution de tract, manifestations à Sherbrooke, Trois-Rivières, Québec, Montréal, St-Hyacinthe, Chicoutimi, etc.).

Nous ne nous tairons pas parce que ce qui est en jeu, c’est la capacité des personnes assistées sociales de se nourrir et d’avoir accès à des soins pour traiter leurs problèmes de toxicomanie. En fait, ce qui est en jeu, c’est la survie de vos concitoyens et concitoyennes.

|Lettre ouverte aux députés, ministres et membres du Parti Québécois
4451|4534|Manchettes Mouvements_syndical|1500 syndicalistes discutent d’action politique|2013-03-29 08:12:39|Sylvain Martin|

L’auteur est directeur québécois des TCA

En début de semaine, j’ai assisté à la présentation d’un rapport sur une conférence organisée par le Congrès du travail du Canada (CTC) les 22, 23 et 24 mars derniers à Toronto, sur l’action politique.

Plus de 1500 syndicalistes de tout le Canada y participaient. En provenance du Québec, il y avait, en plus des syndicats membres de la FTQ affiliés au CTC, des représentants de la CSN, de la CSQ et de la CSD.


Des menaces bien concrètes

Qu’autant de syndicalistes se déplacent jusqu’à Toronto et participent pendant trois jours à une Conférence sur l’action politique n’est évidemment pas étranger aux menaces que le gouvernement Harper fait peser sur les droits des travailleurs et le mouvement syndical.

Après la réforme de l’assurance-emploi, les lois spéciales imposées aux travailleurs relevant du Code canadien du travail, la loi C-377 sur la « transparence syndicale », différents indices laissent croire que les conservateurs ont dans leur mire la formule Rand.

Cette menace est même une possibilité bien concrète pour nos collègues ontariens. Le chef du Parti conservateur ontarien, Tim Hudak, promet de l’abolir s’il est porté au pouvoir lors des élections qui doivent se tenir prochainement. Hudak veut transformer l’Ontario en « Right to Work State », imitant ainsi le Michigan et les États du sud des États-Unis.


Une nouvelle rafraîchissante

Dans ce contexte que 1500 syndicalistes se rassemblent pour discuter, débattre et écouter des discours sur l’action politique est une nouvelle rafraîchissante.

Le thème des discours et des ateliers avaient aussi de quoi réjouir. On a traité de sujets comme : « À quoi ressemble la vie des militantes et militants et des membres dans le contexte des lois du droit du travail », ou encore « Établir des stratégies et des tactiques pour rétablir les liens avec nos membres et les inciter à s’impliquer afin de bâtir des syndicats forts ».

Mais le plus intéressant, selon moi, est le rapport présenté sur l’expérience australienne.


L’expérience de l’Australie

Rappelons d’abord les faits. Lorsque, en 1996, les travaillistes sont chassés du pouvoir et le gouvernement libéral de John Howard est élu, le taux de syndicalisation est de 31 %. Howard est réélu en 1998, 2002 et 2004. Lors de sa réélection en 2004, le taux de syndicalisation n’est plus que de 22 %!

Entre 1996 et 2004, il modifie les conditions de la reconnaissance syndicale, remanie les règles de la conciliation et de l’arbitrage et instaure le « contrat de travail australien », une forme de contrat individuel pouvant l’emporter sur les conventions collectives.

Mais le pire était à venir!

Après son élection à la tête d’un gouvernement majoritaire en 2004, Howard fait adopter, sous l’étiquette WorkChoices (choix au travail), des lois qui, entre autres, interdisent la retenue à la source des cotisations syndicales.


La riposte syndicale

Dans un cahier remis aux participants à la conférence de Toronto, on relate la forme et les caractéristiques de la riposte syndicale.

On y apprend que le Conseil australien des syndicats (ACTU), l’équivalent du CTC, a procédé à de vastes enquêtes afin de savoir comment gagner l’appui de l’électorat. Le résultat en a étonné plusieurs. Il fallait non pas mettre l’accent sur le libre choix, la productivité de l’économie ou la défense des syndicats, mais il fallait plutôt axer la campagne sur les droits des gens. Les syndicats ont donc lancé, en avril 2005, une vaste campagne sous le thème « Vos droits au travail » visant à faire abroger les lois WorkChoices du gouvernement.

Les messages de la campagne étaient axés sur les droits des travailleurs et des travailleuses et les besoins des familles ouvrières et non pas sur les répercussions de WorkChoices sur les syndicats.


Une victoire des syndicats australiens

Je n’entrerai pas dans les détails de la campagne menée par les syndicats australiens (budget, publicités, journées d’action, soutien de personnalités religieuses, d’artistes, etc.), mais je tiens à souligner qu’ils n’ont pas, dans un premier temps, donné des mots d’ordre pour qui voter.

Ils ont d’abord cherché à politiser leurs membres en leur faisant prendre conscience que, comme travailleurs, ils avaient des droits et pas seulement des obligations, que c’était possible de provoquer des changements en élisant des personnes qui avaient les mêmes valeurs que les travailleurs.

Une fois cette campagne de sensibilisation et politisation en marche, ils ont ciblé 24 circonscriptions « girouettes » où il était possible d’entrevoir une défaite des candidats du Parti libéral de Howard. Ils ont libéré des organisateurs à plein temps qui ont mobilisé les travailleurs, leurs familles, les retraités et les jeunes.

Aux élections de novembre 2007, les libéraux ont été défaits et John Howard a même perdu son siège. Tous les sondages ont indiqué un rejet, par la majorité de l’électorat, du programme WorkChoices du gouvernement et que les relations de travail avaient été le thème dominant de la campagne électorale.


Apprendre de l’expérience australienne

J’ai l’impression, lorsque je regarde la situation politique, que nous nous apprêtons à jouer dans le même film que les syndicats et les travailleurs australiens au tournant des années 2000. À cette différence près que nous pouvons apprendre de l’expérience australienne.

La conférence organisée par le CTC sur l’action politique, la mobilisation autour de la réforme de l’assurance-emploi, le discours que j’entends de plus en plus concernant la nécessité de politiser les travailleurs, tout cela me semble de bon augure.

Je dis souvent que je suis un éternel optimiste et que je fais confiance aux travailleurs, que nous représentons, pour leur bon sens.

À nous, comme dirigeants d’organisations syndicales, d’assumer notre rôle de leader et de poser les actions nécessaires à un renversement de la situation.

À mon avis, il faut être fier d’être syndicaliste, ne pas avoir peur de parler d’action politique avec nos membres, être les artisans du changement, et faire en sorte que les attaques de Harper et de son gouvernement contre les travailleurs soient la cause de sa perte.

|En provenance du Québec, il y avait, en plus des syndicats membres de la FTQ affiliés au CTC, des représentants de la CSN, de la CSQ et de la CSD.
4452|4535|Manchettes Mouvements_syndical|Polytechnique : vers une grève historique?|2013-03-29 08:20:13|Maude Messier|

Ce jeudi, les 236 professeurs et chargés d’enseignement de l’École Polytechnique de Montréal ont déclenché une grève d’une journée.

C’est la deuxième alerte envoyée à la direction de l’établissement, les syndiqués ayant accordé un mandat de grève à l’Association des Professeurs de l’École Polytechnique (APEP) à 73,2% au terme d’un référendum la semaine dernière. Le déclenchement d’une grève générale n’est donc pas exclu après le congé pascal.

En entrevue à l’aut’journal, le président l’APEP, Christian Mascle, affirme que le syndicat entend bien bénéficier du rapport de force dont il dispose maintenant, alors qu’il ne reste que deux semaines de cours et une période d’examens avant la fin de la session.

« La direction s’est traînée les pieds depuis mai dernier. Ils prennent des mesures dilatoires. Pour nous, la conciliation en est une aussi. Nous avons faisons face à un bloc immobile. »

Le dirigeant syndical soutient le mandat de grève accordé par les membres, avec un taux de participation de 81%, est le reflet de leur exaspération quant à l’attentisme de la direction.

L’APEP et la direction de l’École Polytechnique ont débuté les négociations pour le renouvellement de la convention collective en juin 2011 et signé les clauses normatives en avril 2012 avec une entente sur les salaires pour un an, « avec une clause de réouverture pour les salaires et le régime de retraite. »

Il y a donc presque un an maintenant que les parties négocient sur la question des salaires et l’impasse semble inévitable. D’ailleurs, au moment où le syndicat lançait un référendum pour consulter ses membres quant à l’éventualité d’une grève, la partie patronale demandait la nomination d’un conciliateur au dossier.

M. Mascle explique que l’APEP demande un rattrapage salarial et que c’est précisément sur les bases comparatives que les parties ne s’entendent pas. « La Polytechnique a la prétention d’offrir les meilleurs salaires des écoles d’ingénieurs du Québec. Mais lorsqu’on regarde de près, ce n’est pas si vrai; les courbes se croisent en plusieurs endroits. En plus, dans certaines écoles, il y a des primes pour tout, qui s’ajoutent au salaire. Sans compter que d’acheter une maison à Sherbrooke, ce n’est pas le même prix qu’à Montréal. »

L’APEP réclame un rattrapage de 2,6%, 3,25% et 3,5% pour les années restantes de la convention, auquel s’ajouterait un intéressement sous forme de prime. M. Mascle soutient que la partie patronale offre pour sa part l’équivalent de la politique gouvernementale. « Ça ne fait que 1,5% à 2% par année. Ce n’est même pas la hausse du coût de la vie, surtout pas à Montréal où les charges ont augmenté de 4% environ si on compte les taxes, l’électricité, etc. »

L’employeur réfère au salaire moyen de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) comme comparatif, ce qui ne reflète aucunement les responsabilités qui incombent aux professeurs de l’établissement, fait valoir le dirigeant syndical. L’APEP estime plutôt que le rattrapage devrait être basé sur les échelons supérieurs de l’OIQ.

«C’est une question de reconnaissance de la charge de travail et des responsabilités. Il n’y a pas que la qualité de l’enseignement. Chaque professeur est une petite PME. Ce qu’on lui demande, ce sont des résultats. L’argent pour la recherche ne tombe pas toute seule, il doit aller la chercher auprès des entreprises, des subventions, des conseils de recherche. La charge de travail grandit et les stress augmente. Être professeur aujourd’hui, dans une école comme la Polytechnique, n’a rien à voir avec ce que c’était quand j’ai commencé

À la question des salaires, s’ajoute celle du régime de retraite. M. Mascle explique qu’il y a un seul régime pour l’ensemble des employés de l’école et qu’une entente doit donc être conclue entre la direction et l’ensemble des sept syndicats et associations de la Polytechnique.

Une entente verbale aurait été conclue en décembre dernier, ce qui fait dire au président de l’APEP que les concessions à prévoir doivent aussi être prises en compte dans la négociation des clauses salariales.

La grève d’une journée tenue ce jeudi est la deuxième de l’histoire de l’établissement, fondé en 1873. « La première a eu lieu il y a sept ou huit ans et n’avait duré que deux heures. Il y avait un conflit avec la direction en place et la grève avait mené à la démission du directeur en place », raconte Christian Mascle.

Dernière heure

De retour du congé de Pâques, l’Association des professeurs de l’École Polytechnique de Montréal avait une rencontre de conciliation à l’agenda dès le mercredi.
« Nous avions déjà prévu un débrayage pour midi trente si ce qui était sur la table n’était pas satisfaisant », indique Christian Mascle, joint par l’aut’journal.
Les professeurs et les chargés d’enseignement ont donc tenu une grève générale illimitée ce mercredi… débrayage qui s’est terminée à 13h15! « Les négociateurs patronaux nous ont rapidement indiqué que de nouvelles offres étaient sur la table. »
Une entente de principe a été conclue entre les parties le jour même, puis entérinée à forte majorité en assemblée générale ce jeudi après-midi : 146 votes pour, 12 contre et 1 abstention.
Le président du syndicat ne veut pas donner de chiffres précis, mais indique que « fondamentalement, on est loin du rattrapage avec les échelons supérieurs de l’OIQ. Ce n’est pas l’entente que nous aurions voulue, mais c’est une entente acceptable dans l’état actuel des coupures du ministère qui n’aident pas à la négociation. »
Il ajoute que ça fait une vingtaine d’années qu’il est question de rattrapage salarial aux négociations, « mais on n’est toujours pas en mode rattrapage. »
Pourquoi les membres ont-ils accepté aussi rapidement cette entente alors? « Je crois que c’est surtout le pas qu’a fait la direction vers nous qui a changé les choses. Nous ne sommes pas satisfaits, mais c’est acceptable. »

|236 professeurs et chargés d’enseignement de l’École Polytechnique de Montréal ont déclenché une grève d’une journée
4453|4536|Accueil_Analyses Politique_Québec|Mise à jour budgétaire du ministre Marceau : Un vrai débat, ça presse !|2013-03-29 08:23:27|Pierre-Antoine Harvey et Érik Bouchard-Boulianne|

Les auteurs sont économistes à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Malgré le ralentissement marqué de l’économie et les résultats moins encourageants dévoilés dans la mise à jour budgétaire publiée aujourd’hui par Québec, le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, persiste et signe. Il maintient le cap sur l’équilibre budgétaire en 2014-2015.

L’atteinte de cet objectif se fait au prix de compressions généralisées quis’ajoutent à celles demandées depuis 2010 dans le cadre du retour à l’équilibre budgétaire. Il faudrait plutôt mettre l’accent sur les façons de hausser les revenus et non, uniquement ou presque, s’attaquer à la colonne des dépenses.



Finances publiques sous tension

Depuis les années 1960, le Québec a fait le choix d’offrir à sa population une gamme étendue de services publics et de programmes sociaux. Ce choix judicieux a généré, et génère toujours, de nombreux bienfaits pour la société québécoise.

Le Québec est l’une des sociétés les plus performantes sur le continent en matière d’inégalité de revenus, de santé publique et de taux de criminalité.

Pourtant, depuis une quinzaine d’années, les gouvernements successifs ont fait des choix qui réduisent notre capacité à financer adéquatement ces services.

Dès l’atteinte du déficit zéro à la fin des années 1990, l’ancien gouvernement péquiste a décidé de réduire les impôts des Québécoises et des Québécois de façon substantielle.

L’œuvre amorcée sous les péquistes a été poursuivie par le gouvernement Charest qui a accordé diverses baisses d’impôt aux particuliers et aux entreprises.

Ces choix, tout autant que la crise, viennent expliquer les tensions qui confrontent les finances publiques du Québec.

En 2010, le ministre Raymond Bachand s’est résigné à s’attaquer à la colonne des revenus en proposant sa « révolution culturelle » de la tarification. Ce virage a été unanimement dénoncé par la société civile en raison de son caractère inéquitable.

Respectant en partie ses promesses électorales, le gouvernement Marois a annulé ou modifié la plupart de ces mesures pour les atténuer. La hausse des droits de scolarité décrétée par les libéraux a été remplacée par une « indexation » de 3 % ; la « taxe santé » a été modifiée substantiellement et la hausse des tarifs d’électricité a été réduite drastiquement.

Ces décisions, sages sous l’angle de la justice sociale, ont cependant créé un manque à gagner en matière de revenus.

En campagne électorale, le Parti québécois s’était engagé à instaurer deux nouveaux paliers d’imposition pour les hauts revenus. Il est allé de l’avant avec un seul.

Il devait réformer la fiscalité sur les dividendes et les gains en capital ; rien n’a été fait de ce côté. Les bonifications au régime de redevances minières tardent toujours.


Hausse des inégalités

De plus, on assiste, depuis une trentaine d’années, à une hausse marquée des inégalités de revenus au Québec. Selon les données récemment rendues publiques par Statistiques Canada, la part des revenus après impôts et transferts accaparée par le 1 % des plus riches Québécois est passée de 5,2 % en 1982 à 8,3 % en 2010.

Cette augmentation de leur part de la tarte collective représente, en termes concrets, 92 000 $ de plus dans les poches de chacun des 62 000 membres du « club sélect » du 1 %.

Pendant ce temps, la classe moyenne a vu sa part des revenus après impôts fondre de près de 4 %. Même si elle est moins intense qu’ailleurs au Canada ou sur le continent nord-américain, la hausse des inégalités demeure bien présente au Québec.

Cette tendance à la concentration de la richesse au Québec est concomitante au déclin du rôle redistributif de l’impôt depuis le milieu des années 1990. Le taux moyen effectif d’imposition des 1 % des plus riches a culminé en 1996 lorsque Lucien Bouchard avait décidé d’imposer des surtaxes afin de contribuer à l’élimination des déficits budgétaires.

Ce taux moyen effectif d’imposition du 1 % des plus riches est passé de 38 % en 1996 à moins de 31 % en 2010.

Les services publics, les programmes sociaux et la fiscalité sont les vecteurs les plus puissants pour favoriser une meilleure équité sociale. Pourtant, les choix fiscaux des quinze dernières années les ont fragilisés. Nous croyons donc qu’il est temps que le Québec débatte ouvertement des moyens de financer adéquatement et équitablement ces services et ces programmes qui sont l’un des piliers de notre qualité de vie.

|Financement des services publics sous tension
4454|4537|authebdo|L'aut'hebdo - 29 mars 2013|2013-03-29 09:52:22|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


HOMMAGES À PAUL ROSE

Paul Rose et l’aut’journal
25 ans de lutte commune pour l’indépendance nationale et l’émancipation sociale
par Pierre Dubuc

AUDIO : Retour sur la vie de Paul Rose avec Pierre Dubuc

AUDIO : VLB sur Paul Rose


COUPS DE GUEULE

Europe : 1600 milliards d’euros aux banques
L’État subventionne généreusement les BS bancaires responsables de la crise
par Léo-Paul Lauzon

Forum sur les redevances minières : forum de la peur
Il fallait voir ces porte-voix des multinationales venir à tour de rôle prédire l'apocalypse
par Réjean Porlier


LANGUE

Projet de loi 14 : boycott des médias francophones
L’absence des médias francophones à la commission parlementaire lors de la présentation du SPQ Libre n’était pas un fait exceptionnel
par Pierre Dubuc


MOUVEMENT SYNDICAL

1500 syndicalistes discutent d’action politique
En provenance du Québec, il y avait, en plus des syndicats membres de la FTQ affiliés au CTC, des représentants de la CSN, de la CSQ et de la CSD
par Sylvain Martin


Polytechnique : vers une grève historique?
236 professeurs et chargés d’enseignement de l’École Polytechnique de Montréal ont déclenché une grève d’une journée
par Maude Messier

Changement de cap : La FIQ va « parler finance »
Pour dénoncer la détérioration de l’organisation du travail dans le réseau de la santé
par Maude Messier


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Savez-vous ce que c’est d’avoir faim tellement que ça fait mal?
Lettre ouverte aux députés, ministres et membres du Parti Québécois
par Amélie Châteauneuf

Mise à jour budgétaire du ministre Marceau : Un vrai débat, ça presse !
Financement des services publics sous tension
par Pierre-Antoine Harvey et Érik Bouchard-Boulianne

Rapport de recherche de l’IRIS sur le système de retraite
Des constats et des solutions partagés par le SISP


MÉDIAS

Liza Frulla quitte ENFIN Radio-Canada mais…
Un code d’éthique très élastique sur les conflits d’intérêts
par Martin Lachapelle


SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX

L’assurance autonomie entraînera-t-elle une privatisation accrue ?
Contribution au colloque de l’Association québécoise de gérontologie
par Jacques Fournier


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

Déclaration en appui aux luttes et à la souveraineté autochtones
En marge de la marche des jeunes autochtones, partis de la Première Nation de Whapmagoostui à la Baie James
par Coalition un statut pour tous et toutes


ÉCONOMIE

Ressources minières : Au-delà des redevances : la transformation
Une usine flambant neuve de transformation de nickel est sur le point d’entrer en opération à Terre-Neuve
par Daniel Roy


ENVIRONNEMENT

C’est possible d’être pétrolibre !
Dévoilement de la « Vitrine du Québec sans pétrole »
par RNCREQ

Renversement du pipeline 9 d’Enbridge
Une large coalition de groupes environnementaux du Canada et des États-Unis réclame plus d'informations


ÉVÉNEMENT

Spectacle-événement contre la réforme de l’assurance-emploi
Le 4 avril prochain à compter de 19 h sur la scène de la salle La Tulipe

Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4455|4538|Manchettes Politique_Québec|Six mois de gouvernement Marois : un premier bilan|2013-04-02 06:54:56|Jacques Fournier|

L’auteur est organisateur communautaire retraité

Voici une liste, non exhaustive, des bons et des mauvais coups, selon moi, du gouvernement Marois depuis son élection en septembre 2012 (en date de fin mars). J’y traite surtout, mais non exclusivement, du dossier santé. Les bons et mauvais coups ne sont pas classés par ordre d’importance.


Bons coups

- Abolition de la règle des 15 ans pour les médicaments. Conséquence : médicaments moins chers.

- Le contrat de la clinique Rockland MD ne sera pas renouvelé : fin de la sous-traitance coûteuse par l’hôpital Sacré-Coeur.

- Finis les « frais accessoires » disproportionnés et non justifiés dans les cliniques privées (gouttes à 300 $, etc.).

- Fin des PPP dans le réseau de la santé (cinq CHSLD en PPP, construction du CHUM et du CUSM) : cela ne se reproduira plus. Mais le gouvernement pourrait aller plus loin en mettant fin aux contrats en cours, c’est juridiquement possible.

- Le MSSS va exiger que les Groupes de médecine familiale (GMF) respectent leurs engagements sur leurs heures d’ouverture (fins de semaine, soirée, etc.).

- 110 M $ de plus pour les services aux aînés (budget Marceau).

- Adoption d’une réglementation pour la certification des résidences pour aînés.

- Fin du préavis de 24 h pour les visites d’inspection en CHSLD.

- La température de l’eau du bain/douche réglementée en résidences pour aînés.

- Projet de loi sur les soins de fin de vie.

- Fermeture de la centrale Gentilly.

- Moratoire sur le gaz de schiste.

- Retrait du prêt de 50 M $ pour la mine d’amiante Jeffrey à Asbestos.

- Six projets de mini-centrales électriques sur des rivières sont abandonnés.

- Abrogation des dispositions de la loi 12 limitant les manifestations, qui avaient été introduites par les libéraux avec le projet de loi 78, durant la crise étudiante.

- La loi sur le financement des partis politiques.

- Projet de loi 1 concernant l’intégrité du processus d’attribution des contrats publics.

- Projet de loi 14 modifiant la Charte de la langue française (mais il ne va pas assez loin).


Mauvais coups

- Un budget qui ne va pas chercher l’argent où il est : taxe sur le capital des banques, impôts sur les dividendes et les gains de capitaux (s’il l’avait inscrit au budget 2013-14, cela n’aurait pas été rétroactif), sept paliers progressifs d’impôt, redevances minières, etc. Obsession du déficit zéro (pire que le gouvernement Harper). Compressions inacceptables dans les services publics. Aplaventrisme devant les élites financières. Manque de créativité dans ce dossier.

- Maintien de la taxe santé (même si elle est un tout petit peu plus progressive qu’avant) : le gouvernement Marois avait promis de l’abolir.

- Maintien de la méthode Toyota (optimisation) dans le réseau de la santé et des services sociaux : démobilisation, essoufflement et épuisement du personnel. Le gouvernement rêve d’économiser 178 M $ en gains d’efficacité. Grande illusion, surtout que les firmes privées en font leur beurre.

- Révision à la hausse des tarifs en CHSLD : le gouvernement prévoit collecter 45 M $ de plus (budget Marceau).

- Maintien du projet de « financement à l’activité » dans les hôpitaux : nombreux effets pervers de cette méthode.

- Modifications à l’aide sociale qui vont priver certaines catégories de personnes de suppléments qui leur sont indispensables.

- Coupures de 56 M $ dans les CPE.

- Pas encore d’enquête par une instance neutre sur les dérapages policiers du printemps dernier.

- Maintien de projet de construction de la mini-centrale de Val-Jalbert, un crime contre le patrimoine.

- Hausse des tarifs d’Hydro : dégel du bloc patrimonial.

- Avoir indexé, plutôt que gelé, les droits de scolarité.

- Ne pas avoir adopté un mode de scrutin proportionnel. Cela ne fait malheureusement plus partie du programme du PQ. Notre système électoral actuel est « démocratiquement infect », disait pourtant René Lévesque.

- Le manque de créativité dans la construction d’un mouvement collectif, d’un souffle puissant qui entraînerait un momentum favorable à la souveraineté du Québec.


En résumé

En résumé, on trouve de nombreux petits et moyens « bons coups » et un grand nombre de moyens et gros « mauvais coups », en particulier le budget Marceau, un budget conçu à tort sous le sceau de l’austérité et qui fait la part trop belle aux possédants-accapareurs. Il reste seulement quelques mois au gouvernement Marois pour améliorer la performance sur laquelle l’électorat le jugera.


Photo : CP - R. Remiorz

|Les bons et les mauvais coups du gouvernement Marois
4456|4539|Langue Manchettes|Les élèves allophones : l’angle mort de  la mesure d’anglais intensif|2013-04-03 08:29:23|Frédéric Lacroix, Ph.D. et Tania Longpré|

Frédéric Lacroix est membre de Citoyens pour un moratoire sur l’anglais intensif au primaire. www.anglaisintensif.org

Tania Longpré est enseignante en francisation des immigrants, candidate à la maîtrise en acquisition des langues secondes à l’UQAM et auteure de « Québec cherche Québécois pour relation à long terme et plus », Stanké, 2013.

Le Québec reçoit un nombre élevé d'immigrants. Alors qu'il a atteint un seuil record de 55.036 nouveaux arrivants en 2012, le volume des admissions de la période 2007 à  2011, quant à lui, s’est élevé à 245 606 immigrants, soit une moyenne annuelle de 49 121 nouveaux arrivants par année. Parmi ceux-ci, 20,6% sont des enfants âgés de moins de 15 ans.

Les jeunes âgés de moins de 18 ans constitue la seule catégorie d’immigrants à être soumise à l'obligation de francisation via les clauses scolaires de la loi 101, celle-ci n’étant ni appliquée à l’éducation des adultes, ni à la formation professionnelle, ni au cégep.

Ces jeunes, qu’ils soient de niveau préscolaire, primaire ou secondaire sont d’abord dirigés vers les classes d’accueil pour être intégré progressivement au système scolaire québécois.

Fait à noter, ils sont exemptés de cours d’anglais en classe d’accueil afin de ne pas nuire à leur apprentissage du français. Or, une des affirmations les plus courantes des promoteurs du programme d’anglais intensif au primaire est que l’enseignement de l’anglais viendrait en quelque sorte « consolider » la langue maternelle. Cette affirmation tient-elle quand on s’écarte du modèle « standard » français langue maternelle/anglais langue seconde?

Il est bon de rappeler que les élèves allophones représentent une proportion importante des élèves du primaire et secondaire du Québec, soit 14,1%.

Les derniers chiffres disponibles, ceux de 2008, démontrent de fortes variations régionales dans le pourcentage d’allophones : 48,4% à Montréal, 9,2% à Québec, 16,2% en Outaouais et 35,2% à Laval.

Les écoles de la Commission scolaire de Montréal comptent plus de 50% de ses élèves qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle. Dans certains établissements, cette proportion atteint même jusqu'à 98%.

De ce nombre, plusieurs sont en processus d’acquisition du français et certains éprouvent des difficultés académiques liées à une maîtrise déficiente de la langue française.

Il est connu que les élèves issus de l’immigration sont proportionnellement plus nombreux que les autres élèves à présenter un retard scolaire au début de leur cheminement au secondaire, la proportion étant de 57,2 % pour les élèves allophones de première génération.

Nous ne pouvons pas considérer qu’un enfant allophone dont le français est très souvent la 2e ou même la 3e langue ait une maîtrise équivalente à celle d’un enfant de langue maternelle française après quelques mois passés en classe d’accueil.

Les recherches démontrent que la méconnaissance de la langue représente la première source des difficultés scolaires qui se traduisent par l’échec scolaire et qu’en contrepartie, la maîtrise de la langue représente la clef du succès scolaire.

La langue française, pour les enfants immigrants,  représente l’outil crucial pour leur accueil et leur intégration non seulement à l’intérieur du système scolaire, mais aussi à la société québécoise. C’est cette langue qui leur ouvrira les portes de leur nouvelle vie.

Les études tentant de mesurer l’impact de l’anglais intensif ne prennent pas en considération la spécificité des élèves allophones.  Malgré cela, le schéma d’implantation actuel du programme ne fait pas la distinction entre les francophones et les allophones.

Or, l’obligation de fréquenter le programme d’anglais intensif est susceptible de nuire ou de retarder l’acquisition du français langue seconde chez bon nombre d’allophones.

Autre détail : environ 6,7% des élèves des écoles françaises ont l’anglais comme langue maternelle.  Ces élèves seront-ils tout de même obligés de faire l’anglais intensif? Un flou artistique règne toujours autour de cette question.

Il serait bon de ne pas handicaper les jeunes allophones dans l’acquisition de la langue française et d’attendre que le français soit bien acquis avant d’introduire une troisième langue « seconde ».

Les écoles, et spécialement les écoles de la grande région de Montréal,  ont beaucoup plus besoin d’obtenir davantage de support à la francisation des nouveaux immigrants que d’un programme d’anglais intensif imposé.

Avec ce programme, c’est un bien curieux message que nous envoyons à leurs parents ; n’oublions pas que plusieurs immigrants adultes ont déjà un manque de motivation à apprendre le français, puisque la francisation des adultes n’est pas obligatoire et que l’anglais est la langue de travail d’une grande partie des allophones à Montréal.

Si nous envoyons comme message que l’anglais est une priorité pour leurs enfants, ils comprendront qu’une maîtrise de l’anglais est suffisante afin de s’intégrer à la société québécoise ainsi qu’au marché du travail.

Notons finalement que presque 40% des allophones qui ont fréquenté l’école française choisissent le Cégep anglais, comparativement à seulement 4% des élèves francophones. Choix qui les mène ensuite à l’université anglaise et à l’intégration à un milieu de travail anglophone.

Selon le MELS, « en ce qui concerne les élèves issus de l’immigration, le fait de connaître plus d’une langue et de vivre sur l’île de Montréal ou dans les régions périphériques (Laval, Montérégie), où l’enseignement en anglais est plus concentré, compte parmi les facteurs explicatifs » menant au choix du Cégep anglais.

L’introduction de l’anglais intensif au primaire va-t-il résulter en une dégradation de l’intégration des allophones à la langue commune du Québec? Tout porte à croire que oui.

|L’introduction de l’anglais intensif au primaire va-t-il résulter en une dégradation de l’intégration des allophones à la langue commune du Québec?
4457|4541|Manchettes Mouvements_syndical|Transports Canada n’inspecte plus les avions au Canada|2013-04-04 07:25:14|Maude Messier|

Une deuxième vidéo, réalisée par l’Alliance de la fonction publique du Canada, section Québec, dénonçant les impacts des compressions budgétaires du gouvernement fédéral dans la fonction publique a été mise en ligne ce jeudi.

Il s’agit d’une nouvelle facette de la campagne « Harper nous déteste ». Le syndicat a diffusé une première vidéo le 14 mars dernier, dans laquelle il met la population en garde contre les dangers que représentent les coupures dans l’inspection des aliments. Le clip a été visionné plus de 32 700 fois.

La vidéo mise en ligne ce matin sur le canal YouTube du syndicat soulève des questionnements quant à la sécurité aérienne, conséquence des compressions budgétaires imposées par le budget fédéral de 2012. Le syndicat dénonce notamment le fait qu’aucune inspection n’ait été réalisée pour 70 % des compagnies aériennes.

« Le gouvernement a dérèglementé de sorte qu’il n’y a plus d’inspection physique faite sur les appareils par les inspecteurs de Transports Canada. La responsabilité de l’inspection des réparations et de l’entretien incombe aux compagnies aériennes », explique la vice-présidente exécutive-régionale de l’AFPC-Québec, Magali Picard, dans un entretien avec l’aut’journal.

Depuis l’été dernier, les mécanos des compagnies remplissent un formulaire qui est envoyé à Transports Canada. Les inspecteurs vérifient ces formulaires, mais ne vont plus sur le terrain pour faire des inspections aléatoires comme auparavant.

« Avant, juste pour l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, il y avait en moyenne, par semaine, une quinzaine d’avions cloués au sol suite à une inspection. Depuis, aucun avion n’a été empêché de décoller. Les compagnies n’ont tout de même pas remis leur flotte à neuf en moins d’un an! »

L’organisation syndicale soutient qu’aucune compagnie aérienne n’a fait l’objet d’une inspection physique par un inspecteur de Transports Canada et que 70 % n’ont pas eu d’inspection du tout.

« À force de couper là où il manque déjà de personnel, la fonction publique n’est plus en mesure de remplir les tâches et de fournir les services comme il se doit. Pour rencontrer ses exigences budgétaires, il a fallu que le gouvernement conservateur dérèglemente l’inspection. Les responsabilités sont transférées au privé et ça, c’est dommageable. » Une centaine de postes d’inspecteurs aériens ont été coupés au pays. Il en manquait déjà une vingtaine à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau.

Elle cite aussi en exemple la protection de l’environnement et des eaux. « Avec les lois C-38 et C-45, il n’y a plus d’inspections et de prélèvements effectués par le gouvernement pour surveiller la présence de contaminants marins qui peuvent être déversés dans le fleuve Saint-Laurent par des entreprises. Une fois encore, cette responsabilité est transférée aux compagnies qui doivent s’auto-inspecter. »

Le budget déposé en mars 2012 par le ministre des Finances Jim Flaherty imposait des compressions ministérielles de 10 % qui se sont traduites notamment par 19 200 coupures de postes dans la fonction publique fédérale. Sans compter les quelque 15 000 postes déjà abolis alors que les conservateurs formaient un gouvernement minoritaire.

Magali Picard fait valoir que le discours gouvernemental est habile et persistant, laissant croire que les services à la population ne sont pas touchés, qu’une « cure minceur » s’imposait pour réduire les dépenses de l’État.

« Mais c’est tout faux. La population doit savoir que ce ne sont pas seulement des postes, mais aussi des décisions dangereuses qui découlent de ces choix économiques du gouvernement conservateur, de cette gestion mur à mur. Quelque part, j’imagine que nous avons une responsabilité dans ce manque d’information. C’est d’ailleurs l’objectif de cette campagne et de la diffusion des vidéos. »

Saviez-vous que les archives fédérales des impôts ne seront plus conservées par des employés de l’État, mais bien par une entreprise privée? « Le gouvernement a aboli ces postes et privatisé ce service. Il est allé en appel d’offres international. Les données fiscales des Canadiens et des Canadiennes seront gardées par une compagnie privée américaine. »

Mme Picard indique que les exemples sont nombreux, mais que pour les fins de la campagne, le syndicat a opté pour des thèmes avec une implication dans le quotidien d’une grande part de la population : alimentation, sécurité aérienne, protection de l’environnement et assurance-emploi.

L’APFC-Québec compte sur un large réseau syndical pour assurer la diffusion de ses vidéos, mais souhaiterait aller plus loin. « On voudrait que tout le monde en parle, être invités sur les tribunes pour commenter. C’est important ce qui se passe. »

À cet effet, rappelons que le syndicat était sur le point de signer une entente avec Radio-Canada pour acheter de l’espace publicitaire sur sa plateforme web et sur Tou.tv. quand la société d’État a fait volte face à la dernière minute. Radio-Canada prétend vouloir garder la neutralité et éviter d’être associée à cette campagne puisqu’elle subit elle aussi les compressions du gouvernement conservateur.

« Nous sommes déçus par la décision de Radio-Canada qui fait de la politique à vouloir être apolitique. Ce n’est pas de la propagande haineuse, mais une campagne avec des informations vérifiées et vérifiables. »

Deux autres vidéos seront mises en ligne au cours des prochaines semaines.

|Campagne vidéo de l’AFPC-Québec : prise 2
4458|4542|authebdo|L'aut'hebdo - 5 avril 2013|2013-04-05 10:11:40|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


ACTUALITÉS

Transports Canada n’inspecte plus les avions au Canada
Campagne vidéo de l’AFPC-Québec : prise 2
par Maude Messier


COUP DE GUEULE

Pour un véritable sommet sur la fiscalité
Un sommet, non sur la pertinence des services publics, mais sur le « comment » les financer
par Sylvain Martin


LANGUE

Les élèves allophones : l’angle mort de la mesure d’anglais intensif
L’introduction de l’anglais intensif au primaire va-t-il résulter en une dégradation de l’intégration des allophones à la langue commune du Québec?
par Frédéric Lacroix, Ph.D. et Tania Longpré


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
« McJobs » : dans la rue pour un salaire décent; Spectacle-événement pour dénoncer la réforme de l’assurance-emploi; Les agents de sécurité entérinent leur contrat; Est-ce le retour des agences privées de placement à l’Hôpital du Sacré-Cœur?; Une première convention avantageuse pour les agents de bord de Sunwing; Des mois de conflit pour 15 minutes de pause
par Maude Messier

Notre Walmart : au Québec dès l’automne
L’aut’journal a rencontré l’équipe de coordination des TUAC 500
par Maude Messier


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Six mois de gouvernement Marois : un premier bilan
Les bons et les mauvais coups du gouvernement Marois
par Jacques Fournier


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

The Gazette versus Option nationale
La peur du « N’ayez pas peur » fait ressurgir les vieilles peurs
par Claude G. Charron


VIENT DE PARAÎTRE

L’édition avril 2013, no. 318 de l’aut’journal.
Consultez le sommaire
Pour s’abonner, cliquez ici


SPECTACLE

J’aime ma langue dans ta bouche !
Pour informations, cliquez ici


Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4459|4543|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-04-05 12:48:06|Maude Messier|

« McJobs » : dans la rue pour un salaire décent

New York – C’était la grève, ce jeudi, dans une soixante de restaurants « fast food » à New York. Pour une deuxième fois en quelques mois, les travailleurs de McDonald’s, Domino’s, Wendy’s , Pizza Hut, PFK et autres ont débrayé et manifesté devant les établissements, réclamant des salaires décents et le droits de former un syndicat sans entraves ni représailles.

Un premier débrayage a eu lieu en novembre dernier. On comptait alors quelque 200 manifestants dans les rues de la Grosse Pomme.

Organisé par le mouvement « Fast Food Forward », une coalition d’organisations syndicales, communautaires et religieuses, le débrayage serait cette fois deux fois plus important que celui de novembre selon les organisateurs.

Les travailleurs réclament un salaire décent leur permettant de vivre de leur emploi sans devoir compter sur les bons d’alimentation ou encore sur un deuxième emploi pour subvenir à leurs besoins.

Le salaire moyen des employés des chaînes de restauration rapide à New York est de 8,25 $ de l’heure. Les manifestants réclament 15 $ de l’heure, ce qu’ils estiment être un salaire de subsistance.

Si les emplois dans les chaînes de restauration rapide étaient auparavant surtout occupés par des étudiants et de jeunes travailleurs, la récession a sérieusement changé la donne. Les milliers de pertes d’emplois à salaires moyens ont forcé de nombreux travailleurs à aller « flipper des burgers ».

L’épicentre du mouvement « Fighting for a living wage » se trouve actuellement à New York, où la vigueur de l’organisation « Fast Food Forward » prend de l’ampleur. Mais d’autres groupes sont aussi en action ailleurs aux États-Unis, notamment à Chicago, avec la campagne « Fight for 15 », qui vise particulièrement la chaîne McDonald’s.

***

Spectacle-événement pour dénoncer la réforme de l’assurance-emploi

Montréal – La Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi s’est réjouie, ce mercredi, de la mise sur pied de la Commission Duceppe-Marsolais.

« Nous croyons que cette démarche de consultation s'inscrit bien dans ce que nous voyons comme la construction d'un consensus québécois sur la question », ont fait valoir les porte-paroles de la Coalition.

Ils ont ajouté que la pertinence de la démarche réside dans le fait que la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi s'appuiera sur des études et des consultations qui tiendront compte de l'ensemble des éléments touchant l'assurance-emploi, de même que des besoins actuels et futurs du marché du travail québécois.

Les membres de la Coalition rappellent toutefois que la mobilisation des travailleurs demeure nécessaire. En plus des différentes actions menées par les coalitions régionales partout au Québec, les porte-paroles convient la population à la manifestation nationale qui se tiendra le 27 avril prochain à Montréal.

Par ailleurs, plus de 700 personnes étaient réunies au Cabaret La Tulipe jeudi soir, à Montréal, pour un spectacle en appui à la Coalition.

Différents artistes et personnalités ont participé à cette soirée, dont Chantale Lamarre, Les Zapartistes, Paul Cargnello, les Porn Flakes, Raymond Legault et Pénélope McQuade, qui a fait la lecture de la Déclaration de la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi.

La webdiffusion en direct de la soirée a été assurée par WEBTV.COOP. Il est toujours possible de visionner le spectacleici. 

Des rassemblements ont aussi été organisés pour visionner en direct le spectacle, notamment aux Îles-de-la-Madeleine et à Rimouski.

Pour les détails des activités de la Coalition : ici.

***

Les agents de sécurité entérinent leur contrat

Montréal – Les 14 000 agents de sécurité membres de la section locale 8922 du Syndicat des Métallos ont finalement entériné une nouvelle convention collective, dans une proportion de 64,5 %.

Les syndiqués se sont prononcés au cours des 46 assemblées syndicales qui ont été tenues dans les derniers jours.

« Malgré un contexte de négociation difficile, nous avons obtenu réponse à la majorité de nos demandes sur le plan normatif, au chapitre de la sécurité, de la dignité, et de l'organisation du travail », a indiqué le représentant syndical Stéphane Néron.

Au plan salarial, la convention prévoit des hausses de 15,4% sur cinq ans. Une prime est aussi instaurée pour ceux qui travaillent dans un établissement de santé et qui doivent intervenir physiquement auprès de bénéficiaires.

Des gains intéressants en matière de santé et de sécurité du travail ont aussi été faits : des comités paritaires sur la santé et la sécurité du travail seront créés pour chacun des employeurs. Le contrat prévoit aussi des dispositifs de sécurité pour les agents affectés seuls à la surveillance d'un lieu isolé. Les employeurs devront par ailleurs fournir l'accès à des toilettes sur les lieux de travail, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Les négociations ont été amorcées en avril 2012. Rappelons que les agents de sécurité ont rejeté une offre patronale en février dernier dans une proportion de 67 %. Les négociations ont repris et une entente a été conclue le 14 mars.

À noter que les conditions de travail de tous les agents de sécurité au Québec, soit près de 20 000 travailleurs, sont régies par un décret gouvernemental, basé sur les éléments négociés entre les agents membres des Métallos et l'Association Provinciale des Agences de Sécurité.


***

Est-ce le retour des agences privées de placement à l’Hôpital du Sacré-Cœur?

Montréal – Plus de 200 syndiqués ont manifesté le 28 mars dernier contre la décision de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal d’abolir 28 postes d’infirmières auxiliaires, dont 22 à l’urgence.

Le Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardio-respiratoires de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal – CSN (SPSICR-HSC-CSN) est mobilisé sur cette question depuis plus de deux mois. « La mobilisation à l’interne s’accentue sans cesse et les travailleuses et travailleurs sont convaincus que cette abolition ne doit pas avoir lieu », explique la présidente du syndicat, Pascale Nantel.

Outre la mobilisation à l’interne, les travailleuses se sont rendues au conseil d’administration de l’établissement à trois reprises pour obtenir des réponses à leurs questions quant à ces abolitions de postes.

La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS) a aussi interpellé le ministre de la Santé, Réjean Hébert, sur cette question. La FSSS allègue que la décision de la direction de l’établissement va à contre-sens des orientations ministérielles voulant que les compétences de chaque salarié soient utilisées de façon optimale.

Ces postes d’infirmières auxiliaires ont été créés en 2008 pour palier une pénurie d’infirmières et pour limiter le recours au personnel d’agences privées de placement en soins infirmiers.

L’abolition des 28 postes ramènera nécessairement les problématiques de 2008 sur les étages selon la FSSS: pénurie de personnel, retour des agences privées de placements, hausse du temps supplémentaire, augmentation de la pression sur le personnel et diminution de la qualité des services à la population.

Pour le moment, le syndicat se réjouit que la décision finale soit retardée au 5 mai prochain. Le syndicat compte maintenir la pression et poursuivre la mobilisation à l’interne pour faire renverser la décision.


***

Une première convention avantageuse pour les agents de bord de Sunwing

Montréal – Les quelque 900 agents de bord canadiens de Sunwing ont entériné à 92% l’entente de principe qui jette les bases de leur toute première convention collective.

Ces travailleurs ont adhérés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) en mars 2012.

« Les négociations n'ont pas toujours été faciles, mais nous avons atteint notre objectif.  Les conditions de travail chez Sunwing ont été relevées aux standards de l'industrie de l'aviation », a déclaré Mark Brancelj, président du Syndicat des agents de bord de Sunwing (SCFP 4055).

Le syndicat fait valoir que la convention d’une durée de trois et demi comporte des hausses salariales moyennes de 8 %, variant de 3 % à 12 %.

Les travailleurs obtiendront aussi la création d’un fonds de pension, une amélioration des congés de maladie et la création d'une prime au-delà de 14 heures travaillées.

La conseillère syndicale au dossier, Caroline Bédard, a fait valoir que « ce nouveau contrat de travail revalorise le métier d'agent de bord » et que, par cette entente, Sunwing reconnaît qu’ils « ne sont pas là que pour servir du café, mais surtout, pour assurer la sécurité des passagers. »


***

Des mois de conflit pour 15 minutes de pause

Fermont – La vingtaine d’éducatrices du CPE Mur-Mûr de Fermont ont voté en faveur de l'entente de principe intervenue avec l'employeur, laissant entrevoir la fin d’un lock-out qui dure depuis le mois de décembre dernier.

Les éducatrices à temps plein auront finalement droit à une période de 15 minutes de pause payée par jour.

L’entente prévoit l’adoption d’un plan de redressement budgétaire afin que le CPE puisse surmonter le déficit prévisionnel, qui constituait le principal obstacle à la négociation d’une pause payée. Un comité paritaire a aussi été mis en place pour réorganiser les horaires de travail afin que les éducatrices bénéficient de pauses payées, comme cela se fait ailleurs au Québec.

L’origine du conflit remonte à un peu plus de dix mois. Une grève générale illimitée avait alors été déclenchée dans le cadre d’une négociation concertée avec trois autres CPE de Sept-Îles. Ces derniers ont conclu des ententes et une trêve de plusieurs mois a permis la poursuite des négociations à Fermont.

Devant le refus de la partie patronale d’accorder une pause de 15 minutes, des grèves sporadiques en raison d’une à deux fois par semaine ont été déclenchées en novembre dernier. La direction du CPE a répondu en décrétant un lock-out le 5 décembre, suivi de près par un vote de grève générale par le syndicat.

Les parties négocient toujours les modalités de la fin du conflit et du retour au travail.

Mur-Mûr accueille une quarantaine d’enfants et est le seul CPE de Fermont.

|« McJobs » : dans la rue pour un salaire décent; Spectacle-événement pour dénoncer la réforme de l’assurance-emploi; Les agents de sécurité entérinent leur contrat; Est-ce le retour des agences privées de placement à l’Hôpital du Sacré-Cœur?; Une première convention avantageuse pour les agents de bord de Sunwing; Des mois de conflit pour 15 minutes de pause
4460|4544|Manchettes Mouvements_syndical|Notre Walmart : au Québec dès l’automne|2013-04-05 13:03:02|Maude Messier|

La version québécoise du mouvement américain OUR Walmart fera son entrée au Québec dès l’automne prochain.

« L’automne constitue une fenêtre intéressante parce qu’il y aura de la mouvance dans le commerce de détail avec l’ouverture des magasins Target au Québec », fait valoir la responsable des communications du Syndicat des travailleurs et des travailleuses unis de l'alimentation et du commerce – section locale 500, Roxane Larouche.

L’expérience de syndicalisation des employés du géant mondial du commerce de détail est un terrain connu chez les TUAC, notamment avec les épisodes des magasins de Jonquière, Gatineau et St-Hyacinthe. Mais Notre Walmart n’est pas une campagne de syndicalisation traditionnelle. Ce n’est d’ailleurs pas une campagne de syndicalisation.

L’aut’journal a rencontré l’équipe de coordination des TUAC 500, qui pilote présentement la mise sur pied du regroupement d’employés de Walmart, largement inspiré du mouvement américain.

À l’automne 2012, Walmart a connu la toute première grève de son histoire : une série de débrayages et d’arrêts de travail dans différents magasins et entrepôts de l’entreprise ont culminé en un mouvement de grève de plus de 500 employés dans une centaine d’établissements à travers les États-Unis, le jour du Black Friday.

Aux États-Unis, le mouvement a bénéficié du support de United Food and Commercial Workers (UFCW), dont la branche canadienne est le Syndicat des travailleurs et des travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC).

La principale différence avec OUR Walmart, c’est l’implication des employés dans le processus et l’organisation au niveau local, sur des enjeux spécifiques à chaque magasin où l’organisation est présente. OUR Walmart, ce sont des employés qui choisissent de s’impliquer et de militer pour faire valoir leurs droits.

C’est le b.a.-ba de l’organisation ouvrière, en dehors du cadre juridique des relations de travail parce que Walmart ne respecte pas les règles du jeu de toute façon. Il n’y a pas de représentants, pas d’employés, pas de bureau, pas de paperasse à la charge de l’organisation.

Les membres sont représentés en cas d’accidents de travail, devant les tribunaux des droits de la personne, pour les relations de travail. Les TUAC offrent des formations en droits du travail, puis, ce sont les organisateurs de OUR Walmart qui forment ensuite leurs pairs.

Les TUAC offre un support organisationnel et financier de départ. Rapidement, le mouvement doit s’autogérer puisque le modèle est justement basé sur des cellules locales dans les magasins. L’objectif, c’est aussi que le mouvement soit autofinancé. Il y a actuellement 2 000 « supers militants » OUR Walmart, selon leur appellation, dispersés dans 40 États américains et dans 600 magasins, auxquels se greffent des membres militants.

C’est ce modèle qui sera appliqué au Québec. L’équipe des TUAC 500 œuvre à la mise en place de la « structure d’accueil ».

Notre Walmart n’est pas un syndicat. C’est une organisation indépendante que les TUAC 500 contribuent à mettre sur pied et qui évoluera de façon autonome. « C’est évident qu’on peut prêcher pour notre paroisse et faire le pari que si le projet fonctionne bien et s’implante, ces travailleurs voudront peut-être se syndiquer ensuite », fait valoir l’équipe.

Mais, à tout le moins, ils pourront compter sur une structure minimale pour les aider à défendre leurs droits. « Un syndicat requiert l’adhésion de la majorité. Notre Walmart, c’est une adhésion individuelle. On peut avoir des résultats rapidement sans se lancer dans tout un dédale juridique qui décourage les travailleurs. »

Un modèle différent donc, adapté à une entreprise qui met tout en œuvre, pratiques antisyndicales, représailles et artillerie juridique, pour contrer la syndicalisation de ses employés. Les TUAC s’y sont d’ailleurs casser le nez et connaissent la chanson. « Ce modèle répond aux besoins actuels des travailleurs », précise-t-on.

Les relations de travail diffèrent entre le Québec et les États-Unis. Ici, les employés de chaque magasin peuvent, en vertu du Code du travail, former une association de salariés reconnue.

À la différence des travailleurs syndiqués, ils ne bénéficieront pas d’une convention collective et n’auront pas le droit de grève. Mais, ils pourront s’exprimer et revendiquer leurs droits, protégés des représailles de leur employeur par la loi.

Nicolas Lemieux, organisateur syndical au TUAC 500 et responsable des activités de terrain de Notre Walmart, revient d’une visite à Washington où il a pris part à des activités de OUR Walmart. « Nous pouvons profiter d’une expérience positive, d’un modèle qui fonctionne. Mais ça fait deux ans qu’ils travaillent sur ce mouvement. Nous n’en sommes évidemment pas là. »

Pour le moment, l’équipe indique qu’ils en sont toujours à l’étape d’organisation : établir des contacts, recueillir des données et des informations, bâtir une structure. Si des travailleurs ont besoin d’aide pour des représentations en cas d’accidents du travail par exemple, les TUAC sont présents pour offrir du soutien. Mais tout le volet de formation des « super militants » n’est pas encore mis sur pied.

Nicolas Lemieux indique que les conditions de travail de travail sont différentes entre le Québec et les États-Unis. Mais la philosophie de l’entreprise demeure partout la même. « Ici comme aux États-Unis, ce que les travailleurs réclament, c’est le respect, notamment entre employés et cadres. Leurs demandes concernent la liberté d’expression. Ils veulent pouvoir s’exprimer librement, sans mesures de représailles. »

Lorsqu’il est question des relations de travail dans ses magasins, Walmart insiste pourtant sur l’importance qu’elle accorde à sa politique de « porte ouverte ». « Il semble que ça ne fonctionne pas selon ce qu’on nous rapporte », indique Nicolas Lemieux.

Il y a aussi certaines problématiques avec les horaires, connus seulement une semaine à l’avance et qui auraient tendance à changer régulièrement, généralement vers une diminution des heures travaillées. Les augmentations salariales annuelles avec évaluation auraient aussi diminué au cours de la dernière année, de même que les bonus de performance.

L’équipe indique qu’en bout de ligne, Notre Walmart prendra la forme que lui donneront les militants. « 90 % du travail est fait localement, dans les magasins. C’est ça le modèle. Ils verront quels sont leurs besoins, leurs priorités. Nous, on leur donne les moyens, les outils et les ressources pour se prendre en charge. Le reste, c’est eux. Ils développeront leurs solutions », explique Mme Larouche.

La problématique de la liberté d’expression en milieu de travail offre surtout une porte d’entrée, une prise de contact avec les travailleurs, comme ce fut le cas pour OUR Walmart.

L’équipe des TUAC 500 relate qu’à l’occasion d’une activité de distribution de dépliants sur les droits des travailleurs, une campagne d’envergure mondiale à laquelle participait le syndicat, les travailleurs de certains Walmart, dont celui de la Plaza Côte-des-Neiges à Montréal, ont été escortés jusqu’à leur voiture, dans le stationnement, par des cadres pour qu’ils ne soient pas en contact avec les représentants syndicaux.

« Vous savez, nous n’entrons pas dans un Walmart en disant aux gens : Signez vos cartes, on vous syndique! C’est parce qu’on a reçu des appels et qu’on sent une volonté chez les travailleurs qu’on se présente. »

Walmart emploie 16 000 personnes au Québec. Le salaire moyen se situe aux alentours de 10,11 $ de l’heure selon le syndicat. Rappelons que le salaire minimum est actuellement de 9,90 $ de l’heure et qu’il passera à 10,15 $ en mai prochain.

L’équipe de coordination soutient ne pas avoir eu de contact avec Walmart directement. « Ça commence à être public. C’est sûr que l’article de La Presse  le 1eravril a créé un buzz médiatique. On verra pour la suite. »

|L’aut’journal a rencontré l’équipe de coordination des TUAC 500
4461|4545|Manchettes Mouvements_syndical Coups_de_gueule|Pour un véritable sommet sur la fiscalité|2013-04-05 13:09:16|Sylvain Martin|

L’auteur est directeur québécois des TCA

Jeudi dernier, le ministre des Finances Nicolas Marceau a présenté une mise à jour de l’état des finances publiques. Essentiellement, on y apprend que les finances du Québec se portent moins bien qu’il avait prévu. On constate un ralentissement économique marqué et les résultats espérés ne sont pas au rendez-vous.

Malgré tout, le ministre Marceau maintient le cap pour l’atteinte du déficit zéro pour l’exercice financier 2013-2014. C’est à ne rien y comprendre!

Lors du dépôt du budget, l’objectif du déficit zéro avait été fixé en tenant compte d’une certaine croissance économique et les compressions budgétaires étaient ciblées en fonction de cette croissance.

Maintenant, on ne déroge pas au plan préétabli même si la croissance prévue n’est pas au rendez-vous. Est-ce que ça signifie plus de compressions? Jacques Parizeau déclarait, il y a quelques semaines, que « l’obsession du déficit zéro empêche de réfléchir ». Il avait bien raison!


La même bonne vieille ritournelle

Ces derniers jours, on a annoncé des hausses des tarifs d’électricité de 2,5 % et de la taxe sur l’essence d’un sou le litre. Des augmentations qui, s’il faut en croire les titres de journaux, risquent d’« étouffer la classe moyenne ».

Avec la période de la production des rapports d’impôts qui s’ouvre, nous aurons droit, comme chaque année, aux études sur le taux d’imposition « inhumain » des Québécois et sur les « folles dépenses » de l’État québécois comparées à celles de l’Ontario ou de la moyenne canadienne.

On réaffirmera que nous payons plus de taxes et d’impôts que nos voisins canadiens et américains, ce qui ferait des Québécois les citoyens les plus pauvres de l’Amérique du Nord.

Il n’y a rien là de nouveau! C’est la bonne vieille ritournelle de nos pseudo-analystes politiques, devenus, pour l’occasion, experts en fiscalité.

Petite variante. Dans certains écrits, on a pris soin de « moderniser » le discours. On reprend le tout à l’envers, en disant que le filet social que le Québec s’est donné au fil des ans est très louable, mais que nous n’avons malheureusement plus les moyens de se le payer!


Quand la tarification remplace l’impôt

Pierre-Antoine Harvey et Érik Bouchard-Boulianne, tous deux économistes à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont cosigné un article fort intéressant dans l’édition du 30 mars dernier du journal Le Soleil de Québec.

Dans cet article, les coauteurs rappellent, entre autres, que le Québec a fait le choix, depuis les années 60, de se doter d’un filet social qui fait du Québec l’une des sociétés les plus performantes sur le continent en matière de répartition de la richesse, de santé publique et de bas taux de criminalité.

Mais ils nous rappellent également que, depuis une quinzaine d’années, les gouvernements successifs ont pris tous les moyens pour s’empêcher d’être capables de maintenir la qualité de ces services, notamment en diminuant leurs revenus avec des baisses d’impôt des particuliers et des entreprises.

Quand, finalement, le gouvernement s’est résigné à augmenter ses revenus, il l’a fait en augmentant les tarifs.

Le gouvernement Charest a augmenté les tarifs d’électricité, imposé la taxe santé et haussé les droits de scolarité. Le Parti Québécois a reconduit ces augmentations, mais de façon plus modérée.

Avec comme résultat aujourd’hui que les inégalités sociales entre le club sélect du 1 % des mieux nantis et les travailleurs ne cessent de s’accroître.


Poser la question de l’offre des services publics

La CSQ réclame, depuis un certain temps, la tenue d’un sommet sur les finances publiques et j’appuie cette demande.

Mais, je suis d’avis qu’un tel sommet ne devrait pas se limiter au financement des services publics. Il faut poser la question de l’offre des services publics.

La question centrale devrait être : « Quels sont les services que les citoyens d’une société moderne sont en droit de s’attendre? Et, surtout, comment rendre ces services accessibles?

Par exemple : « L’accès aux services de santé est-il établi en fonction de mes besoins ou de ma capacité de payer et du type d’assurance privée auquel mon portefeuille et mon état de santé me permettent de souscrire? »

Même chose pour l’éducation. Quels sont les critères d’accès aux maisons d’enseignement? Ma capacité de payer, le lieu où j’habite, mon appartenance à une certaine élite ou mes aspirations comme individu?

Quel sort réservons-nous aux personnes dans l’incapacité de travailler, de façon temporaire ou permanente, à cause d’une maladie, d’un accident ou d’un handicap? Comment voulons-nous traiter les travailleurs qui perdent leur emploi?


Un sommet sur le “comment”

Les services de santé, l’éducation, le filet social, en cas d’incapacité de travailler ou de perte d’emploi, ne devraient pas se poser comme des choix. Ce sont des besoins auxquels une société moderne se doit de répondre.

Il en va de même pour nos infrastructures, les routes, les ponts, etc.

J’irais même jusqu’à dire que l’intervention de l’État dans l’économie pour régulariser le capitalisme sauvage, l’élection de dirigeants ayant une vision d’un développement économique à long terme, respectueux de l’environnement, axé sur le bien-être des travailleurs et de leurs familles, ne devrait pas non plus être considérée comme des choix de société.

Ce filet social, ces travaux publics, ces dirigeants dotés d’une vision à long terme devraient être classés parmi les “services essentiels” d’une société moderne.

Pas de débat sur leur nécessité et pas de “liberté de choix” sur leur pertinence ou pas. Les choix doivent porter uniquement sur le “comment”. Comment voulons-nous, comme société, répondre à ces besoins? Individuellement ou collectivement? Chacun, en fonction de sa capacité de payer ou par la mise en commun de nos ressources?

À mon avis, poser la question, c’est y répondre. Un sommet sur les finances publiques? Oui, à condition de ne pas perdre de vue que la santé, l’éducation, le filet social, nos infrastructures, un État visionnaire pour notre bien-être, ne sont pas des choix, mais des besoins essentiels.

Sylvain Martin
Directeur des TCA-Québec

|Un sommet, non sur la pertinence des services publics, mais sur le « comment » les financer
4462|4546|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|The Gazette versus Option nationale|2013-04-05 13:17:20|Claude G. Charron|

Le 2 mars, Jaques Parizeau: « N’ayez pas peur de vos rêves.  »

Le 5 mars, Henry Aubin: « Les lendemains de l’indépendance seront cauchemardesques. »

Le 13 mars, Keith Henderson: « Pourquoi Aubin craint-il de parler de partition? »

Il a suffi à Jacques Parizeau de lancer cette simple phrase « N’ayez pas peur de vos rêves » pour que la peur s’installe à demeure chez nombre de personnes d’influence de la communauté anglo-montréalaise. Ce pourrait-il que Monsieur leur donne tout autant la chair de poule que dans les belles années où, grâce à sa détermination, l’idée de l’indépendance avait atteint des sommets de popularité jamais égalés depuis ?


Un facteur à risque : les moins de 35 ans

Ce qui fait paniquer tout ces gens, c’est que ce « N’ayez pas peur» de Parizeau ait été lancée lors d’un congrès d’un parti indépendantiste qui, en seulement dix-huit mois de vie, compte déjà huit mille membres.

Autre raison d’avoir peur : contrairement aux rassemblements péquistes, les têtes blanches étaient rarissimes en ce samedi 2 mars dans cet immense plancher du Palais des Congrès.

Une salle remplie de jeunes hautement scolarisés, tous accrochés aux lèvres de leur président, un Jean-Martin Aussant clamant que l’indépendance est non seulement réalisable, mais qu’elle est d’une nécessité absolue pour le Québec.

Ces jeunes militants risquent fort, craint-on en certains milieux, de transformer la face du Québec. Si, dans les années cinquante, la télé naissante avait été un important facteur de changement sociétal, qu’arriverait-il si ces jeunes s’emparaient des nouvelles technologies de communication pour déclencher une Révolution tranquille bis ? Peut-être y aurait-il alors un nouveau bruit de casseroles. Cette fois plus assourdissant et impossible à étouffer.

À la Gazette, on s’inquiète. L’hiver 2013 avait pourtant bien débuté. Avec le Pastagate, on se félicitait d’avoir si bien réussi à noircir l’image de l’Office de la langue française.

En outre, les médias francophones avait grandement couvert la manif du 17 février contre le « Bill fourteen ». Tellement que Guy A. Lepage s’est vite senti obligé d’inviter Beryl Wajsman du Suburban à Tout le monde en parle.

Tout allait donc bien pour la cause du bilinguisme et de l’unité canadienne, mais l’élan risquait de se briser avec une trop grande couverture par la presse franco-québécoise du congrès d’Option nationale.

Il arriva que, ni Quebecor, ni Radio-Canada et les journaux de Desmarais n’accordassent la moindre importance au dit congrès. Signalant seulement – et comme toujours - que l’intervention de Parizeau risquait de diviser davantage le mouvement souverainiste. Un souci de moins pour la Gazette. Il reste que Macpherson ne pouvait ne pas en parler.



Un Macpherson pas trop inquiet

De son texte du 5 mars, The problem with Option nationale, j’en traduis le sous-titre qui résume toute la pensée du chroniqueur : « Malgré son habileté à recruter les jeunes, ce parti est incapable d’élargir son électorat. »

Macpherson y manifeste son souverain mépris envers Jacques Parizeau. « En dépit de la jeunesse de ses membres, écrit-il, ce nouveau parti est sous l’influence de vieux politiciens avec leurs vieilles idées. On est habitué à des chroniques plus virulentes de la part de Macpherson même si, au passage, il n’oublie point de signaler que le bouillant Patrick Bourgeois fait maintenant partie du cénacle de l’ON.

Un Macpherson donc, pas trop inquiet en ce qui concerne le futur du Canada. L’âme inquiète dans la Gazette de ce mardi 5 mars, c’est plutôt l’analyste du journal en affaires montréalaises Henry Aubin qui assume la tâche de pilonner les Parizeau et Aussant.



Un Aubin déchaîné

Sa chronique déborde de menaces. Pour utiliser ton et message aussi corrosifs, Aubin a-t-il reçu l’imprimatur de ses patrons? Quand on sait comment il a su agiter les esprits et les cœurs lors des fusions et défusions municipales, on peut aisément le croire.

« An independent Quebec would relax language. » En chapeautant ainsi son texte on pourrait croire que, le Québec devenu pays, la loi 101 deviendrait caduque tellement les parents néo-québécois ne verraient plus la nécessité d’un enseignement en anglais pour leurs p’tits mousses. Le chroniqueur remet vite les pendules à l’heure avec son très explicite sous-titre, « ECONOMIC TROUBLES would trump fears ».


La doyenne des peurs : le coup de la Brinck`s revisité

On aura compris que, dans la tête d’Aubin, suite à un référendum gagnant sur la souveraineté, le déclin économique du Québec sera tellement catastrophique que la majorité de la population exigera l’enterrement pur et simple de la Loi 101.

Aubin veut ainsi répondre à la question que Jacques Parizeau avait posée aux congressistes : « Qu’est ce qu’on fait avec les écoles anglaises dans un Québec libéré des contraintes de la Cour suprême? »

Aubin y répond en se basant sur l’exode massif des Anglos vers l’Ontario en 1977. À son avis, une autre hémorragie démographique risque de se produire s’Il fallait qu’un jour le oui l’emporte. Des milliers d’anglophones vont alors quitter le Québec, prédit-il. Avec en poches, leurs dollars, et en tête, leur savoir-faire. S’envoleront ainsi tous les impôts que ces jeunes productifs payaient à la province. Bref, Aubin nous prédit une apocalypse à la sauce grecque.


Un Aubin déconnecté

Il y a quelque chose que, par les temps qui courent, ni Macpherson, ni Aubin, ni la direction de The Gazette, ne semblent avoir compris. Ou font semblant de ne pas comprendre. Crier à corps et à cris contre toute volonté d’émancipation de la part de la majorité ne fait que pousser déjà bien des Anglos vers l’exode. Ce qu’ils gagnent en papier vendu et en Néo-Québécois décidés à voter pour « le parti des Anglais », ils le perdent en voisins et amis se laissant convaincre qu’au Québec, c’est l’enfer.

Ce qu’Aubin ne tient point à signaler, c’est que pullulent présentement à Paris les demandes de jeunes Français scolarisés, fin-prêts à s’installer dans les potentielles maisons délaissées du West-Island. Ce qu’il ne veut en rien parler, c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux les jeunes Anglos bilinguisés, qui ne se laissent plus convaincre de notre intolérance viscérale envers leur ethnie. Et nombreux sont des ex-Quebecers qui, ayant la nostalgie du pays, reviennent à Montréal et s’installent « sur le Plateau », question de vivre au cœur du bouillonnement culturel métropolitain.

Et ils seraient encore plus nombreux à ne pas partir ou à entreprendre un retour si, pour une seule fois depuis longtemps, le journal The Gazette s’engageait à travailler dans l’intérêt économique du Québec, en faisant connaître par exemple à ses lecteurs les écrits de la regrettée Jane Jacobs. Cette éminente urbaniste étasunienne, de renommée internationale, a vécu plusieurs années à Toronto. Ce qui ne l’a jamais empêchée de répéter à tous vents que le Québec subira un inexorable déclin s’il n’accède pas à son indépendance.



Une Gazette plus équilibrée ?

Ne serait-ce pour quelques fois donner un son de cloche différent que celui que constamment bourdonnent les Macpherson et Aubin, la direction The Gazette, ne pourrait-elle pas publier le point de vue d’académiciens patentés qui s’inquiètent de la très commencée et inexorable louisianisation du Québec?

Ainsi, il y a quelques mois, lors de la parution du livre La question du séparatisme de Jane Jacobs, il aurait été avantageux pour ses lecteurs de savoir que Robin Philpot, écrivain et éditeur, anglo-ontarien « de souche » devenu Québécois de cœur, avait interviewé l’éminente urbaniste.

C’était en 2006, quelques mois avant son décès. Au fil de l’entrevue, elle aurait confié à Philpot qu’elle n’avait jamais changé d’avis à propos de la viabilité d’un un Québec indépendant, une opinion, qu’elle avait défendue dans son livre, The Question of separatism, publié juste avant le référendum de 1980.

Autre grave question : pourquoi le journal boude tant les travaux du professeur Charles Castonguay? Peut-être que ce autre éminent académicien anglo-ontarien démontre trop bien que ce n’est pas l’anglais mais le français qui est en péril à Montréal. Big problem!


Place plutôt aux boutefeux farfelus

En lieu et place de Jacobs et Castonguay, The Gazette préfère offrir large tribune à Keith Henderson. Dans son texte Partition would be back on the table if Quebec secedes, publié le 13 mars, l’ex-chef de l’Equality Party semonce Henry Aubin pour avoir négligé « la question territoriale » dans son papier du 5 mars traitant d’Option nationale. Et c’est en se référant au Clarity Act qu’il critique la mollesse de son confrère.

Étrange confusion apportée par cette très mal nommée loi : dans sa très officielle version française, telle qu’on peut la lire sur la Toile, et dont on nous spécifie qu’elle a été modifiée le 15 mars, soit deux jours avant l’article d’Henderson, n’apparait aucunement le paragraphe que celui-ci a extrait de la version anglaise.

Preuve donc que nous nageons ici en pleine méli-mélo politique, le paragraphe commençant par « No Minister of the Crown shall propose a constitutional amendment to effect the secession of a province » n’apparait donc pas dans la version française de la Toile. C’est pourtant celle qui, de l’avis d’Henderson, concerne la négociation des frontières avec un Québec faisant sécession du Canada.

Il est ici évident que le gouvernement canadien cherche ici à donner l’image de la bonne mère-grand qui n’a pas encore été bouffée par le méchant loup. Une autre raison ici pour féliciter le député Patry d’avoir passé au Bloc. Et de crier notre honte de ne pas l’avoir suivi à tous les autres députés québécois du NPD.

Tant The Gazette que les élites politiques canadiennes sont parfaitement au courant du fait que cinq spécialistes en droit international se sont penchés sur le cas spécifique du Québec. C’était après avoir été invités par la Commission sur les questions afférentes à l’accession du Québec à la souveraineté ou CQAAQS, cette commission avait été en 1991 mise sur pied par nul autre que le premier ministre Robert Bourassa à la suite de l’Échec de Meech.

Voici ce que ces cinq experts ont écrit dans leur rapport concernant nos frontières. « Il en résulte que, dans l’hypothèse de l’accession du Québec à la souveraineté, ses frontières seraient garanties contre toute remise en cause de la part du Canada aussi bien que de tout autre État. » i



Le sordide objectif d’Henderson

Et qui est, faut-il le dire, également celui de la Gazette, du Suburban et de certaines stations de la radio anglophone. C’est donc par parenté idéologique que, le 13 mars dernier, The Gazette a encastré le papier de l’ex-chef du Parti Égalité dans sa case LETTER OF THE DAY.

Toutes les fois que le journal a traité de « partition du Québec », il l’a fait en cherchant à démontrer à ses lecteurs qu’ils pourront rester dans le Canada si le Québec accédait à l’indépendance. Ce qui est d’une fausseté absolue. Qu’importe. Tout ce qui compte c’est de mobiliser nos bons vieux anglos du West-Island et des autres villes défusionnées de l’agglomération métropolitaine au cas où « les séparatistes », ayant pris majoritairement le pouvoir, décident de faire un référendum sur la séparation ».

Il s’agit de préparer les esprits pour qu’alors le plus de monde possible descendent dans la rue avec unifolié à la main. Si en 1980 et en 1995, nous avons eu droit à des Love-In, il se peut que, pour une troisième fois, ce genre d’opération ne marche point tout aussi bien. Vaut mieux dès lors penser à un Fear-In, une opération de peur qui pourrait faire réfléchir les Québécois et les Québécoises avant de jeter dans l’urne leur bulletin coché OUI.

Pourquoi ce Fear-In ne réussirait pas, semblent dire les Henderson et autres Trudeau ? Ont eu, après tout, un vif succès, les manifs que nous avons organisées contre les fusions en 2002, ainsi que la plus récente contre « le Bill fourteen ». Nous avons d’autant plus de chances que les médias franco-québécois n’osent pas parler de ces sujets. Ils ont tellement peur de la chicane!


Une Gazette qui fait honte à son fondateur

En 1776, le Français et très voltairien Fleury Mesplet était venu fonder le journal La Gazette pour que les Canadiens apprennent les rudiments de la démocratie, un principe qui veut que le pouvoir soit exercé par le peuple. Et pour le peuple. Dans la position éditoriale que ce journal devenu unilingue anglophone a prise dans la couverture du congrès de l’Option nationale, il a fait honte à son fondateur.

Jacques Parizeau a toujours été un éclaireur lors des grands changements qu’a connus la société québécoise. Il se peut qu’il ait encore raison. Le parti de Jean-Martin Aussant va peut-être devenir « le levain dans la pâte ». En ce sens, une Gazette, toujours déterminée à tourner le dos aux intérêts fondamentaux du Québec, a tout-à-fait raison d’avoir peur. Mais elle risque fort d’avoir tort d’utiliser les vieilles peurs afin de combattre notre volonté d’émancipation. L’effet boomerang, vous connaissez ?

i `Franck, Thomas et autres, 1991, Rapport présenté à la CEQAAQS, page 396.

|La peur du « N’ayez pas peur » fait ressurgir les vieilles peurs
4463|4547|Économie Manchettes|Le Québec, bientôt rattrapé par la crise économique?|2013-04-08 07:35:03|Pierre Dubuc|

Un déficit commercial d’un milliard de dollars pour le Canada au mois de février, alors que les « prévisionnistes » s’attendaient à un surplus, n’augure rien de bon pour l’économie canadienne.

D’ailleurs, la revue britannique The Economist se montre assez inquiète pour l’avenir de l’économie canadienne. « Canada’s economy, on thinning ice », titre-t-elle son article sur le Canada dans son édition du 30 mars.

Le portait est, en effet, assez sombre. Pour une onzième année consécutive, les dépenses des ménages dépassent le revenu disponible. Une hausse du chômage ou des taux d’intérêt pourrait mener plusieurs ménages à un défaut de paiements sur leur hypothèque, souligne la bible des milieux d’affaires.



Emplois manufacturiers : un creux historique

Le taux de chômage a augmenté au mois de mars avec la perte de 54 000 emplois, soit la pire perte depuis février 2009. La perte est, dans les faits, de 93 100 emplois, compensée en partie par 38 700 personnes se déclarant travailleurs autonomes.

Au Québec, le taux de chômage a grimpé à 7,7%, alors que la moyenne canadienne est de 7,2%. Au mois de mars, le secteur manufacturier a été durement touché avec la suppression de 19 500 emplois, soit 80% des emplois manufacturiers perdus dans l’ensemble du Canada.

Avec à peine 467 900 emplois dans le secteur manufacturier, le Québec atteint un creux historique selon les Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

Pour The Economist, la solution pour le Canada ne réside pas dans un plus grand endettement des ménages, mais dans une augmentation des investissements privés et une augmentation des exportations.



« L’argent mort »

Concernant les exportations, nous venons de voir que tel n’a pas été le cas au mois de mars avec un déficit commercial de 1 milliard de dollars. Le Canada est victime de la stagnation de l’économie américaine qui compte pour 73% de ses exportations.

Le traité de libre-échange présentement en négociation avec l’Europe n’apparaît pas non plus comme une solution pour The Economist, étant donné le marasme économique actuel dans lequel est empêtré le Vieux Continent.

Quant aux investissements privés, le magazine rappelle que les entrepreneurs ont jusqu’ici résisté à tous les appels à investir du ministre des Finances Jim Flaherty et du gouvernement de la Banque du Canada, même s’ils sont assis sur des milliards d’« argent mort », selon les propos de Mark Carney.



Pétrole : les goulots d’étranglement

L’exportation accru de pétrole, le principal produit d’exportation du Canada, est freinée par l’opposition à la construction des oléoducs Keystone aux États-Unis, Northern Gateway en Colombie-Britannique.

Une pression économique et politique extraordinaire sera exercée par le lobby pétrolier et le gouvernement Harper au cours des prochaines années par la construction d’oléoducs pour alimenter le Québec et l’Ontario, qui représentent 63% de la population canadienne, mais également pour l’exportation vers l’Asie par les ports de Québec et Saint-John au Nouveau-Brunswick.

Mais cela va prendre du temps et il faudra venir à bout de l’opposition des environnementalistes à ces projets. Pendant ce temps, le prix du pétrole vendu aux États-Unis dégringole à cause du boom de l’exploitation du pétrole de schiste chez nos voisins américains.



The Economist, piégé par son credo néolibéral

L’article de The Economist se termine en disant que, finalement, la relance de la consommation des ménages représente le principal espoir d’un meilleur avenir économique, même si, au départ, on affirmait que l’endettement des ménages avait atteint un seuil critique!?!? Comprenne qui pourra!

En fait, on ne pouvait s’attendre à une autre conclusion de la part d’une publication dont le néolibéralisme est le credo économique.

Mais il y a d’autres avenues. Par exemple, une plus grande intervention économique du gouvernement. Mais Flaherty, tout comme Marceau au Québec, ont choisi d’atteindre le plus rapidement possible le déficit zéro et de faire confiance au secteur privé.

The Economist ne croit pas aux mesures visant à favoriser les investissements privés contenus dans le dernier budget Flaherty et le même reproche pourrait s’adresser au budget Marceau.

On se souviendra que le ministre Marceau a promis un congé fiscal de dix ans pour les projets d’au moins 300 millions $. À notre connaissance, les entreprises ne se sont pas précipitées pour profiter de ce congé fiscal.

D’ailleurs, lors de son récent énoncé budgétaire, le ministre Marceau a constaté que la croissance n’était pas au rendez- vous. On se demande comment elle aurait pu l’être, étant donné que les « fondamentaux » de l’économie sont au point mort.

Plutôt que de remettre en question son objectif du déficit zéro, Marceau demande à ses collègues du cabinet, encore plus de compressions! Ce qui n’aura pour effet que d’accentuer le ralentissement économique et créer plus de chômage.

On en sera bientôt au point où on pourra demander pourquoi le mandat de la Commission Duceppe ne devrait pas être élargi pour tenir compte des effets du budget Marceau sur l’emploi!

|La glace de l’économie canadienne est mince, selon The Economist
4464|4548|Société|Comment la laïcité peut changer notre monde!|2013-04-08 08:51:48|Louise Mailloux|

|Louise Mailloux sur la laïcité au Québec
4465|4549|Environnement Manchettes|Le Front de Libération de la Ouiatchouan|2013-04-08 10:15:38|Communiqué du FLO|

Val-Jalbert, 8 avril 2013 – Les militantes et militants du F.L.O. sont déterminés à maintenir leur occupation pacifique jusqu’à l’arrêt du projet. Ils sont barricadés à l’intérieur des deux cabines de téléphériques surplombant  le chantier dans la zone de dynamitage pour neutraliser l’avancée des travaux.  Toute tentative de les déloger mettrait en péril leur intégrité physique.
 
Les travaux entourant le projet de centrale hydroélectrique sur le site patrimonial de Val-Jalbert sont en cours depuis le mois de février malgré l’opposition d’une majorité des habitants du Lac St-Jean, des Ilnus de Mashteuiatsh Gardiens du territoire et de l’ensemble du Québec, malgré de nombreuses irrégularités dans l’octroi des contrats et surtout malgré les dommages permanents qui seront appliqués à la rivière Ouiatchouan et au site historique de Val-Jalbert.

Face à l’échec des processus démocratiques et la mauvaise foi des élus de la région, les citoyennes et citoyens membres du Front de Libération de la Ouiatchouan (F.L.O.), composés d’Ilnus, de citoyens du lac St-Jean et de sympathisantes et sympathisants de l’ensemble du Québec, ont entrepris de prendre leurs responsabilités afin de protéger leur bien patrimonial et l’intégrité d’une des plus belle chutes du Québec.

Une occupation des téléphériques surplombant le site est donc en cours depuis le matin du 8 avril et les militantes et militants du F.L.O. sont déterminés à y rester jusqu’à l’arrêt permanent des travaux et de ce projet insensé.
 
Le gouvernement du Québec ne respecte pas ses propres critères quand à l’acceptabilité sociale et l’intégrité des entreprises impliquées dans ce projet. Le gouvernement a répété à plusieurs reprises que les projets de petites centrales sont non rentables et nuisibles pour la société québécoise. Les entreprises BPR et Dessau, bien connues pour leurs pratiques douteuses, sont toujours partenaires des travaux.

Le dossier de Val-Jalbert, pourtant présenté comme un exemple de partenariat avec les autochtones, souffre aussi d’une consultation en bonne et due forme des membres de la communauté Ilnu de Mashteuiatsh.

Le conseil de bande, qui s’est engagé à 45% dans le financement du projet, a été désavoué et est maintenant forcé de retourner en élection.

Toutes les apparences indiquent donc que le projet de Val-Jalbert va à l’encontre du Bien Commun et constitue un cadeau politique à Bernard Généreux. Lorsque les lois deviennent immorales, lorsque les élus se détournent de ceux qu’ils sont supposés représenter, lorsque les autorités sont incapables d’assumer leur responsabilité de protéger notre environnement, il est de notre devoir,  nous citoyennes et citoyens du Québec, de prendre la place qui nous revient.
 
Il est temps de mettre un terme à ce simulacre de développement économique et au gaspillage de fonds publics. Nous demandons à la première ministre Marois d’avoir le même courage que son prédécesseur Bernard Landry qui a arrêté un projet similaire en 2002 sur la rivière Trois-Pistoles alors que les travaux étaient déjà commencés.

Ce projet est déficitaire pour la société québécoise donc, arrêter les travaux à tout moment constitue un gain et non une perte. Il est encore temps de faire le bon choix. Détruire une des plus belles chutes du paysage québécois, est-ce vraiment le pays que le parti québécois veut nous donner?

Photo : Radio-Canada

|Ses militants sont présentement barricadés au dessus du site patrimonial de Val-Jalbert!
4466|4550|Environnement Manchettes|Pipeline d’Enbridge : Harper veut museler l’opposition|2013-04-09 06:50:35|Équiterre|

Une nouvelle procédure antidémocratique rend plus complexe que jamais la participation du public aux audiences de l’Office national de l’énergie qui doit évaluer le projet d’inversion de la Ligne 9, un oléoduc appartenant à la compagnie Enbridge.

Ainsi, avant même de soumettre un mémoire, les citoyens et organisations intéressés devront pour la première fois obtenir la permission de participer à l’audience en remplissant un formulaire de 10 pages qui exige la production de références ainsi que d’un curriculum vitae, un véritable frein à la participation du public.

En vertu de la nouvelle règlementation en vigueur, un résident du Québec qui habite le long de l’oléoduc n’aura que deux semaines pour remplir le formulaire.

Ces nouvelles contraintes bureaucratiques sont une conséquence directe de la « loi mammouth » sur le budget (projet de loi C-38) adoptée au printemps dernier et qui démantelait les protections environnementales au Canada.

Rappelons que la Ligne 9 est un vieil oléoduc de 40 ans qui traverse les régions les plus densément peuplées de l’Ontario et du Québec. Enbridge prévoit y faire circuler du pétrole lourd des sables bitumineux en direction de l’est. Ce projet sera le premier examiné par l’Office national de l’énergie depuis l’adoption du projet de loi C-38.

« Cette nouvelle procédure est antidémocratique. Il s’agit d’une tentative de museler le public préoccupé par le projet. L’impact environnemental de l’inversion de la Ligne 9 ne fera l’objet d’aucun véritable débat devant l’Office national de l’énergie », affirme Patrick Bonin de Greenpeace.

« Les Québécois ne devraient pas avoir à demander la permission d’être entendus lorsqu’un projet comporte un risque sérieux pour leur collectivité, » affirme Steven Guilbeault d’Équiterre. « Depuis quand le CV d’une personne détermine-t-il si cette personne peut se prononcer sur un enjeu public? »

Selon Christian Simard, de Nature Québec « Toute personne qui habite ou travaille le long du pipeline subit déjà les contrecoups des changements climatiques et pourrait être touchée par un éventuel déversement de pétrole. Envoyer un commentaire écrit à une agence publique à des fins d’évaluation est un droit fondamental. »

La Ligne 9 d’Enbridge frôle des résidences privées et des cours de récréation, et passe par de nombreuses exploitations agricoles. Elle traverse ou longe les Grands Lacs, les rivières des Outaouais, des Mille-Îles et des Prairies. Une fuite pourrait signifier une menace pour l’approvisionnement en eau potable de millions de personnes.

Voici quelques-unes des nouvelles contraintes bureaucratiques limitant la participation du public :

• La nécessité de remplir un formulaire d’application de 10 pages.

• La soumission des qualifications des participants par l’entremise d’un CV et d’une lettre de références.

• La nécessité de « demander la permission » de déposer un mémoire.

• La restriction de la participation aux personnes « directement touchées » ou « possédant de l’information pertinente », bien qu’aucun de ces deux critères ne soit clairement défini.

• La réduction de la durée de participation à deux semaines, après quoi le public sera exclu de l’audience. Un citoyen qui prend connaissance du projet après ce délai n’aura pas le droit de se prononcer.

• Le manque de clarté des normes d’acceptation ou de rejet des candidatures.

En plus de ces obstacles à la participation du public, l’autre conséquence de la Loi C-38 est que le projet d’Enbridge ne sera soumis à aucune évaluation environnementale indépendante.

Jusqu’en 2012, le gouvernement fédéral faisait l’évaluation d’environ 6000 projets par année. On estime que ce nombre chutera à moins de 40 pour l’année en cours.

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Environnement Jeunesse, Équiterre, Greenpeace, Justice climatique Montréal, Nature Québec, Sierra Club - chapitre Québec et WWF Canada demandent au gouvernement du Québec d’intervenir relativement au projet de pipeline d’Enbridge et d’enquêter sur l'ensemble des enjeux et impacts environnementaux, de manière à ce que ceux-ci soient analysés dans leur ensemble et non de manière parcellaire comme c’est le cas présentement.

« Le gouvernement du Québec devra intervenir pour garantir la transparence du processus, défendre les intérêts de la population québécoise et protéger notre environnement », conclut André Bélisle de l’AQLPA.

|La participation du public aux audiences est compromise
4467|4551|Économie Manchettes|« Offshore Leaks » : la pointe du iceberg|2013-04-09 07:04:55|ATTAC-Québec|

ATTAC-Québec se réjouit de l’importante fuite que l’on a nommée les « Offshore Leaks ».

Les informations obtenues révèlent ce que notre association répète depuis sa fondation : les fuites fiscales dans les paradis fiscaux privent nos États de sommes colossales, au moins entre 7 et 12 milliards de dollars à l’échelle du Canada.

Cet argent devrait s’additionner annuellement aux fonds consolidés des gouvernements et, par exemple, être investi dans les services publics et les programmes sociaux.

Cette fuite n’est cependant que la pointe de l’iceberg. Elle ne concerne que dix paradis fiscaux, excluant la Barbade, le plus utilisé par les Canadiens, de même que les zones de complaisance du secret, telles la Suisse, le Delaware aux États-Unis, et la Cité de Londres. De plus, elle ne nous apprend rien sur l’évasion et l’évitement fiscaux des entreprises et sur leurs pratiques pour éviter de payer de l’impôt.

Il est urgent que nos gouvernements fédéral et provincial prennent des mesures fermes pour contrer les fuites fiscales par le biais des paradis fiscaux. Les publicités sur le sujet, lancées par le gouvernement du Québec, ne sont pas selon nous un moyen significatif pour combattre le problème. Et la stratégie du gouvernement du Canada, qui mise surtout sur la délation pour combattre l’évasion fiscale internationale, est à la fois insuffisante, inquiétante et inefficace. De plus, elle est clairement vouée à l’échec si le gouvernement ne revient pas sur sa décision de couper 3000 postes de vérificateurs d’impôt.

ATTAC-Québec propose plutôt* :

• Une augmentation significative du nombre de vérificateurs d’impôt. Plusieurs d’entre eux devraient avoir le mandat spécifique de s’attaquer à l’évasion fiscale dans les centres offshore ;

• Une révision, voire l’élimination, des accords fiscaux négociés par le Canada. Ces accords facilitent, entre autres, les manipulations des prix de transfert entre filiales des multinationales, ce qui permet à de nombreuses entreprises de ne payer quasiment aucun impôt sur les bénéfices ;

• L’interdiction aux banques canadiennes d’avoir des filiales dans les paradis fiscaux. Ce qui les empêcherait d’être les facilitateurs et les complices de l’évitement fiscal ;

• L’obligation de rendre automatique l’échange de renseignements bancaires (ce qui se fait maintenant aux États-Unis).

L’état de nos finances publiques ne nous permet plus d’éviter la question. Les pratiques d’évitement fiscal permises par nos gouvernements sont en fait un vol légalisé de fonds publics. Il est inacceptable que les citoyens et citoyennes du Québec et du Canada paient scrupuleusement leurs impôts, alors que les plus riches et les grandes entreprises se libèrent impunément de ce devoir.

ATTAC, l’Association québécoise pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne, est une association citoyenne non partisane présente dans 40 pays. Fondée en 2000, ATTAC-Québec s’applique à faire connaître les enjeux qui accompagnent la mondialisation financière, en particulier la taxation des transactions financières, les paradis fiscaux et le libre-échange. L’association fait partie, entre autres, de la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics, du groupe Échec aux paradis fiscaux, des Canadiens pour une fiscalité équitable et est en lien avec le Réseau pour la justice fiscale/Québec.

|Quatre mesures contre les paradis fiscaux
4468|4552|Environnement Accueil_Analyses|Quand le gaz de schiste fait trembler la terre|2013-04-09 07:16:01|Stéphane Foucart|

Article repris du journal Le Monde

Le 6 novembre 2011, un séisme de magnitude 5,7 frappait la petite ville de Prague, dans l'Oklahoma (Etats-Unis). Le tremblement de terre détruisit une quinzaine d'habitations, fit deux blessés et tordit le ruban d'asphalte d'une quatre-voies. Précédé d'un événement classé au cinquième niveau de l'échelle de Richter et suivi d'environ un millier de répliques de faible intensité, il fut ressenti dans 17 Etats américains.

Apparemment sans grand intérêt - ni par son ampleur ni par les dégâts occasionnés -, le séisme de Prague a pourtant un statut un peu particulier. Il a toutes les chances d'avoir été le plus fort sursaut de la croûte terrestre provoqué jusqu'ici, sur le sol américain, par des activités humaines.

Dans une étude publiée mardi 26 mars par la revue Geology, Katie Keranen (université de l'Oklahoma) et ses coauteurs de l'université Columbia à New York ont analysé la séquence d'événements ayant précédé et suivi le séisme.

Les auteurs concluent à un lien causal entre l'injection de fluides de fracturation usés dans le sous-sol et la survenue du tremblement de terre. Non loin de Prague, un ancien gisement pétrolier, désormais épuisé, est en effet utilisé depuis plusieurs années comme site d'injection d'eaux souillées issues d'opérations de fracturation hydraulique - la technique d'exploitation du gaz de schiste.

C'est la surpression induite dans la faille dite « de Wilzetta » qui a provoqué la cascade d'événements sismiques. Les géologues notent que la quantité d'eaux usées injectée était faible. Mais la pratique, qui dure depuis plusieurs années, a suffi à déséquilibrer le sous-sol. Ils notent également que  les opérations d'injection se poursuivent et que des tremblements de terre de magnitudes supérieures à 3 continuent de se produire .


Éléments radioactifs

La situation en Oklahoma n'est pas isolée. La récente ruée vers les gaz et huiles de schiste produit des quantités importantes d'eaux usées dont il faut bien se débarrasser. Une bonne part du fluide de fracturation (mélange d'eau, de sable et d'adjuvants chimiques) utilisé pour fissurer la roche-réservoir, loin sous la surface, est en effet régurgitée par les puits, après la fracturation de la roche.

Ces eaux usées, inutilisables, chargées d'adjuvants chimiques, de métaux lourds ou d'éléments radioactifs présents dans la roche-mère, sont souvent réinjectées dans des vieux puits.

En 2012, au congrès annuel de la Société géologique américaine, l'US Geological Survey (USGS) a présenté des travaux montrant qu'en Oklahoma le nombre annuel de séismes de magnitude supérieure à 3 a été multiplié par 20 entre 2009 et 2011, par rapport au demi-siècle précédent. Selon l'USGS, l'Arkansas, le Texas, l'Ohio et le Colorado, où se déroulent des opérations d'injection ou de fracturation, connaissent une situation comparable.

|Des scientifiques lient un tremblement de terre à la fracturation
4469|4553|Accueil_Actualités|Conférence : Le bureau des évangéliques par Louise Mailloux|2013-04-09 07:28:01|L’aut’journal|

Organisée par le Centre for Inquiry de Montréal,

Vendredi 12 avril 2013, à 19 h.
au Centre Humaniste du Québec,
1225 Boul. St-Joseph Est, Montréal

Entrée: membre du CFI: gratuite, générale: $10

L’annonce par le gouvernement Harper de la création d’un Bureau de la liberté religieuse suscite bien des interrogations quant au rôle que jouera cet organisme religieux à l’étranger.

Dans une entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir du 24 février, Jason Kenney, ministre de l’Immigration, a justifié la création de ce Bureau en réponse à une vague croissante de persécution religieuse dans le monde.

Mais, contrairement à ce qu’il prétend, ce bureau politique, rattaché au ministère des Affaires Étrangères, n’a pas été créé pour protéger les adeptes du Falun Gong ou les Tibétains face aux politiques répressives de la Chine, devenue aujourd’hui un important partenaire commercial du Canada, mais bien plutôt pour soutenir l’activité missionnaire évangélique à l’étranger et travailler de concert avec les ONG canadiennes qui sous couvert de travail humanitaire oeuvrent à la christianisation des populations.

|Vendredi 12 avril 2013, à 19 h. au Centre Humaniste du Québec
4470|4554|Accueil_Actualités|Assurance-emploi ou l’emploi à tout prix ?|2013-04-09 07:29:46|Jean-Simon Carrier|

L’auteur est enseignant au secondaire à St-Hyacinthe

Le 4 avril avait lieu un événement au Cabaret La Tulipe à Montréal. Il était organisé par la Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi. Cette soirée faisait partie du plan d’action de la Coalition devant aboutir à la manifestation du 27 avril à Montréal. Dans mon cas, je n’ai jamais eu besoin de l’assurance-emploi et je ne crois pas en avoir besoin dans les prochaines années. Par contre, les changements apportés feront mal dans les Maritimes et dans l’Est québécois mais aussi aux travailleurs précaires.

Il y a quelques années, j’ai eu la chance de passé un mois dans les Maritimes. Je me suis rendu compte, à ce moment, à quel point l’économie de cette région est fragile. Les habitants du Cap-Breton ou de Terre-Neuve ont beaucoup de difficultés à trouver une job. Évidemment, pendant la saison touristique, il y a plus de possibilités mais sans entreprise structurante ou programme particulier, ils se retrouvent sans emploi l’hiver venu.

J’ai fait le même constat en allant aux Iles-de-la-Madeleine cet été. Les Madelinots s’efforcent pendant la période touristique de travailler le plus possible. Je discutais avec un portier de la salle de spectacle des Pas Perdus. En plus de ce travail, il faisait de la livraison pour la micro-brasserie À l’abri de la Tempête et obtenait certains contrats de rénovation. Donc, il cumulait, l’été dernier, trois emplois. Si vous avez remarqué, la salle de spectacle et la livraison sont directement en lien avec le tourisme. Que peut-il faire l’hiver ? Prendre l’avion pour aller à Gaspé ? Et même là, pourrait-il trouver un emploi ?

Dans un autre registre, un enseignant à statut précaire bénéficie de l’assurance-emploi pendant l’été. Si ce travailleur a la malchance de ne débuter un contrat qu’en novembre, il peut devenir un prestataire fréquent et là, la réforme le touche directement. À l’émission Désautels, sur la radio de Radio-Canada, la ministre des ressources humaines et du développement des compétences du Canada a laissé entendre qu’il serait mieux pour un enseignant de travailler dans un restaurant à temps plein que de travailler dans une école à temps partiel!

Le gouvernement du Canada (lire le Parti conservateur) nous a fait parvenir une lettre expliquant qu’il n’attaque pas les salariés. Évidemment, il omet certaines choses dans ce dépliant. Par exemple, un travailleur devra peut-être faire jusqu’à 200 km dans la même journée pour travailler. Avec le prix de l’essence, certaines personnes pourraient s’appauvrir dramatiquement. Mais le gouvernement affirme qu’il ne force personne à déménager ! En plus, l’impact ne se fait pas sentir seulement chez les travailleurs. L’association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick affirme que la réforme nuit au rendement d’élèves qui ont des parents faisant face à cette-dernière.

La soirée du 4 avril a été extrêmement intéressante. Nous nous sommes rendu compte collectivement qu’il faut affirmer haut et fort : « Chez nous, c’est non au saccage de l’assurance-emploi ». Il faut se rappeler que ce n’est pas le travailleur qui est saisonnier, c’est l’économie de certaines régions qui l’est. Cette réforme est une autre aberration d’un gouvernement maladroit voire carrément incompétent. Donc, soyons nombreux à la manifestation nationale du 27 avril à Montréal pour le lui rappeler.

|Ce n’est pas le travailleur qui est saisonnier, c’est l’économie de certaines régions qui l’est.
4471|4555|Manchettes Mouvements_étudiant Livres|De l’école à la rue : un ouvrage majeur sur le « printemps érable »|2013-04-10 07:12:01|Pierre Dubuc|

Le 7 février 2012, tous les regards des dirigeants de la CLASSE sont tournés avec inquiétude vers le cégep de Valleyfield. Il est le premier cégep à se prononcer sur la grève générale illimitée.

Dans le plan de match, soigneusement élaboré au cours des deux années précédentes, Valleyfield n’arrivait pas en tête de liste des cégeps appelés à voter. Mais des étudiants opposés à la grève avaient réussi à faire devancer la tenue de l’assemblée générale.

Finalement, c’est par une majorité d’à peine 12 votes que les étudiantes et les étudiants de Valleyfield se prononcèrent pour la grève générale illimitée.

Le mouvement était enclenché. Une semaine plus tard, le plancher de 20 000 étudiants provenant de sept associations et de trois campus différents était atteint. La grève générale illimitée était déclarée. À son apogée, le 22 mars, 310 000 étudiants seront en grève.


Planification, organisation et versatilité

Dans un ouvrage remarquable, De l’école à la rue (Écosociété), Renaud Poirier St-Pierre et Philippe Éthier nous font pénétrer dans les coulisses de la grève étudiante. On y apprécie la minutie dans la préparation de la grève générale, mais également le brio avec laquelle elle a été menée.

Le plan initial prévoyait le déclenchement de la grève en trois vagues. L’ordre dans lequel les cégeps devaient voter avait été établi en fonction de quatre critères, dont l’historique des grèves.

La réaction au bouleversement dans ce scénario causé par les événements à Valleyfield déclenche un branle-bas de combat. De 5 à 10 militants de la CLASSE sont envoyés sur le campus pendant plus d’une semaine, tous les jours de 8 h à 18 h.

Leurs interventions étaient préparées et planifiées depuis de longs mois. L’IRIS, un tink thank de gauche, leur avait fourni un argumentaire sophistiqué. Il avait été simplifié pour pouvoir être récité devant chaque classe lors d’une présentation de 10 minutes. Des tracts étaient prêts à être distribués.


La construction d’un rapport de forces

Inspirée par le syndicalisme de combat des années 1970, l’action de la CLASSE était basée sur le refus de toute négociation avec le gouvernement, tant qu’un rapport de force conséquent n’aurait pas été établi.

Dans De l’école à la rue, les auteurs décrivent l’escalade des moyens de pression prévue pour atteindre cet objectif : pétition, actions symboliques, manifestations, grève ponctuelle, action directe, grève générale illimitée.

À cette escalade s’ajoute la nécessité de créer une coalition des forces progressistes de la société civile et, en tout premier lieu, d’une entente entre les associations étudiantes.

« Aujourd’hui, nous annonçons que nous n’irons pas négocier l’un sans l’autre », déclarait inopinément lors d’un point de presse Gabriel Nadeau-Dubois. L’entente dont il était question, proposée par la CLASSE, comprenait trois clauses : a) de solidarité; b) de non recommandation aux instances; c) de non-dénonciation des actions des autres composantes.

Entérinée par la FECQ, mais non par la FEUQ, c’est pourtant cette dernière qui l’a respectée et non la FECQ, nous disent les auteurs.

Les organisations communautaires regroupées dans la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics, les artistes (particulièrement lors de la Soirée des Jutra) et les grandes centrales syndicales ont apporté leur soutien au mouvement étudiant.

Mais, dans le cas des centrales, les associations étudiantes se rappelaient que Henri Massé, en 2005, s’était ingéré dans la grève en demandant au mouvement étudiant de « mettre de l’eau dans son vin ». En 2012, elles ont préféré intervenir par l’intermédiaire de la base syndicale. Profs contre la hausse a été créé dans cette perspective.


Manœuvrer face à l’État

Conscients que l’État a « le monopole de la violence légitime » (Max Weber), les leaders étudiants savaient d’emblée que le rapport de force leur était au départ défavorable. Mais ils ont su habilement profiter des contradictions du système pour le modifier en leur faveur.

Dans leur livre, Renaud Poirier St-Pierre et Philippe Éthier analysent les revirements les plus importants de ce long conflit.

Ils reconnaissent que le mouvement étudiant a été pris de court lorsque le gouvernement a imposé le qualificatif « boycott » en lieu et place de « grève », déclassifiant ainsi le caractère collectif de l’action étudiante.

Les étudiants ont répliqué en parlant de désobéissance civile dans une perspective de « wedge politics ». La stratégie n’était pas de chercher à rallier la majorité de l’opinion publique, mais de mobiliser une minorité de citoyens qui vont travailler activement à faire avancer la cause.

Leur approche a été couronnée de succès. Selon un sondage, 26% de la population appuyaient l’annonce de la CLASSE qu’elle allait défier la loi spéciale par la désobéissance civile.


La question de la violence

L’autre stratégie du gouvernement a été de présenter le mouvement étudiant comme le porte-étendard de la violence et de l’intimidation. C’est un classique. Le mouvement étudiant se l’était fait servir en 2005 et cela lui avait « scié les jambes », de rappeler les auteurs de De l’école à la rue.

« Condamner la violence de la façon dont l’entendaient à l’époque le gouvernement et certains chroniqueurs revenait à délégitimer la plupart des actions menées durant la grève. La moindre désobéissance civile était considérée comme un geste violent par le gouvernement », rappellent-ils.

Si condamner la violence, c’était condamner les actions de ses propres membres, la légitimer, c’était donner le prétexte au gouvernement d’exclure la CLASSE des négociations. L’enjeu était donc de taille.

Le soir des affrontements violents à Victoriaville, Gabriel Nadeau-Dubois a été forcé d’intervenir. Sa déclaration est un petit chef d’œuvre du genre.

« Ce soir, a-t-il dit, il y a eu des actions inacceptables. On parle de gens qui ont été blessés, de violence volontaire envers des personnes. Pour nous, ce sont des actions que nous condamnons vertement. Ça s’inscrit dans une escalade de la tension et de la confrontation qui est inacceptable. Ça n’aide en rien à résoudre le conflit actuel. »

Les auteurs du livre rapportent qu’un employé du cabinet de Lyne Beauchamp leur a confié qu’on avait trouvé son commentaire très vague, mais a confirmé que si la seule condamnation précise avait été la violence des policiers, la CLASSE aurait été exclue des négos.


La CLASSE face aux médias de masse

Cette déclaration de GND avait été minutieusement préparée, comme d’ailleurs la plupart des interventions des porte-parole de la CLASSE lors de ce conflit.

Les chapitres les plus intéressants du livre sont ceux qui décrivent l’utilisation des médias de masse par le mouvement étudiant.

« Force est d’admettre, écrivent-ils, qu’une majorité de la population n’a jamais appuyé les étudiants en grève malgré l’ampleur de la couverture médiatique. En ce sens, nous avons perdu la ‘‘bataille’’. Mais qui dit que la CLASSE utilisait principalement les médias afin de convaincre l’opinion publique? De fait, pour le comité média de la CLASSE, l’utilisation des médias se voulait d’abord et avant tout un outil pour accroître la mobilisation. »

Le livre explique les efforts déployés pour « parler le langage des médias de masse » et s’adapter à leur fonctionnement, non pas sur le fond, mais sur la forme.

Avec leurs communiqués de presse, leurs attachés de presse, leurs « fuites » calculées, la création de « pseudo-événements », les étudiants ont joué le jeu des grands médias. Leur pragmatisme l’a même emporté sur leurs principes, quand des médias refusaient une entrevue lorsqu’on leur proposait Jeanne plutôt que Gabriel comme porte-parole.

Ils avaient également compris qu’ils devaient préparer et répéter des déclarations de 10 secondes pour les bulletins télévisées, tout en développant des tournures de phrases différentes selon qu’on s’adressait au public de TVA ou à celui de Radio-Canada.


Mobilisation populaire et processus électoral

Si le mouvement étudiant a réussi à vaincre le silence initial des médias, c’est parce qu’il s’appuyait sur une très large mobilisation.

Le livre explique en détail les différentes facettes de cette mobilisation et les articulations de ce discours. La perspective néolibérale résumée dans le slogan « Pour le gel des frais de scolarité dans une perspective de gratuité scolaire » et une vision populaire avec « La grève est étudiante, la lutte est populaire ».

Mais, selon les auteurs, le fondement de la réussite de cette mobilisation repose sur le mode de fonctionnement et la culture organisationnelle du mouvement étudiant québécois, fruit d’une longue tradition de lutte avec huit grèves générales illimitées.

« L’assemblée générale ne peut être réduite à une instance de discussions et de prises de décision, écrivent-ils. Elle est beaucoup plus qu’une simple structure, car elle est aussi un espace où l’individu prend conscience qu’il fait partie de quelque chose qui le dépasse : une collectivité, une communauté qui partage ses idées, un mouvement. »

Mais la mobilisation étudiante s’inscrit dans un contexte social et politique particulier et les auteurs s’inscrivent en faux contre une croyance populaire, répandue dans le mouvement étudiant, selon laquelle toute grève, une fois massive, réussit à faire reculer le gouvernement.

« Devant l’intransigeance et la violence d’un parti politique au pouvoir, son remplacement peut parfois être la seule issue possible à un conflit. Il est nécessaire de le rappeler, ce n’est pas uniquement la grève qui a annulé la hausse des frais de scolarité, il a aussi fallu des élections », font-ils valoir.

Renaud Poirier St-Pierre et Philippe Éthier ont raison de dire que, plus qu’un petit manuel du militantisme, leur ouvrage est véritable livre de realpolitik.

En guise de conclusion, citons les six axes qu’ils identifient comme nécessaires à la construction d’un mouvement social :

  1. La puissance d’un mouvement social réside dans son rapport de force, qui est à la fois matériel et symbolique.

  2. Pour bâtir un rapport de force ayant la capacité de faire reculer le gouvernement sur une mesure peu controversée au sein de l’élite, il est nécessaire de créer un mouvement de masse.

  3. Le rôle de l’organisation est de démarrer le processus de mobilisation, puis de le coordonner. La masse est le mouvement, c’est elle qui le contrôle à travers des structures fonctionnant du bas vers le haut.

  4. Le discours d’un mouvement doit se fonder sur deux paramètres : le court et le long termes. Toute revendication doit s’inscrire dans un projet social plus large.

  5. Les médias de masse sont d’abord un catalyseur pour la mobilisation, ensuite un outil pour convaincre l’opinion publique. Le premier aspect doit primer sur le second.

  6. L’utilisation des médias sociaux et des nouvelles technologies est essentielle, mais non suffisante à la lutte.


À lire absolument
De l’école à la rue
Renaud Poirier St-Pierre et Philippe Éthier
Écosociété

|Un livre essentiel pour tout militant étudiant, communautaire, syndical ou indépendantiste
4472|4556|Manchettes Politique_Canada|Libre-échange Canada-Europe : ATTAC-Québec répond à Mulcair|2013-04-10 07:57:29|ATTAC-Québec|

À quelques jours du Congrès du Nouveau parti démocratique (NPD), qui aura lieu à Montréal du 12 au 14 avril, et où l’Accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (AÉCG) devrait faire l’objet de débats et possiblement d’une résolution adoptée par le parti, nous commentons brièvement la lettre (voir le texte plus bas) que le NPD a envoyée aux personnes ayant écrit récemment à leur député au sujet de l’AÉCG, à notre invitation.

Le fait que cette lettre soit bilingue montre bien que des citoyenNEs ailleurs au Canada ont également interpellé le NPD à ce sujet. Le message se veut rassurant et met en valeur la combativité du parti dans ce dossier ainsi que son action, nous l’apprécions et y comptons.


L’Union européenne (UE), une économie dynamique ayant des normes élevées ?

Par contre, il reste préoccupant que le NPD se dise « …convaincu que l’Union européenne est le type d’économie dynamique aux normes élevées avec laquelle le Canada doive approfondir ses relations ».

Voici quelques exemples de ce que la Commission européenne (pas exactement un think tank de gauche) en dit elle-même :

La zone euro restera en récession en 2013
La Commission européenne a dressé vendredi un sombre tableau de l’économie de la zone euro, qui restera en récession en 2013 avec des pays multipliant les dérapages budgétaires, à commencer par la France, et une explosion du chômage.


Emploi et situation sociale dans l’Union européenne : la crise sociale s’aggrave
Les conclusions de la dernière Revue trimestrielle de la Commission européenne sur l’emploi et la situation sociale au quatrième trimestre 2012 restent préoccupantes : l’emploi a régressé partout et le chômage n’a cessé d’augmenter, tandis que la situation financière des ménages est restée précaire.


Le nombre de chômeurs dépasse les 19 millions en zone euro
« Le chômage a atteint un record absolu dans la zone euro en février, avec plus de 19 millions de personnes touchées et un taux à 12 %, et tout indique que ce record sera à nouveau battu au cours de l’année, tant la situation économique est dégradée dans l’Union monétaire. » « Et le chômage des jeunes de moins de 25 ans, à 23,9 % dans la zone euro, continue d’atteindre des sommets en Grèce (58,4 % en décembre 2012) et en Espagne (55,7 %). »


Qu’en est-il des « normes élevées » de l’Union européenne ?

Quand bien même l’UE serait une économie dynamique actuellement et tout en reconnaissant qu’elle occupe une position de chef de file dans un certain nombre de domaines où ses normes sont élevées (l’environnement par exemple), toute une autre facette de ses politiques reste malheureusement méconnue, voire niée.

Cela lui permet d’avancer en quelque sorte masquée auprès de partenaires commerciaux qui auraient avantage à mieux connaître les principes et valeurs néolibérales qui la guident et cela depuis des décennies.

En effet, quelle « norme élevée » y a-t-il à œuvrer avez zèle au démantèlement des services publics qui ont fait la réputation de plusieurs pays d’Europe ? Quelle norme élevée y a-t-il à cultiver le secret dans les négociations commerciales d’une façon encore plus anti-démocratique que ce qu’on observe au Canada, ce qui n’est pas peu dire ?

Frédéric Viale explique la situation réelle – et non mythique – de l’UE dans cet article publié dans la revue électronique québécoise Vie économique (vol. 2, no 3), « L’Union européenne, grande fossoyeuse des services publics ». Aussi, cet article du 20 juin 2012 dans le Courrier international explique que la Commission européenne comme la majorité des pays membres de l’UE ont torpillé une directive visant plus de transparence.

Concluons avec une suggestion cinéma : The Brussels Business. Qui dirige l’Union européenne ? Ce documentaire révèle les puissants lobbies qui font qu’un accord comme l’AÉCG et d’autres à l’horizon comme l’Accord plurilatéral sur le commerce des services ne se situent pas dans une logique qui permette qu’ils soient dans l’intérêt public.

Prenons-en bonne note. Nous invitons nos membres et sympathisants à poursuivre le dialogue avec leur député du NPD en lui faisant part de ces commentaires et questionnements.


La réponse du NPD à la lettre concernant l’AÉCG

Je vous remercie de votre plus récent courriel concernant l’Accord commercial Canada-UE.

Sachez que le NPD travaille fort à communiquer et protéger les intérêts des Canadiens ordinaires dans les négociations de l’Accord commercial Canada-UE. Vous pouvez compter sur notre équipe pour tenir responsable le gouvernement s’il ratifie un accord qui est injuste, ou qui menace nos programmes sociaux, nos normes de travail, nos droits de la personne et notre environnement.

Même si les conservateurs négocient l’Accord commercial Canada-UE dans le secret et dans le mépris de la démocratie, comme à leur habitude, nous continuons de demander que les intérêts de nos aînés, de nos agriculteurs, de nos collectivités locales soient défendus à la table de négociation.

Un récent échange entre le premier ministre Stephen Harper et les porte-parole du NPD, Don Davies, Malcolm Allen, et Ruth Ellen Brosseau lors de la période de questions, met en évidence notre engagement continu envers la défense de ces intérêts. Vous pouvez voir la transcription de leur échange avec le premier ministre en Chambre en cliquant ici.

Nous déplorons que le gouvernement conservateur ait une approche en matière de commerce profondément idéologique. Ils essayent constamment de se servir de nouveaux accords commerciaux pour faire passer le type de politiques de droite que vous avez évoqué dans votre message.

Ils ne s’en tireront pas aussi facilement. À l’automne dernier, nous avons maintenu la pression sur le gouvernement lorsqu’ils ont essayé de faire passer l’APIE entre le Canada et la Chine sans que l’accord soit étudié, débattu ou voté. Nous notons, avec une certaine satisfaction, qu’ils semblent avoir changé d’avis par rapport à la ratification de cet accord-là.

Même si nous avons de sérieuses préoccupations concernant la capacité des conservateurs à négocier un accord acceptable, nous sommes convaincus que l’Union européenne est le type d’économie dynamique aux normes élevées avec laquelle le Canada doive approfondir ses relations. Nous savons que pour bâtir la société juste et prospère à laquelle nous aspirons, il est important d’accroître nos exportations à valeur ajoutée et de diversifier nos relations commerciales.

Toutefois, nous ne sommes pas d’accord avec l’approche idéologique des conservateurs. Nous savons qu’en ce qui concerne les accords commerciaux, les détails sont importants. Par conséquent, nous continuerons de suivre les négociations de près, de soulever nos préoccupations et d’examiner attentivement tout accord final de manière exhaustive afin de déterminer s’il sert les meilleurs intérêts du Canada. Les préoccupations dont vous m’avez fait part feront partie de cette analyse. Je vous remercie de les avoir soulevées.

Merci encore d’avoir exprimé votre point de vue sur cette importante question.

Salutations cordiales,

Thomas Mulcair, député (Outremont)
Chef de l’Opposition officielle
Nouveau Parti démocratique du Canada

|L’Union européenne, une économie dynamique ayant des normes élevées ?
4473|4557|Manchettes Mouvements_syndical|Caisses de retraite : une perspective syndicale pour sortir de la tempête|2013-04-11 07:14:27|Maude Messier|

En 2012, la presque totalité des régimes complémentaires de retraite sont toujours insolvables. Les taux d’intérêt des obligations à long terme atteignent des planchers historiques, accentuant la pression des déficits actuariels sur les employeurs.

« Trop généreux », les régimes publics sont quant à eux la cible des analystes et des chroniqueurs financiers, qui plaident en faveur d’un arrimage au secteur privé en abolissant les régimes à prestations déterminées (qui garantissent une rente viagère) pour les remplacer par des régimes à cotisations déterminées.

La hausse de l’âge de la retraite est désormais une question de « gros bon sens ». Aux différentes politiques qui ne s’attaquent pas au fonds du problème (hausse de l’âge de la retraite, instauration de régimes volontaires d’épargne retraite et prolongation des mesures temporaires d’allègements financiers permettant de renflouer le déficit de solvabilité d’un régime sur une période de 10 ans plutôt que sur seulement cinq ans) s’ajoute aussi la charge du gouvernement conservateur contre l’épargne des travailleurs par l’abolition du crédit d’impôt supplémentaire de 15% accordé aux fonds de travailleurs, dont le Fonds de solidarité FTQ et le Fondaction CSN.

La perspective de la retraite n’est pas des plus réjouissantes pour nombre de Québécois. Pourtant, des pistes de solutions existent, comme en témoignent certaines expériences syndicales.

Michel Parent, président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal (SCFP, section locale 301), s’est adressé aux quelque 350 syndicalistes réunis au Centre Mont-Royal, à Montréal, à l’occasion du séminaire annuel sur la retraite organisé par la centrale. Le 301 est le premier syndicat d’employés de la Ville de Montréal à avoir conclu une entente sur la question du régime de retraite.

Déficits accumulés, faibles rendements, coûts et risques élevés des régimes des employés municipaux leur ont valu bien mauvaise presse dernièrement.

C’est donc dans un contexte de tensions que les cols bleus ont entamé des pourparlers avec la Ville. Le déficit cumulé total des régimes de retraite à la Ville de Montréal (sept groupes au total), était de 540 millions $ en juin 2011. La Ville avait alors clairement indiqué vouloir récupérer 50 millions $ annuellement, sur une base récurrente. La part à fournir du Syndicat des cols bleus était de 6,3 millions $.

Sommairement, l’entente prévoit une hausse des cotisations des participants de 2,7% sur trois ans et une nouvelle répartition du partage du risque à 55% et 45% pour la Ville et les membres respectivement. Mais l’innovation, c’est la création d’un fonds de stabilisation dans lequel sont versées les hausses des cotisations des employés.

Michel Parent explique que ce fonds assurera la pérennité et la viabilité du régime parce qu’il permettra de créer une marge de sécurité pour le prémunir contre les fluctuations du marché et pourra aussi servir de coussin d’indexation lors des bonnes périodes.

Le dirigeant syndical souligne qu’au moment d’entamer les négociations, les conclusions à venir du rapport du comité D’Amours, groupe d’experts mandatés pour trouver des solutions à la crise des régimes de retraite, planait comme une épée de Damoclès. « Il était minuit moins une. Une solution négociée vaut mieux que l’imposition d’une solution mur à mur ou pire, d’une loi spéciale. » Après avoir été reporté à quatre reprises, le rapport d’Amours est finalement attendu ce mois-ci.

L’entente des cols bleus assure la pérennité du régime sans créer deux classes de travailleurs, par l’imposition d’un régime à cotisation déterminées pour les nouveaux employés par exemple.

Il s’agit d’un point important car l’équité intergénérationnelle est au cœur des préoccupations du mouvement syndical.

Une tendance lourde, décelable chez les employeurs, vise à mettre un terme au régime à prestations déterminées et à le remplacer par un régime à cotisations prestations déterminées, beaucoup moins avantageux pour les cotisants.

Cela crée une scission entre les travailleurs, menaçant de facto la solidarité, ce qui, à plus long terme, pourrait se traduire par une diminution du rapport de force syndical.

Cette scission s’incarne également entre les travailleurs syndiqués bénéficiaires d’un régime complémentaire de retraite (privé ou public) et les travailleurs non syndiqués qui comptent uniquement sur les régimes publics et leurs épargnes personnelles.

Sans une amélioration adéquate des régimes publics pour assurer une sécurité du revenu décente à l’ensemble de la population, les travailleurs syndiqués continueront d’être pointés du doigt et qualifiés de « privilégiés de la société ».

La FTQ poursuit d’ailleurs une grande campagne, « Une retraite à l’abri des soucis », en faveur de la bonification de la rente de la Régie des rentes du Québec ainsi que de la Pension de la sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti du fédéral. La campagne du Syndicat canadien de la fonction publique, « C’est notre retraite.com », se poursuivra aussi toute l’année.


Faire autrement, c’est possible

Du côté du Syndicat national de l'automobile, de l'aérospatiale, du transport et des autres travailleurs et travailleuses du Canada (TCA), une expérience intéressante a aussi vu le jour au sein de la section locale 4511, qui réunit quelque 1 800 travailleurs de 62 concessionnaires automobiles du Québec.

Le représentant syndical Éric Boudreault explique qu’auparavant, les cotisations des travailleurs et des employeurs étaient versées au Fonds de solidarité jusqu’à concurrence de 5 000 $, limite pour bénéficier du crédit d’impôt, et que l’excédant pouvait être investi dans une autre institution bancaire, sous la forme d’un REER notamment. Ce qui n’assure en rien une sécurité du revenu à la retraite.

Le petit nombre d’employés dans la plupart des unités d’accréditation rendait impossible la négociation locale d’un régime à prestations déterminées. C’est précisément dans cette perspective qu’à été créé le Régime de retraite par financement salarial de la FTQ (RRFS-FTQ).

Il s’agit d’un régime multi-employeurs, à prestations déterminées, où la cotisation de l’employeur demeure fixe et est généralement négociée par chacun des groupes qui y adhèrent.

En cas de fluctuations, le risque repose entièrement sur les cotisants. Les surplus sont destinés à bonifier le régime et les employeurs ne peuvent s’octroyer de congé de cotisation. Il existe un autre régime du genre au Québec, le Régime de retraite des groupes communautaires et de femmes.

Le RRFS-FTQ garantit une rente et peut offrir une indexation de celle-ci jusqu’à 4%, tout dépendant des revenus. Le régime se protège du sous-financement par une cumulation de marges de sécurité.

Le régime comptait 4 353 participants en février dernier, un nombre en constante progression depuis sa mise sur pied en juin 2008. Il réunit 60 employeurs différents. 71 groupes de participants sur 95 comptent moins de 50 participants; des travailleurs qui n’auraient jamais pu avoir accès à un régime à prestations déterminées sans le RRFS-FTQ.

Au 28 février 2013, les actifs du régime dépassaient 23 000 000 $. Il était capitalisé à 202,8% (parce qu’il cumule des marges de sécurité, des coussins) et avait un taux de solvabilité de 103,2%.

Compte tenu des faibles taux de solvabilité des régimes complémentaires (69% en moyenne en 2012), le RRFS propose une solution avantageuse. Comme quoi il est possible d’offrir des régimes à prestations déterminées performants, à coûts raisonnables, même à de petits groupes d’employés.

Pour Marie-Josée Naud, conseillère syndicale à la FTQ, il faut innover et revoir les modes de financement des régimes complémentaires de retraite. Au-delà de la crise financière et des fluctuations du marché, les régimes font face à des « problèmes structurels, de design et de financement. Pourquoi ne pas profiter du contexte de déficit, même si ça peut faire drôle à dire, pour apporter de réels changements à nos régimes, diminuer les risques, faire autrement? »

À la section locale 4511 des TCA, les travailleurs bénéficient désormais des deux outils d’épargne : le Fonds de solidarité et le RRFS-FTQ. « Le plus beau, c’est que, même si c’est un régime PD, c’est passé comme dans du beurre pour les employeurs. Je pense même que plusieurs ne comprennent pas qu’ils en ont un! », ironise Éric Boudreault.

|Compte rendu d’un séminaire de la FTQ
4474|4558|International Manchettes|Thatcher : Privatisons ses obsèques !|2013-04-11 07:17:44|Ken Loach|

L’auteur est cinéaste

Margaret Thatcher a été le premier ministre le plus diviseur et destructeur des temps modernes : chômage de masse, fermeture d'usines, des communautés détruites, voilà son héritage. 

C'était une combattante et son ennemi était la classe ouvrière britannique. Ses victoires, elle les a obtenues grâce à l'aide des figures politiquement corrompues du Parti travailliste et de nombreux syndicats.

C'est à cause des politiques mises en place par elle que nous sommes aujourd'hui dans cette situation. D'autres Premiers ministres ont suivi son exemple, notamment Tony Blair. Elle a tiré les ficelles, il fut sa marionnette.

Souvenez-vous qu'elle a qualifié Mandela de terroriste et qu'elle a pris le thé avec Pinochet, ce tortionnaire et assassin.

Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C'est ce qu'elle aurait voulu.


|Confions-les au plus bas soumissionnaire !
4475|4559|International Accueil_Analyses|À la défense du Cohiba et du Havana Club|2013-04-11 07:29:42|Emrah Kaynak|

Les Etats-Unis s’emploient avec obstination à piller, sous des prétextes d’une bassesse inqualifiable, les marques cubaines à écho international telles que Cohiba ou Havana Club. Imaginons un seul instant ce qu’il adviendrait si les Etats-Unis dupliquaient les appellations Roquefort ou le champagne Dom Perignon ou encore si Cuba lançait, après avoir décrété un embargo contre les Etats Unis, les copies des marques Apple, Mc Donald ou Coca-Cola.

Il n’est pas loin le temps où pirates et flibustiers écumaient les côtes caribéennes pour s'emparer de l'or, de l'argent et autres émeraudes en provenance des mines du Pérou ou de la Colombie; il n’est pas loin le temps où les colons spoliaient, par la violence et la fourberie, les terres ancestrales des peuples amérindiens.

Une commission fédérale étatsunienne a accordé dernièrement, après une âpre bataille juridique de plus de 15 ans, à l’entreprise General Cigar le droit d’user le nom de la prestigieuse marque de cigare cubain Cohiba. L’histoire de cette marque qui représente, d’un point de vue unanime, l’excellence est intimement liée à l’histoire de la Révolution cubaine ; cigare personnel du Comandante en Jefe Fidel Castro pendant de nombreuses années, le Cohiba a été mis sur le marché international en 1982.

Cette sentence juridique repose sur une logique particulièrement spécieuse : puisque Cubatabacoi, la société détentrice de la marque cubaine, n’a pas le droit de vendre ses produits sur le territoire états-unien en raison de l’embargo, elle est privée du droit de requérir devant la justice étatsunienne. Il en résulte que la société General Cigar bénéficie du droit subséquent de déposer et de commercialiser la marque Cohiba aux Etats-Unis.

Pour les autorités cubaines, cette décision s’apparente à un nouvel acte d’hostilité des Etats-Unis à l’encontre de Cuba et à un « vol éhonté »ii de son patrimoine historique, semblable en tous points au précédent opposant Havana Club à Bacardi.

Sur base de prétextes tout aussi sournois, la justice américaine avait déjà soutenu l’usurpation pure et simple de la célèbre marque de rhum cubain Havana Clubiii par l'entreprise Bacardi. Bacardi, qui avait choisi l’exil après le triomphe de la Révolution, produit à Porto Rico un rhum commercialisé sous la dénomination Havana Club.

Ivre de sa toute-puissance, la justice étasunienne, a dénié en 2012 à Cuba le droit d’enregistrer la marque Havana Club et ce, au mépris tant des règles internationales les plus élémentaires que de la constitution des Etats-Unis.

La cour suprême, après vingt ans de litige, a confirmé l’interdiction pour Pernod Ricard (le distributeur du Havana Club) de renouveler l’enregistrement de la marque aux Etats-Unis, en se basant sur une loi de 1998 baptisée « Bacardi Bill »iv à laquelle elle confère un effet rétroactif. Pernod Ricard a dès lors décidé de lancer une nouvelle marque, Havanista, pour pouvoir fournir le marché étatsunien dans l’hypothèse où la levée de l’embargo serait prononcée.

Les règles de l’OMC relatives à la protection de la propriété intellectuelle sont clairement violées par la dénommée « Bacardi Bill » qui enfreint les obligations contractées par les Etats-Unis dans le cadre de l’accord ADPIC (Informations concernant les accords internationaux sur la protection des droits intellectuels), en discriminant de façon arbitraire les dénominations commerciales cubaines.

Ces décisions judiciaires successives qui s’appuient sur le blocus font partie de la guerre souterraine des Etats-Unis contre Cuba. Survivance d’une autre époque, le blocus des Etats-Unis contre Cuba est unanimement fustigé par la communauté internationale (hormis l’état sioniste) et fait également l’objet d’une opposition interne de plus en plus forte. La visée du blocus économique, commercial et financier décrété en 1962 a toujours consisté, face au soutien général dont bénéficie la Révolution cubaine, à démolir le système politique, économique et social de l’île en « refusant de faire crédit et d'approvisionner l'île, afin de diminuer les salaires réels, dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement » dixit Lester D. Mallory, sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires interaméricainesv.

Le préjudice infligé au peuple cubain, par une intense politique de pression à caractère extraterritorial, touche tant les secteurs sociaux (santé, alimentation, sport,…) que le commerce extérieur et la coopération internationale.

Aucun amateur averti n’est certes dupe. Le Habano, comme le rhum cubain, est gustativement inégalable. Nul ne pourra confondre un cigare Cohiba ou un rhum Havana Club issu de son berceau cubain avec son piètre doublon impérialiste. L’enjeu est bien évidemment ailleurs. Il s’agit de porter un maximum de préjudices à l’économie cubaine et de mettre parallèlement en porte-à-faux tout pays qui oserait remettre en question l’hégémonie des Etats-Unis au nom de la souveraineté nationale. Ces mesquineries judiciaires font partie du front commercial de la guerre archaïque et illégitime que les Etats-Unis mènent contre Cuba sous le nom lénifiant d’embargo.

i Cubatabaco (Empresa cubana del tabaco) commercialise dans le reste du monde la prestigieuse marque Cohiba, créée en 1966 et enregistrée en 1969. General Cigar commercialise sous le label Cohiba des cigares de fabrication dominicaine aux Etats-Unis depuis 1992

iihttp://www.cubadebate.cu/noticias/2013/03/31/otro-robo-descarado-amparado-en-el-bloqueo/

iii Havana Club Holdings a acheté la marque Havana Club en 1993 auprès de Cubaexport, qui l'avait fait enregistrer aux États-Unis en 1976, trois ans après que le propriétaire initial, Jose Arechebala, S.A., eut renoncé à ses droits sur l'enregistrement de la marque aux États-Unis. Depuis, Havana Club Holdings a enregistré la marque Havana Club dans 183 pays, dont les États-Unis.

iv La section 211 de la loi de finances américaine a été adoptée par le Congrès en octobre 1998. Elle vise à limiter les droits exercés aux États-Unis par les propriétaires de marques et dénominations commerciales ayant précédemment appartenu à des citoyens ou sociétés cubains expropriés lors de la révolution.

v Foreign Relations of the United States (FRUS), 1958-1960, Volume VI, Cuba : (Washington : United States Government Printing Office, 1991)


|La piraterie des marques cubaines par les Etats-Unis se poursuit
4476|4560|Accueil_Actualités|Pour l’abrogation du règlement P 6|2013-04-11 07:41:40|Ligue des droits et libertés |

La Ligue des droits et libertés réclame l’abrogation immédiate du règlement municipal P 6. Elle joint sa voix aux élus montréalais et aux organisations qui se sont exprimés en ce sens au cours des derniers jours.

Elle entend prendre part à la campagne initiée par l’Association des juristes progressistes et salue la décision de Projet Montréal de présenter une motion demandant l’abrogation du règlement.

Dans ses plus récentes déclarations, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) admet sans équivoque qu’il renonce à procéder aux arrestations ciblées de casseurs, préférant recourir aux arrestations massives en vertu de ce règlement qui tient tous les manifestants coupables.

Il s’agit de pratiques totalement arbitraires qui ont pour effet de violer la liberté d’expression et le droit de manifester.

La Ligue des droits et libertés rappelle la portée très large du règlement  P 6, puisqu’il vise à la fois les manifestations, défilés et attroupements (trois individus ou plus réunis dans un but commun, selon le Code criminel), ce qui inclut, à la limite, un point de rencontre pour distribuer un trac, une activité d’amis dans un parc, etc.

Le règlement permet également aux policiers de refuser l’itinéraire remis, ce qui équivaut à leur confier le droit de déterminer qui, quand, où et comment peut dorénavant s’exercer le droit de manifester à Montréal.

|Des pratiques totalement arbitraires qui violent la liberté d’expression et le droit de manifester
4477|4561|Accueil_Actualités|Conservation de la Broadback|2013-04-11 07:43:42|Nature Québec|

« C’est un nouvel appel pour la conservation de la rivière Broadback et de son bassin versant qui nous est lancé aujourd’hui par la nation crie. Cette vision de conservation rejoint les préoccupations que les communautés scientifiques et environnementales soulèvent également depuis des années quant à l’avenir du caribou forestier au Québec sur le territoire Eeyou Istchee. Il est grand temps que ces messages soient entendus par le gouvernement et que des gestes soient posés pour protéger ce territoire de grande importance pour le caribou et pour la culture crie », affirme Christian Simard, directeur général de Nature Québec.


Un statu quo inacceptable pour la protection du caribou forestier


« La situation du caribou forestier dans la région de la Baie-James est critique. Les hardes de Nottaway et Assinica, qui fréquentent le territoire de la Broadback, sont en déclin. Les conclusions d’une récente étude vont même plus loin en affirmant que le caribou forestier ne peut plus supporter de perturbation supplémentaire sur ce territoire », mentionne Sophie Gallais, chargée de projet Aires protégées à Nature Québec.

« Les propositions d’aires protégées des communautés cries de Waswanipi, Nemaska et Oujé-Bougoumou doivent donc se concrétiser pour créer une première grande aire protégée pour le caribou forestier. Cette aire protégée doit être stricte pour éviter toute activité humaine dommageable pour le caribou, notamment l’exploitation forestière, les activités minières, le développement du réseau routier ».

Rappelons, par ailleurs, que ce geste permettrait de respecter un engagement pris par le gouvernement du Québec, à savoir la mise en place d’au moins une grande aire protégée (plus de 10 000 km2) pour cette espèce emblématique de la forêt boréale.


Une approche par bassin versant pour une conservation élargie du territoire

En plus de la protection stricte des secteurs d’intérêt pour le caribou forestier, la nation crie présente une vision plus large de conservation pour l’ensemble du bassin versant de la rivière Broadback, soit un territoire de plus de 20 000 km2.

« C’est une excellente approche de conservation qui allie la protection stricte du territoire pour le caribou à une conservation moins stricte, adaptée pour le reste du bassin versant de la rivière Broadback. Deux niveaux de protection complémentaires », poursuit Christian Simard.

La conservation à l’échelle du bassin versant est pertinente puisqu’elle englobe l’ensemble du territoire qui alimente la rivière Broadback.

Ainsi, la protection de ce vaste territoire permettra à la nation crie de protéger le caribou forestier, une partie des dernières forêts vierges en forêt boréale commerciale, une rivière sauvage encore intacte, sans oublier un patrimoine culturel unique pour les Cris et l’ensemble des Québécois. 

|Nature Québec appuie les Cris pour protéger le caribou
4478|4562|Langue Accueil_Analyses|Une dignité coloniale au-dessus de la loi|2013-04-12 07:11:36|Christian Néron|

Me Christian Néron est membre du Barreau du Québec, constitutionnaliste, historien du droit et des institutions.

La dure bataille que mènent les anglophones pour un Québec bilingue, avec « prédominance du français », commence à produire des fruits. Sur un sujet aussi symbolique et stratégique que celui de la langue de travail au Service des Transports de Montréal, ils ont compté des points en se faisant deux alliés inattendus, alliés qui auraient suivi avec succès une heureuse cure d’assouplissement.

Le ministre Jean-François Lisée, et la ministre Diane de Courcy, pénétrés «d’esprit de justice et d’extrême libéralité»1, semblent avoir glissé tout doucement dans les filets de la communauté anglophone. Comme à la belle époque de la Confédération, il est à prévoir qu’un nouveau pacte «amical, cordial et fraternel » pourrait être scellé avec cette communauté qui se vante si humblement d’être rompue aux grandes affaires de ce monde du fait de ses compétences universelles en matière de langue.

« English Quebecers have a right to services in English » a déclaré le ministre assoupli à des représentants de la presse anglophone, puis, rajoutant du même souffle : « Diane [de Courcy] agrees with that, too ». Bien entendu, le mot « droit » est particulièrement important dans cette déclaration puisque ce concept définit l’essence même de nos rapports sociaux. En conséquence, lorsque le ministre reconnaît publiquement l’existence d’un droit à des services en anglais, qu’entend-il au juste par le mot « droit » ?

Le mot droit est beaucoup invoqué de nos jours, et récité par tout un chacun pour une infinité de raisons, tout particulièrement depuis l’imposition de la Constitution de 1982.

Mais si le mot « droit » est utilisé par les juristes depuis des siècles, depuis Aristote même, il est également constant que les juristes ont invariablement répété que tout droit prend logiquement sa source dans la loi, d’où la maxime « qu’il ne peut y avoir de droit sans loi », ou encore « qu’un droit est un intérêt juridiquement protégé ».

Si l’on prend le mot du ministre à la lettre, et qu’on lui donne son sens juridique normal, pourrait-il nous indiquer quelle est cette loi du Québec qui a octroyé aux anglophones un intérêt juridiquement protégé à des services dans leur langue dans les guichets de métro à Montréal ?

Le ministre pourrait-il nous expliquer, nous dire précisément comment il se fait que les anglophones pourraient revendiquer juridiquement des services dans leur langue, alors que tous les autres allophones ne le pourraient pas ? Quel est le fondement légal, certain et incontestable de cette discrimination positive en faveur des anglophones ? Serait-ce écrit quelque part dans la Constitution de 1867 ? Ou encore une simple marque de respect découlant de la dignité coloniale due à quelques uns ? Examinons.

De 1864 à 1867, les anglophones du Québec, inquiets de leur avenir, ont revendiqué bien des privilèges et des garanties pour leur communauté. En août 1866, par exemple, ils ont poussé le gouvernement de coalition au pied du mur et sont venus bien prêts de torpiller la future confédération par leur intransigeance à réclamer des garanties scolaires et politiques.

Face à l’indignation générale des députés canadiens-français, le gouvernement a dû se replier pour éviter d’être défait, mais quelques mois plus tard, leur porte-parole et Père de la Confédération, Alexandre T. Galt, s’est rendu à Londres pour plaider, derrière des portes closes, l’octroi des privilèges qui avaient été à l’origine de la crise politique du mois d’août.

La tactique du huis clos a ainsi donné d’excellents résultats puisque, lorsque le texte voté par le Parlement de Westminster est parvenu au Canada, les anglophones de Québec ont pu pavoiser à la lecture des articles 93 et 133 de la Constitution, articles qui avaient été rédigés à leur entière satisfaction : ils obtenaient des garanties judiciaires et législatives, ainsi qu’une autonomie complète en matière d’éducation.

Lors de la « crise de la nationalité » de l’été 1866, les députés canadiens-français et la presse francophone s’étaient unanimement levés contre ces revendications qui portaient un dur coup au principe de l’autonomie provinciale et qui érigeaient des « tranchées perpétuelles et murs de circonvallation »2 entre les deux communautés.

La réclamation de ces garanties était d’autant offensante que les protestants de l’Ontario étaient ouvertement hostiles à toute forme de parité pour les écoles confessionnelles de leur province. Ainsi, malgré la ferme résolution des Canadiens [français] de ne rien céder qui puisse porter préjudice au principe à la base même du pacte confédératif,3 à savoir l’autonomie provinciale, la communauté anglophone du Québec a pu célébrer triomphalement une victoire complète quelques mois plus tard.

Avant même que le texte formel de la constitution ne soit rédigé à Londres, en janvier 1867, le député Joseph Cauchon, pourtant fédéraliste et ardent défenseur du principe d’autonomie à l’intérieur de la Confédération, avait dû confesser publiquement, dans le Journal de Québec, son échec politique et toute sa déception face à une dure vérité promise à un bel avenir : « C’est la minorité, minorité infime et intolérante, qui commande en Bas-Canada; et la majorité, majorité intolérante, qui commande en Haut-Canada ».4

Ainsi, avant même les célébrations de l’Acte de naissance de la Confédération, les anglophones de la province de Québec avaient donné le ton en exigeant et en obtenant la reconnaissance constitutionnelle de tous les privilèges qu’ils revendiquaient sans ménagement. Mais l’octroi de ces privilèges ne faisait pas pour autant du Québec une « province bilingue ». Tant s’en faut !

C’est par l’adoption du principe d’autonomie que le Québec a pu donner un caractère constitutionnel à ses « compétences originales » en matière de langue. Dès la Conférence de Québec, tenue en octobre 1864, George-Étienne Cartier avait requis et obtenu que l’autonomie provinciale soit fondée sur une pleine compétence en matière de « propriété et de droits civils ».

En faisant reposer l’autonomie sur cette compétence originale, Cartier obtenait la reconduction automatique de la clause 8 de l’Acte de Québec de 1774, clause qui reconnaissait formellement les lois et coutumes du Canada, telles qu’elles existaient avant le changement de régime de 1763. Les fondements de ce corpus légal avaient été mis en place dès 1663 par l’adoption de l’Édit de création du Conseil souverain de la Nouvelle-France.

À cette époque, Louis XIV, pénétré par l’idée de remettre de l’ordre dans son royaume, idée si caractéristique de la culture classique, poursuivait une politique générale de réforme des institutions fondée sur l’unicité linguistique et l’unicité juridique. Parmi le corpus législatif mise en vigueur au Canada en 1663, il y avait l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, ordonnance qui faisait du français la langue officielle de l’État, des lois, de la justice, et de tous les actes juridiques.

Ainsi, « puisqu’il n’y a jamais de droit sans loi », il est facile d’établir les origines et la généalogie exacte des droits de la langue française dans la province de Québec : a) il y a l’Édit de création de 1663 qui met en vigueur l’Ordonnance de Villers-Cotterêts; b) l’Acte de Québec de 1774 qui reconduit l’ensemble des lois et coutumes du Canada, à l’exception du droit criminel et des lois ecclésiastiques; c) le paragraphe 92(13) de la Loi constitutionnelle de 1867 qui reconduit la clause 8 de l’Acte de Québec en matière de propriété et de droits civils; et d) la Charte de la langue française qui confirme et rétablit, par une loi moderne et technique, le statut légal de la langue française originairement établi en 1663 par l’Ordonnance de Villers-Cotterêts.

La maxime qui dit qu’il ne peut y avoir de droit sans loi s’applique bien entendu au statut de la langue anglaise au Québec. En dehors des articles 93 (modifié en 1997) et 133 de la Loi constitutionnelle de 1867, et des services gouvernementaux dispensés dans les deux langues par le gouvernement fédéral, la langue anglaise bénéficie du même statut que toutes autre langues étrangères au Québec. Sur ce point, les anglophones du Québec sont, aux yeux de la loi, sur un pied d’égalité avec les autres allophones.

Depuis le déclenchement des élections, en août dernier, les anglophones mènent une véritable bataille pour leurs « droits historiques » en matière de langue. Ils réclament le retour à « l’harmonie linguistique » et au bilinguisme intégral à Montréal et même ailleurs dans la province.

Pourtant, ils sont le plus souvent indifférents ou réfractaires à la langue, à la culture et à l’histoire de la province dans laquelle ils habitent. Héritiers d’un ordre social et colonial où il était interdit de parler toute langue au dessous de leur dignité, ils désirent par-dessus tout un bilinguisme oblique, c.-à-d. un bilinguisme qui soit platonique pour eux, et servile pour les francophones

Le ministre Jean-François Lisée, ainsi que la ministre Diane de Courcy semble-t-il, seraient disposés à les « servir » sur cette voie, c.-à-d. à leur reconnaître le « droit » à des services en anglais dispensés par les employés de la Société des Transports de Montréal.

Mais que vont gagner nos ministres en assouplissant ainsi la loi et en poussant le respect de la dignité coloniale jusqu’au seuil de la servilité ? Est-ce qu’un seul va voter pour eux ? Est-ce qu’ils vont ralentir leur campagne de mépris, de salissage et de diffamation ? Rien ne pourra jamais les satisfaire, sinon la renonciation collective des francophones à ce qui peut leur rester de dignité.

La devise des anglophones de Montréal, tout au cours du XIX ème siècle, n’était-elle pas que « les Canadiens [français] devaient disparaître de la surface de la terre ! »5 À les entendre crier et s’indigner, rien n’indique qu’ils ont réellement renoncé à donner une ultime leçon de civilisation à ces indigènes qui se cramponnent à une langue et à une culture qui n’auraient plus rien à voir avec les grandes affaires de ce monde.

En ce qui concerne « les privilèges, les intérêts et les prétentions » issus essentiellement de la sociologie coloniale, il est bon de rappeler qu’à l’époque de l’adoption de l’Acte de Québec, en 1774, que le procureur-général (Lord Thurlow of Ashfield) et le Lord Président du banc du roi en Angleterre (Lord Mansfield) avaient l’un et l’autre clairement affirmé que tout Anglais ou Britannique émigrant dans une colonie de Sa Majesté était tenu d’en respecter les lois et coutumes comme n’importe quel étranger se transportant à Londres pour ses affaires ou pour y résider.

En conséquence, la loi qui avait obligé les Canadiens dès 1663 à se conformer à l’usage du français a continué à s’appliquer, après la cession, indistinctement aux Canadiens, aux Anglais, aux Britanniques, et aux allophones de toutes origines.

Une loi demeure une loi, et conserve son pouvoir contraignant, tant et aussi longtemps qu’elle n’a pas été abrogée formellement par l’autorité législative compétente. Ainsi, un million de petites crises devant des guichets de métro par des offensés, pourtant admirablement rompus aux grandes affaires de ce monde, ne pourra jamais abroger une seule de nos lois.


RÉFÉRENCES :

1 Joseph Cauchon, Journal de Québec, jeudi 2 août 1866; Le Pays, samedi 4 août 1866.
2 Ibid.
3 Joseph Cauchon, Journal de Québec, jeudi 9 août 1866.
4 Joseph Cauchon, Journal de Québec, vendredi 3 août 1866; Le Pays, mardi 7 août 1866
5 Christopher Dunkin, Débats parlementaires sur la Confédération, Québec, Hunter, Rose et Lemieux, Imprimeurs parlementaires, 1865, p. 516.

|Le ministre Jean-François Lisée, et la ministre Diane de Courcy, pénétrés «d’esprit de justice et d’extrême libéralité», semblent avoir glissé tout doucement dans les filets de la communauté anglophone
4479|4563|Accueil_Analyses Politique_Canada|Mon crédit d’impôt, j’y tiens !|2013-04-12 07:42:30|Jean-Simon Carrier|

L’auteur est enseignant au secondaire à St-Hyacinthe

Le Parti conservateur du Canada (PCC), dans son dernier budget, attaque le Québec sur un point. En effet l’abolition des crédits pour fonds de travailleurs touche à 88% des Québécois. Le fonds de solidarité de la FTQ fait partie de ces fonds de travailleurs. J’en suis un actionnaire et je suis complètement outré. Non seulement cette annonce me touche personnellement en tant qu’actionnaire, mais en plus en tant que Québécois. Voici pourquoi je crois que le PCC fait une erreur.

Premièrement, il faut rappeler qu’au Québec, actuellement, il y a une forte pression sur les régimes de retraite. Certains sont en santé comme le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). Par contre, d’autres vivent des difficultés, ce qui va peut-être les amener à changer et habituellement, ce n’est pas en faveur des cotisants.

Nous avons donc besoin d’autres moyens pour épargner en vue de la retraite. Il faut aussi rappeler qu’environ 50% des Québécois n’ont pas de régime de retraite au travail. Mais surtout, avec les taux d’intérêt actuels, un petit épargnant a besoin d’un incitatif pour l’aider dans sa démarche, rôle que le crédit d’impôt joue.

En vrac, le Fonds de solidarité FTQ c’est 600 000 épargnants. L’actif net du Fonds est de 8,8 milliards de dollars, libre de dettes et avec les liquidités nécessaires pour faire face à ses responsabilités. Il y a en tout 2239 entreprises qui profitent d’investissements du Fonds dans plusieurs sphères de l’économie et à 70% dans les régions du Québec.

Le PCC dit vouloir favoriser l’emploi, mais il tire dans le pied d’une institution qui fait justement cela. Le pire c’est qu’une étude de SECOR en 2010 affirme qu’avec les retombés économiques qui découlent du Fonds, le gouvernement récupère les sommes investies dans un délai moyen de trois ans.

On s’entend que l’abolition de cet incitatif fiscal ne détruira pas le Fonds. Par contre, s’il y a moins d’entrée d’argent, il y aura moins d’investissements pour l’emploi au Québec. La démonstration est simple : plusieurs actionnaires prendront leur retraite dans les prochaines années, il en faudra des nouveaux pour les remplacer. Avec 500 000 emplois créés ou maintenus depuis 1990, ce serait une erreur de freiner cet élan.

Récemment, j’ai assisté à une présentation sur la fiscalité au Québec. Ce que je retiens de cette présentation c’est que le crédit d’impôt pour fonds de travailleurs est un des crédits les plus utilisés par la classe moyenne. En plus, selon le Fonds de solidarité FTQ, 80% des épargnants ayant commencé à cotiser dans un REER au Fonds y ont pris goût et ont diversifié leurs investissements en utilisant d’autres institutions financières. Joignez-vous au mouvement de contestation de cette mesure en écrivant à votre député local et en signant la pétition qui devrait être disponible dans vos milieux. Dites haut et fort : mon crédit d’impôt, j’y tiens !

|L’abolition des crédits pour fonds de travailleurs touche à 88% des Québécois
4480|4564|Manchettes Politique_Québec|La RBC et les travailleurs temporaires|2013-04-12 10:07:57|Claude Vaillancourt|

Le choix de la Banque royale du Canada (RBC) de transférer en sous-traitance certains emplois à des travailleurs étrangers temporaires moins bien payés a soulevé une forte opposition. La RBC encourage ainsi une importante dégradation des conditions de travail, une attitude qu’auraient aussi adoptée d’autres banques canadiennes, selon certains témoignages.

Gordon Nixon, le PDG de la Banque royale s’est dissocié de l’affaire en soutenant que son entreprise n’a pas embauché les employés en question, mais que ceux-ci relèvent plutôt de la compagnie iGATE qui gère et paie ce personnel. «C’est pas moi, c’est eux!», a-t-il dit, avant d’offrir ses excuses aux travailleurs et travailleuses qui ont perdu leur emploi.

On comprend ici que le PDG aime jouer avec les mots et que les excuses ont été entendues seulement parce qu’il s’est fait prendre. Remplacer des employés bien payés par des travailleurs précaires, étrangers et au très bas salaire a de nombreux avantages pour une entreprise telle la RBC. Cela permet de réduire les coûts de fonctionnement, de hausser les profits ainsi que la valeur des actions en Bourse, de rendre très difficile, voire impossible, l’organisation syndicale. Seule une menace de boycott de la part des clients de la banque a pu ébranler cette logique implacable.

Dans son langage de technocrate, Gordon Nixon a bien expliqué la situation : «Nous avons un programme pour accroître la productivité de notre entreprise. Cela s'applique à un contrat relativement petit avec un de nos sous-traitants, iGATE ». La somme de ces petits contrats peut cependant devenir significative dans un bilan administratif. Et cela même si la banque a enregistré de spectaculaires profits ces dernières années.

Mode 4 et plombier polonais

Ceux qui observent l’évolution des accords de libre-échange sont familiers avec ce genre de mesures. Ainsi, l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), négocié dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devait faciliter aux entreprises l’exportation de leur propre main d’œuvre dans un pays étranger. On a donné le nom technique de «mode 4» à cette possibilité qu’on encourageait fortement, avant que ne cessent les négociations du cycle de Doha.

Ce «mode 4» a rebondi en Europe avec une histoire devenue fameuse, celle du plombier polonais. La question a soulevé un vif débat : serait-il possible que des Polonais, par exemple, puissent travailler en France pour le même salaire et les mêmes conditions que dans leur pays d’origine ? Une directive de l’Union européenne, appelée directive Bolkestein, qui amenait le «principe du pays d’origine», a soulevé ces inquiétudes. Devant d’importantes protestations, l’UE a dû réduire considérablement la portée de cette directive.

Un document secret de l’UE, entre autres, révélé par une fuite obtenue par la Coalition Avenir Québec (CAQ), a permis de constater que le «mode 4» est un enjeu de l’accord commercial négocié entre le Canada et l’Europe. S’agira-t-il une fois de plus de favoriser l’exportation temporaire de la main d’œuvre pour des salaires moindres? Aucune information n’a été transmise à ce sujet.

Le scandale associé à la RBC n’est donc pas un accident ou un problème conjoncturel. Il est plutôt lié à une vague de fond, à une volonté réelle et planifiée de réduire drastiquement les conditions de travail, dans l’intérêt des patrons et des actionnaires. Un des moyens les plus efficaces d’y parvenir est de mettre en concurrence les travailleurs des pays riches avec ceux des pays pauvres. Les délocalisations du Nord vers les pays du Sud et la Chine ont permis d’aller très loin en ce sens.

Mais il est possible de continuer selon cette logique en important littéralement des travailleurs. Ce que permet par exemple le Programme des travailleurs étrangers temporaires du gouvernement fédéral, dont certaines entreprises comme la RBC semblent avoir très bien saisi la portée.


Privatiser l’immigration

Ces clauses dans les accords commerciaux ou ces programmes gouvernementaux ne sont jamais conçus dans de mauvaises intentions. Il s’agirait surtout de «faciliter la mobilité de la main d’œuvre», de «simplifier les conditions d’opération des entreprises», de «diminuer le coût des services», de «répondre à la pénurie de main d’œuvre». Les grandes compagnies comprennent cependant très vite les avantages latéraux qu’elles peuvent en tirer.

Derrière tout cela, ces projets donnent surtout aux grandes entreprises le contrôle de l’immigration, selon leurs propres besoins. Elles peuvent ainsi déterminer qui doit passer d’un pays à l’autre, dans quelles conditions et selon des salaires qu’elles détermineront en toute liberté. Il s’agit ici non seulement d’une atteinte grave à la démocratie, mais aussi d’une instrumentalisation du travail qui permet de transporter les humains d’un pays à l’autre, d’en disposer après usage, selon les besoins, comme des marchandises.

La réaction du public et des clients de la RBC montre bien à quel point il est inacceptable de saccager les bons emplois, encore moins en situation de crise et d’austérité budgétaire. D’autant plus que la RBC, qui n’a strictement rien voulu retenir des leçons des indignés, a le front d’agir ainsi à une époque où s’accentuent de manière dramatique les écarts entre les riches et les pauvres : l’enrichissement d’une minorité ultra favorisée se fait ici aux dépens d’une classe moyenne qui s’amoindrit peu à peu.

Les gouvernements doivent donc cesser d’adopter des lois ou des ententes sur mesure pour les entreprises, qui leur donnent un contrôle dangereux et injustifié sur la mobilité de la main d’œuvre.

|Une inquiétante vague de fond et un enjeu de l’accord commercial négocié entre le Canada et l’Europe.
4481|4565|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-04-12 10:12:01|Maude Messier|

Travailleurs étrangers : les Métallos réclament la démission de Diane Finley

Toronto – Suite aux révélations faites cette semaine selon lesquelles la Banque Royale du Canada s’apprêtait à remplacer 45 de ses employés par des travailleurs de l'Inde, le Syndicat des Métallos réclame la démission de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, pour sa mauvaise gestion du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

La nouvelle est d’autant plus révoltante, selon le syndicat, que le chef de direction de la RBC, Gordon Nixon, a touché 12,6 millions $ en salaire, en options sur actions et en primes pour l'exercice 2012, ce qui en ferait un des chefs de direction de banque les mieux payés au Canada.

Le Syndicat des Métallos prend part au mouvement d’organisations syndicales qui dénoncent le recours abusif aux travailleurs temporaires, mettant en péril les salaires et le niveau de vie des Canadiens, tout en exposant les travailleurs étrangers à une forme d'exploitation.

Rappelons que les révélations selon lesquelles un consortium canado-chinois avait embauché des travailleurs de la Chine pour mettre en valeur une mine à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, tout en refusant de recevoir en entrevue plus de 300 Canadiens ayant présenté leur candidature pour ces emplois parce qu’ils ne parlaient pas le mandarin, ont défrayé les manchettes cet automne.

Le Syndicat des Métallos estime que le cas de RBC a déclenché une tempête au pays et que des informations rendues publiques indiquent que d'autres banques et employeurs se livrent aussi à cette pratique « pour accroître leurs profits et créer, de façon permanente et selon un système à deux vitesses, une frange de travailleurs remplaçables, exploités et à bas salaires », pouvait-on lire dans un communiqué émis par le syndicat.

« La population du pays ne fait plus confiance à la ministre Finley pour assurer la protection des emplois et des travailleurs canadiens », déclare Ken Neumann, directeur national du Syndicat des Métallos. « De toute évidence, le moment est venu pour la ministre de remettre sa démission. » 

***

Les avocats des centres jeunesse l’emportent

Montréal – Les 120 avocats des centres jeunesse du Québec obtiendront finalement la parité salariale avec leurs collègues.

Une entente avec le gouvernement est finalement intervenue au terme d’une mobilisation de plusieurs mois et de manifestations simultanées, notamment à Montréal, Joliette, Saint-Jérôme et Longueuil, le 18 mars dernier.

Les avocats des centres jeunesse réclamaient la parité salariale avec leurs collègues de la Couronne, de l'aide juridique et des autres organismes gouvernementaux qui ont obtenu, en 2011, une bonification salariale de 15 %. Cette augmentation avait ensuite été accordée aux juristes de l'État, aux avocats de l'aide juridique et à ceux des autres organismes relevant de l'État québécois.

En somme, de l'ensemble des avocats du secteur public provincial, seuls les 120 avocats des centres jeunesse n'avaient pas obtenu le même redressement salarial.

À la CSN, tant du côté de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) que de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), ont se réjouit du fait que cette entente vient finalement corriger une injustice, d’autant plus les avocats des centres jeunesse ont historiquement toujours été à parité salariale avec leurs collègues.

***

Enlisement du conflit de travail chez MAPEI 

Laval – Ce lundi, les membres du Syndicat des salariés des produits de céramique et autres-CSN (SSPCA-CSN) ont rejeté à 99 % la dernière offre déposée par la direction de l’usine MAPEI de Laval lors d'un vote secret tenu en assemblée générale.

Les 155 travailleurs de l’usine sont sans contrat de travail depuis décembre 2011 et en grève depuis le 4 mai 2012. Plusieurs offres patronales ont déjà été rejetées à fortes majorités.

« Malgré le rejet d'une série d'offres que nous considérons toujours inacceptables, il s'entête à nous déposer sensiblement le même document que nous ne pouvons que rejeter. Cette fois-ci, nous l'avons rejeté à 99 % et nous espérons que ce message sera pleinement reçu à sa juste valeur », de préciser Éric Caron, président du SSPCA-CSN.

De litige sur la question de l’ancienneté, le conflit de travail dégénère en guerre de pouvoir.

Le 24 août dernier, 43 travailleurs ont été licenciés, au beau milieu de la grève, alors que l'employeur laissait miroiter des investissements de l'ordre de 10 millions $ dans l’usine de Laval. Éric Caron dénonce la stratégie de division adoptée par l’employeur pour tenter de casser le syndicat, tout en refusant de négocier de bonne foi.

« Les membres se galvanisent toujours plus solidement autour de leur simple et unique revendication, celle de se faire respecter. Si l'employeur comprend bien le message qui lui est envoyé, il va finir par déposer des offres qui vont refléter la reconnaissance à laquelle les salariés ont droit », a déclaré le président de la FIM-CSN, Alain Lampron, en appui aux grévistes.

MAPEI est un fabricant de colles et de produits chimiques pour le bâtiment. L’entreprise opère 59 sites de production dans plus de 28 pays sur cinq continents.

***

Les Rendez-vous CSQ de la petite enfance

Longueuil – Une quinzaine d’années après la mise en place des services de la petite enfance au Québec, « le moment est venu de faire le point, de constater ce qui a été fait, des pas de géants dans certains cas comme pour les services de garde, et de réfléchir à ce qu’on souhaite pour le futur, en terme de qualité », explique la présidente de la CSQ, Louise Chabot, en entrevue à l’aut’journal.

Les Rendez-vous CSQ de la petite enfance, dont la première édition se tiendra cette fin de semaine à l’Hôtel Sandman à Longueuil, seront l’occasion de faire un bilan.

« Nous avons un beau programme qui se penchera sur les services éducatifs à la petite enfance dans un continuum du processus éducatif, sur l’approche ludique, sur la transition entre les services de garde et milieu scolaire, sur les enfants avec des besoins particuliers, sur le dépistage précoce en service de garde, sur la formation, sur l’accessibilité aux services éducatifs dans les milieux défavorisés et des réflexions sur les expériences à l’étranger. »

Mme Chabot, qui a été responsable politique du dossier de la petite enfance pendant plusieurs années à la CSQ, se réjouit que l’événement compte quelque 300 inscriptions, en provenance des services de garde, de l’enseignement et des professionnels de l’éduction.

« L’éducation, ça commence tout petit. À la CSQ, nous considérons que les services à la petite enfance doivent faire partie du réseau de l’éducation. C’est un objectif universel d’égalité des chances, parce que tous les enfants ne naissent pas égaux. » La petite enfance, ce ne sont pas seulement des services de garde, mais aussi de services éducatifs, du dépistage précoce, des services professionnels adaptés, des services complémentaires.

« Bien entendu, quand nous avons commencé à réfléchir à un rendez-vous comme celui-là, il n’était pas alors question de l’ajout de 28 000 places en CPE et de la maternelle dès quatre ans pour les enfants en milieux défavorisés. Ça s’inscrit tout à fait dans notre perspective. »

D’ailleurs, l’événement s’ouvrira en présence de la ministre de la Famille, Nicole Léger, et la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy. Une trentaine de conférenciers, spécialistes de la petite enfance de tous les horizons, prendront aussi part au rendez-vous, animé par Jacques L’Heureux.

***

Mandat de grève à la LCBO

Toronto – Mercredi soir, les employés syndiqués de la Régie des alcools de l'Ontario se sont prononcés à 95% en faveur d’un mandat grève dans l’éventualité où les négociations avec le géant de la Couronne échoueraient.

Le président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), Warren Thomas, a indiqué qu’il s’agissait d’un message clair des syndiqués quant à la lenteur des négociations. La convention collective, d'une durée de quatre ans, est échue depuis le 31 mars dernier. Depuis le début des négociations à la mi-février, les deux parties n'ont fait que très peu de progrès à la table de négociation.

Une bonification des salaires et des avantages sociaux, la sécurité d'emploi et l'amélioration des normes de santé et de sécurité font partie des revendications syndicales. « Nous demandons une bonne qualité de vie pour nos familles, un avenir pour nos enfants et la possibilité de prendre notre retraite dans la dignité. Nous estimons que nous partageons ces objectifs avec tous les résidents de l'Ontario », a fait valoir Denise Davis, présidente de l'équipe de négociation du syndicat.

Par le passé, les employés de la Régie des alcools ont déjà voté deux reprises en faveur de la grève, en 2003 et 2009. Dans les deux cas, les deux parties étaient parvenues à un accord sans déclencher un conflit de travail.

Les pourparlers devaient reprendre cette semaine et d'autres journées de négociation sont prévues en avril et en mai.

Le syndicat interpelle la LBCO en lui demandant clairement de retourner aux tables de négociations pour discuter des préoccupations syndicales, ce que la direction a refusé de faire jusqu’ici.

Le SEFPO représente plus de 7 000 travailleurs de la LCBO dans les succursal

|Travailleurs étrangers : les Métallos réclament la démission de Diane Finley; Les avocats des centres jeunesse l’emportent; Enlisement du conflit de travail chez MAPEI ; Les Rendez-vous CSQ de la petite enfance; Mandat de grève à la LCBO
4482|4566|authebdo|L'aut'hebdo - 12 avril 2013|2013-04-12 11:26:15|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


ÉDITO

Le Québec, bientôt rattrapé par la crise économique?
La glace de l’économie canadienne est mince, selon The Economist
par Pierre Dubuc


ACTUALITÉS

Thatcher : Privatisons ses obsèques !
Confions-les au plus bas soumissionnaire !
par Ken Loach


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
Travailleurs étrangers : les Métallos réclament la démission de Diane Finley; Les avocats des centres jeunesse l’emportent; Enlisement du conflit de travail chez MAPEI ; Enlisement du conflit de travail chez MAPEI; Mandat de grève à la LCBO
par Maude Messier

Caisses de retraite : une perspective syndicale pour sortir de la tempête
Compte rendu d’un séminaire de la FTQ
par Maude Messier


POLITIQUE CANADIENNE

La RBC et les travailleurs temporaires
Une inquiétante vague de fond et un enjeu de l’accord commercial négocié entre le Canada et l’Europe
par Claude Vaillancourt

Libre-échange Canada-Europe : ATTAC-Québec répond à Mulcair
L’Union européenne, une économie dynamique ayant des normes élevées ?
par ATTAC-Québec

Mon crédit d’impôt, j’y tiens !
L’abolition des crédits pour fonds de travailleurs touche à 88% des Québécois
par Jean-Simon Carrier

Assurance-emploi ou l’emploi à tout prix ?
Ce n’est pas le travailleur qui est saisonnier, c’est l’économie de certaines régions qui l’est.
par Jean-Simon Carrier


POLITIQUE INTERNATIONALE

À la défense du Cohiba et du Havana Club
La piraterie des marques cubaines par les Etats-Unis se poursuit
par Emrah Kaynak

« Offshore Leaks » : la pointe du iceberg
Quatre mesures contre les paradis fiscaux
par ATTAC-Québec


MOUVEMENT ÉTUDIANT

De l’école à la rue : un ouvrage majeur sur le « printemps érable »
Un livre essentiel pour tout militant étudiant, communautaire, syndical ou indépendantiste >>
par Pierre Dubuc


ENVIRONNEMENT

Pipeline d’Enbridge : Harper veut museler l’opposition
La participation du public aux audiences est compromise
par Équiterre

Quand le gaz de schiste fait trembler la terre
Des scientifiques lient un tremblement de terre à la fracturation
par Stéphane Foucart

Conservation de la Broadback
Nature Québec appuie les Cris pour protéger le caribou
par Nature Québec


LANGUE

Une dignité coloniale au-dessus de la loi
Le ministre Jean-François Lisée, et la ministre Diane de Courcy, pénétrés «d’esprit de justice et d’extrême libéralité», semblent avoir glissé tout doucement dans les filets de la communauté anglophone
par Christian Néron


DROITS ET LIBERTÉS

Pour l’abrogation du règlement P 6
Des pratiques totalement arbitraires qui violent la liberté d’expression et le droit de manifester
par Ligue des droits et libertés


VIDÉO

Comment la laïcité peut changer le monde
Conférence lors de la Journée internationale de la femme
par Louise Mailloux


CONFÉRENCE

Le bureau des évangéliques par Louise Mailloux
Vendredi 12 avril 2013, à 19 h. au Centre Humaniste du Québec


Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4483|4567|Manchettes Mouvements_syndical Coups_de_gueule|La mort de « TINA » Thatcher|2013-04-12 14:24:23|Sylvain Martin|

L’auteur est directeur québécois des TCA

« Avec la disparition de madame la Baronne Thatcher, le monde a perdu une géante parmi les dirigeants mondiaux », a déclaré Stephen Harper lors du décès de Margaret Thatcher. Nos médias ont parlé de son charme et de son charisme, d’une politicienne fidèle à ses convictions, courageuse dans ses choix, et qui a fait preuve de leadership pendant les onze années (1979-1990) où elle a gouverné l’Angleterre.

Quelques semaines auparavant, les mêmes médias commentaient la mort de Hugo Chavez en qualifiant celui qui a dirigé le Venezuela pendant 14 ans (1999-2013), de « despote », d’« autocrate » et de « démagogue », des insultes au peuple vénézuélien qui venait de le réélire pour une quatrième fois.

Le premier ministre Harper qui, contrairement à Chavez, gouverne le Canada depuis sept ans, sans jamais avoir obtenu l’appui d’une majorité de la population, a refusé d’émettre un message de sympathie au peuple vénézuélien pour la perte de son président.

Cette différence de traitement envers Thatcher et Chavez n’est pas surprenante. Les deux ont incarné, à leur manière, les deux grands courants politiques mondiaux des 30 dernières années.


La mère du néolibéralisme

Avec ses politiques de privatisation, de déréglementation et de libre-échange, Mme Thatcher rompait brutalement avec les politiques keynésiennes d’après-guerre. Pendant ces années, baptisées « les Trente Glorieuses » (1945-1975) par nos amis français, on a assisté à l’édification de l’État-providence dans les pays occidentaux.

Profitant de la crise économique, qui faisait suite au premier « choc pétrolier » de 1973, Mme Thatcher s’est employée à démanteler, morceau par morceau, tout l’édifice des programmes sociaux et des politiques économiques de l’État-providence.

S’inspirant des gourous du néolibéralisme, elle déclarait : « There is no such thing as society ». Traduction : « La société n’existe pas ». Autrement dit, il n’y a que des individus !

Pour parvenir à ses fins, Mme Thatcher devait écraser le mouvement syndical, qui était la base du Parti travailliste britannique. Elle décide de fermer 20 mines de charbon, déclarées déficitaires. Cela signifiait la perte de 20 000 emplois! Elle entre alors en collision frontale avec le syndicat des mineurs dirigé par Arthur Scargill. La grève dura un an et se termina par une défaite de l’ensemble du mouvement syndical.

En 1981, son grand copain Ronald Reagan avait donné le ton en licenciant les 11 345 contrôleurs aériens grévistes du PATCO qui avaient ignoré son ordre de retour au travail. Ils furent bannis de façon permanente des services fédéraux.



L’effet Thatcher au Canada et au Québec

Les politiques néolibérales de la Dame de fer furent imitées par la plupart des gouvernements des pays industrialisés. Au Canada, le gouvernement Mulroney, élu en 1984, négocie le libre-échange avec les États-Unis et entreprend une série de privatisations et de déréglementations.

Je me souviens qu’à cette époque, notre syndicat avait entrepris une vaste campagne pancanadienne pour dénoncer les effets dévastateurs qu’aurait l’Accord de libre-échange Canada/États-Unis sur les travailleurs. Pendant que Bob White, notre président de l’époque, profitait de toutes les tribunes pour dénoncer cet accord de libre-échange et dire que les conservateurs n’avaient pas eu le mandat de vendre le Canada aux États-Unis, Brian Mulroney, de son côté, disait à qui voulait l’entendre « Laissez le Canada entre mes mains et dans dix ans vous ne le reconnaîtrez plus ». Le résultat! L’accord de libre-échange fut signé et le gouvernement canadien vendit plusieurs sociétés d’État, dont de très grandes, comme Air Canada, le CN et Pétro-Canada.

Au Québec, Robert Bourassa, de retour au pouvoir en 1985, entre dans la parade menée par le trio Thatcher, Reagan et Mulroney et privatise à son tour plusieurs sociétés d’État, comme Sidbec-Dosco, Cambior, Donohue, Québecair.


Le Thatchérisme

Les politiques de Mme Thatcher étaient enveloppées dans un discours qui lui était caractéristique, si bien qu’on a commencé à parler de Thatchérisme. C’était l’idéologie du moins d’État possible, du tout au marché. Finie la planification de l’économie par l’État, la « main invisible » du marché allait tout réguler.

Tout cela se déroulait au moment même où l’on assistait à l’écroulement du mur de Berlin et au démantèlement de l’Union soviétique.

Invoquant la disparition de l’Union soviétique, et donc, à ses yeux, la fin du socialisme, Mme Thatcher justifiait son orientation politique et idéologique en disant : « There Is No Alternative ». (Il n’y a pas d’alternative), d’où son surnom de TINA!



Au-delà du discours critique, l’expérience vénézuélienne

Face à cette offensive politique et idéologique, le mouvement syndical et la gauche se sont retrouvés dans les câbles. Des intellectuels de gauche avaient beau passer au crible le discours néolibéral, étaler sur la place publique ses contradictions, démontrer qu’ils étaient taillés sur mesure pour les intérêts patronaux, ils n’avaient pas d’exemples concrets à opposer au modèle thatchérien.

Jusqu’à ce que Chavez entre en jeu. Ce dernier a pris le contre-pied des politiques néolibérales. Il a nationalisé l’industrie pétrolière et tout le secteur de l’énergie, de même que les industries clefs de son pays.

Il a également donné un rôle à l’État pour assurer le bien-être de sa population. Sous sa gouvernance, la pauvreté a été réduite de moitié et l’analphabétisme a été éradiqué, selon l’UNESCO. Les inégalités se sont résorbées et le pays est aujourd’hui le plus égalitaire de la région.

Chavez a aussi mené le combat sur le terrain idéologique. À la « Révolution thatchérienne », Chavez a opposé la « Révolution bolivarienne ». Au TINA de Thatcher, c’est-à-dire à la soi-disant absence d’alternative, Chavez a opposé une alternative, qu’il a baptisée le « Socialisme du XXIe siècle ».

Je ne veux pas me prononcer sur l’expérience concrète de la « Révolution bolivarienne » au Venezuela. Je ne la connais pas. Par contre, je connais très bien l’expérience concrète de la « Révolution thatchérienne » au Canada et au Québec.

Et, si je mets un instant de côté les louanges envers Thatcher et le discours méprisant des médias à l’égard de Chavez, autrement dit, si j’éteins le son de ma télé et que je ne regarde que les images, je ne peux que constater une énorme ferveur populaire du peuple vénézuélien pour son président, et du côté de l’Angleterre des gens qui, encore aujourd’hui, 23 ans après son départ de la politique, prennent la peine d’afficher sur des pancartes leur haine pour la Dame de fer.

|« There is no such thing as society », disait-elle
4484|4568|Manchettes Mouvements_souverainiste|Rapatriement de la Constitution : Si nous avions su le rôle de Claude Morin, cela aurait changé l’Histoire…|2013-04-13 15:20:45|Pierre Dubuc|

Il s’écrit beaucoup de choses ces jours-ci à propos du rapatriement de la Constitution, à la suite des révélations du livre La bataille de Londres de Frédéric Bastien. Mais avions-nous besoin du point de vue de Claude Morin, qui était, de son propre vœu, sur la liste de paye des services secrets canadiens à cette époque?

Pourtant, Le Devoir lui ouvre une nouvelle fois ses pages, ce samedi 13 avril, avec un article intitulé : « Si les provinces avaient su, cela aurait changé l’Histoire… »

Dans ce texte, Morin écrit : « Je suis en mesure d’affirmer aujourd’hui que le projet et les manœuvres de Trudeau auraient complètement capoté si, dans l’état d’esprit où elles se trouvaient au printemps et à l’été 1981, les provinces avaient alors été informées, ne serait-ce que sommairement, des relations politiques incestueuses entre les deux juges et certains stratèges fédéraux. Dans cette perspective, on peut dire que la réussite ultime de l’opération fédérale est due au fait que les provinces ignoraient qu’Ottawa avait triché. Si les provinces avaient su, cela aurait changé l’Histoire! »

Sans vouloir minimiser d’aucune façon l’importance des révélations de Frédéric Bastien, on peut cependant affirmer que la révélation, si elle avait eu lieu à ce moment-là, qui aurait réellement fait « capoter les manœuvres de Trudeau », était celle du rôle joué par Claude Morin, en tant qu’agent rémunéré des services secrets canadiens, au sein du Parti Québécois et plus particulièrement dans la préparation de la position du Québec dans ces négociations constitutionnelles.

Il n’y avait pas que les juges qui parlaient à l’entourage du premier ministre Trudeau…

Voici un bref rappel du rôle joué par Claude Morin lors des négociations.

Dans « Les choses telles qu’elles étaient », Morin écrit : « Je conclus de l’expérience de 1980 que la population a rejeté l’orientation souverainiste non à cause de circonstances accidentelles, mais pour des motifs ancrés en elle. Indéracinables. » En fait, Morin avait rejeté cette option bien avant que le peuple se prononce. À l’occasion du vingtième anniversaire du référendum, il reconnaît, dans un aveu non équivoque, que « ce serait mentir que de dire qu’il n’y avait qu’une seule chose qui pouvait résulter de l’opération, soit la souveraineté totale et complète. » Il précise alors qu’un référendum gagnant aurait pu aboutir à une forme de renouvellement du fédéralisme.

Mais la mission de Morin n’était pas terminée. Après la défaite référendaire, il propose de façonner un front commun avec les provinces anglophones afin de forcer le gouvernement fédéral à négocier une nouvelle fédération canadienne qui tienne compte des demandes du Québec. Il insiste pour se faire accompagner à la conférence fédérale-provinciale par ses amis : « Je n’y vais que si je suis accompagné. Je me suis donc arrangé pour faire nommer deux de mes amis avec lesquels je m’entendais très bien : Claude Charron et Marc-André Bédard », écrit-il dans « Les choses telles qu’elles étaient ». Les qualités des deux larrons se résument à être des amis de Morin, car Charron n’est pas juriste et Bédard, qui est juriste, ne parle pas anglais ! La conférence est un échec.

En avril 1981, trois jours après la réélection du Parti québécois, Morin convainc Lévesque de s’allier à sept premiers ministres des provinces anglophones et de former avec eux le front commun des provinces qui s’oppose au rapatriement unilatéral de la constitution. Seuls l’Ontario et le Nouveau-Brunswick font alliance avec Ottawa. La position du front commun des provinces est la suivante : la constitution canadienne ne pourra être rapatriée et modifiée qu’avec l’accord des deux tiers des provinces représentant 50% de la population.

Le front commun demande également le retrait du projet de Charte des droits et libertés, lequel affaiblirait trop, selon eux, le pouvoir des provinces. Pour la première fois de son histoire, le Québec ne revendique pas le droit de veto qu’il peut exercer pour tout changement constitutionnel.

En échange de cet abandon, Morin propose que toutes les provinces, dans l'éventualité où elles ne désireraient pas appliquer certaines modifications constitutionnelles, aient un droit de retrait avec compensation financière. En cas d’échec, Morin peut toujours prétendre qu’il retournera à la position traditionnelle du Québec, celle qui inclut son droit de veto, mais par cet accord, il signifie au reste du Canada que ce droit est négociable. Dorénavant, le rapport de force du Québec réside essentiellement dans le front commun des provinces. Si celui-ci éclate, la position du Québec s’effondre.

Dans les premières heures de la conférence constitutionnelle, Lévesque lance à Trudeau le défi de consulter la population avant de s’adresser au Parlement britannique pour le rapatriement de la constitution. Trudeau relève le défi et propose de soumettre la Charte à un référendum national. Lévesque accepte convaincu qu’il gagnerait au Québec.

Mais les autres provinces ne veulent pas d’un référendum. Le front commun vacille. Trudeau triomphe. Au cours de la dernière nuit de la conférence, pendant que la délégation du Québec festoie à l’hôtel Laurier à Hull, de l’autre côté de la rivière aux Outaouais les provinces anglophones négocient avec le gouvernement fédéral.

Le lendemain de ce qui sera qualifiée de « la nuit des longs couteaux », le Québec apprend que le front commun n’existe plus. Les provinces anglophones acceptent la Charte des droits et libertés, mais avec une clause nonobstant. Une province pourra se soustraire de certains aspects de cette charte, mais le droit de retrait se fera sans compensation financière.

Le Québec perd sur tous les fronts. Il n’a plus de droit de veto ni de droit de retrait avec compensation. Trudeau pourra rapatrier la constitution et y intégrer la Charte des droits et libertés, dont une des principales caractéristiques est d’avoir été taillée sur mesure pour invalider des pans entiers de la Charte de la langue française, la loi 101.

Lévesque est dévasté, le Québec s’est fait lessivé. Comment cela a-t-il été possible? Claude Charron déclare par la suite que la délégation du Québec était « mal préparée ». Est-ce suffisant comme explication?

Jacques Parizeau avait été tenu à l’écart de la délégation, mais il était allé jeter un coup d’œil sur ce qui se passait. Le spectacle, confiera-t-il plus tard, était désolant. L’« équipe du tonnerre » de Claude Morin, avec le non-juriste Claude Charron et l’unilingue Marc-André Bédard, fonctionnait de façon tout à fait débraillé.

Plus inquiétant encore, circulaient librement au sein des membres de la délégation des documents estampillés « secret » du gouvernement fédéral sur lesquels Claude Morin avait « miraculeusement » réussi à mettre la main. La délégation était euphorique : les documents dévoilaient toute la stratégie fédérale !

Parizeau trouva que tout cela ne sentait pas bon et s’empressa de revenir au Québec pour ne pas être associé à ce qui s’y déroulait.

Quelques semaines après le désastre de la conférence constitutionnelle, Loraine Lagacé informe René Lévesque, preuves à l’appui, que Claude Morin est un agent rémunéré des services secrets canadiens. Lévesque accuse le coup et, selon toute vraisemblance, est victime à ce moment-là d’un léger infarctus. Il exige de Morin sa démission; celui-ci obtempère.

Extrait de L’autre histoire de l’indépendance, de Pierre Vallières à Charles Gagnon, Éditions Trois-Pistoles, 2003

|L’agent rémunéré des services secrets canadiens récidive dans les pages du Devoir
4485|4569|Langue Manchettes Culture|J’aime ma langue dans ta bouche|2013-04-15 08:10:42|Julien Beauregard|

Le 6 avril dernier, le cabaret du Lion d’Or consacrait sa journée à une promotion ludique de l’expression française au Québec. L’initiative vient du Mouvement Québec français qui réitérait pour une deuxième année l’expérience de ce spectacle aux allures de marathon intitulé «J’aime ma langue dans ta bouche».

Question de souffler un peu, l’évènement s’est déroulé en deux parties, une première en après-midi et l’autre en soirée. Bien qu’on m’ait dit qu’elles étaient similaires, elles comportaient chacune leurs exclusivités.

Comme je n’ai assisté qu’à la deuxième partie du spectacle, j’aurais pu manquer quelques perles n’eût été de la contribution de l’organe citoyen 99% Média (www.99media.org) qui a capté la scène du Lion d’Or avec la lentille d’une caméra, permettant ainsi une diffusion différée.

Ceux qui se mordent les doigts d’avoir manqué ce rendez-vous ont donc l’occasion de se reprendre, mais ils devront faire avec une qualité sonore et visuelle parfois chancelante.

Denis Trudel était à la fois responsable de la direction artistique et l’animation de ce spectacle multidisciplinaire.

On pourrait bien critiquer son caractère brouillon, néanmoins, il est mal venu de dire du mal des bénévoles à qui ont doit la concrétisation de ce projet et qui se sont donné corps et âme à la réalisation de cette activité.

«J’aime ma langue dans ta bouche», selon Denis Trudel, c’est l’incarnation de la notion du français comme langue commune au Québec, notion que les principaux groupes d’intérêt comme le Mouvement Québec français auquel Trudel agit à titre de porte-parole, luttent pour un renforcement législatif.

Pour le porte-parole de l’évènement, Biz, membre du groupe Loco Locass, il faut compter davantage que sur la Charte de langue française pour assurer la pérennité du français au Québec.

D’après lui, chaque Québécois doit, sur une base individuelle, se porter à la défense de sa langue en abordant un rapport critique avec son propre comportement linguistique. Il plaide pour que le français prévale dans les échanges au quotidien, surtout avec ceux qui n’ont pas l’aisance de bien le parler.

Le président du Mouvement Québec français, Mario Beaulieu, présenta lui aussi un texte qui tenait lieu de déclaration formelle du mouvement de défense de la langue française qu’il représente.

Citant Pierre Bourgault, il rappelle que «quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule.» Au nom de cette cause, il est prêt à prendre tous les coups que lui assènent ses adversaires.

Lisant un texte rédigé dans le cadre de l’évènement, Jules Falardeau déclare s’interdire de s’adresser en anglais avec quiconque au Québec dans un effort pour se libérer de l’emprise d’un réflexe de colonisé.

Ce réflexe faisait en sorte qu’il répondait en anglais à quiconque qui ne s’adressait pas à lui en français, car l’anglais se voudrait la langue internationale des échanges. Falardeau parle exclusivement français au Québec au risque de passer pour un être sectaire ou d’importuner un touriste. C’est pour lui une question santé mentale.

L’homme derrière les études sur la situation du français à Montréal sur lesquelles Pierre Curzi a appuyé sa démarche de renforcement législatif envers le français, Éric Bouchard, était là pour parler de son expérience personnelle avec l’interculturalisme.

Les bénéfices dont il a soutiré des échanges avec des citoyens d’un héritage culturel différent du sien a fondé un principe de métissage duquel le Québec devrait s’inspirer.

Ces détracteurs de la protection de la langue française ont été souvent pris à partie par Denis Trudel durant la soirée. Après le passage sur scène d’un participant d’une origine étrangère, il était fier de les présenter comme des contrexemples de fermeture, de tribalisme et de xénophobie dont on est souvent accusé.

Avec raison, ces artistes étaient la pièce de résistance de la soirée.

Denis Trudel a invité des artistes de nationalité étrangère qui ont participé auparavant à un concert organisé par la Maison de la culture Ahunstic et intitulé «Des mots sur mesure».

Depuis 2010, il s’y organise un spectacle annuel qui donne l’occasion à des artisans de la scène musicale d’exprimer leur art en français; il s’agissait parfois pour eux d’une première occasion de le faire. L’exercice demande d’adapter à son goût un texte du répertoire québécois. Le résultat est remarquable.

Ainsi, avons-nous pu entendre trois artistes Tamouls de l’ensemble Amanda Prasad qui ont interprété «Comme un sage» d’Harmonium et «Chanson entre nous», écrite par Stéphane Venne et chantée initialement par Pauline Julien.

Il y avait aussi Oumar Ndiaye, auteur –compositeur sénégalais qui a livré une version rythmée de «La complainte du phoque en Alaska» en plus de deux chansons de son répertoire, soit «T’es où» et «Viva le Québec».

Pour sa part, Yadong Guan, de nationalité chinoise, a produit une version de «J’ai planté un chêne» de Gilles Vigneault accompagnée d’une consœur. Elle a ensuite joué une pièce en chinois et en français dont le titre est «La lune est mon cœur».

Venue de Turquie, Duo Turco est une formation musicale composée des artistes Ismaïl Fencioglu et Didem Basar qui a donné un souffle nouveau au poème «Soir d’hiver» d’Émile Nelligan et «J’ai la tête en gigue» du duo Jim et Bertrand.

Il ne faut surtout pas passer sous silence le passage de Soraya Benitez, chanteuse vénézuélienne à la voix puissante découverte dans le métro par un artisan de la Première Chaîne.

Ce n’est pas tout. Le Lion d’Or accueillait également cette journée des artistes venus d’ailleurs qui pratiquent leur art en français comme Zahia, interprète Kabyle, qui a chanté deux compositions musicales de l’artiste Kabyle Idir, soit «Sans ma fille» et «Ce cœur venu d’ailleurs».

Mykalle Bielinski est une artiste qui a plus d’une corde à son arc. Un peu touche à tout, cette Polonaise d’origine n’a dévoilé qu’une partie de son talent en partageant avec le public un de ses poèmes et deux de ses chansons.

L’auteur algérien Karim Akouche a lu un long texte émouvant. Avant de quitter la scène, il a confié qu’un peuple qui ne défend pas son identité est un peuple destiné à l’esclavage.

Pour sa part, Romain Pollender, auteur et comédien d’un lointain héritage juif et polonais, a partagé un texte qu’il a composé pour l’occasion sous forme d’adresse à un nouvel arrivant.

N’oublions pas la France, la mère patrie de la langue mise à l’honneur. Si l’auteur-compositeur-interprète Gaële devait servir d’ambassadrice, elle est serait sa plus digne représentante. Cette amoureuse du Québec a servi au public un spectacle complètement disjoncté.

Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant, deux comédiens qui ont une seconde vie de chanteurs et de musiciens, sont venus souligner leur amour de la langue. Ils ont joué «Rapide blanc» d’Oscar Thiffault et «Évangéline» d’Angèle Arsenault.

L’homme qui a redonné vie à Gaston Miron, Gilles Bélanger, était, pour sa part, présent pour donner une voix au poète avec «Au sortir du labyrinthe» et «Sentant la glaise» qu’on peut entendre sur l’album des Douze hommes rapaillés.

Les mots de Miron étaient également présents dans la bouche de Denis Trudel qui, pour l’occasion, s’est prêté au jeu de la performance en lisant «Compagnon des Amériques» de Gaston Miron accompagné de la formation musicale chilienne Acalanto.

Ivan Bielinski alias Ivy est un slammeur qui ne rate aucune occasion pour mettre l’épaule à la roue dans la promotion du français. Accompagné de ses musiciens, il s’est exprimé avec sa vigueur habituelle, livrant au passage un slam fort à propos sur la situation actuelle de la langue.

L’humoriste Louis T. a également abordé la question de la langue en débordant du sujet comme les artistes du genre nous ont habitué.

Le Lion d’or a brièvement transformé sa scène en planches de théâtre le temps que le dramaturge et comédien Sacha Samar, venu d’Ukraine, nous présente une scène de la pièce «La mort dans la bouache» de Luigi Pirandello avec l’aide de son épouse.

Denis Trudel a tenu présenter des courts métrages durant la soirée afin de donner une place à ce genre qu’il dit sous-représenté. On a pu voir «Sang froid» de Martin Thibaudeau et «Trotteur» de Francis Leclerc. Le choix de ce dernier était toutefois étonnant dans le contexte d’un spectacle consacré à la langue, compte tenu de son caractère muet.

Olivier Bélisle est un auteur-compositeur-interprète à la confluence du folk, du rock, du blues et du funk qui a reçu la tâche ingrate de clore la soirée. À l’instar de son talent en émergence, le spectacle de Denis Trudel devrait revenir en force l’année prochaine.

Celui-ci a partagé à voix haute le rêve d’organiser une scène à air ouverte dans un parc de Côte-des-neiges où il s’y parle près d’une centaine de langues. Voilà un excellent lieu de promotion du français, langue commune des échanges chez tous ceux qui portent le Québec dans leur cœur.


Photo : Mathieu Breton

|Une assemblée de merveilleux francophiles
4486|4570|Accueil_Analyses Politique_Québec|Le DGE, l’Affaire Michaud et la censure pour l’échafaud|2013-04-15 08:15:50|Martin Lachapelle|

Critiqué pour son laxisme sur le financement illégal des partis via des prête-noms, le DGE sort de sa torpeur pour poursuivre non pas une compagnie fautive mais bien Yves Michaud, un simple citoyen diffamé en quête de justice. Ce dernier aurait apparemment enfreint la loi électorale à laquelle les géants des médias ne sont pas soumis en payant pour publier une pub partisane, alors que le même message aurait pourtant été jugé légal s’il avait passé par le courrier des lecteurs ou la plume d’un faiseur d’opinion payé par un grand journal…

Les faits reprochés à Yves Michaud, condamné à une amende de 6264$, remontent au 25 août 2012. Ce jour-là, l’ancien journaliste et député souverainiste, bien connu sous le surnom de Robin des banques en raison de sa défense acharnée des petits actionnaires, aurait commis une infraction en se payant une publicité partisane dans les pages du journal Le Devoir.

La publicité payée par l’homme de 83 ans, seul citoyen de l’histoire politique québécoise à s’être fait blâmer officiellement et, surtout, injustement par des membres de l’Assemblée nationale, visait à inciter les électeurs à ne pas voter pour 13 député(e)s, toujours en fonction après avoir appuyé la motion de blâme, qu’il jugeait, avec raison, indignes d’être réélu(e)s à la dernière élection.


L’Affaire Michaud : retour sur un épisode honteux de notre histoire

Il faut comprendre qu’Yves Michaud est en quête de justice depuis plus de 12 ans. Soit depuis que les 13 député(e)s sortants en question et plusieurs autres ayant toujours refusé de s’excuser ont eu l’odieuse idée de souiller sa réputation, en le condamnant hypocritement, le 14 décembre 2000, pour avoir prononcé des propos jugés « antisémites » par une Assemblée nationale transformée, pour l’occasion, en tribunal d’Inquisition.

Et qu’a-t-il dit de si terrible ? Yves Michaud a-t-il fait un explosif terroriste de lui-même en menaçant le peuple juif d’extermination ? Tapez « Affaire Michaud », allez sur Wikipédia et voyez par vous-même les propos jugés « antisémites » que la plupart des député(e)s ayant blâmé Michaud n’auraient apparemment même pas entendus avant de le blâmer !

Tout d’abord, Yves Michaud, dans une entrevue accordée à Paul Arcand, le 5 décembre 2000, aurait simplement fait part d’une discussion dans laquelle il a déclaré à un sénateur libéral de religion juive, qui ne comprenait pas pourquoi il est toujours « séparatiste », que les Québécois, au même titre que les Israéliens, ont aussi le droit d’avoir un pays bien à eux. Tout en ajoutant que les juifs n’avaient pas le monopole de la souffrance.

Autre reproche adressé à Yves Michaud, celui d’avoir cité le « vilain » chanoine Groulx même si le passage en question était élogieux pour le peuple juif et son « invincible esprit de solidarité » ! Aux dernières nouvelles, on tolérait bien pire, puisque citer des politiciens anglophones ayant flirté avec l’idéologie nazie n’était toujours pas interdit.

Quoi d’autre ? Certains affirment que Michaud aurait commis le crime de parler de votes « ethniques », alors que le Québec est probablement le seul endroit au monde où l’hypocrite rectitude du politiquement correct nous interdit de commenter les résultats de sondages ou d’élections pourtant connus et décortiqués, dans le détail, noir sur blanc.

Je rappelle que le fameux discours de Jacques Parizeau sur « l’argent et les votes ethniques » fut prononcé parce que ce dernier estimait, avec raison, que le camp fédéraliste a volé l’élection en dépassant la limite de dépenses permises et en gonflant démesurément le nombre de nouveaux électeurs admissibles à voter. Parlez-en à l’ancien DGE, Pierre-F. Côté.

Ajoutez à cela que bien qu’il soit de bon ton de calomnier quotidiennement le projet indépendantiste et les organismes nationalistes avec des références au nazisme et au fascisme, certains ont quand même trouvé le moyen de jouer les vierges offensées en reprochant à Yves Michaud d’avoir qualifié un organisme juif, le B’nai Brith, de « phalange extrémiste du sionisme mondial ».

Et voilà comment Yves Michaud fut blâmé, sans même pouvoir s’expliquer, par l’Assemblée nationale, il y a maintenant plus de 12 ans. Voilà comment on devient apparemment un gros méchant intolérant coupable d’avoir prononcé des propos prétendument antisémites.

Et tout ça pourquoi ? Tout ça parce que les libéraux de Jean Charest, champions semeurs de zizanie, ont voulu à nouveau diffamer le mouvement indépendantiste via Yves Michaud. (Comme Charest a embarrassé Bernard Landry, en plein débat des chefs, en 2003, pour des propos tenus… par Jacques Parizeau).

Le comble de la bêtise revient toutefois aux député(e)s du Parti Québécois de Lucien Bouchard qui, dans leur paranoïa post-référendaire, ont mordu à l’hameçon des libéraux en adoptant conjointement cette infâme motion, quitte à lapider injustement un des leurs sur la place publique pour sauver l’image de leur formation politique.

Mentionnons que sur leur 2ème album intitulé Amour Oral, Loco Locass a composé une excellente chanson sur l’hypocrisie du politiquement correct à la sauce fédéraliste et notre pathétique propension à l’auto-flagellation, en traitant notamment de l’Affaire Michaud : La censure pour l’échafaud.


Le DGE poursuit les citoyens mais pas les médias partisans

Revenons aux raisons ayant poussé le DGE à poursuivre Yves Michaud.

Loin de moi l’idée de remettre en question le rôle du DGE, Jacques Drouin. Bien au contraire ! Sauf que je me questionne vraiment sur son jugement et sur certains aspects de la loi électorale lorsque les zones grises permises prennent finalement plus de places que l’esprit de la lettre exposé noir sur blanc.

Comment peut-on condamner Yves Michaud d’avoir enfreint la loi électorale en payant pour passer une publicité alors que le même message, dans n’importe quel autre format non publicitaire, aurait été accepté ?

Parlant de propagande tolérée, que dire de celle des grands médias ? Prenons un article récent de Patrick Lagacé. Pas celui où il se moque du jeune dictateur imberbe nord-coréen, en narguant une chroniqueuse de l’ennemi Québecor et du PQ et sa gouvernance souverainiste, dans le même article. Du « grand » Patrick… Non, je parle de « Notre maire fluo », dans lequel Lagacé, qui n’est pas convaincu que Michaud a raison de chercher à obtenir des excuses après avoir été diffamé, a appuyé la poursuite du DGE.

« Un individu qui achète une pub pour décréter qu'il ne faut pas voter pour tel ou tel candidat, c'est exactement le genre de dérive qui pollue la vie politique américaine », a écrit le chroniqueur de La Presse.

Avant d’ajouter qu’Yves Michaud ferait « la danse du bacon du siècle » s’il devait voir « des pubs payées par des gens d'affaires fédéralistes, dans lesquelles tel candidat péquiste serait jugé indigne d'être élu ».

Or, c’est là où le bat blesse, en terme de causes de dérives polluant justement la vie politique d’ici, parce que dénigrer systématiquement les péquistes et les indépendantistes à l’année est précisément la spécialité du journal qui emploie Patrick Lagacé.

Comment peut-on reprocher à Yves Michaud d’avoir payé pour prendre position, lors de la dernière élection, sans faire le même reproche à Gesca et sans ajouter aux dépenses électorales des deux partis libéraux le coût des salaires des faiseurs d’opinion politique de l’empire Desmarais ainsi que la valeur de l’espace alloué à la propagande libérale dans chaque journal ?

On rappelle que les journaux libéraux de Gesca, tels que La Presse ou Le Soleil, servent à prendre position contre le projet indépendantiste et le Parti Québécois, avant, pendant et après chaque élection depuis très longtemps.


Renforcez cette loi électorale discriminatoire !

C’est quand même injuste qu’un citoyen tel qu’Yves Michaud soit poursuivi par le DGE pour une seule publicité partisane visant seulement à réparer une injustice commise à son endroit, pendant que ce même Directeur des élections permet portant aux empires médiatiques privés d’exprimer en toute liberté leur propagande politique à l’année !

Je suis pour le maintient de la loi électorale. Il m’apparaît même urgent de la renforcer pour encadrer l’influence des médias partisans. D’autant plus que la quasi-totalité des médias sont concentrés dans les mains de gens d’affaires d’allégeance fédéraliste et droitiste ! J’ai d’ailleurs publié un article sur cette problématique du déficit démocratique causé par la concentration médiatique.

Évidemment, certains diront que le DGE n’a pas le pouvoir de forcer un démantèlement des empires. Ni celui de forcer le fédéral à rendre la compétence des télécommunications au provincial, question d’élargir le mandat de Télé-Québec pour faire de la société d’État un vrai réseau public national digne de ce nom. C’est à dire impartial et à l’abri de toute influence politique ou du secteur privé. Ce que Radio-Canada n’est pas en convergeant avec Gesca.

Même en manquant de pouvoirs, le DGE pourrait au moins faire des recommandations en ce sens car, en terme de publicité et de propagande illégales, le brainwashing médiatique incessant des géants marchands du « prêt-à-penser » est LA principale source de pollution anti-démocratique à laquelle il faudrait tenter de remédier.

Autre absurdité, la publicité passée par Michaud, qui invitait les électeurs à ne pas voter pour 13 député(e)s issus de trois formations différentes ayant tous été réélus sauf Jean Charest, fut jugée illégale sous prétexte qu’elle n’aurait pas été approuvée par un agent officiel d’un parti enregistré. Faites-moi rire ! Voulez-vous bien me dire pourquoi les agents officiels des libéraux, du PQ et de la CAQ auraient accepté de cautionner une pub négative à l’endroit de leurs « propres » candidat(e)s visé(e)s ?! La pub aurait-elle été jugée légale si les agents officiels de Québec Solidaire ou d’Option Nationale l’avait endossée ? Un citoyen a-t-il moins de droits qu’une entité ?

Chose certaine, le Directeur général des élections vient peut-être d’ouvrir une boîte de Pandore en le condamnant Yves Michaud à une amende pour avoir enfreint la loi électorale, si l’on considère que Michaud a décidé de le poursuivre à son tour pour 100 000$, au profit d’un OSBL, en plaidant la liberté d’expression…

Vous savez, cette fameuse liberté d’expression si chère aux yeux de la Cour suprême du Canada ? Comme l’a constaté l’ancien DGE, Pierre-F. Côté, en revenant bredouille d’Ottawa après s’être aperçu que le camp du NON, au référendum de 1995, a finalement pu dépenser sans compter et donc bafouer en toute impunité la électorale québécoise, au nom de cette même sacro-sainte liberté d’expression.

En attendant la suite, on peut se poser des questions sur le jugement de l’actuel DGE, Jacques Drouin, qui applique un règlement discriminatoire à l’encontre d’un simple citoyen en quête de justice déjà suffisamment bafoué, après être resté plutôt passif pendant presque 3 ans sur un dossier nettement plus important tel que celui des prête-noms. Et ce malgré des signes évidents et tout le travail de débroussaillage effectué par Amir Khadir pour prouver l’existence de ce stratagème maintenant exposé à la commission Charbonneau.

Comme si le protecteur de notre démocratie, le DGE, avait le même jugement douteux que le préfet de discipline de la Ligue nationale de hockey. Une LNH qui, devons-nous le rappeler, a déjà suspendu un joueur persécuté en situation de légitime défense tel que Maurice Richard, avant de fermer les yeux sur un geste gratuit et infiniment plus dangereux comme la mise en échec du géant Zdeno Chara sur Max Pacioretty.

Go Michaud Go !

|Le DGE poursuit les citoyens mais pas les médias partisans
4487|4571|Manchettes Politique_Canada|L’aut’journal au congrès du NPD|2013-04-15 11:29:22|Louis-Philippe Sauvé|

À Montréal, près de 1500 néo-démocrates de partout au Canada se sont réunis cette fin de semaine à l’occasion du congrès fédéral du NPD. L’aut’journal y a dépêché un reporter, Louis-Philippe Sauvé, afin d’en faire un compte-rendu à ses lecteurs.

Montréal – Dans les couloirs lumineux du Palais des congrès, les militants étaient nombreux à discuter vendredi midi avant les cérémonies d’ouverture du congrès, alors que les « radicaux » du parti distribuaient Virer à gauche, la revue du Caucus socialiste du NPD, un club politique qui milite pour que le parti se déplace plus vers la gauche.

Bien que Jack Layton soit décédé, son esprit était bel et bien présent au congrès où les militants nostalgiques pouvaient se procurer des affiches, des T-shirts et des figurines à tête branlante de Jack.

Plus tôt en matinée, les militants ont débattu à huis-clos de la priorisation des résolutions. Pour les délégués, ce moment était crucial puisque, avec plusieurs centaines de propositions inscrites, seules celles se trouvant en tête des listes de priorité seraient débattues.

Le congrès animé par les députés Alexandre Boulerice et Jinny Simms a débuté par un Ô Canada bien senti et une cérémonie amérindienne. Les délégués ont par la suite eu le privilège d’entendre une conférence de Joseph Stiglitz, un ex-conseiller de Bill Clinton et récipiendaire d’un prix Nobel en économie. Il y est allé d’une charge à fond de train contre les politiques d’austérité.



Discours du chef

«Le Parti devrait-il tenir un congrès pour élire un nouveau chef ?» 92.3 % des délégués présents ont répondu par la négative à cette question. Puis, Thomas Mulcair a fait une entrée triomphale sous les applaudissements nourris de ses partisans après l’annonce du résultat du vote de confiance.

Le chef du NPD était souriant et a commencé son discours avec les remerciements d’usage puis a rappelé la vague orange de 2011 ainsi que les origines et les fondements historiques du parti.

« We can do better ». Le discours de Thomas Mulcair peut se résumer essentiellement à cette citation. Tout au long de son discours, il n’a eu cesse de présenter le NPD comme étant la voie du changement, de l’optimisme et du progrès. Le chef néo-démocrate a particulièrement axé son discours sur la problématique de l’accroissement des inégalités, l’environnement et la lutte à la pauvreté.

« Nous avons la vision pour unir les progressistes, nous avons la vision pour unir les Canadiens, nous sommes le parti qui est dans la meilleure position pour défaire Stephen Harper et c’est-ce que nous ferons en 2015 », a-t-il clamé en anglais.

Thomas Mulcair ne s’est pas retenu pour attaquer les Conservateurs. « Le travail que nous faisons ensemble cette fin de semaine et celui que vous faites quotidiennement sont plus importants que jamais, parce qu’à Ottawa nous avons devant nous un gouvernement conservateur qui répand le défaitisme et qui sème la division. […] Il n’y a pas de place pour la mère de deux enfant à Lavaltrie qui a travaillé fort à chaque jour de sa vie pour ses enfant, pas de place pour le transgenre qui habite à Vancouver, ou encore pour l’adolescente des Premières Nation qui vit sur une réserve et qui se demande pourquoi son école reçoit 30% de moins en financement que l’école voisine fréquenté par d’autres jeunes canadiens, aucun d’entre eux n’a de place dans le Canada de Stephen Harper ».

Thomas Mulcair s’en est ensuite pris à ses adversaires libéraux qu’il a accusés d’être semblables aux Conservateurs, de n’avoir rien fait pour contrer les changements climatiques et pour la justice sociale.

Il a également rappelé qu’il était à la tête du premier parti fédéraliste à obtenir une majorité de députés fédéraux au Québec et a déclaré que cela était une bonne nouvelle pour tous. Il a expliqué que son parti avait connu ce succès notamment parce qu’il avait une vision rassembleuse et qu’il respectait les Québécois.



Résolutions

Lors du congrès de cette fin de semaine, les militants et militantes ont également eu l’occasion d’amender les positions du parti. Ils ont également procédé à deux modifications aux statuts du parti, dont la plus controversée était sur le préambule et la présence du terme socialisme.

Auparavant la notion de socialisme ainsi que sa définition étaient au cœur du préambule. Les militants ont voté à 83 % en faveur du nouveau préambule qui laisse une place mineure à cette notion à laquelle on a substitué celle de social-démocratie.

Les membres ont également voté des résolutions en faveur de la lutte aux paradis fiscaux, contre l’abolition de la formule Rand et en faveur de l’abrogation la loi C-377, qui force les syndicats à publier dans leurs états financiers toute dépense de plus de 5000 dollars.

Les délégués ont également ajouté une section visant à maintenir le système de gestion de l’offre en agriculture et le protéger « pour le lait, les œufs et la volaille […] et dans toute entente commerciale ».

En outre, un gouvernement néo-démocrate défendrait l’équité salariale, soutiendrait l’industrie forestière. Ils ont de plus réitéré leur opposition à la réforme de l’assurance-emploi, en appuyant une résolution présentée par le député Yvon Godin, qui l’a défendu en livrant une diatribe enflammée comme seul lui peut le faire.

Tout au long du congrès, la grande majorité des propositions priorisées ont été adoptées à de très fortes majorités. Les plus controversées comme celle visant à légaliser la prostitution ont été mise en dépôt.



Conférenciers

De nombreux conférencier prestigieux ont pris la parole lors du congrès du NPD. Outre Joseph Stiglitz, les délégués ont également entendu Laure Waridel qui a co-fondé Équiterre, Darell Dexter, premier ministre de la Nouvelle-Écosse ainsi que Sylvie Fréchette.

Le Président du Congrès du travail du Canada (CTC), Ken Georgetti, a également prononcé un discours. Le NPD et le CTC entretiennent des liens étroits depuis 1961. Bill Shorten, ministre du Travail australien, a également livré un discours.

Plus controversée était la présence de Jeremy Bird, un des principaux organisateurs de Barack Obama lors des élections présidentielles de 2012. Lors du vote sur l’ordre du jour, des délégués ont demandé le retrait de sa conférence arguant que l’administration Obama était guerrière et favorisait les banquiers de Wall Street. La proposition a été battue à forte majorité.

Rapports de la trésorière et du directeur à l’organisation

Pour la trésorière du parti, Tania Jaezebiak, les finances du NPD sont relativement en bonne santé. Les néo-démocrates auraient remboursé une part substantielle de leur dette électorale et la collecte de fonds serait en croissance. Elle a cependant émis un bémol en rappelant aux membres que le financement public du parti allait décliner en raison des modifications que le gouvernement Harper a apporté à la loi électorale.

Il y aurait fort à faire en matière de financement pour les néo-démocrates puisque sur près de 11 500 000 $ de dollars que le parti a amassé en 2011, un peu plus de 7 000 000 $ provenait du financement public. Mme Jaezebiak a donc enjoint les associations à en faire plus en matière de financement.

Le directeur à l’organisation, Nathan Rodman, a quant à lui livré un bilan positif de la situation organisationnelle. Son plus grand défi sera de conserver les acquis de la vague orange tout en allant à la conquête de nouveaux sièges en vue de prendre le pouvoir.

Le stratège néo-démocrate compte notamment sur les nouvelles technologies pour réaliser ces gains. C’est dans cette optique que se sont tenues de nombreuses formations sur le recrutement, la mobilisation, la collecte de fonds et l’organisation électorale tout au long de la fin de semaine. Pour les stratèges du NPD les élections commencent dès la clôture de ce congrès et la campagne sera longue et numérique

|Les néo-démocrates se mettent en marche pour les prochaines élections
4488|4572|International Manchettes|Le pape remplace-t-il Hugo Chavez ?|2013-04-16 07:15:20|André Maltais|

Dans un article intitulé Vaticano, revolucion y contrarevolucion en America Latina, et publié sur le portail internet, America XXI, l’écrivain et éditeur vénézuélien, Luis Bilbao, affirme qu’il y a beaucoup de symboles et bien peu de hasard entre la mort d’Hugo Chavez et, cinq jours plus tard, le remplacement du pape par l’Argentin, Jorge Bergoglio, ex-militant de l’organisation péroniste d’extrême-droite, Guardia de hierro (Garde de fer).

La grave crise économique du capitalisme, dit-il, et son autre face, l’avancée de la révolution, obligent le Vatican à se défaire de l’extrême-droite représentée, depuis 1978, par l’Opus Dei et les papes Karol Wojtyla (Jean-Paul II) et Joseph Ratzinger (Benoît XVI) comme l’ont fait les États-Unis avec les Républicains.

Les peuples sont de nouveau forcés à l’austérité et à la pauvreté et c’est, pour l’instant, la stratégie de la « main amie » qui prévaut. Celle-ci a porté Barack Obama au pouvoir, à Washington, et, tout récemment, désignait, à Rome, un pape issu de l’ordre des Jésuites (rival de l’Opus Dei) et se réclamant de François d’Assise et de « l’église des pauvres pour les pauvres ».

À la crise économique mondiale, s’ajoute, pour l’Église catholique, la non moins grave et mondiale crise qu’elle traverse: perte de fidèles, corruption et gaspillage dans la haute-hiérarchie, déficit astronomique, accusations de pédophilie, blocage sur des questions comme celles du mariage des prêtres, de l’avortement et de l’homosexualité, etc.

Tout cela est plus que suffisant pour remplacer le pape, un fait similaire à celui de 1978 quand, un mois seulement après sa désignation, le pape Jean-Paul Ier avait été trouvé mort dans sa chambre et remplacé par le polonais Wojtyla.

Quatre ans plus tard, celui-ci libérait l’Opus Dei de toute sujétion territoriale la rendant redevable au seul pape, en même temps qu’il suspendait l’ordre des Jésuites et en remplaçait le supérieur général, Pedro Arrupe.

Pour Bilbao, auteur, en 1989, d’un livre intitulé CIA-Vaticano: associacion ilicita, Washington a été le protagoniste des changements de 1978 et de 2013. En 1978, dit-il, les cibles visées étaient l’Europe de l’Est (à partir de la Pologne) et l’Amérique latine (plus particulièrement le mauvais exemple nicaraguayen et l’influence de la théologie de la libération).

Quelques années plus tard, les régimes d’Europe de l’Est tombaient les uns après les autres, la révolution sandiniste s’écroulait dans le feu et le sang, les adeptes jésuites de la théologie de la libération étaient éliminés et l’URSS démantelée.

En 2013, l’Amérique latine est devenue l’épicentre de la révolution mondiale, se permettant même de ressortir le socialisme des boules à mites. De plus, dans ce principal bastion catholique du monde, le Vatican a perdu le quart de ses fidèles au cours des trente dernières années.

D’où le choix d’un pape latino-américain qui a déjà commencé à flatter la « nouvelle Amérique latine » et qui, nous dit Bilbao, n’hésitera pas à se « déguiser en Chavez » pour mieux remplir la mission conjointe CIA-Vatican d’en finir avec la révolution au sud du Rio Bravo.

L’Argentine, elle, est choisie pour sa faiblesse; parce qu’elle apparaît comme le pays important le plus susceptible d’être décroché du bloc progressiste latino-américain à court terme.

L’un des premier pays de ce bloc à être frappé sérieusement par les effets de la crise mondiale, l’Argentine paraît vivre la fin du cycle des Kirchner, alors qu’une ample coalition électorale regroupée autour de la stratégie latino-américaine états-unienne est en voie de se former pour 2015.

La tactique consiste à affaiblir les appuis régionaux du Venezuela parce que ce pays est l’avant-garde de l’avant-garde révolutionnaire latino-américaine.

Cette tactique semble prometteuse, nous dit l’avocat et journaliste pour le Réseau latino-américain sur la dette, le développement et les droits (Latindadd), Carlos Alonso Bedoya, pour qui la seconde décade du 21e siècle se caractérise déjà par le gel des processus de rupture de l’hégémonie néo-libérale et d’intégration politique et financière de la région pourtant lancés avec force, il y a une dizaine d’années.

Bedoya situe le point d’inflexion en 2011, quand les États-Unis, aidés de la droite et des Forces armées péruviennes, sont parvenus à arracher le Pérou du nouveau président, Ollanta Humala, à l’influence brésilienne.

Jusque là, explique-t-il, une solide alliance semblait unir Humala, alors candidat à la présidence, et le gouvernement brésilien de Dilma Roussef. Les programmes sociaux, la coopération militaire, les centrales hydroélectriques et un gazoduc traversant le sud du Pérou semblaient aller bien au-delà d’une relation bilatérale normale entre deux pays. Elles renforçaient l’Unasur en lui ouvrant pour la première fois une façade sur l’Océan Pacifique.

Mais Humala s’est révélé très loin d’être un second Hugo Chavez, comme le qualifiaient pourtant ses adversaires de la droite.

Les programmes sociaux sont passés à la Banque mondiale au lieu de la BNDS brésilienne, la coopération militaire est morte quand Humala a choisi les avions KT1 de la Corée du Sud au lieu des Super Tucano du Brésil, les projets hydroélectriques sont restés en plan, tandis que les firmes brésiliennes Odebrecht et Petrobras ont été écartées de la construction de l’oléoduc gazier et de l’exploration pétrolière de Camisea.

La présidente brésilienne a réagi en boudant le 6eSommet des chefs d’État de l’Unasur, à Lima, à la fin du mois de novembre 2012. Trois autres présidents, parmi les plus enthousiastes promoteurs de l’intégration latino-américaine, manquaient aussi à l’appel : Evo Morales (Bolivie), Cristina Fernandez (Argentine) et Hugo Chavez (Venezuela), ce dernier étant malade.

Pendant que des dossiers aussi importants que la Banque du Sud, la demande bolivienne d’accès à la mer, le conseil de défense régional et la monnaie sud-américaine piétinent, ajoute Bedoya, l’Alliance du Pacifique, formée des pays alliés aux États-Unis, fonce à toute allure, de sorte que la région est maintenant littéralement séparée en deux.

La République Dominicaine s’apprête à devenir le cinquième membre de l’Alliance qui comprend déjà le Mexique, le Chili, la Colombie et le Pérou. Cinq autres pays en sont des membres observateurs : le Costa-Rica, le Panama et le Guatemala, en Amérique centrale, mais aussi le Paraguay et l’Uruguay, deux membres du Mercosur!

Presque tous ces pays ont des traités de libre-échange entre eux et avec les États-Unis, abritent des bases militaires états-uniennes ou permettent aux militaires états-uniens d’opérer sur leur territoire contre le crime organisé et le trafic de drogue, mènent des exercices militaires conjoints avec les États-Unis et, dans le cas du Mexique et du Chili, sont membres de l’OCDE.

Une zone de libre-échange existe aujourd’hui de l’Alaska à la Patagonie chilienne du côté de l’Océan Pacifique (avec la seule exception de l’Équateur) et rappelle de plus en plus la supposée défunte ZLÉA. Cela, pour le cubain Guillermo Andrés Alpizar, du Centre d’investigation et d’économie mondiale, est une possible blessure mortelle pour l’intégration sud-américaine.

Dans ce contexte, l’asphyxiante accolade papale à l’Argentine vient ajouter sa part de confusion dans une région de moins en moins ouverte à l’idée brésilienne d’une Amérique latine intégrée et parlant d’une voix forte dans le monde multipolaire et en pleine reconfiguration d’aujourd’hui.

|La stratégie pour en finir avec la révolution au sud du Rio Bravo
4489|4573|Manchettes Politique_Québec|Madame Maltais, je m'adresse à vous|2013-04-17 07:54:50|Pierre Céré|

L’auteur est porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC)

Madame Maltais, je désire avant tout que vous sachiez que j'éprouve beaucoup de respect pour la femme de conviction et de combat que vous êtes. Votre parcours est éloquent. Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour vous signifier combien je m'explique mal votre persistance à aller de l'avant avec cette réforme de l'aide sociale.

Il y a quelques semaines, nous avons eu des échanges au sujet de la position du Conseil national des chômeurs quant à notre opposition à la réforme fédérale de l'assurance-emploi et à la possibilité de rapatrier ce programme au Québec.

Nous avons aussi abordé la question de la réforme de l'aide sociale. Comme tant d'autres, j'ai été surpris que vous utilisiez les mêmes arguments que ceux évoqués par la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley : Il n'y a pas de réforme, ce sont de vieux règlements qu'il fallait mettre à jour, l'idée étant de ramener les gens sur le marché du travail. Curieuse parenté qui fragilise la crédibilité du gouvernement québécois dans sa dénonciation des agissements fédéraux en matière d'assurance-emploi.

J'ai aussi mentionné que de poursuivre sur cette trajectoire nuirait à nos efforts. Certains opposants au rapatriement de l'assurance-emploi n'attendant que de telles occasions pour déchirer leur chemise sur la place publique. Ils l'ont d'ailleurs fait. Mais il y a réellement plus grave, le danger qu'un sentiment d'écoeurement ne s'empare des Québécois et qu'on finisse par voir une certaine affinité entre Québec et Ottawa en se disant : « Voilà, c'est du pareil au même. » Je ne pense pas que tout soit pareil. Je pense que nous nous sommes donné une société pas mal intéressante et qui peut faire beaucoup mieux que les mesures coercitives annoncées à l'aide sociale. On ne sort pas les gens de la pauvreté en leur enlevant une partie des trop maigres ressources dont ils disposent pour survivre.

Derrière l'aide sociale, se cachent une multitude de drames humains et autant de problématiques à dénouer, d’interventions à mettre en œuvre. Tout cela exige du doigté. Contrairement à ce qui se passe à Ottawa, il y a ici au Québec un processus de consultation et un véritable débat mais, malheureusement, cela ne suffit pas.

Madame la Ministre, vous devriez vous ranger à l'avis du Protecteur du citoyen, à celui de la Commission des droits de la personne, aux réserves exprimées par les directeurs de la santé publique du Québec, aux mouvements sociaux et autres, tels le Front commun des personnes assistées sociales du Québec et le Collectif pour un Québec sans pauvreté, qui se sont manifesté sur la question. Il ne sert plus à rien de nous expliquer le bien-fondé des mesures annoncées. Nous avons tous compris. Il faut retirer ces mesures et refaire ses devoirs.

Je ne sais pas comment vous recevrez cette lettre. Certains se feront un malin plaisir de vous la mettre sous les yeux. L'opinion que j'exprime ne se veut pourtant pas une attaque en règle mais plutôt un plaidoyer pour ce qui nous semble juste. Pour ma part, je continue à croire que ce gouvernement est la meilleure chose qui pouvait arriver au Québec.

Je dis qu'il ne faut pas que la déception et la morosité l'emportent. Je dis que nous avons besoin d'espoir, de grands chantiers et de changements qui s'inscrivent à la fois dans le réel mais aussi dans un projet de société, une société « comme glace en débâcle, qui parle de liberté ».

|J'ai été surpris que vous utilisiez les mêmes arguments que ceux évoqués par la ministre fédérale Diane Finley 
4490|4574|Manchettes Coups_de_gueule|La canonisation de Margaret Thatcher|2013-04-17 08:04:23|Michel Rioux|

Si la chose avait pu se faire, on pourrait dire que Margaret Thatcher a été canonisée vite fait par les thuriféraires de la droite néolibérale quand sa mort a été annoncée. Serge Truffaut, du Devoir, visait donc juste quand il a dénoncé « un chapelet d’apologies qui sont autant de paravents camouflant un fort penchant pour le révisionnisme historique ».

Car qu’en est-il, en effet, de cette Dame de fer qui a mis son pays sens dessus dessous pour satisfaire aux impératifs d’une idéologie mise en avant par l’école de Chicago, avec comme chef de file Milton Friedman ? Comme on le dit dans l’expression « tout à l’égout », Thatcher a pratiqué le tout au privé comme jamais pays occidental ne l’avait fait avant elle.

On a souvent associé thatchérisme et reaganisme, ces deux idées toxiques créatrices d’inégalités, pour reprendre l’expression de Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie. Mais le thatchérisme a eu plus de chance que le reaganisme. Les États-Unis étant ce qu’ils sont, Reagan n’avait plus rien à vendre, ou plutôt à brader.

Margaret Thatcher, l’une des plus grandes idéologues du 20e siècle, a bradé le trésor anglais pour financer sa guerre idéologique : 65 sociétés publiques ont été vendues, dont British Airways, British Gaz, British Telecom, BP et autres hôpitaux. Ce qui rapporta 70 milliards $. Au moment de sa démission, en 1990, elle s’apprêtait à privatiser les services d’électricité, ce qui devait rapporter environ 20 milliards $.

En d’autres temps, on vendait au plus offrant l’orfèvrerie et les bijoux de famille, même royale, pour financer les guerres. Thatcher avait déclaré une guerre personnelle contre tout ce qui s’appelle justice sociale, compassion, égalité.

Mais l’idéologie rendant aveugle, comme on le sait, Thatcher a débité la galerie du Royaume-Uni pour se faire du bois de chauffage. Cela a fonctionné un temps. Mais on ne peut brûler sa galerie qu’une seule fois.

D’extraction modeste, fille d’épicier, elle avait rapidement pris le parti des puissants et des dominants, dont elle a constamment, pour ne pas dire vaillamment, travaillé à renforcer l’emprise. Plutôt que de lutter contre la pauvreté, elle a, comme d’autres avant et après elle, écrasé les pauvres.

Tout ce qui comptait pour elle, c’était l’argent et l’enrichissement individuel, comme en témoignent ces deux déclarations : « Cette chose qu’on appelle société n’existe pas. Il n’y a que des individus », et « Personne ne se serait souvenu du bon Samaritain s’il n’avait eu que de bons sentiments. Il avait surtout de l’argent. »

Sous son règne, l’équivalent anglais de la TPS a plus que doublé. Avant d’être expulsée par son parti et de sortir de l’Histoire par la petite porte, ce qui l’humilia profondément, elle avait voulu appliquer une dernière trouvaille : la capitation. Ce qui avait mis l’Angleterre à feu et à sang, littéralement.

Imaginez ! Une famille de dix personnes, une famille pauvre il va sans dire et habitant un trois pièces, aurait payé dix fois plus de taxes qu’un lord vivant seul dans son château… C’était sa notion de l’égalité.

Elle avait commencé sa carrière politique en se présentant sous les traits d’une Fifi Brindacier. Elle devait la terminer sous l’armure d’une Iron Lady.

Margaret Thatcher a manié comme personne la violence verbale, l’agressivité, l’arrogance et le mépris à l’égard des plus faibles. Elle se flattait même d’avoir un « cœur masculin ». Ce n’est donc pas lui faire injure de soutenir qu’elle fut sans doute le personnage politique le plus macho de la période durant laquelle elle a sévi.

Truffaut ajoutait : « La méticulosité avec laquelle Thatcher a présidé à la déréglementation tous azimuts, et notamment sur le front financier, a produit comme favorisé la crise de 2008. En fait, elle a mis en place un environnement où le sans foi ni loi et la négation de l’éthique la plus élémentaire ont fait que les banques anglaises blanchissent l’argent des dictateurs, manipulent le Libor, le taux directeur de tous les taux, font… Bref, elle a transformé le Royaume-Uni en royaume par excellence des inégalités. »

Si les louanges ont fusé dans la City et à Wall Street à l’annonce de son décès, on peut comprendre qu’il s’en soit trouvé pour descendre dans la rue afin de souligner ce moment en arborant des pancartes où on pouvait lire : The Witch Is Dead !

|Comme on le dit dans l’expression « tout à l’égout », Thatcher a pratiqué le tout au privé
4491|4575|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|La Cour suprême : un léviathan à neuf têtes|2013-04-17 08:13:12|Christian Néron|

L’auteur est membre du Barreau du Québec, constitutionnaliste, historien du droit et des institutions.

L’origine et la nature des compétences judiciaires de notre tribunal «national» de dernière instance ont toujours été, particulièrement dans la province de Québec, un sujet de questionnement, une source d’inquiétude, une cause de malaise et de mécontentement.

Les récentes révélations d’une ingérence politique exercée en hauts lieux par deux de ses membres lors de la révolution judiciaire et constitutionnelle de 1982, nous force à nous pencher encore une fois sur la « légalité », la « légitimité » et la « loyauté » de cette institution dont la fonction première est de « sauvegarder » l’ordre constitutionnel, et non de le « renverser » par des manœuvres clandestines et inqualifiables.

Bien que créée par une « loi ordinaire » du Parlement fédéral1, la Cour suprême du Canada n’en exerce pas moins tous les droits et prérogatives d’un tribunal constitutionnel de dernière instance.

C’est elle qui détient et assume l’autorité suprême de « protéger » notre constitution, indépendamment du fait qu’aucune autorité constituante ne lui ait jamais attribué une pareille compétence.

Comment une telle forfaiture a-t-elle pu se produire ? Comment, dans un pays de droit, la créature a-t-elle pu, en dehors de tout débat et de toute entente constitutionnelle, devenir plus puissante que son créateur ?

Née dans la tourmente et la controverse, c’est le Parlement fédéral qui a constitué, de toutes pièces, cette cour de «droit commun et d’équité», à qui on avait attribué un nom qui présageait déjà de sa haute dignité : «La Cour suprême du Canada2».

C’est cette loi qui en a, dans un premier temps, défini la composition, le champ de juridiction et les responsabilités, et qui, par la suite, a confié au gouvernement fédéral le privilège d’en recruter les membres, et ce, à son entière discrétion, sans critères précis ni contrepoids constitutionnels.

Jusqu’à ce jour, les critères de sélection des juges de ce haut tribunal nous sont demeurés inconnus, un «mystère» de l’aveu même de juges ayant été choisis pour y siéger. Une raison de plus de s’inquiéter lorsque l’on se rend compte que ce haut tribunal, devenu l’ultime gardien de l’ordre constitutionnel, n’a jamais été en mesure de fournir des garanties minimales de neutralité, d’indépendance, d’objectivité, et d’impartialité.

Ainsi constituée, et dominée sous certains aspects par son créateur et maître, la plus haute instance judiciaire du Canada laisse l’impression d’être le bras judiciaire du gouvernement fédéral. En matière de justice, nous le savons tous, les apparences et les perceptions comptent pour beaucoup. Comment un justiciable, raisonnable et bien informé3, peut-il se convaincre qu’un tel tribunal soit en mesure de «protéger» nos droits politiques et d’«arbitrer» sans préjugé les litiges constitutionnels entre les provinces et le fédéral, entre le Québec et le Canada. L’indépendance n’est-il pas le maître-mot en matière de justice ?

Cette question de l’indépendance judiciaire avait été, en Angleterre, l’objet de luttes constitutionnelles épiques. C’est ainsi que la « Chambre des Estoyelles », tribunal de haute instance, avait été l’objet de vives récriminations de la part des parlementaires en raison de son manque d’indépendance, de sa proximité avec le gouvernement, et de sa partialité dans les litiges opposant le roi à ses sujets. Après des décennies de débats et de tensions politiques, les parlementaires anglais ont définitivement réglé la question en obtenant son abolition pure et simple.

Au Canada, la Cour suprême ne risque nullement de subir un tel sort puisque, malgré la crise de légitimité qui l’accompagne depuis sa création et le nombre inquiétant de ses décisions cassées en appel par le Comité judiciaire du Conseil privé, elle n’a cessé de croître en prestige et en puissance. Nous l’avons tous constaté de façon alarmante depuis la révolution judiciaire de 1982.

Jusqu’en 1949, époque jusqu’à laquelle ses jugements pouvaient être portés en appel devant le Comité judiciaire du Conseil privé, la Cour suprême du Canada s’est distinguée pour avoir été le « plus mauvais élève» de l’Empire britannique.

Voici, à titre comparatif, les grandes lignes de cet étonnant palmarès : les appels en provenance de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud étaient cassés dans 25 % des cas, tandis que ceux en provenance de la Cour suprême du Canada l’étaient avec un score inégalable et inégalé de 50 %4.

La déconfiture de ce tribunal ne tient pas à ce que les juges canadiens aient été des cancres, ou plus cancres que ceux des autres pays, mais à ce qu’ils étaient plus entêtés, plus tenaces, plus inébranlables dans leur loyauté à l’endroit des autorités fédérales dans l’incessant combat au service de la centralisation des pouvoirs, et d’une suprématie sans cesse grandissante en faveur du judiciaire.

Choisis habilement avec l’idée constante d’écarter tout candidat susceptible de porter préjudice à une vision centralisatrice de l’État, les juges de la Cour suprême ont généralement bien servi la cause pour laquelle ils avaient été sélectionnés. La vigilance du gouvernement a été, à cet égard, constante et à peine dissimulée. Par exemple, à l’occasion de la sélection d’un nouveau candidat pour représenter les Maritimes, le premier ministre John A. Mc Donald s’était permis, dans une lettre à John Thompston, alors ministre de la justice, de lui rappeler la dimension «politique» de son mandat : «Nous devons nous efforcer de trouver un bon candidat qui ne risque pas de compromettre les droits du fédéral»5.

Même si les juges ainsi triés sur le volet rendaient des jugements qui ne risquaient nullement de compromettre les droits du fédéral, les tensions demeuraient vives, compte tenu que le Comité judiciaire du Conseil privé, soucieux de prévenir les tensions politiques en respectant l’esprit et la lettre du pacte de 1867, se voyait contraint de casser en appel la moitié des jugements de la Cour suprême. D’où les frustrations, les crises, les levées de boucliers, les montées de nationalisme judiciaire du Canada anglais, particulièrement à partir de 1918, et ce, jusqu’à l’abolition des appels à Londres en 1949.

En matière politique et constitutionnelle, la légalité est souvent la résultante de luttes incessantes pour le contrôle du pouvoir. En ce sens, le Comité judiciaire du Conseil privé a été, en 1949, remercié de ses bons services. Les nationalistes du Canada anglais ne contenaient plus leur exaspération à le voir «exceller» dans l’accomplissement de ses compétences juridictionnelles, c’est-à-dire de demeurer imperméable aux influences politiques, de persister dans son devoir de neutralité, d’indépendance, d’objectivité, d’impartialité.

En devenant tribunal de dernier ressort, la Cour suprême ne verra donc plus la moitié de ses jugements cassés par le plus haut tribunal de l’Empire. Transformée en tribunal de dernière instance au mépris d’une constitution qu’elle était censée protéger, elle a été adoubée du privilège de l’infaillibilité, tant en faits qu’en droit.

Sur le plan politique, plus rien ne l’empêchera de mieux servir les intérêts de son créateur et maître, de poursuivre avec une énergie nouvelle le projet du juge William Gwynne lancé en 1880-81 de créer au Canada un État idéal, national, quasi impérial, puissant, centralisé. De telle sorte que tout souvenir du Pacte «amical, cordial et fraternel» de 1867 disparaîtra des moindres recoins de sa mémoire judiciaire.

Dépourvue d’assises constitutionnelles, cause de malaises constants en raison de son mode de fonctionnement, incapable de fournir des garanties d’impartialité et d’indépendance, attisant les crises de confiance parmi les justiciables «raisonnables et bien informés6», la Cour suprême n’en poursuivra pas moins son heureuse odyssée, son irrésistible ascension vers les plus hauts sommets du pouvoir dans l’État.

Sa participation clandestine à la mise en vigueur de la Charte canadienne des droits et libertés, en 1982, la propulsera au-delà de la souveraineté populaire. Elle qui, jusqu’en 1949, était le cancre impénitent de l’Empire britannique; elle dont les jugements se voyaient cassés dans 50 % des pourvois en appel; elle dont les origines constitutionnelles étaient douteuses, sinon inexistantes, la Cour suprême peut désormais, ancrée au sommet de l’État, décider souverainement de la validité de toute loi.

Au peuple, elle fait la leçon; au peuple, elle dicte ce qu’il doit faire; au peuple, elle ordonne souverainement de se taire lorsque c’est elle qui parle. Bref, la démocratie, c’est neuf honorables « irresponsables » qui imposent à la populace leurs préférences sociales et politiques.

Sous la Loi constitutionnelle de 1867, les lois provinciales pouvaient, en vertu du pouvoir fédéral de réserve et de désaveu, être théoriquement invalidées, annulées. Mais le gouvernement fédéral savait pertinemment qu’il encourait des risques politiques énormes en recourant à ce pouvoir.

Avec l’avènement de la charte fédérale, l’équilibre des forces politiques bascule : la Cour suprême peut désormais «contrôler» judiciairement la totalité des lois et règlements, partout au Canada, à quelque palier de gouvernement que ce soit. Le pouvoir de réserve et de désaveu du fédéral, toujours existant, devient caduc, mais nulle raison de s’inquiéter : La Cour suprême s’occupe de tout.

Est souverain celui qui décide souverainement. Or, la Cour suprême est désormais souveraine puisqu’elle décide en dernier ressort de la validité des lois et des règlements. Nulle autorité législative ne peut échapper à son pouvoir souverain. Venue de nulle part, ou presque, tel un «Léviathan» à neuf têtes, elle trône sans partage sur tous les enjeux politiques du Canada. La démocratie est ainsi mise sur une voie secondaire, pour ne pas dire d’évitement.

À la Conférence de Québec, en octobre 1864, les Pères fondateurs, incapables de s’entendre sur l’établissement d’une Cour suprême, avaient cependant acquiescé à l’idée d’une cour générale d’appel pour le Canada. Mais faute de pouvoir en confier la conception à une autorité constituante éventuelle, ils en avaient délégué le pouvoir au parlement fédéral.

Quelques mois plus tard, lors des Débats sur la confédération, en février et mars 1865, les parlementaires avaient manifesté peu d’intérêt pour ce sujet hypothétique, imprécis, incertain, lointain, et remis sine die. Le seul parlementaire à avoir abordé directement le sujet pour s’en inquiéter, et à réclamer quelques précisions, a été Joseph Cauchon, député de Montmorency : «Cette cour d’appel, si on l’établit, sera-t-elle un tribunal purement civil, ou constitutionnel ? Si elle est civile, atteindra-t-elle le Bas-Canada ?7»

Parmi les délégués à la Conférence de Québec, soit ceux qui étaient les auteurs de ce projet ambitieux mais mal esquissé, personne n’était capable de lui répondre, si ce n’est George-Étienne Cartier qui, par ailleurs, n’avait pas grand précision à donner pour le rassurer : «La question qui m’est posée n’en est pas une à laquelle le gouvernement puisse facilement répondre parce que le pouvoir donné par cet article n’est que celui de la création d’un tribunal d’appel à une époque future8».

Mais s’il ne peut l’éclairer adéquatement, Cartier trouve toutefois quelques bons mots pour apaiser ses craintes : «Les différentes provinces qui doivent former partie de la confédération ont [aujourd’hui] le même tribunal d’appel en dernier ressort, et aussi longtemps que nous maintiendrons notre connexion avec la mère-patrie, trouveront toujours un tribunal d’appel de dernier ressort dans le Comité judiciaire du conseil privé de Sa Majesté9». Pourquoi donc s’inquiéter d’un sujet purement théorique ?

Même si les «constituants» les mieux informés ne savaient à peu près rien de cet hypothétique tribunal, il ne paraissait pas y avoir matière à s’inquiéter ni à craindre en l’avenir puisque les justiciables canadiens avaient la garantie formelle qu’il y aurait toujours, à Londres, un tribunal neutre, indépendant, objectif et impartial pour les écouter et pour protéger le pacte «amical, cordial et fraternel» dans lequel ils venaient d’engager l’avenir politique de leur pays et des générations futures.

C.Q.F.D. : En matière constitutionnelle, les promesses et les garanties ne valent RIEN sans des mécanismes puissants pour les protéger. La Cour suprême du Canada a été la première à le prouver par ses actes répréhensibles, pour ne pas dire scandaleux. Partie de rien, elle est devenue si puissante qu’elle regarde maintenant la loi de haut, au point qu’il serait peut-être approprié de célébrer la gloire de ses membres en les appelant « honorables conjurés ».


RÉFÉRENCES :

1Acte pour établir une Cour suprême et une cour d’Échiquier pour le Canada, c. 11, 1875.
2Ibid. art. 1.
3Valente c. La Reine [1985] 2 R. C. S. 673 à la p. 684.
4 Murray Greenwood, Lord Watson, Institutionnal self-interest, and the decentralisation of Canadian federalism in the 1890’s, [1774] 9 U. B. C. Law Review, 244, à la p. 266.
5 John A. Mc Donald à J. S. D. Thompson, 7 août 1888, rapporté par Smell et Vaughan dans The Supreme Court of Canada. History of the Institution, The Osgoode Society by University of Toronto Press, 1985, à la p. 46.
6Supra, note 3
7Débats parlementaires sur la Confédération, Québec: Hunter, Rose et Lemieux, Imprimeurs parlementaires, 1865, à la p. 581.
8Ibid.
9Ibid.


|Elle n’a jamais été en mesure de fournir des garanties minimales de neutralité, d’indépendance, d’objectivité, et d’impartialité
4492|4576|Manchettes Mouvements_syndical|Nouveau schéma de négociation dans l’industrie de la construction |2013-04-17 08:19:22|Maude Messier|

Les négociations pour le renouvellement des conventions collectives régissant les conditions de travail des quelque 173 000 travailleurs de la construction ont débuté le 20 mars dernier, avec près de trois mois de retard sur le calendrier habituel.

« C’est le processus d’arbitrage pour l’adoption d’un protocole de négociation imposé par la loi 30 qui nous a retardé », déclare en entrevue à l’aut’journal Donald Fortin, directeur général du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction-International (CPQMCI), qui agit également à titre de porte-parole pour l’Alliance syndicale.

La Loi éliminant le placement syndical (Loi 30) a également modifié le processus de négociations des conventions collectives dans l’industrie de la construction, faisant en sorte qu’une entente de principe « doit être conclue par au moins trois associations représentatives à un degré de plus de 50% et par l'association sectorielle d'employeurs du secteur ».

Ainsi, la FTQ-Construction et le Conseil provincial, qui représentent près de 70 % de l’ensemble des travailleurs, ne peuvent ratifier seuls une entente. La loi requiert la présence d’un troisième joueur syndical.

Les cinq associations syndicales (FTQ-Construction, CPQMCI, CSN-Construction, CSD-Construction, Syndicat québécois de la construction) ont opté pour la formation d’une alliance syndicale. C’est sur la question des pouvoirs décisionnels à l’intérieur de l’alliance qu’il y a eu discorde.

« Nous avons donc eu recours à l’arbitrage, comme c’est prévu dans la loi », explique Donald Fortin. Les décisions se prendront selon le taux de représentativité de chaque association comme le veut la décision de l’arbitre et non pas selon la formule « une association, un vote», comme l’auraient souhaité certains syndicats.

L’Alliance syndicale a établi sa plateforme de revendications et la partie patronale a déjà fait connaitre certaines de ses demandes. Les pourparlers ont débuté le 20 mars dernier. « C’est évident que ce que nous voulons, c’est régler le plus rapidement possible. L’arbitrage s’étant conclu à la mi-février, nous avons déjà du retard sur le calendrier habituel, si je puis dire. »

L’urgence tient notamment au fait qu’il n’y a pas de rétroactivité dans l’industrie de la construction, un principe d’ailleurs réitéré par la Loi 30.

Les conventions collectives actuelles (par secteur d’activité : résidentiel, industriel, génie civil et voirie, institutionnel et commercial) viennent à échéance le 30 avril 2013. Si une entente survenait par exemple à la fin août, les salaires ne seraient pas rétroactifs au 1 mai, comme c’est généralement le cas.

« Nous sommes la seule industrie où il n’y a pas de rétro, ça favorise nettement la partie patronale qui gagne à laisser trainer les négociations. » M. Fortin soutient que, lors de la dernière ronde de négociations, les conditions salariales ne sont entrées en vigueur qu’au mois d’octobre, ce qui s’est traduit par une perte d’environ 100 millions $ pour les travailleurs en salaires et en avantages sociaux notamment.

Comme le temps presse, « nous avons déjà demandé l’intervention des médiateurs au dossier, dès le dépôt des demandes, à cause du retard pris. » Théoriquement, le droit de grève ou de lock-out sera acquis le 2 juillet 2013, en tenant compte des délais prévus par la loi.

L’instauration d’une prime compensatoire de 1$ de l’heure applicable sur les taux de salaire en vigueur si aucune entente n’est intervenue au terme de la convention collective fait d’ailleurs partie des revendications syndicales. « C’est effectivement une façon d’introduire un mécanisme pour éviter que les travailleurs ne subissent les contrecoups. »

Des hausses salariales de 3,7% pour la première année de la convention qui couvrira la période 2013- 2017, puis de 3% pour les années suivantes, sont réclamées par l’Alliance syndicale. Figurent aussi des demandes de bonifications pour les indemnités de vacances, les avantages sociaux, le fonds de pension, les équipements de sécurité et les différents frais liés au déplacement des travailleurs.

Une demande relative à la conciliation travail-famille pour permettre d’adapter l’horaire de travail de certains travailleurs afin de se coordonner avec l’horaire de la garderie de leur enfant retient l’attention.

Il est actuellement possible, sur un chantier, de modifier l’horaire de travail lorsqu’il y a entente entre l’employeur et l’association syndicale majoritaire sur les lieux, mais cette entente vise l’ensemble des travailleurs. « Cette clause est plutôt une ouverture pour permettre des ententes individuelles quand c’est possible, bien entendu. C’est une mesure qui pourrait contribuer à mieux intégrer les femmes à l’industrie. »

Mais les demandes patronales ne semblent pas être orientées dans cette perspective. Actuellement, l’horaire de travail normal si situe entre 6h30 et 17h, à raison de 8, 9 ou 10 heures par jour, 5 jours par semaine. La partie patronale demande d’élargir la plage horaire entre 5h30 et 19h et de pouvoir récupérer les heures perdues en raison d’intempéries à l’intérieur de la semaine normale et au taux de salaire régulier, même le samedi.

Ces demandes font bondir l’Alliance syndicale. « C’est carrément une fin de non recevoir pour nous. Ils veulent abolir le temps de présentation [une heure ou deux payées pour le déplacement lorsqu’un chantier doit être fermé en raison de la température], allonger les plages horaires et forcer notre monde à travailler le samedi, à taux simple plus! Ça revient à dire que la semaine de 40 heures s’étalerait sur six jours, sans compensation. »

Donald Fortin fait valoir qu’actuellement, le travail le samedi est occasionnel, volontaire et, surtout, rémunéré à temps double parce qu’il ne fait pas partie de la semaine normal de travail.

L’Association de la construction du Québec, agent négociateur patronal pour les secteurs institutionnel, commercial et industriel (IC-I), par la voix de sa négociatrice en chef, Lyne Marcoux, a indiqué dans une entrevue à Radio-Canada que « les 15 000 employeurs que nous représentons, ils n'ont pas la mentalité de dire: le client n'a qu'à payer. Au contraire. On est conscient que, depuis la crise économique, les Québécois ont investi beaucoup dans les infrastructures. Ça a profité à l'industrie de la construction. On a tout intérêt à être de plus en plus productif et à être capable de rendre une facture justifiable à nos clients. »

La partie patronale, pour le secteur IC-I, demande une hausse du ratio d’employés permanent des entreprises. Donald Fortin soutient que cette demande se traduit par une diminution du nombre d'ouvriers locaux qu'un entrepreneur doit embaucher lorsqu'il travaille dans une autre région. Pour favoriser le développement régional, l’industrie de la construction a pourtant toujours balisé la mobilité de la main-d’œuvre et éviter ainsi d’écarter les travailleurs locaux lorsqu’un chantier s’installe dans leur région.

Les négociations n’en sont qu’à leurs débuts, rappelle Donald Fortin. « Nous sommes au stade des explications. Nous laissons la chance aux tables de discuter. On avance lentement mais sûrement dans l’entonnoir, comme on dit. Nous évaluerons la situation régulièrement. »

|Le renouvellement des conventions collectives de quelque 173 000 travailleurs ont débuté le 20 mars dernier
4493|4577|Accueil_Actualités|Un pont et un parc à la mémoire de Michel Chartrand|2013-04-17 08:33:15|Paul Cliche|

 

Caricature publiée dans le journal Chambly Express.

Le ministère des Transports du Québec et la ville de Richelieu ont décidé d'honorer la mémoire de Michel Chartrand. Le pont qui traverse la rivière Richelieu sur l'autoroute 10 portera son nom; de même qu'un parc situé le long de la 1ère rue et de la rivière à Richelieu à quelques pas de la maison où habitaient Simonne et Michel. Une cérémonie d'inauguration aura lieu en mai à la mairie de Richelieu.

La ville de Longueuil a aussi donné le nom de Michel à son immense parc régional dont le 3e anniversaire de décès a été vendredi dernier le 12. Mais la mémoire de notre héros n'est pas oubliée et divers médias y font référence.

C'est ainsi qu'un des proches de Michel, Yves La Neuville, signale que Stéphane Laporte dans sa chronique publiée dans La Presse samedi le 13 avril intitulée « Les paradis fiscaux sont notre enfer »  écrit qu'il « est temps qu'un Michel Chartrand se lève et explique aux gens l'ampleur du scandale des paradis fiscaux ».

|C’était le 3e anniversaire de décès vendredi dernier, le 12 avril
4494|4578|Économie Accueil_Analyses Politique_Canada|Fonds des travailleurs : le gouvernement conservateur doit reculer !|2013-04-18 08:12:08|Louise Chabot|

L’auteure est présidente de la CSQ

J’ai toujours cru que, par définition, un bon gouvernement est celui qui adopte de bonnes mesures pour la majorité des citoyennes et des citoyens. Mais, ça ne s’arrête pas là. Un bon gouvernement doit également être capable de reculer lorsqu’il a adopté une mesure nuisible à la majorité des citoyennes et des citoyens.

Depuis le dépôt de son dernier budget, le gouvernement conservateur à Ottawa est justement confronté à cette deuxième partie de ma définition. L’abolition du crédit d’impôt de 15 % pour fonds de travailleurs est une erreur magistrale, tant du point de vue économique que social.


Une décision irrationnelle

Du point de vue économique, il est irrationnel d’affaiblir le Fonds de solidarité qui, au fil des ans, a investi 6,3 milliards dans l’économie québécoise en contribuant à créer ou à maintenir plus de 500 000 emplois dans 2 239 entreprises-partenaires. Un « bon gouvernement » se garde d’adopter une mesure aussi nuisible à l’économie ou recule lorsqu’il l’adopte.

Du point de vue social, la décision est aussi illogique. Au moment où nos gouvernements, tous paliers confondus, s’inquiètent de l’état des régimes de retraite et de l’insuffisance de telles protections pour plusieurs travailleuses et travailleurs, MM. Harper et Flaherty s’attaquent à des fonds de travailleurs qui visent notamment à encourager l’épargne en vue de la retraite.


Un crédit d’impôt bénéfique à la classe moyenne

Pierre-Antoine Harvey, économiste à la CSQ, a analysé les données officielles du ministère des Finances du Québec qui démontrent d’ailleurs clairement à qui bénéficie le crédit d’impôt lié au fonds de travailleurs. Et ce n’est pas aux riches. Il profite en grande majorité aux travailleuses et aux travailleurs de la classe moyenne.

En effet, les contribuables gagnant entre 20 000 et 50 000 $ par année bénéficient de près de 30 % des sommes retournées par le gouvernement provincial par ce crédit. Cette part est plus élevée que celle associée aux autres crédits liés à la retraite (REER et RPA). Cette donnée démontre bien que les fonds de travailleurs contribuent fortement à rendre l’épargne retraite accessible aux employés qui se retrouvent sous le salaire moyen. Comment un « bon gouvernement » peut-il vouloir s’y opposer ?


Une économie qui doit se faire au bon endroit

L’objectif de chercher à économiser 150 millions $ peut être louable pour un gouvernement. Mais un « bon gouvernement » l’atteindrait en s’attaquant à d’autres types de crédits d’impôts qui semblent être réservée aux plus riches de notre société. Le 1 % de la population le plus riche bénéficie de 67 % des sommes liés à la déduction pour les gains en capital et de 53 % de celle liée aux dividendes.

L’élimination des crédits pour fonds de travailleurs est une mauvaise mesure, qui trahit les valeurs économiques et sociales du gouvernement conservateur. Stephen Harper et Jim Flaherty doivent reculer.

|Le 1 % de la population le plus riche bénéficie de 67 % des sommes liés à la déduction pour les gains en capital et de 53 % de celle liée aux dividendes
4495|4579|Manchettes Mouvements_syndical|Couche-Tard : vers une solidarité syndicale Québec-Norvège|2013-04-18 08:18:19|Maude Messier|

Cette semaine, une délégation de la CSN s’est rendue à Oslo pour rencontrer des représentants du Syndicat norvégien des employés de commerce et de bureau (HK), affilié à la plus importante confédération syndicale norvégienne, Landsorganisasjonen (LO).

En avril 2012, Couche-Tard annonçait l’acquisition des quelque 2 300 stations services de l’entreprise Statoil Fuel and Retail, au coût de 2,8 milliards $, faisant ainsi main mise sur ce secteur d’activité en Scandinavie.

HK représente 263 employés syndiqués dans des dépanneurs norvégiens sous cette bannière.

Au Québec, la CSN croise le fer depuis près de trois ans avec Couche-Tard dans une campagne de syndicalisation. À ce jour, une centaine d’employés de huit dépanneurs se sont syndiqués avec la CSN. Deux de ces établissements ont été fermés à Montréal, deux ont été vendus à un franchisé et d’autres ventes ont aussi été annoncées. Aucune convention collective n’a encore été conclue.

« Rarement a-t-on vu au Québec un employeur déployer autant d’énergie pour combattre la syndicalisation. Les employés qui veulent se syndiquer sont obligés de le faire dans la clandestinité par crainte de représailles », a fait valoir le secrétaire général de la centrale, Jean Lortie, dans un communiqué publié en marge de la rencontre à Oslo.

Joint sur place par l’aut’journal, M. Lortie affirme que cette rencontre a été l’occasion de « dresser un portrait des conditions de travail des employés des dépanneurs Couche-Tard au Québec et de la campagne de syndicalisation en cours. Nous avions des mises en garde à faire aux syndicalistes norvégiens quant au modèle d’affaires de Couche-Tard. »

Il ajoute que les représentants de HK se sont montrés étonnés et inquiets des pratiques de Couche-Tard, pourtant cité comme un modèle d’affaires, en matière de relations de travail et du respect des droits fondamentaux, dont le droit à la syndicalisation.

Le secrétaire national de HK-Norvège, Torbjørn Brox Webber, a précisé que « Couche-Tard devra reconnaître les syndicats choisis démocratiquement par ses employés », dans un communiqué conjoint des deux organisations syndicales qui entendent se concerter et unir leurs forces pour défendre les droits des travailleurs.

« Les conditions de travail entre les employés de Statoil en Norvège et ceux de Couche-Tard au Québec n’ont rien à voir. Ils bénéficient d’une convention collective sectorielle et d’un salaire national conventionné. C’est bien au-delà des normes minimales de chez-nous, que Couche-tard ne respecte pas toujours, de souligner M. Lortie. D’ailleurs, cette rencontre a aussi été l’occasion de constater que le cadre législatif, quand à la syndicalisation et aux droits des travailleurs, est à des années lumière de chez-nous. »



Les alliances syndicales internationales, « qu’ossa donne »?


Les représentants de la CSN et de HK ont aussi rencontré le député Thor Erik Forsberg, du Parti travailliste norvégien, qui siège au comité parlementaire sur le Travail et les Affaires sociales.

C’est que l’État norvégien, par le biais du Government Pension Fund-Global, un fonds souverain de 664 milliards d’actifs issus principalement des bénéfices des activités pétrolières norvégiennes, est actionnaire d’Alimentation Couche-Tard. Le fonds détient 0,54% des actions de Couche-Tard, pour une valeur d’environ 50 millions $.

Le secrétaire national de HK fait valoir que l’État doit s’assurer que le GPFG joue un rôle d’investisseur actif auprès de Couche-Tard. Le fonds utilise son influence et son pouvoir d’actionnaire afin d’améliorer les pratiques sociales et environnementale des entreprises, pouvant même aller jusqu’à l’exclusion de certaines entreprises de ses investissements en raison leurs activités non-éthiques. C’est notamment le cas de Walmart depuis 2006.

Jean Lortie confirme avoir bénéficié d’une oreille attentive de la part du député travailliste. « Il a déjà œuvré en milieu syndical, il comprend très bien ce qui est en jeu. En achetant Statoil, Couche-Tard a mis la main sur un marché qui fait le tour de la Mer Baltique, c’est considérable. Suite à cette rencontre, nous allons, à la CSN, monter un dossier complet et exhaustif sur Couche-Tard et sur ses pratiques qui sera remis à HK et à la Commission parlementaire. »

Il confirme que cette rencontre de deux jours à Oslo n’est qu’un début. « C’est évident que ce n’est pas très bon pour M. Bouchard que ses manières de faire soient ainsi connues de tous. »

|Compte-rendu de la visite d’une délégation de la CSN à Oslo
4496|4580|Manchettes Mouvements_souverainiste|Le retour de l’incendiaire sur les lieux du crime|2013-04-18 08:28:54|Marc Laviolette et Pierre Dubuc|

Marc Laviolette et Pierre Dubuc sont respectivement président et secrétaire du SPQ Libre

Prenant prétexte de l’insignifiance du commentaire de François Legault dans le débat soulevé par la publication de « La bataille de Londres », Lucien Bouchard le largue et, par le fait même, le parti qu’il lui avait conseillé de créer après son départ du Parti Québécois. C’est une des principales conclusions qu’on peut tirer des deux entrevues accordées par l’ancien chef du Parti Québécois au journal Le Devoir.

Sondages à l’appui, Lucien Bouchard constate que la CAQ ne décolle pas et ne semble plus croire qu’elle réussira à représenter une alternative au Parti Québécois. Invoquant un soi-disant « devoir de mémoire obligatoire », il utilise les révélations de l’historien Frédéric Bastien pour revenir frapper à la porte du « drôle de parti » que constitue, selon lui, le Parti Québécois.

Tel un incendiaire qui revient sur les lieux de son crime, Monsieur Bouchard effectue un retour sur les événements qui lui ont valu d’être persona non grata au Parti Québécois. Soyons bons joueurs et acceptons de revoir les pièces à conviction du dossier Bouchard.


L’après-référendum de 1995

S’indignant d’avoir été hué par les militants péquistes, Lucien Bouchard réplique : « Ils pourront me huer quand ils feront 49,5% ou un peu plus que moi dans un référendum ». Petite précision : ces militants ont participé à la campagne référendaire et la paternité du référendum revient à Monsieur Parizeau.

Monsieur Bouchard aurait pu avoir « son » référendum, s’il avait voulu « remonter le ressort » souverainiste, au lendemain du référendum de 1995.

Mais il laisse entendre aujourd’hui que le Québec était « trop divisé » et qu’il avait la responsabilité « d’essayer de rétablir un minimum d’unité » et de « faire en sorte que tout le monde se sente dans le coup ».

Pour rassurer les « anglophones ulcérés » et les « gens d’affaires marginalisés », il a concocté, avec l’aide de Jean-François Lisée, le discours du Centaur et a mis à l’ordre du jour l’atteinte du déficit zéro, déclare-t-il en rappelant qu’il avait été « accueilli très durement dans un restaurant de Hudson le jour suivant le référendum ».

Bien sûr que le Québec était divisé. Mais, personne ne lui a demandé de jouer les bon-ententistes! Au contraire, on s’attendait à ce qu’il fasse preuve de leadership, qu’il s’appuie sur les 60% de la population favorables au OUI, comme le révélaient les sondages, et qu’il se donne pour mission d’être le porte-parole des Québécois « ulcérés » de s’être fait voler le référendum, comme il aurait pu le constater par une visite dans un restaurant de Hochelaga-Maisonneuve.

Mais Monsieur Bouchard a préféré répondre, lors d’une démarche humiliante, aux diktats de Wall Street et imposer les politiques du déficit zéro, avec le résultat qu’on connaît : le démembrement des Partenaires pour la souveraineté, la dislocation de la coalition souverainiste rassemblée par Monsieur Parizeau.

Aujourd’hui, Monsieur Bouchard nous dit que « la souveraineté ne se fera pas par la gauche » et, du même souffle, critique les « petits groupes de gens qui n’ont pas beaucoup vendu de cartes de membres » et « qui sont allés au micro pour faire peur aux gens plus qu’autre chose ». Ces gens, dit-il, « n’ont pas beaucoup aidé la souveraineté ».

En fait, mis à part quelques groupuscules actifs chez Québec solidaire, personne n’affirme que la souveraineté doive nécessairement se faire « par la gauche ».

Au SPQ Libre, nous avons toujours plaidé pour la coalition la plus large possible. Notre objectif, lors de la création de notre club politique en 2004, était précisément de faire signer leur carte de membre du Parti Québécois à celles et ceux qui, dans le mouvement syndical et les milieux progressistes, l’avaient déchirée en réaction aux politiques désastreuses de Lucien Bouchard.

Et, s’il en est un, après le référendum de 1995, dont les « déclarations au micro » et les actions « n’ont pas beaucoup aidé la souveraineté », c’est bien Lucien Bouchard. La preuve en est qu’à l’élection suivante, le Parti Québécois dirigé par Lucien Bouchard, bien que reporté au pouvoir, a recueilli moins de votes que le Parti Libéral de Jean Charest.

Par la suite, Lucien Bouchard s’est transformé en Père Fouettard, critiquant les Québécois pour leur manque de « lucidité », leur « fainéantise » et leur « immobilisme ».

Aujourd’hui, l’ancien lobbyiste de l’industrie du gaz de schiste, constatant son échec à remplacer le Parti Québécois par la CAQ, revient frapper à la porte du Parti Québécois en semonçant la gauche, comme si elle dominait le parti.

Soyez sans crainte, Monsieur Bouchard, la droite est toujours bien représentée à la direction du Parti Québécois, en dépit de la volonté de la majorité des membres. Refusant de tirer les leçons du passé, elle se réclame aujourd’hui de votre héritage, comme en témoigne l’objectif du déficit zéro. Vous avez raison sur une chose : c’est bien un « drôle de parti » que celui qui n'apprend pas de ses erreurs.

|Quand Lucien Bouchard réinterprète l’Histoire
4497|4581|Accueil_Actualités|« Sombre anniversaire de l’entrée en vigueur de la putsch-titution canadienne de 1982 »|2013-04-18 08:34:55|Cap sur l’indépendance|

« Trudeau et les fédéralistes affirment qu’ils ne veulent pas brasser la cage par rapport au coup d’État de 1982 et aux révélations de l’historien Frédéric Bastien. Or nous, les Québécois, voulons en sortir une fois pour toutes de cette cage et de ce qu’ils réduisent  - parce que cela les arrange - à de vieilles chicanes, malgré une motion unanime de l’Assemblée nationale! »

C’est ainsi que le jeune Maxime Laporte, juriste et coordonnateur du réseau Cap sur l’indépendance (RCI), qui rallie 30 organismes citoyens, résume le sens de l’action surprise organisée aujourd’hui par plusieurs de ses groupes-membres pour souligner à la fois le sombre anniversaire de l’entrée en vigueur de la « putsch-titution » de 1982 et le couronnement triomphal à la tête du Parti libéral du « prince héritier » Trudeau.

Vers 14h le 17 avril, une quarantaine de manifestants ont envahi les bureaux du député et nouveau chef du PLC Justin Trudeau, le temps d’un concert de casseroles. Des membres du Mouvement progressiste pour l’indépendance du Québec (MPIQ), du Comité souverainiste de l’UQAM, du Rassemblement des mouvements indépendantistes collégiaux (RMIC), de l’Action féministe pour l’indépendance (AFI), le Conseil jeunesse de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (CJSSJB) et le groupe DénonciNation ont travaillé en moins de 24 heures à l’organisation de cette action, la première d’une série de plusieurs interventions militantes significatives.

Les militants, réunis par le RCI, affirment vouloir mener une campagne sous le thème « Sortons-en » pour « exprimer l’indignation nationale, qui rejoint même des fédéralistes québécois, et dénoncer les différents types d’attitudes qui tendent à nier ou à minimiser le conflit constitutionnel. »
 
Laurence Beauchemin, membre du comité de coordination du RCI, a tenu à mentionner : « Cette soi-disant vieille chicane constitutionnelle n’a rien de suranné. Le conflit a beau avoir été mis en latence ou en dormance pendant quelques années, le temps est venu de briser le tabou et de mettre fin au statu quo, et notre génération est là pour prendre la relève. Sortons-en! »

Monsieur Laporte a ajouté : « Pour le Québec, cette constitution, viciée dès le départ par l’emploi de procédés douteux et illégaux, n’est pas une constitution. C’est une fraude. Tout d’abord parce qu’elle n’a pas été ratifiée par le Québec, mais plus encore, parce qu’elle n’a pas été ratifiée par le peuple du Québec comme ce serait le cas dans une démocratie. C’est un diktat, un coup d’État. Et un peuple digne de ce nom n’accepte pas de se laisser régir par un document aussi profondément illégitime et qui porte des conséquences très concrètes dans notre vie quotidienne. Les décisions qu’Ottawa nous impose, souvent en violation de nos intérêts et consensus nationaux, que ce soit en matière d’assurance-emploi, de fiscalité, d’économie, d’environnement, de ressources naturelles ou d’interventions militaires, elles sont dues à l’existence de cette constitution que nous n’avons jamais signée. Nous avons assez perdu de temps, d’argent et d’énergie en vivant dans ce régime injuste, qu’il a toujours fallu combattre et dénoncer par devoir. Sortons-en! Passons aux vraies affaires, c’est-à-dire gérons nous-mêmes nos propres affaires! »

|Un concert de casseroles dans les bureaux de Justin Trudeau pour « en sortir »
4498|4582|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-04-19 07:04:50|Maude Messier|

La FIQ dénonce la hausse du personnel d’agences privées sur la Côte-Nord

Baie-Comeau – Depuis plus d’un an, le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires de Baie-Comeau (SPSICRBC-FIQ) tente de négocier des mesures visant à assurer la qualité et la continuité des soins dispensés par ses membres, mais dénonce le fait que la direction du CSSS de Manicouagan « persiste à faire cavalier seul ».

Devant l’impasse, le syndicat demandera la médiation à la Commission des relations de travail dans les prochains jours.

Le syndicat dénonce l’« intransigeance » de l’employeur, le « climat de travail devenu insoutenable » et l’instauration de mesures temporaires.

Le recours accru au personnel en provenance d’agences privées en placement de soins constitue le principal élément de litige. Le syndicat reproche au CSSS de ne pas investir en vue d’attirer et de retenir une main-d'œuvre qualifiée dans la région, et d’utiliser une solution temporaire qui ne règle pas le fond du problème.

La présidente du SPSICRBC, Marie-Patricia Tremblay, soutient que l’établissement a connu un accroissement considérable du taux d'utilisation de la main-d'œuvre indépendante, passant de 3,75 % en 2009 à 11 % en 2012. D’un point de vue régional, elle allègue que la main-d’œuvre indépendante a augmenté de 59,2% pour l’ensemble de la Côte-Nord.

« Le recours à la main-d'œuvre indépendante est une solution de dernier recours pour éviter un bris de services en contexte de pénurie. Ce n'est pas du tout la situation ici. La direction du CSSS de Manicouagan organise le travail en maintenant des postes à temps partiel pour les professionnelles en soins à son emploi et les complète avec du personnel provenant d'agences. Cette façon de faire a un énorme impact sur la charge de travail de ses salariées et sur la stabilité de l'organisation des soins », de déclarer Daniel Gilbert, vice-président de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), ajoutant que des deniers publics vont ainsi vers le secteur privé, alors que des solutions à même le réseau public existent.

En entrevue à l’aut’journal le mois dernier, la présidente de la FIQ, Mme Régine Laurent, déplorait le fait que bon nombre d’établissements de santé n’en font qu’à leur tête, en dépit des directives émanant du ministère de la Santé et des Services sociaux et d’une entente en vertu de laquelle le gouvernement s’engageait à réduire de 40 % l’utilisation du personnel d’agences.

« Nos vis-à-vis dans les établissements, ce sont maintenant les gens de la finance, pas la direction des soins infirmiers ou la direction des ressources humaines. Et ces gens-là parlent un langage financier, ils ne comprennent pas l’organisation du travail. »

***

Conciliation travail-famille : quand une plainte tourne en saga juridique

Ottawa – D’une plainte au Tribunal des droits de la personne, les récriminations de Fiona Johnstone, une agente de l’Agence des Services frontaliers du Canada (ASFC) à l’Aéroport international Pearson, contre son employeur se sont transformées en une véritable saga juridique qui s’étend maintenant sur presque dix ans.

Devant l’impossibilité de trouver des services de garde adéquats pour ses enfants en raison de son horaire irrégulier (de même que celui de son conjoint), Madame Johnstone a demandé à l’ASFC de lui attribuer un horaire plus stable, ce que l’employeur a refusé.

L'ASFC n'a pas jugé qu'elle devait prendre des mesures envers ses employés dans le seul but de leur permettre de s'occuper de leurs enfants. Selon l’employeur, pour avoir droit à des quarts de travail fixes, Mme Johnstone devait travailler à temps partiel.

Le 23 avril 2004, appuyée par l’Alliance de la fonction publique du Canada, Mme Johnstone a déposé une plainte contre l'ASFC, alléguant que la politique de l’ASFC enfreint la Loi canadienne sur les droits de la personne en faisant preuve de discrimination à son endroit en raison de sa situation familiale.

En août 2010, le Tribunal canadien des droits de la personne a conclu que l'ASFC avait fait preuve de discrimination fondée sur la situation de famille de la plaignante et a dénoncé le fait que les politiques et les pratiques de l’ASFC privent les travailleuses comme Fiona Johnstone de chances d’avancement en raison de leur situation familiale.

L'ASFC a contesté la décision du Tribunal et déposé une demande de révision judiciaire.

En janvier 2013, la Cour fédérale maintenait la décision et concluait que les employeurs ne peuvent agir de façon discriminatoire envers leurs employés en raison de leurs obligations parentales.

Or, en mars dernier, l’AFPC a appris que le gouvernement fédéral ira, une fois de plus, en appel.

À l’AFPC, on indique qu’ultimement, si la décision favorable à Mme Johsnton était maintenue, le gouvernement pourrait demander à ce que la cause soit entendue par la Cour Suprême.

***

Rien ne va plus au Club optimiste Laflèche

Saint-Hubert – Les sept salariées du Club optimiste Laflèche affectées au mandat de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) de la région de Saint-Hubert sont en grève depuis lundi dernier.

Au beau milieu d’un processus de négociation, l’employeur a choisi de fermer le centre pour une période de 11 jours, alléguant qu’il s’agissait d’une fermeture temporaire puisque la gérante était en vacances.

Du côté du Syndicat des travailleuses du Club optimiste Laflèche, affilié au SCFP-FTQ, on parle plutôt d’un lock-out. Alors que l’employeur prévoyait la réouverture du centre ce lundi 15 avril, les employées ont répondu par le déclenchement d’une grève.

« Leur façon d'aborder les relations de travail, c'est vraiment n'importe quoi ! Un jour l'employeur déclare un lock-out, le lendemain il nie qu'il y ait lock-out. Il garde les portes de la succursale bien cadenassées pendant plus d'une semaine et ensuite il nous donne un horaire de travail. Ils n'ont visiblement aucun respect pour les travailleuses », a déclaré Manon Bienvenue, présidente du SCFP 5051.

Au SCFP, la conseillère syndicale au dossier, Nathalie Courchesne, soutient que l’employeur n’avait aucun motif valable pour fermer l’établissement.

Rappelons que le syndicat avait en poche un mandat de grève depuis le 11 mars dernier. Malgré une entente de principe acceptée par les membres le 19 décembre dernier, la convention collective n’est toujours pas signée parce que l’employeur tente toujours d’y apporter des changements.

Une requête pour négociation de mauvaise foi a aussi été déposée au ministère du Travail ce lundi.

« Ces agissements n'ont aucun bon sens ! Tout le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) appuie ses travailleuses et ne les laissera pas tomber devant cet employeur malhonnête », a indiqué Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec.

Les parties sont convoquées pour une rencontre de conciliation ce vendredi. 

L'organisation de l'horaire de travail, le temps accordé pour l'ouverture et la fermeture de la succursale ainsi que la rétroactivité constituent les points en litige.

***

La nomination de Pierre Karl Péladeau inquiète le milieu journalistique

Montréal – La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) se dit préoccupée par la nomination de M. Pierre Karl Péladeau au poste de président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, une nomination qui entretient « une désagréable impression de proximité entre le pouvoir politique et médiatique ».

La FPJQ estime que l’influence de M. Péladeau demeure considérable, en dépit du fait qu’il ait quitté ses plus hautes fonctions au sein du groupe de presse Québecor. L’organisation est d’avis que la première ministre aurait dû « chercher ailleurs que dans les rangs des patrons de presse » et que cette nomination politique place les journalistes de Québecor dans une situation inconfortable.

« Se sentiront-ils libres de couvrir de manière critique la société d'État ? Pourront-ils la scruter avec la même attention qu'une autre société publique comme Radio-Canada? Le public pour sa part se mettra-t-il à entretenir des doutes sur l'impartialité de la couverture journalistique par Québecor des nombreuses controverses auxquelles Hydro-Québec prête flanc? »

D’autant que le bilan de la société d’État en matière de transparence n’est pas des plus reluisants. Hydro-Québec s'étant battue « bec et ongles » pour qu’Hydro-Québec International ne soit pas assujettie à la Loi sur l'accès à l'information, la FPJQ lui a décerné le prix de la Noirceur 2009.

Du côté syndical, mercredi en fin de journée, on ne voulait pas émettre de commentaire sur la nomination de M. Péladeau. Les syndicats affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) se sont contentés de préciser que les relations de travail relèvent de la direction générale d’Hydro-Québec et non pas du conseil d’administration.

***

En souvenir de Madeleine Parent

Beauharnois – Un groupe de citoyen de la région du Suroît, appuyé par la députée solidaire Françoise David, ont lancé la semaine dernière une pétition pour que le nouveau pont de l’autoroute 30, qui chevauche le canal de Beauharnois (et qui n’a toujours pas de nom), soit nommé en l’honneur de Madeleine Parent.

Le groupe a déjà déposé une demande officielle à cet effet auprès de la Commission de la toponymie.

Syndicaliste, humaniste et féministe, Madeleine Parent est décédée en mars 2012. Sans cesse en quête de justice sociale, elle aura certes laissé sa marque dans l’histoire du Québec pour s’être investie dans la défense des droits des femmes, des autochtones et des immigrants.

Mais le nom de Madeleine Parent aura pour toujours une signification particulière dans la région du Suroît en raison de son implication dans l’organisation syndicale des ouvrières du textile et dans la célèbre grève des employés de la Montreal Cottons à Salaberry-de-Valleyfield et à Montréal en 1946.

Différents groupes ont fait connaître leur appui à l’initiative, dont le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et COTON-46, une coalition intersyndicale de la région du Suroît.

La pétition est disponible en ligne, sur le site de l’Assemblée nationale.

|La FIQ dénonce la hausse du personnel d’agences privées sur la Côte-Nord; Conciliation travail-famille : quand une plainte tourne en saga juridique; Rien ne va plus au Club optimiste Laflèche; La nomination de Pierre Karl Péladeau inquiète le milieu journalistique; En souvenir de Madeleine Parent
4499|4583|Manchettes Mouvements_souverainiste|Nomination de PKP à HQ : Vers la berlusconisation du Parti Québécois?|2013-04-19 09:01:40|Pierre Dubuc|

Hier, il voulait une loi spéciale pour son amphithéâtre. Aujourd’hui, il « offre ses services » et se retrouve à la tête d’Hydro-Québec. Et, demain, que va-t-il demander? La direction du Parti Québécois?

Indépendamment de toutes les filiations politiques, offrir à Pierre-Karl Péladeau la direction de notre principale société d’État est un non-sens et une aberration. Jour après jour, ses médias, par l’entremise de ses journalistes et de ses chroniqueurs, tirent à boulets rouges sur tout ce qui est étatique!

Au moment où la Commission Charbonneau démontre comment la privatisation de la fonction publique municipale a conduit à la mainmise de la mafia sur l’octroi des contrats publics, quel message le Parti Québécois envoie-t-il en nommant PKP à la tête d’Hydro-Québec? Que la privatisation de la société d’État sera bientôt à l’ordre du jour? Nous verrons bien.

Mais, à court terme, de grands projets sont dans l’air : électrification du transport, monorail, etc. Par cette nomination, veut-on envoyer le signal qu’ils seront confiés au privé? Comme ce fut le cas, hier, pour les petits barrages et l’éolien?

Dans un contexte où l’on s’apprête à confier un plus grand rôle à l’hydro-électricité dans l’économie québécoise, Hydro-Québécois avait besoin, pour la diriger, non pas d’un chantre du privé, mais d’un grand commis d’État, avec pour mandat de réaffirmer sa mission étatique. Difficile de croire qu’il ne s’en trouvait pas un dans le sérail péquiste!



Après Bouchard, PKP largue Legault

Sous le feu constant des médias fédéralistes de Gesca et Radio-Canada, et faute d’une presse qui lui appartienne, le Parti Québécois et la mouvance souverainiste se considèrent contraints de courtiser le patron de l’empire Québecor.

Mais, bien qu’ouvertement nationalistes, les médias de Québecor ne sont pas souverainistes. Au cours des dernières années, ils ont plutôt fait la promotion de la CAQ du tandem Sirois-Legault. En fait, la CAQ a été créée à coups de sondages douteux de Léger Marketing et de pages frontispices du Journal de Montréal et du Journal de Québec faisant la promotion de François Legault.

Nationaliste mais non souverainiste, la CAQ a des accointances avec le Parti conservateur de Stephen Harper. Charles Sirois est président du conseil d’administration de la CIBC, la deuxième banque en importance au Canada, traditionnellement associée au Parti conservateur.

Les liens de Québecor avec Stephen Harper sont bien connus. Sun Media, la branche canadienne de l’empire Québecor, a fait ouvertement campagne pour le Parti conservateur lors du dernier scrutin fédéral et appuie aujourd’hui ses politiques.

Ces liens entre conservateurs canadiens et nationalistes québécois ont plusieurs antécédents historiques. Rappelons-nous l’alliance entre Duplessis et Diefenbaker et, plus près de nous, entre le René Lévesque du « beau risque » et Brian Mulroney.

Dans cette perspective, comment interpréter aujourd’hui le rapprochement entre PKP et le Parti Québécois, consacré par sa nomination à la tête d’Hydro-Québec? PKP vient-il de larguer François Legault, comme Lucien Bouchard l’a fait plus tôt cette semaine dans une entrevue au Devoir?



La CAQuisation du PQ?

Dans les cercles souverainistes et progressistes, on attribue le fait que le gouvernement soit minoritaire à la division du vote entre le Parti Québécois, Québec solidaire et Option nationale, et on parle de « convergence nationale », d’alliance électorale en vue du prochain scrutin.

Mais, dans l’entourage de la direction du Parti Québécois, on entend un autre discours. Le PQ est minoritaire, dit-on, à cause de son virage à gauche, de son appui à la lutte étudiante.

Parlez aujourd’hui à un ministre péquiste et il vous expliquera comment tous ses projets de loi sont conçus pour aller chercher l’appui de la CAQ.

Les politiques du Parti Québécois ont d’ailleurs une forte odeur caquiste : pensons à l’objectif du déficit zéro, les compressions dans les commissions scolaires, les suppressions de poste à Hydro-Québec, les coupures à l’aide sociale. Tout est conçu pour plaire à l’électorat caquiste.

Avec la CAQ qui ne décolle pas dans les sondages et le rapprochement entre le PQ-PKP, faudrait peut-être envisager la possibilité d’une alliance entre le PQ et la CAQ comme plus probable qu’une alliance PQ-QS-ON!

Avant la Berluscanisation du Parti Québécois, assistera-t-on à sa CAQuisation?



La promotion d’un nationalisme de droite

Au lendemain de la nomination de PKP à la tête d’Hydro-Québec, Richard Le Hir, un des principaux animateurs du site Internet souverainiste Vigile, saluait son alliance avec le Parti Québécois en vantant « sa sensibilité à l’intérêt collectif des Québécois ». Auteur d’un best-seller sur l’empire Desmarais, Le Hir nous dit que Péladeau «  a le cœur à la bonne place, ce qui va trancher singulièrement sur ces prédateurs du genre Desmarais ou Sirois ».

Nul doute que ce point de vue sera largement partagé dans les milieux souverainistes. Car la présence de PKP dans le mouvement souverainiste est extrêmement importante. Il soutient financièrement plusieurs activités et organismes. Mais, surtout, par le biais de ses médias, ses imprimeries, son réseau de distribution, PKP exercice une très grande influence, apparente mais souvent aussi plus discrète. On prendra la mesure de cette influence par les réactions – ou l’absence de réactions – à sa nomination.

De toute évidence, PKP aspire à jouer un rôle dans le milieu souverainiste du même ordre que celui qu’il exerce sur le milieu culturel, où il bâtit et détruit des carrières. Par le choix des chroniqueurs qu’il embauche, on décèle l’orientation qu’il veut donner au discours souverainiste.

Par exemple, sur la question fondamentale de l’enseignement de l’histoire, les Mathieu Bock-Côté et Éric Bédard, deux poulains de l’écurie Péladeau, proposent une interprétation historique qui nie la Grande Noirceur sous Duplessis et décrie la Révolution tranquille. À l’interprétation sociale de l’histoire, promue depuis plusieurs années par des historiens fédéralistes, ils opposent une interprétation nationale de droite ! Tout un choix !



Un antisyndicalisme militant

On ne peut évidemment pas parler de PKP en faisant abstraction de son antisyndicalisme. En 14 ans, il a été à l’origine de 14 lockouts, dont les plus spectaculaires ont touché le Journal de Québec et le Journal de Montréal. Dans ces deux conflits, il a violé l’esprit d’un article fondamental du Code du travail, la loi anti-scabs, adoptée par le premier gouvernement de René Lévesque.

Dans le programme de la CAQ, qu’il a soutenu, on prône un changement majeur au processus de syndicalisation avec l’introduction du « vote obligatoire ». Une disposition, en vigueur aux États-Unis, qui rend extrêmement difficile la syndicalisation.

On imagine facilement que les médias de Québecor se feront un malin plaisir de monter en épingle les dépenses syndicales pour de l’action politique lorsque la loi sur la « transparence » syndicale du gouvernement Harper entrera en vigueur après son adoption par le Sénat.

De l’avis général, cette loi n’est qu’un premier pas vers la remise en cause de la formule Rand, qui autorise le prélèvement automatique des cotisations syndicales, et qui constitue la pierre de touche du mouvement syndical.

Dans son plus récent pamphlet, intitulé « Libérez-nous des syndicats! », un des chroniqueurs vedettes du réseau Québecor, Éric Duhaime, énonce le programme antisyndical, largement partagé par de nombreux autres chroniqueurs de l’Empire : vote obligatoire, abolition de la loi anti-scabs, loi sur la « transparence » syndicale, abolition de la formule Rand, fin de la sécurité d’emploi dans la fonction publique, abolition des déductions fiscales pour les fonds de travailleurs.



« Celui qui paie, commande la musique ».

Il y aura 29 ans, le Premier Mai prochain, paraissait le premier numéro de l’aut’journal. À l’époque, nous justifiions sa création par la nécessité d’un point de vue indépendant face à la concentration de la presse.

Il y a avait alors trois grands groupes qui se partageaient la presque totalité de la presse écrite : Québecor, Power Corporation et Unimédia, propriétés respectivement des familles Péladeau, Desmarais et de Conrad Black.

Force est de constater aujourd’hui que la situation s’est grandement détériorée. Non seulement nous nous retrouvons avec seulement deux grands groupes dans la presse écrite, Québecor et Gesca de Power Corporation, mais ceux-ci sont devenus des empires encore plus puissants avec le phénomène de la convergence entre les médias électroniques (TV, Internet, etc.) et la presse écrite.

Les réactions à la nomination de Pierre-Karl Péladeau à la direction d’Hydro-Québec illustrent parfaitement les effets de cette concentration sur la liberté de la presse. Dans La Presse du 19 avril, l’éditorialiste en chef André Pratte s’incline devant le fait que « le PQ nomme son monde ». Difficile pour lui de réagir autrement, étant donné la présence sur le conseil d’administration d’Hydro-Québec d’un représentant de Power Corporation.

Dans Le Devoir, le directeur Bernard Descôteaux y va d’une timide mise en garde. Difficile là aussi d’oublier que Québecor imprime et distribue Le Devoir.

Quant aux journalistes, chroniqueurs et blogueurs du Journal de Montréal, ils illustreront à merveille par leurs écrits, au cours des prochaines jours, le proverbe bulgare : « Celui qui paie, commande la musique ».

|Avec, comme étape intermédiaire, sa CAQuisation ?
4500|4584|authebdo|authebdo - 19 avril 2013|2013-04-19 09:31:51|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


ÉDITO

Nomination de PKP à HQ : Vers la berlusconisation du Parti Québécois?
Avec, comme étape intermédiaire, sa CAQuisation ?
par Pierre Dubuc


COUPS DE GUEULE

Le retour de l’incendiaire sur les lieux du crime
Quand Lucien Bouchard réinterprète l’Histoire
par Marc Laviolette et Pierre Dubuc du SPQ Libre

La canonisation de Margaret Thatcher
Comme on le dit dans l’expression « tout à l’égout », Thatcher a pratiqué le tout au privé
par Michel Rioux


COUR SUPRÊME ET RAPATRIEMENT DE LA CONSTITUTION

Rapatriement de la Constitution : Si nous avions su le rôle de Claude Morin, cela aurait changé l’Histoire…
L’agent rémunéré des services secrets canadiens récidive dans les pages du Devoir
par Pierre Dubuc

La Cour suprême : un léviathan à neuf têtes
Elle n’a jamais été en mesure de fournir des garanties minimales de neutralité, d’indépendance, d’objectivité, et d’impartialité
par Christian Néron

Sombre anniversaire de l’entrée en vigueur de la putsch-titution canadienne de 1982 »
Un concert de casseroles dans les bureaux de Justin Trudeau pour « en sortir »
par Cap sur l’indépendance


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
La FIQ dénonce la hausse du personnel d’agences privées sur la Côte-Nord; Conciliation travail-famille : quand une plainte tourne en saga juridique; Rien ne va plus au Club optimiste Laflèche; La nomination de Pierre Karl Péladeau inquiète le milieu journalistique; En souvenir de Madeleine Parent
par Maude Messier

Couche-Tard : vers une solidarité syndicale Québec-Norvège
Compte-rendu de la visite d’une délégation de la CSN à Oslo
par Maude Messier

Un pont et un parc à la mémoire de Michel Chartrand
C’était le 3e anniversaire de décès vendredi dernier, le 12 avril
par Paul Cliche


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Madame Maltais, je m'adresse à vous
J'ai été surpris que vous utilisiez les mêmes arguments que ceux évoqués par la ministre fédérale Diane Finley
par Pierre Céré

Le DGE, l’Affaire Michaud et la censure pour l’échafaud
Le DGE poursuit les citoyens mais pas les médias partisans
par Martin Lachapelle


POLITIQUE CANADIENNE

L’aut’journal au congrès du NPD
Les néo-démocrates se mettent en marche pour les prochaines élections
par Louis-Philippe Sauvé

Fonds des travailleurs : le gouvernement conservateur doit reculer !
Le 1 % de la population le plus riche bénéficie de 67 % des sommes liés à la déduction pour les gains en capital et de 53 % de celle liée aux dividendes
par Louise Chabot


POLITIQUE INTERNATIONALE

Le pape remplace-t-il Hugo Chavez ?
La stratégie pour en finir avec la révolution au sud du Rio Bravo
par André Maltais


MOUVEMENT ÉTUDIANT

En reprise : De l’école à la rue : un ouvrage majeur sur le « printemps érable »
Une erreur technique a amputé cet article de moitié la semaine dernière
par Pierre Dubuc


LANGUE

J’aime ma langue dans ta bouche
Une assemblée de merveilleux francophiles
par Julien Beauregard


Visitez notre site

www.lautjournal.info


VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4501|4585|Accueil_Analyses Mouvements_syndical Coups_de_gueule|Quelle retraite pour moi, ma famille et mes proches!|2013-04-19 12:14:35|Sylvain Martin|

Le rapport tant attendu sur les régimes de retraite au Québec, le fameux « Rapport d’Amours », a enfin été déposé.

Les recommandations qui ont fait les manchettes jusqu’à maintenant sont :

- La création d’une rente longévité qui serait versée à partir de 75 ans à tous les Québécois en fonction des montants qu’ils y auront cotisé.

- Le comité met de l’avant une période de négociation de trois ans pour suspendre ou modifier certains droits acquis dans nos régimes à prestations déterminées comme l’indexation de la rente et, en cas d’échec, l’employeur pourra agir unilatéralement à certaines conditions strictes.

- L’appui à la mise en place du régime volontaire d’épargne-retraite (RVER).



Syndicats et patrons : deux points de vue

Au cours des prochaines semaines, nous aurons droit à toutes sortes d’analyses et de recommandations à propos des régimes de retraite des Québécois.

Les centrales syndicales s’entendent sur la nécessité d’améliorer la couverture des régimes publics afin d’assurer une retraite décente aux travailleurs du Québec.

Elles s’opposent à la tendance patronale à vouloir transformer les régimes à prestations déterminées en régimes à cotisations déterminées et elles favorisent la négociation, au cas par cas, pour les régimes en difficulté. Chaque régime ayant ses particularités, une solution unique n’existe pas.

Les associations patronales analysent toutes les propositions en fonction de ce qu’elles vont leur coûter. Autrement dit, si les travailleurs paient, ça va! Si les entreprises sont invitées à contribuer, le discours sur la « perte de compétitivité » et la « complexité administrative » est déjà prêt.


Un air connu

Nos pseudo analystes politiques vont se transformer, pour l’occasion, en actuaires et en économistes aguerris et nous relayer le discours patronal, déjà bien rôdé, sur la retraite. On connaît la chanson! Elle va comme suit.

Pourquoi, nous, pauvres contribuables, devrions-nous payer une retraite dorée aux membres de la fonction publique fédérale, provinciale et municipale, alors que nous ne pouvons nous offrir ce luxe!

On aura alors droit à la ronde des gros chiffres, sans aucune mise en perspective. Puis, dans le refrain final, ils feront chœur avec le patronat pour nous convaincre que demander aux patrons de mettre la main dans leur poche est synonyme de catastrophe assurée pour nos emplois!


La tentation de niveler par le bas

Pour ma part, je ne ferai pas l’analyse détaillée des 21 recommandations du rapport d’Amours. Plusieurs experts s’en chargeront.

Je pense qu’il faut saluer un constat juste de l’état de nos régimes de retraite, des recommandations favorables aux régimes à prestations déterminées, prônant la négociation plutôt que les décisions unilatérales et un consensus sur la nécessité de s’occuper de nos retraites.

Malgré cela, je n’élimine pas la possibilité que le gouvernement cède aux pressions de la droite. Ce n’est pas le rapport D’Amours qui va empêcher cette dernière de remettre en question les régimes à prestations déterminées et les régimes de retraite de la fonction publique.

Niveler par le bas est une voie de facilité qu’empruntent trop facilement, ces années-ci, nos gouvernements.


Des solutions pour nous et nos familles

Nous devrons combattre les raisonnements en silos de certains, en les invitant à regarder autour d’eux. Après tout, quand nous parlons des régimes de retraite et des retraités, c’est de nous et de nos familles dont il est question! Ça implique que les solutions mises de l’avant par le gouvernement devront être des solutions pour nos besoins et ceux de nos familles!

Dans cette perspective, il n'est pas question de ne plus négocier de régime à prestations déterminées dans le secteur privé ou tenir pour acquis que les concessions demandées par nos employeurs sont justifiées. Il faut toujours avoir frais en mémoire l’étude du CTC qui démontre que nos patrons sont assis sur une cagnotte de 575 milliards $, qu’ils laissent dormir!

Finalement, la question qu’il faut se poser et qui devrait guider notre réflexion collective est la suivante : quel genre de retraite est-ce que je désire pour moi, ma famille et mes proches? Une retraite dans la pauvreté, dans l’incertitude des aléas des marchés boursiers ou une retraite décente qui va nous permettre de continuer à être actifs et de contribuer à la société, comme individu à part entière?

Pour ma part, il m’apparaît clair qu’un régime public financé par les travailleurs et les employeurs est le véhicule de retraite le plus sécuritaire et le plus accessible que nous puissions nous offrir.

Photo: Jacques Nadeau - Ledevoir.com

|

Première réaction au dépôt du rapport d’Amours

4502|4586|Manchettes Mouvements_souverainiste|Phase II des États généraux sur la souveraineté|2013-04-22 07:09:02|Gilbert Paquette|

L'auteur est président du Conseil de la souveraineté du Québec

La grande assemblée des États généraux sur la souveraineté du 6 avril 2013 nous a fourni la preuve tangible qu’au delà de nos allégeances partisanes, il y a entre chacun de nous un ciment bien solide, celui de la quête de la liberté, d’une véritable démocratie, de l’indépendance de notre pays.

Si les dernières années ont pu laisser croire que le mouvement vers notre émancipation nationale ralentissait, aujourd’hui nous savons que ce n’est qu’une question de temps et d’organisation pour se donne un deuxième souffle. Comme disait notre poète national, Gaston Miron «  tant que l’indépendance n’est pas faite, elle reste à faire », et nous avons défini ce samedi-là les moyens de le faire.

Tous ceux qui ont participé à l’assemblée du 6 avril ont souligné l’enthousiasme, le vent nouveau, la volonté d’implication et la détermination qui s’y sont manifestés. Même si l’alliance entre partis souverainistes semble difficile sur le plan électoral, l’alliance entre les militants des différents groupes de la famille souverainiste est solide autour de l’objectif.

Les 630 délégués de toutes les régions du Québec, de tous les partis politiques, de la plupart des mouvements souverainistes ou sociaux apportent un démenti éclatant à tous ceux qui aiment bien se moquer ou se désoler de la division des indépendantistes. Cette division elle est électorale comme c’est le cas en Écosse ou en Catalogne où coexistent plus d’un parti pour l’indépendance.

Au contraire, le 6 avril, nous avons fait preuve de convergence et de solidarité au delà des divisions électorales. C’est cette union autour de l’objectif principal que le Conseil de la souveraineté se doit de consolider maintenant autour des États généraux sur la souveraineté.

L’assemblée, réglée au quart de tour, a défini les orientations de la phase II des États généraux sur la souveraineté qui toutes misent sur l’action de la société civile et des citoyens pour remettre au cœur du débat public la question fondamentale de notre émancipation nationale.

Il importe en effet de mettre fin à la confusion qui existe entre cette question existentielle et l’appui ou le rejet des politiques de tel ou tel parti dans le cadre provincial qui nous est imposé de l’extérieur.

L’appui à la souveraineté ou à l’indépendance est un objectif beaucoup plus large. D’ailleurs, l’appui à la souveraineté dépasse celui accordé à chacun des partis. Simplement en additionnant les votes pour du Parti Québécois, de Québec solidaire et d’Option Nationale à la dernière élection et dans les plus récents sondages, on obtient un total de plus de 40%, et donc plus de 50% de la population francophone, sans compter les appuis à la souveraineté égarés à la CAQ ou au parti vert.

Cela signifie une chose incroyable : même sans promotion ou presque de la souveraineté depuis le référendum de 1995, l’appui à la souveraineté demeure majoritaire chez les francophones.

Dans tous les pays qui ont atteint leur indépendance, un mouvement populaire non partisan a pavé la voie. Il faut sortir des rangs partisans pour parler aux citoyens de notre avenir collectif, de citoyen à citoyen.

Pour mettre l’accent sur l’indépendance, il faut cesser d’agir et de discourir les yeux braqués sur l’action partisane. Ce n’est pas notre rôle de défendre toutes les politiques gouvernementales ou de faire la promotion des tel ou tel partis. Il y a des appareils en place et bien financés pour cela.

Concentrons plutôt nos énergies à convaincre nos concitoyens de la nécessité de notre émancipation nationale. Donnons-nous les moyens de concerter les organisations de la société civile, avec l’appui des partis politiques souverainistes, pour créer cette grande coalition de la société civile pour l’indépendance nationale. 

Les décisions de la grande assemblée des États généraux du 6 avril vont toutes dans cette direction. La phase 1 des États généraux a identifié 92 blocages que subit le Québec dans tous les domaines dans le cadre de ce régime canadien qui nous a été imposé unilatéralement en 1867 et en 1982. Les 92 résolutions de la dépendance !

Voilà la réponse du Canada aux 92 résolutions des patriotes de 1837, 175 ans plus tard !

Notre réponse à nous, elle se déploie sur trois plans.

  • Sur le plan de l’accession à l’indépendance, les militants des États généraux veulent définir et s’engager dans une démarche constituante sur la base de la souveraineté populaire, au cours de laquelle on établira un consensus sur la démarche du peuple québécois et les grands principes d’une constitution qui remplacera la constitution canadienne qui nous régit sans notre accord, éliminant ainsi la source des blocages actuels.

  • Sur le plan du développement du Québec, les États généraux définiront des projets concrets que l’indépendance rendra possible sur des questions comme le développement régional, la fiscalité et la sécurité du revenu, le développement durable et le transport, la politique de l’emploi et la main d’ouvre, les ententes de commerce international et le développement agroalimentaire, la culture et les communications.

  • Sur le plan de l’action politique, l’Assemblée demande au Conseil de la souveraineté de créer « une grande organisation permanente de la société civile » dotée d’organes nationaux de communication et de mobilisation pour diffuser le message indépendantiste par une variété de moyens qui ont été répertoriés et qui seront regroupés dans un plan d’action d’ici le début de juin.

En fait, ces orientations répondent aux trois seuls arguments qui restent aux chantres de la dépendance et de la démission nationale. Les indépendantistes sont divisés (sur le plan électoral oui, mais pas sur l’objectif) et incapables de rallier une majorité derrière le projet de pays ; donc, oubliez cela, l’indépendance ne se fera pas.

Cela ne dépend d’ailleurs pas de nous car il faudra l’approbation du Canada et des autres provinces (niant ainsi le droit du Québec à l’autodétermination).

L’indépendance est une obsession sans rapport avec les « vraies affaires », occupons nous de l’économie, comme si la privation de nos pouvoirs économiques, de nos relations internationales et des 50 milliards par années de taxes et impôts envoyés à Ottawa chaque années n’avait rien à voir avec notre développement.

À l’accusation de division nous répondrons par un plan d’action commun soutenus par les mouvements de la société civile et tous les partis souverainistes/indépendantistes.

À notre soi-disant incapacité d’émancipation, nous répondrons en mettant en route une démarche constituante fondée sur la souveraineté populaire, invalidant de fait la constitution canadienne qui nous régit par défaut.

À l’opposition entre économie et souveraineté, nous répondrons par des projets concrets de développement où nous avons besoin de mobiliser toutes les ressources d’un État québécois indépendant.

Au printemps 2012, les citoyens se sont mobilisés pour l’accès à l’éducation, la solidarité sociale, le développement durable. Ces luttes préparent la prise en main populaire de la lutte pour l’indépendance nationale.

Elles nécessitent de passer à un niveau politique global, elles nécessitent l’indépendante pour dépasser les contraintes qui nous minorisent et nous enferment dans l’attentisme et l’impuissance collective. Il est plus que temps de relever le défi.

|Vers une grande coalition de la société civile pour l’indépendance nationale
4503|4587|Accueil_Actualités|Sept-Îles : référendum consultatif sur le projet Mine Arnaud.|2013-04-23 08:41:28|L’aut’journal|

Sept-Îles, le 22 avril 2013. En ce jour de la Terre, les 3 comités (Regroupement pour la Sauvegarde de la grande Baie de Sept-Îles, comité de défense de l’air et de l’eau de Sept-Iles et Comité des citoyens du canton Arnaud) de même que le citoyen Réjean Porlier ont déposé en séance publique du conseil de la ville de Sept-Îles une pétition endossée par près de 5 000 personnes vivant sur le territoire.

Cette pétition indique que les soussignés, citoyens de la ville de Sept-Îles, ont le droit de se prononcer et de décider s’ils veulent ou non d’une mine à ciel ouvert (projet Mine Arnaud) à l’intérieur des limites de la ville. Ils demandent à leur conseil municipal de soumettre cette volonté à une consultation publique par référendum à l’ensemble de la population.

La demande de référendum consultatif s’inscrit dans une démarche d’acceptabilité sociale pour que chaque citoyen qui habite le territoire municipal puisse avoir l’opportunité de se prononcer en regard de l’établissement d’une des plus grosses mines à ciel ouvert en zone péri urbaine.

Rappelons que des résidents habitent à 800 mètres de la mine projetée, que le Parc Ferland qui compte plusieurs milliers de citoyens est à environ 3 kms et que la source d’eau potable du Lac des Rapides est à 5 kms de la fosse et à 1 km des claims miniers du promoteur.

Le fort pourcentage de signataires démontre, qu’en tout respect de la démocratie, les citoyens désirent être entendus car ce sont eux qui auront à vivre les conséquences associées à ce projet. (En terme statistique, 5 000 signataires représentent plus de 50% des électeurs qui s’étaient déplacés lors du dernier scrutin municipal à Sept-Îles en novembre 2009).

Jusqu’à présent, le projet Mine Arnaud soulève de multiples questionnements allant des bénéfices nets attendus de ce projet, à la grande perte de territoire sacrifié (57 km2), ainsi qu’aux impacts potentiels que les citoyens auront sur leur santé, le milieu et leur qualité de vie.

Le livre blanc de l’UMQ, auquel la ville de Sept-Îles a donné son aval par résolution, planche actuellement sur la municipalité de demain :

«La municipalité de demain place la personne et la famille au centre de ses préoccupations et de ses actions. Son développement repose sur les valeurs du développement durable et de l’éthique. Sa gestion favorise la participation citoyenne, la transparence et l’imputabilité.»

Voilà pourquoi, en ce 22 avril 2013, 5 000 citoyens de Sept-Îles demandent à leurs élus d’être entendus pour pouvoir collectivement se prononcer sur l’acceptabilité ou non de ce projet minier dans les limites du territoire de leur ville.

|Dépôt officiel d’une pétition de 5 000 noms
4504|4588|Manchettes Politique_Canada Coups_de_gueule|Le NPD retire le mot socialisme par opportunisme|2013-04-23 08:44:02|Léo-Paul Lauzon|

Sur le plan politique, les Canadiens, les Américains et les Québécois sont des arriérés format géant. Encore, en 2013, on agite l’épouvantail du socialisme et les gens ont peur. On prononce le mot communiste, ils sont traumatisés. Mon prochain projet est la scénarisation d’un film d’horreur, mettant en vedette un abominable communiste, interprété par nul autre que moi-même.

Plusieurs Nord-Américains pensent que les communistes mangent les enfants et, si on a un été pluvieux, c’est la faute à vous savez qui. Cette aliénation politique des Québécois est entretenue bien évidemment par le patronat et ses milices universitaires, politiques et médiatiques, qui ont fait croire au monde que les conservateurs, les adéquistes et les libéraux de Charest étaient progressistes et au centre. Ou, tout au plus de centre-droite, et à peine…

Les dominants brandissent constamment l’appréhension du socialisme et cultivent sa haine, car ils savent très bien que la solution pour une juste répartition de la richesse, des politiques fiscales équitables, l’accroissement des services sociaux, la préservation du bien commun et la croissance économique passent inévitablement par le socialisme, comme on a pu le constater ces dernières années, avec un éclatant succès économique et social, au Brésil, en Argentine, au Venezuela, en Bolivie, etc.

Sans compter que plusieurs pays européens sont dirigés par des socialistes, qui font partie du décor politique depuis toujours, avec en plus, dans le paysage politique, le parti communiste.

Quarante ans de politiques capitalistes et néolibérales au Canada et au Québec ont provoqué des inégalités économiques records, une diminution du salaire des travailleurs en dollars constants, des services sociaux réduits à une peau de chagrin, et un taux de pauvreté infantile vraiment odieux, au moment même où le pays et la province connaissent une croissance économique phénoménale et un enrichissement illimité du gratin, détaxé par leurs pantins de politiciens. Les paradis fiscaux ont aussi explosé.


Le NPD retire le mot socialisme de sa constitution

Le NPD vient de retirer le mot socialisme de sa constitution, parce que cela n’était pas conforme à sa véritable orientation politique de droite. Cela est encore plus vrai depuis l’arrivée de Thomas Mulcair. Le parti se situe maintenant, au niveau idéologique, entre le Parti libéral fédéral de Justin Trudeau et le Parti conservateur de Stephen Harper.

Au lieu d’occuper l’espace à gauche, le NPD préfère venir jouer avec les deux autres partis fédéraux à droite sur la patinoire, ce qui le mènera à la catastrophe aux prochaines élections. Conséquence de ce très mauvais calcul stratégique, le NPD va se retrouver en troisième place aux prochaines élections fédérales. Voilà ce qui arrive à trop vouloir singer les autres. Même l’économiste américain et prix Nobel Joseph Stiglitz a prié le NPD de rester à gauche, mais en vain.


Le NPD à droite depuis belle lurette

Un parti politique qui engage Mario Dumont comme animateur, comme l’a fait le NPD lors de sa dernière course à la chefferie de 2012, ça fait pas très à gauche. Vous en conviendrez avec moi. «Modérateur. Le NPD mise beaucoup sur Dumont» (Journal de Montréal, 1er mars 2012).

Et, n’oubliez pas, que Thomas Mulcair est un ancien ministre libéral du Québec qui, avant de passer au NPD, a flirté avec les conservateurs de Stephen Harper pour voir ce qu’ils avaient à lui offrir (La Presse, 1er mars 2012).

Tiens, tiens, que dites vous du titre de cet article du Devoir du 15 septembre 2008 : «Mulcair hanté par son passé de ministre libéral. Il a torpillé une aide d’Hydro-Québec à la lutte contre les changements climatiques». Hum, hum, tout qu’un ministre de l’Environnement.

Puis, il y a cet article du Journal de Montréal, du 5 octobre 1998, intitulé : «Le NPD veut courtiser le monde des affaires», dans lequel on peut lire au premier paragraphe : «Le NPD enclenche un mouvement de repositionnement de sa base et courtise maintenant le monde des affaires». Un énième repositionnement à droite du NPD, et ça ne date pas d’hier. Parti à gauche mon œil ! Le NPD est aussi à gauche que l’est le PQ !


Moderniser le parti

En plus, lors de la dernière fin de semaine, Thomas Mulcair et le NPD sont tombés, comme le PQ, le PLQ et la CAQ dans le déballement de clichés et de slogans creux de sens, afin d’appâter le monde.

Eux aussi veulent se moderniser, s’adapter et se « réingénierer » avec de très vieilles politiques qui favorisent la classe dominante. Pour le PLQ, on s’en souvient trop bien, moderniser et « réingénierer » l’État a signifié moins de services et de biens publics et une plus grande place au privé, en aidant au passage les amis du parti en leur cédant nos instruments collectifs et nos ressources naturelles.

La modernisation de l’État a débouché sur un déluge de corruption et une belle grosse job dans le privé pour tous les ex-ministres libéraux et aussi pour leur chef Jean Charest. On n’a qu’à penser à Philippe Couillard, Nathalie Normandeau, Clément Gignac et Monique Jérôme-Forget, la dame de tôle.

Comme le Parti Québécois, le NPD se qualifie de «social-démocrate», ce qui est le comble de l’hypocrisie, autant que les conservateurs fédéraux qui, à l’époque, s’appelaient «progressistes-conservateurs». Pouvez-vous vraiment me dire comment on peut être à la fois progressiste et conservateur ? Tant qu’à y être, pourquoi pas des communistes d’extrême droite. Ceux qui s’autoproclament social-démocrates sont, dans les faits, à droite.

Envers et contre tous les profiteurs et les opportunistes, je vais, et il le faut, continuer à proclamer fièrement que je suis à la fois socialiste et catholique, deux idéologies qui, dans les faits, convergent.

Le socialisme prône l’égalité des chances et non pas un bête égalitariste. Il ne prêche absolument pas la présence de l’État dans toutes les sphères d’activité. Et, contrairement au capitalisme, il assure une plus grande liberté à plus de monde, et non seulement à l’élite.

|Au lieu d’occuper l’espace à gauche, le NPD préfère venir jouer avec les deux autres partis fédéraux à droite sur la patinoire
4505|4589|Langue Manchettes|L’anglais au primaire : Pauline Marois à la remorque de Stéphane Dion|2013-04-23 08:52:52|Charles Castonguay|

Le bilinguisme anglais-français fait censément partie de l’identité canadienne. Les anglophones tentent de combler leur retard sur ce plan par la méthode d’immersion, en enseignant en français dans certaines écoles.

Le Québec place plutôt le français au cœur de son identité. Il interdit d’enseigner l’anglais par immersion. Vu l’anglicisation déjà sensible à Montréal et dans l’Outaouais, ce serait suicidaire.

Le bilinguisme des francophones continue néanmoins d’augmenter. Au contraire, celui des anglophones a fini par plafonner en 2001.

En 2003, Stéphane Dion, ministre du Patrimoine canadien, lance son plan. Doubler, en l’espace de dix ans, le bilinguisme au Canada parmi les jeunes âgés de 15 à 19 ans. L’objectif est totalement irréaliste, mais le financement est considérable. L’unité canadienne n’a pas de prix.

Parvenu au pouvoir en 2003, Jean Charest répond présent. Il s’empresse d’imposer l’enseignement de l’anglais dès la 1ère année. La Commission Larose avait abouti à la stratégie contraire. Ne commencer l’anglais qu’à la fin du primaire, mais l’enseigner de façon concentrée au dernier cycle du primaire ainsi qu’au secondaire.

Entretemps, l’opposition péquiste fait du patinage de fantaisie. Elle estime qu’il faudrait multiplier les programmes d’anglais par immersion.

Il s’agit en fait de la méthode du « bain linguistique », mise à l’essai dès 2003 par la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean (CSLSJ). Moyennant les bidous du plan Dion, le bain d’anglais est une formule moussée par la Société pour la promotion de l'enseignement de l'anglais au Québec (SPEAQ).

La différence entre immersion et bain linguistique ne tient qu’à un poil. Mais parvenue à la tête du PQ, Pauline Marois en remet. Elle propose d’enseigner les mathématiques ou l’histoire en anglais dans les écoles françaises.

C’est carrément de l’immersion. Ce serait illégal.

Le PLQ saisit cependant la balle au bond. Sa Commission-Jeunesse réclame l’immersion anglaise en 6e année. Charest retouche le vocabulaire et, en 2011, impose l’anglais « intensif » en 6e dans toutes les écoles.

Il s’agit de la formule SPEAQ la plus radicale : interrompre l’enseignement de toutes les autres matières durant la seconde moitié de la 6e année, pour n’enseigner que de l’anglais. Soyons clair. Appelons cela de l’anglais « exclusif » et non pas simplement intensif.

La réaction des dirigeants péquistes au plan Charest laisse pantois. Ils promettaient d’agir sur le plan identitaire. Une fois au pouvoir, ils se font complices d’une manœuvre qui met l’anglais sur un piédestal au détriment des autres matières, dont le français. Et ils prétendent que c’est dans le programme du parti! Les congressistes de 2011 n’ont jamais voté pour ça.

Le programme prévoit d’enseigner l’anglais « en recourant à la pédagogie la plus efficace qui soit dans l’enseignement intensif à un moment de la scolarité où l’acquisition du français est confirmée, c’est-à-dire à la fin du primaire ou au début de secondaire ». Cela revient à l’approche Larose. Personne n’a présenté ça comme équivalent au plan Charest.

Tant qu’à tromper les militants, « la pédagogie la plus efficace qui soit » ne serait-elle pas de n’enseigner que de l’anglais tout au long de l’année? Sa manie de jouer sur les mots va conduire le gouvernement Marois à sa perte.

Le congrès a d’ailleurs rejeté l’idée de Jean-François Lisée d’offrir une session facultative en anglais dans les cégeps français. Le plan Charest de bilinguiser de façon obligatoire la 6e année aurait connu le même sort.

Sentant la soupe chaude, Marois ralentit l’implantation du plan Charest en refilant la décision aux conseils d’établissement. Mais par la bouche de sa ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, elle décrète aussitôt un nouvel objectif : tout finissant du secondaire devra pouvoir comprendre un interlocuteur anglophone sans difficulté et se faire comprendre facilement par lui en s’exprimant avec aisance.

C’est une marotte à Marois plus douteuse encore que le plan Dion. Au sortir du secondaire, 100% des jeunes francophones et allophones doivent être bons bilingues! Le bilinguisme précoce, non pas comme choix personnel, mais comme projet de société. Décidé en catimini. Sans débat public.

Concentrer l’enseignement de l’anglais comme le recommande le rapport Larose, d’accord. Obliger tous les élèves à manier aisément l’anglais, assujettir à l’anglais exclusif tous les enfants qui relèvent d’un conseil d’établissement envoûté par le lobby SPEAQ, c’est plus discutable.

Dans le réseau anglais, l’immersion française est facultative. Faudrait-il que dans le réseau français, un parent doive obtenir une injonction pour qu’on enseigne à son enfant en français?

« Nous manquons de données pour savoir ce que ça donne », commet Malavoy en demandant à l’ENAP d’évaluer l’anglais exclusif. Mais la tournure que prennent les choses soulève d’autres questions que simplement administratives ou pédagogiques. Des questions de politique linguistique et d’identité nationale. Auxquelles il faut répondre avant qu’il ne soit trop tard.

Ces mesures qui déboulent depuis 2003 – anglais dès la 1ère année, anglais exclusif en 6e, aisance en anglais pour tous à la fin du secondaire – n’exaltent-elles pas à outrance le statut de l’anglais à l’école française? S’agit-il d’enseigner l’anglais ou bien de promouvoir l’anglicisation?

En particulier, l’usage exclusif de l’anglais à la fin du primaire, dans le but avoué d’induire jusqu’à des comportements d’anglophones, déstabilisera-t-il l’identité des élèves francophones? Perturbera-t-il l’orientation linguistique naissante des jeunes allophones vers le français?

Et quand tous les diplômés du secondaire parleront couramment l’anglais, dans quelle langue poursuivront-ils leurs études au cégep? Et leurs activités professionnelles? Quelle sera la langue commune de la société québécoise?

En attendant que le gouvernement Marois accorde à ces questions l’attention qu’elles méritent, en voici des données.

Le plan Dion est un fiasco. Entre les recensements de 2001 et 2011, le bilinguisme des 15-19 ans au Canada a reculé. En particulier chez les anglophones. Mais il a continué d’augmenter chez les francophones.

On retrouve les mêmes tendances au Québec. Depuis 2001, le bilinguisme des anglophones de 15-19 ans a chuté de 83 à 80%, mais celui des francophones a grimpé de 42 à 45%.

D’ailleurs, contrairement aux anglophones vis-à-vis du français, les francophones ne cessent pas d’apprendre l’anglais après l’école secondaire. Ce qui fait que, parmi les 20-29 ans au Québec en 2011, 78% des anglophones se déclaraient bilingues, comparé à 57% des francophones. Dans la région de Montréal, l’écart se rétrécit encore plus, à 80 et 70% respectivement. Dans l’île, c’est 78 et 79%.

Ces jeunes francophones montréalais seraient donc rendus un tantinet plus bilingues que les anglophones – dont on chante sur tous les toits le degré de bilinguisme! Ils n’ont pourtant reçu ni l’anglais dès la première année ni l’anglais exclusif. L’enseignement normal de l’anglais paraît avoir fonctionné assez bien merci.

Allons voir maintenant au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On ne cesse notamment de nous vanter l’ampleur et la réussite exceptionnelles atteintes depuis 2003 par la formule SPEAQ dans la CSLSJ.

Soutenu généreusement, rappelons-le, par Patrimoine canadien, le lobby SPEAQ garantit qu’après un bon bain d’anglais, « l’élève s’exprime avec aisance et utilise un vocabulaire et des expressions variées dans une multitude de situations ». Ils devraient donc quasiment tous pouvoir « soutenir une conversation » en anglais, selon le critère du recensement.

Détrompez-vous. En 2011, seulement 10% des 10-14 ans dans la CSLSJ étaient bilingues.

Dans chacune des trois autres commissions scolaires (CS) de la région, où l’enseignement de l’anglais était moins intensif, le taux correspondant se situait entre 7 et 11%. Aucune différence significative, donc.

La SPEAQ nous assure aussi que « les élèves ayant suivi un cours intensif au primaire ont maintenu un niveau élevé de compétence fonctionnelle en anglais [au secondaire] et tiennent à [le] maintenir en lisant, en regardant la télévision, en cherchant des occasions de parler en anglais, en naviguant sur Internet – et ce, tout en anglais ».

Or dans la CSLSJ, 29% des 15-19 ans étaient bilingues en 2011, comparé à entre 28 et 30% dans les trois autres CS. En définitive, l’anglais spécialement intensif dans la CSLSJ, vaisseau amiral du plan Dion-Charest, n’a rien donné de plus que l’enseignement dans les autres CS.

À l’exception possible d’une acculturation plus profonde à l’anglais.

|Le bilinguisme précoce, non pas comme choix personnel, mais comme projet de société. Décidé en catimini. Sans débat public.
4506|4590|Manchettes Politique_Québec Coups_de_gueule|PKP à la tête d’Hydro-Québec, le PQ poursuit sa dérive à droite !|2013-04-23 08:56:14|Réjean Porlier|

L’auteur est président du Syndicat des technologues d’Hydro-Québec (SCFP 957 – FTQ)

D’autres ont déjà écrit sur le sujet : Pierre Dubuc dans ce même journal parlait de la nomination de Pierre-Karl Péladeau à la tête du conseil d’administration d’Hydro-Québec, comme d’un bien mauvais pari du clan Marois. Michel David dans Le Devoir du 21 avril questionnait dans quelle mesure la fin doit justifier les moyens. Tous deux parlent de berlusconisation de l’État, ce qui n’est pas peu dire.

Je me permets cette autre analyse, à travers mes lunettes de représentant syndical chez Hydro-Québec. Des lunettes un peu teintées sans doute, mais j’assume. Après tout, les Éric Duhaime et compagnie, de leur côté, ne font pas dans la retenue lorsqu’il est temps de partager leurs états d’âme. D’ailleurs, à moins de souffrir de dépression sévère, personne chez Québecor n’a ouvertement osé condamner cette nomination partisane qui ouvre toute grande la porte aux conflits d’intérêt. On a plutôt louangé le grand patron. Il fallait s’y attendre, non?

Je ne peux qu’être inquiet, très inquiet! D’abord parce que PKP haït les syndicats à s’en confesser, mais surtout parce l’homme a une sainte horreur de tout ce qui est étatique. Bref, il déteste tout ce qui limite son contrôle.

On a qu’à penser à cette bataille qu’il livre à Radio-Canada depuis plusieurs années, aux 14 lockouts décrétés en 14 années, à la position qu’il défendait publiquement sur la privatisation d’Hydro-Québec. On ne m’en fera pas démordre, cette nomination n’a rien d’altruiste, elle s’inscrit de part et d’autre, tant pour l’individu que pour le gouvernement, dans un dessein bien précis.

Le Parti Québécois doit être convaincu qu’il ne pourra jamais prétendre à l’indépendance sans une droite acquise au projet mais, plus encore, sans un outil médiatique à sa portée pour arriver à convaincre. Imaginez, si on arrive à faire sortir 50 000 personnes dans la rue pour une équipe de hockey à Québec, comment ne pas rêver de voir Québecor porter le dossier de l’indépendance.

Mais à court terme, il y a plus : les prochaines élections! Voilà un grand coup porté à la CAQ qui, du bout des lèvres, se disait favorable à la nomination de PKP. Si l’électorat péquiste n’en finit plus de se désillusionner, celui de la CAQ a de moins en moins de raison de ne pas regarder du côté du PQ : déficit zéro, resserrement des règles de l’assistance sociale, coupures chez Hydro-Québec etc. Il y a un moment que l’équipe Marois fait ce pari d’attirer la clientèle caquiste sans éloigner sa base militante. Pour ma part, l’élastique est pété depuis déjà un moment.

Pour PKP, il ne s’agit pas que d’occuper son temps libre. S’il a refusé le salaire, il ne doit s’attendre à rien d’autre que d’avoir les coudés franches et instaurer quelques grandes orientations de son cru à la société d’État. Il y a un moment que la CAQ nous y préparait avec cette campagne en règle menée sur l’inefficacité d’Hydro-Québec.

Québrcor a toujours relayé ce message et, comme le mentionnait Pierre Dubuc, l’empire Péladeau s’emploie à tirer à boulets rouges sur la société d’État depuis belle lurette. Est-ce que des gens sont assez naïfs pour penser que PKP va se recycler en défenseur d’Hydro-Québec? L’homme doit très bien composer avec le régime minceur commandé par le gouvernement Marois et parions qu’il voudra conduire lui-même le bulldozer.

Tel que mentionné par les quatre grands syndicats d’Hydro-Québec, lors de la commission parlementaire sur la fermeture de Gentilly-2, le travail ne manque pas à l’intérieur des murs de la société d’État. D’ailleurs, beaucoup de travail est redirigé à l’externe faute de main-d’œuvre.

Dans pareil contexte, on aurait dû s’attendre à ce que la main-d’œuvre, rendue disponible par la fermeture de la centrale nucléaire, trouve rapidement preneur. Une gestion cohérente qui vise l’efficience, aurait commandé le rapatriement de certains travaux à l’interne, histoire d’optimiser l’utilisation de cette main-d’œuvre.

Malgré des propositions sérieuses en ce sens, abordées lors des travaux de la commission parlementaire, cette avenue n’apparaît nulle part dans son rapport. Au contraire, le gouvernement maintient le cap sur son programme de coupures de postes qui résultera inévitablement à plus de sous-traitance et à la perte d’expertise.

Un employé me confiait récemment que pour planter deux poteaux, un entrepreneur avait facturé 32,000$, soit de 7 à 8 fois le prix normal. Hydro-Québec s’expose aux mêmes risques que le ministère des Transports, lorsqu’elle se débarrasse de son expertise : l’explosion des coûts.

Si le gouvernement n’a pas été lui-même sensible aux différentes pistes mises de l’avant par les syndicats, comment espérer qu’un disciple de la privatisation se donnera la peine de questionner le recours à la sous-traitance? Il me semble que les révélations entendues à la Commission Charbonneau devraient inciter tout ce beau monde à un peu plus de retenue.

À quel prix se fera donc cette alliance?

À mon avis, il ne fait aucun doute que le loup est dans la bergerie, comme l’exprimait Richard Le Hir lorsqu’il faisait allusion dans son livre «Desmarais, La dépossession tranquille», à la présence au conseil d’administration d’Hydro-Québec d’un membre de l’équipe Desmarais.

Je suis surpris que, dans un article paru sur Vigile.net, M. Le Hir ne voit pas la nomination de PKP comme une menace tout aussi sérieuse. Enfin!

Le prix à payer sera lourd, à ne pas en douter. M. Péladeau n’est pas là pour consolider les fondations d’Hydro-Québec et structurer le bateau amiral. Je pense plutôt qu’il a pour mandat de réformer la société d’État, afin d’en minimaliser les interventions et en privatiser des éléments.

À moins que je ne me trompe, et soyez assurés que je le souhaite sincèrement, Hydro-Québec sera avant longtemps dirigée comme une grosse entreprise privée, une machine à distribuer les contrats aux amis du parti, un virage qu’elle avait d’ailleurs amorcé avec l’achat d’électricité privée dont elle n’avait nullement besoin.

Mais le pire dans tout cela, c’est que le résultat de cette opération partisane, ne nous aura en rien rapprochés de cet enjeu qu’est l’indépendance. Au contraire, l’affaiblissement d’Hydro-Québec comme facteur important de la répartition de la richesse partout au Québec, contribuera à l’essoufflement collectif. Cela aura tout au plus, le cas échéant, permis au PQ de se maintenir au gouvernement un autre mandat.

On est bien loin du Maîtres chez nous 21eme siècle!

Pourtant, tout était là…sauf le leadership!

Comme je ne suis pas de ceux qui abandonnent aussi facilement, j’ai décidé d’ajouter le paragraphe suivant :

On ne bâtit pas un pays à coup d’amertume, de pessimisme ou de regret, on se relève les manches et on avance. Comment résister à ce mauvais scénario? On essaie de faire comprendre aux forces progressistes qu’elles n’ont plus le luxe d’être séparées.

La droite, elle, est bien installée maintenant dans les trois principaux partis au Québec et bien appuyées par une machine médiatique bien rôdée. Si Québec Solidaire et Option Nationale arrivaient à comprendre qu’ils ont intérêt à convenir d’un même agenda, sans doute y aurait-il moyen de rallier une partie importante du mouvement ouvrier, une force vive qui se cherche depuis un bon moment.

Quand Mme David, M.Khadir et M.Aussant seront décidés à franchir ce pas, ils n’auront qu’à nous faire signe. Un mouvement de ce genre attirerait les péquistes progressistes désillusionnés de la dernière élection.

Le logo est prêt, il ne manque que vous!

|Je me permets cette analyse, à travers mes lunettes de représentant syndical chez Hydro-Québec
4507|4591|International Manchettes Politique_Canada|La confiscation des épargnes des citoyens pour « sauver les banques »|2013-04-24 07:10:53|Michel Chossudovsky|

La recapitalisation des banques chypriotes est-elle une « répétition générale » pour ce qui ce qui s’en vient?
Envisage-t-on un « vol d’épargnes » au sein de l’Union européenne et en Amérique du Nord pouvant mener à la confiscation complète des dépôts bancaires?
À Chypre, le système de paiements a été complètement perturbé, provoquant ainsi l’effondrement de l’économie réelle.
On ne paie plus les pensions ni les salaires et le pouvoir d’achat s’est effondré.
La population est appauvrie.
Les petites et moyennes entreprises sont acculées à la faillite.
La population de Chypre est d’un million.
Qu’arriverait-il si l’on « rasait » de cette manière le paysage bancaire aux États-Unis, au Canada et dans l’Union européenne?

Selon l’Institute of International Finance (IIF)  situé à Washington et représentant le consensus de l’establishment financier, « l’approche chypriote consistant à s’attaquer aux déposants et aux créanciers lorsque les banques sont défaillantes deviendrait probablement un modèle pour faire face à des effondrements ailleurs en Europe. » (Economic Times, 27 mars 2013.)

Il faut comprendre qu’avant l’assaut de Chypre, la confiscation des dépôts bancaires avait été envisagée dans plusieurs pays. De plus, les puissants acteurs financiers qui ont déclenché la crise bancaire à Chypre sont aussi les architectes des mesures d’austérité socialement dévastatrices imposées au sein de l’Union européenne et en Amérique du Nord.

Chypre est-elle un « modèle » ou un scénario?

Ces puissants acteurs financiers ont-ils des « leçons à tirer », pouvant être appliquées ailleurs, à un stade ultérieur dans le paysage bancaire de la zone euro?

Selon l’Institute of International Finance (IIF), « s’attaquer aux déposants » pourrait devenir « la nouvelle norme » de ce projet diabolique, servant les intérêts des conglomérats financiers mondiaux.

Le FMI et la Banque centrale européenne approuvent cette nouvelle norme. Selon l’IIF, porte-parole de l’élite bancaire, « il serait opportun pour les investisseurs de voir les conséquences à Chypre […] comme un reflet de la façon dont seront traités les futures tensions. » (Cité dans Economic Times, 27 mars 2013.)


« Nettoyage financier ». La recapitalisation aux États-Unis et en Grande-Bretagne

Il est question d’un processus de « nettoyage financier » par lequel les banques européennes et nord-américaines « trop grosses pour faire faillite » (Citi, JPMorgan Chase et Goldman Sachs par exemple) contribuent à déstabiliser des institutions financières de moindre envergure dans le but de prendre tôt ou tard le contrôle de tout le « paysage bancaire ».

La tendance sous-jacente aux niveaux national et international est la centralisation et la concentration du pouvoir bancaire, menant simultanément à un déclin spectaculaire de l’économie réelle.

Les recapitalisations ont été envisagées dans de nombreux pays. En Nouvelle-Zélande un « plan de coupe » a été contemplé dès 1997, en même temps que la crise financière asiatique.

Des clauses existent au Royaume-Uni et aux États-Unis relativement à la confiscation des dépôts bancaires. Dans un document conjoint de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et de la Banque d’Angleterre intitulé Resolving Globally Active, Systemically Important, Financial Institutions (Résolution des défaillances des institutions financières mondialement actives et d’importance systémique) des procédures explicites sont mises de l’avant, par lesquelles « les fonds des créanciers initiaux de la compagnie en défaillance », c’est-à-dire les fonds des déposants de la banque défaillante, seraient transformés en « capital action », (Voir Ellen Brown, It Can Happen Here: The Bank Confiscation Scheme for US and UK Depositors,Global Research, mars 2013.)

Cela signifie que l’argent confisqué des comptes bancaires serait utilisé pour répondre aux obligations financières de la banque en déroute. En retour, les détenteurs des dépôts bancaires confisqués deviendraient actionnaires d’une institution financière défaillante au bord de la faillite.

Du jour au lendemain, les épargnes seraient transformées en un concept illusoire de propriété en capital. La confiscation des épargnes serait adoptée sous couvert de « compensation » factice en actions.

On prévoit l’application d’un processus sélectif de confiscation des dépôts bancaires dans le but de recouvrer des dettes tout en provoquant la disparition d’institutions financières « plus faibles ». Aux États-Unis, la procédure contournerait les clauses de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), qui assure les détenteurs de dépôts contre les faillites bancaires :

Aucune exception n’est indiquée pour les « dépôts assurés » aux États-Unis, c’est-à-dire ceux inférieurs à 250 000 dollars que nous croyions protégés par les assurances de la FDIC. Il peut difficilement s’agir d’une omission puisque c’est la FDIC qui émet cette directive. La FDIC est une compagnie d’assurances financée par des primes payées par les banques privées. La directive s’appelle « processus de résolution », définie ailleurs comme un plan « que l’on appliquerait en cas de faillite d’un assureur ». La seule mention de « dépôts assurés » est en lien avec la législation existante au Royaume-Uni et que la directive FDIC-BOE qualifie d’inadéquate, impliquant qu’elle doit être modifiée ou outrepassée. (Ibid.)

Les déposants ne sont pas éligibles à l’assurance dépôts de la FDIC parce qu’on leur donne une fausse compensation.


Le projet canadien de confiscation de dépôts

La déclaration la plus candide de confiscation des dépôts bancaires comme moyen de « sauver les banques » est formulée dans un document publié récemment par le gouvernement canadien, le « Plan d’action économique 2013. Emplois, croissance et prospérité à long terme ».

Ce dernier a été présenté à la Chambre des communes par le ministre des Finances Jim Flaherty le 21 mars dans le cadre d’un soi-disant projet « prébudgétaire ».

Une courte section du rapport de 400 pages nommée « Instaurer un cadre de gestion des risques pour les banques nationales d’importance systémique » identifie la procédure de recapitalisation pour les banques à charte canadiennes. Le terme « confiscation » n’est pas mentionné. Le jargon financier sert à obscurcir les véritables intentions, lesquelles consistent essentiellement à voler les épargnes des citoyens.

En vertu du projet canadien de « gestion des risques » :

Le gouvernement propose d’établir un régime de recapitalisation interne pour les banques d’importance systémique. Ce régime sera conçu de manière que, dans le cas peu probable où une banque d’importance systémique épuiserait ses fonds propres, elle pourra être recapitalisée et redevenir viable grâce à la conversion très rapide de certains de ses passifs en fonds propres réglementaires.

Cette mesure réduira les risques pour les contribuables. Le gouvernement consultera les intervenants sur la meilleure façon d’instaurer un régime de recapitalisation interne au Canada.

Cela signifie que si une ou plusieurs banques (ou caisse d’épargne) étaient obligées d’« épuiser leurs fonds propres » pour répondre à la demande de leurs créanciers, les banques seraient recapitalisées par la conversion très rapide de certains de [leurs] passifs en fonds propres réglementaires ».

Par « certains passifs » on entend (en jargon) l’argent que la banque doit à ses clients, à savoir ses déposants, dont les comptes bancaires seraient confisqués en échange d’actions (capital action) d’une institution bancaire « défaillante ».

Il est insensé de dire que « cette mesure réduira les risques pour les contribuables ». Cela signifie en réalité que le gouvernement ne donnera ni financement pour compenser les déposants victimes d’une institution en faillite, ni ne viendra à la rescousse de cette dernière.

Les déposants seront plutôt obligés d’abandonner leurs épargnes. L’argent confisqué sera ensuite utilisé par la banque pour honorer ses engagements vis-à-vis des grandes institutions financières créancières. Autrement dit, ce plan est un « filet de sécurité » pour les banques trop grosses pour faire faillite, un mécanisme leur permettant, en tant que créancières, d’éclipser les institutions bancaires de moindre envergure, incluant les caisses d’épargne, tout en précipitant leur effondrement ou leur prise de contrôle.


Le paysage financier canadien

L’initiative de gestion de risque et de recapitalisation est cruciale pour tous les Canadiens . Une fois adoptée par la Chambre de communes dans le cadre du budget, les procédures de recapitalisation pourraient être appliquées.

Le gouvernement conservateur a la majorité parlementaire et il est fort probable que le Plan d’action économique, comprenant la procédure de recapitalisation, sera adopté.

Alors que le cadre de gestion de risques du Canada laisse entendre que les banques canadiennes « sont à risque », surtout celles ayant accumulé des dettes importantes (en raison des pertes sur les produits dérivés), l’application généralisée de la « recapitalisation » n’est pas envisagée.

Le scénario suivant pourrait se concrétiser dans un avenir rapproché : les « cinq grandes banques » du Canada, soit, la Banque Royale du Canada, TD Canada Trust, la Banque Scotia, la Banque de Montréal et la CIBC (lesquelles ont toutes de puissantes associées opérant dans le paysage financier étasunien) consolideront leurs position aux dépens des banques et institutions financières de moindre envergure (au niveau provincial).

Le document gouvernemental suggère que la recapitalisation pourrait être utilisée de manière sélective « cas peu probable où l’une des banques ne serait plus viable». Cela sous-entend qu’au moins une banque canadienne de « moindre importance » ou plus pourrait faire l’objet d’une recapitalisation. Une telle procédure mènerait inévitablement à une concentration accrue du capital bancaire au pays, au profit des plus grands conglomérats financiers.


Remplacement des caisses d’épargnes et de crédit et des banques coopératives au niveau provincial

Il existe un important réseau de plus de 300 caisses d’épargnes et de crédit et de banques coopératives au niveau provincial, lesquelles pourraient être la cible des opérations sélectives de « recapitalisation ». Ce réseau comprend, parmi tant d’autres, le puissant réseau Desjardins au Québec, la Vancouver City Savings Credit Union (Vancity) et la Coastal Capital Savings en Colombie-Britannique, Servus en Alberta, Meridian et les caisses populaires en Ontario (affiliées à Desjardins).

Dans ce contexte, il est probable que l’on assiste à l’affaiblissement significatif des institutions financières coopératives provinciales. Elles ont une relation de gouvernance avec leurs membres (dont des conseils représentatifs) et offrent actuellement une alternative aux cinq grandes banques à charte. Selon des données récentes, il y a plus de 300 caisses d’épargnes et de crédit et caisses populaires au Canada, membres de la « Credit Union Central of Canada ».


Nouvelle norme : Les standards internationaux régissant la confiscation des dépôts bancaires

Le Plan d’action économique du Canada reconnaît que le cadre de recapitalisation proposé « s’alignera sur les réformes apportées dans d’autres pays et sur les principales normes internationales ». Le modèle suggéré de confiscation des dépôts tel que décrit dans le document du gouvernement canadien est donc conforme au modèle envisagé aux États-Unis et dans l’Union européenne. À l’heure actuelle, cette formule est un « point de discussion » (derrière des portes closes) lors de divers événements internationaux regroupant des gouverneurs des banques centrales et des ministres des Finances.

L’agence de règlementation impliquée dans ces consultations multilatérales est le Conseil de stabilité financière (CSF), situé à Bâle en Suisse et hébergé par la Banque de règlements internationaux (BRI). Le CSF est d’ailleurs présidé par le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, que le gouvernement britannique a récemment nommé chef de la Banque d’Angleterre à partir de juin 2013.

À titre de gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney a joué un rôle clé dans l’élaboration des clauses de recapitalisation pour les banques à charte canadienne. Avant d’entamer sa carrière dans le monde des banques centrales, il était membre de la haute direction chez Goldman Sachs, qui a joué un rôle dans les coulisses pour l’implantation des plans de sauvetage et des mesures d’austérité dans l’Union européenne.

Le mandat du CSF serait de coordonner les procédures de recapitalisation, en liaison avec les « autorités financières nationales » et les « organismes internationaux de normalisation », dont le FMI et la BRI. Cela ne devrait surprendre personne : les procédures de confiscation des dépôts au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada examinées ci-dessus sont remarquablement similaires.


La « recapitalisation » bancaire comparativement au « sauvetage » bancaire

Dans les plans de sauvetage, le gouvernement alloue une portion significative des revenus de l’État aux institutions financières défaillantes. L’argent des coffres de l’État est acheminé aux conglomérats bancaires.

Aux États-Unis, en 2008-2009, un total de 1,45 billions de dollars a été acheminé aux institutions financières de Wall Street dans le cadre des plans de sauvetages de Bush et Obama.

Ces plans étaient considérés de facto comme des dépenses gouvernementales. Elles nécessitaient l’implantation de mesures d’austérité. Les plans de sauvetage ainsi que les hausses dramatiques des dépenses militaires ont été financés par des réductions draconiennes dans les programmes sociaux, dont Medicare, Medicaid et la sécurité sociale.

Contrairement au plan de sauvetage, financé par le trésor public, la « recapitalisation » requiert la confiscation (interne) des dépôts bancaires et est instaurée sans l’utilisation de fonds publics. Le mécanisme règlementaire est établi par la banque centrale.

Au début du premier mandat d’Obama en janvier 2009, un plan de sauvetage bancaire de 750 milliards de dollars a été annoncé par Obama. Il s’ajoutait à celui de 700 milliards de dollars octroyé par l’administration Bush dans le cadre du Troubled Assets Relief Program (TARP).

En tout, les deux programmes atteignaient une somme astronomique de 1,45 billions de dollars, financée par le Trésor étasunien. (Il faut comprendre que le montant réel d’« aide » financière aux banques était significativement au-delà de 1,45 billions de dollars.) À cette somme s’ajoutait le montant ahurissant alloué au financement de l’économie de guerre d’Obama (2010), 739 milliards de dollars. Les plans de sauvetage, combinés aux dépenses de la Défense (2189 milliards de dollars) engouffraient donc presque la totalité des revenus fédéraux, lesquels se chiffraient à 2381 milliards de dollars pour l’année fiscale 2010.


Conclusion

Les plans de sauvetage ne sont plus fonctionnels. Au début du deuxième mandat d’Obama, les coffres de l’État étaient vides. Les mesures d’austérité sont dans l’impasse.

On envisage maintenant des plans de recapitalisation au lieu des « plans de sauvetage ».

Les groupes à faible et moyen revenu, invariablement endettés, ne seront pas la cible principale. L’appropriation de dépôts bancaires ciblerait essentiellement les classes moyenne élevée et supérieure, lesquelles possèdent des dépôts bancaires significatifs. Les comptes bancaires des petites et moyennes entreprises seront ciblés par la suite.

Cette transition fait partie de l’évolution de la crise économique et de l’impasse sous-jacente à l’application des mesures d’austérité.

L’objectif des acteurs financiers internationaux est d’anéantir les compétiteurs, de consolider et centraliser le pouvoir bancaire, et d’exercer un contrôle prépondérant sur l’économie réelle, les institutions gouvernementales et l’armée.

Même si les plans de recapitalisation étaient règlementés et appliqués de manière sélective à un nombre limité d’institutions financières défaillantes, de caisses d’épargnes et de crédit, etc., l’annonce d’un programme de confiscation des dépôts pourrait mener à une « ruée généralisée sur les banques ». Dans ce contexte, on ne peut considérer aucune institution bancaire comme sécuritaire.

L’application (même locale ou sélective) des procédures de recapitalisation impliquant la confiscation de dépôts créerait un chaos financier. Elle interromprait le processus de paiements, les salaires ne seraient plus versés, pas plus que l’argent des investissements dans les usines et destiné aux équipements, et le pouvoir d’achat s’effondrerait. Les petites et moyennes entreprises seraient acculées à la faillite.

Si la recapitalisation était mise en œuvre au sein de l’Union européenne et en Amérique du Nord, elle amorcerait une nouvelle phase de la crise financière mondiale, intensifierait la dépression économique, accroîtrait la centralisation bancaire et financière ainsi que celle du pouvoir entrepreneurial dans l’économie réelle au détriment des entreprises locales et régionales.

Ensuite, tout le réseau bancaire mondial, caractérisé par des transactions électroniques (régissant les dépôts et retraits, etc.), sans compter les transactions monétaires sur les marchés boursiers et les bourses de marchandises, pourrait faire l’objet de perturbations systémiques significatives.

Les conséquences sociales seraient dévastatrices. L’économie réelle chuterait à la suite de l’effondrement du système de paiements.

Les perturbations potentielles du fonctionnement d’un système monétaire mondial intégré pourraient donner lieu à une nouvelle débâcle économique ainsi qu’à une baisse du commerce international des marchandises.

Il est important que les citoyens européens et nord-américains agissent fermement aux niveaux national et international contre ces manigances diaboliques de leurs gouvernements, oeuvrant pour le compte d’intérêts financiers dominants afin d’implanter un processus sélectif de confiscation des dépôts bancaires.

Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca


|Le projet diabolique de « recapitalisation » bancaire
4508|4592|Manchettes Mouvements_syndical|Mettons fin à l'obsession du déficit zéro|2013-04-25 05:49:53|Louise Chabot|

L’auteur est présidente de la Centrale des syndicats du Québec

La Presse rapportait, dans son édition du vendredi 19 avril 2013, que lors d’une discussion avec plusieurs leaders du monde des affaires du Québec, la première ministre considérait l’idée de reporter d’un an l’atteinte du déficit zéro.

L’article du quotidien relatait aussi que ces gens d’affaires affichaient une certaine compréhension devant ce changement d’orientation. Rien de plus normal : les gestionnaires savent mieux que quiconque qu’une stratégie doit s’adapter continuellement au contexte économique changeant.

N’est-ce pas Henry Mitzberg, grand théoricien de la stratégie d’entreprise, qui nous l’a appris ?

Pourquoi en serait-il autrement pour le gouvernement du Québec ? Quelle rationalité explique que l’échéancier du plan de retour à l’équilibre budgétaire déterminé en 2009 devrait rester inchangé, alors que la reprise de l’économie québécoise et mondiale est beaucoup plus lente que prévu ?

Lors de l’élaboration du plan, le ministère des Finances et de l’Économie tablait sur une croissance du PIB en 2013 de 4,2 % pour le Québec et de plus de 4,5 % pour les États-Unis. Les résultats actuels s’avèrent inférieurs aux prévisions de près d’un point de pourcentage.

Rares sont ceux qui avaient prédit l’enlisement économique actuel de l’Europe. Personne ne s’attendait à ce que la paralysie de la politique américaine pousse le gouvernement des États-Unis dans le « précipice fiscal ». Enfin, tout le monde croyait improbable le repli éloquent du prix des ressources naturelles.

Il est important de noter que si les finances publiques se retrouvent encore une fois sous tension, l’explication se trouve uniquement du côté d’une baisse de croissance des revenus autonomes du gouvernement. Cela n’est pas dû à une explosion des dépenses publiques.

Les crédits budgétaires pour l’année 2013-2014 affichent la progression la plus lente depuis 14 ans, entraînant aujourd’hui des compressions dans les commissions scolaires, dans les centres de la petite enfance, dans la recherche, dans les cégeps, dans les infrastructures, dans le réseau de l’éducation primaire et secondaire, etc. La logique de l’austérité à tout prix commence à friser l’absurde.

L’obsession du déficit zéro vient mettre en péril d’autres obligations qui reposent sur les épaules des gouvernements provinciaux et fédéraux.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) rappelait que le Canada avait la responsabilité de contribuer à la relance de l’économie mondiale. Il suggérait au gouvernement fédéral que dans le contexte économique présent, les mesures d’austérité causeraient plus de torts que de bénéfices.

Ce changement d’orientation du FMI est renforcé par une toute nouvelle étude, intitulée Does High Public Debt Consistently Stifle Economic Growth? A Critique of Reinhart and Rogoff, publiée par trois économistes de l’Université du Massachusetts.

Après avoir corrigé les erreurs méthodologiques d’une étude de 2010, intitulée Growth in a Time of Debt, célèbre pour avoir justifié l’austérité, ils arrivent à la conclusion claire que le niveau d’endettement d’un pays n’avait aucune incidence sur sa capacité de générer une croissance économique dynamique.

Parce qu’une économie plus faible que prévu prive le gouvernement de revenus suffisants et parce qu'il a la responsabilité de stimuler la croissance, nous croyons que le gouvernement peut ajuster la trajectoire de son plan de retour à l’équilibre budgétaire.

Un léger déficit pour l’année 2013-2014 ne remettrait aucunement en cause la solidité financière du Québec. Même le Conseil du patronat critique le « saupoudrage des réductions budgétaires » et appelle à une plus vaste réflexion sur les services publics et leur financement. Il est grand temps d’arrêter de nous demander où le couperet tombera la prochaine fois, et de nous donner les moyens de financer adéquatement et équitablement nos services publics.

|La logique de l’austérité à tout prix commence à friser l’absurde.
4509|4593|Langue Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|Cour suprême : le scandale des juges unilingues|2013-04-25 06:08:02|Christian Néron|

L’auteur est membre du Barreau du Québec, constitutionnaliste, historien du droit et des institutions.

La Cour suprême du Canada, créée par une loi ordinaire du Parlement fédéral en 1875, a commis bien des impairs et généré bien des déceptions depuis ses tout premiers jugements, au point d’avoir été une cause de division, et non de cohésion, au sein de la société canadienne.

Les deux renvois judiciaires qu’elle a rendus, au moment du bras de fer constitutionnel de 1981 et 1982, ont laissé le sentiment durable qu’une injure historique avait été commise à l’endroit du peuple « fondateur » du Canada et « co-fondateur » de la Confédération.

Les révélations faites par l’historien Frédéric Bastien viennent d’en rajouter en mettant en lumière les incursions clandestines du juge en chef Bora Laskin et du juge Willard Estey auprès des autorités politiques britanniques et canadiennes. Cette violation attestée d’une règle aussi élémentaire que l’indépendance judiciaire a ainsi ravivé un malaise plus que séculaire au sujet de l’intégrité et de l’impartialité de la Cour suprême du Canada.

Des commentateurs ont vite tenté de minimiser la gravité de ces manœuvres clandestines en disant qu’il ne s’agissait que de quelques lettres sans contenu réel, des indiscrétions anodines et isolées, qu’il n’y avait pas matière à s’inquiéter et à douter de la probité et de la loyauté des premiers gardiens de l’ordre constitutionnel.

Si tel est le cas, comment se fait-il que des juristes aussi éminents, des juristes qui trônent au sommet du panthéon judiciaire de l’État, aient été assez étourdis pour poser des gestes qui risquaient de les précipiter dans un déshonneur sans précédents si l’enjeu politique et constitutionnel de leur tricherie n’avait pas été jugé capital !

Les juges Laskin et Estey ont certainement réfléchi aux conséquences gravissimes de leurs gestes, pour eux personnellement et pour l’institution qu’ils représentaient, avant de prendre le risque de se poser si clairement au dessus des lois dont ils étaient pourtant les gardiens ultimes.

Pire encore, les faits mis au jour sont sans doute incomplets. Les historiens, eux qui travaillent à partir des documents tirés des archives pour essayer d’éclairer les faits et la vérité historique, savent fort bien que les écrits qu’ils retracent ne sont le plus souvent que des vestiges, des preuves ultimes, et des témoins sans complaisance de ce qui s’est réellement passé.

Quoi qu’il en soit, et peu importe le nombre et le contenu des lettres clandestines adressées aux autorités politiques, personne ne peut nier la commission d’indiscrétions inexcusables de la part des juges Laskin et Estey : la confiance nécessaire et indispensable dans la probité de l’institution en sort plus minée que jamais.

Il y a quelque chose d’irréel à devoir s’interroger ainsi sur l’intégrité d’une institution qui devrait être l’incarnation même d’une droiture sans compromis, mais ce scandale n’en est pourtant qu’un parmi d’autres. Il existe malheureusement un autre cas grave de malhonnêteté intellectuelle, un cas connu et patent qui colle à l’institution depuis sa création, au point que presque plus personne n’en dénonce le caractère grossier et indécent : il s’agit du scandale des juges unilingues, de ces juges qui s’autorisent à entendre des causes plaidées dans une langue qu’ils ignorent.

Peut-on imaginer un relâchement moral et intellectuel plus outrageant que celui-là ! Ce déni de justice est pourtant si bien supporté qu’il est traité comme une affaire normale, banale, alors qu’il y aurait lieu de hurler.

Pour illustrer la banalisation extrême de cette conduite outrageante, le juge Major, interrogé sur le sujet en 2010 au moment de l’étude du projet de loi C-232, avait répondu le plus simplement du monde que les services de traduction et d’interprétation étaient à ce point excellents à la Cour suprême que son ignorance du français n’avait jamais compromis la qualité de son travail. Voilà qui laisse pantois devant l’ignorance invincible de cet ancien gardien de l’ordre constitutionnel du Canada !

Traduire est en soi un exercice très exigeant, mais de tous les sujets, la traduction juridique est sans conteste la plus difficile puisque, à la base, les concepts du droit ne trouvent le plus souvent que fort peu de « données équivalentes » à l’extérieur de leur propre système.

De plus, l’usage d’homographes et de faux-amis est un exercice des plus périlleux. Par exemple, combien de fois avez-vous le mot « property » traduit par « propriété » ! Les traducteurs font régulièrement ce faux pas, mais ce faisant, ils jettent de la confusion dans les esprits compte tenu que les rapports juridiques entre les personnes et les biens sont très différents entre la common law et le droit civil.

De sorte que l’usage de quelques faux-amis par-ci par-là peut dénaturer entièrement la logique interne de n’importe quelle argumentation juridique rédigée de façon précise et bien serrée. Comment un juge unilingue, qui n’a jamais fait l’exercice d’apprendre une langue seconde, peut-il être sensible aux graves dangers inhérents à toute traduction en matière juridique !

Mais à la Cour suprême du Canada, l’injure au bon sens et à la justice est souvent poussée à son extrême limite. Les traducteurs ne « traduisent » pas les dossiers d’appel qui leur sont soumis : ils se contentent de les RÉSUMER !

Ils résument ainsi le mémoire d’appel, les jugements des cours inférieures, la jurisprudence, les articles de doctrine, et les notes sténographiques lorsqu’il y a témoignage.

Dans de telles circonstances, comment un juge unilingue peut-il prétendre pouvoir détecter les erreurs commises par les juges des instances inférieures, eux qui ont tout écouté, tout lu, et tout écrit dans la langue originale.

Bref, les juges unilingues font preuve d’une mauvaise foi troublante en acceptant d’entendre des appels dans une langue qu’ils ne connaissent pas, et font doublement preuve de mauvaise foi lorsqu’ils ont ensuite l’outrecuidance de prétendre que les justiciables n’en souffrent aucun préjudice.

Malgré le fait que la loi n’oblige expressément aucun juge à être bilingue, tous les juges de langue française depuis 1875 l’ont été. Faut-il s’en surprendre !

Aurait-il été nécessaire que les Pères de la Confédération, qui avaient déjà eu tant de peine à s’entendre pour convenir des caractéristiques essentielles de l’État fédéral, se donnent aussi celle de préciser des règles de justice relevant du simple bon sens des personnes en autorité.

Un juge incapable de comprendre ce qui est plaidé devant lui, et incapable de lire une seule ligne d’un volumineux dossier d’appel n’est-il pas dans une position aussi critique qu’un analphabète égaré dans une bibliothèque !

En ce qui a trait aux principes de base du bilinguisme qui devaient initialement prévaloir dans les institutions fédérales, voyons comment le sujet avait été compris et traité par les parlementaires et les Pères de la Confédération lors des débats sur la confédération tenus en mars et en février 1865.

Le sujet de la nature, de la composition et du fonctionnement de la future Cour suprême a été peu abordé au cours de ces débats. En fait, les parlementaires ont consacré au moins dix fois plus de temps à discuter du chemin de fer que de cette lointaine et incertaine « cour générale d’appel » pour le Canada.

Était-ce parce que sa création était remise sine die, ou que promesse leur avait été faite que le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres continuerait à être le tribunal de dernière instance pour le Canada !

Quoi qu’il en soit, le premier, et l’un des rares parlementaires à avoir abordé ce sujet a été Joseph Cauchon, député de Montmorency, allié de George-Étienne Cartier et partisan enthousiaste du projet de confédération.

Inquiet de ce que le paragraphe 29 de la résolution 34 soit muet sur les attributions de cette future cour générale d’appel, il s’adresse ainsi à Cartier : Cette cour d’appel, si on l’établit, sera-t-elle un tribunal purement civil ou constitutionnel ? Ou sera-t-elle civile et constitutionnelle tout ensemble ? Si elle est civile, atteindra-t-elle le Bas-Canada1 ?

En réalité, G. E. Cartier n’en savait absolument rien, car personne n’avait eu le temps de se pencher sur la question : La question qui m’est posée par mon honorable ami le député de Montmorency n’en est pas une à laquelle le gouvernement puisse facilement répondre, parce que le pouvoir donné par cet article n’est que celui de la création d’un tribunal d’appel à une époque future, et la jurisdiction de cette cour dépendra de la cause pour laquelle elle aura été constituée2.

En ce qui a trait à la langue, Cartier ne pouvait en dire davantage parce que personne ne s’était jusqu’alors demandé si les deux langues du Canada seraient tenues à distance égales ou inégales de la loi devant le plus haut tribunal du pays. Ainsi, le silence présumait en faveur de l’égalité.

Quelques jours plus tard, soit le 8 mars 1865, la question du bilinguisme dans les institutions fédérales est soulevée par Félix Geoffrion3, député de Verchères, qui demande des éclaircissements auprès d’Hector Langevin, bras droit de Cartier, et l’un des délégués du Canada-Uni à la Conférence de Québec.

Les explications qu’il reçoit de ce Père de la Confédération constituent une assurance fort encourageante pour ce qui est de l’égalité des deux langues dans les institutions fédérales : Un autre point sur lequel l’honorable député de Verchères a insisté, [] c’est celui de la langue française sous la confédération. L’honorable député de Verchères a dit qu’il est vrai qu’on pourra discuter les questions en langue française dans le parlement fédéral et dans la législature du Bas-Canada, ainsi que dans les cours de justice de la confédération, mais [] il y a même plus : la langue française sous la confédération sera parlée devant les tribunaux fédéraux, avantage que nous n’avons pas aujourd’hui quand nous avons à nous présenter devant les cours d’appel de la Grande-Bretagne. Ainsi donc, l’honorable député de Verchères, de même que cette honorable chambre, devront être heureux de voir que ses représentants à la conférence de Québec n’ont point failli à leur devoir sur ce point. Ce sont les principes sur lesquels sera basée la nouvelle constitution, et je ne crois pas trop dire en prétendant qu’il était impossible de garantir davantage ce privilège essentiel de notre nationalité4.

La réponse est on-ne-peut plus claire et rassurante de la part de ce Père de la Confédération. L’usage de la langue française devant les tribunaux fédéraux constitue un principe fondateur de la nouvelle constitution.

En mentionnant qu’on ne pouvait plaider en français devant les cours d’appel en Grande-Bretagne, mais qu’on le pourra au Canada, il confirmait que les Canadiens [français] pourront plaider dans leur langue devant la « cour générale d’appel pour le Canada » qui sera mise sur pied, un jour, par le Parlement fédéral.

Cependant, puisque le paragraphe 29 de la résolution n’est pas explicite au sujet de l’égalité de statut des deux langues devant cette « cour générale d’appel », n’y a-t-il pas à craindre que la majorité anglophone ne règle, un jour, la question à sa façon ?

Là-dessus, Édouard Rémillard, député de Bellechasse, prend la parole pour rassurer ses collègues relativement à certains silences dans le projet de constitution : On craint que les lois, les documents, et les délibérations du parlement fédéral ne soient pas imprimés en français. Mais [] si l’on peut exclure l’usage de la langue française, on pourra aussi exclure l’usage de la langue anglaise, car toutes deux sont sur un pied d’égalité. Parce que l’on ne dit pas que les lois et les délibérations du parlement fédéral seront imprimées en français, on en conclut qu’elles le seront en anglais; mais on pourrait dire la même chose pour l’anglais puisqu’il n’est pas dit qu’elles seront imprimées dans cette langue5.

Au fait, ce commentaire était brillant, pertinent et convainquant puisque nulle part il n’était dit que l’une des deux langues jouirait d’un traitement préférentiel dans les institutions fédérales.

Le leader du groupe d’opposition au projet, Antoine-Aimé Dorion, député d’Hochelaga, manifeste lui aussi son inquiétude face à l’absence de garantie suffisante en faveur de la langue française.

Est-il prudent que le peuple du Bas-Canada s’en remette au bon vouloir et à la tolérance de la majorité pour la préservation de sa langue6 ? Les majorités n’ont-elles pas tendance à se montrer facilement agressives ?

Christopher Dunkin, député de Brome, ne vient-il pas de rappeler devant cette Chambre le souvenir de ces années troubles et honteuses où il ne se trouvait aucun anglophone assez audacieux, ou téméraire, pour dénoncer la vindicte populaire de leur communauté n’exigeant rien de moins que l’extermination des Canadiens [français] de la surface da la terre7 ?

Là-dessus, John A. McDonald, l’un des principaux artisans du projet de constitution, se lève pour rétablir les faits quant au statut convenu par les délégués de toutes les provinces en ce qui a trait à l’usage de la langue française dans la confédération : Je conviens avec l’honorable député d’Hochelaga qu’aujourd’hui cela est laissé à la majorité mais, afin d’y remédier, il a été convenu dans la conférence d’introduire cette disposition dans l’acte impérial. Cela a été proposé par le gouvernement canadien par crainte qu’il survienne plus tard un accident, et les délégués de toutes les provinces ont consenti à ce que l’usage de la langue française formât l’un des principes sur lesquels serait basée la confédération8.

Après tant de promesses données publiquement et officiellement, les francophones se voient donc rassurés. Ils comprennent que la langue française sera pleinement protégée dans toutes les institutions fédérales, y compris à la « cour générale d’appel » qui sera, un jour, instituée dans le pays. Le dernier commentaire en ce sens vient de C.B. De Niverville, député de Trois-Rivières : Eh bien ! par rapport à notre langue, je demande s’il y a le moindre danger que nous la perdions dans la confédération ? Loin d’être en danger, je crois qu’elle fleurira davantage sous le nouveau régime, puisqu’on pourra la parler et s’en servir non seulement dans les parlements fédéraux et dans les législatures locales, mais aussi dans les tribunaux suprêmes qui seront plus tard institués dans ce pays9. Aucun Père de la Confédération ne s’est alors levé pour nuancer ou contredire cette affirmation : bref, qui ne dit mot consent !

Il ressort des débats, et des mises au point par trois Pères de la Confédération, que le projet de constitution a créé beaucoup d’optimisme chez les francophones. Il s’agissait peut-être là de la formule politique idéale : une autonomie provinciale fondée sur des compétences pratiquement souveraines et intangibles, assortie d’une association économique pour mieux réaliser les vastes projets d’infrastructures d’un pays en construction.

Les anglophones, quant à eux, ne dissimulaient en rien leur jubilation. À de nombreuses reprises, George Brown et John A. McDonald se sont levés pour saluer le pacte politique qui allait créer un pays grand comme un empire. Au mot « pacte », ils accolaient des qualificatifs rassembleurs comme « amical », « cordial », « fraternel ».

Les membres de la Cour suprême n’ont-ils jamais été informés que le consentement de la population du Bas-Canada avait été essentiel à la formation de ce « pacte amical, cordial et fraternel » ? Est-ce conforme à l’esprit du « pacte originel » et de toutes ces promesses explicites de la part des Pères de la Confédération que de laisser à des traducteurs et à des interprètes le soin de plaider les droits des justiciables de langue française devant la Cour suprême de leur pays ? Jusqu’où irait l’indignation légitime des justiciables de langue anglaise si jamais des traducteurs et des interprètes s’aventuraient à perpétrer une telle infamie à leur endroit !

Débats parlementaires sur la confédération, Québec, Hunter, Rose et Lemieux, 1865, à la p. 581.

2 Ibid.
3 Ibid.
4 Ibid. aux p. 785 et 786.
5 Ibid. à la p. 790.
6 Ibid. à la p. 943.
7 Ibid. à la p. 516.
8 Ibid. à la p. 943.
9 Ibid. à la p. 948.


|flegault-asso@assnat.qc.ca

Nathalie Roy
Porte-parole du deuxième groupe d'opposition, CAQ, pour la Charte de la langue française
nroy-mota@assnat.qc.ca

Marc Tanguay
Porte-parole de l'opposition officielle, Parti libéral, pour la Charte de la langue française
marc.tanguay-lafo@assnat.qc.ca

Diane De Courcy
Ministre responsable de la Charte de la langue française
cabinet@micc.gouv.qc.ca

Adresses électroniques de votre député(e) :
http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/index.html#listeDeputes

Source :
Jean-Paul Perreault
Président
Mouvement Impératif français

|Comment la CAQ peut-elle qualifier certaines mesures de « coercitives » et de « punitives »
4512|4596|Manchettes Mouvements_syndical|Premier Mai : l’état du syndicalisme québécois|2013-04-26 06:33:35|Maude Messier|

Propos recueillis par Maude Messier

Aux États-Unis, des coups durs auront été portés au mouvement syndical au cours de la dernière année, notamment avec l’augmentation du nombre d’États avec des législations antisyndicales, ces « Right to Work States ».

Au Canada, l’adoption par le gouvernement fédéral de la loi C-377 sur la « transparence » syndicale, la réforme de l’assurance-emploi et l’abolition du crédit d’impôt pour les fonds de travailleurs sont reçues comme autant d’attaques, portées par le gouvernement conservateur, contre les travailleurs et leurs organisations.

Le syndicalisme est-il à la croisée des chemins? Quels sont les défis à venir?

À l’occasion de la Fête des travailleurs, l’aut’journal s’est entretenu avec différents dirigeants syndicaux pour connaître leur lecture de la conjoncture politique actuelle.


Michel Arsenault, président de la FTQ : « Le Québec est la société la plus syndiquée en Amérique du Nord et aussi la plus égalitaire. Au fédéral, on a clairement affaire à un gouvernement qui met de l’avant des politiques de droite antisyndicales, et la réforme de l’assurance-emploi est l’une d’entre-elles.

Dans ce contexte antisyndical, qui nous vient aussi des États-Unis, où le taux de syndicalisation est en chute, où la classe moyenne s’effrite sans cesse et où la pauvreté augmente, la FTQ s’attablera, au cours des prochains mois, à l’élaboration de différentes stratégies, avec nos syndicats, pour établir plus de contacts avec la base, pour remettre le mouvement syndical et ses gains en contexte dans chacun de nos milieu de travail.

En dix ans, beaucoup de jeunes sont entrés sur le marché du travail. C’est un éternel défi de se rapprocher de nos membres, surtout que la presse est plutôt défavorable aux actions syndicales. C’est aussi l’occasion de réfléchir à nos pratiques syndicales. »

* * *

Jacques Létourneau, président de la CSN : « Dans le dossier de la réforme de l’assurance-emploi, il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une attaque contre les travailleurs et les travailleuses, contre le filet de sécurité sociale, contre certaines régions, dont le Québec.

Ça fait partie de l’ensemble de l’œuvre, l’une des plus, sinon la plus, à droite de l’histoire du Canada. C-377 est aussi une velléité certaine contre les syndicats et contre la classe moyenne, d’inspiration très états-unienne.

S’agit-il d’un précurseur d’un éventuel projet de loi privé sur l’abolition de la formule Rand ou encore sur la liberté de cotisation syndicale, une façon de miner les luttes sociales et politiques des organisations syndicales en s’attaquant à leur financement?

S’en prendre aux fonds de travailleurs est une frappe chirurgicale dirigée contre la CSN et la FTQ, contre les travailleurs et leurs organisations.

Ça pose certainement la question du fédéralisme canadien. Il est un peu tôt, mais on devra sans doute se poser des questions sur comment on travaille dans le Canada ou comment on travaille en dehors du Canada. »

* * *

Carolle Dubé, porte-parole du SISP : « Les choix économiques du gouvernement péquiste ajoutent de nouvelles compressions dans la fonction publique québécoise et menacent le maintien de services publics de qualité. Même si le gouvernement répète qu’il n’y aura pas d’effet sur la qualité des services rendus à la population, nous sommes d’avis qu’il s’agit d’une forme de pensée magique.

Alors que plusieurs remettent en question l’efficacité des politiques d’austérité, le gouvernement Marois maintient sa stratégie du déficit zéro, ce qui met énormément de pression sur les services publics.

Par ses choix politiques, ce gouvernement a aussi fait le choix de ne pas augmenter ses revenus pour mieux financer les services publics. Il aurait pu choisir de hausser les redevances minières, ajouter des paliers d’imposition, réclamer une plus grande participation des entreprises.

La sous-traitance et le recours accru aux services du secteur privé coûtent cher aux contribuables, sans compter que ça engendre une perte d’expertise pour l’ensemble de la fonction publique. »

* * *

Louise Chabot, présidente de la CSQ : « J’espère que le printemps sera chaud! Assurément, la conjoncture actuelle nous place dans un environnement où les attaques aux droits des travailleurs et des travailleuses se multiplient. S’il y a un message à passer, c’est de valoriser les travailleurs et les travailleuses et leur apport à la société.

En ce moment, les politiques d’austérité mettent beaucoup de pression sur les emplois et les services publics. Le mépris du gouvernement Harper pour les travailleurs saisonniers est à ce point qu’il les soupçonne même de fraude. Les raisons de luttes sont nombreuses et méritent notre mobilisation.

Nous luttons pour des emplois décents et égalitaires, lesquels sont garants du développement économique et social du Québec. »


Magali Picard, vice-présidente exécutive régionale pour le Québec, AFPC

« Le plus difficile est de continuer à travailler avec un gouvernement qui ne veut pas d’État et qui ne veut pas être contrarié dans ses efforts pour détruire l’État. Il s’attaque aux groupes progressistes de la société, dont, évidemment, les syndicats.

Ce gouvernement ne respecte par les travailleurs, il est contre la classe moyenne et n’en a que pour le patronat, les banques et le pétrole. Ce sont les mieux nantis qui sont satisfaits, au détriment de tous les autres. Ils parlent d’économie, de création d’emplois, et multiplient les coupures tout en faisant croire à la population que c’est pour son bien. Ce gouvernement est un spécialiste des communications pour mener à bien son plan. Notre défi est de passer un autre message à la population.

C’est un contexte très difficile. Avec C-377 et les ballons qu’ils envoient sur la formule Rand, je pense qu’on pourrait être appelé à lutter pour notre survie, comme organisation syndicale. »

* * *

Sylvain Martin, directeur québécois des TCA : « Pour nous, le grand défi, c’est évidemment la création du nouveau syndicat. Le 30 août prochain, aura lieu le congrès de fondation d’un nouveau syndicat pancanadien intégrant les Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) et le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP).

Il faut changer les pratiques, faire du syndicalisme autrement. Sinon, on ne fait que créer un plus gros syndicat et, dans quelques années, nous nous retrouverons devant la même situation, taux de syndicalisation en baisse et diminution du nombre de membres, à nous demander quoi faire.

Les questions, nous nous les posons aujourd’hui. Nous devons être ouverts, faire du syndicalisme social et refuser d’être cantonnés dans le rôle auquel la droite souhaite nous limiter, à savoir négocier exclusivement des conventions collectives et déposer des griefs.

Nous faisons du syndicalisme pour nos membres, leur famille et la société en général. Ça implique de faire de l’action politique et de politiser nos membres. Le mouvement syndical a besoin de leaders visionnaires et de membres informés et articulés. »

* * *

Régine Laurent, présidente de la FIQ : « Le dossier de la formation initiale des infirmières de même que l’implantation des ordonnances collectives nous occuperont au cours des prochains mois.

Mais il y a, de façon plus large, d’autres dossiers qui nous préoccupent, comme la préservation des acquis des femmes. Des attaques insidieuses ont récemment été portées contre le programme de retrait préventif, par exemple.

Je veux bien qu’on revoie certaines façons de faire, qu’on améliore le programme, mais je ne conçois pas que, comme société, on puisse remettre en question le retrait préventif, sous prétexte qu’il coûte trop cher.

Nous avons choisi de nous doter d’un programme qui protège la mère et son bébé, de mettre en place différentes mesures pour favoriser la natalité au Québec; maintenant que le taux de natalité est en hausse, on remettrait en question ces mêmes programmes pour des raisons d’argent? C’est impensable. On ne doit pas revenir en arrière sur ces acquis. »

* * *

Pierre St-Germain, président de la FAE : « Quinze ans après l’implantation de la réforme, nous pensons que c’est le moment de faire un débat de société sur la mission de l’école.

Dans une perspective syndicale, la question de la réappropriation de l’autonomie professionnelle prendra une large part du Congrès de la FAE. La réforme a introduit et consolidé des modèles de gestion axés sur les résultats, lesquels heurtent l’autonomie professionnelle des enseignants et des enseignantes.

Au-delà des approches professionnelles, on est maintenant dans la gestion des relations avec les élèves, qu’on ne peut pourtant pas baliser par des standards. Le ‘‘management’’, pour faire un parallèle avec ce qui se passe dans le réseau de la santé, n’a pas sa place en éducation. En bout de ligne, ce sont les élèves en difficulté qui sont laissés en plan.

À trop mettre l’accent sur les résultats et la performance, on risque de se retrouver avec des dérives comme celles qui ont lieu aux États-Unis. »

* * *

Raymond Legault, président de l’Union des artistes : « Globalement, on assiste à une diminution de la qualité des conditions de travail des artistes. On nous demandait de faire plus avec la même chose, on nous demande maintenant de faire plus avec moins.

Les conditions d’exercice du métier sont plus difficiles; moins de temps rémunéré pour les répétitions, mais la qualité de notre travail doit demeurer la même.

Au Québec, sur le plan politique, le déficit zéro du gouvernement Marois fait en sorte que beaucoup de projets sont remis à plus tard, pour ne pas dire renvoyés aux calendes grecques.

Si on entend parler du financement des arts du côté fédéral, c’est que les artistes et les organismes qui se plaignent ou qui critiquent voient leur budget diminué ou carrément coupé. Ils sont muselés. C’est notamment le cas de la Conférence canadienne des arts et de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle. »

|Les chefs syndicaux prennent la parole
4513|4597|Économie Accueil_Analyses|Paradis fiscaux : 200 à 300 milliards en moins en rentrées fiscales|2013-04-26 06:36:16|Gabriel Ste-Marie|

Les paradis fiscaux posent un problème de justice fiscale et sociale. Les entreprises et les particuliers les plus fortunés y détournent leurs avoirs pour éviter de payer leur juste part d’impôts.

L’OCDE déplore le manque de données pour bien évaluer l’ampleur du phénomène. Mais le Tax Justice Network estime qu’il y aurait, au niveau mondial, entre 21 et 32 billions $ dans les paradis fiscaux, ce qui représenterait un manque de rentrées fiscales d’environ 200 à 300 milliards $ par année.

La richesse est extrêmement concentrée. L’organisme estime que le 0,001% le plus riche de la planète, soit les 91 186 individus qui détiennent plus de 30 millions $, possèdent à eux seuls presque le tiers des actifs mondiaux et la moitié des avoirs dans les paradis fiscaux.

Les 9 millions de personnes qui détiennent plus d’un million de dollars, soit le 0,14% le plus riche, posséderaient 81,3% des actifs mondiaux et 95% des sommes détournées dans les paradis fiscaux.

La plupart des banques possèdent des filiales dans ces territoires et permettent à leurs clients d’y transférer des revenus et de les y faire fructifier, tout ça à l’abri du fisc.

Les paradis fiscaux préférés des entreprises et individus établis au Canada sont la Barbade et les Îles Caïmans. Ils se classent, tout juste après les États-Unis et la Grande-Bretagne, pour les investissements directs réalisés par les Canadiens à l’étranger.

Un paradis fiscal est un territoire avec un taux d’imposition nul ou très faible, qui pratique une forme de secret bancaire, et où les poursuites judiciaires sont souvent inexistantes. Plusieurs pays sont considérés comme des paradis fiscaux. En plus de nombreuses îles des Caraïbes, on trouve dans cette catégorie plusieurs pays européens, comme la Suisse, ou encore la plupart des pays de l’Europe de l’Est. Singapour et Hong Kong sont les principaux exemples asiatiques.

Le phénomène se développe et se complexifie à partir des années 1980. Avec le développement du néolibéralisme, le nombre de très hauts revenus s’accroît, tout comme le recours aux paradis fiscaux.

Dans un récent document intitulé Lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices, l’OCDE s’intéresse aux mécanismes utilisés par les entreprises, surtout multinationales, pour déclarer leurs bénéfices dans ces territoires.

L’organisme quantifie le phénomène en mesurant l’investissement direct étranger (IDE) effectué dans ces pays. Par exemple, en 2010, la Barbade, les Bermudes et les Îles Vierges britanniques ont reçu 5,11% de l’IDE mondial, alors que la part de l’Allemagne s’élevait à 4,77% et celle du Japon à 3,76%.

Les investissements ne font qu’y transiter, de façon à pouvoir y déclarer les revenus futurs. Il en résulte le phénomène suivant. Les Îles Vierges britanniques investissent plus en Chine que les États-Unis!!! Elles arrivent au deuxième rang (14%), après Hong-Kong (45%), un autre paradis fiscal, et devant les États-Unis (4%).

De la même façon, l’Île Maurice se trouve à être le principal investisseur en Inde (24%). En Russie, les quatre premiers investisseurs sont Chypre (28%), les Îles Vierges britanniques (12%), les Bermudes (7%), et les Bahamas (6%).

Selon l’OCDE, ces investissements passent par des entités à vocation spéciale (EVS). Il s’agit d’entreprises-relais, souvent sans employés ou même de bureaux, qui servent à transférer des actifs entre les pays, en les faisant transiter par des paradis fiscaux.

Le phénomène est très répandu et souvent spectaculaire. Par exemple, plus de 80% des investissements effectués aux Pays-Bas proviennent de ces entreprises-relais. Pour l’investissement sortant du pays, c’est 75%. Au Luxembourg, c’est plus de 90%, tant pour l’investissement entrant que sortant.

Dans l’objectif de s’attaquer au problème des paradis fiscaux, l’OCDE tient ce mois-ci un Forum sur l’administration de l’impôt qui réunit les directeurs des administrations fiscales de tous les pays de l’OCDE et du G20.

Au Canada, le ministre des Finances Jim Flaherty affirme vouloir récupérer 6,7 milliards $ des fraudeurs fiscaux. Le problème, c’est que la plupart des gouvernements et organisations internationales tiennent un discours dénonçant le problème, sans toutefois poser d’actions substantielles pour s’y attaquer.

ATTAC-Québec évalue entre 7 et 12 milliards $ par année les impôts non versés au Canada en raison des paradis fiscaux. L’association propose différentes mesures pour corriger la situation, à commencer par l’augmentation du nombre de vérificateurs au ministère du Revenu spécialisés dans les transferts de revenus.

L’organisme propose aussi de réviser ou même d’éliminer les accords fiscaux négociés par le Canada avec les paradis fiscaux. Ces accords permettent notamment aux entreprises qui font des affaires au Canada d’y transférer leurs revenus.

ATTAC-Québec demande aussi d’interdire aux banques canadiennes de posséder des filiales dans les paradis fiscaux et de rendre obligatoire l’échange automatique de renseignements bancaires entre pays, ce qui commence à se faire aux États-Unis.

Dernièrement, un consortium de journalistes d’investigation américains (ICIJ), qui travaille avec une quarantaine d’organes de presse à travers le monde, affirmait avoir mis la main sur un disque dur contenant des renseignements concernant 122 000 sociétés offshores. Nous attendons leurs analyses avec grand intérêt.

|La plupart des banques ont des filiales paradisiaques
4514|4598|Accueil_Analyses Mouvements_populaire|Revenu minimum garanti : une avenue intéressante|2013-04-26 06:42:32|IRIS|

Montréal, 25 avril 2013 – Le gouvernement gagnerait à mieux analyser les possibilités d’application du revenu minimum garanti au Québec. C’est la conclusion d’une brochure de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) rendue publique aujourd’hui qui s’est penchée sur trois expériences d’application du revenu minimum garanti ailleurs dans le monde.

« À gauche comme à droite l’idée de revenu minimum garanti revient ponctuellement. Nous avons voulu en faire une présentation vulgarisée, mais aussi voir quels résultats avaient obtenu ceux et celles qui ont tenté de mettre cette idée en pratique. Les résultats sont très intéressants, tant au niveau des indicateurs de santé, d’éducation que d’intégration au marché du travail. Il ne s’agit pas d’une panacée et il y a bien sûr des effets néfastes à tempérer, mais dans l’ensemble cela nous paraît une piste intéressante à approfondir », constate Eve-Lyne Couturier, auteure de la brochure.

La brochure se penche sur trois cas : le Basic Income Grant (BIG) en Namibie, l’Alaska Permanent Fund Dividend aux États-Unis et le Mincome au Manitoba.

« Dans les trois cas, on peut voir que le supplément de revenu favorise une liberté de choix grâce à l’obtention d’une certaine autonomie. Ainsi, dans le cas du Mincome, les mères de jeunes enfants et les adolescent·e·s ont réduit leur temps de travail pour se consacrer à des tâches non rémunérées, mais socialement importantes (soins des enfants, éducation). En Namibie, le taux d’absentéisme scolaire a également grandement diminué. Pour ce qui est de l’Alaska, le supplément de revenu a permis à certaines régions rurales ou semi-rurales de se maintenir en attendant un développement économique ciblé » souligne Eve-Lyne Couturier.

À la demande du Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, l’IRIS s’est également penché sur la proposition qu’il avait amenée d’un Régime intégré de soutien au revenu (RISR) qui avait été évalué par le Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques économiques et l’emploi (CIRPÉE). L’IRIS souligne d’importantes failles dans cette évaluation.

« Il semble que le CIRPÉE n’ait pas vraiment compris en quoi consistait la proposition de Régime intégré de soutien au revenu. Le gouvernement devrait en faire une analyse plus sérieuse, car elle comporterait de nombreux avantages, surtout si on la compare aux modifications que celui-ci souhaite apporter en ce moment à l’aide sociale. Le RISR permettrait entre autre d’éviter la trappe de la pauvreté, c’est-à-dire que les prestations d’aide sociale sont coupées d’autant pour chaque dollar gagné au-dessus de 200$. Il pourrait ainsi faciliter la transition hors de l’aide sociale », rappelle la chercheure de l’IRIS.

La brochure Revenu minimum garanti : trois études de cas est disponible gratuitement sur : www.iris-recherche.qc.ca.

|Elle mériterait une analyse gouvernementale approfondie
4515|4599|Accueil_Actualités|La social-démocrate Pauline Marois !|2013-04-26 06:50:15|Jean-Simon Carrier|

Ce titre vous surprendra sûrement. En effet, en regardant le Parti Québécois (PQ) gouverner, on ne peut pas vraiment le qualifier de social-démocrate. Pourtant, pendant la dernière campagne électorale, ce parti promettait plusieurs mesures progressistes. Qu’est-il arrivé depuis l’élection ? Toutes ces belles mesures sont soudainement disparues, pourquoi ? C’est simple, le PQ est minoritaire mais il faut aussi prendre en ligne de compte les différents lobbys auxquels le gouvernement fait face. En voici quelques exemples.

Premièrement, la dernière crise économique a amené l’ancien gouvernement à enregistrer des déficits pour en amenuiser les effets. Celui-ci a promis un retour à l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Le PQ fait le même pari. Par contre, il semble difficile de l’atteindre.

Avec toutes les compressions que les ministères doivent faire, il est clair qu’à l’arrivée, les services publics seront différents. Pauline Marois s’en rend compte. Elle a même décidé de sonder le terrain pour voir s’il serait possible de repousser l’échéance de ce pari.

Quel malheur, immédiatement les différents représentants du patronat et de la droite se sont outrés. Le résultat : la pression est revenue aussi forte et elle a décidé de réaffirmer l’importance d’atteindre l’équilibre en 2013-2014.

Ce pari est dangereux. En éducation, par exemple, les Commissions scolaires font face à des compressions hors-normes. Il leurs est maintenant impossible de couper sans toucher directement le service aux élèves. Pire encore, elles devront probablement augmenter la taxe scolaire de façon démesurée. Cette augmentation aurait pu être graduelle. Le Parti Libéral du Québec (PLQ) s’y opposait.

Mais là, en l’absence de marge de manœuvre, tous les propriétaires auront une mauvaise surprise à la réception de leur prochain compte de taxe scolaire. Les Commissions scolaires en sont même à tenter de faire des économies non-structurelles pour ne pas faire de déficit.

Pour revenir à Pauline Marois et ses tentatives de social-démocratie. Au lendemain de son élection, son gouvernement a tenté de mettre en œuvre une de ses promesses électorales : l’abolition de la taxe santé.

Évidemment, dans l’optique du retour à l’équilibre budgétaire, il fallait trouver de l’argent neuf dans la colonne des revenus. Ils ont donc proposé d’ajouter des paliers d’imposition pour les citoyens à plus haut revenu. En plus d’augmenter l’impôt sur le gain en capital.

Encore une fois, le patronat et la droite se sont outrés amenant le même résultat. Au lieu d’abolir la taxe santé, on l’a rendu plus progressive mais on touche encore à la classe moyenne. Où était le problème ? Entre 2000 et 2010, les impôts de l’ensemble de la population ont diminué. Il faut éventuellement se demander s’il y a de l’espace pour que l’on joue dans la colonne des revenus. Mais ce n’est évidemment pas dans les cartes de la droite, qui tient à un État moins interventionniste.

Ces exemples démontrent clairement la volonté du gouvernement Marois de mettre en place des mesures plus sociales-démocrates. Par contre, à chaque fois, les tenants de la droite et du libre-marché sont venus contrecarrer les désirs du gouvernement. Ces mesures auraient donné du répit aux différents services publics en amoindrissant les compressions.

On taxe le PQ d’improviser, moi je vous dirai que ce gouvernement écoute trop certains acteurs de la société civile représentant une minorité. Et bizarrement, ces temps-ci, le débat tourne plutôt autour de la trop grande puissance des syndicats ! Peut-on présumer que le taux d’insatisfaction actuel serait moins élevé si la première ministre avait tenu ses positions ?

|Ce gouvernement écoute trop certains acteurs de la société civile
4516|4600|Accueil_Actualités|Fin des poursuites contre Écosociété et les auteur-e-s de Noir Canada|2013-04-26 06:52:05|L’aut’journal|

Montréal, le 25 avril 2013  – Les Éditions Écosociété annoncent la signature d’une entente hors-cour avec la minière Banro Corporation et les auteur.es du livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, afin de clore une lutte judiciaire qui aura duré cinq ans. Banro poursuivait depuis juin 2008 pour 5 millions $ les artisans de Noir Canada pour « diffamation ». 

Dans le cadre d’un règlement hors cour avec la minière Barrick Gold, laquelle avait intentée des poursuites au même motif en avril 2008 pour 6 millions $, Écosociété avait dû en décembre 2011 cesser la commercialisation de Noir Canada. La maison d’édition n’a néanmoins jamais cessé de se consacrer entièrement à son travail d’éditeur indépendant, publiant notamment SLAPP. Bâillonnement et répression judiciaire du discours politique de Normand Landry et persistant à participer au débat public sur l’enjeu des sociétés minières à l’étranger avec Paradis sous terre, Comment le Canada est devenu la plaque tournante de l’industrie minière mondiale d’Alain Deneault et William Sacher. 

Par son analyse du rôle des sociétés canadiennes en Afrique, Noir Canada aura permis d'ouvrir un débat nécessaire sur ce paradis judiciaire pour les entreprises minières mondiales qu'est le Canada. Il aura en outre fait réaliser aux Canadien·ne·s que leur épargne se trouve investie dans ces activités souvent controversées. Les Éditions Écosociété restent convaincues que l'ouvrage Noir Canada méritait d'être publié. Noir Canada réclame une commission d'enquête indépendante qui ferait la lumière sur les nombreux cas d'abus qui auraient été commis en Afrique, selon une documentation internationale abondante et crédible. Écosociété et les auteur.es de Noir Canada continuent de réclamer la tenue d'une telle enquête.

Ces cinq années auront surtout été l’occasion de mener une lutte collective en faveur de la liberté d'expression, la liberté de publier et le droit à l'information, durant lesquelles Écosociété et les auteur.es de Noir Canada ont reçu le soutien de milliers de citoyen.nes, de centaines de professeur.es d'universités, de dizaines de juristes, de nombreux auteur.es, éditeurs et intellectuel.les, ainsi que de multiples organisations et personnalités publiques. Nous en profitons pour remercier ici toutes les personnes et organismes qui nous ont soutenus depuis le début de cette affaire et sans qui nous ne serions plus là aujourd’hui.

Les démarches d'Écosociété et de ses collaborateurs auront notamment contribué à l'adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l'utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d'expression et la participation des citoyens au débat public, seule législation du genre en vigueur au Canada.

Sur la base de ces nouvelles dispositions, l’honorable juge Beaugé a estimé dans une décision rendue le 12 août 2011 que le « comportement procédural en apparence si immodéré » de Barrick Gold, et notamment la « réclamation exorbitante et disproportionnée » d’un montant de 6 millions $ en dommages et intérêts, présentait une « apparence d’abus », tandis que Barrick semblait « chercher à intimider les auteurs ». Elle avait également ordonné à Barrick Gold de verser un peu plus de 143 000$ à ces derniers.

Cette modeste victoire constituait toutefois une bien mince consolation pour les défendeurs, toujours empêtrés dans des procédures juridiques menaçant de s’étendre sur des années, et consternés de constater à quel point la « justice » demeurait sourde aux véritables enjeux soulevés par le livre Noir Canada au-delà de la seule question de la « réputation » de multinationales. 

Si les litiges opposant les défendeurs aux minières Banro et Barrick Gold sont maintenant derrière eux, il s'entend qu'un débat urgent doit avoir lieu aujourd'hui sur l’absence d’immunité des citoyen·ne·s participant au débat public, sur l'accès à la justice et les coûts faramineux qu'elle engage.

|Après cinq années de procédures judiciaires, Écosociété règle hors-cour avec Banro
4517|4601|authebdo|authebdo -26 avril 2013|2013-04-26 08:15:22|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


PREMIER MAI

L’état du syndicalisme québécois
Les chefs syndicaux prennent la parole
par Maude Messier


COUPS DE GUEULE

Le NPD retire le mot socialisme par opportunisme
Au lieu d’occuper l’espace à gauche, le NPD préfère venir jouer avec les deux autres partis fédéraux à droite sur la patinoire
par Léo-Paul Lauzon

PKP à la tête d’Hydro-Québec, le PQ poursuit sa dérive à droite !
Je me permets cette analyse, à travers mes lunettes de représentant syndical chez Hydro-Québec
par Réjean Porlier


LANGUE

L’anglais au primaire : Pauline Marois à la remorque de Stéphane Dion
Le bilinguisme précoce, non pas comme choix personnel, mais comme projet de société. Décidé en catimini. Sans débat public
par Charles Castonguay

Le projet de loi 14 et les conditions de la CAQ
Comment la CAQ peut-elle qualifier certaines mesures de « coercitives » et de « punitives »?
par Impératif français


MOUVEMENT SYNDICAL

Brèves syndicales
Grève des employés de «fast food» ; « Nettoyons Montréal »; Concessionnaires du Saguenay : Front commun syndical; Mises à pied chez TC Media; Manifestation à Concordia; Grève à la Régie des alcools en Ontario?; Fin de la grève à la SAAQ
par Maude Messier


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

Phase II des États généraux sur la souveraineté
Vers une grande coalition de la société civile pour l’indépendance nationale
par Gilbert Paquette


POLITIQUE CANADIENNE

La confiscation des épargnes des citoyens pour « sauver les banques »
Le projet diabolique de « recapitalisation » bancaire
par Michel Chossudovsky

Cour suprême : le scandale des juges unilingues
Plaider par traducteur et interprète devant un Léviathan unilingue
par Christian Néron


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Mettons fin à l'obsession du déficit zéro
La logique de l’austérité à tout prix commence à friser l’absurde
par Louise Chabot

La social-démocrate Pauline Marois !
Ce gouvernement écoute trop certains acteurs de la société civile
par Jean-Simon Carrier


ÉCONOMIE

Paradis fiscaux : 200 à 300 milliards en moins en rentrées fiscales
La plupart des banques ont des filiales paradisiaques
par Gabriel Ste-Marie


POLITIQUE SOCIALE

Revenu minimum garanti : une avenue intéressante
Elle mériterait une analyse gouvernementale approfondie
par IRIS


ENVIRONNEMENT

Sept-Îles : référendum consultatif sur le projet Mine Arnaud
Dépôt officiel d’une pétition de 5 000 noms


MÉDIAS

Fin des poursuites contre Écosociété et les auteur-e-s de Noir Canada
Après cinq années de procédures judiciaires, Écosociété règle hors-cour avec Banro


Visitez notre site

www.lautjournal.info

VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don |
4518|4602|Manchettes Politique_Canada|Le système bancaire canadien contre le Québec|2013-04-29 08:07:38|Pierre Dubuc|

Dans un récent article, l’économiste Michel Chossudovsky démontre que le gouvernement fédéral pourrait, dans l’éventualité d’une grave crise économique et bancaire, confisquer les épargnes des citoyens, comme cela s’est produit à Chypre. Il tire ses informations d’un document publié dernièrement par le ministre fédéral des Finances et intitulé le Plan d’action économique 2013. Emplois, croissance et prospérité à long terme.

Mais, selon le professeur Chossudovsky, un scénario plus probable, en cas de crise, serait que les cinq grandes banques à charte canadiennes (Banque Royale, TD Canada Trust, Banque Scotia, Banque de Montréal et la CIBC) consolident leurs positions aux dépens de banques et d’institutions financières de moindre envergure de niveau provincial, comme les Caisses populaires Desjardins au Québec.

Une telle discrimination dans le système bancaire à l’égard du Québec ne serait pas nouvelle. En fait, tout le système bancaire canadien a été construit historiquement avec la perspective de tenir à l’écart les francophones.

C’est la thèse que soutient le chercheur américain Charles W. Calomiris dans sa présentation devant la Réserve fédérale d’Atlanta le 9 avril 2013. Dans son texte, intitulé The Political Foundations of Scarce and Unstable Credit , le professeur de la Columbia University compare le développement historique des systèmes bancaires américain et canadien.


Crises bancaires aux États-Unis, stabilité au Canada

Charles W. Calomiris part du constat que les États-Unis font partie d’une liste de 19 pays qui ont connu, au cours de l’histoire, au moins deux crises bancaires majeures, alors que le Canada s’inscrit dans le groupe des « Happy Six », c’est-à-dire les six pays dont le système bancaire a fait preuve d’une grande stabilité à travers les crises.

Cette différence ne s’explique pas, selon le professeur Calomiris, par les particularités proprement bancaires des deux systèmes, mais par leurs origines politiques. Les caractéristiques du système bancaire et la disponibilité du crédit ont été déterminées historiquement par les coalitions au pouvoir dans les deux pays.

Aux États-Unis, un système bancaire très décentralisé est le produit de la Révolution américaine. Au Canada, un système bancaire très centralisé résulte des efforts des marchands du Canada-Uni et du gouvernement britannique pour priver les francophones et le Québec d’une quelconque influence sur les institutions bancaires.


Aux États-Unis, oligarchie vs démocratie

La première banque américaine, la First Bank of the United States, est fondée en 1791 par Alexander Hamilton. Cette banque à charte avait des succursales dans huit des principales villes du pays. Mais elle entrait en concurrence avec les pouvoirs des États constitutifs des États-Unis et les banques locales. Ces dernières réussirent à bloquer le renouvellement de sa charte en 1811.

Au cours de cette première période de l’histoire bancaire américaine, la First Bank, représentant les intérêts de membres du Federalist Party et d’un groupe de financiers, fournit le capital pour les premières étapes du développement agricole, commercial et industriel du pays.

Cependant, dès le milieu du XVIIIe siècle, les petits fermiers commencent à contester les grands propriétaires terriens qui dominaient, dans chaque État, les assemblées électives. Inspirés par les idéaux de liberté et d’égalité, ces fermiers mobilisés et armés pour lutter contre les Britanniques exigent une plus grande démocratie, y compris dans le système bancaire.


L’alliance entre les banquiers locaux et les populistes agrariens

Dans chaque État sont alors mises sur pied de petites banques, sans succursales, qui constituent autant de monopoles locaux.

Rapidement, elles prolifèrent, protégées par le Xe amendement de la Constitution des États-Unis qui stipule que tous les pouvoirs résiduels, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas explicitement délégués au pouvoir central ou explicitement niés aux États, relèvent de ces derniers.

Pour contrôler les banques, les États les obligent à renouveler périodiquement leur charte. En plus de les taxer, les gouvernements de ces États les forcent à détenir une partie de leurs dettes. Autour des années 1810-1830, les dividendes et les taxes provenant des banques représentent jusqu’à un tiers des revenus totaux des États.

Ceux-ci ont donc intérêt à interdire les succursales interétatiques et le président Andrew Jackson adopte leur point de vue lorsqu’il oppose son véto en 1832, au renouvellement de la charte de la Second Bank of the United States, créée en 1816 sur le modèle de la First Bank.

Cette décision marque, selon Charles W. Calomiris, la fin de la « période de copinage » entre le gouvernement central et une certaine élite financière et la consécration de la domination d’une alliance politique entre les banquiers locaux et les populistes agrariens.


Les banques locales détrônées par les mégabanques

Au cours de la guerre civile, le gouvernement fédéral américain crée un certain nombre de banques à charte pour satisfaire ses besoins financiers, mais sans remettre en question l’équilibre politique émanant de la coalition des banquiers locaux et des populistes.

Cette coalition résiste même à la Grande Dépression même si l’impossibilité de transférer des fonds d’un État à un autre rend ces banques locales extrêmement vulnérables aux aléas économiques. Une sécheresse dans un État peut conduire les banques locales à la faillite.

Ce n’est qu’au cours des années 1960 que le système se disloquera. Les déposants retirent leur argent pour le déposer dans des fonds mutuels et les innovations technologiques contribuent à miner le système en permettant d’en contourner les restrictions.

Au cours des années 1980, apparaissent des banques à charte avec un réseau de succursales et le marché bancaire s’ouvre complètement à la concurrence. En permettant les fusions et les acquisitions, le Riegle-Neal Interstate Banking et Branching Efficiency Act de 1994 crée les mégabanques actuelles avec des succursales dans chaque ville et village.

Leur taille ne les empêche cependant pas de se retrouver sur le bord du précipice, comme nous l’avons vu dans la crise des « subprimes » et de n’être sauvées de la faillite que par l’intervention massive du gouvernement central. Mais c’est là une autre histoire.


Au Canada, le modèle oligarque
contre les francophones

Charles W. Calomiris souligne que la première banque canadienne, la Bank of Montreal, a été créée sur le modèle de la First Bank américaine. Selon lui, les marchands anglais de Montréal avaient beaucoup en commun avec les marchands américains, mais ils ne pouvaient revendiquer l’indépendance face à la Grande-Bretagne, car cela aurait signifié remettre le pouvoir aux francophones.

Ils devaient également empêcher les francophones de se joindre aux États-Unis ou encore d’appuyer une invasion américaine.

La Rébellion de 1837 les force à trouver une formule qui leur accorderait plus d’autonomie à l’égard de la Grande-Bretagne, tout en limitant au maximum le pouvoir politique de la majorité francophone.

Charles W. Calomiris s’émerveille devant les politiques adoptées pour atteindre ce double objectif. C’est d’abord l’Acte d’Union de 1840 qui crée la United Province of Canada, où le Haut-Canada détient le même nombre de sièges que le Bas-Canada, dont la population est pourtant supérieure.

Le BNA Act de 1867 accentue la marginalisation des francophones, le Québec n’étant plus qu’une province sur quatre. Le professeur Calomiris s’extasie lorsque, selon son expression, « les derniers clous dans le cercueil des francophones » sont plantés avec l’addition de trois autres provinces avec chacune une population quasi-inexistante : le Manitoba (1870), la Colombie-Britannique (1871) et l’île-du-Prince-Édouard (1873). Le Québec ne représente plus qu’une province sur sept!


La vraie nature du fédéralisme canadien

Au point de vue constitutionnel, le Canada se dote d’une structure fédérale où, contrairement aux États-Unis, les principaux pouvoirs économiques et les pouvoirs résiduels relèvent du gouvernement central. C’est le cas du système bancaire.

Pour contrer une éventuelle « contestation populiste », le BNA Act octroie au gouvernement central un droit de désaveu des lois provinciales. D’autres verrous sont mis en place, dont un Sénat non électif. Ses membres doivent posséder une propriété d’une valeur de 4 000 $, une somme importante pour l’époque, pour avoir droit d’y siéger. Ils sont en théorie nommés par les lieutenants-gouverneurs des provinces, mais les nominations requièrent l’approbation du la monarchie britannique soit, dans les faits, celle du premier ministre du Canada.


Les populistes déboutés

Il y a, malgré tout, quelques contestations populistes de la coalition des marchands et des financiers au pouvoir à Ottawa, mais elles se butent aux institutions mises en place pour les contrer.

En 1911, des déposants perdent leurs avoirs lors de faillites de banques dans l’Ouest du pays. Ils réussissent à faire élire un certain nombre de députés conservateurs leur promettant des compensations pour leurs pertes. Ils exigent également des modifications à l’Acte des banques.

Une commission royale d’enquête est mise sur pied, mais elle impute les pertes des déposants aux administrateurs des banques plutôt qu’au Conseil du Trésor. Le projet de réforme est repoussé jusqu’en 1913 et vidé de son contenu. Une autre tentative est tablettée pendant six mois par le Sénat.

En 1923, la Home Bank fait faillite. Deux ans plus tard, en 1925, la Chambre des communes accepte d’indemniser en partie les déposants. Mais le Sénat bloque le projet de loi.

En 1935, les créditistes sont portés au pouvoir en Alberta. Ils adoptent des lois accordant le paiement de « dividendes sociaux » à tous les citoyens et l’établissement d’un contrôle des prix basé sur la notion de « juste prix ». Mais le gouvernement fédéral utilise ses pouvoirs constitutionnels pour annuler la plupart des législations adoptées par la législature albertaine.


La menace « populiste » nationaliste québécoise

L’étude du professeur Charles W. Calomiris n’englobe pas l’époque récente au Canada. Mais la montée du mouvement souverainiste, depuis le début des années 1960, pourrait être qualifiée de « populiste », selon sa grille d’analyse.

Il y verrait une alliance entre une élite politique nationaliste et des institutions comme le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale, qui se sont développés historiquement aux marges du système bancaire canadien.

À ces deux institutions s’est ajoutée la Caisse de dépôt et placement, créée à la faveur d’une crise au sein de l’élite politique canadienne, qui s’exprimait par la présence d’un gouvernement minoritaire à Ottawa, dirigé par Lester B. Pearson.

Par la suite, d’autres institutions financières québécoises ont vu le jour, comme le Fonds de solidarité et le Fondaction. L’ensemble de ces institutions a formé le cœur du Québec Inc. financier.

La Banque Nationale est la banque des PME. Le Mouvement Desjardins détient la moitié de tous les dépôts bancaires des particuliers au Québec et le Fonds de solidarité est la plus grande société de capital de risque au Canada.

Lors d’une conférence prononcée en 2008, à l’occasion de la prise de contrôle de la Bourse de Montréal par la Bourse de Toronto, l’ancien premier ministre Jacques Parizeau a décrit les traits marquants de ce Québec inc. financier.

« La caractéristique principale de notre système financier québécois était qu’il n’était pas achetable, pas vendable, et que les décisions étaient prises dans le cadre de la communauté québécoise », de déclarer alors l’ancien ministre des Finances.

« Cela ne découlait pas d’un plan prémédité à l’origine, enchaîne-t-il, mais ça l’est devenu au fur et à mesure que les morceaux du puzzle se sont mis en place. »

En plus des sociétés d’État, comme la Caisse de dépôt, les institutions importantes comme le Mouvement Desjardins, le Fonds de solidarité (FTQ) et le Fondaction (CSN) sont à l’abri des prises de contrôle étrangères de par leur statut juridique.


Des brèches

Mais le système n’est pas sans faille. Dans sa conférence, M. Parizeau a identifié une première brèche lorsqu’on a laissé aller vers Toronto, en 1999, les opérations simples de la Bourse de Montréal.

« C’était pour le moins imprudent, juge-t-il. Si ces opérations avaient été gérées à Toronto à l’époque où j’étais ministre des Finances, je n’aurais pu lancer le Régime d’épargne actions qui a tant contribué à transformer des PME en grandes entreprises québécoises. Les clauses qui limitaient le programme à des résidents du Québec ou à des entreprises ayant leur siège social au Québec auraient été jugées inadmissibles pour une bourse canadienne. En somme, pas de RÉA sans Bourse de Montréal ! », concluait-il.

Une deuxième brèche, plus importante, est survenue avec les modifications apportées à la Loi des banques. La règle des 10% a été abolie. Il y avait désormais trois catégories de banques. Une première regroupe les banques totalisant plus de 5 milliards d’actifs en avoirs propres. Les actionnaires pouvaient désormais détenir 20% des actions.

Une deuxième catégorie regroupe les banques ayant moins d’un milliard d’actifs en avoirs propres. Un seul actionnaire peut en prendre le contrôle. Au Québec, seule La Laurentienne se trouve dans cette catégorie, mais « personne n’en veut parce que c’est la seule banque syndiquée au Canada », de lancer en riant M. Parizeau.

Enfin, dans la troisième catégorie, se trouvent les banques avec des actifs de 1 à 5 milliards en avoirs propres. Un actionnaire pourra légalement posséder 65% de ses actions et en prendre le contrôle. On y retrouve une seule institution, la Banque Nationale, la banque des PME au Québec.

Pour Jacques Parizeau, il est clair que c’était là une invitation à ce que des intérêts étrangers en prennent le contrôle. « C’est tellement vrai que lorsque l’actif a dépassé les 5 milliards, Ottawa a changé la loi pour modifier le plafond et le faire passer à 8 milliards. »

À une question de l’auditoire, M. Parizeau a alors admis que la Banque Nationale a failli à deux reprises passer à des mains étrangères. Il a identifié un de ces acheteurs potentiels, la Société Générale française. « Si cela s’était produit, on aurait perdu la maîtrise d’un centre de contrôle majeur ».


De mal en pis


Depuis, la situation ne s’est pas améliorée. Au contraire. La Caisse de dépôt est passée sous le contrôle de Michael Sabia. Et, dernièrement, le gouvernement Harper vient d’éliminer les avantages consentis aux fonds des travailleurs.

Le portrait de l’offensive du secteur financier canadien pour mettre au pas les institutions financières québécoises, évoqué ici, est loin d’être complet et il mériterait d’être complété.

Mais nous voyons qu’il s’inscrit dans une perspective à long terme dont on retrace les origines à la naissance du Canada.

Comme le souligne le professeur Charles W. Calomiris, le Canada n’a pas connu de crise bancaire majeure au cours de son histoire, alors qu’on en dénombre 12 aux États-Unis. Cependant, si une telle crise survenait – dont les probabilités augmentent dans le contexte international extrêmement instable de la mondialisation – il est certain que le Big Five, les cinq principales banques canadiennes, pourrait compter sur la collaboration du gouvernement fédéral pour se recapitaliser à même les avoirs des institutions financières québécoises, comme l’évoque le document du ministère des Finances, dont parle Michel Chossudovsky.

|Une étude américaine décrit les circonstances historiques de sa genèse
4519|4603|Économie Manchettes|Paradis fiscaux : le voile doit être levé|2013-04-30 08:14:19|L’aut’journal|

Montréal, le 29 avril 2013 - Alors que la période de production des déclarations de revenu aux gouvernements provincial et fédéral tire à sa fin, le groupe Échec aux paradis fiscaux lance la campagne Levez le voile sur les paradis fiscaux !

L’organisation se joint ainsi au mouvement pancanadien lancé par l’organisme Canadiens pour une fiscalité équitable (Canadians for Tax Fairness) afin de réclamer des gouvernements canadien et québécois la publication d’estimations officielles des sommes qui échappent au trésor public à cause de l’utilisation des paradis fiscaux par les grandes entreprises et les contribuables fortunés d’ici.


Mesurer l’ampleur du problème pour forcer nos gouvernements à agir

Pour le porte-parole du groupe Échec aux paradis fiscaux, Claude Vaillancourt, il est grand temps que nos gouvernements cessent de faire l’autruche et publient des estimations officielles : « C’est seulement ainsi que nous pourrons mesurer l’ampleur du problème qu’entraîne l’utilisation des paradis fiscaux sur les revenus de nos gouvernements de même que son impact direct sur nos services publics. La classe moyenne et les travailleuses et travailleurs québécois ne peuvent porter seuls le poids du financement de nos écoles, de nos hôpitaux et de tous les autres services publics qui sont à la base de notre qualité de vie. Les grandes entreprises, les banques et les contribuables fortunés qui profitent des échappatoires fiscales doivent faire leur juste part et payer leur dû, comme nous tous ».


Combien d’impôts nous échappent ?

Selon Statistique Canada, en 2011, les Canadiennes et les Canadiens possédaient des actifs évalués à 140 milliards de dollars dans les six principaux paradis fiscaux, dont 53 milliards de dollars à la Barbade et 26 milliards de dollars aux Îles Caïmans.

Bien que l’utilisation des paradis fiscaux par les sociétés et les individus canadiens soit considérable, aucune estimation fiable de l’ampleur des pertes fiscales n’a été faite à ce jour. Combien d’impôts nous échappent ?

La population canadienne et québécoise a besoin d’estimations officielles pour connaître les impacts directs des paradis fiscaux sur les revenus des gouvernements. Les autorités fiscales du Royaume-Uni l’ont déjà fait. Au Canada, l’ancien directeur parlementaire du budget, monsieur Kevin Page, proposait tout récemment à l’Agence du Revenu du Canada (ARC) de réaliser une telle estimation. L’ARC n’a pas encore donné suite à cette demande...

« Faire la lumière sur la taille du problème incitera nos gouvernements à agir pour réfréner l’utilisation des paradis fiscaux, qu’elle soit légale ou illégale et à récupérer les revenus d’impôts perdus. Il faut agir maintenant parce que ce sont des sommes dont nous avons bien besoin pour soutenir nos services publics, mais aussi pour une simple question d’équité entre tous les citoyens » insiste le porte-parole du groupe Échec aux paradis fiscaux.


Faisons-nous entendre !

Dans le cadre de cette campagne, le groupe Échec aux paradis fiscaux invite la population à se rendre sur son site internet echecparadisfiscaux.ca, pour envoyer un message aux ministres des Finances du Québec et du Canada, Nicolas Marceau et Jim Flaherty, à la ministre du Revenu national ,Gail Shea, de même qu’à leurs députés.

En plus de cette campagne invitant la population à faire pression sur nos gouvernements, le groupe Échec aux paradis fiscaux poursuivra ses travaux afin de réclamer au cours des prochains mois de plus vigoureuses actions des gouvernements à l’encontre de l’utilisation des paradis fiscaux.

echecparadisfiscaux.ca


Profil du groupe Échec aux paradis fiscaux

Le groupe Échec aux paradis fiscaux est composé de plusieurs organisations syndicales, étudiantes et civiles qui s’intéressent aux finances publiques et qui partagent des valeurs d’équité et de justice sociale. Il est composé des organisations suivantes : Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ; ATTAC-Québec ; Centrale des syndicats démocratiques CSD ; Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ; Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ; Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ; Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ ; Secrétariat intersyndical des services publics SISP ; Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ; Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) ; Réseau pour la justice fiscale / Québec ; Union des consommateurs.

SOURCE Secrétariat intersyndical des services publics (SISP)


|Les gouvernements doivent publier des estimations officielles
4520|4604|Manchettes Culture|Empreintes, au théâtre de La Chapelle|2013-04-30 08:18:16|Julien Beauregard|

Du 23 avril au 4 mai au théâtre de La Chapelle
Une production du Théâtre à corps perdus
Mise en scène de Geneviève L. Blais
Avec Paule Baillargeon, Kathleen Aubert, Eugénie Beaudry, Victoria Diamond, Isabelle Guérard, Nico Lagarde et Estelle Richard.


Ces jours-ci, la parole théâtrale s’exerce sous le chapeau de la confidence au La Chapelle. Elle régit une expérience expiatrice qui donne à représenter ce qui, bien souvent, est confinée intérieurement : avorter.

Le terme est puissant. On n’en parle pas à la légère. Contrairement à ce que croient certains bornés idéologiques, cela ne se fait pas sans heurt. Ça laisse justement des empreintes.

Geneviève L. Blais s’est engagée à percer le secret de cette expérience intérieure en présentant sept voix sur les planches du La Chapelle, chacune porteuse de sa propre histoire.

L’une d’elles sort du lot tant par son discours que par son interprète. Cela ne m’a pas pris beaucoup de temps avant de reconnaître les mots d’Annie Ernaux dans la bouche de Paule Baillargeon.

Dans l’autofiction L’événement, l’auteur racontait sa propre interruption de grossesse. C’était dans les années soixante, dans un contexte où les choix offerts s’imposaient avec l’énergie du désespoir.

Elle est parvenue à entrer en contact avec une «faiseuse d’ange», un euphémisme de la fonction de ces femmes qui pratiquaient clandestinement des interruptions de grossesse.

C’est non pas sans avoir réfléchi à la tristement fameuse solution des aiguilles à tricoter.

Les six autres femmes qui partagent la scène avec Paule Baillargeon parlent d’une expérience plus actuelle où on n’y risque plus sa vie et où on n’est plus des parias de l’État.

La pièce traverse différents lieux communs qui font figure d’étapes dans le parcours de ces femmes qui feront toutes le choix de ne pas garder l’enfant qui croît en elles.

Cela commence avec, par incrédulité, des menstruations qui tardent à arriver et aux symptômes qui se manifestent. S’ensuit la relation difficile avec le père ou un autre membre de la famille.

Inévitablement, la femme se retrouve avec elle-même. Au moment où elles sont forcées d’admettre leur condition, elles entament une réflexion qui aborde, entre autres choses, le sujet de la fertilité, de la féminité et de la famille.

Le ton n’est pas exclusivement tragique. Il est parfois nuancé, mélancolique et même comique. Chacune s’exprime à sa façon. L’une d’elles, interprétée par Kathleen Aubert, a 16 ans et parle avec le langage qui correspond à sa réalité.

Il y a aussi Victoria Diamond, une danseuse professionnelle qui entretient un rapport approfondi avec son corps. Dans son cas, l’essentiel de son expérience passe par l’expression dynamique du corps.

Estelle Richard joue une intervenante qui œuvre auprès d’un organisme d’aide aux femmes enceintes qui les aide dans leur choix d’avoir ou non un enfant. Sa réflexion a posteriori lui aura fait comprendre qu’une bonne part de l’avortement ne traverse pas les frontières de la conscience.

Geneviève L. Blais a composé sa pièce à partir de témoignages vivants qu’elle a recueillis en plus de ses lectures de L’événement d’Annie Ernaux ainsi que d’Expulsion de Luis de Miranda et Hélène Delmotte.

Si nous n’avons pu avoir qu’un aperçu de l’accablement des femmes qui font le choix d’interrompre leur grossesse, la pièce nous aura ouvert les yeux sur leur mélancolie et le deuil qu’elles traversent inévitablement.

Le théâtre à corps perdus porte la voix de ces réalités qui sont parfois hors d’atteinte. Avec Empreintes, il fait œuvre utile de sensibiliser au phénomène de ces femmes qui cultivent la maternité dans un jardin secret.

|Une expérience expiatrice qui donne à représenter ce qui, bien souvent, est confinée intérieurement : avorter
4521|4605|Manchettes Mouvements_syndical|Virage dans les soins à domicile|2013-05-01 07:55:08|Maude Messier|

Le gouvernement du Québec déposera, ce mois-ci, un livre blanc sur le soutien à l’autonomie des personnes âgées. Un projet qui, bien qu’applaudi sur la forme, génère beaucoup d’inquiétudes sur le fond.

Jointe par l’aut’journal, la présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carolle Dubé, exprime ses craintes quant aux orientations du ministère de la Santé et des Services sociaux : « Si on se fie à ce que le ministre a déjà annoncé, nous ne voyons pas d’un bon œil l’ouverture manifestée quant à la dispensation de certains services par le secteur privé. Nous nous inquiétons aussi du financement ».

Mme Dubé réitère toutefois que l’APTS est entièrement favorable à ce que le réseau de la santé favorise davantage les soins à domicile. « Les professionnels le disent, les services à domicile permettront une meilleure accessibilité aux soins de santé et contribueront à désengorger le réseau. Ça répond aussi aux besoins exprimés par les personnes âgées qui souhaitent demeurer à la maison le plus longtemps possible. »

Or, encore faut-il que l’offre de services soit au rendez-vous, ce qui implique nécessairement l’embauche de personnel supplémentaire et, donc, l’injection d’argent neuf. Mme Dubé indique que le manque de personnel sur le terrain est déjà préoccupant et que, pour cette année, 400 postes d’intervenants sociaux n’ont pas été comblés.

« À l’heure où le réseau de la santé doit conjuguer avec des compressions importantes, nous trouvons inquiétant que le ministre parle beaucoup des économies à faire. Oui, il y aura des économies à plus long terme, mais il ne peut pas compter sur ces économies pour implanter une réforme des soins à domicile. Ça prend de l’argent neuf pour garantir des soins de qualité, sinon, c’est voué à l’échec. »

À cet égard, Carolle Dubé fait valoir que le gouvernement devrait se souvenir de l’expérience du virage ambulatoire des années 1990. « Les ressources promises ne se sont jamais concrétisées; il a fallu couper ailleurs. La prévention en a pris un coup et il y a eu d’importantes compressions dans les CLSC. »

En conférence de presse, la semaine dernière, une travailleuse sociale de la région de Lanaudière dénonçait, aux côtés de l’APTS, le manque de ressources à tous les niveaux : auxiliaires familiales, travailleurs sociaux, physiothérapeutes, ergothérapeutes, etc.

Concrètement, cela se traduit par le fait que les personnes âgées dont la situation n’est pas jugée urgente sont reléguées à la fin de la liste d’attente, qui peut s’éterniser sur plusieurs mois. Dans certains cas, pendant ce délai, leur situation s’aggrave et requiert ensuite une intervention d’urgence.

« On ne fait qu’éteindre des feux et gérer des urgences, finalement. On n’a pas une minute pour faire du préventif. On est que dans le lucratif. Si la personne avait été traitée plus tôt, on aurait pu prolonger son maintien à domicile », déplorait Valérie Lepage.

Sur la question de l’ouverture au secteur privé, Mme Dubé explique que le personnel de certains services professionnels, notamment la physiothérapie, l’ergothérapie, et les travailleurs sociaux fuient déjà vers le privé, accentuant d’autant plus la pénurie dans le réseau public. Elle insiste sur le fait que ces services doivent demeurer publics afin de garantir la meilleure accessibilité possible dans toutes les régions du Québec. « Et, au meilleur coût. Parce que la dispensation par le privé, c’est de l’argent public qui va dans les poches du secteur privé. Il n’y a pas d’économie à faire là. »


Économies, rentabilité et performance

Dans un contexte de compressions budgétaires, où les mots «rentabilité» et «performance» sont récités comme des mantras et que les projets d’optimisation dans les établissements de santé se multiplient, l’APTS estime que le terrain n’est pas propice à l’implantation d’une réforme d’une telle ampleur.

Rappelons que les contrats de services entre plusieurs CSSS et la firme de gestion conseil Proaction suscitent la grogne des organisations syndicales depuis plusieurs mois et que, conséquemment, les relations de travail sont difficiles. Les syndicats font valoir que le personnel est « pressurisé », « exténué » et « démotivé » par ce qu’ils qualifient de « travail à la chaîne » qui dénature l’action des intervenants du réseau de la santé : le contact humain.

Les méthodes de gestion de Proaction, axées sur les gains de productivité et la performance, suscitent de vives réactions du côté des organisations syndicales. « Nos appréhensions face à Proaction demeurent les mêmes. Nous pensons que le virage vers les soins à domicile ne doit pas être effectué comme ça. Nous avons interpellé le ministère. La seule réponse que nous avons, c’est que ces décisions relèvent des établissements de santé et que le ministère ne peut pas s’ingérer dans la gestion. On commence à penser que le gouvernement n’est peut-être pas vraiment contre ces projets d’optimisation finalement. »

Mardi, l’APTS a lancé une pétition parrainée par la député solidaire de Gouin, Françoise David, réclamant du gouvernement qu’il renonce aux projets d’optimisation. L’organisation syndicale demande également au gouvernement d’ordonner une enquête en bonne et due forme sur le processus d’attribution des contrats accordés à la firme Proaction.

À ce jour, les contrats octroyés par plusieurs établissements du réseau de la santé et des services sociaux à la firme Proaction totalisent au moins 15 millions $, selon les données compilées par l’APTS.


Perpétuer et encourager le ghetto féminin des services à domicile

L’APTS n’est pas la seule à s’inquiéter du modèle que semble favoriser le ministre de la Santé pour implanter la réforme des soins à domicile.

Dans une lettre publiée (http://www.ledevoir.com/societe/sante/376944/la-persistance-de-la-devalorisation-du-travail-des-femmes ) par Le Devoir ce mardi, Louise Boivin, professeure au département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais, déplore le fait que cette réforme s’appuiera « sur le travail sous-payé de milliers de femmes, ce qui nous fait reculer de près de 40 ans sur le plan de l’égalité entre les sexes ».

Mme Boivin soutient que le ministre Hébert mise juste quant à la nécessité d’étendre l’accès aux soins à domicile de longue durée dans un contexte de vieillissement de la population, mais que « cela nécessite toutefois une volonté politique d’accroître les ressources financières pour les services d’aide à domicile sans amputer d’autres services publics et d’assurer que les employés disposeront d’emplois décents. »

Elle fait valoir que les travailleuses des entreprises d’économie sociale et des agences privées, dispensant des soins à domicile, sont majoritairement des femmes, avec une grande proportion d’immigrantes et de femmes en provenance de minorités visibles. Elles gagnent la moitié du salaire des employés du secteur public, pour des tâches similaires, sans compter les avantages sociaux. Elles travaillent à temps partiel, dans la précarité, avec des horaires fragmentés.

« Les gouvernements qui se succèdent au Québec clament haut et fort le principe d’égalité entre les hommes et les femmes, mais leur conception des conditions de travail des femmes dispensant les services d’aide à domicile montre que, pour eux, ce principe ne s’applique pas à toutes les femmes. »

|Attention de ne pas rater la courbe, prévient l’APTS
4522|4606|Société Manchettes|L’aut’journal, au front pour une 30e année !|2013-05-01 08:04:17|Pierre Dubuc|

Aujourd’hui, Premier Mai, paraissait, en 1984, le premier numéro de l’aut’journal. À l’époque, nous justifiions sa création par la nécessité d’un point de vue indépendant face à la concentration de la presse.

Il y a avait alors trois grands groupes qui se partageaient la presque totalité de la presse écrite : Québecor, Power Corporation et Unimédia, propriétés respectivement des familles Péladeau, Desmarais et de Conrad Black.

Force est de constater aujourd’hui que la situation s’est grandement détériorée. Non seulement nous nous retrouvons avec seulement deux grands groupes dans la presse écrite, Québecor et Gesca de Power Corporation, mais ceux-ci sont devenus des empires encore plus puissants avec le phénomène de la convergence entre les médias électroniques (TV, Internet, etc.) et la presse écrite.



Le seul journal avec une journaliste attitrée aux affaires syndicales

À l’époque, les grands médias assignaient un journaliste au monde du travail et aux affaires syndicales. Ce n’est évidemment plus le cas aujourd’hui. Il y a des cahiers « affaires », « entreprises » et « business », mais aucun qui concerne le monde syndical.

L’aut’journal est le seul média au Québec avec une journaliste, à temps plein, attitrée spécifiquement aux questions syndicales. À chaque jour, Maude Messier surveille le développement des conflits, s’informe des nouvelles initiatives, et contacte les acteurs syndicaux, sur le terrain, pour des entrevues.

À chaque semaine, nous publions sur notre site Internet deux ou trois articles de Maude, dont ses « Brèves syndicales » à chaque vendredi.

Elle vient également de publier dans la collection « Les Carnets de l’aut’journal »,un carnet intitulé « La bannière antisyndicale ».


Au front avec l’aut’journal!

L’aut’journal est le seul journal à rendre compte de la vie au travail du monde ordinaire. Il est également le seul à proposer un point de vue de classe, le point de vue de la classe ouvrière, sur l’actualité.

Que ce soit sur les questions internationales ou nationales, ou sur des questions spécifiques comme la langue, la laïcité, l’environnement, la démocratie, l’indépendance nationale, l’aut’journal est au front!



Des moyens limités

L’aut’journal publie, à chaque mois, un mensuel papier avec un tirage de 20 000 exemplaires, dont environ 5 000 sont envoyés par la poste à nos abonnés individuels ou de groupes.

Les 15 000 autres exemplaires sont distribués gratuitement, au moyen de présentoirs, dans des organisations syndicales et des organismes populaires, des maisons de la culture et des bibliothèques, des cafés et des restaurants, à la grandeur du Québec.

Notre site Internet, avec ses mises à jour quotidiennes, est le site Internet progressiste le plus fréquenté au Québec avec plus de 7 000 visites par jour.

Tout cela avec des moyens extrêmement modestes et une gestion budgétaire extrêmement serré. En fait, notre budget annuel tourne autour de 200 000 $ par année.

Pour maintenir le cap, pour en faire plus, pour être toujours AU FRONT!, nous avons besoin de votre soutien financier.

Nous vous invitons donc à profiter de notre anniversaire pour exprimer votre soutien au développement d’une presse libre et indépendante en faisant un don à l’aut’journal.

Longue vie à l’aut’journal !

|Le 1er mai 1984 paraissait le premier numéro de l’aut’journal
4523|4607|Accueil_Actualités|Les centrales syndicales rencontrent la première ministre|2013-05-03 07:57:45|L’aut’journal|

Québec, le 1er mai 2013. - Reprenant la tradition, les chefs des trois principales centrales syndicales du Québec rencontrent aujourd’hui la première ministre du Québec à l’occasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses. Les leaders syndicaux, Michel Arsenault de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Louise Chabot de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et Jacques Létourneau de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en profiteront pour faire état des principales préoccupations des travailleurs et des travailleuses du Québec.

Ils affirment que le gouvernement du Québec doit agir sans délai auprès du gouvernement fédéral afin de contrer ses politiques néfastes dans les dossiers de l’assurance-emploi, des Fonds de travailleurs et du projet de loi C-377 portant sur l’obligation des organisations syndicales de fournir des informations financières. Une loi idéologique qui n’a qu’un objectif : aider les employeurs à lutter contre les organisations syndicales. Québec a aussi le devoir d’améliorer la rente de nos retraités et retraitées, et de protéger la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses. « Sur ces deux derniers volets, nous souhaitons que le gouvernement agisse avec diligence et présente des projets de loi porteurs pour les travailleuses et les travailleurs, syndiqués ou non. De plus, le projet de loi no 14, portant, entre autres, sur la francisation des petites entreprises doit prendre en compte les préoccupations des centrales syndicales. »

Par ailleurs, les chefs syndicaux invitent encore une fois le gouvernement du Québec à reporter sa course au déficit zéro. La situation économique mondiale étant toujours fragile et, de l’aveu même de la première ministre, les rentrées d’argent n’étant pas au rendez-vous, il serait prudent, voire sage, de reporter l’atteinte de cet objectif. À ce chapitre, Québec devrait s’empresser d’ouvrir le débat avec Ottawa, afin que ce dernier mette en place des mesures efficaces de lutte contre la fuite des capitaux dans les paradis fiscaux. Aucun gouvernement ne peut se permettre de se priver d’une telle source de revenus.

En plus de demander au gouvernement d’abandonner sa taxe santé qui pénalise les plus démunis, les représentants syndicaux ont abordé le dossier de l’aide sociale. Pour lutter efficacement contre la pauvreté, il est essentiel de créer des emplois de qualité dans toutes les régions avec des projets de développement économique et durable, par exemple l’électrification du transport en commun, sans oublier le développement de nos ressources naturelles en y intégrant notamment la deuxième et la troisième transformation. Les chefs syndicaux auraient souhaité une hausse plus substantielle du salaire minimum qui ne permet actuellement pas d’être au-delà du seuil de la pauvreté, le recours accru aux banques alimentaires en est une triste démonstration.

Ce gouvernement doit porter une attention particulière à l’éducation qui doit devenir une des priorités nationales et à la protection de notre système de santé.

« Enfin, cette rencontre du 1er mai avec la première ministre doit être plus qu’un exercice de relations publiques. Cela doit se traduire par des engagements concrets à l’endroit des travailleurs et des travailleuses du Québec », de conclure les leaders syndicaux.

|À l’occasion du Premier Mai
4524|4608|Accueil_Actualités|Le projet de loi 14 et l’incohérence du Parti libéral|2013-05-03 08:06:36|Impératif français|

Comment un parti qui, sous Robert Bourassa, en 1974, a fait du français la seule langue officielle  du Québec, et ce, avant même l'élection du Parti québécois à la tête du gouvernement, peut aujourd'hui, sous Philippe Couillard, refuser l'étude détaillée du projet de loi 14 pour moderniser et renforcer la Charte de la langue française vieille de 35 ans, si ce n'est pour répondre à un lobby électoral majoritairement anglophone?

Pour quelle raison le Parti libéral du Québec de 2013 est-il incapable de reconnaître le recul du français au Québec, très bien documenté notamment dans le monde du travail, si ce n'est par crainte de perdre des votes au sein de son électorat anglophone?

En 2010, l'ex-ministre, Christine Saint-Pierre, avait pourtant reconnu qu'il y avait péril en la demeure en déposant à l'Assemblée nationale le projet de loi 103, Loi modifiant la Charte de la langue française et d'autres dispositions législatives. Dans ce projet de loi qui fut relégué aux oubliettes, le Parti libéral proposait des mesures de renforcement de la Charte de la langue française en imposant l'adoption de politiques linguistiques pour les établissements d'enseignement collégial et universitaire, les organismes municipaux et les organismes de l'Administration. En outre, le Parti libéral était prêt à modifier la Charte des droits et libertés de la personne « pour y consacrer l'importance du français, la langue officielle du Québec ». Enfin, si dans le projet de loi 115 qui a remplacé le projet de loi 103 les mesures précédentes ont été abandonnées, celle relative à l'augmentation des montant des amendes pour les infractions à la Charte a été mise en place sûrement pour contrer la bilinguisation à outrance de la langue du commerce et des affaires.

Trois ans plus tard, renonçant à poursuivre ses propres initiatives inscrites dans le projet de loi 103 pour « assurer la pérennité du français au Québec », le Parti libéral a décidé de cesser toute réflexion et a plutôt choisi de s'opposer systématiquement au projet de loi 14. Ce même parti était pourtant prêt à insérer dans la Charte de la langue française que « le français est la langue officielle du Québec et qu'il constitue un élément fondamental de son patrimoine culturel et de sa cohésion sociale ».

Face à ce recul inadmissible, Impératif français lance un appel aux députées et députés libéraux pour les inviter à placer les intérêts supérieurs du Québec au-dessus de toute partisanerie et les enjoint de participer de bonne foi à l'étude détaillée du projet de loi 14. Si tel n'est pas le cas, il faudra, selon le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, se rendre à l'évidence et reconnaître que la position du Parti libéral actuel est « la plus anti-québécoise de l'histoire libérale du Québec ».

|Aux ordres d’un lobby électoral majoritairement anglophone
4525|4609|International Manchettes Mouvements_syndical|Répression syndicale en Colombie : deux syndicalistes témoignent|2013-05-03 08:07:56|Maude Messier|

8 homicides, 10 attentats, 34 cas de menaces sérieuses. C’est le bilan que dresse l’Union Sindical Obrera (USO), syndicat des travailleurs pétroliers en Colombie, pour l’année 2012 seulement.

Le syndicalisme a la vie dure en Colombie, qui arrive au premier rang des pays les plus dangereux pour les syndicalistes, tout spécialement dans les secteurs minier et pétrolier, où les entreprises canadiennes sont d’ailleurs pointées du doigt, violant impunément les droits fondamentaux des travailleurs et faisant fi des règles de protection environnementale.

Ce jeudi, deux dirigeants syndicaux de USO ont témoigné de leur situation, impliquant une compagnie canadienne, Pacific Rubiales Energy, devant une assemblée de délégués et de représentants du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, réunis à Montréal.

Rodolfo Vecino, président, et César E. Loza, secrétaire des relations internationales, amorcent une tournée pancanadienne d’information qui les mènera à la rencontre de différentes organisations syndicales et groupes sociaux. À Montréal, ils étaient accompagnés par Projet accompagnement solidarité Colombie (PASC), un collectif né en 2003 dans la foulée des mobilisations contre la Zone de Libre-Échange des Amériques.

Rodolfo Vecino s’est adressé à l’assemblée en soulignant que USO menait, depuis 90 ans, une lutte pour la défense des droits des travailleurs pétroliers et contre la privatisation de l’industrie du pétrole en sol colombien. Une lutte chèrement payée pour plusieurs : 108 dirigeants syndicaux assassinés, 4 autres en exil, sans compter le fait que quelque 500 militants et organisateurs ont dû déménager et « s’exiler de l’intérieur » pour protéger leur vie et celle de leur famille.

Mais, depuis deux ans, la situation a pris une tangente particulièrement inquiétante. Intimidation et discrimination riment désormais avec violence et répression armée. La situation a atteint un point culminant avec l’assassinat, le 11 décembre dernier, de Milton Enrique Rivas Parra, syndicaliste et ouvrier pour une entreprise sous-contractante de Pacific Rubiales Energy (PR).


La zone

Le département du Meta, dans la région de Puerta Gaian, est devenue, au fil des dernières années, une zone de haute intensité d’activité pétrolière. Environ 18 000 autochtones ont été déplacés de leurs territoires ancestraux pour permettre l’exploitation. Ils vivent désormais aux abords, confinés dans des réserves où les conditions de vie sont misérables.

Des travailleurs vivent aussi aux abords des installations, dans des habitations de misère. La ville de Puerta Gaian a été englobée par le «développement» de la région, désormais hautement sécurisée par l’armée, la police et les milices privées. 6 000 hommes armés veillent à la protection des installations des entreprises pétrolière.

La région est devenue particulièrement conflictuelle et les travailleurs doivent traverser cette zone pour se rendre au travail. C’est là que Milton Enrique Rivas Parra est décédé, dans la zone «sécurisée». USO a dû fermer ses bureaux dans la ville, en décembre dernier, la région étant devenue trop dangereuse.

Dans une entrevue accordée à l’aut’journal, Rodolfo Vecino explique que l’organisation syndicale a tenté d’accréditer 4 000 travailleurs de la région en juin 2011. « Tous ont été mis à pied depuis. Aujourd’hui, s’ils veulent travailler à nouveau dans l’industrie du pétrole, ils doivent renoncer à leurs droits syndicaux sur tout le territoire de la Colombie. »

C’est ainsi que ça se passe dans le Meta : les compagnies font la loi et l’ordre. « Un État dans l’État. C’est une véritable catastrophe politique, économique, sociale et environnementale. C’est presqu’un camp de travail forcé. Les salaires sont plus bas qu’ailleurs, les conditions de travail et de santé et de sécurité sont déplorables. Le droit d’association et la liberté d’expression n’existent pas. »

Environ 15 000 travailleurs s’y trouvent, employés par l’une ou l’autre des entreprises sous-contractantes des grandes pétrolières, dans des conditions précaires, orchestrées pour empêcher toute organisation ouvrière.

D’ailleurs, les représentants de USO n’ont pas accès à cette zone. Travailleurs et sous-traitants doivent présenter une carte stipulant qu’ils renoncent aux droits syndicaux sans quoi, impossible de circuler sur le territoire, affirment les deux syndicalistes.

« Un sénateur de la République a tenté d’aller visiter la zone, pour vérifier les informations qu’il avait reçues, mais les forces armées l’en ont empêché. Imaginez, alors, ce qui peut arriver à des représentants de l’USO, souligne Cesar E. Loza. Le rôle que joue l’entreprise canadienne est crucial puisqu’elle représente près de 40% de la production de pétrole brut en Colombie. Son influence sur les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs du pétrole est indéniable, de même que pour les conditions de vie des autochtones vivant sur les terres aux alentours de ses installations. »

Rodolfo Vecino soutient que les entreprises pétrolières présentes en Colombie se sont concertées pour empêcher USO d’organiser les travailleurs sur tout le territoire. Une répression syndicale qui se traduit notamment par une intensification des recours judiciaires contre les organisations syndicales et leurs représentants. 150 procès sont actuellement en cours contre USO ou ses dirigeants, selon M. Vecino.

Il faut aussi ajouter les procès disciplinaires, une forme d’inquisitions arbitraires menés par les entreprises, visant spécialement les organisateurs syndicaux. Les représentants d’USO sont impliqués dans quelque 1 500 procès de discipline pour diverses causes, toutes reliée à leurs activités syndicales, insiste Rodolfo Vecino.

« Par exemple, si un représentant s’adresse aux travailleurs et que la rencontre déborde de quelques minutes, ils intenteront un procès de discipline alléguant que le représentant a fait perdre du temps et de l’argent à l’entreprise. » Ces procès peuvent encourir le congédiement, ce qui décourage les travailleurs de s’impliquer syndicalement.

Il y a aussi les menaces, la peur et la répression armée envers les syndicalistes, désormais monnaie courante.

Cesar E. Loza fait valoir que la Canada est signataire d’un traité de libre-échange avec la Colombie, traité qui devait initialement contribuer à améliorer les conditions de travail des travailleurs. « C’est plutôt l’inverse, elles ont régressé depuis et, en partie, à cause d’entreprises canadiennes. »

Le PASC souligne que le Canada n’a pas de cadre règlementaire pour effectuer la surveillance des entreprises canadiennes en dehors de ses frontières. Comme dans le cas de PR, certaines agissent donc en toute impunité, profitant du contexte de violence déjà présent en Colombie.

Par ailleurs, le gouvernement canadien affirme être préoccupé par la question de la violation des droits humains en Colombie, mais soutient que le pays a tout de même fait des progrès. USO rétorque que les données de l’État colombien enregistrent effectivement une baisse des homicides et des délits contre des syndicalistes dans le secteur pétrolier, mais que cela est principalement dû au fait que le taux de présence syndicale est aussi en baisse et que ces statistiques ne reflètent en rien le climat sur place.


Au jugement populaire

Un tribunal populaire se tiendra le 13 juillet prochain, en Colombie, et Pacific Rubiales se retrouvera au banc des accusés. Une délégation canadienne doit s’y rendre, à l’initiative du PSAC.

« La solidarité internationale nous aide à différents niveaux, affirme Rodolfo Vecino. D’abord, il y a la question de la visibilité et de l’information sur la situation, à la fois au niveau national et international. C’est un autre aspect, mais il faut savoir qu’en Colombie, les pétrolières, via leurs dirigeants, sont d’importants actionnaires des différents groupes médiatiques. L’information est donc contrôlée. »

À son avis, la sensibilisation de la population à la cause des travailleurs colombiens dans les pays d’origine des entreprises multinationales joue aussi un rôle modérateur. Puis, il y a «l’accompagnement physique», à l’occasion d’activités telles que le tribunal populaire.

« L’État colombien réagit à la présence internationale. Donc, l’accompagnement physique permet de protéger les Colombiens qui prendront part à ces activités, parce que ça peut être périlleux de dénoncer publiquement les actions des pétrolières et ça permet aux gens de ramener chez eux leur expérience, ce qu’ils ont vu, entendu. »

|8 homicides, 10 attentats, 34 cas de menaces sérieuses pour l’année 2012 seulement
4526|4610|authebdo|L'aut'hebdo - 3 mai 2013|2013-05-03 12:25:23|L'aut'journal|Plus de 7 000 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


ÉDITO

L’aut’journal, au front pour une 30e année !
Le 1er mai 1984 paraissait le premier numéro de l’aut’journal
par Pierre Dubuc


PREMIER MAI

En souvenir d’August Spies, Chicago, Premier Mai 1886
Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous égorgez aujourd’hui.
par Nicolas Dagenais

Ma participation à la manif du Premier Mai
L’ambiance était plutôt bon enfant… jusqu’à ce que, sans crier gare, nous nous sommes retrouvés totalement pris en souricière!!
par Laurence Barthelemy

MOUVEMENT SYNDICAL

Une nouveauté syndicale : des chapitres communautaires
Pour organiser, entre autres, les travailleurs étrangers
par Sylvain Martin

Brèves syndicales
Secteur public : Les ouvriers spécialisés veulent la parité ; Sit-in à Radio-Canada contre la taxe santé; Premier Mai dans le monde; Radio-Canada : de diffuseur public à diffuseur d’État ; Nouvelle accréditation au port de Baie-Comeau; Salaire minimum : hausse insuffisante; Syndicats et sénateurs contre C-377
par Maude Messier

Virage dans les soins à domicile
Attention de ne pas rater la courbe, prévient l’APTS
par Maude Messier


INTERNATIONAL

Répression syndicale en Colombie : deux syndicalistes témoignent
8 homicides, 10 attentats, 34 cas de menaces sérieuses pour l’année 2012 seulement
par Maude Messier


HISTOIRE

Le système bancaire canadien contre le Québec
Une étude américaine décrit les circonstances historiques de sa genèse
par Pierre Dubuc


ÉCONOMIE

Paradis fiscaux : le voile doit être levé
Les gouvernements doivent publier des estimations officielles


ENVIRONNEMENT

Val-Jalbert, le PQ doit reculer
Le mini-barrages, les firmes de génie-conseil et la Commission Charbonneau
par René Boulanger


LANGUE

Le projet de loi 14 et l’incohérence du Parti libéral
Aux ordres d’un lobby électoral majoritairement anglophone
par Impératif français


MOUVEMENT SOUVERAINISTE

La Grande Paix de juillet 1864
Le Canada anglais a, sauf exception, sans cesse désavoué la théorie des deux nations
par Christian Néron


CULTURE

Empreintes, au théâtre de La Chapelle
Une expérience expiatrice qui donne à représenter ce qui, bien souvent, est confinée intérieurement : avorter
par Julien Beauregard


VIENT DE PARAÎTRE

L’édition du mois de mai de l’aut’journal
Sommaire

Un nouveau carnet de l’aut’journal
La bannière antisyndicale
Par Maude Messier

Visitez notre site

www.lautjournal.info

VOTRE SOUTIEN EST ESSENTIEL !

Chaque abonnement, chaque don permet de financer ce site Internet !

L'aut'journal dépend exclusivement sur le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs.

Cliquez ici pour vous abonner ou faire un don
|
4527|4611|Manchettes Mouvements_syndical|Brèves syndicales|2013-05-03 08:09:30|Maude Messier|

Secteur public : Les ouvriers spécialisés veulent la parité

Montréal – Ce mardi, quelque 200 ouvriers spécialisés du secteur public ont manifesté, réclamant des correctifs salariaux pour combler les écarts de salaires entre le secteur public et le secteur privé.

À titre d’exemple, un électricien gagne en moyenne 22 $ l'heure dans le secteur public, comparativement à 33 $ au privé. Menuisiers, machinistes et mécaniciens du secteur public accusent également un retard de 11 $ l'heure par rapport à leurs confrères du privé.

« Avec des salaires aussi bas, plus personne ne veut travailler dans le secteur public. Les directions doivent avoir recours à des sous-traitants, à des coûts faramineux. Il est urgent qu'on règle la question de la rémunération des ouvriers spécialisés : nous pourrons ainsi conserver l'expertise dans le réseau public et économiser des sommes importantes en cessant de faire constamment appel à des sous-traitants au moindre petit problème », ont déclaré les porte-parole des trois centrales syndicales, qui représentent toutes des ouvriers spécialisés dans la fonction publique.

Ensemble, elles réclament l’aboutissement des travaux visant à solutionner les problèmes de pénurie de main-d’œuvre dans le secteur, en cours depuis 2010.

Une rencontre du comité de travail se penchant sur la problématique de la rareté de la main-d’œuvre a eu lieu ce jeudi. Aucun commentaire n’avait été émis par les parties au moment d’écrire ces lignes.

***


Sit-in à Radio-Canada contre la taxe santé

Montréal – Lundi dernier, à la limite de l’échéance pour compéter les déclarations d’impôts, une cinquantaine de femmes ont occupé pendant 45 minutes l’entrée de Radio-Canada et manifesté à l’extérieur, réclamant l’abolition de la taxe santé. Elles affirment avoir choisi Radio-Canada, média public d’information, pour que leur discours soit entendu.

L’évènement était organisé par L’R des femmes, le regroupement provincial des centres de femmes au Québec. Elles dénoncent le fait que la taxe santé affecte particulièrement les femmes et les plus démunis de la société, en dépit de sa modulation par le gouvernement péquiste. Elles dénoncent le PQ qui avait pourtant promis son abolition en campagne électorale.

« Suite au travail des centres de femmes contre la taxe santé, le PQ a transformé cet enjeu en une promesse électorale qu’il n’a pas tenue, qu’il tente de camoufler et nous nous en souviendrons toujours! », a dénoncé Angèle Laroche, présidente de L’R des centres de femmes du Québec.

***

Premier Mai dans le monde

Les manifestations ont été nombreuses, ici comme ailleurs, à l’occasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses.

Pour un tour d’horizon en images des différentes manifestations dans le monde : ici.



***

Radio-Canada : De diffuseur public à diffuseur d’État 

Montréal / Toronto – La Guilde Canadienne des médias et le Syndicat des employés de bureau et professionnels de Radio-Canada (SCFP 675) ont dénoncé l’intrusion du gouvernement fédéral dans les relations de travail entre Radio-Canada et ses employés.

Déposé cette semaine par les conservateurs, le projet de loi C-60, qui touche par ailleurs d’autres sociétés d’État, stipule notamment que le mandat de négociation de Radio-Canada avec les syndicats pour le renouvellement des conventions collectives devra être approuvé par le Conseil du Trésor. L’intrusion gouvernementale ira même jusqu’à imposer la présence de fonctionnaires aux tables de négociation à titre d’observateurs.

Le projet de loi C-60 constitue un « tournant dangereux à prendre, selon Marc-Philippe Laurin, de la GCM. Le gouvernement conservateur est en train d’apporter des modifications à la Loi sur la radiodiffusion afin de s’ingérer dans des décisions comme la dotation en personnel qui ont d’importantes répercussions sur tout ce qui se fait à Radio-Canada. »

La présidente nationale de la GCM, Carmel Smyth, s’inquiète du fait que cette législation élimine la relation d’autonomie de Radio-Canada envers le gouvernement, principe fondamental de la radiodiffusion publique.

« La mesure va à l’encontre de 80 ans de radiodiffusion publique au Canada et dans le monde, en mettant en péril la relation d’autonomie entre Radio-Canada et le gouvernement en place. La modification est troublante parce qu’elle a toutes les caractéristiques d’une tentative de faire de Radio-Canada un diffuseur d’État. »

Même son de cloche au SCFP, où l’on estime qu’il s’agit d’une atteinte à la libre négociation. Jointe par l’aut’journal, la présidente du syndicat, Isabelle Doyon, a fait valoir que le dossier est présentement entre les mains d’avocats pour une analyse juridique.

Rappelons que d’autres intrusions par les conservateurs dans les relations de travail ont été vivement dénoncées par les organisations syndicales, notamment à Air Canada et à Postes Canada.

Le projet de loi C-60, parrainé par le ministre des Finances Jim Flaherty, a été déposé et lu pour la première fois le 29 avril.

***


Nouvelle accréditation au port de Baie-Comeau

Baie-Comeau – Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) a déposé, en début de semaine, une requête en accréditation syndicale auprès du Conseil canadien des relations industrielles visant les 80 débardeurs du port de Baie-Comeau.

Au SCFP, on indique que le développement économique des régions nordiques, avec le Plan Nord, a suscité l’apparition de nouveaux ports privés sur la Côte-Nord, avec des conditions de travail moins intéressantes pour ces débardeurs, selon le conseiller syndical Mathieu Dumont. « On espère influencer leur sort aussi. »

« Ensemble, nous sommes mieux positionnés pour défendre nos conditions de travail, échanger sur nos façons de faire et partager les dossiers en santé et sécurité, une question majeure dans notre secteur », a indiqué Mario Lamy, porte-parole de l’Alliance des débardeurs du Saint-Laurent.

Rappelons qu’un débardeur a perdu la vie, en janvier dernier, à la suite d’un accident de travail au port de Matane. Normand Gauthier, 54 ans, s’afférait au chargement de ballots de pâte à l'aide d'une grue au moment du drame.

Il s’agissait du deuxième décès en moins de trois ans à survenir dans des circonstances similaires sur ce même lieu.

***


Salaire minimum : hausse insuffisante

Montréal – En ce 1er mai, le salaire minimum au Québec est passé à 10,15 $ de l’heure, soit 10 $ de plus hebdomadairement pour une personne travaillant 40 heures par semaine. Une hausse nettement insuffisante, dénonce le Front de défense des non-syndiqué-es (FDNS).

« Le salaire minimum est le dernier rempart pour freiner les effets de la réforme de l'assurance-emploi, pour atténuer l'appauvrissement des travailleuses et des travailleurs et pour contrer le pouvoir qu'auront les employeurs de niveler les salaires vers le bas », selon Mélanie Gauvin, porte-parole du FDNS.

Afin permettre un niveau de vie décent, l’organisme estime que le taux général du salaire minimum devrait déjà atteindre 11,37 $ en ce 1er mai 2013, garantissant ainsi qu'une personne travaillant 40 heures par semaine au Québec puisse bénéficier au minimum d’un revenu de travail équivalant au seuil de faible revenu, tel que défini par Statistiques Canada.

« Madame la Ministre, 90 % des personnes rémunérées au salaire minimum ne sont pas syndiquées. Elles n'ont pas de rapport de force face à leur employeur et elles sont également victimes d'une réforme que vous avez dénoncée à l'unanimité à l'Assemblée nationale [assurance-emploi]. Ces personnes dépendent essentiellement du gouvernement pour voir leur situation s'améliorer et comptent sur vous pour leur garantir un niveau de vie décent ! », conclut Mme Gauvin.

***


Syndicats et sénateurs contre C-377

Ottawa – C-377, le projet de loi des conservateurs sur la «transparence» de organisations syndicales est actuellement à l’étude au Sénat. Si son adoption ne fait pas vraiment de doute, toujours est-il qu’un certain nombre de sénateurs se sont publiquement affichés contre.

Mardi, des organisations syndicales, dont le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), ont rencontré des membres du Sénat canadien pour échanger sur les problèmes que pose C-377 sur le plan constitutionnel, sur les coûts qu’engendrerait son application et, bien entendu, sur l’atteinte aux droits des personnes syndiquées.

À l’occasion de la conférence de presse qui a suivi, la sénatrice Mme Céline Hervieux-Payette a déclaré que C-377 « vise à tenir les syndicats à l'écart, à les museler et à les ensevelir sous les formalités administratives de manière à ce qu'ils ne puissent plus effectuer le travail qu'ils font au nom de leurs membres. Ce projet de loi est conçu pour imposer une reddition de comptes si lourde et intrusive que les gens y penseront à deux fois avant de travailler pour les syndicats ou de faire affaire avec eux. »

Le président du SPGQ s’est dit satisfait de la rencontre et souhaite maintenant que le gouvernement du Québec « annonce clairement son intention de tout mettre en œuvre pour empêcher la loi d’être opérante, et ce, dès son adoption, si les conservateurs persistent en ce sens. »

|Secteur public : Les ouvriers spécialisés veulent la parité ; Sit-in à Radio-Canada contre la taxe santé; Premier Mai dans le monde; Radio-Canada : de diffuseur public à diffuseur d’État ; Nouvelle accréditation au port de Baie-Comeau; Salaire minimum : hausse insuffisante; Syndicats et sénateurs contre C-377
4528|4612|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|La Grande Paix de juillet 1864|2013-05-03 13:14:29|Christian Néron|

Membre du Barreau du Québec, constitutionnaliste, historien du droit et des institutions.

Le Canada anglais a, sauf exception, sans cesse désavoué la théorie des deux nations. Elle ne serait fondée sur aucun texte politique, légal ou constitutionnel. Il s’agirait tout au plus d’une autre invention de nationalistes canadiens [français] pour promouvoir le bilinguisme et le biculturalisme au Canada.

À première vue, les négationnistes semblent avoir raison puisqu’il ne se trouve, de l’époque de la Confédération, aucun titre, aucun document explicite qui soutienne cette théorie. Et, à l’occasion de la Conférence de Québec, tenue en octobre 1864, aucune déclaration officielle ou publique des Pères fondateurs n’est venue attester que le projet de confédération fût l’œuvre de deux nations oeuvrant conjointement à l’établissement des fondements d’un nouveau pays. Plus encore, rares ont été les déclarations publiques où il a été question de «nation» ou de «nouvelle nationalité» pour le Canada.

En fait, il pouvait difficilement y avoir «deux» nations puisque les fils d’Anglais, d’Écossais, d’Irlandais protestants et d’Irlandais catholiques présents à la Conférence de Québec étaient encore loin de se considérer comme les membres d’une même nation. À prime abord, ces gens-là se voyaient surtout comme les héritiers de vieilles traditions où, pendant des siècles, tous les litiges dynastiques, frontaliers et autres trouvaient leur dénouement dans des affrontements violents et sanglants. Le seul point sur lequel ils étaient parvenus à se rapprocher était l’usage de l’anglais, langue commune. En conséquence, le simple fait de les amener à s’asseoir autour d’une table pour discuter civilement d’une solution politique à une question litigieuse était plutôt un succès.

Mais, dans la mesure où l’adhésion ou l’identification à une langue commune peut favoriser des discussions et des rapprochements, et nouer des liens de solidarité autour d’intérêts communs, il serait possible, en simplifiant la réalité, de parler de l’émergence d’une nation «linguistique», surtout dans un contexte politique où il y avait déjà, en face d’eux, une nation « historique », nation organisée, structurée et bien implantée, nation s’exprimant dans la langue officielle du pays depuis plus de deux siècles, c.-à-d. la langue française.

Quant aux autres causes de désaveu de la théorie des deux nations, on peut y discerner le résultat d’un oubli, de la disparition, de l’élimination de notre mémoire collective d’un évènement pourtant significatif de notre histoire constitutionnelle. Au fait, qui a déjà entendu parler du «Pacte de juillet 1864» ?

Au cours de ce mois-là, les hommes politiques qui venaient tout juste de former la Grande coalition de juin 1864 avaient discuté et convenu, à portes closes, des grands principes d’une nouvelle constitution pour le Canada. Malgré l’importance des enjeux alors en cause, ils n’ont toutefois laissé ni notes ni procès-verbaux sur le contenu de leurs engagements stratégiques et constitutionnels. L’étonnante discrétion des ministres, également, a fait en sorte que la presse de l’époque ne fut aucunement alertée de l’importance des pourparlers en cours. Ce que nous en savons tient surtout à des déductions, à de brèves allusions et à des déclarations implicites sur ce qui a alors été discuté et décidé par les «plénipotentiaires» des deux Canada.

Or, il se trouve que George Brown, ce réformiste bruyant et inquiétant du Haut-Canada, celui-là même qui, depuis une quinzaine d’années, avait pesté contre l’Union et galvanisé les esprits radicaux de sa province contre le Bas-Canada, nous en a fait part furtivement, mais clairement, à l’occasion de sa longue allocution en faveur de la confédération devant le Parlement du Canada-Uni le 8 février 1865. À un moment donné, il échappe une phrase qui ne laisse pas d’intriguer : «Et telle a été la loyauté irréprochable dont ont fait preuve, du début jusqu’à la fin, ceux [c.-à-d. les ministres de la coalition] qui ont mis à exécution le Pacte de juillet dernier [1864] …»1. Ainsi, on apprend tout-à-coup que les hommes politiques des deux Canada ont conclu un «pacte» et que George Brown, ce radical et enragé du Haut-Canada, se montre satisfait de ce qu’il a été loyalement exécuté. De quoi s’agit-il au juste ?

De quel pacte les ministres canadiens ont-ils convenu en juillet 1864 ? Pour s’en faire une idée, on n’a qu’à suivre attentivement l’allocution de Brown devant les parlementaires. Ainsi, on constate que pour lui le projet de confédération comprend deux aspects connexes, indissociables : soit celui du règlement des «maux et injustices» qui risquaient de jeter le Canada dans une guerre civile impitoyable; et celui des avantages et de l’organisation de la nouvelle constitution. En suivant le discours de Brown, nous nous attarderons au premier aspect soulevé, soit celui du règlement des «maux et injustices»2.

En examinant la structure de cette allocution, qui par ailleurs, a duré une journée entière, on constate que le contenu de la première partie est une sorte de compte-rendu des enjeux majeurs sur lesquels les ministres s’étaient entendus lors de ce mystérieux «Pacte de juillet 1864». À y regarder de près, on se rend compte que, à ce moment-là, les «deux nations» venaient, par la conclusion d’un «traité de paix», de décider de l’avenir de leur pays en jugulant le spectre d’une «terrible guerre civile» qui menaçait d’éclater.

D’entrée de jeu, Brown déclarait que le projet sous étude constituait un dénouement heureux à une lutte sans merci qui avait «absorbé la moitié de la durée d’une vie humaine3». Étonnement, on y apprend que les opprimés, les victimes, ceux qui avaient lutté courageusement depuis tant d’années pour obtenir justice, et justice seulement, étaient les Haut-Canadiens, les «descendants des conquérants», les «enfants des vainqueurs4», selon les expressions choisies par Brown pour illustrer sa vision sans équivoque d’un Canada résolument colonial.

Pour ce qui est de leurs oppresseurs, ceux qui depuis si longtemps leur causaient tant de «maux et d’injustices», Brown désignait nommément les Bas-Canadiens, les «descendants des conquis», les «enfants des vaincus». À de nombreuses reprises, il a eu recours à ces expressions qui ne laissaient aucune ambiguïté sur l’identité et le statut des deux groupes impliqués dans le pacte.

On y apprend aussi que les «maux et injustices» infligés aux «enfants des conquérants» étaient rendus tels, que leur désespoir était si profond qu’ils se sentaient désormais justifiés de recourir aux grands moyens, à des mesures extrêmes5, pour se libérer du joug de leurs oppresseurs6, pour rétablir, en somme, la justice à laquelle ils avaient droit. Compte tenu de ce que Brown avait claironné pendant des années dans son journal The Globe, à savoir que le sang finirait par couler si les Bas-Canadiens ne consentaient pas à réviser les termes de l’Union, il est facile de saisir à quoi il référait en parlant de la légitimité de recourir aux gra