Mon crédit d’impôt, j’y tiens !

2013/04/12 | Par Jean-Simon Carrier

L’auteur est enseignant au secondaire à St-Hyacinthe

Le Parti conservateur du Canada (PCC), dans son dernier budget, attaque le Québec sur un point. En effet l’abolition des crédits pour fonds de travailleurs touche à 88% des Québécois. Le fonds de solidarité de la FTQ fait partie de ces fonds de travailleurs. J’en suis un actionnaire et je suis complètement outré. Non seulement cette annonce me touche personnellement en tant qu’actionnaire, mais en plus en tant que Québécois. Voici pourquoi je crois que le PCC fait une erreur.

Premièrement, il faut rappeler qu’au Québec, actuellement, il y a une forte pression sur les régimes de retraite. Certains sont en santé comme le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). Par contre, d’autres vivent des difficultés, ce qui va peut-être les amener à changer et habituellement, ce n’est pas en faveur des cotisants.

Nous avons donc besoin d’autres moyens pour épargner en vue de la retraite. Il faut aussi rappeler qu’environ 50% des Québécois n’ont pas de régime de retraite au travail. Mais surtout, avec les taux d’intérêt actuels, un petit épargnant a besoin d’un incitatif pour l’aider dans sa démarche, rôle que le crédit d’impôt joue.

En vrac, le Fonds de solidarité FTQ c’est 600 000 épargnants. L’actif net du Fonds est de 8,8 milliards de dollars, libre de dettes et avec les liquidités nécessaires pour faire face à ses responsabilités. Il y a en tout 2239 entreprises qui profitent d’investissements du Fonds dans plusieurs sphères de l’économie et à 70% dans les régions du Québec.

Le PCC dit vouloir favoriser l’emploi, mais il tire dans le pied d’une institution qui fait justement cela. Le pire c’est qu’une étude de SECOR en 2010 affirme qu’avec les retombés économiques qui découlent du Fonds, le gouvernement récupère les sommes investies dans un délai moyen de trois ans.

On s’entend que l’abolition de cet incitatif fiscal ne détruira pas le Fonds. Par contre, s’il y a moins d’entrée d’argent, il y aura moins d’investissements pour l’emploi au Québec. La démonstration est simple : plusieurs actionnaires prendront leur retraite dans les prochaines années, il en faudra des nouveaux pour les remplacer. Avec 500 000 emplois créés ou maintenus depuis 1990, ce serait une erreur de freiner cet élan.

Récemment, j’ai assisté à une présentation sur la fiscalité au Québec. Ce que je retiens de cette présentation c’est que le crédit d’impôt pour fonds de travailleurs est un des crédits les plus utilisés par la classe moyenne. En plus, selon le Fonds de solidarité FTQ, 80% des épargnants ayant commencé à cotiser dans un REER au Fonds y ont pris goût et ont diversifié leurs investissements en utilisant d’autres institutions financières. Joignez-vous au mouvement de contestation de cette mesure en écrivant à votre député local et en signant la pétition qui devrait être disponible dans vos milieux. Dites haut et fort : mon crédit d’impôt, j’y tiens !

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