La social-démocrate Pauline Marois !

2013/04/26 | Par Jean-Simon Carrier

Ce titre vous surprendra sûrement. En effet, en regardant le Parti Québécois (PQ) gouverner, on ne peut pas vraiment le qualifier de social-démocrate. Pourtant, pendant la dernière campagne électorale, ce parti promettait plusieurs mesures progressistes. Qu’est-il arrivé depuis l’élection ? Toutes ces belles mesures sont soudainement disparues, pourquoi ? C’est simple, le PQ est minoritaire mais il faut aussi prendre en ligne de compte les différents lobbys auxquels le gouvernement fait face. En voici quelques exemples.

Premièrement, la dernière crise économique a amené l’ancien gouvernement à enregistrer des déficits pour en amenuiser les effets. Celui-ci a promis un retour à l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Le PQ fait le même pari. Par contre, il semble difficile de l’atteindre.

Avec toutes les compressions que les ministères doivent faire, il est clair qu’à l’arrivée, les services publics seront différents. Pauline Marois s’en rend compte. Elle a même décidé de sonder le terrain pour voir s’il serait possible de repousser l’échéance de ce pari.

Quel malheur, immédiatement les différents représentants du patronat et de la droite se sont outrés. Le résultat : la pression est revenue aussi forte et elle a décidé de réaffirmer l’importance d’atteindre l’équilibre en 2013-2014.

Ce pari est dangereux. En éducation, par exemple, les Commissions scolaires font face à des compressions hors-normes. Il leurs est maintenant impossible de couper sans toucher directement le service aux élèves. Pire encore, elles devront probablement augmenter la taxe scolaire de façon démesurée. Cette augmentation aurait pu être graduelle. Le Parti Libéral du Québec (PLQ) s’y opposait.

Mais là, en l’absence de marge de manœuvre, tous les propriétaires auront une mauvaise surprise à la réception de leur prochain compte de taxe scolaire. Les Commissions scolaires en sont même à tenter de faire des économies non-structurelles pour ne pas faire de déficit.

Pour revenir à Pauline Marois et ses tentatives de social-démocratie. Au lendemain de son élection, son gouvernement a tenté de mettre en œuvre une de ses promesses électorales : l’abolition de la taxe santé.

Évidemment, dans l’optique du retour à l’équilibre budgétaire, il fallait trouver de l’argent neuf dans la colonne des revenus. Ils ont donc proposé d’ajouter des paliers d’imposition pour les citoyens à plus haut revenu. En plus d’augmenter l’impôt sur le gain en capital.

Encore une fois, le patronat et la droite se sont outrés amenant le même résultat. Au lieu d’abolir la taxe santé, on l’a rendu plus progressive mais on touche encore à la classe moyenne. Où était le problème ? Entre 2000 et 2010, les impôts de l’ensemble de la population ont diminué. Il faut éventuellement se demander s’il y a de l’espace pour que l’on joue dans la colonne des revenus. Mais ce n’est évidemment pas dans les cartes de la droite, qui tient à un État moins interventionniste.

Ces exemples démontrent clairement la volonté du gouvernement Marois de mettre en place des mesures plus sociales-démocrates. Par contre, à chaque fois, les tenants de la droite et du libre-marché sont venus contrecarrer les désirs du gouvernement. Ces mesures auraient donné du répit aux différents services publics en amoindrissant les compressions.

On taxe le PQ d’improviser, moi je vous dirai que ce gouvernement écoute trop certains acteurs de la société civile représentant une minorité. Et bizarrement, ces temps-ci, le débat tourne plutôt autour de la trop grande puissance des syndicats ! Peut-on présumer que le taux d’insatisfaction actuel serait moins élevé si la première ministre avait tenu ses positions ?

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