Brèves syndicales

2013/10/04 | Par Maude Messier

Vol de cotisations syndicales

Montréal – Des agents de sécurité ont manifesté ce jeudi devant les bureaux de leur employeur, l’agence de sécurité Avant-Garde, dénonçant la retenue de leurs cotisations syndicales et des primes d’assurance, pourtant bel et bien prélevées sur les paies des quelque 400 travailleurs.

Depuis sept mois, la section locale 8922 du Syndicat des Métallos soutient ne pas avoir reçu les cotisations perçues par l’employeur ni l’argent des primes d’assurance. À noter que c’est la section locale qui administre le régime d’assurance.

« Au total, c’est 110 000 $ en cotisations d’assurance et 55 000 $ en cotisations syndicales qu’Avant-Garde sécurité conserve dans ses coffres. C’est carrément un vol puisque ces sommes ont bel et bien été prélevées sur les paies des membres. Ça met en péril leur couverture d’assurance », a fait valoir Stéphane Néron, représentant syndical des Métallos.  

Le syndicat a déposé plusieurs griefs à ce sujet, mais soutient que l’employeur fait la sourde oreille. Une audience d’arbitrage de grief est prévue le 17 octobre.

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Fermeture des comptoirs de l’Agence du revenu du Canada

Montréal – L’Alliance de la fonction publique du Canada, région du Québec (AFPC-Québec) et le Syndicat des employés de l’impôt (SEI) ont dénoncé la fermeture, mardi dernier, des comptoirs de paiement et de service de l’Agence du revenu du Canada (ARC) à Montréal.

Suivant une première vague de fermetures dans les régions, le démantèlement de ces services dans les grands centres (Montréal, Toronto, Ottawa, Vancouver, etc.) marque ainsi la fin pour un citoyen ou une entreprise, d’avoir la possibilité de parler directement, en personne, à un agent de l’ARC.

Les comptoirs de paiement et de service permettaient d’obtenir directement de l’aide pour les déclarations de revenus, les paiements d’impôt et d’acomptes provisionnels ainsi que les déductions à la source.

De plus, il faudra désormais passer par les institutions financières pour effectuer des paiements et versements et se replier sur les services en ligne, la ligne téléphonique ou encore les services par correspondance pour de l’assistance.

Ces fermetures représentent des dizaines de pertes d’emplois pour des employés occasionnels, les employés permanents ayant été réaffectés ailleurs.

« C’est une question d’accessibilité et de qualité des services. La fiscalité, les impôts, les droits et les obligations ne sont pas d’un naturel chez tous les êtres humains. C’est particulièrement vrai, entre autres, pour un Néo-Canadien qui cherche à obtenir de l’information et de l’aide, ou une personne âgée qui n’est pas familière avec Internet. Avant, le souci d’accompagnement et d’aide faisait partie de la culture de l’Agence », d’indiquer Pierre Wilfrid Landry, président du Conseil régional de Montréal de l’AFPC-Québec, ajoutant que ces coupures affecteront en premier lieu une clientèle vulnérable.

Il soutient qu’il s’agit aussi d’une forme de privatisation cachée puisque les entreprises et les citoyens à la recherche d’informations se tourneront vers des entreprises privées spécialisées en services fiscaux alors qu’ils ont pourtant droit à ces services gratuitement.

Le député néo-démocrate de Rosemont- La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, présent au point de presse, dénonçait qu’« au lieu de s’en prendre aux fraudeurs dans leur propre rang, ils coupent des emplois qui, au final, rapportaient de l’argent à l’État! ».

Chaque année, les comptoirs caisses de l’ARC permettaient de récolter directement des milliards de dollars, deux milliards seulement pour le Québec. Désormais, ces sommes transiteront pour une durée encore indéterminée dans les institutions bancaires, amputant le gouvernement d’une part des intérêts.

Le gouvernement fédéral avait d’ailleurs renoncé à fermer les comptoirs au moment d’une vague de coupures en 2006 pour des raisons économiques, souligne Pierre Wilfrid Landry.

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Élections chez les cols blancs de Montréal

Montréal – Alain Fugère a été réélu pour un deuxième mandat à la présidence du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SFMM-SCFP 429) ce mercredi 2 octobre.

Deux équipes briguaient les suffrages pour le comité exécutif du syndicat : « L’équipe Fugère », menée par Alain Fugère, et « L’équipe du 109 au 429 », avec à sa tête Pierre Gélinas.

L’ensemble des postes du comité exécutif ont été remportés par « L’équipe Fugère » dans une proportion de 71%, sur 3 500 votants. Au SFMM, on estime le taux de participation à 45%, soit un taux similaire aux élections municipales.

Un certain nombre de candidats aux postes de directeurs syndicaux ont été élus par acclamation, lors de l’assemblée de mises en candidatures le 24 septembre dernier.

Le litigieux dossier de l’équité salariale, entamé en 2005 et devant pourtant être complété en 2010, est finalement en voie de règlement. La Ville a annoncé qu’elle ne contestera pas la décision de la Commission de l’équité salariale (CÉS), ayant statué que des ajustements salariaux doivent être versés à tous les travailleuses et travailleurs, visés par la Loi sur l'équité salariale, contrairement à ce que prétendait la Ville.

Au cours des prochains mois, le syndicat sera occupé par les négociations pour le renouvellement de la convention collective des cols blancs la Ville de Montréal.

« Il y a déjà eu huit rencontres. Nous avons déposé le normatif et le monétaire. Il y a un calendrier de prévu jusqu’en décembre, à raison de deux rencontres par semaine », d’expliquer Alain Fugère, joint par l’aut’journal.

Et les régimes de retraite? « Nos membres nous ont donné un mandat clair à l’effet que les priorités étaient le dossier de l’équité salariale et les conventions collectives. Nous sommes conscients qu’il y a une problématique concernant les régimes de retraite, c’est évident. On va devoir s’y pencher, mais il y a la convention collective avant. Si la Ville n’était pas pressée de régler l’équité, nous ne l’étions pas de régler le régime de retraite. »

Le SFMM représente quelque 10 000 cols blancs sur l’île de Montréal.

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Assurance-emploi : la situation à Montréal

Montréal – Mercredi, une centaine de militants de la Coalition montréalaise contre la réforme de l’assurance-emploi ont manifesté devant les locaux où siégeait la Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi de passage à Montréal.

La situation est préoccupante partout au Québec, avec quelques variantes selon les régions. À Montréal, les emplois précaires et atypiques sont en progression, contribuant à réduire la rémunération des travailleurs et à diminuer leur protection sociale. 

Pourtant, ces mêmes personnes seront directement touchées par la réforme de l’assurance-emploi, puisqu’ils se retrouveront dans la catégorie des prestataires fréquents, obligés d'accepter des emplois jusqu'à 30 % moins bien rémunérés.

Travailleurs d’agences de placement temporaire, enseignants statuts précaires, travailleurs de la construction, industrie du cinéma et de la télévision ne sont que quelques exemples des secteurs qui seront affectés par la réforme des conservateurs.

« En 1990, malgré une vaste opposition, le gouvernement canadien a cessé de participer financièrement au régime. Nous avons toujours dénoncé ce désengagement de l'État et exhortons le gouvernement à assumer de nouveau la part des dépenses qui lui revient », de déclarer les représentantes de la Coalition.

La Coalition montréalaise contre la réforme de l'assurance-emploi regroupe une vingtaine d’organismes syndicaux et sociaux.

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«Shutdown» : deux poids, deux mesures

Washington – De 800 000 à un million de salariés du gouvernement fédéral américain pourraient être affectés par le «shutdown» survenu mardi dernier dans un bras de fer entre les républicains et les démocrates autour du budget pour l’exercice 2014.

« Cinquante pour cent des employés fédéraux iront travailler sans être payés. La rétroaction des salaires non versés est totalement dépendante de la volonté du Congrès », d’expliquer à ThinkProgress David Cox, président de l’American Federation of Government Employees.

Si les termes des résolutions ayant mis fin aux «shutdown» précédents incluaient des clauses de rétroaction, le Congrès n’est cependant pas tenu de le faire, de faire valoir Mr. Cox.

L’American Federation of Government Employees, estime que la moitié de ses 670 000 membres est en congé forcé alors que l’autre moitié, qui oeuvrent dans des secteurs essentiels, doivent travailler sans recevoir de paie jusqu’à ce qu’une entente soit conclue.

Mr. Cox s’insurge du fait que tous ne sont pas traités équitablement, spécialement dans le cas des entreprises sous-contractantes et des fournisseurs ayant des contrats avec le gouvernement, lesquels seront payés peu importe en dépit du «shutdown».

« Comprenez bien que tous ces contrats de services seront payés. (…) C’est un double standard qui prévaut. Même si les services ne sont pas rendus, les contrats doivent être payés. »

Il indique que ses membres ont déjà été passablement écorchés, plusieurs ayant été mis en congé forcé pour six jours sans salaire plus tôt cette année. « Trois ans de gels des salaires. Tous les employés verseront, à compter de cette année, 2,3% de plus dans leur régime de retraite. La plupart des gens que nous représentons font 35 à 40 000 $ par année, “these are not fat cats”, conclut-il.


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