Brèves syndicales

2013/10/25 | Par Maude Messier


Hausse des agressions sur des chauffeurs d’autobus à Longueuil

Selon le syndicat des chauffeurs d'autobus de la Rive-Sud de Montréal (SCFP-FTQ), de plus en plus de chauffeurs d'autobus sont agressés par des passagers, frustrés par les nombreux retards sur le réseau.

Ces retards sont occasionnés notamment par un délai de plusieurs mois dans la livraison de quelque 40 nouveaux autobus, qui devaient initialement être sur la route cet automne. Ils ne seront prêts qu'en janvier prochain  – Selon le syndicat des chauffeurs d'autobus de la Rive-Sud de Montréal (SCFP-FTQ), de plus en plus de chauffeurs d'autobus sont agressés par des passagers, frustrés par les nombreux retards sur le réseau.

Entre-temps, certains chauffeurs coupent à même leur temps de pause pour accommoder et mieux servir la clientèle. Le syndicat déplore que le Réseau de transport de Longueuil (RTL) refuse de coopérer pour sensibiliser la clientèle au fait que les chauffeurs n’y sont pour rien.

« Les retards sont dus à une mauvaise gestion des circuits par le Réseau de transport de Longueuil (RTL). Les nombreuses constructions routières, le manque d'autobus sur le réseau et des temps de parcours irréalisables expliquent les retards des autobus. Les passagers s'en prennent à la première personne qu'ils voient : les chauffeurs! », d’expliquer Sylvie Champagne, présidente du Syndicat des chauffeurs d'autobus du RTL.

Le syndicat des chauffeurs sonne l'alarme, estimant que la détresse vécue par nombre d'entre eux atteint un point critique.

***


Décès d’un travailleur du Ministère des Transports

Repentigny – Un employé de Transports Québec a perdu la vie, lundi midi, lors de l’embarquement d’une chargeuse sur une plate-forme de transport sous le pont Charles-De Gaulle, qui relie Montréal à Repentigny via l'autoroute 40.

Le travailleur de 54 ans aurait été heurté par la pelle de chargement, alors qu’il se trouvait sur la remorque. Sans aucune chance, il a été écrasé par le véhicule, selon ce que rapportait cette semaine le porte-parole de la Sureté du Québec. Le décès du travailleur a été constaté sur place.

La Commission de la santé et de la sécurité du travail et le ministère des Transports ont ouvert des enquêtes.

La présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, a offert, au nom de son organisation, ses condoléances à la famille du travailleur décédé. Elle souligne que le SFPQ attend les conclusions des différents rapports d’enquête.

Le SFPQ estime que les drapeaux québécois flottant aux mâts des édifices du ministère des Transports soient mis en berne. Une pratique qui devrait s’appliquer systématiquement, selon le syndicat, lorsqu’un employé d’un ministère décède dans l’exercice de ses fonctions. Le SFPQ en a fait la demande au Secrétariat du Conseil du Trésor.

***


CHSLD St-Jude : Manif syndicale et mise à pied de la directrice des ressources humaines

Laval – Les employés du CHSLD St-Jude, représentés par le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-298 FTQ), de même que les professionnelles en soins, infirmières et infirmières auxiliaires, représentées par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), ont manifesté mercredi dernier leur mécontentement face à la détérioration des relations et du climat de travail qui «frisent le harcèlement».

« Les relations de travail sont devenues exécrables au CHSLD St-Jude. Les travailleuses et les travailleurs se sentent intimidés par l'administration. Les mesures disciplinaires pleuvent et l'employeur menace d'en imposer d'autres, le personnel se sent épié par les cadres qui les suivent abusivement, on convoque des personnes employées seules, sans représentant syndical », a confirmé Ginette Cyr-Larocque, conseillère du SQEES.

Climat malsain, roulement de personnel très élevé et recours fréquent aux agences privées de placement mettent à mal la continuité et la stabilité des soins selon les deux organisations syndicales.

La direction du CHSLD St-Jude, un établissement privé conventionné, a répondu aux récriminations syndicales en fin de journée mercredi par voie de communiqué, alléguant qu’elle prenait acte des préoccupations exprimées en matière de relations de travail par les représentants syndicaux et qu’elle réitère l'importance du respect des travailleurs.

Une déclaration qui s’accompagne par l’annonce du départ de la chef des ressources humaines, en poste depuis novembre 2012, et de la volonté exprimée par la direction de revoir l'ensemble des mesures disciplinaires prises par la direction des ressources humaines.

M. Daniel Leclair, président-directeur du Groupe Age3, a toutefois souligné que la manifestation n'a été précédée d'aucune tentative de rencontre de la part des syndicats.

Ce que réfutent vivement les organisations syndicales. Au SQEES, on évoque le fait qu’aucune rencontre du comité de travail n’a eu lieu depuis six mois, en dépit des demandes répétées par le syndicat, qui fait d’ailleurs valoir la nécessité de tenir ces rencontres puisque 53 griefs ont été déposés depuis mai dernier seulement.

Les deux organisations syndicales accueillent favorablement le départ de la directrice des ressources humaines, mais estiment qu’ils restent beaucoup à faire pour assainir les relations de travail.

Le CHSLD St-Jude est la propriété du Groupe Age3, qui possède des établissements de soins, une agence de placement infirmier, Ressources Santé Lachance inc., ainsi qu’un important fournisseur de services de transport médical, Medicar, ce qui fait sourciller la FIQ.

Joint par l’aut’journal, le vice-président de la FIQ, Daniel Gilbert, estime que les différentes composantes de Groupe Age3 posent de sérieuses questions éthiques et de conflits d’intérêts potentiels.

D’ailleurs, le formulaire en ligne pour postuler au CHSLD St-Jude présélectionne une autorisation à transmettre les candidatures à Ressources Santé Lachance. Autrement dit, Groupe Age3 effectue du recrutement de main-d’œuvre pour son agence privée en placement de soins à même l’embauche de personnel dans le réseau public.

Une situation qui révolte carrément le vice-président de la FIQ, qui se dit fort étonné de la réaction de la direction de St-Jude quant aux tentatives pour diminuer le recours à la main-d’oeuvre indépendante.

La FIQ fait valoir que le dernier rapport financier du CHSLD St-Jude révèle que les coûts en main-d'œuvre indépendante en soins infirmiers étaient de 923 336 $ au 31 mars 2013, alors qu'ils étaient de 714 957 $ pour l'année précédente.

« C’est dire que l’organisation ignore ses propres chiffres. Ils se vantent de quelques embauches, mais combien de départs cela cache-t-il? Faute d’agir sur les difficultés dans l’établissement, les gestionnaires se rabattent sur la main-d’œuvre indépendante. » À portée de main, dans ce cas-ci.

***


Sophie Prégent : nouvelle présidente de l’UDA 

Montréal – Après plus de trente années d'engagement syndical à l'Union des artistes (FTQ), dont près de sept à titre de président, Raymond Legault a annoncé dimanche dernier qu’il quittait son poste pour des motifs de santé, «un départ préventif», apprenait-on cette semaine.

Réuni en assemblée extraordinaire le 20 octobre, le conseil d'administration a nommé Sophie Prégent pour assurer l’intérim à la présidence jusqu'au terme du mandat en mars 2015.

Élue au conseil d’administration en mars 2011 à titre d’administratrice, la comédienne cumule une certaine expérience en matière de négociations.

Elle devient donc la 19e personne à diriger l’UDA et la quatrième femme à assurer la présidence, après Mia Riddez (1955-1957), Louise Deschâtelets (1980-1983) et Nicole Picard (1984-1985).

« On m’avait demandé l’an dernier si la présidence pouvait m’intéresser, et j’avais répondu par l’affirmative. Mais mercredi dernier, une demande formelle a été formulée. Je ne croyais pas que ça irait si vite », a-t-elle confié au journal Le Devoir cette semaine.

Dans un communiqué émis ce lundi, les membres du conseil d’administration ont souligné « l'immense contribution de monsieur Raymond Legault au développement et au rayonnement de l'UDA ».

L'Union des artistes représente un peu plus 12 000 membres, dont environ 8 200 membres actifs et 4 000 stagiaires, regroupés au sein de 4 catégories : acteurs, chanteurs, animateurs et danseurs.

***


Produits forestiers Résolu à Baie Comeau : Fermeture ou couperet?

Baie-Comeau – Réunis en assemblée vendredi le 18 octobre dernier, les membres du syndicat Unifor de Baie-Comeau ont finalement accepté les demandes de compressions de leur employeur, Produits forestiers Résolu.

Cette décision permettra, en contrepartie, le maintien d’un certains nombre d’emplois.

Il y a un peu plus de deux semaines, l’employeur a placé les travailleurs devant deux options : des coupures d'environ 90 postes avec l'implantation d'un horaire de 12 heures et le recours à la sous-traitance, ou la fermeture d'une des trois machines, signifiant une perte nette de 150 emplois.

« La tactique utilisée par la partie patronale est à condamner, car la fermeture d'une des machines de l'usine durant tout le processus s'apparente selon nous à un lock-out déguisé », a dénoncé Renaud Gagné, directeur adjoint d'Unifor. 

Sur les 90 pertes d'emplois, environ 60 travailleurs pourraient choisir de se prévaloir d'un départ à la retraite explique le syndicat. En contrepartie, les travailleurs obtiennent ainsi que les trois machines à papier de l'usine demeurent en fonction, ce qui permet de conserver plus d'emplois « pour les jeunes et pour l'économie régionale ».

***


Manifestation «Sauvons l’Hôtel-Dieu!»

Montréal – À l’initiative du Comité de logement du Plateau Mont-Royal, une manifestation contre la conversion de l’Hôtel-Dieu en condos est prévue pour ce samedi, à Montréal.

La Coalition «Sauvons l’Hôtel-Dieu!», qui regroupe des élus, le syndicat des travailleurs du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et différents groupes sociaux et de citoyens, prendra aussi part à l’événement.

Rappelons qu’au printemps dernier, le conseil d'administration du CHUM et l'Agence de la santé de Montréal ont annoncé leur intention de se départir de l'édifice patrimonial construit en 1861 et dont la fondation initiale remonte à celle de Montréal. Les profits de la vente doivent servir à financer la construction du nouveau CHUM au centre-ville.

Certaines activités de recherches ont déjà commencé à être transférées vers le nouveau Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM), inauguré le 8 octobre dernier. La transition des activités, de l’équipement et de la main-d’œuvre se fera progressivement et devrait être complétée à l’ouverture officielle du CHUM, qui doit accueillir son premier patient en 2016.

À l’heure actuelle, personne ne sait encore ce qu’il adviendra de cet établissement, véritable témoin historique et patrimonial de la Ville de Montréal.

La Coalition dénonce depuis plusieurs mois le fait que le transfert vers les CHU en PPP ne résoudra pas la problématique de la disponibilité des lits à Montréal, bien au contraire. Le nouveau CHUM entraînera un déficit de plus de 127 lits de courte durée et de 60 lits de longue durée à Montréal.

Rappelons aussi que l’Hôtel-Dieu a été entièrement rénové au cours des dix dernières années, dont les unités d'hémodynamie, l’unité coronarienne, les soins intensifs et l'unité des grands brûlés, à même les deniers publics.

Si le maintien de lits d’urgence ne semble pas être envisageable, il existe d’autres solutions pour utiliser ces espaces et développer des projets, voir des cohabitations de projets, dédiés à la santé, à des soins spécialisés, à la santé mentale, à l’itinéraires, pour les autochtones, pour des logements sociaux, un CHSLD. Ce ne sont pas les options qui manquent, au-delà de laisser aller cet établissement aux mains d’intérêts privés pour en faire des condos.

Groupe Facebook pour l’événement : ici.

(Publicité)