Nationalisation de l’éolien: Mme Ouellet, pourquoi n’avez-vous pas agi quand vous étiez ministre ?

2014/04/29 | Par Paul Cliche

Le lendemain où elle a quitté sa fonction de ministre des Ressources naturelle au sein du gouvernement péquiste et est devenue simple députée, Martine Ouellette a dit estimer nécessaire pour l’État québécois de nationaliser le secteur éolien afin de contrôler cette filière qu’elle juge très prometteuse.

Devant cette surprenante déclaration, une question me brule les lèvres: Madame Ouellet, pourquoi le gouvernement où vous étiez la ministre en charge du secteur concerné n’a t-il pas agi en ce sens? Étiez-vous impuissante, aviez-vous les mains liées?

Vous me répondrez que vous auriez bien aimé défendre votre point de vue au conseil des ministres. Mais vous avez dû mettre vos convictions sous le boisseau par solidarité ministérielle. En effet, le programme du Parti québécois ne va pas dans ce sens, et ce depuis le démarrage de l’industrie éolienne à la fin des années 90.

Vous souvenez-nous qu’en octobre 2006 vous aviez réussi à faire adopter par le Conseil national du PQ une résolution préconisant la nationalisation de l’énergie éolienne. Mais jugeant cette dernière « trop audacieuse », le chef du temps, André Boisclair, avait refusé de s’y soumettre. Depuis lors, la position de votre parti n’a pas changé d’un iota.

Il y aussi eu l’incident de septembre 2013 où vous avez refusé de vous dissocier des propos de l’ex-député Daniel Breton dénonçant les investissements étrangers dans le secteur de l’éolien au Québec. Votre position a créé un imbroglio et un de vos sous-ministres s’est permis de vous contredire. C’est donc dire que votre poids n’était pas bien lourd au sein du cabinet comme on l’a constaté notamment dans le dossier des redevances minières où le ministre des Finances, Nicolas Marceau, vous a damé le pion. Puis s’en sont ensuivies les décisions du gouvernement sur l’exploitation pétrolière de l’île d’Anticosti alors que vous avez dû avaler d’autres couleuvres.

Madame Ouellet, vous êtes une femme intelligente et honnête. Personne n’a jamais pensé que vous êtes restée au cabinet pour conserver votre limousine ministérielle. Il est trop tard pour mettre fin à la contradiction entre vos paroles et vos actes qui a été étalée publiquement durant votre mandat comme ministre. Mais ne croyez-vous pas qu’il est grand temps, si vous désirez conserver votre crédibilité comme agente de changement politique, d’adopter un véhicule qui corresponde mieux à votre vision: que ce soit un parti ou un mouvement citoyen?

 

 Bilan d’une ancienne ministre des Ressources naturelles (www.ledevoir.com).



(Publicité)