Plan d’action pour les hydrocarbures

2014/06/04 | Par RIGSVSL

Saint-Dominique, le 2 juin 2014  – Sous le titre de « Une approche globale, cohérente, intégrée et rigoureuse pour le développement responsable de la filière des hydrocarbures », le gouvernement libéral récemment élu divulgue son plan d’action pour le développement des énergies fossiles.

Pour le Regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL), les intentions du gouvernement sont claires : mettre la table pour faire du Québec une pétro-économie, rassurer la population et gagner son approbation en payant, avec des fonds publics, des études pour répondre à des questions dont on connaît pourtant déjà les réponses. Rien concernant un éventuel plan de lutte contre les changements climatiques. Une vieille façon de faire et de penser qui empêchera le Québec de se démarquer et d’entrer dans la modernité. Le pétrole est l’énergie du siècle dernier et les hydrocarbures fossiles, le plus sûr moyen d’entrer dans le chaos.

Dans le dossier du gaz et du pétrole de schiste, le gouvernement, contrairement à plusieurs législations - Vermont, Terre-Neuve, France, Allemagne, Irlande, Suisse, Luxembourg, etc. - n’interdit pas la fracturation; il préfère continuer à entendre des experts et ne rien décider. Nous nous inscrivons en faux contre ce manque de vision. Comment croire aussi que des carottages à Anticosti et quelques puits permettront d’établir le potentiel d’hydrocarbures de l’île? Plus de vingt puits ont été forés déjà et peut-être en faudra-t-il cent autres pour se faire une juste idée des réserves. L’industrie sera donc alors déjà là…

Dans le dossier de l’oléoduc Énergie-Est, le gouvernement refuse toujours de tenir un BAPE sur l’oléoduc lui-même, lequel, rappelons-le, permet de désenclaver environ 40% de la production de pétrole albertain issu, en grande partie, des sables bitumineux. Par contre, il n’hésite pas à se porter défenseur des intérêts des consommateurs de gaz naturel pourvoyeurs d’emplois que sont les cimenteries et d’autres usines polluantes comme celle d’IFFCO à Bécancour. Par ce plan, le gouvernement protège-t-il les intérêts des grandes corporations ou ceux des citoyens?

Dans ce plan d’action, il est aussi question d’un éventuel règlement sur la protection de l’eau. Il faudra voir si les distances séparatrices entre les forages et les puits qui y seront stipulées seront valables et respecteront les recommandations des scientifiques. Et qu’en sera-t-il aussi des produits chimiques utilisés lors du forage et de la fracturation? Seront-ils interdits, contrôlés, ou… ignorés!

On nous répète que ce développement ne se fera qu’avec l’assentiment de la population. Des études, encore des études, des consultations, des audiences du BAPE, des sites internet, une révision globale et une modernisation de l'encadrement législatif et réglementaire dans un souci de développement régional, etc. Le gouvernement cherche, par tous les moyens, à amener la population à partager son préjugé favorable au développement de la filière des hydrocarbures.

Dans cette opération de charme, tout est permis, semble-t-il. On tente même de démontrer une vérité et son contraire, à savoir qu’on peut en même temps développer le secteur des hydrocarbures et combattre les changements climatiques! Ce n’est pourtant plus l’avis de la plupart des scientifiques de plusieurs grands organismes internationaux….

L’objectif final : déposer, en 2015, un projet de loi complet et intégré sur les hydrocarbures. On aura alors tout en main pour devenir une pétro-économie. Il ne restera plus qu’à convaincre la population que c’était là l’expression de sa volonté!

Pour le RIGSVSL, il est évident que ce projet de société n’a aucun appui dans la population. Déjà plus de 65 000 citoyens ont signé des formulaires interdisant aux gazières l’accès à leur propriété. 37 125 de ces formulaires ont déjà été envoyés à ces compagnies et déposés à l’Assemblée Nationale le 17 avril 2012, et 28 532 autres prendront bientôt le même chemin, comme l’a annoncé le RIGSVSL lors d’une conférence de presse tenue à Saint-Hyacinthe le 17 février dernier.

Nous invitons nos concitoyens à être vigilants et à considérer tout nouveau projet impliquant le pétrole ou le gaz naturel comme un frein à un véritable développement soutenable. « L’heure n’est plus aux simagrées mais à la cure de désintoxication », affirme Jacques Tétreault, porte-parole du RIGSVSL.

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