Inégalités linguistiques dans les coupures dans les universités

2014/10/31 | Par Frédéric Lacroix

En juin 2014, le Conseil du trésor décidait d’imposer aux universités québécoises de nouvelles coupures de 172 millions de dollars pour l’année 2014-2015. Si le montant total des coupures a été annoncé dans les médias, le détail pour chaque université n’a pas été rapporté.

Certaines institutions ont cependant chiffré l’ampleur des coupures budgétaires qu’elles auront à subir et ont communiqué l’information au public.

C’est ainsi que l’on apprend que le budget de l’université Laval sera amputé de 48 millions de dollars en 2014-2015, celui de l’université de Sherbrooke de 17,7 millions de dollars, celui de l’université McGill de 15 millions, celui de Concordia de 13 millions, celui de l’université de Montréal de 26,4 millions, et enfin celui de Bishop’s de 1 million. Si on transforme ces chiffres en valeurs relatives au montant total des coupures, Laval absorbe donc 28% des coupures pour 2014-2015 pendant que McGill en absorbe 8,7%, soit moins de trois fois moins.

Au total, il est intéressant de constater que le réseau d’universités anglophones subit seulement 16,8% des coupures pour 2014-2015 alors que le réseau francophone en encaisse la part du lion (soit 83,2%). Il faut savoir que le réseau anglophone obtient pourtant environ le quart du financement total destiné aux universités provenant du gouvernement du Québec. Les institutions anglophones sont donc relativement épargnées par les coupures annoncées par le gouvernement Couillard. Est-ce là un simple hasard?

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