La puissance romantique d’une cause

2015/01/25 | Par Pierre Jasmin

Torse nu exposant sa virile musculature et sa kalachnikov-symbole phallique, le défunt terroriste Coulibaly, qui laisse une belle veuve Algérienne enceinte modestement vêtue d’une burqa, surimpose son image souriante et rebelle aux vieillissants modèles SS hollywoodiens, Schwarzenegger et Stallone : pour une religion si chatouilleuse de l’image de son dieu, lui et l’Armée islamiste (qui filme ses exécutions) ne nagent-ils pas en pleine contradiction?

Le Niger, le Pakistan et le Yémen s’enflamment néanmoins pour le fascinant héros qui a défendu le Prophète et ses fidèles malmenés par les militaristes occidentaux aux CF18 et aux drones malfaisants.

Révoltés, ils manifestent contre les scandaleuses caricatures offensantes publiées dans les journaux de propagande occidentale. Face aux inégalités extrêmes des cheiks, émirs et autres potentats gardés au pouvoir par nos militaires en échange de leur pétrole, ces malheureux cherchent dans la dure solidarité disciplinaire de l’islamisme la seule antidote qui leur reste contre les autorités tyranniques du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de la Turquie et de l’Égypte militaire.

Leur vision romantique désespérée, attachée à des valeurs rétrogrades intégristes et à des actes suicidaires qui leur donnent l’illusion d’agir, s’identifie aveuglément à leur cause violente, comme un amour machiste méprise en fin de compte le mieux-être de celle qu’il prétend aimer de façon inconditionnelle : sa dulcinée, sa patrie idéalisée, sa religion.

Si on veut lutter contre ce romantisme dévoyé, réclamons d’abord un nettoyage de nos médias rivalisant d’hypocrisie qui excite les haines extrémistes. Radio-Canada, qui devrait être l’exemple, démissionne lâchement : les informations d’ « une heure sur terre » de Jean-François Lépine font place aux blagues de mononcles du Ti-mé show.

Les Artistes pour la Paix ont signé un appui au professeur Rachad Antonius, accusé honteusement par l’ombudsman de Radio-Canada, sous pression du CERJI, groupe de la droite israélienne. Au contraire, les APLP appuient les Voix Juives Indépendantes, les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient, Jewish Voice for Peace (Oakland) et les Palestiniens et Juifs Unis (PAJU) qui représentent la conscience du vrai Israël.

Les APLP ont refusé de participer à des marches « protestant contre la politique pro-israélienne de notre premier ministre Harper », parce que nous croyons au contraire que sa politique est foncièrement anti-Israël, tel que le voyaient Einstein et tel que le voient les groupes cités.

Quand on écoute Anne-Marie Dussault et Charles-Philippe David discuter au 24/60 de « la position pro-israélienne du Canada », nous grinçons des dents devant cette mascarade de la réalité : la complicité des Harper/Baird avec le faucon de droite Netanyahu que deux ministres ont déserté à cause de ses politiques racistes envers les Palestiniens à qui il vole l’eau, le territoire, les maisons, les champs d’oliviers et même les fonds qui leur reviennent de droit selon l’ONU, cette complicité est tout sauf pro-israélienne, à court et surtout à long terme.

Elle conduit tout droit au mur de l’exclusion et de la guerre. Déjà en réglant cette hypocrisie fondamentale, à la source des frustrations arabes et palestiniennes face à l’Occident, Radio-Canada ferait un pas immense en se distançant des honteuses manipulations conservatrices.

D’autre part, il est urgent d’exprimer une solidarité mondiale face à l’immense scandale que représentent les chiffres parus hier d’Oxfam où 80 milliardaires mondiaux possèdent plus de biens que trois milliards et demi d’êtres humains, où les 1% les plus riches possèdent autant que les 99% autres.

Or, changer cette réalité obscène, de simples caricaturistes y travaillaient d’arrache-pied et de toute urgence et louons :

  • le courage quotidien de Cabu, pourfendeur des militaristes,

  • l’amour inconditionnel de Wolinski envers les femmes, contre toutes les religions machistes et discriminantes,

  • les convictions de Tignous joignant l’association « Cartoonists for Peace »,

  • et comme mentionné dans un article antérieur, l’antimilitarisme de Bernard Maris

partagé avec mon collègue Gilles Dostaler, leur estime pour Bloombury et l’économiste Keynes cherchant plus d’égalité et demandant que l’Occident évalue sa richesse par le progrès des arts et non par l’accumulation des banquiers.

Depuis trois jours, certains accusent Charlie-Hebdo d’irresponsabilité et cherchent même à faire endosser à ses collaborateurs la culpabilité des « conséquences de leurs blasphèmes meurtriers »!


Ont-ils réfléchi une seconde qu’il y a deux semaines, ces « blasphèmes » étaient cachés dans une confidentielle publication au bord de la faillite tirée à 60 000 exemplaires, et que c’est entièrement la faute des extrémistes intégristes s’ils se voient aujourd’hui étalés à la une des journaux et publiés à 7 millions d’exemplaires?!?

Nous sommes du côté d’Élisabeth Badinter et de la défense intransigeante de la liberté totale d’expression. Comme l’éditorial du 19 janvier de Richard Martineau dans Le Journal de Montréal l’énonce clairement (mais a-t-il songé que lui-même déroge constamment à ses beaux principes?), il doit y avoir totale liberté de se moquer des religions, des armées ou des partis, liberté qui s’arrête quand on attaque des personnes.

Car nous espérons, en exprimant notre solidarité inconditionnelle avec ces êtres libres et iconoclastes, pouvoir séduire les jeunes romantiques et les éloigner de désespérés comme Coulibaly.

Qu’Allah permette plutôt qu’ils se solidarisent avec nous les pacifistes, avec l’ONU, l’UNICEF et l’UNESCO, en dénonçant haut et fort la violence de nos armées et de l’OTAN. Oui, l’OTAN que malheureusement, l’Obs et d’autres revues dites progressistes en France n’ont jamais critiquée, même avec l’alignement récent de leur pays et de leur prétendu socialiste de président, François Hollande, et avant lui, ce menteur de Tony Blair acoquiné avec la CIA, si bien dénoncé par le film de Polanski The ghost writer et par les héroïques Edward Snowden et Julian Assange.

L’alliance militariste funeste, gonflée par les ambitions mortifères de Dick « Haliburton » Cheney défenseur des tortures de Guantanamo, est directement responsable du massacre Charlie-Hebdo, comme n’hésite pas à le dire courageusement l’ex-premier ministre Dominique Villepin dont l’admirable discours à l’ONU refusait la participation de la France à l’invasion de l’Irak aux côtés des criminels Blair et Bush en 2003.

Et Jean Chrétien refusait de se salir les mains dans cette guerre néfaste dans laquelle Stephen Harper cherche à enfoncer aujourd’hui même le Canada : sortons-le du pouvoir en 2015, notre humanisme le réclame!

Pour nous et les humiliés de la terre, s’il nous faut un modèle pur d’héroïsme, prenons ce jeune homme de 24 ans, très modeste, Lassana Bathily que la page Facebook des Artistes pour la Paix a appuyé pour sa courageuse action lors de l’irruption de Coulibaly dans l’hypermarché cachère où il travaillait pour un salaire misérable, réussissant à cacher une dizaine de clients juifs dans la section réfrigérée, ayant même le sang-froid (!) d’ensuite couper la réfrigération.

Nous avons relayé depuis samedi la pétition de change.org (Thiaba Bruni) pour que ce sans-papier obtienne la nationalité française, ce qui fut accompli hier. C’est ce héros sur lequel nos journaux obnubilés par les djihadistes devraient concentrer leurs articles!

Écoutons-le : « Je suis musulman, pratiquant. J’ai déjà fait mes prières dans ce magasin, dans la réserve. Et oui, j’ai aidé des Juifs. On est des frères, a-t-il déclaré. Ce n’est pas une question de juifs, de chrétiens ou de musulmans, on est tous dans le même bateau », a-t-il estimé. Et je soutiens que les éditoriaux, plutôt que s’acharner à analyser les motivations des massacreurs, devraient louer l’héroïsme tranquille de Bathily!


Suite québécoise

Tentons un parallèle. Les Québécois qui n’ont jamais renié le Front de Libération du Québec malgré sa violence ne succombent-ils pas à une vision extrémiste semblable, immature et égocentrique?

La mort cette semaine du felquiste sincère Francis Simard devrait nous donner l’occasion de laisser tomber une fois pour toutes notre romantisme patriotique. Je reproduis ici de récentes réflexions communiquées au Devoir intitulées Francis Simard, naufragé de l’histoire :

Il trouvait navrant et «surtout très triste » qu’on puisse affirmer que le cours de l’histoire est déterminé en définitive par l’action de forces occultes qui échappent à la volonté et à l’action des individus.

Jean-François Nadeau (Le Devoir, 15 janvier) décrit ainsi implacablement les tristes illusions bernées de Francis Simard, qui avant de mourir lui avait confié être ulcéré par la fiction au sujet d’octobre de Louis Hamelin mais, j'ajoute qu’il était sans doute moins conscient d’avoir été cerné par le documentaire de Jean-Daniel Lafond.

Les conclusions de M. Nadeau semblent avoir été influencées par les échanges entre les regrettés co-auteurs Bernard Maris (Charlie-Hebdo) et Gilles Dostaler (UQAM) reproduits dans notre premier article sur les événements Charlie Hebdo (p=6625) qui se terminaient ainsi :

Cela amène à considérer qu'on [Bloombury, Keynes …et les marxistes, pourrait-on ajouter]avait surestimé la rationalité et les qualités morales de l'être humain. On n'avait pas compris que les actions humaines peuvent tout aussi bien naître d'explosions spontanées et irrationnelles.


Les adeptes de Bloombury ont parfois été eux-mêmes écartelés entre l’amour de l’art, de la vie, et le romantisme de leurs idéaux, comme en témoigne tristement le suicide de Virginia Woolf dans une rivière, les poches lestées de lourds cailloux.

Mais les absurdes et irrationnelles morts de Pierre Laporte et des collaborateurs de Charlie-Hebdo étaient évitables, alors qu'on commence à peine à évaluer, dans le cas de l'action terroriste felquiste, ses conséquences historiques de blocage de la politique québécoise. Mots qui communiqués à Jean-Daniel Lafond l’ont immédiatement fait réagir :

Ce que tu écris est juste. Je l'ai dit autrefois et cela m'a valu quelques haines, mais je maintiens que les terroristes sont les assassins de la cause qu'ils prétendent défendre. Ceci est navrant pour Pierre Laporte et la cause de l'indépendance en 0ctobre 70, tout aussi navrant pour la barbarie sans nom des illuminés qui s'affirment purs et musulmans.

Par cet éclairage, M. Lafond redonne aux idéalistes « purs et musulmans » l’aumône d’une navrante désillusion. Du côté québécois, on nous traitera tous deux immédiatement de « fédéralistes », sans davantage réfléchir à la cause indépendantiste.

En 1970, organisateur péquiste dans le comté d’Outremont (je le serai aussi en 73 dans le comté Mercier, pour battre Bourassa, avant de partir étudier huit ans à l’étranger et ne plus jamais réintégrer un parti politique), j’avais suivi le patriotisme raisonné de René Lévesque, lui qui a d’ailleurs écrit les mots à la fois les plus justes et les plus sévères pour vilipender l’action du FLQ.

Témoin en 70 des turpitudes libérales qui faisaient voter les morts par dizaines de milliers et redessinaient les cartes de comtés, comme celui de Pierre Laporte sur la Rive-Sud, afin d’y inclure un maximum de non-francophones, j’avais confié mon indignation à ma mère.

Celle-ci, digne épouse d’un vice-président d’Air Canada mais solidaire de son fils, était encore troublée par ces perversions de notre système soi-disant démocratique quand elle s’était écriée, quelques mois plus tard, lors de l’enlèvement du Britannique James Cross : « Pourquoi n’ont-ils pas enlevé Laporte, à la place »? C’était quelques jours avant l’action des Simard et co : de nos jours, les nouvelles lois de répression auraient condamné rétroactivement sa naïve interjection comme une apologie du terrorisme…

Les artistes québécois militants indépendantistes sont encore trop imprégnés de ce romantisme suicidaire (on n’a qu’à observer comment ils répudient les écrits sensés de Jean-François Lisée) à tel point que je préfère signer ces réflexions non comme vice-président des Artistes pour la Paix, mais comme individu non représentatif. Les membres m’écriront leurs réactions…

|Un vieux remède pour une vieille maladie
5557|5766|Manchettes Mouvements_souverainiste|Parti Québécois : retrouver nos racines|2015-01-27 16:18:20|Alain Dion|

L’auteur est président du comité exécutif du Parti Québécois de la circonscription de Rimouski

Au cours des derniers mois, le Parti Québécois a mené dans toutes les régions du Québec une large consultation afin de « définir les grandes orientations du parti ». À Rimouski, nous avons profité de l’occasion pour consulter non seulement les membres du Parti Québécois, mais également des sympathisantes et sympathisants à la cause indépendantiste de la région.

En résumé, les préoccupations s’articulaient autour de quatre grands thèmes :

- Les avantages de l’indépendance au plan économique, culturel, social et environnemental;

- Comment convaincre les Québécois d’adhérer à ce projet;

- Comment réaliser l’indépendance (actions à entreprendre, participation de la population);

- Quelle place donner à ce dossier dans un prochain mandat d’un gouvernement péquiste.

Suite à cette consultation dans notre circonscription, ce qui retient particulièrement l’attention, c’est que le Parti Québécois doit renouer avec ses racines et présenter un projet d’indépendance réaliste, clair et compréhensible.

Pour cela, il faut qu’un travail de recherche sérieux soit fait pour être en mesure de démontrer par des arguments solides, autant sur le plan de l’économie que sur celui de la culture, de l’environnement et de la justice sociale, que l’indépendance sera profitable à toutes et à tous.

Le parti doit être en mesure de démontrer de façon détaillée ce qu’il adviendra de nos finances publiques, de nos législations, de nos services, etc. Il doit avoir des arguments convaincants pour désamorcer les inquiétudes et les peurs que les tenants du statu quo ne manqueront jamais de cultiver.

Le Parti Québécois doit également tout mettre en œuvre pour réussir à créer des alliances avec les autres partis indépendantistes; il doit de plus s’assurer de mobiliser des citoyennes et des citoyens et des organismes à vocation économique, politique, sociale ou environnementale sur l’ensemble du territoire québécois pour consulter, informer et convaincre.

C’est ainsi que ce parti jouera vraiment son rôle de vaisseau amiral du mouvement indépendantiste, capable d’unir les forces nécessaires pour réaliser notre indispensable indépendance politique.

Le Parti Québécois a prouvé par le passé qu’il est apte à gouverner le Québec; il faudra qu’il ajoute à cette bonne gouvernance les ressources qu’il faut pour préparer la réalisation concrète de cet emballant projet d’indépendance nationale.

La consultation que nous avons menée ces derniers mois témoigne d’une chose importante : une cause qui peut motiver autant d’hommes et de femmes de tous âges à donner temps et énergie à définir avec sérieux ce qu’ils croient nécessaire pour qu’elle réussisse, est loin d’être moribonde.

Le parti politique qui accepte de prendre en charge la réalisation d’un rêve collectif aussi noble mérite qu’on lui témoigne notre confiance. À ce titre, le Parti Québécois peut compter sur des membres et des sympathisants engagés et loyaux.

 

Des débats en région

La course à la chefferie que nous vivrons au cours des prochaines semaines offrira également une nouvelle opportunité pour le Parti Québécois de consolider son enracinement sur l’ensemble du territoire québécois.

Comme les régions vivent actuellement des moments extrêmement difficiles sous le règne des libéraux de Philippe Couillard et que des centaines de citoyennes et de citoyens se lèvent pour faire obstacle au démantèlement des services et des outils voués au développement et à la concertation de nos collectivités régionales, nous croyons que ce serait un bien mauvais signal à envoyer à nos communautés que de ne pas tenir de débats entre la candidate et les candidats à la chefferie en région.

Le Parti Québécois a toujours été sensible aux réalités régionales et il est profondément enraciné dans l’Est comme dans plusieurs régions du Québec. Notre lutte pour l’indépendance est intimement liée au développement de nos collectivités et à l’occupation de notre territoire national. Nous avons donc l’occasion de renouer avec nos racines, en saluant, par notre présence en région, toutes ces années de luttes, d’efforts et de solidarité qui mèneront un jour à l’avènement de notre pays.

|Ce serait un bien mauvais signal à envoyer à nos communautés que de ne pas tenir de débats en région
5558|5767|Société Manchettes|Charlie Hebdo, on continue!|2015-01-27 16:25:09|Louise Mailloux|

Nous avons assisté ce soir à une grande démonstration de solidarité envers l’équipe de Charlie Hebdo parce que nous sommes tous révoltés par l’assassinat sauvage de leurs collègues et que nous avons choisi, nous aussi, de nous lever pour défendre la liberté d’expression et la laïcité.

Depuis ces évènements tragiques, on a l’impression que les démocraties occidentales prennent soudainement conscience de leur vulnérabilité et de leur difficulté à défendre la liberté et la laïcité lorsqu’il s’agit de l’islam.

C’est Michel Houellebecq qui disait que les gens de Charlie Hebdo étaient des soixante-huitards qui avaient l’habitude de bouffer du curé, mais qu’ils n’avaient pas compris que le combat pour la laïcité avait changé de nature.

L’islam pose aujourd’hui de nouveaux défis au combat pour la laïcité et constitue le fer de lance de l’offensive anti-laïque en Occident.

D’abord parce qu’il est soutenu par la puissante idéologie du multiculturalisme où il incarne l’exemple-type de l’Autre et réclame au nom de l’ouverture à cet autre, l’ouverture au voile et à l’islam et qu’il rallie, partout en Occident, une bonne partie de l’élite intellectuelle qui se porte à sa défense.

Ainsi l’islam jouit d’une protection dont aucune autre religion ne peut se réclamer et fait que sa critique nous prive de la zone de confort habituelle parce qu’il bénéficie d’un statut privilégié : celui de faire passer les militants laïques pour des racistes, des islamophobes ou des identitaires d’extrême-droite. Aucune autre religion n’a le pouvoir de produire un tel effet réfrigérant.

Pourquoi croyez-vous que le combat laïque face aux catholiques faisait l’unanimité dans les syndicats, la gauche, les féministes et tous les progressistes alors qu’aujourd’hui ce même combat, au nom des mêmes principes nous divise et devient, face à l’islam, du racisme et de l’islamophobie?

L’islam renforce aussi la solidarité entre toutes les religions parce qu’il incarne pour celles-ci le plus grand espoir de faire reculer la laïcité en ramenant le religieux dans nos institutions publiques.

Mais, plus encore, il pose de nouveaux défis à la défense de la liberté d’expression, imposant la rectitude politique qui rend frileux les politiciens et les journalistes.

Frileux dans le débat et la critique comme dans le travail d’enquête sur les réseaux islamistes.

Frileux aussi dans le soutien nécessaire aux militants laïques et aux musulmans laïques.

En 2015, au coeur de l’Europe, on a utilisé des kalachnikovs pour éliminer des journalistes et des dessinateurs qui ont osé caricaturer le prophète de l’islam. Pour des raisons de sécurité, des spectacles sont annulés, des écrivains et des blogueurs se censurent, des journalistes et des militants laïques sont sous protection policière.

En France et ailleurs en Europe, les mosquées et les synagogues sont surveillées. Est-ce normal qu’on assassine des gens parce qu’ils ont caricaturé un prophète? Sommes-nous toujours dans un pays laïque ou dans un pays qui de plus en plus se soumet à la charia?

Le message des terroristes est clair. On ne critique pas l’islam et son prophète. Ce message est le même quandl’Organisation de la coopération islamique, regroupant 57 pays musulmans, fait pression sur les pays membres de l’ONU pour qu’ils rétablissent le blasphème afin d’empêcher toute critique de l’islam.

Au Québec, nous sommes en train de judiciariser le débat public sur la laïcité en intentant des poursuites pour diffamation à des journalistes et des militants laïques afin d’en faire des exemples et de les écarter de l’arène publique.

Récemment la Commission des droits de la personne a demandé au gouvernement l’ajout d’une disposition à la Charte québécoise des droits et libertés interdisant l’incitation publique à la haine pour un motif interdit de discrimination, telle la religion.

On veut ici limiter la liberté d’expression et s’en prendre à ceux qui critiquent des idées, une religion, en particulier l’islam.

Avec courage et lucidité, il est important de regarder ce à quoi nous faisons face alors que les politiciens sont toujours dans le déni et le calcul politique. Il est grand temps de se ressaisir, et rapidement, si nous souhaitons préserver les valeurs qui nous sont chères, arrêter de tourner autour du pot, de tergiverser et légiférer sur la laïcité.

Pour envoyer un message clair aux islamistes que la religion doit être séparée de la politique, qu’elle doit être privée et s’en tenir au ciel, que nous avons le droit de la critiquer, le droit de blasphémer et que la charia n’a pas sa place au Québec.

C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre à ceux qui, pour avoir défendu ces valeurs, sont morts debout.

|Discours prononcé lors de l’assemblée de solidarité avec Charlie Hebdo à Montréal, le 26 janvier 2015
5559|5768|Langue Accueil_Analyses|Français : Les plaintes citoyennes diminuent!|2015-01-28 06:59:40|Impératif français|

Le 18 octobre 2013, l’Office québécois de la langue française (OQLF) lançait une nouvellePolitique de suivi auprès des plaignantes et des plaignants. Dès janvier 2014, Impératif français interpellait la haute direction de l’Office et lui communiquait, on ne peut plus clairement, ses craintes quant aux répercussions néfastes de cette nouvelle politique, notamment en ce qui a trait à l’engagement des Québécoises et des Québécois à défendre leurs droits linguistiques dans un contexte nord-américain. 

À peine un an plus tard,les statistiques publiées dans le site Web de l’Office donnent raison à Impératif français. De fait, entre 1er avril 2013 et le 31 mars 2014, le nombre de plaintes « inscrites » à l’OQLF a considérablement diminué par rapport aux mêmes dates pour l’année 2012-2013, passant de 4136 à 3107 plaintes, soit une baisse de 25 %.

Toute une baisse qui ne peut, malheureusement, s’expliquer par l’amélioration de la situation linguistique. Loin de là, car les exemples de non-respect des droits linguistiques fondamentaux vont en augmentant dans tout le Québec, mais encore plus dans le grand Montréal et en Outaouais. Qu’en est-il alors?

Impératif français croit que cette démobilisation citoyenne, que ce désengagement citoyen sont les conséquences directes des décisions de l’Office qui, en adoptant sa nouvelle politique de suivi auprès des plaignantes et des plaignants a contribué à décourager, lui-même, les citoyennes et les citoyens à déposer des plaintes.

En effet, dans la foulée du « pastagate », l’OQLF a démantelé ce qui restait du mécanisme de traitement des plaintes pour inventer le système de « (dé)gradation des plaintes ». Depuis l’implantation de ce « nouveau système de tri des plaintes », l’OQLF multiplie les accusés de réception insipides renvoyant froidement le plaignant ou la plaignante à son site Web où, entre autres, il est écrit que si « le motif de la plainte est d’intérêt général et collectif », « les résultats de notre intervention ne vous seront pas communiqués »!!!

Enfin, les condamnations et amendes délivrées par la Cour du Québec aux nombreuses entreprises délinquantes ont considérablement diminué de 2012 à 2014 passant de 51 à 13, alors que pourtant partout au Québec la société civile dénonce le recul du français et les nombreux cas d’agressions linguistiques.

Ce constat implacable amène le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, à déclarer ce qui suit : « On aurait voulu décourager les plaignantes et les plaignants qu’on n’aurait pas agi autrement. »

 Un redressement s’impose, notamment par le retour en force de la Commission de protection de la langue française (CPLF) et une refonte de la Charte de la langue française. Et puisqu’il le faut, la création d’un poste de Commissaire (québécois) à la langue officielle et d’usage public afin de faire contrepoids au discours défrancisant du Commissaire (canadien) aux langues officielles, Graham Fraser, qui réclamait tout récemment pour le Québec de nouvelles mesures d’anglicisation dont l’ouverture d’un « bureau des affaires anglophones »!


 Adresses utiles :

www.oqlf.gouv.qc.ca
plaintes@oqlf.gouv.qc.ca

|Une conséquence des baisses d’impôts
5561|5770|Accueil_Actualités|Les « vraies affaires » à l’aide sociale|2015-01-28 07:08:24|ADDS-MM et al.|

Ce matin, avait lieu une conférence de presse réunissant des personnes assistées sociales et des travailleurs-euses précaires à l’initiative de plusieurs organismes communautaires montréalais. Leur objectif : faire reculer le ministre Blais dans son intention de sabrer encore dans les programmes d’aide sociale.

« Il est encore temps pour le Québec de renoncer à des réformes contre-productives et d’abandonner un discours méprisant basé sur des fausses idées qui portent atteinte à la dignité humaine », déclare Clément Citeya du Comité des personnes assistées sociales de Pointe-St-Charles (CPAS).

À Montréal, 127 000 personnes (dont 50 000 enfants) tentent de survivre à l’aide financière de dernier recours. En plus de contraintes sévères ou temporaires à l’emploi dues à une condition médicale ou reliées à une situation de handicap qui affectent la majorité des prestataires, ces personnes font face à différents obstacles : pénurie d’emplois, faible niveau de scolarisation, difficultés de lecture, expérience professionnelle limitée, inaccessibilité des lieux de travail et barrières linguistiques. « Il faut aussi rappeler qu’une personne prestataire doit déjà répondre à toute une liste de critères pour être admissible et ne recevoir aussi peu que 616$ par mois pour faire face à toutes ces dépenses incluant le logement, un montant tout à fait insuffisant ! » s’insurge Benoît Racette d’Ex-Aequo.

À l’heure actuelle, au-delà de 100$ ou 200$ de revenu de travail par mois selon le programme, chaque dollar gagné est déduit du chèque d’aide sociale. David Régnier d’ATD Quart-Monde constate : « Le retour au travail est donc pénalisé plutôt qu’encouragé. Si Québec veut vraiment soutenir les prestataires dans leurs efforts d’intégration, il pourrait augmenter les gains de travail permis, une mesure simple et pas très coûteuse ».

Selon les estimations du ministère, seules quelques centaines de prestataires seraient concernés par les réformes dont ont fait état les médias récemment, telles que les critères de résidence, la valeur des propriétés immobilières ou la sous-location de chambres. « Ces mesures détournent l’attention et les énergies qui devraient être consacrées à l’amélioration des conditions de l’ensemble des personnes en situation de précarité. Plutôt que d’améliorer l’équité entre travailleurs-euses à faible revenu et prestataires d’aide sociale, le ministre Blais contribue à renforcer le mythe selon lequel ce seraient des personnes différentes, aux intérêts incompatibles », dénonce Tristan Ouimet-Savard du Regroupement des auberges du cœur.

Il est démontré que les personnes qui reçoivent le meilleur soutien sont celles qui sont en mesure de quitter l’aide sociale dans une plus grande proportion. L’augmentation des prestations à un niveau décent doit être une priorité de Québec; seul ce choix politique permettra une gestion efficace de l’aide sociale.

|Le ministre Blais ne s’en occupe pas et propage des idées fausses
5562|5771|Société Manchettes|Négos du secteur public et réforme de l’immigration|2015-01-29 09:00:32|Pierre Dubuc|

Dans son édition du 26 janvier, le journal Le Devoir, sous la plume de Jocelyne Richer, nous apprend que le gouvernement de Philippe Couillard veut entreprendre une grande réforme de l’immigration. La ministre responsable du dossier, Kathleen Weil, a déclaré : « Où je veux me rendre, c’est un système d’intégration basé sur le modèle canadien ».

L’accent, nous apprend Le Devoir, sera « mis sur l’économie », sur « l’adéquation entre le recrutement des immigrants et les besoins de l’économie », ce qui est exactement la philosophie de la récente réforme fédérale.

Cette réforme fédérale-provinciale est à mettre en lien avec les prospectives sur les besoins en main d’œuvre, le recrutement d’étudiants étrangers dans les universités canadiennes et québécoises et, sans que cela n’y paraisse à première vue, les propositions du gouvernement libéral en matière d’éducation dans le cadre du renouvellement des conventions collectives.


Un système de sélection innovateur

Les analystes du marché du travail prévoient, pour les prochaines décennies, un écart grandissant entre des besoins en une main-d’œuvre hautement qualifiée et une masse de travailleuses et de travailleurs déclassifiés par l’automation.

Aussi, à défaut de pouvoir combler les emplois hautement qualifiés par son système d’éducation, le Canada aura désormais recours à l’immigration.

En 1967, le Canada avait innové en instaurant un système de pointage dont l’objectif était d’écarter la discrimination et les préjugés dans la sélection des immigrants.

Le système ne tenait pas compte de la race et du pays d’origine du postulant et valorisait l’éducation, la connaissance du français ou de l’anglais, et l’expérience de travail.

Le progressisme de ce système a été salué à travers le monde et adopté par plusieurs autres pays.


Un système de pointage en fonction des besoins des employeurs

Mais les Conservateurs viennent de le chambouler complètement. Depuis leur élection en 2006, ils jonglaient avec l’idée de transformer un système basé sur la sélection des immigrants sur la base de « leur talent pour la citoyenneté » par un autre axé sur les besoins des employeurs.

C’est maintenant chose faite. Le nouveau système « Entrée Express » prévoit que, sur une échelle de 1200 points, la moitié est accordée à ceux qui détiennent une offre d’emploi ou relèvent de programmes d’immigration provinciaux, lesquels sont étroitement alignés sur les besoins du marché du travail.

Ceux qui obtiendront les meilleurs scores pourront rapidement faire une demande de résidence permanente.

Le nouveau système a pour but d’attirer des ingénieurs, des spécialistes des technologies de l’information et des soins de santé.

Un ancien ministre a félicité les Conservateurs pour avoir transformé le ministère de l’Immigration en une agence de placement géante. D’autres considèrent qu’il s’agit ni plus ni moins que d’une privatisation de l’immigration.

Parallèlement à ces transformations, les Conservateurs ont resserré les conditions d’admissibilité des réfugiés et des personnes plus âgées qui veulent rejoindre leur famille au Canada.


Une clientèle visée : les étudiants étrangers

En vertu de ce nouveau programme, l’immigrant rêvé est un jeune, polyglotte, qui a déjà travaillé au Canada et qui détient une offre d’emploi. Des étudiants internationaux ayant fréquenté des universités canadiennes, et qui ont travaillé au Canada pendant leurs études, seront donc des candidats ciblés.

Selon Daniel Coderre, recteur de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), « de tous les étudiants étrangers qui fréquentent son université, environ 60 % s’installent au Québec et s’intègrent directement au marché du travail ». (Le Devoir, 24 janvier 2015).

Soulignons que les étudiants non québécois (étrangers ou provenant du reste du Canada) représentaient, en 2012-2013, 17,1% de l’effectif étudiant total des universités. Ils formaient la moitié de la population étudiante à l’INRS (51,1%), à l’Université McGill (49,1%) et à l’Université Bishop’s (47,6%).(1)

L’augmentation de la clientèle universitaire québécoise repose en grande partie sur l’afflux d’étudiants non québécois. De 2001 à 2012, la croissance annuelle du nombre d’étudiants non québécois a été de 5,3%, alors qu’elle n’a été que de 1,9% pour l’ensemble de l’effectif universitaire.

À ce chapitre, les universités anglophones s’accaparent de la part du lion. L’Université McGill accueille 38,9% des quelque 38 799 étudiants non québécois présents dans nos universités. En fait, 59,7% de ces étudiants fréquentent une université anglophone.


Des propositions patronales pour une école élitiste

Quels liens entre, d’une part, l’immigration et la forte présence d’étudiants non québécois et, d’autre part, les propositions gouvernementales pour le renouvellement des conventions collectives des enseignants?

En fait, les modifications proposées par la partie patronale à la convention collective des enseignantes et des enseignants (augmentation du nombre d’élèves par classe, élimination de la pondération a priori pour les élèves handicapés ou ayant des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, etc.), entraîneront une détérioration assurée du réseau des écoles publiques, qui favorisera un exode certain vers les écoles privées.

Nos dirigeants semblent donc avoir décidé de sacrifier l’éducation de la majorité des élèves et favoriser celle d’une élite. Les emplois des premiers seront bientôt remplacés par des robots, les seconds seront formés pour occuper les emplois hautement qualifiée de l’avenir.

Et, pour compenser la pénurie éventuelle de travailleurs qualifiés, on misera sur l’immigration et, plus particulièrement, sur le recrutement d’étudiants universitaires non québécois, qu’on tentera de retenir par la suite au pays.

Le ministre fédéral de l’Immigration, Chris Alexander, faisait remarquer que les immigrants sont déjà plus nombreux à détenir des diplômes d’études postsecondaires que la moyenne de la population canadienne.

  1. Statistiques tirées du Rapport final du chantier sur la politique de financement des universités préparé par Hélène P. Tremblay et Pierre Roy, juin 2014.

|Le gouvernement Couillard mise sur les travailleurs immigrants et les étudiants non québécois pour combler un déficit de diplômés
5563|5772|Accueil_Analyses Mouvements_syndical|Docu-web sur Robert Dean|2015-01-29 09:03:01|Ferrisson|

Dans la série Web-télé «Les Militants» (http://ferrisson.com] on retrouve deux émissions consacrées à Robert Dean.

Fils de parents québécois dont le père était d'origine irlandaise, Robert Dean s'est impliqué, dès ses débuts dans le monde ouvrier, à titre de militant syndical.  Son grand rêve: rejoindre les rangs des TUA sous la gouverne de son héros, Walter Reuther.

Robert Dean a été aux premières loges des événements qui ont marqué sérieusement l'histoire du Québec. Il a été un des principaux acteurs dans la grève de la General Motors Canada (GM) en 1970.  Il s'est investi corps et âme dans le long conflit impliquant la United Aircraft en 1974-1975. Tous les détails nous sont racontés par Robert Dean dans l'émission «La longue grève». http://ferrisson.com/la-longue-greve/

Dans son parcours professionnel apparaît un intermède entre 1981 et 1985 où il accepte l'invitation de René Lévesque à joindre les rangs du Parti Québécois. On lui confie diverses responsabilités dont celles de ministre du Revenu et ministre délégué de l'Emploi et de la Concertation. À la fin de cet épisode, il retourne au TUA comme conseiller technique et par la suite, il se met à son compte comme consultant.

Encore aujourd'hui, il repousse sans cesse sa retraite. Il agit comme formateur et conférencier syndical.

À regarder à http://ferrisson.com/robert-dean-tua-ftq/


Durée: 2 fois 27 minutes
Enregistrement: Le 14 mai 2014
Mise en ligne: automne 2014
Suppléments: 8
Capsules Flash: 4

|http://www.marianne.net/La-Grece-est-endettee-mais-surarmee-Cherchez-l-e...


|Pour les droits des femmes (PDF) à la commission parlementaire sur l’immigration
5572|5781|Société Accueil_Analyses|Les mots de la laïcité : Cessez de nous tordre le cou|2015-02-03 07:35:55|Paul de Bellefeuille|

Les mots se réunissent ce matin. Tous les mots sont en assemblée générale spéciale. C’est la première fois, dans l’Histoire des mots, qu’une telle assemblée se tient. Laïcité a décidé de déposer une plainte auprès de la grande Cour des mots. Les représentants et représentantes de la grande Cour viennent donc présenter à l’assemblée leur décision.

Le chef de la grande Cour des mots, Justice, prend la parole et lit, lentement, très lentement le contenu de la plainte de Laïcité. Justice a réclamé un grand silence et a même ordonné aux mouches de cesser de voler. Les mots sont attaqués et on sent Révolte sur un pied de guerre. Cette décision de la grande Cour des mots décidera du retour de la paix ou au contraire l’entrée en guerre des trois armées, Révolte, Rébellion et Résistance.

Cette plainte se lit ainsi :

J’accuse les porte-paroles de la laïcité d’usage frauduleux du mot Laïcité dont je suis l’unique détenteur et en conséquence le seul à en interpréter le sens;

J’accuse certains porte-paroles de la laïcité de détournement de sens en accolant à laïcité des adjectifs porteurs de confusion dans les esprits;

J’accuse certains porte-paroles de la laïcité de faux et usage de faux en m’instrumentalisant pour servir leur cause et leurs intérêts;

J’accuse certains définisseurs de sens de s’associer au Pouvoir et de se priver ainsi de leur liberté académique de rechercher la vérité en toute chose et avant toute chose;

Je réclame, en mon nom, Laïcité, et au nom de tous les mots qui y sont associés, de respecter le sens qui m’est donné et qui se suffit à lui-même et en lui-même;

Je réclame que cessent immédiatement les salves persistantes et insistantes des adjectifs sur la laïcité;

Je réclame, en conséquence, que les adjectifs qui déforment le sens de Laïcité retournent aux dictionnaires et n’en sortent plus pour me qualifier, me disqualifier ou me galvauder;

Je réclame le fin mot de l’Histoire et que Laïcité soit sertie dans un écrin sous le nom de Charte de la laïcité sans autres fioritures.

Faute de voir mes plaintes entendues et mes réclamations obtenues, moi Laïcité, en appellerai auprès de l’assemblée générale des mots, de la décision de la Cour des mots par l’ordre général de conscription de tous les mots par les trois armées Révolte, Rébellion et Résistance.

Un lourd silence suivit la lecture de cette accusation par Justice. Comme quand on dit « un ange passe ». Et puis les murmures des mots remplirent l’assemblée. Murmures qui se partageaient entre les mots qui appuyaient Laïcité et ceux qui ne souhaitaient que retourner à leur usage dans les dictionnaires.

Justice prit alors la parole afin de présider l’assemblée des mots. Elle décréta qu’elle entendrait une dernière fois Laïcité avant de rendre sa décision.

Laïcité s’adressa à l’assemblée en ces mots :

La laïcité est un facteur de paix sociale. La séparation des Églises et de l’État, réellement et symboliquement, est la représentation et l’incarnation de la laïcité. Tous les mots ont le droit de cité à l’autel de la laïcité. Il n’y a pas d’un côté les inclus et de l’autre les exclus. Il n’y a pas de laïcité ouverte ou fermée. Il n’y a pas d’un côté les hommes et de l’autre les femmes. Il n’y pas la séparation des croyants et des incroyants. Il n’y a pas la tolérance et l’intolérance en opposition et dos à dos.

Il y a la laïcité qui se suffit à elle-même et qui accueille tous ses invités à son banquet de la liberté, de l’égalité et de la solidarité. Ces trois valeurs doivent être réelles et apparentes. Tous les mots et la réalité qu’ils incarnent sont respectés. Les lois humaines sont les mêmes pour toutes et tous et en ce sens l’État doit garantir la neutralité et l’apparence de neutralité de l’État à tous les mots sans distinction.

Laïcité termina son plaidoyer en déclarant : On ne peut impunément passer les mots au tordeur, les assécher et les priver de leur sens. Que l’on cesse de me tordre le cou et de m’accuser d’être fermée et intolérante.

J’accueille d’une même main amicale tous les mots et leurs contraires. Et pour prouver ma bonne foi, je ne m’affuble d’aucun habit qui pourrait laisser croire que j’ai un préjugé favorable pour un mot ou un autre.

Justice rend sa décision

J’entends les cris de la fureur cogner à la porte de l’État. Les armées se préparent au combat et n’attendent qu’un signal pour vider tous les dictionnaires des mots en usage. Car tel est le mandat des trois armées, retirer les mots à l’humanité et ainsi l’empêcher de s’exprimer. Je ne peux me résoudre à ouvrir cette porte funeste et ainsi déposer un couvercle hermétique sur la liberté d’expression.

Je souhaite donc la bienvenue à tous les mots et n’en favorise aucun. Telle est ma décision.



|http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/428...

|Dans la série Web-télé « Les militants »
5581|5790|authebdo|authebdo - 6 février 2015|2015-02-06 08:50:42|L'aut'journal|Plus de 7 500 visites par jour !

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MOUVEMENT SOUVERAINISTE

Le Journal de Montréal cache-t-il PKP?
Rien dans la version papier du journal sur le premier débat des candidats à la course à la chefferie du PQ
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La cohérence d’être « pressée » à faire l’indépendance
Réplique à une chronique de Michel David du Devoir
par Martin Lachapelle

Ensemble, on va mettre au monde notre pays le Québec
Discours prononcé lors du lancement de la campagne de Martine Ouellet, le 1er février 2015, dans la circonscription de Vachon
par Martine Ouellet

1663 : La première constitution du Canada
Pays neuf où tout était possible, le Canada a été le berceau de la modernité en matière de justice
par Christian Néron


LAÏCITÉ

Laïcité et égalité entre les femmes et les hommes
Pour les droits des femmes (PDF) à la commission parlementaire sur l’immigration
par PDF-Québec

L’Empire anti-laïcité contre-attaque, prise 2
Quand la lutte contre l’intégrisme devient une lutte contre la « radicalisation »
par Martin Lachapelle

Les mots de la laïcité : Cessez de nous tordre le cou
Laïcité a décidé de déposer une plainte auprès de la grande Cour des mots
par Paul de Bellefeuille


COUP DE GUEULE

Fermeture des régions : PLQ / CPQ : même combat
Une prise de position claire, affirmative et longuement murie
par Alain Dion


POLITIQUE QUÉBÉCOISE


Je mange ma galerie ou quoi?
Pour recevoir de l’aide sociale
par Marielle Bouchard

De promoteur du revenu minimum garanti à Macoute en chef de Couillard
Le parcours du ministre François Blais
par Paul Cliche

Formation : eau trouble difficile à avaler
L’exemple du déversement de diesel qui a contaminé l'eau potable à Longueuil
par Richard Perron

ÉCONOMIE

Depuis 21 ans, 35 poursuites au Canada et un déboursé de 171 millions $
L’ALÉNA a préséance sur les lois du pays
par Gabriel Ste-Marie


MOUVEMENT SYNDICAL

Docu-web sur Raymond Parent
Dans la série Web-télé « Les militants »
par Ferrisson


MOUVEMENT POPULAIRE

Les locataires pris en otage
Le ministre Moreau interpellé
par Régie du lentement


ENVIRONNEMENT

Pétrolia dans la municipalité de Gaspé

Il faut immédiatement interrompre les travaux de la compagnie
par REGVHQ et Eau Secours


CULTURE

Une légende du pays en 2035
Épopée nord, une pièce d’Olivier Morin et Guillaume Tremblay
par Julien Beauregard

Vidéo
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La version papier de l’aut’journal, no. 336, février 2015
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5582|5791|Manchettes Culture|Une légende du pays en 2035|2015-02-06 09:09:15|Julien Beauregard|


Lecteur de littérature de science-fiction à son jeune âge, René Lévesque songeait à écrire un roman d’anticipation après son retrait de la politique, projetant le Québec dans un avenir où son statut de pays aurait été acquis.

Étonnamment, de voir dans une fiction futuriste que le Québec est un pays à part entière n’est pas marginal. De plus, s’il résiste à l’épreuve du temps, en ne peut pas en dire autant du reste de l’Amérique du Nord. La chute des États-Unis d’Amérique semble inévitable, entrainant avec eux le reste du Canada, à l’exception peut-être des Acadiens que le Québec parvient parfois à rescaper.

De manière générale, ce choix éditorial est moins une prise de position politique qu’une vision de l’évolution naturelle du monde, surtout lorsque cela vient d’un auteur américain ou d’ailleurs. Par contre, la chose n’est pas du tout innocente lorsqu’elle est alimentée par des créateurs québécois tel que le montre la toute récente pièce du Théâtre du Futur actuellement à l’affiche au Théâtre d’aujourd’hui, soit Épopée nord d’Olivier Morin et de Guillaume Tremblay.

Cette proposition théâtrale sous forme de récit d’anticipation est la troisième partie d’une trilogie incluant les pièces Clothaire Rapaille, l’opéra-rock et L’assassinat du président. Cette pièce s’installe sous la forme d’une légende racontée à des spectateurs installés tout autour de la pièce. L’ambiance rappelle une bonne vieille soirée canadienne avec ses danses et chansons traditionnelles, le sucre à la crème et le caribou partagé entre convives.

Le futurisme de Morin et Tremblay va de pair avec un profond enracinement dans des traditions qui autrement auraient été jugées désuètes, voire quétaines. On serait porté à croire que le statut de pays enfin acquis décomplexifie notre rapport au passé. Pays, il l’est devenu en 2022 au détour d’une campagne référendaire victorieuse menée par Gilles Duceppe, premier président de la nouvelle république.

En 2035, année où s’installe le récit, les promesses de jours meilleurs se réalisent dans les politiques économiques, environnementales et culturelles. Seule ombre au tableau, le peuple invisible, tel que Richard Desjardins les a appelés dans son documentaire de 2007 à propos des Algonquins, mais le problème reste le même à l’égard des autres peuples des Premières Nations.

Dans l’avenir, la problématique autochtone demeure entière. Pire, elle s’est envenimée avec un mépris digne du Indian act (loi sur les Indiens), cette loi coloniale et raciste que le gouvernement fédéral n’entend toujours pas modifier, encore moins l’abolir. Or, les autochtones ont planifié leur revanche qui fera en sorte de renverser les rôles entre dominant et dominé, entre majoritaire et minoritaire.

L’humour avec lequel Morin et Tremblay manipulent cette réflexion sur l’avenir est exubérant, mais non moins pertinent, bien que souvent cabotin. Le recourt au réalisme merveilleux permet d’explorer les archétypes et les mythes québécois afin de révéler notre intériorité collective, autant ses anges que ses démons.

Comme l’a confié au Devoir Guillaume Tremblay, ce travail de projection est définitivement mieux que ce que projettent ces politiciens abonnés aux «vraies affaires» dont les stratégies ne sont que planifications à court terme, leur vision de l’avenir n’allant jamais au-delà de la semaine suivante.


Épopée nord

texte, mise en scène et interprétation Olivier Morin
texte et interprétation Guillaume Tremblay
interprétation et musique Navet Confit
interprétation Myriam Fournier, Virginie Morin
musique sur scène Ariane Zita
scénographie Alexandre Paquet
éclairages Marie-Aube St-Amant Duplessis
une production du Théâtre du Futur
présenté à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’aujourd’hui du 27 janvier au 14 février 2015
en supplémentaires les 14, 17, 18, 19 et 20 février 2015

|Épopée nord, une pièce d’Olivier Morin et Guillaume Tremblay
5583|5792|Manchettes Mouvements_souverainiste|La cohérence d’être « pressée » à faire l’indépendance|2015-02-06 09:12:13|Martin Lachapelle|

Qualifiant Martine Ouellet de « pressée » à faire du Québec un pays, le chroniqueur Michel David doute de la capacité du PQ à se faire élire en promettant un référendum à la prochaine élection et croit qu’il devrait tout miser pour simplement prendre le pouvoir et sauver le modèle québécois menacé par les politiques d’austérité des libéraux.

Or, dans un Canada condamné à être dirigé au profit des autres provinces par la droite conservatrice ou libérale, pourquoi opposer social-démocratie progressiste liée au modèle québécois et projet de pays, alors que le PQ perd justement des appuis à négliger ces deux enjeux inter-reliés ?

Le chroniqueur du Devoir, Michel David, dans son article La « pressée », publié le 3 février dernier, sur la candidate à la chefferie du Parti québécois Martine Ouellet, et son programme prévoyant un référendum dans un premier mandat, pose plusieurs bonnes questions sur l’avenir du parti et de l’indépendance, même si on peut aussi très bien ne pas partager son pessimisme et être en désaccord avec lui.

« La plus grande difficulté pour le PQ serait plutôt de faire élire un gouvernement majoritaire sur la base d’une plate-forme prévoyant la tenue d’un référendum dans un premier mandat. »

Michel David a raison de souligner que la tâche de se faire élire en misant sur l’indépendance ne sera pas facile pour le PQ, mais la plus grande difficulté depuis 1998 est plutôt de se faire élire de façon majoritaire tout court. À la prochaine élection en 2018, ça fera 20 ans que le PQ n’a pas formé un gouvernement majoritaire. Pourquoi ?

Si Michel David voit l’indépendance comme un boulet pour la reprise potentielle du pouvoir du PQ à la prochaine élection, plusieurs, comme Josée Legault, estiment, au contraire, que la mise au rancart de l’indépendance par le PQ (depuis le référendum volé de 1995) et sa stratégie attentiste des « conditions gagnantes » pour le OUI avec un modèle dit de « bonne gouvernance » (ayant la fâcheuse manie de multiplier les errances à droite de la social-démocratie) est en train de couler le parti et la chance de faire du Québec un pays. 

Michel David le dit pourtant lui-même en mentionnant que Martine Ouellet fait le constat que Louis Bernard faisait durant la course à la chefferie de 2005 :

« Comme M. Bernard, Mme Ouellet propose que le PQ cesse de jouer sur les deux tableaux et assume pleinement son option. Le passé n’a-t-il pas démontré qu’un « bon gouvernement » péquiste ne suffit pas à produire les ‘‘conditions gagnantes’’ ? Au contraire, d’une élection à l’autre, le PQ recueille de moins en moins de voix et la souveraineté ne cesse de baisser dans les sondages. »

« Non seulement la perspective d’un référendum provoquerait une ruée des électeurs fédéralistes vers les urnes pour empêcher la tenue d’un troisième référendum, mais les souverainistes qui craignent de le perdre pourraient aussi choisir de bouder le PQ », écrit Michel David.

Il a raison sur le fait que les électeurs fédéralistes sortiront en grand nombre pour s’opposer au PQ si son programme électoral pour la prochaine élection prévoit un référendum. Mais n’est-ce pas là une évidence récurrente à laquelle le PQ fait face depuis sa naissance ?

Le vote fédéraliste très majoritairement en faveur du Parti libéral sort toujours fort, d’une façon ou d’une autre… Alors, aussi bien dire qu’on remet le projet du OUI à la semaine des 4 jeudis si les fameuses « conditions gagnantes » reposent sur la non-participation massive des électeurs du camp du NON.

Oui, il est vrai que certaines périodes de l’histoire furent plus favorables que d’autres pour les projets indépendantistes. Le Québec a d’ailleurs raté au moins trois rendez-vous avec l’Histoire (1775, 1837-1838 et 1967) avant même les deux premiers référendums, comme le souligne Pierre Dubuc dans Le Québec et la nouvelle donne internationale.

Au même titre que certaines conjonctures sont plus favorables que d’autres pour la gouvernance en général.

Sauf que l’argument qu’il faudrait attendre les « conditions idéales » pour proposer un référendum gagnant et faire un pays ne tient plus la route et cause principalement la déroute du PQ. Un argument boiteux ressemblant de plus en plus à une légende attentiste racontée par l’homme qui a vu l’homme qui a jamais vu l’ours parce qu’il est mort de vieillesse en attendant les conditions idéales pour aller dans le bois.

Michel David affirme également que les électeurs souverainistes ayant peur de perdre le prochain référendum pourraient décider de « bouder » lors de la prochaine élection, si le PQ s’engage à tenir un référendum. Effectivement. Une minorité pourrait le faire.

Mais les électeurs indépendantistes du PQ qui iront voter pour le bouder, en ayant peur de perdre le référendum, vont voter pour qui ? Pas les libéraux quand même. La CAQ ? L’ADQ/ CAQ a déjà fait le plein de votes à droite du PQ depuis longtemps.

Quant à ceux de gauche, qui ont peur de perdre le référendum, et qui sont supposés avoir aussi peur pour le modèle québécois menacé par l’austérité libéralo-caquiste, ont-ils intérêt à bouder le PQ en votant pour un tiers-parti progressiste qui n’a aucune chance de gouverner, alors que seul un PQ dirigée par la plus social-démocrate des candidats à la chefferie est en mesure de prendre le pouvoir et coaliser les électeurs à la fois progressistes et indépendantistes? La réponse logique et pragmatique à cette question est évidemment non.

D’ailleurs, plusieurs militants de Québec solidaire et d’Option nationale appuient déjà la candidature de Martine Ouellet à la chefferie du PQ.

« Certes, la solution idéale serait un Québec souverain qui défendrait les valeurs de justice sociale et de solidarité en Amérique du Nord, mais si cela n’est pas possible à brève échéance, ne vaudrait-il pas mieux parer au plus pressé et sauver ce qui peut l’être du modèle québécois, quitte à remettre la quête du pays à plus tard »

Pourquoi opposer le projet de pays et la social-démocratie progressiste à l’origine de l’État providence québécois menacé de démantèlement par l’austérité néolibérale des libéraux de Couillard au pouvoir à Québec, dans un Canada condamné à être dirigé au profit de l’Ontario ou de l’Ouest par la droite conservatrice de Harper ou le centre-droit des libéraux de Trudeau?

Oui, le Québec n’est pas un goulag et oui le Québec a réussi à se doter d’un filet social en évoluant dans le cadre fédéral. C’est vrai. Mais cela ne signifie pas nécessairement pour autant que le Québec ne serait pas plus gagnant d’être indépendant. Et la preuve est qu’aucun peuple devenu libre n’a encore jamais renoncé à son indépendance pour essayer de se développer, comme le Québec, avec seulement la moitié de son argent et de ses libertés.

L’indépendance n’est pas un caprice mais une nécessité. Un constat que même les plus à gauche sur l’échiquier ont déjà fait, comme Françoise David, dans le livre « Au bout de l’impasse à gauche » publié en 2007, en rêvant à une prise de pouvoir de QS qui ne surviendra toutefois jamais : « Je souhaite aussi que ce Québec solidaire soit souverain, puisse prendre en main son destin, édicter toutes ses lois, lever tous ses impôts. Il y a là un rêve, un projet qui appelle à la solidarité et à l’exigence. Car nous avons besoin de la souveraineté pour réaliser la plénitude du projet porté par la gauche québécoise. »

Comme quoi l’empressement de Martine Ouellet à faire l’indépendance relève donc de la cohérence et du gros bon sens pour quiconque prétend vouloir sauver le modèle québécois. Car on parle d’un préalable pour faire du Québec un endroit plus juste, plus vert et plus prospère.

|Réplique à une chronique de Michel David du Devoir
5584|5793|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|1663 : La première constitution du Canada|2015-02-06 09:19:11|Christian Néron|

L’auteurest membre du Barreau du Québec, Constitutionnaliste, Historien dudroit et des institutions.

L’adoption de l’Édit de création du Conseil souverain, en avril 1663, a été l’acte fondateur de notre existence en tant que société civile et politique en Amérique du Nord. Essentiellement, cet édit créait un Conseil souverain pourvu de pouvoirs éminents en matières administrative, législative et judiciaire pour l’ensemble de la Nouvelle-France.

Sur le plan judiciaire, l’édit faisait du Conseil souverain le tribunal de dernière instance de la colonie et l’obligeait à rendre justice en conformité aux seules lois et coutumes en vigueur dans le ressort territorial du Parlement de Paris. En statuant de la sorte, Louis XIV réalisait d’un trait le premier de deux objectifs majeurs d’une réforme d’envergure de l’administration de la justice qu’il s’apprêtait à lancer officiellement, soit « réunir tout son royaume sous une seule et même loi ». L’idée était audacieuse et avant-gardiste. Voici pourquoi.

Le dessein d’unifier le droit d’un même pays – ce qui nous semble si évident aujourd’hui – constituait du jamais vu et un défi sans pareil au XVIIième siècle. Depuis le Moyen Âge, les us et coutumes de la féodalité, les privilèges de classes, la divergence des intérêts avaient donné lieu à une diversité infinie et une accumulation de systèmes juridiques compliqués, difficiles à comprendre et à administrer, et enracinés partout dans de vieilles et profondes traditions1. Cette diversité s’étendait aux sources du droit, aux institutions judiciaires, au droit privé, et même au droit public qui n’existait qu’à l’état rudimentaire. En conséquence, une telle diversité était la cause d’abus et de désordres nombreux dans l’administration de la justice : les justiciables ignoraient les lois qui s’appliquaient à leur situation ; les juges, souvent incompétents et corrompus, administraient la justice comme ils l’entendaient ; les procès s’éternisaient au point de ruiner les justiciables ; et les cours d’appel se trouvaient impuissantes à corriger autant d’abus et d’injustices. Telle était donc la réalité, dans tous les pays du monde, et il fallait être rêveur ou visionnaire pour s’imaginer pouvoir y changer quelque chose.

Toutefois, on était au Siècle de Descartes en France, et Descartes était loin d’être le seul « cartésien » dans son pays. L’idée du temps était de se donner des règles claires et précises pour remettre de l’ordre dans tous les domaines de la vie sociale et politique. Louis XIV, dès le début de son règne, tout jeune souverain qu’il était, brûlait lui aussi d’impatience à l’idée de mettre de l’ordre dans son royaume et, plus particulièrement, d’ajouter du poids à son autorité par une réforme de la justice. Il secondait en cela Colbert, son principal ministre, qui travaillait déjà à un plan audacieux et ambitieux destiné à « unifier » et à « rationaliser » tout le droit français. C’était là une façon inédite et révolutionnaire de concevoir le droit et l’administration de la justice.

Bien que la tâche de rassembler et d’unir tous les justiciables sous une seule et même loi ait été d’une immense complexité dans le cas de la France, elle l’était beaucoup moins pour la Nouvelle-France, pays neuf, peuplé de 2,300 colons, où tout était à construire, où le droit était embryonnaire, et où l’administration de la justice était dispensée par un gouverneur qui, jouissant d’une immense latitude, pouvait se comporter, selon le cas, en despote ou en bon père de famille. L’unification du droit, dans une telle colonie, pouvait être réalisée en une seule et même opération. Louis XIV en a décidé formellement en avril 1663 en prescrivant que, désormais, le seul droit ayant force de loi en Nouvelle-France serait celui en vigueur dans le ressort du Parlement de Paris. L’idée était tout aussi simple que révolutionnaire : « un pays ! une loi ! » C’était une avancée sans égale dans le monde occidental de l’époque. Le Canada devenait une sorte de laboratoire de la modernité. Mais il y avait plus encore.


La codification du droit

Le deuxième objectif de la réforme de l’administration de la justice menée par Colbert était de « rationaliser » le droit en le structurant sous forme d’ordonnances de codification. Cette entreprise était audacieuse, gigantesque et sans précédent : elle consistait à rassembler, synthétiser et structurer, sous forme de codes, toutes les lois en vigueur dans le ressort du Parlement de Paris. En moins de vingt ans, cinq codes seront ainsi confectionnés, puis mis en vigueur en Nouvelle-France au fur et à mesure qu’elles recevront la signature du roi et le sceau du chancelier.

La poursuite de ces deux objectifs, à savoir l’unification et la codification du droit, donnera des résultats immédiats, substantiels et durables en Nouvelle-France. En France, par contre, le poids de l’histoire, la diversité des coutumes, et la résistance des classes privilégiés empêcheront les Français de s’approprier pleinement les bienfaits de ces réformes, et de s’habituer à vivre en pleine égalité sous une seule et même loi. Il faudra toute la violence et les brutalités de la Révolution de 1789 pour y arriver ou, en tout cas, pour s’en rapprocher.

En Nouvelle-France, toutefois, l’unification et la rationalisation du droit s’implanteront si spontanément et naturellement que, pendant près de cent ans – et sans même s’en rendre compte – les Canadiens vont vivre et prospérer sous un système légal à ce point réglé qu’il sera difficile d’en trouver l’équivalent ailleurs. Certains réformateurs anglais diront : « réglé comme un système d’horlogerie ! ». Sans l’avoir voulu ni recherché, ils vont donc bénéficier d’un système juridique hors du commun. Ils seront parmi les rares justiciables de cette époque à pouvoir vivre en pleine égalité sous une seule et même loi, à jouir d’une administration de la justice gratuite, moderne, réglée par des codes de procédure écrits, et à bénéficier d’une justice rendue par des juges professionnels et intègres tenus de prouver leurs compétences. Ce système, si bien réglé, a été implanté ici à partir de 1663. À n’en pas douter, il s’agit là de l’acte de naissance d’une société civile et politique. Puis, à la codification et à l’unification du droit, va s’ajouter un autre procédé d’intégration sociale : la langue.


L’unicité linguistique

Pour Colbert, la seule unification du droit pouvait être compromise sans son support obligé : la langue, à savoir la langue du roi, la langue dans laquelle étaient rédigées les lois du roi depuis 1539, année de l’adoption de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts2. Et cette ordonnance, enregistrée à l’origine dans le ressort du Parlement de Paris, allait entrer en vigueur dans les colonies de la France en Amérique du Nord par le simple enregistrement de l’Édit de création du Conseil souverain à Québec en septembre 1663.

Cette première ordonnance de notre histoire linguistique, qui précède de plus de trois siècles la Charte de la langue française, prescrit que toutes les lois, les ordonnances, les actes judiciaires, les actes officiels, et les actes rédigés par devant notaires, devront obligatoirement être rédigés dans le « langage maternel françois, et non autrement », et ce, sous peine de nullité absolue3.

Ainsi, une deuxième caractéristique de l’État-nation, « l’unicité linguistique » comme fait social et politique, s’ajoutait à « l’unicité juridique»4. Bien entendu, le XVIIème n’était pas familier avec l’idée de nation, et Colbert ne visait l’unicité de langue et de lois que pour des raisons d’efficacité administrative et d’intégration politique. Pour lui, une « langue », une « loi », un « roi » étaient essentiels au succès de ses grandes réformes parce que cette unicité, en érodant la diversité, était seule capable de garantir la liberté dans l’ordre, et de favoriser la prospérité générale dans le royaume. Mais, sans s’en rendre compte ni l’avoir recherché, Colbert avait mis en place tous les éléments qui allaient permettre à une nation de se former en Amérique de Nord. C’est lorsque le gouverneur Craig et sa petite clique coloniale vont tenter de mettre en place leur politique de dénationalisation que cette nation va prendre conscience d’elle-même pour réagir à cette agression.

Bref, l’Édit de création du Conseil souverain, en posant comme principe fondamental de l’État l’unicité de langue et de lois, aura provoqué une sorte d’accélération sociale en projetant la colonie en avant de son temps, et en posant imperceptiblement les bases d’une société civile et politique naturellement égalitaire. Sans s’en rendre compte, à leur insu, sans l’avoir voulu ni recherché, les Canadiens vont croître et se développer dans le cadre d’un modèle de solidarité sociale entièrement nouveau, soit celui d’une nation de citoyens. Fait exceptionnel et original pour l’époque, l’unicité de langue, l’unicité du droit, et l’usage de méthodes modernes d’administration publique vont ainsi favoriser l’émergence d’une fraternité civile où s’imposera l’idée de citoyenneté, gage de l’égalité de chacun devant la loi.


RÉFÉRENCES :

1. André Castaldo, Introduction historique au droit, Paris, Dalloz, 1999, p. 243.

2. Brigitte Basdevant – Gaudemet et Jean Gaudemet, Introduction historique au droit : XVII – XXième siècle, Paris, L. G. D. J., 2000, page 302.

3. Agnès Blanc, La langue du roi est le français. Essai sur la construction juridique d’un principe d’unité de la langue dans l’État royal, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 259.

4. Ibid., p. 32, 33, 364 et 370.

|Dans la série Web-télé « Les militants »
5597|5806|Langue Accueil_Analyses|Graham Fraser et le déclin de la communauté anglophone|2015-02-12 09:13:07|Pierre Serré, Ph.D.|

Il y a quelques jours, dans les pages d’un quotidien, le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, expliquait le bienfondé de la défense de la minorité anglophone du Québec. M. Fraser justifie l’intervention du gouvernement fédéral en regard au déclin de la communauté anglophone, semonçant au passage un État québécois qui ferait bien peu pour sauver sa minorité.

Il est difficile de comprendre de quel déclin M. Fraser parle. Les effectifs anglophones sont définis par la Loi fédérale sur les services dans les langues officielles. Tous les acteurs politiques n’utilisent donc que la « première langue officielle parlée ». Au recensement de 2011, la « communauté anglophone » québécoise comptait 1 058 000 membres – 14 % de la population, bien plus que les 8 % de langue maternelle anglaise. Toute l’action du gouvernement fédéral, de ses ministères, de ses agences et des sociétés de la Couronne, autant que celle du Quebec Community Groups Network, est basée là-dessus. Selon cet indicateur, la communauté anglophone du Québec se porte fort bien.

S’il existe plusieurs façons de définir la « communauté anglo-québécoise », la définition contenue dans la Loi fédérale sur les langues officielles ne tient pas compte de la pérennité de la majorité francophone. En proposant une définition concurrente de la minorité et des services publics que l’État a l’obligation de fournir, la Loi fédérale conteste le droit de l’Assemblée nationale de légiférer pour assurer la survie de la communauté francophone, tout en respectant les droits individuels.

Il est possible de trouver une définition juste et équitable qui ne soit pas basée sur le passé. mais sur les usages courants. Canalisant l’immigration vers la communauté francophone, cette définition reconnaît les métissages de tous les peuples vivant côte à côte, sans toutefois récompenser l’assimilation individuelle à l’anglais ou celle décidée par les parents pour leurs enfants.

Cette définition reconnaît la mobilité interprovinciale des citoyens, mais elle protège aussi l’intégrité du territoire québécois. La communauté anglo-québécoise ainsi définie ne permet pas de nier le droit des citoyens de demander et d’obtenir des services en anglais, mais elle peut servir de base à la répartition des ressources. Une définition de la « communauté anglo-québécoise » qui réponde à toutes ces exigences réunit les citoyens canadiens de langue maternelle anglaise vivant au Québec, nés dans cette province de parents nés au Canada.

Au recensement de 2006, on dénombrait 251 000 Anglo-québécois, dont 168 000 dans la région montréalaise – respectivement 3,5 % des Québécois et 5,0 % des Montréalais. La moitié de ces effectifs est née de parents francophones ou allophones. On calcule qu’il se trouvait en 2011 une différence de 807 000 personnes entre les effectifs anglo-québécois et les effectifs anglophones définis par la première langue officielle parlée (1 058 000 personnes). Ces 807 000 anglophones rassemblaient des ressortissants qui ne sont pas de langue maternelle anglaise, d’autres qui sont nés à l’étranger ou dans une autre province canadienne, et d’autres qui n’ont pas la citoyenneté canadienne.

Au cours des quarante à cinquante dernières années, la communauté anglophone a connu une transformation radicale. L’ajout de ces 807 000 personnes tient en grande partie au remplacement des 500 000 anglophones qui ont quitté le Québec au cours de la période 1966-2011. Ce demi-million de départs composant les soldes migratoires interprovinciaux (entrées moins sorties) était presqu’entièrement composés d’anglophones. Ces départs ont été largement compensés par l’arrivée de nouveaux anglophones via l’immigration, l’assimilation vers l’anglais d’avant la loi 101, incluant celle des francophones, celle issue des grandes vagues d’immigration et leur descendance née ici.

M. le Commissaire, c’est une version folklorique de l’histoire qui fait que le Québec a tant et tant bénéficié de la Charte de la langue française, la Loi 101, pour consolider un élan de francisation sans précédent dans son histoire. Rappelons que, si les immigrants arrivés au Québec n’avaient plus la possibilité de choisir des écoles primaires et secondaires anglaises pour scolariser leurs enfants, cette obligation n’a jamais touché que les enfants d’immigrants – jamais plus de 15 % des admissions.

Concernant les autres 85 % d’immigrants comme les natifs, la Loi 101 a plutôt consacré le libre choix de la langue des services gouvernementaux, notamment l’obligation de servir dans l’une ou l’autre langue tous les demandeurs de services. Jamais l’État québécois n’a-t-il lié ses services au financement, et ce dernier à la démographie de la minorité anglo-québécoise.

À l’heure où celle-ci disparaissait du paysage démographique, les services publics ont continué à desservir une communauté anglophone aujourd’hui plus nombreuse qu’elle ne l’a jamais été (ce qui se voit en particulier dans les institutions anglaises ou ethniques où il est fréquent qu’autant les travailleurs que les consommateurs soient majoritairement francophones ou d’autre origine). La question n’est pas anodine : même les enfants d’immigrants élevés en anglais mais obligés par la Loi 101 de fréquenter les écoles françaises ne présentent à peu près aucune substitution linguistique vers le français. Un environnement familial anglais ne francise pas.

Il y a lieu, M. le Commissaire, d’expliquer maintenant aux Québécois pourquoi l’effondrement de la minorité anglo-québécoise devrait être compensé par l’ajout de centaines de milliers d’assimilés nés au Québec, d’immigrants venus de l’étranger ou des autres provinces ? Pourquoi les francophones devraient fabriquer des anglophones qui, un jour alors qu’ils seront prêts à contribuer, quitteront aux deux tiers vers l’Ontario, le reste vers l’Alberta et la Colombie-Britannique, en une gigantesque subvention à la formation de la main-d’œuvre ? Pourquoi les francophones devraient accepter que chaque unilingue anglais, scolarisé hors Québec, fasse travailler dix travailleurs francophones en anglais ? D’où vient donc cette obligation de remplacer des effectifs anglophones alors que le gouvernement fédéral ne fait rien pour assurer la survie de la minorité francophone au Québec ?

M. le Commissaire Fraser, les garanties offertes à la minorité canadienne anglaise dans l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, le contrat originel de 1867, ne devraient pas s’étendre à tous les anglophones sans égard à leurs origines, incluant Martiens et Saturniens. Plutôt que de protéger encore aujourd’hui les anglophones des penchants les plus sombres de la majorité francophone, ainsi qu’on l’avait fait en 1867, n’y aurait-il pas lieu pour le gouvernement fédéral de travailler à la pérennité de la communauté francophone et d’ainsi montrer l’exemple au gouvernement du Québec ?

|Entretien au Magazine L’Humanité Dimanche
5599|5808|Langue Manchettes Mouvements_syndical|Jusqu’où ira la francophobie de ce gouvernement ?|2015-02-13 08:13:03|Louise Chabot|

L’auteure est présidente de la Centrale des syndicats du Québec

La décision du gouvernement Couillard de modifier radicalement les termes de l’entente France-Québec sur la mobilité étudiante s’ajoute à l’indifférence qu’il affiche quant à la défense et à la promotion du fait français au Québec.

Dès septembre prochain, les étudiants français verront leurs droits de scolarité annuels tripler, passant ainsi de 2 300 $ à plus de 6 650 $. Nul doute que les universités francophones situées en région seront les premières à en faire les frais.

Rappelons qu’actuellement, près de 12 500 étudiantes et étudiants français sont inscrits dans les universités québécoises, ce qui représente près de 40 % de tous les étudiants

et étudiantes étrangers présents au Québec. Les étudiants français et internationaux rapportent plus d'un milliard de dollars à l'économie québécoise et permettent la création de 8 000 emplois directs.

Selon nous, cette décision s’avère néfaste sur les plans économique, linguistique et démographique. Alors que le gouvernement vient tout juste de terminer les consultations visant une nouvelle politique d’immigration et d’inclusion du Québec, voilà un bien drôle de message à lancer quant à notre volonté d’attirer des immigrants francophones qualifiés.


Notre solution

Certains commentateurs ont soulevé, à juste titre, que près du tiers des étudiantes et étudiants français suivant leurs cours au Québec optent pour une université anglophone, ce qui contrevient à l’esprit de l’entente de réciprocité entre la France et le Québec qui visait une plus grande mobilité étudiante au sein de ces deux États francophones.

Par exemple, plusieurs ont remarqué qu’un étudiant d’une province canadienne inscrit à l’Université de Montréal paie des droits de scolarité trois fois plus importants qu’un étudiant français inscrit à l’Université McGill !

C’est dans cette optique que la CSQ demande au gouvernement de revoir sa décision initiale. En lieu et place, nous proposons que les droits de scolarité des étudiants français inscrits dans une université francophone demeurent les mêmes que ceux des étudiants québécois.

Les étudiants français qui choisiraient de s’inscrire dans une université anglophone verraient leurs droits de scolarité s’établir au même niveau que les étudiants canadiens des autres provinces.

Cette proposition permet toujours au gouvernement de faire des économies, tout en participant à la pérennité du français au Québec, notamment dans la région de Montréal, et en favorisant les capacités d’internationalisation des constituantes de l’Université du Québec (UQ) dans toutes les régions.

|Que les droits de scolarité des étudiants français inscrits dans une université FRANCOPHONE demeurent les mêmes que ceux des étudiants québécois
5600|5809|Manchettes Politique_Canada|En français, s'il vous plaît!|2015-02-13 08:19:57|Mario Beaulieu|

Alors qu'il était en Islande, le premier ministre Philippe Couillard s'est adressé à son auditoire en anglais exclusivement. Pas de bonjour, pas d'introduction en français. Inutile, le monde entier sait que le Québec est francophone. Nul besoin de le rappeler dans les forums internationaux.

La nomination d'un unilingue anglophone au ministère des Affaires étrangères relève de la même logique tordue. Le français n'est pas suffisamment important pour en faire un prérequis obligatoire pour diriger la diplomatie au Canada.

Visage d'un pays bilingue, le nouveau ministre des Affaires étrangères ne parlera que dans une langue, celle de la majorité. Et n'en déplaise aux tenants du bilinguisme institutionnel, c'est dans cette langue qu'on gagne des élections au Canada.

« Comme religion, le bilinguisme est un dieu qui a échoué », disait Stephen Harper, en anglais, en 2001. Et depuis qu'il est majoritaire, il ne cesse de nous faire la démonstration que le français n'est pas sa priorité.

Nous avons donc Justin Trudeau et Thomas Mulcair qui veulent un bilinguismecoast to coast, un gouvernement fédéral pour qui le français n'a pas d'importance et un gouvernement à Québec qui croit qu'il n'y a qu'en anglais qu'on peut faire des affaires avec l'étranger.

Pour le Bloc québécois, le français au Québec est un atout, pas un fardeau. C'est le ciment qui nous unit, notre ADN, le moyen d'expression de notre identité à la face du monde, ce qui nous différencie en Amérique, notre marque de commerce à l'international.

Le français nous définit comme une nation unique, forte et déterminée. Une nation qui a du caractère, qui se tient debout. Il me semble que ce sont là de bons arguments de vente qui devraient donner le goût aux pays du monde entier de faire des affaires avec nous.

Quand ce qui nous définit est tu par notre premier ministre et ignoré par le nouveau chef de la diplomatie canadienne, on met dans l'obscurité la nature même du Québec. Le Québec n'est pas bilingue - un grand nombre de Québécois le sont et c'est une bonne chose -, il n'a qu'une langue officielle et c'est le français. Notre résilience est celle de la diversité culturelle face à la tendance uniformisante de la mondialisation.

Sans exception, tous les gouvernements québécois depuis 1965 ont demandé à pouvoir conduire eux-mêmes, directement et en leur propre nom, leurs relations internationales dans leurs champs de compétence.

Depuis que cette demande a été formulée par Paul Gérin-Lajoie, le gouvernement fédéral refuse d'en reconnaître la validité. Ottawa a toujours été complètement fermé à l'idée que le Québec puisse être pleinement autonome à l'intérieur de ses champs de compétence dès lors qu'ils s'exercent à l'étranger. Le bras de fer Québec-Ottawa dure depuis 50 ans.

Puisque même la Constitution imposée de force au Québec nous accorde ce pouvoir exclusif de mettre en œuvre les accords internationaux dans ses champs de compétence, rien ne justifie que ce soit Ottawa qui les négocie et les ratifie.

Les conservateurs avaient promis de régler cette question en faisant une série de promesses ambitieuses lors de l'élection de 2006. Ils n'ont respecté aucune d'entre elles. Pire, aujourd'hui, Ottawa piétine encore une fois la capacité de représentation du Québec en tant que nation francophone sur la scène internationale en nommant un unilingue anglophone, Rob Nicholson, au poste de ministre des Affaires étrangères.

Et dire que, pendant ce temps, Graham Fraser s'inquiète de l'avenir de l'anglais au Québec...

Le premier ministre du Québec doit rectifier le tir et mieux défendre le français comme langue commune ici et comme véhicule de la diversité culturelle à l'étranger. Et le gouvernement fédéral doit laisser le Québec prendre sa place à l'international.

Il nous faut des députés du Bloc québécois pour ramener la présence du français à la Chambre des communes. Il ne faut pas se résoudre à ce que le Québec soit mis à l'écart, réduit à une composante domestique qu'on peut laisser de côté. Il faut de députés du Bloc pour paver la voie à la seule condition du plein épanouissement du Québec et de son rayonnement dans le monde, le statut de pays libre et indépendant!



|Il nous faut des députés du Bloc québécois pour ramener la présence du français à la Chambre des communes
5601|5810|Manchettes Mouvements_souverainiste|Cessons d’attendre les conditions gagnantes : créons-les!|2015-02-13 08:23:53|Bernard Drainville|

Ça fait des années qu’on se dit qu’il faut arrêter de parler du calendrier référendaire et plutôt parler du pourquoi de l’indépendance. C’est ce que je fais depuis mon entrée en politique. En mai 2012, par exemple, j’ai longuement répondu à un ministre libéral qui affirmait n’avoir jamais entendu un péquiste faire la démonstration des avantages de la souveraineté. Ma réponse « Si le Québec était indépendant » a été visionné près de 200 000 fois sur YouTube :http://goo.gl/rMcOkg

Le problème auquel nous sommes confrontés, c’est que tant que nous ne serons pas parfaitement clairs sur notre échéancier référendaire, nos adversaires vont nous ramener au calendrier, ce qui nous empêche de parler des avantages de l’indépendance. Aux prochaines élections, en 2018, on ne pourra pas se contenter des « peut-être ben que oui, peut-être ben que non, c’est pas exclu », etc. Si on veut mettre les questions de calendrier derrière nous, on devra décider avant les élections de nous engager ou non à tenir un référendum.

Il faut aussi que nous cessions d’attendre les conditions gagnantes, d’espérer l’évènement miraculeux ou de croire qu’il nous suffit d’être enthousiastes pour réussir. Les conditions gagnantes, nous devons les créer.

Le leadership, ça consiste aussi à dire les affaires telles qu’on les voit, à être franc. Et moi, je pense qu’on a beaucoup de travail à faire pour réussir à faire du Québec un pays. C’est pour ça que j’ai proposé un plan.

Les bases intellectuelles de ce plan se résument à une question, fondamentale : province ou pays? La démonstration que nous devons faire auprès des Québécois, c’est que dans tous les domaines, nous serons mieux servis comme pays que comme simple province du Canada. Nous devons démontrer que le plus grand risque pour le Québec, ce n’est pas de devenir un pays, c’est de demeurer une simple province du Canada.

D’ici 2018, notre objectif principal consiste à faire augmenter nos appuis, notamment auprès des jeunes générations. Depuis plusieurs années, on perd trop souvent la bataille des idées, de l’organisation, de l’innovation. Je propose donc de créer le Groupe force indépendance, une force de réflexion, d’organisation et d’action politiques formée d’employés permanents et d’une majorité de jeunes, dont une partie issue de la diversité.

Pour convaincre les jeunes Québécois, rien de mieux que les jeunes indépendantistes. Et puis, je me dis depuis longtemps que les dizaines de milliers de membres ont des tonnes d’idées, d’arguments, d’exemples à offrir. Le GFI sera chargé de recueillir et de mettre en œuvre cette immense intelligence collective qui est la nôtre.

On va se donner une arme de conviction massive. On va se donner les moyens de gagner la bataille des idées, des communications, de l’organisation et de l’innovation politiques. On va arrêter d’attendre les conditions gagnantes : on va les créer!

Si vous voulez m’aidez à y arriver, je vous vous invite à venir nous voir au : www.bernarddrainville.org

On se reparle,

Bernard Drainville

|Je propose donc de créer le Groupe force indépendance, une force de réflexion, d’organisation et d’action politiques
5602|5811|authebdo|authebdo - 13 février 2015|2015-02-13 08:30:02|L'aut' journal|Plus de 7 500 visites par jour !

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COURSE À LA CHEFFERIE AU PARTI QUÉBÉCOIS

Un péquiste peint un portrait décapant de PKP
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Pierre Dubuc provoque une vraie course au PQ
Une lecture incontournable pour tous les indépendantistes et encore plus pour les militants péquistes qui auront à choisir ce futur chef
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PKP, le candidat du Globe and Mail
Le journal torontois écrit en éditorial qu’il verrait d’un bon oeil la victoire de PKP

Cessons d’attendre les conditions gagnantes : créons-les!
Je propose donc de créer le Groupe force indépendance, une force de réflexion, d’organisation et d’action politiques
par Bernard Drainville


ÉDITO

C-51 : Un projet de loi « anti-terroriste » contre les indépendantistes, les syndicalistes et les environnementalistes
Quand le Globe and Mail fait la leçon aux médias québécois
par Pierre Dubuc


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Santé : la surtout pas radicale réforme libérale
Tout le monde est dans le champ sauf Gaétan ?
par Martin Lachapelle


Santé : Le Québec n'a pas perdu le contrôle sur ses dépenses
Il risque de le faire avec l’adoption du projet de loi 10
par IRIS


POLITIQUE CANADIENNE

En français, s'il vous plaît!
Il nous faut des députés du Bloc québécois pour ramener la présence du français à la Chambre des communes
par Mario Beaulieu

Chronique d’un jeune bloquiste
Une année cruciale
par Louis-Philippe Sauvé


INTERNATIONAL

Kusturica sur l’Ukraine
Entretien au Magazine L’Humanité Dimanche
par Pierre Jasmin


MOUVEMENT SYNDICAL

Le collectif Refusons l’austérité intensifie la mobilisation
Un grand rassemblement s’est tenu le 12 février

Docu-web sur Maurice Boucher
Dans la série Web-télé « Les militants »
par Ferrisson


MOUVEMENT ÉTUDIANT

Des sociétés de façade pour des contrats de recherche militaire à McGill
Près d’un million de dollars en accords depuis 2009 pour des recherches visant le développement d'armes
par Démilitarisons McGill


LANGUE


Jusqu’où ira la francophobie de ce gouvernement ?
Que les droits de scolarité des étudiants français inscrits dans une université FRANCOPHONE demeurent les mêmes que ceux des étudiants québécois
par Louise Chabot

McGill contre les « exigences de connaissance du français »
Une politique linguistique trompeuse
par Frédéric Lacroix

Graham Fraser et le déclin de la communauté anglophone
La « communauté anglophone » québécoise représentait 14 % de la population, bien plus que les 8 % de langue maternelle anglaise
par Pierre Serré, Ph.D.


LAÏCITÉ

Charlie Hebdo : Khadir, Mulcair et Couillard campent sur les mêmes positions
Entrevue avec André Lamoureux du Rassemblement pour la laïcité
par Rose St-Pierre


COUPS DE GUEULE

Ras le bol!
Il y a bien plus que les considérations comptables pour faire un monde où il fait bon vivre
par Michel Saint-Laurent

Alice au pays des merveilles libérales
Wlle a fait une chute presque interminable qui l'a emmené dans un monde aux antipodes du sien
par Philippe Desjardins


CINÉMA

Vendus comme terroristes à la cruelle Amérique
Ouïghours, prisonniers de l’absurde, un film de Patricio Henriquez
par Ginette Leroux


Vidéo
Bande dessinée
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5603|5812|Manchettes Politique_Québec|Santé : la surtout pas radicale réforme libérale|2015-02-13 08:26:30|Martin Lachapelle|

Alors que l’intensification de la lutte contre l’austérité libérale inquiétait déjà les libéraux, l’imposition d’une réforme de la santé contestée par tous les principaux intervenants concernés n’a rien pour diminuer l’ardeur des manifestants et calmer les craintes de ceux qui appréhendent le retour des casseroles au printemps. Comme les chroniqueurs néolibéraux et libertariens qui critiquent l’attention médiatique accordée aux manifestants en souhaitant que le gouvernement aille encore plus loin.

Les projets de loi 10, 20 et 28 du ministre Gaétan Barette portant sur l’orientation et la gestion budgétaire du réseau de la santé sont fortement contestés par à peu près tous les intervenants concernés.

Des médecins spécialistes, aux omnipraticiens, aux infirmières jusqu’aux pharmaciens, tous s’entendent pour dénoncer cette réforme bulldozer que le Parti libéral s’est bien gardé de discuter dans le détail lors de la dernière campagne électorale. Faut croire que dire la vérité ne devait pas faire partie des « vraies affaires ».

Au-delà du double déni de démocratie causé par cette omission délibérée des libéraux et l’imposition du bâillon pour museler l’opposition, les opposants aux projets de loi 10 en ont contre cette réforme, car ils estiment qu’elle n’apportera rien de plus aux professionnels du réseau de la santé chargés de soigner les patients.


Une réforme plus centralisatrice que salvatrice sans aucune garantie d’économie

Au départ, on parle d’un brassage de structures par la création des CISSS et l’élimination des CSSS créés il y a une dizaine d’années (qui commençaient pourtant à bien s’organiser). Avec pour résultat une centralisation des prises de décisions qui s’inscrit à contre-courant avec l’approche asymétrique visant à assurer une proximité des centres décisionnels avec le patient.

Sans oublier la pensée magique du fouet, des quotas et des pénalités financières pour augmenter la charge de travail des médecins. Une idée à laquelle le ministre Barrette n’a curieusement jamais songé à l’époque où il était justement un de leurs représentants.

Toujours est-il que le ministre Barrette blâme les jeunes et les femmes médecins de ne pas avoir une bonne « culture de travail ». Des prétendus paresseux responsables du manque d’accès à un médecin en refusant d’être aussi disponibles qu’Yves « double trempette » Bolduc, l’infatigable médecin hyper performant qui travaille apparemment 8 jours sur 7 pour remplir ses quotas de patients…

Enfin, si les radios-poubelles ayant en horreur le modèle québécois et la fonction publique ont dû sauter de joie en apprenant que des milliers de cadres allaient perdre leur emploi avec le projet de loi 10 (comme si tout ce beau monde était surpayé pour accomplir un travail inutile), ajoutons que le projet de loi 28 concernant la coupure de 170 M$ dans les honoraires des pharmaciens à qui on demande de faire plus avec moins aura aussi pour conséquences des réductions de services et de postes pour plusieurs techniciennes en pharmacie. Et d’autres « gagne-petits » comme des livreurs ou des caissières.

Bref, des milliers d’emplois perdus pour du monde ordinaire et non des millionnaires.

Et tout ça pour quoi? Pour centraliser de façon contre-productive le réseau de la santé sur le dos de ses employés, sous prétexte que les dépenses du réseau seraient trop élevées et que le gouvernement pourraient apparemment réaliser des économies de 220 M$ avec le projet de loi 10 ? C’est ça ?

Or, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) estime au contraire que le projet de loi 10 du gouvernement libéral, par son aspect centralisateur, fera plutôt augmenter les dépenses publiques au lieu de les limiter.

L’IRIS déboulonne aussi le mythe de l’explosion des coûts de notre « trop » généreux système de santé public en rappelant que les dépenses publiques québécoises en santé, qui s’élèvent à 5616$ par habitant, sont pourtant moins élevées que la moyenne au Canada (6045$), ou celle des USA, avec le modèle américain du « tout au privé » contrôlé par des compagnies d’assurances (plus de 9000$). Une hausse des dépenses publiques s’élevant à 28 % depuis 1981 comparativement à 114 % pour le « super » privé.

On réalise donc que les mesures d’austérité libérale comme la réforme de la santé reposent sur l’entêtement idéologique et non la logique. Car ce gouvernement apparemment anti-radical qui prétend être obligé de couper demande la contribution de tout le monde… sauf ses vaches sacrées.

Doit-on rappeler que le financement des écoles privées coûte plus cher (500 M$) que l’économie escomptée (390 M$) avec les projets 10 et 28, pendant que l’Ontario, de son côté, ne donne absolument rien aux écoles privées ?

Et doit-on rappeler que les dépenses en santé seraient beaucoup moins élevées si le gouvernement libéral ne s’était pas entêté à construire deux hôpitaux universitaires à Montréal, alors que des villes nettement plus populeuses et prospères en comptent pourtant un seul ?


Rangez le bulldozer… et sortez le tank

Comme si cette réforme néolibérale n’était pas déjà assez radicale, sachez que les libertariens encore plus à droite de la droite voudraient aller plus loin.

Telle que la cofondatrice du Réseau liberté-Québec, Johanne Marcotte, qui souhaite pratiquement que la réforme, pas assez radicale de la droite dite molle des (néo)libéraux partisans du « tout à l’État » (!), sonne le glas du modèle public au profit d’une privatisation du réseau de la santé. Et ce même si le Québec est déjà un paradis pour le secteur privé.

Tant qu’à délirer davantage, ajoutons que cette militante pour les libertés individuelles, qui ne semble pas se formaliser du fait que des patients perdront la liberté de choisir où ils veulent être soignés, a aussi critiqué le prétendu biais de Radio-Canada en faveur des opposants à l’austérité.

Ça ne s’invente pas. Faisant dans la paranoïa trudeauiste ou harperienne, Johanne Marcotte prétend que Radio-Canada serait « anti-libérale » et pencherait même à gauche. Avec des commentateurs politiques tels que les Marie Grégoire, Yolande James, Lisa Frulla, Daniel Lessard, Tasha Kheiriddin, les chroniqueurs politiques de Gesca comme Alain Dubuc, sans oublier les commis de service de l’Institut économique de Montréal ? Et une certaine membre du très à droite courant libertarien, qui a elle-même déjà profité de temps d’antenne sur les ondes du prétendu nid de gauchistes (et de séparatistes) radio-canadiens ?


Alain Dubuc et les vrais clowns de l’info-spectacle…

Terminons avec une autre critique délirante contre Radio-Canada. Dans un article intitulé L’information-spectacle publié le 9 février dernier, Alain Dubuc a affirmé que RDI (et le secteur de l’information en continu) n’en aurait que pour les « images » et aurait fait de l’info-spectacle en médiatisant le fait que des manifestants contre l’austérité et la privatisation des services publics ont récemment perturbé un discours économique adressé à des gens d’affaires par le gouvernement.

(On ne parlerait que d’un groupe marginal et de seulement 400 trouble-fêtes…)

Or, l’info-spectacle ne se limite pas qu’à la télé ou à la radio, ni aux « amuseurs » de l’information apparemment dépourvus de crédibilité tel qu’Infoman.

Puisque l’info-spectacle, au même titre que n’importe quel spectacle, ne se résume pas qu’à des images et du son. Le spectacle dépend aussi souvent d’une mise en scène et d’un scénario. Et qui de mieux que des chroniqueurs biaisés pour pondre le scénario des films de science-fiction politique sur les prétendus bienfaits de l’austérité ?

Comme l’a déjà souligné Marc Labrèche dans un texte d’opinion intitulé Qui sont les vrais clowns de l’infospectacle? :

« N’y a-t-il pas (…) dans les journaux, des chroniqueurs et columnists qui font encore de la démagogie et manipulent l’information afin de rassembler la meute et glorifier leur ego ? Ce ne serait pas eux, plutôt, les vrais clowns de l’infospectacle ?

|Tout le monde est dans le champ sauf Gaétan ?
5604|5813|Manchettes Culture Cinéma|Vendus comme terroristes à la cruelle Amérique|2015-02-13 08:56:17|Ginette Leroux|

Scénario et réalisation : Patricio Henriquez
Durée : 99 minutes
Année de production : 2014
Langues : ouïghour, anglais, chinois, v.o. anglaise, sous-titres français
Producteur : une coproduction de Macumba Media et de Catherine Loumède (ONF)
Date de sortie : 13 février 2015

« La campagne contre le terrorisme continue », affirmait le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, lors d’un point de presse au Pentagone, le 19 novembre 2001, avant d’ajouter que « nos objectifs militaires immédiats restent la destruction du réseau Al-Qaïda, les dirigeants talibans et la fin de l’Afghanistan comme lieu où les terroristes sont hébergés ». Ainsi commence « Ouïghours, prisonniers de l’absurde », le plus récent documentaire de Patricio Henriquez. Les propos de Rumsfeld scellaient le sort de nombreux hommes pris au piège d’un conflit dont ils demeureront, à tout jamais, d’innocentes victimes.

« On courait comme des animaux », confie Abou Bakker, se remémorant le début des bombardements en Afghanistan, après le 11 septembre 2001. Fuyant les répressions aux limites de « l’ethnocide » du régime chinois, de nombreux Ouïghours, peuple turcophone et musulman, ont quitté le Turkestan, situé dans la région occidentale de la Chine, pour trouver refuge dans les pays voisins, l’Afghanistan et le Pakistan.

Le cinéaste engagé a réussi à retracer vingt-deux de ces hommes traqués au cœur d’une guerre qui leur était étrangère. Trois d’entre eux témoignent. Abou Bakker, Ahmat et Khalid ont accepté de raconter leur lutte incessante contre les autorités américaines et… chinoises depuis le jour où des seigneurs de la guerre véreux et autres bandits profiteurs les ont vendus comme terroristes aux Américains. « Je ne croyais pas que ces passeurs étaient américains. Les États-Unis sont un pays démocratique », raconte l’un d’eux.

Ces hommes ont été marqués du sceau de combattants ennemis. Une étiquette dont ils n’ont jamais réussi à se débarrasser, malgré leur remise en liberté à la suite de sept années d’enfer passées dans les prisons de Guantanamo où, ironiquement, un panneau affiche le slogan « Honour bound to defend freedom » qui se traduit par « Le devoir de défendre la liberté ».

L’interprète américaine d’origine ouïghoure Rushan Abbas et l’avocat bostonnais Sabin Willet, empreints d’empathie et d’humanité, ont travaillé sans relâche et insufflé aux prisonniers l’énergie nécessaire pour qu’ils se battent jusqu’au bout.

Apatrides, ces Ouïghours vivent aujourd’hui dans des pays qui leur ont offert l’asile politique en échange du soutien financier des États-Unis. Dénigrés, critiqués, incompris dans leur pays d’accueil, ils demeurent persona non grata, sans droits ni passeports.

Images d’archives, cartes animées retraçant le parcours d’errance des déracinés en quête de liberté, une caméra inventive qui capte les moments d’émotions des principaux intervenants dans cette cause sont autant de moyens utilisés par le documentariste pour démontrer avec habileté et tact le sort inexplicable réservé à ces sacrifiés sur l’autel de la « démocratie » américaine.

Patricio Henriquez, d’origine chilienne, est Montréalais depuis 1974. Le cinéma n’est pas seulement sa passion, mais le truchement par lequel passe un engagement politique et humain en faveur des personnes opprimées par des régimes qui dénient les droits fondamentaux. Rappelons que sa carrière a débuté en 1998 avec le film « 11 septembre 1973, le dernier combat de Salvador Allende », relatant le coup d’État qui a bouleversé la vie de nombreux Chiliens comme lui, forcés de s’expatrier.

Dix ans plus tard, l’actualité l’interpelle à nouveau. « Sous la cagoule : un voyage au bout de la torture » s’intéresse aux détenus d’Abou-Graïb en Irak, torturés par les soldats américains. En 2010, Henriquez réalise « Vous n’aimez pas la vérité, 4 jours à Guantanamo », récompensé d’un Gémeau et du Prix spécial du jury au Festival international du documentaire d'Amsterdam, le plus important festival de cinéma documentaire au monde. Dans ce film, il scrute le sort réservé à Omar Khadr, dont les droits fondamentaux ont été usurpés avec l’assentiment des autorités canadiennes.

Le film est dédié à Magnus Isacsson, cinéaste engagé et ardent défenseur du documentaire.


Ouïghours, prisonniers de l’absurde prend l’affiche le 13 février 2015 en version originale anglaise et sous-titres français.

Cote 

|Ouïghours, prisonniers de l’absurde, un film de Patricio Henriquez
5605|5814|Accueil_Actualités|Le collectif Refusons l’austérité intensifie la mobilisation|2015-02-13 09:00:07|L’aut’journal|

Le grand rassemblement citoyen organisé par le collectif Refusons l’austérité, qui s’est tenu le 12 février au Centre des congrès de Québec et suivi d’une manifestation devant l’Assemblée nationale, a donné lieu à l’élaboration d’un plan d’action et de mobilisation qui s’accentuera au cours des prochaines semaines.

« Les impacts des coupes budgétaires dans les programmes et les services publics sont concrets, soutiennent les organisations membres du collectif.Le gouvernement vient de mettre en place un mécanisme de démantèlement du réseau public de santé qui risque grandement d’en réduire l’accessibilité et d’élargir la privatisation. Il a augmenté les tarifs pour les services de garde à la petite enfance en instaurant le principe d’utilisateur-payeur. Il impose des compressions aux universités, réduit l’aide sociale, affaiblit les régions, coupe l’aide aux devoirs. Et ce ne sont là que quelques exemples de ce qu’il fait subir à la population. »


Pas de relâche pour protester

Depuis le début de l’année, les groupes membres du collectif ont multiplié les actions pour s’opposer aux politiques imposées par les libéraux. Visites de députés et de ministres, occupations de leurs bureaux, grande mobilisation contre les hausses de tarifs dans les centres de la petite enfance (CPE), vigile du 6 février contre le bâillon du projet de loi no 10 (loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux), mobilisations régionales diverses, et ce, sans compter les diverses actions de l’automne dernier, dont la grande manifestation du 29 novembre.

« Nous sommes unanimes : il faut faire reculer le gouvernement avant qu’il n’ait complètement détruit le modèle québécois. La seule façon d’y parvenir est de maintenir la cadence dans nos opérations de mobilisation et de visibilité,enchaînent les porte-parole du collectif. La Journée internationale des femmes, le dépôt du budget, la Fête internationale des travailleuses et travailleurs, seront autant d’occasions pour tous les citoyens et citoyennes de signaler au gouvernement leur rejet des politiques d’iniquité, d’injustice et d’appauvrissement qu’il est en train d’instaurer en faisant reculer le Québec de 50 ans. »


D’autres solutions

Les groupes membres du collectif ont également étoffé leurs solutions pour assurer le développement économique durable du Québec et mettre en place les fondements d’une société plus juste.

« Nous l’avons dit plusieurs fois, le gouvernement pourrait par exemple décider de repousser le versement au Fonds des générations, une mesure sans aucun coût qui permettrait de dégager un surplus de 227 millions de dollars » soulignent-ils.

Ils ajoutent : « À l’heure où un scandale comme celui de la HSBC fait les manchettes, on est à même de réaliser à quel point il faut développer des moyens de lutter efficacement contre les paradis fiscaux. La révision de notre régime fiscal, qui passerait notamment par une refonte des avantages fiscaux favorisant les plus riches, une plus grande progressivité de l’impôt des particuliers et une imposition plus juste des grandes entreprises et des banques seraient aussi beaucoup plus porteuses que les attaques envers la classe moyenne, les travailleurs, les femmes et les personnes défavorisées auxquelles se livrent les libéraux », concluent-ils.

Source : Collectif Refusons l’austérité

|Un grand rassemblement s’est tenu le 12 février
5606|5815|Accueil_Actualités|Ras le bol!|2015-02-13 09:04:39|Michel Saint-Laurent|

L’auteur habite les Îles-de-la-Madeleine

Depuis un certain temps, on nous sert plein de révélations sur la façon dont les nantis de ce monde « se graissent la patte », comme on dit. Le « Swissleaks », qui fait état des activités de la banque HSBC et de ses boniments envers les riches afin de leur permettre d'évader le fisc, de ne pas payer d'impôts, puis, le rapport d'Oxfam, montrant à quel point une infime minorité de multi-milliardaires contrôle les économies de la plupart des pays et, plus près de chez nous, toutes ces magouilles révélées par la Commission Charbonneau, sans parler de ces démissionnaires d'organismes publics et parapublics qui « se sauvent avec la caisse », toutes ces informations sont proprement scandaleuses, voire révoltantes.

Et qui plus ces révélations ne constituent, à n'en pas douter, que la pointe de l'iceberg et sont de nature à susciter un véritable haut-le-coeur sur la gouverne infâme des oligarques d'aujourd'hui, ces barons de la finance, ces « boursicoteurs  affamés», ces profiteurs insatiables, ces banques voraces, qui sont les véritables décideurs des politiques publiques.

Véritables décideurs car ce sont eux qui alimentent les caisses électorales des partis politiques qui leur sont, par la suite, redevables. Des politiciens fantoches les appuient, les protègent, les soutiennent, créent leurs échappatoires et, une fois au pouvoir, leur retournent l'ascenseur, cela va de soi. Tous ces lâches ont abdiqué leurs responsabilités d'agir pour le bien-être des populations qu'ils sont censés représentées et ne sont que des succédanés d'êtres politiques.

Enfin, ici au Québec, en ce moment, nous assistons à l'assaut calculé, tous azimuts, des libéraux, appuyés par leurs faux-frères de la CAQ et les médias serviles, visant à détricoter les politiques que des gouvernements antérieurs, avant l'assaut du néo-libéralisme, avaient mis en place afin d'assurer un minimum d'équité sociale.

Tout y passe. Santé, éducation, garderies, assisté(e)s-sociaux, régions, aîné(e)s, environnement, la mentalité comptable, le « tout à l'économie » balaie tout sur son passage alors que l'on se doute bien qu'ici même, comme ailleurs, les privilégiés de ce monde s'en mettent plein les poches, à nos dépens. Et ils ont le culot de nous demander, voire de nous forcer à nous serrer la ceinture...

Il serait intéressant de connaître les noms de ces privilégiés d'ici, car il y en a certes, ayant profité des « planques » des paradis fiscaux alors qu'ils sont derrière, de par leurs « oboles » aux partis politiques, les politiques d'austérité que nous servent, à la petite cuillère, nos gouvernements, qui n'ont rien de démocratiques.

À l'exemple de la Grèce, qui refuse les diktats imposés par la Troïka de l'Union européenne (UE), du Fonds monétaire international (FMI), et de la Banque centrale européenne (BCE) et qui se bat, qui se tient debout, et de tous ces autres groupes socio-politiques d'ici et d'ailleurs qui résistent au saccage perpétré par un capitalisme sauvage, il devient impérieux que toutes les forces vives du Québec, tous les progressistes s'unissent afin de dire, haut et fort, à tous ces fumistes qui nous gouvernent, et leurs suppôts financiers, que la récréation a assez duré et qu'il y a bien plus que les considérations comptables pour faire un monde où il fait bon vivre.


|Il y a bien plus que les considérations comptables pour faire un monde où il fait bon vivre
5607|5816|Accueil_Actualités|Alice au pays des merveilles libérales|2015-02-13 09:07:42|Philippe Desjardins|

Alice était une jeune femme confiante en l’avenir, mais depuis les élections du 7 avril 2014, elle a fait une chute presque interminable qui l'a emmené dans un monde aux antipodes du sien, la confrontant depuis au paradoxe, à l'absurde et au bizarre.

Tout au début, Alice crut le Chapelier, nouveau chef du pays des merveilles libérales lorsqu’il disait vouloir soutenir les familles afin qu’elles réalisent leurs projets, qu’elles puissent vivre là où elles le veulent, entourées de ceux qu’elles aiment. Toutefois, les apparences étaient trompeuses, car les bons emplois en région ont presque tous été éliminés, menaçant ainsi les régions de fermeture.   

Poursuivant son discours illogique, le diabolique Chapelier mentionna l’importance de prendre le temps de bien écouter ceux qui nous ont élus pour les représenter. Après ces paroles, Alice s’est retrouvée instantanément de l'autre côté du miroir, car le Roi de cœur, la Reine de cœur, le Valet de cœur, le Lapin Blanc, le chat du Cheshire et toutes ces nouvelles créatures apparues le 7 avril n’écoutaient que l’entreprise privée.

Lorsque le Chapelier indiqua que son travail, c’est de libérer tout le potentiel du pays des merveilles libérales et de combiner ses avantages dans un véritable élan vers la prospérité, Alice rapetissa instantanément, car Tweedledee et Tweedledum ont aussitôt dilapidé des milliards en sous-traitance, tout en congédiant ou en réduisant brutalement les conditions de travail d’Alice et de ses semblables de la classe moyenne.

Plus tard, Alice se mit à grossir de colère, car le Chapelier avait promis la transparence dans ses actions et dans son utilisation des fonds publics. Alice fut envahie par la rage lorsque Humpty Dumpty, dans son fief de Rivière-du-Loup, engagea des dépenses d’apparat pour soi-disant améliorer tout ce qui est informatique, sécurité et aménagement des lieux.

Alice n’était pourtant pas au bout de ses peines, car le Chapelier osa même déclarer, sans rire, que le meilleur remède à l’obscurité, c’est la lumière, la transparence. Quelques mois plus tard, Alice trouva le pays des merveilles libérales terriblement dépaysant, entendu que la porte était désormais grand ouverte à la corruption, à la collusion, aux appels d’offres truqués, au gaspillage, au favoritisme, à l’évitement fiscal et aux pires mensonges.  

Dans ce pays des merveilles libérales qui se voulait le premier véritablement ouvert de l’histoire du Québec, Alice tenta de comprendre et de rationaliser le monde étrange qui l’entourait maintenant. Mal lui en prit, car Alice développa un fulgurant cancer du cerveau. Elle ne put malheureusement se faire soigner, les soins publics ayant été interdits au pays des merveilles libérales. Pauvre Alice !

|Elle a fait une chute presque interminable qui l'a emmené dans un monde aux antipodes du sien
5608|5817|Manchettes Mouvements_souverainiste|La faillite de Sun News : des leçons pour les souverainistes|2015-02-16 08:30:37|Pierre Dubuc|

Le vendredi 13 septembre, la chaîne de télévision anglophone Sun News cessait d’émettre et licenciait 200 employés. Faute d’avoir trouvé d’acheteurs, elle mettait fin à ses opérations moins de quatre ans après son lancement, le 18 avril 2011.

Après la vente par Québecor des journaux de Sun Media, l’an dernier, la fermeture de Sun News met un terme aux ambitions canadiennes de Pierre Karl Péladeau, après l’échec retentissant de ses ambitions mondiales avec Quebecor World en 2008.


PKP, un visionnaire?

Après la mort du fondateur de Québecor, Pierre Péladeau, en 1997, son fils héritier Pierre Karl a conclu une transaction majeure – la plus importante de l’histoire de l’imprimerie – pour un montant de 2,7 milliards $ entre Imprimerie Québecor et World Color Press, qui allait catapulter Québecor au rang de premier imprimeur commercial du monde avec 60 000 employés et 160 usines à travers le monde.

Une dizaine d’années plus tard, la nouvelle entreprise, Quebecor World, allait se placer sous les lois sur la faillite et l’insolvabilité au Canada et aux États-Unis. Pierre Karl Péladeau avait acheté des entreprises en faillite pour les remettre sur pied, mais n’avait pas su voir la cause profonde de ces faillites, le déclin du marché de l’imprimerie.

Plusieurs analystes ont souligné, à l’époque, que si l’imprimerie avait été un secteur d’avenir, Quebecor World n’en serait sans doute jamais devenue un chef de de file. Bernard Bujold, le biographe de Pierre Péladeau, a déclaré : « Si Pierre Péladeau était toujours vivant, il serait débarrassé de Quebecor World au bon moment, pilant sur sa fierté ».


PKP, un bâtisseur?

En 1998, enivré par le succès apparent, mais trompeur de Quebecor World, Pierre Karl Péladeau met 983 millions $ sur la table pour l’achat de Sun Media en s’exclamant : « It’s a big day for Canada! » Il deviendra le plus important éditeur de journaux au Canada en incorporant à Sun Media les journaux d’Osprey Media, achetée pour 355 millions $, en 2007.

983 millions $ pour Sun Media, c’était plus du double de l’offre de 411 millions $ sur laquelle son père avait refusé de surenchérir, deux ans auparavant, pour l’achat de la même entreprise, jugeant que c’était trop cher.

Quatorze ans plus, PKP jette la serviette et se départit de Sun Media pour un montant de 316 millions $, soit moins du quart des montants déboursés pour Sun Media et Osprey Media!

Aujourd’hui, c’est Sun News qui est liquidé après avoir enregistré des pertes de 46,7 millions $ au cours de ses trois premières années d’existence.


Québecor sauvé par la Caisse de dépôt et placement

À la fin 1999, André Chagnon, propriétaire de Vidéotron, annonce la vente de l’entreprise à Rogers Communications. La Caisse de dépôt et placement, qui avait d’importants intérêts dans Vidéotron, s’y oppose et exerce son droit de premier refus sur la transaction.

Refusant de voir l’entreprise passée sous contrôle ontarien, la Caisse se tourne vers Québecor pour la garder au Québec. Québecor investira 1,035 milliard $, et plus du double en valeurs d’actifs, soit presque tous ses actifs autres que ceux d’Imprimeries Quebecor.

La Caisse s’engage à débourser 2,2 milliards $, en plus de sa participation dans Vidéotron évaluée à 500 millions $. Il s’agit d’un montant sans précédent pour un investissement privé de la Caisse. Les deux partenaires se retrouveront à hauteur respective de 54,7% et 45,3% au sein de la nouvelle entité Québecor Média, dont la valeur de départ est estimée à 8,7 milliards $.

Mais l’année suivante, les titres des entreprises de nouvelles technologies s’effondrent. Québecor subit une dévaluation de 40%. PKP doit se rendre à New York pour négocier un emprunt de 1,3 milliard $ sur le marché des junk bonds (obligations de pacotille). Des rumeurs de faillite circulent.

Plus tard, Vidéotron deviendra la vache à lait de Québecor en apportant plus de 75% des profits. Dans un article paru dans la revue Forces (Été 2014, no. 178), Michel Nadeau, qui était vice-président de la Caisse au moment de la transaction, expliquera « comment Vidéotron a sauvé Québecor », une entreprise lourdement endetté avec l’achat d’imprimeries en difficultés financières et la faillite de Quebecor World.


Les employés écopent

Cette situation financière précaire, résultat d’investissements hasardeux et d’un endettement pharamineux, a amené PKP à déclarer la guerre à ses employés pour leur arracher des concessions. Les lock-out se sont succédés, quatorze au total, dont les plus mémorables ont été à Vidéotron, au Journal de Québec et au Journal de Montréal.

Au cours de cette décennie, près de 40% des journées perdues en grèves ou lock-out au Québec l’ont été dans des établissements de Québecor.

Alors que son père avait accordé à ses employés du Journal de Montréal les meilleures conditions sur le marché dans ce secteur d’activités en échange de leur collaboration pour produire un journal rentable, PKP s’est mis à dos ses employés et l’ensemble du mouvement syndical québécois en recourant à des briseurs de grève et en prônant l’abolition de la formule Rand, le vote obligatoire pour la syndicalisation et l’imposition fiscale des prestations de grève.


L’affaire de l’amphithéâtre de Québec

Pierre Karl Péladeau a bien compris l’intérêt d’entrelacer ses intérêts et ceux des institutions publiques. Après avoir dû s’avouer vaincu devant la famille Molson, lors de la vente du Centre Bell et le Canadien de Montréal par George Gillett en 2009, il centre son attention sur l’obtention d’un amphithéâtre à Québec.

Tenant le Premier ministre Charest responsable d’avoir favorisé les frères Molson, il fait pression sur le gouvernement libéral avec sa campagne « Le Québec dans le rouge » pour obtenir 200 millions $ pour la construction d’un amphithéâtre à Québec.

De son côté, le maire Labeaume se laisse séduire par la possibilité, autant hypothétique qu’improbable, de la venue d’une équipe de hockey de la LNH à Québec et engage l’argent de ses contribuables pour un montant de 187 millions $ dans cette aventure.

Québecor obtient la gestion du stade pour un montant de 63,5 millions $, s’il y a une équipe de hockey, mais de seulement 33 millions, s’il n’y en a pas.

Pour mettre le contrat liant Québecor et la ville de Québec à l’abri de contestations judiciaires, PKP fait pression sur le Parti Québécois en moussant, à coups de reportages dithyrambiques, la campagne de François Legault pour la création d’un nouveau parti politique.

Le Parti Québécois cède en présentant le projet de loi 204, provoquant une crise majeure, qui aurait pu mener à son éclatement, avec le départ des députés Lisette Lapointe, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant.


Un éventuel premier ministre à risques

Les partisans de PKP expliqueront sans doute l’échec de Sun News par le refus du CRTC de l’inclure dans le forfait de base des téléspectateurs. Certains rétorqueront que cela n’aurait signifié qu’une plus large diffusion de cette télévision-poubelle, modelée sur le réseau américain Fox News, porte-parole du mouvement d’extrême droite Tea Party. Au Canada anglais, Sun News était le relais médiatique du gouvernement Harper et se spécialisait dans le « Quebec bashing ».

L’échec de Sun News devrait surtout attirer l’attention sur la dépendance de Québecor, et plus particulièrement de Vidéotron, à l’égard des décisions du CRTC et du gouvernement fédéral.

Dans le cadre d’une élection ou d’une campagne référendaire, Pierre Karl Péladeau, chef du Parti Québécois, serait un candidat à risques, à la merci du chantage et de pressions des forces fédéralistes. Il aurait à choisir entre les intérêts de ses entreprises et les intérêts du Québec. Son histoire montre qu’il a toujours choisi les premiers.

Pierre Dubuc est l’auteur de PKP dans tous états qui paraît ces jours-ci aux Éditions du Renouveau québécois. Pour un sommaire et l’achat du livre en ligne,cliquez ici.

|Un autre important revers financier de PKP après ceux de Sun Media et Quebecor World
5609|5818|Manchettes Mouvements_souverainiste|PKP est-il l’homme providentiel du PQ?|2015-02-16 08:34:58|Louis Cornellier|

Cet article est paru dans l’édition du 14-15 février du journal Le Devoir

La candidature de Pierre Karl Péladeau (PKP) à la chefferie du Parti québécois (PQ) suscite un engouement certain dans les rangs péquistes. Des personnalités identifiées à la droite — Mathieu Bock-Côté et Richard Le Hir — comme à la gauche — Andrée Ferretti et Jacques Lanctôt — se sont ouvertement réjouies de son entrée dans cette course. PKP, il est vrai, depuis l’élection d’avril 2014, a martelé son projet de faire du Québec un pays. C’est d’ailleurs, à ce jour, le seul élément précis de son programme. On peut donc comprendre l’enthousiasme de nombreux péquistes à l’égard de l’homme d’affaires indépendantiste, une rareté. Il n’empêche que cet emballement ne laisse pas non plus d’étonner.

PKP, après tout, traîne une réputation d’antisyndicaliste déterminé — il a multiplié, depuis vingt ans, les lockout dans sa gestion des relations de travail et, en 2010, il remettait en question la formule Rand —, une attitude traditionnellement peu prisée au PQ. Bien des péquistes, par exemple, gardent un mauvais souvenir de Lucien Bouchard, accusé d’être trop à droite. L’arrivée de PKP dans l’élection de 2014, de plus, a plombé la campagne du PQ. Peut-il, aujourd’hui, être le chef dont le PQ a besoin pour mener à bien le projet souverainiste ?


Des intérêts en jeu

Pierre Dubuc, qui pose cette question dans PKP dans tous ses états, croit que non, pour une foule de raisons. Directeur et rédacteur en chef du mensuel progressiste et indépendantiste L’aut’journal, tête d’affiche du groupe Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ libre), Dubuc, dans cet essai politique rédigé dans l’urgence, rappelle l’historique antisyndical du candidat-vedette et conclut que, comme homme d’affaires, « PKP a mis ses intérêts personnels au-dessus, voire à l’encontre, des intérêts québécois ».

Dubuc ne nie pas que Québecor « joue un rôle important dans la promotion de la culture québécoise », mais il explique que cet apport positif n’existe que parce qu’il sert les intérêts de Québecor. À titre de propriétaire de la chaîne canadienne-anglaise Sun News, PKP, par exemple, n’a rien fait pour faire cesser la propagande anti-Québec diffusée par ce canal.

Pour se justifier de cette apparente contradiction, PKP invoque l’indépendance des salles de rédaction. Or, d’après Dubuc, le magnat de la presse, malgré ses dénégations, a souvent fait fi de ce principe, notamment en faisant, en 2010-2011, dans Le Journal de Montréal, la promotion de François Legault, parce que cela le servait.

Dubuc mentionne aussi que PKP — d’abord prénommé Pierre Carl, il serait devenu Pierre Karl, à la fin des années 1970, en hommage à Karl Marx ! — aurait, dans les années 2000, fait des contributions financières, légales, au Parti conservateur du Canada, au Parti libéral du Québec et à l’Action démocratique du Québec. L’homme, suggère Dubuc, travaille d’abord pour lui.

Ce n’est pas un crime, dira-t-on. En effet. Toutefois, ajoute Dubuc, cela pourrait avoir des implications politiques et économiques si PKP devenait chef du PQ. Passons sur les passages moins convaincants du livre, dans lesquels Dubuc conteste les qualités d’homme d’affaires de PKP, pour nous concentrer sur l’essentiel de la thèse.


L’ami Mulroney

L’empire Québecor repose principalement sur les télécommunications, un domaine dans lequel Bell lui livre une concurrence féroce. Pour se développer, au Canada anglais et au Québec, il a besoin de compter sur des décisions favorables du CRTC et du gouvernement fédéral. Cette situation, affirme Dubuc, explique l’existence d’un axe Péladeau-Mulroney-Harper. Brian Mulroney, en effet, est le parrain d’un des enfants du couple Snyder-Péladeau et est à la tête du conseil d’administration de Québecor. Il aurait, rapporte Dubuc, joué les entremetteurs entre PKP et le premier ministre Harper. Nous ne sommes pas vraiment, ici, dans un cercle des amis de la souveraineté.

Cette situation fait conclure à Dubuc, friand d’analyses stratégiques parfois hasardeuses, que les péquistes sont en droit d’être inquiets quant à la détermination indépendantiste de PKP. « Ses intérêts économiques le rendent vulnérable aux pressions politiques et économiques », écrit Dubuc, qui craint, advenant l’élection de PKP à la tête du PQ, la répétition du scénario d’une alliance entre les conservateurs canadiens-anglais et les nationalistes québécois, comme aux époques Diefenbaker-Duplessis et Mulroney-Lévesque.

« Avec l’attaque de PKP contre le Bloc, écrit Dubuc, le chat est à moitié sorti du sac. Mais nous pourrions avoir l’occasion d’admirer le chat dans toute sa splendeur, le jour où PKP annoncera qu’il reporte le référendum jusqu’à ce que “le Québec dans le rouge” soit chose du passé et qu’il soit développé économiquement. »L’hypothèse d’un PQ prenant le virage caquiste, convenons-en, devrait soulever des inquiétudes dans les rangs péquistes. Pour le moment, le silence de PKP sur toutes ces questions ne contribue pas à les lever.

Partisan, dans la course au PQ, de Martine Ouellet, convaincu de la nécessité d’une alliance PQ-syndicats-groupes sociaux pour réaliser l’indépendance, Pierre Dubuc ne surprend pas en mettant les péquistes en garde contre PKP. Ses analyses ne sont pas toujours bétonnées (« selon une rumeur », « plusieurs spéculent », peut-on lire sous sa plume) et ses jugements manquent parfois de nuance (même s’ils ne condamnent pas Duplessis, Bock-Côté et Éric Bédard n’en font pas « leur héros providentiel historique »), mais les inquiétudes qu’il exprime, dans une perspective indépendantiste de gauche, contribuent sainement au débat.


PKP dans tous ses états
Pierre Dubuc
Éditions du Renouveau québécois
Montréal, 2015, 160 pages


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|Revue du livre PKP dans tous ses états de Pierre Dubuc
5610|5819|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|Hommage à un Patriote|2015-02-16 08:38:18|Louis-Philippe Sauvé|

L’auteur est président du Forum Jeunesse du Bloc Québécois

Je déroge ici de mon sujet habituel pour rendre un dernier hommage à un homme hors du commun. Le 8 février dernier, le mouvement indépendantiste a perdu l’un de ses défenseurs les plus acharnés. Évidemment, je veux parler de Monsieur Gilles Rhéaume. Deux semaines seulement avant qu’il ne nous quitte, je l’ai revu lors d’une soirée en appui à la candidature d’un ami. Rien ne laissait présager que monsieur Rhéaume allait partir et franchement, je lui en veux un peu d’être parti si vite.

Non Rhéaume n’avait pas le droit de mourir, pas maintenant. Nous avions encore besoin de lui. Nous avions besoin de son verbe. Nous avions besoin de son érudition. Nous avions besoin de sa fougue. Nous avions encore besoin du baroudeur de l’indépendance. Pourtant on n’y peut rien. La mort nous tombe dessus comme ça, sans avertir. Elle nous arrache ceux qu’on aime pour ne nous en laisser qu’un souvenir. Soixante-trois ans, c’est jeune en maudit pour mourir de nos jours.

J’ai connu Rhéaume il n’y a pas si longtemps alors que j’étais un cégépien assoiffé de connaissances et de militantisme. Mon chum Félix et moi allions aux lundis de l’histoire après nos cours pour l’entendre parler des Patriotes, de la SSJB, de la Patente et du R.I.N. Il ne mâchait pas ses mots ce Rhéaume. Je me souviens très bien de cette conférence sur l’histoire du Parti libéral où il n’hésitait pas à qualifier publiquement les libéraux de bandits, de voleurs, de crapules et de rapaces. On pouvait bien lui reprocher ses opinions parfois tranchées, mais à l’ère de l’hypocrisie et de la rectitude politique, une telle franchise avait un je-ne-sais-quoi de rafraîchissant.

Censurer un homme comme lui était hors du domaine du possible. Sans cesse il nous rappelait l’affaire des traîtres et comment il lui avait été interdit de prononcer le mot «traître» au Canada pendant 22 ans. «Je ne m'en suis pas privé en Europe», affirmait-il pour conclure l’anecdote. Sacré Rhéaume !

Il avait une grande affection et une grande confiance envers les jeunes. Avec cette mentalité toute particulière qu’il avait héritée de l’Ordre de Jacques-Cartier, il nous rappelait sans cesse à nous, les jeunes de la Baptiste, que nous étions l’avenir du mouvement indépendantiste. Il nous a enseigné à prendre notre place. «Je suis de la génération des morts et vous êtes de celle des vivants» nous disait-il. Le message était clair, nous avions le devoir de prendre le flambeau. Rhéaume s’appliquait à préparer la relève et c’est pour cette même raison qu’il tenait tant à transmettre ses connaissances en arts oratoires aux indépendantistes de ma génération.

Ainsi nous enseigna-t-il à nous exprimer, à utiliser des images et des figures de style, à parler tantôt calmement, tantôt avec vigueur. Parfois avec émotion, parfois froidement. À utiliser les silences et les variations. Bien que retraité, il n’a jamais renoncé à l’enseignement et nous a beaucoup appris.

Un départ aussi précipité nous rappelle à quel point chaque moment passé est unique. Quand je lui ai parlé pour la dernière fois, il m’a demandé des nouvelles. Je lui ai parlé rapidement, lui demandant quelques conseils de pro des discours. J’étais pressé. Stressé. Le moment a passé rapidement.

Il m’arrivait souvent de me dire qu’après les élections fédérales, quand je serais moins occupé, j’irais à la Baptiste écouter ses conférences du lundi soir. Si j’avais su que ce serait la dernières fois… Mais qui peut prévoir l’imprévisible?

Gilles Rhéaume était un patriote et un homme généreux. Bon vivant, il aimait l’histoire, la politique, la philosophie, la bonne bouffe et la bonne bière. Mais il était d’abord et avant tout un passionné du Québec. Ce verdunois d’origine était, comme la plupart des gens de son quartier, un combattant. Pendant cinquante ans, il s’est battu pour la libération du Québec, donnant conférence sur conférence, livrant discours par dessus discours.

En janvier 1985, Gilles Rhéaume entamait une grande marche pour dénoncer le beau risque du gouvernement Lévesque, mais surtout pour sensibiliser les Québécois à l’indépendance à une époque où l’option se portait plutôt mal. C’est ici que s’est arrêté son chemin. Nous le continuerons pour vous Monsieur Rhéaume.

Salut Patriote !

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|Discours par Jacques Létourneau, président de la CSN
5612|5821|Manchettes Mouvements_souverainiste|L'éducation et la réussite de nos élèves, piliers du modèle québécois|2015-02-17 08:45:23|Martine Ouellet|

Les sociétés avancées comme la nôtre ont toutes un point en commun : un système d'éducation de qualité. Le Québec, 27e plus riche s'il était un pays, ne fait pas exception. Cependant, nous devons travailler plus fort afin d'en assurer sa qualité, sa pérennité et son accessibilité pour tous.

Grâce au printemps érable, les projecteurs se sont tournés vers notre système d'éducation et il a été analysé sous toutes ses coutures. Outre le fait qu'il est primordial de consolider son financement afin d'en assurer sa pérennité, il est possible dès maintenant de procéder à des actions concrètes pour l'améliorer.

Au nom d’une austérité créée et alimentée par nos apprentis sorciers libéraux, notre système d'éducation est attaqué de toutes parts. Hausse du ratio enseignant/élèves, diminution de l’offre de cours collégiaux en région, abolition de cours universitaires, baisse du financement de la recherche et la liste continue.

Des coupes de plus de 200 millions $ en 2014 pour les cégeps et les universités, du jamais vu! Récemment, on apprenait qu'en raison de coupes de 42 millions $ à l'Université Laval, l'École internationale d'été de Percé allait fermer.

Est-ce que nos régions ont les moyens de perdre ces investissements, est-ce que le Québec a les moyens de perdre ces formations? Est-ce que nous avons les moyens comme société avancée de charcuter notre système d'éducation? Non. L'éducation est à la base de notre société, tant pour le mieux-vivre ensemble que pour notre santé économique. Une autre voie est possible.


Valorisons nos enseignants, personnes marquantes dans la vie de nos enfants

Le rôle que joue l'enseignant dans la vie de nos enfants est crucial, il faut le revaloriser. Or, afin qu'ils puissent enseigner à nos enfants dans un climat sain, favorisant la réussite scolaire, nous devons les appuyer, pas compliquer davantage leur travail.

Un premier pas pour y parvenir est de les rémunérer lors de leur stage de fin d'études en Science de l'éducation, où ils travaillent près de 60 heures pendant trois mois sans revenu associé! Une étude de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) établit cette mesure à environ 15 millions $.

Ensuite, au lieu d'augmenter le nombre d'élèves par classe comme s'entête à le faire le Parti libéral, il faut plutôt apporter du renfort aux enseignants. Comme nous l'indique le livre Le bon sens à la scandinave, l'un des facteurs qui explique le succès du système finlandais face aux difficultés d'apprentissage des élèves, c'est que les enseignants reçoivent tout le soutien nécessaire des spécialistes de l'éducation.

Il est primordial de détecter les élèves en difficulté dès le plus jeune âge afin d'éviter qu'ils prennent du retard sur le reste de la classe. Par exemple, plus on attend afin de régler le retard en français, plus l'enfant aura de la difficulté à suivre dans l'ensemble des matières. Augmenter le soutien aux élèves, c'est augmenter l'autonomie d'apprentissage, la connaissance de la matière.

M’inspirant des meilleurs afin de prévenir en amont au lieu de tenter de guérir par la suite, je propose d'investir 50 millions $ supplémentaires afin d'augmenter le nombre de spécialistes qui accompagnent les enseignants tels des orthopédagogues et des orthophonistes.

C'est en conservant un climat d'éducation sain et stimulant, axé sur la prévention, que nous allons permettre la réussite scolaire des élèves. Il ne faut pas exagérer non plus, bien que l'on peut encore l'améliorer, notre système d'éducation nous a permis d'obtenir le premier rang en mathématiques chez les élèves occidentaux de 15 ans, nous pouvons en être fiers.

Cependant, trop d'enfants n'ont pas tous les outils pour réussir. Notre société a les moyens de les soutenir ou, disons plutôt, que nous n'avons pas les moyens de les abandonner.


Appuyons la formation professionnelle, les cégeps et les universités

Le Québec, s'il veut maintenir son avantage comparatif avec les autres économies, se doit de fournir un équipement à la fine pointe de la technologie aux étudiants des formations professionnelles. Pour qu'ils puissent bénéficier d'un apprentissage adapté à notre économie moderne, il faut investir davantage en matériel spécialisé.

Des équipements récents et diversifiés, ça permet aux élèves de mieux s'adapter une fois sur le marché du travail. Ça permet d'être plus versatile et de mieux réagir lorsque l'on doit changer d'emploi. Des équipements récents et diversifiés, ça permet aussi de valoriser les formations professionnelles auprès des étudiants, formations, il faut le rappeler, très recherchées dans notre économie développée. C'est pourquoi je propose d'investir 75 millions $ supplémentaires en équipements pour la formation professionnelle.

J’aimerais réitérer l'importance des cégeps au Québec, qui permettent l'accès à une formation de base de qualité pour un grand nombre de Québécoises et de Québécois. De plus, le rôle des cégeps est encore plus crucial en région puisqu'il permet de diminuer l'exode des jeunes et, avec sa masse critique d'enseignants et d'élèves spécialisés, il est souvent un pôle majeur de développement économique.

Afin de maintenir l'importance des cégeps en région, je propose de conserver les techniques exclusives dans les cégeps. Par exemple, les programmes de techniques en Art et technologie des médias de Jonquière (ATM) doivent demeurer exclusifs à cette région. En plus d'être un moteur pour le développement économique régional, ce statut permet de créer une masse critique où se concentre le talent québécois.

Du côté des étudiants universitaires, je propose de nous inspirer de l’Université de Sherbrooke et d’offrir le transport collectif gratuit. Cette mesure novatrice, en plus de venir diminuer le coût global des études, apporte plusieurs effets bénéfiques à la société dont la diminution du nombre d'autos sur les routes et l'adoption de bonnes pratiques en transport collectif. En plus de permettre aux étudiants d'économiser, cette mesure évaluée à 65 millions $ permettra de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre en transports, secteur générant 40 % de nos émissions.


Un meilleur financement postsecondaire

Force est de constater que si nous voulons conserver l'excellence de nos cégeps et de nos universités, et même aller encore plus loin, nous devons trouver une nouvelle source de financement. Mais il est hors de question de demander aux étudiants d'en faire plus, leur niveau d'endettement est déjà problématique. Les Québécois financent, via les taxes et les impôts, la formation d'une main d'œuvre qualifiée sur laquelle les entreprises peuvent compter, c'est la moindre des choses qu'elles participent à l'effort collectif à leur tour!

M'inspirant de la proposition de la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), je propose d'ajouter au Fonds des services de Santé (FSS) un volet pour les études professionnelles et postsecondaires.

Le FSS, instauré dans les années 1970, est presque exclusivement financé par les entreprises et il fournit annuellement sept milliards $ au trésor québécois. L'avantage de cette mesure, c'est qu'aucune nouvelle structure n’est nécessaire, il s'agit uniquement de majorer la formule actuelle de quelques dixièmes de point de pourcentage, en fonction de nos besoins.


Résumé des mesures proposées

  • Valoriser les enseignants en rémunérant le stage de fin d'études en Sciences de l'éducation. Mesure estimée à 15 millions $ par la FEUQ;

  • Supporter les enseignants en engageant davantage de spécialistes tels des orthophonistes et des orthopédagogues dans les écoles, jusqu'à concurrence de 50 millions $;

  • Maintenir notre avantage comparatif en investissant 75 millions $ supplémentaires en équipements pour les formations professionnelles;

  • Développer l'économie des régions et confirmer l'importance de cégeps en conservant la vocation unique des techniques exclusives, comme l'ATM au cégep de Jonquière;

  • S’inspirer de l’Université de Sherbrooke et fournir le transport collectif gratuit pour les étudiants universitaires. Investissement estimé à 65 millions $;

  • Assurer la pérennité de notre système d'éducation en ajoutant au Fonds des services de Santé des entreprises, un volet études professionnelles et postsecondaires (FSSEPP), inspiré de la proposition de la CADEUL.


Le Québec indépendant, libre de ses choix

Lorsque nous allons tous ensemble nous dire Oui, le Québec sera le seul à prendre ses décisions en éducation et en recherche. Exit l'ingérence du Canada dans le financement des études postsecondaires comme ce fut le cas lors de l'épisode des bourses du millénaire. Exit les coupures du gouvernement Harper dans la recherche sur les changements climatiques et l'environnement. Bienvenue au 45 milliards $ de taxes et d'impôts que nous envoyons chaque année à Ottawa. Bienvenue au maintien de la recherche sur les changements climatiques et sur l'environnement, dans notre contrée qui produit une électricité verte à 99 %.

L'indépendance, c'est la fin de l'ingérence du Canada dans notre système d'éducation. L'indépendance, c'est simplement des Québécois, élus par des Québécois, qui décident ensemble ce qu'il y a de mieux pour les Québécois.

On est huit millions, qu'est-ce qu'on attend?

Martine Ouellet, ing., MBA
Députée de Vachon

|Six propositions concrètes pour améliorer notre système d’éducation
5613|5822|Société Manchettes|Big Brother débarque au Canada|2015-02-17 08:47:53|L’équipe d’Avaaz|

Ils ne pourront pas nous tuer, ni nous blesser, ni «violer notre intégrité sexuelle». Mais voilà: le Premier ministre vient tout juste d’introduire une nouvelle loi antiterroriste qui pourrait permettre aux agents du SCRS de faire tout ce qu’ils veulent. À moins que nous ne reléguions cette mesure digne de Big Brother au rang d’intouchable de la politique. 

Pire encore, Stephen Harper utilise la peur du terrorisme pour donner à notre agence d’espionnage de nouveaux pouvoirs insensés: elle pourra obtenir des mandats secrets pour entrer dans nos salons, dans nos bureaux, copier ou prendre des documents et même installer des dispositifs de surveillance. Mais nous pouvons lui montrer que nous ne laisserons pas ces craintes montées de toutes pièces piétiner nos libertés. 

Les libéraux comme les conservateurs prévoient d’adopter la loi – et le seul moyen de les arrêter est de leur montrer que les Canadiens tiennent à leurs libertés plus qu'ils ne cèdent à la peur. Lorsque nous aurons rassemblé 50 000 signatures, nous bâtirons une coalition non partisane de Canadiens défenseurs de la liberté, et nous utiliserons toutes les stratégies possibles pour persuader députés et sénateurs de se désolidariser des consignes de leur parti. Cliquez maintenant pour rejoindre le mouvement:

https://secure.avaaz.org/fr/canada_secret_police/?bOcKthb&v=53766

En 2006, le Premier ministre Stephen Harper nous avait prévenus: «Vous ne reconnaîtrez pas le Canada lorsque mon travail sera achevé». Aujourd’hui, il honore sa promesse. Avec ce texte, des manifestations pacifiques qui vont à l’encontre d’une loi et mettent en jeu la stabilité économique du pays – les mobilisations contre un certain oléoduc dédié aux sables bitumineux, par exemple – pourraient être considérées comme des actes terroristes. La paranoïa entretenue par Stephen Harper menace nos libertés. Mais nous pouvons faire de cette loi un poison politique pour tous les élus qui la soutiennent. 

M. Harper laisse entendre que les terribles attentats d’Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu rendent cette loi nécessaire. Mais les experts confirment que nos services de sécurité ont déjà toutes les cartes en main pour arrêter les attentats, et il n’y a aucune preuve d’un quelconque lien entre les loups solitaires qui ont perpétré ces attaques et des groupes terroristes.

L’année 2015 sera celle de l’élection fédérale, et les analystes disent que les responsables politiques qui s’opposent à cette loi risquent d’être perçus comme trop laxistes. Si nous leur montrons que c’est faux, que nous ne sacrifierons pas nos libertés fondamentales à la peur, nous pouvons gagner. Cliquez sans attendre pour agir.

https://secure.avaaz.org/fr/canada_secret_police/?bOcKthb&v=53766

Le Premier ministre Stephen Harper nous répète sans relâche que nous sommes en guerre. Aujourd’hui, il essaie de retourner la panique contre nous pour piétiner nos droits. Quand nous sommes ensemble, nous sommes plus forts que la peur. Défions le gouvernement et montrons-lui que lorsque nos libertés sont remises en question, les Canadiens savent se montrer unis.

Avec espoir,

Danny, Jo, Ari, Ricken et toute l’équipe d’Avaaz

SOURCES

Lutte contre le terrorisme: Ottawa renforcera le SCRS (Radio-Canada)
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2015/01/29/003-federal-loi-terrorisme.shtml 

Parliament must reject Harper’s secret policeman bill (Globe and Mail) (en anglais)
http://www.theglobeandmail.com/globe-debate/editorials/parliament-must-
reject-harpers-secret-policeman-bill/article22729037/
 

Place aux espions surpuissants (Le Devoir)
http://www.ledevoir.com/politique/canada/430548/loi-antiterroriste-place-
aux-espions-surpuissants


C-51: le commissaire à la protection de la vie privée préoccupé (Canoe)
http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiquefederale/archives/
2015/01/20150131-120247.html
 

C-51: Un projet de loi «antiterroriste» contre les indépendantistes, les syndicalistes et les environnementalistes (Vigile.net)
http://www.vigile.net/C-51-Un-projet-de-loi-anti 

Avaaz est un réseau citoyen mondial de 40 millions de membres
qui mène des campagnes visant à ce que les opinions et les valeurs des peuples influent sur les décisions mondiales. (Avaaz signifie voix dans de nombreuses langues). Nos membres sont issus de tous les pays du monde; notre équipe est répartie sur 18 pays et 6 continents et travaille dans 17 langues. Pour découvrir certaines de nos plus grandes campagnes,cliquez ici ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter.



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La vérificatrice générale de l’Ontario dénonce un incroyable gaspillage et une fumisterie financière
5615|5824|International Accueil_Analyses|On marchande en secret le droit à la santé|2015-02-17 09:48:22|RQIC|

Aujourd’hui se termine, à Genève, la dixième ronde de négociations d’un Accord sur le commerce des services (ACS), mieux connu par son acronyme anglais de TISA -Trade in Services Agreement. Par voie de communiqué, le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) dénonce le secret qui enveloppe les pourparlers et lance une sérieuse alerte sur le danger de l’ouverture des services de santé à la marchandisation internationale, telle que le propose l’ACS, d’autant plus si elle se conjuguait aux actuelles mesures d’austérité du gouvernement Couillard.

Un document coulé la semaine dernière par l’Associated Whistle-Blowing Press, intitulé « Document de réflexion sur les services de soins de santé dans le cadre des négociations sur l’ACS », révèle que les négociateurs des 50 pays impliqués dans l’ACS, dont le Canada, envisagent des réformes de grande ampleur pour les systèmes de santé publics nationaux et qu’ils font la promotion de la délocalisation, dont le tourisme médical, et favorisent la privatisation des services de soins de santé.

« Il est tout à fait scandaleux que le démantèlement des réseaux publics de la santé se discute au niveau international, derrière des portes closes, et que ce soit toujours par des fuites que l’on apprenne ce que les gouvernements négocient en notre nom », s’indigne Pierre-Yves Serinet, coordonnateur du RQIC. « C’est là où l’on voit combien l’imbrication des traités internationaux constitue une véritable architecture anti-démocratique qui menace des pans entiers de nos sociétés et la souveraineté de nos décisions collectives », ajoute-t-il.

On peut lire dans le document en discussion qu’il existe « un incroyable potentiel inexploité en matière de mondialisation des services de soins de santé [du fait que] les services de soins de santé sont financés et fournis par l’État ou par des associations d’aide sociale, et qu’ils ne présentent, pour ainsi dire, aucun intérêt pour les concurrents étrangers, étant donné le manque d’opportunités pour développer des activités axées sur le marché ». Le document explique ensuite que le commerce des services de santé peut créer de nouvelles occasions d’affaires et présenter de nombreux avantages pour les partenaires commerciaux et générer des bénéfices pour les entreprises qui y investiraient.

Selon les analyses de l’Internationale des Services publics (ISP) des données tirées de l’Organisation mondiale de la santé, les profits potentiels, pour les grandes entreprises, d’une privatisation des services de santé sont effectivement énormes, évalués à plus de 6 billions de dollars US dans les 50 pays actuellement impliqués, soit 6 000 milliards $.

Mais ce qui pourrait profiter aux multinationales de la santé et aux grandes compagnies d’assurance, plusieurs regroupées au sein degrands groupes de pression, conduirait en fait à une augmentation des dépenses pour les États. Dans sonanalyse, l’experte australienne en commerce des services, Jane Kelsey, avance que les ressources seront aspirées hors du système de santé national, alors que « le désinvestissement sert d’argument pour justifier le traitement médical outre-mer, poussant les problèmes de système dans un cercle vicieux ». Elle ajoute que les réformes proposées accroîtraient les pressions vers un système de santé à plusieurs vitesses et la possible mise sur pied de « comptes de santé individuels ou de voucher de santé » qui « placeraient les patients et les gouvernements dans l’incertitude et, de retour au pays, face à des coûts additionnels pour les suivis médicaux ».

« La santé est un droit humain, qui n’est pas à vendre ni ne peut être soumis aux règles du marché. Le système de santé a pour mission de garder les familles en sécurité et en santé, et ne doit pas viser à générer des profits pour les grandes entreprises », a affirmé Rosa Pavanelli, secrétaire générale de l’Internationale des Services publics (ISP).

Le RQIC abonde dans le même sens. « Ce qui est le plus alarmant, dans ce tissage et métissage des mesures d’austérité et des accords de libre-échange, c’est que des traités comme l’ACS ou celui entre le Canada et l’Union européenne (AÉCG) ne permettent pas de ramener un service privatisé dans le domaine public si celle-ci s’est avérée inefficace et ne sert pas l’intérêt public », s’inquiète M. Serinet. « Ces accords comportent aussi des clauses qui restreignent la capacité des États de légiférer en matière de protection des travailleuses et travailleurs, des consommateurs, des petites entreprises et de l’environnement, sous prétexte de ne pas entraver la logique du libre marché. Il est plus que temps que se tienne un débat public large et informé sur ces enjeux », conclut le porte-parole du RQIC.

|S’ouvrir au monde, ne veut pas dire se fermer au sien, ou pire, le rejeter!
5617|5826|authebdo|L'aut' courriel - 18 février 2015|2015-02-17 19:35:25|L'aut'journal|

    PREMIER LANCEMENT RÉGIONAL de
 
PKP DANS TOUS SES ÉTATS de Pierre Dubuc


À JOLIETTE
 
Lors d’un 5 à 7, vendredi, le 20 février
À la Brasserie artisanale l’Albion
408, boul. Manseau, Joliette
450-759-7482

L’auteur prendra la parole vers 18 heures


Écoutez l’entrevue de Pierre Dubuc
avec Paul Arcand sur les ondes du 98,5


À lire

PKP est-il l’homme providentiel du PQ?
Revue du livre PKP dans tous ses états de Pierre Dubuc
par Louis Cornellier du journal Le Devoir

La faillite de Sun News : des leçons pour les souverainistes
Un autre important revers financier de PKP après ceux de Sun Media et Quebecor World
par Pierre Dubuc


Le livre PKP DANS TOUS SES ÉTATS est disponible
dans toutes les bonnes librairies.

Également disponible à l’aut’journal.
Pour le commander en version papier
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5618|5827|International Manchettes|Le Nicaragua, son canal et l’environnement|2015-02-18 08:28:18|André Maltais|

Depuis quelques semaines, est commencée la construction du Grand Canal Interocéanique du Nicaragua, une œuvre pharaonesque, qui sera quatre fois plus long, presque trois fois plus large et beaucoup plus profond que le Canal de Panama, dont les travaux d’agrandissement en cours ne suffiront même pas pour le passage de la toute nouvelle génération de navires commerciaux géants.

Le nouveau canal traversera le sud du pays qu’il coupera littéralement en deux, passant sur plus de 100 kilomètres dans le lac Cocibolca (Lac du Nicaragua), la plus grande réserve d’eau douce de l’Amérique centrale.

La construction et l’entretien du canal ont été concédés, pour une durée de 50 ans, à l’entreprise chinoise HKND (Hong Kong Nicaragua Developement) qui y investira entre 40 et 50 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le PIB du Nicaragua.

L’œuvre, écrit le politologue argentin, Juan Manuel Karg, montre l’audace et l’extraordinaire vélocité avec laquelle la Chine débarque en Amérique latine, aidée par plusieurs pays de la région pressés d’échapper à la tutelle séculaire des États-Unis.

D’autant plus, ajoute Karg, que, contrairement à Washington, Pékin ne projette de construire aucune base militaire sur le territoire latino-américain et que sa diplomatie n’implique aucune ingérence dans la politique intérieure des pays du continent.

En seulement dix ans, Pékin a presque rattrapé l’Espagne et les Etats-Unis, en termes d’investissements et de commerce avec la région. Elle traite avec tous les pays du continent, incluant les alliés de Washington et membres de l’Alliance du Pacifique, comme la Colombie, le Pérou et le Chili.

Le récent Sommet de la CELAC (pays d’Amérique latine et des Caraïbes sans le Canada et les États-Unis) était précédé, les 8 et 9 janvier derniers, d’un forum Chine-CELAC qui a jeté les bases de ce qui laisse présager une future zone de libre-échange, évoquant l’ex-ZLÉA des années 2000.

Pour Jose Luis Leon Manriquez, chercheur à l’Université autonome métropolitaine de Mexico, le canal offrira à la Chine une nouvelle route pour son commerce avec l’Europe qui, en ce moment, passe par l’Asie centrale, le Caucase et la Russie.

Il permettra aussi au Brésil et au Venezuela, qui n’ont pas de côtes sur le Pacifique, de briser le subtil blocage de l’Alliance du Pacifique. C’est la seule raison, dit Manriquez, pour laquelle le commerce du pétrole entre le Venezuela et la Chine n’a pas cru plus rapidement.

Enfin, rappelle le chercheur, l’administration d’un canal d’une telle importance par le Nicaragua, qui est membre de l’ALBA (Alliance bolivarienne des pays de notre Amérique, une initiative cubano-vénézuélienne), sera majeure pour celle-ci en terme d’influence régionale, voire mondiale.

Les États-Unis voient bien sûr contrarié le monopole qu’ils exercent sur le Canal de Panama depuis cent ans, car, même après la rétrocession de 1999, leurs sous-marins transitent par le canal, leurs navires commerciaux y ont priorité de passage et, surtout, une loi leur permet d’y intervenir militairement, s’ils sentent leurs intérêts en danger.

Selon McDan Munoz, du quotidien internet La Izquierda Diario, il faut dès maintenant s’attendre à ce que Washington envenime les conflits frontaliers existants entre le Nicaragua et le Costa-Rica, à propos de l’utilisation du fleuve San Juan, qui sépare les deux pays, et des limites maritimes entre ceux-ci tant du côté Pacifique qu’Atlantique.

Déjà, avant même la parution des études d’impact environnemental du canal financées par HKND, des ONG environnementales comme le Centre Humbolt et l’Association pour la conservation de la biologie tropicale, et des revues scientifiques internationales comme Nature, leur reprochent d’ignorer les dangers du projet pour l’approvisionnement en eau des pays voisins et pour les nappes phréatiques communes au sud du Nicaragua et au nord du Costa-Rica.

Le 3 février, Washington n’a d’ailleurs pas manqué de se dire préoccupée par le manque de transparence et d’information relativement à ces études.

Depuis le conflit du fleuve San Juan, en 2010-2011, nous dit Munoz, des éléments militaristes costaricains, comme le colonel à la retraite, Jose Fabio Pizarro et sa Patrouille 1856, cherchent à former des escadrons paramilitaires à la frontière avec le Nicaragua.

Le 2 février, dans un acte très médiatisé, des représentants du Conseil national pour la défense de la terre, du lac et de la souveraineté (une organisation de paysans affectés par le projet de canal) franchissaient la frontière du Costa-Rica, demandant solidarité, aide et diffusion d’une soi-disant répression dont ils sont victimes.

Une régionalisation des enjeux exacerbée, avertit Munoz, peut facilement dégénérer dans une zone où se rencontrent également les intérêts de la Colombie et du Venezuela.

Au Nicaragua, le 19 juillet, l’apparition d’une soi-disant guérilla, les Forces Armées pour le Salut National, rappelle de bien mauvais souvenirs à la population en revendiquant l’attaque qui, pendant les fêtes du 35e anniversaire du triomphe de la révolution sandiniste, faisait cinq morts et dix-neuf blessés parmi les militants et sympathisants sandinistes.

Quoi qu’il en soit, le danger environnemental est bien réel, affirme le directeur du Centre de recherche en ressources aquatiques du Nicaragua, Salvador Montenegro Guillen. Une œuvre de l’envergure du canal, dit-il, peut affecter 4000 km carrés de forêts, côtes et milieux humides. Ces espaces sont pour la plupart des réserves protégées comme celle d’Indio Maiz ou de l’île Ometepe, déclarée réserve de biosphère par l’Unesco.

Le plus grand risque concerne le lac Cocibolca, grand comme Porto-Rico, que pourraient contaminer des déversements toxiques et une sédimentation abondante et mouvante. Les puissants courants du lac, pourraient détruire les murs du canal lui-même et saliniser l’eau du lac et du système d’irrigation naturelle des terres agricoles environnantes.

L’eau douce, avertit Guillen, acquiert de plus en plus d’importance dans le monde moderne marqué par la rareté de la ressource à l’échelle mondiale et l’incertitude liée au changement climatique.

De plus, le modèle de croissance chinois ne s’est pas montré différent de celui des pays industrialisés au cours des dernières années. En plus des bienfaits de la modernisation, il a apporté la contamination des mers et rivières, le changement climatique, la déprédation des forêts, l’extinction des espèces et de graves violations des droits humains au nom du progrès.

Mais le gouvernement nicaraguayen et les partisans du canal rétorquent que les environnementalistes qui, aujourd’hui, les accusent tout en méprisant d’avance leur savoir-faire, n’ont étrangement jamais critiqué les gouvernements passés qui ont pourtant laissé dépérir la nature du pays pendant des décennies.

L’ennemi principal de l’environnement, dit Manuel Coronel Kauts, directeur de l’Autorité du Grand Canal du Nicaragua, est la pauvreté. Sans ressources, dit-il, un petit pays comme le nôtre ne peut pas prendre soin de son environnement naturel. Il va devoir céder des pans importants de son territoire à des ONG étrangères et les laisser administrer ses propres richesses naturelles.

« Nous, on ne veut pas ça. On préfère qu’une grande partie des extraordinaires bénéfices économiques générés par le canal, serve à reboiser nos forêts, à décontaminer le lac Cocibolca qui est déjà très mal en point, à reloger les personnes déplacées, à soigner et à éduquer notre population. »

Celle-ci, conclut Kauts, n’a rien à espérer d’ONG internationales qui se disent préoccupées par notre nature et notre biodiversité mais que seule intéresse l’hégémonie occidentale dans la zone.


|La construction et l’entretien du canal ont été concédés, pour une durée de 50 ans, à l’entreprise chinoise HKND
5619|5828|Manchettes Coups_de_gueule|Le syndrome de Stockholm|2015-02-18 08:14:23|Michel Rioux|

Comprenne qui pourra, tant qu’il est vrai que les voies de la Providence sont souvent tortueuses !

En ces jours où sévissent pas moins d’une cinquantaine de nuances de Grey, force est d’admettre que le masochisme se porte plutôt bien merci, et en de nombreux milieux. Y compris politique.

Ce tristement syndrome, dit de Stockholm, a connu une gloire planétaire dans les années 70 quand Patricia Hearst, petite-fille de William Randolph Hearst, celui-là même qui avait inspiré Orson Welles pour son film Citizen Kane, avait pris le parti de ses ravisseurs, même après que ces derniers l’aient maltraitée durant des mois.

Préférer ses bourreaux aux personnes qui les ont défendus, donner l’accolade à ceux qui, hier encore, étaient leurs pires ennemis, oublier un mépris affiché, faire l’impasse sur un cynisme érigé en système, effacer aussi rapidement de sa mémoire les souffrances et les humiliations que les hordes policières lancées contre eux leur avaient réservées : c’est ce que je ne comprends pas des résultats des sondages qui, les uns après les autres, viennent nous dire que dans la tranche des 18-24 ans, c’est le parti libéral du Québec qui est leur parti de prédilection ! Dans une proportion de 34 % dans le plus récent…

Une jeune étudiante en sociologie de l’UQAM, plutôt délurée et progressiste, à qui je fais part de mon incompréhension devant ces résultats, me répond que les jeunes, aujourd’hui, voyagent, qu’ils vivent la mondialisation et que de ce fait le parti qui leur semble le plus ouvert sur le monde serait le parti libéral… Je me dis : C’est bien beau d’avoir la tête dans la stratosphère, mais encore importe-t-il de savoir où on a les pieds, non ?

La chroniqueuse libertarienne de droite Joanne Marcotte s’en félicitait récemment. « En mars dernier, à 10 jours des élections du 7 avril, un sondage Léger Marketing révélait que le PLQ dominait dans les intentions de vote parmi les tranches d’âge de 18-24 ans (à 30%) et de 25-34 ans (à 42%).  Notre jeunesse serait-elle plus « libérale » que ne le laissent voir les manifestations de la rue largement diffusées par nos médias. »

Lors de son dernier congrès, l’aile jeunesse du PLQ préconisait rien de moins que l’abolition des Cégeps pour les remplacer par des écoles de métier, la privatisation de la SAQ, au bénéfice des amis du régime, sans doute, une plus grande place pour le privé en santé, etc. Toutes des mesures fort progressistes, on le voit. Ce serait à cela, et à tout le reste des œuvres libérales menées sous l’étendard de l’austérité et du démantèlement du modèle québécois, qu’applaudirait la jeunesse d’aujourd’hui ?

Et encore, sans remonter au déluge, comment oublier qu’après tout ce qu’avait fait subir au Québec le régime Trudeau, les libéraux fédéraux faisaient élire 74 députés sur 75 aux élections du 18 février 1980 ?

Et encore plus près, comment comprendre qu’à peine 18 mois après avoir donné leur congé à ces libéraux dont les prévarications, les malversations, les concussions à répétition, les exactions commises au plus haut niveau et la corruption sous toutes ses formes avaient été étalées jusqu’à plus soif, le peuple québécois les aient allègrement, et les yeux pour ainsi dire fermés, remis en selle ?

La mémoire serait-elle donc vraiment une faculté qui oublie ? Et la devise du Québec est-elle toujours Je me souviens ?


La servitude volontaire

Tout cela, qui rend chagrin, me rappelle ce qu’avait écrit dans son temps le copain de Montaigne, Étienne de La Boétie, dans son Discours de la servitude volontaire paru en 1549.

Ce jeune homme de 18 ans à peine, d’une lucidité implacable (non ! il n’aurait pas voté libéral, j’en suis convaincu, même s’il s’était trouvé dans la tranche des 18-24…), a soutenu que ce n’est pas le tyran - entendre ici le gouvernement - qui prend au peuple sa liberté, mais bien le peuple qui la délaisse et la lui abandonne. Il posait la question clairement : comment expliquer que les hommes non seulement se résignent à la soumission mais, qu’en plus, ils acceptent sans mot dire des politiques qui leur sont néfastes ?

Mais dieu merci, il s’en trouve encore pour prendre la parole et crier haut et fort. À l’occasion d’un rassemblement tenu le 13 février sous le thème Refusons l’austérité, une participante est venue au micro pour lancer cette phrase attribuée à Agatha Christie :

« Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups. »

À méditer, quel que soit notre âge.

|En ces jours où sévissent pas moins d’une cinquantaine de nuances de Grey, force est d’admettre que le masochisme se porte plutôt bien merci
5620|5829|Accueil_Analyses Mouvements_syndical|Docu-web sur Yvon Charbonneau|2015-02-19 08:35:26|Ferrisson|

La série Web-Télé «Les Militants» (http://ferrisson.com) vous propose cette semaine une émission consacrée à Yvon Charbonneau.

Yvon Charbonneau aura eu beau se faire remarquer comme patron chez SNC-Lavalin, député à Québec et Ottawa, président de commission et ambassadeur à l’UNESCO, pour bien du monde, il aura surtout été un président de centrale syndicale très progressiste, un leader apprécié dont on aime se souvenir 26 ans après son départ.

Enseignant par goût et par conviction, il s’implique très rapidement dans la mouvance syndicale de sa région, les Hautes-Laurentides, et, sous la houlette de Raymond Laliberté, contribue à la transformation de la CEQ en véritable centrale syndicale.

En 1970, il en devient le président et, dès lors, entreprend d’y développer une pensée sociale. Il est aidé en cela par les événements parfois violents qui caractérisent le Québec des années 70. À la suite du Front Commun de 1972, il doit purger quatre mois de prison en compagnie de Marcel Pepin et Louis Laberge.

Après avoir été remplacé 4 ans par Robert Gaulin, il reprend le collier en 1982, ce qui le ramène dans un climat d’affrontement avec Québec où on vient d’inaugurer un premier cycle néolibéral. En 1988, Yvon Charbonneau quitte le monde syndical pour de bon, un monde qu’il a profondément aimé et dont il continue à suivre les péripéties bien attentivement.

À regarder sur le site Web à: http://ferrisson.com/yvon-charbonneau-ceq-csq/

où sur la chaîne YouTube à: http://tinyurl.com/kka2mrh

Durée: 2 x 27 minutes
Enregistrement: Le 13 novembre 2014
Mise en ligne: 10 février 2015

|Plus de la moitié des actionnaires avaient un revenu de moins de 60 000 $
5637|5846|Accueil_Analyses Mouvements_syndical|Docu-web sur André Leclerc|2015-02-26 08:54:23|Ferrisson|

La série Web-Télé «Les Militants» (http://ferrisson.com) vous propose cette semaine une émission consacrée à André Leclerc.

Pendant plus de 40 ans, André Leclerc a fait corps avec la FTQ. Il en a été un des premiers employés. Il y a assumé une ribambelle de tâches sans jamais pouvoir s’adonner, vraiment, à sa cause de prédilection, le «sociopolitique» appelé «Deuxième front» à la CSN.

Qualifié parfois de «poète de la FTQ», cet intellectuel fier de ses origines populaires a mis sa plume au service de la FTQ qui l’a utilisée à toutes les sauces, du manifeste «L’État, rouage de notre exploitation», au maraudage de la FTQ Construction, en passant par l’information auprès des membres.

La polyvalence d’André Leclerc lui a notamment permis d’être aux premières loges de conflits devenus célèbres tels le lock-out de la Presse et la grève de la United Aircraft, ou encore d’oeuvrer en solidarité internationale notamment avec le Centre international de solidarité ouvrière (CISO). Plus récemment, il a publié la biographie de Fernand Daoust chez M Éditeur.

Depuis, il collabore à la mise sur pied d’un centre d’histoire et d’archives du travail dans le but d’empêcher que ne se perde notre mémoire syndicale, une histoire particulièrement riche, tout à l’honneur de la société québécoise.

À regarder sur le site Web à: http://ferrisson.com/andre-leclerc/ ou sur la chaîne YouTube à : http://tinyurl.com/mcag2rt

 

Durée: 27 minutes
Enregistrement: Le 6 juin 2014
Mise en ligne: Automne 2014
Suppléments: 11
Capsules Flash : 4

|http://pq.org/nouvelle/grace-au-travail-du-parti-quebecois-une-commission/

À suivre!


|Nous ne comprenons pas l’hésitation du ministre Carlos Leitão
5640|5849|Manchettes Mouvements_syndical|Rémunération du secteur public : une étude peu sérieuse de l’Institut Fraser|2015-02-27 09:02:25|Front Commun|

Alors que les études de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) constatent, année après année, le retard de la rémunération globale des salariés de l’État québécois, le manque de rigueur de l’étude de l’Institut Fraser publiée aujourd’hui trahit le penchant idéologique de cet organisme, estime le Front commun.

D’entrée de jeu, les auteurs reconnaissent que « les informations disponibles sur les avantages sociaux sont insuffisantes pour comparer définitivement la rémunération totale entre les deux secteurs », ce qui discrédite d’emblée les conclusions qu’ils peuvent tirer de leurs travaux.

De plus, en amalgamant dans la catégorie « secteur public » les employés des paliers municipal, provincial, fédéral ainsi que des sociétés d’État, la comparaison salariale ne peut être exportée aux 540 000 employés de l’État québécois qui sont actuellement en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives.

Au sujet des régimes de retraite, l'étude ne tient compte que de la mesure de la « couverture » de ces régimes et néglige l'analyse des coûts de ces derniers.

Or, l'étude menée par l'ISQ analyse directement ces coûts. Année après année, elle démontre que le régime de retraite public est avantageux pour le gouvernement du Québec comparativement aux autres employeurs du Québec. Enfin, aucune mesure comparative sérieuse ne leur permet d’identifier des emplois « comparables » entre les secteurs public et privé.

« Tant le gouvernement que les organisations syndicales reconnaissent que l’ISQ est la référence en matière de comparaison de la rémunération globale au Québec, souligne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Or, l’ISQ établissait en novembre dernier que le retard de rémunération du secteur public québécois se situe à 7,6 % par rapport aux autres travailleurs, et ce, pour des emplois comparables et en tenant compte du régime de retraite et de tous les autres avantages sociaux. Quand l’ISQ compare strictement les salaires, ce retard grimpe à 11,5 %. Quand on sait que 75 % des employés de l’État sont des femmes, on ne peut que dénoncer cette discrimination salariale basée sur le sexe. »

« C’est sur la base de ce retard de rémunération globale que le Front commun a élaboré sa demande salariale, rappelle Daniel Boyer, président de la FTQ. Les problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre dans le secteur public québécois se sont accrus au fil des années pour une grande variété de statuts d’emploi. En fonction des nombreux départs à la retraite prévus au cours des prochaines années, le gouvernement se doit d’offrir des conditions salariales comparables aux autres secteurs de l’économie s’il veut attirer une main-d’œuvre compétente pour assurer l’avenir de nos services publics. »

« Encore une fois, ce think tank de droite qu’est l’Institut Fraser s’immisce sur le terrain politique pour ressusciter le mythe des “gras dur” du personnel des services publics québécois, un mythe maintes fois déconstruit par l’ISQ, dont la création servait justement d’outil comparatif au gouvernement du Québec pour évaluer la rémunération de ses employés. Le manque flagrant de rigueur de l’Institut Fraser démontre l’objectif poursuivi : justifier de nouvelles attaques envers les femmes et les hommes qui, chaque jour, se dévouent pour assurer des services publics de qualité pour l’ensemble de la société québécoise », conclut Lucie Martineau, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics.


À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2015.

|Amalgame frauduleux entre employés des paliers municipal, provincial, fédéral, et des sociétés d’État
5641|5850|Société Manchettes|Couvrir le visage doit être interdit|2015-02-27 09:05:01|Libres penseurs athées|

Libres penseurs athées (LPA), association qui prône la laïcité et la défense des droits des athées, exprime son accord avec la récente décision du gouvernement fédéral de porter en appel le jugement de la Cour fédérale qui a supprimé l'interdiction de se couvrir le visage durant les cérémonies d'assermentation à la citoyenneté canadienne.

Il est inacceptable qu’un signe religieux ou politique soit affiché d’une façon si ostentatoire qu’il prenne plus d’importance que la raison d’être de la cérémonie, c’est-à-dire se faire accueillir formellement par sa nation adoptive.

Même en l’absence de tout symbolisme, un vêtement qui masque le visage est incompatible avec l’occasion, et ce, même si on fait abstraction de toute considération de sécurité en s’assurant de l’identité de la personne autrement que par sa figure.

Le voile islamiste est un des drapeaux d'un mouvement politico-religieux fasciste, c'est-à-dire l'islamofascisme, qui prône l'apartheid entre les femmes et les hommes. Le port d'un voile intégral comme le niqab ou la burqa implique un rejet des valeurs du pays et un refus de s’intégrer à la société d’accueil.

Par conséquent, la personne qui le porte ne mérite pas la citoyenneté. Par ailleurs, même si l'idéologie derrière ce signe religieux était anodine, le porter durant la cérémonie serait toujours déplacé, car incompatible avec la nécessaire séparation entre religions et État.

Permettre pour des motifs religieux un accoutrement qui cache le visage durant les cérémonies de citoyenneté constitue un accommodement religieux inacceptable. De tels accommodements sont tout sauf raisonnables, car ils ne sont basés ni sur la raison, ni sur aucun besoin réel.

Cette prohibition que l'on cherche à rétablir ne menace aucunement la liberté de religion des nouveaux citoyens et des nouvelles citoyennes car cela ne les empêche pas de pratiquer leur religion en dehors de la cérémonie.

Par contre, l'absence de prohibition est une atteinte à la liberté de conscience des autres car cela les oblige à participer à une cérémonie qui revêt ainsi le caractère d'une manifestation religieuse, ce qui n'a pas sa place dans les institutions de l'État.

|Lors des cérémonies d'assermentation à la citoyenneté
5642|5851|Société Manchettes|Quand Gesca fait la leçon aux autres médias…|2015-02-27 09:07:47|Martin Lachapelle|

Malgré l’inévitable concurrence pour les parts de marché, les grands médias évitent de critiquer le traitement de l’information et le choix de nouvelles de leurs concurrents. Une règle non officielle que Gesca a transgressée à deux reprises dans les dernières semaines, en blâmant la couverture médiatique de la presse écrite et de la télé, lors de deux événements ayant fait mal paraître le gouvernement : une manifestation anti-austérité ayant perturbé un discours économique, et la boulette de trop du boulet démissionnaire au ministère de l’Éducation concernant les fouilles à nu « respectueuses » des étudiants.

Bien que « respectueuses »(!), les deux récentes critiques de Gesca à l’endroit de plus d’un média ne sont donc pas banales. Ni encore moins fortuites. Surtout de la part d’un empire médiatique de la presse écrite ouvertement libéral et solidaire d’un gouvernement gaffeur, arrogant et de plus en plus contesté.


1ère critique : « L’information spectacle », par Alain Dubuc

Un texte dans lequel Alain Dubuc a reproché à plusieurs médias d’avoir médiatisé le fait qu’un discours à saveur économique de Philippe Couillard, livré à des gens d’affaires, fut momentanément interrompu par une dizaine de manifestants anti-austérité ayant réussi à s’introduire dans le bâtiment.

Un événement mineur qui n’aurait pas dû être médiatisé, selon le chroniqueur de La Presse. Reproche principalement adressé au secteur de l’information continue, tel que RDI ou LCN.

Des médias télés obsédés par la clip qui feraient donc de « l’information spectacle », en permettant aux manifestants tapageurs et munis de pancartes colorées de monopoliser l’attention des médias face aux décideurs politiques et aux gens d’affaires.

Heureusement que le secteur de la presse écrite dominé par Gesca avec ses 7 journaux est là pour réajuster le tir et contrebalancer l’avantage présumé et sûrement injuste du monde ordinaire dans la guerre de l’image face aux pauvres décideurs politiques et aux gens d’affaires…

La sortie de Dubuc trahit visiblement l’agacement de Gesca et de la grande famille libérale face à l’importance accordée par les autres médias à l’organisation de la résistance contre les politiques d’austérité du gouvernement. Comme c’est le cas avec Le Devoir.

Quoi ? Seulement une dizaine de « trouble-fêtes » marginaux ont réussi à entrer, appuyés par « seulement » 400 manifestants à l’extérieur de l’édifice ? Y’a rien là. Y’avait ben plus de gens d’affaires à l’intérieur ayant payé pour assister au discours de Philippe Couillard…

De là à conclure que tout ce beau monde endimanché votait libéral à 100 %, et que le nombre moins élevé de manifestants confirmerait aussi l’échec organisationnel de la résistance syndicale, étudiante et citoyenne contre l’austérité, parce que « seulement » 400 personnes auraient eu le cran d’aller se geler le cul pour manifester à - 1000 degrés, il n’y a qu’un pas biaisé que seul Alain Dubuc a pensé franchir pour la discréditer.

Comme si le nombre de manifestants opposés au néolibéralisme et aux politiques d’austérité du gouvernement libéral (que même un économiste pourtant pas à gauche tel que Pierre Fortin trouve « radicales ») était un argument pouvant contribuer à ce que Gesca daigne leur accorder une seule miette de crédibilité ! Qu’ils soient 400 ou plus de 250 000, comme lors des manifs du printemps érable de 2012…

Ajoutons qu’Alain Dubuc a aussi critiqué La Presse Canadienne et d’autres médias pour avoir publié une nouvelle incomplète en ayant omis de parler du contenu du discours perturbé, même si Dubuc avoue lui-même que Couillard est plate à écouter !


Deuxième critique : « La folie à nu », par André Pratte.

Le deuxième événement apparemment à la fois banal et mal couvert par les médias d’ici, et du monde entier puisque la nouvelle dite impertinente, sensationnaliste et incomplète a fait le tour du monde, est l’affaire de l’étudiante ayant dû subir une fouille à nu (jugée « respectueuse » selon le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc) parce que la direction de son école la soupçonnait de vendre des stupéfiants.

Si André Pratte n’a pas tort de préciser que cette affaire aurait pu se régler entre la direction, l’étudiante et sa famille, la nuance qu’il reproche aux autres médias de ne pas avoir pensé à faire, entre une fouille visuelle du corps dénudé et le « simple » fait de devoir se foutre à poil derrière une couverture pour une inspection de bobettes dans un lieu public, est assez hallucinante.

Comme si Pratte accepterait gentiment de se soumettre à cet exercice apparemment beaucoup moins dégradant.

Et tout ça pour essayer de sauver la face d’un ministre aujourd’hui démissionnaire, dont le gouvernement Couillard semble vouloir transformer en bouc-émissaire pour calmer un peu la grogne populaire, même si la maladresse libérale semble un virus généralisé.


La paille et la poutre

Le problème avec les critiques de Gesca, contre le traitement de l’information et le choix de nouvelles des autres médias, est que cet empire libéral est plutôt mal placé pour donner des leçons de journalisme à quiconque.

Tout d’abord par sa ligne éditoriale aveuglément partisane en faveur du Parti libéral.

Mais aussi parce qu’on ne compte plus les exemples de traitement douteux de l’information par les médias de Gesca.

Qu’on parle du sondage bidon sur l’appui à la loi anti-manif du gouvernement libéral lors du printemps érable. Sondage réalisé avant que la loi ne soit connue.

Ou encore le reportage incomplet sur les recommandations du dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités sociales. Un rapport que La Presse a même eu le culot de discréditer « subtilement ».

On pourrait aussi parler de la « disparition » du sondage web biaisé sur la fierté canadienne que Gesca a réalisé sur son site de La Presse, le 1er juillet de l’an dernier.

|Info-spectacle et fouille à nue
5643|5852|Manchettes Mouvements_souverainiste|Andrée Ferretti appuie PKP… pour le moment !|2015-02-27 09:10:32|Pierre Dubuc|

Dans un court texte paru sur le site Vigile, intitulé « PKP dans tous ses états. La vision de Pierre Dubuc », Andrée Ferretti, avec sa verve habituelle, repousse du revers de la main – manifestement, sans l’avoir lu – mon livre PKP dans tous ses états et me qualifie « à l’égal de QS » d’être « un allié objectif des libéraux de Couillard ».

Mme Ferretti a affiché ses couleurs en faveur de Pierre Karl Péladeau. Dans un texte paru sur le site Indépendantes, elle écrivait : « Pierre Karl Péladeau est un emblème et une preuve des effets libérateurs de l’allégeance aux exigences de toute révolution ».

Elle saluait son « instinct politique, aucunement politicien, instinct personnel qui rejoint l’instinct populaire, dans la soif commune de libérer l’espace occupé par les rapaces en tous genres, nommément fédéralistes et capitalistes mondialistes » (14 novembre 2014).

Mais, à peine une semaine plus tard, sa confiance – dont on présume qu’elle se veut inébranlable – en l’« instinct politique » du pourfendeur des « fédéralistes et capitalistes mondialistes » est déjà mise à rude épreuve, avec les malencontreuses déclarations, suivies de rétractations, de PKP sur la non-pertinence du Bloc Québécois.

Au point où elle lui enjoint de se taire! « Taisez-vous quand vous n’avez rien à dire qui ne relève pas directement de votre propre engagement » (Indépendantes, 20 novembre 2014).

Comme si de connaître la position de PKP sur l’existence ou non du Bloc était une question marginale pour l’appréciation de son jugement politique!

Si le passé est garant de l’avenir, les virevoltes politiques de Mme Ferretti dans son appui à PKP seront à suivre. En témoignent un aperçu de ses prises de position publiques à l’endroit de Pauline Marois.


Pauline Marois, de la trempe des grandes bâtisseuses à la plus inconditionnelle capitaliste

Lors de la course à la chefferie du Parti Québécois de 2005, Andrée Ferretti apportera un appui dithyrambique à Pauline Marois. Dans un texte publié dans Le Devoir, sous le titre « Pauline Marois nous conduira à l’indépendance. C’est dans la logique de notre histoire », elle compare ses réalisations « à celles de nos grandes bâtisseuses, aux Marguerite Bourgeois, Marie de l’Incarnation, Jeanne-Mance, Marguerite d’Youville, Émilie Gamelin et autres Eulalie Durocher ».

Elle serait, selon elle, de la trempe des « Marie Rollet, Marie Gérin-Lajoie, Caroline Béique, Idola St-Jean, Laure Gaudreault, Thérèse Casgrain, Madeleine Parent, Léa Roback, Monik Sioui, Évelyn O’Bomsawin, Simonne Monet-Chartrand ».

Le 28 juin 2007, premier bémol à propos de son idole. « Elle est belle, intelligente, engagée, notre Pauline, et, peut-être, indépendantiste. Dommage qu’elle soit péquiste, c’est-à-dire congénitalement impuissante à faire du Québec un État indépendant libre et souverain » (Vigile, 28 juin 2007).

Le 15 mars 2010, virage à 180 degrés. Elle commente ainsi l’expulsion du SPQ Libre du Parti Québécois par Pauline Marois. « Seuls, donc, s’étonneront les naïfs, de la mise à la porte du SPQ Libre par Pauline Marois, la plus inconditionnelle capitaliste de tous les chefs du PQ, avec ce que cela signifie de désintérêt pour les intérêts fondamentaux de la nation québécoise, dans tous les domaines de l’activité humaine » (Vigile, 15 mars 2010). Rien de moins !

Le 22 novembre 2010, un mince espoir retrouvé. « Peut-être, finalement, serons-nous sauvés par Pauline Marois? Je ne le crois pas, mais c’est ma dernière espérance » (Vigile, 22 novembre 2010).

Le 9 février 2011, Andrée Ferretti prononce un discours enflammé pour saluer les 5 ans de Québec solidaire.

« J’appuie Québec solidaire, parce que je suis aujourd’hui comme hier pour la pleine mesure des choses (…) Considérant que l’indépendance sera l’aboutissement d’une lutte franche pour la liberté politique, la justice sociale et l’émancipation culturelle, à 76 ans, toujours convaincue de sa nécessité, je mets désormais mon espoir et ma confiance dans Québec solidaire » (Vigile, 9 février 2011).

Le 7 juin 2011, lors de la crise de l’amphithéâtre, créée par le dépôt du projet de loi 204 visant à mettre, à l’abri de toute poursuite judiciaire, l’entente entre Québecor et la ville de Québec, elle se félicite de la démission des députés Curzi, Beaudoin et Lapointe et de leur remise en question de la stratégie du « bon gouvernement » de Mme Marois.

« Trois députés se révoltent aujourd’hui contre cette démarche fondatrice de leur Parti. Tant mieux. Reste à espérer qu’ils uniront leur force individuelle à celle de nombreuses forces collectives souterraines en action, partout au Québec, dont les aspirations sont plus ou moins promues par Québec solidaire. »

Elle ajoute : « Tout s’annonce à nouveau possible avec ce rejet de mesdames Beaudoin et Lapointe et de monsieur Curzi, de la stratégie du pouvoir au détriment de l’avènement de l’indépendance du Québec ».

Elle a même trouvé son sauveur. «  Je compte notamment sur Pierre Curzi, parce qu’il agit avec la sensibilité de l’artiste, celle qui bouleverse le monde » (Vigile, 7 juin 2011).

Le 16 juin 2011, soit même pas deux semaines plus tard, les sauveurs n’en sont plus. Mme Marois est peut-être, après tout, la solution. « Et moi qui désapprouve la stratégie du PQ sous sa direction, je me surprends à penser que sa détermination à tenir solidement en main, envers et contre les Gesca et Québecor, les brides de son parti, lui attirera peut-être l’admiration et le soutien de ce peuple indécis. »

Le 31 août 2011, deux mois plus tard, l’enthousiasme est revenu. Elle réitère son appui à Pauline. « Et qui mieux qu’une femme intelligente, déterminée, stratège, ayant l’expérience du pouvoir et désireuse de l’exercer peut, au Québec, réussir cet exploit » et, complétant un nouveau virage à 180 degrés, elle republie sur le site Vigile la lettre d’appui à Pauline parue dans Le Devoir lors de la course à la chefferie de 2005 (Vigile, 31 août 2011).

Le 31 octobre 2011, elle vient à la rescousse de Pauline Marois, l’enthousiasme en moins. « Oui, Madame Marois doit rester. Elle n’est pas plus indépendantiste que la presque totalité des chefs qui l’ont précédé, mais elle ne l’est pas moins » (Vigile, 31 octobre 2011).

Le 7 mai 2013, elle découvre, après tout le monde, le « vrai visage de Québec Solidaire ». Dans une lettre ouverte à Françoise David, elle met sur le compte d’un « moment d’aveuglement fondé sur l’espoir », son appui passé à QS, et accuse la co-porte-parole de QS d’attaquer le PQ « comme s’il était l’ennemi principal et en favorisant par ricochet le retour au pouvoir du Parti Libéral » (Indépendantes, 7 mai 2013).

Le 15 mai 2013, après avoir rappelé qu’elle n’avait joint les rangs du Parti Québécois que lors des deux référendums et de la campagne électorale de 2012, elle précise qu’à cette dernière occasion, elle l’a fait « non pour appuyer Pauline Marois, comme l’ont crut de manière insignifiante plusieurs vigiliens, mais parce qu’il était d’une urgente nécessité d’empêcher les libéraux de reprendre le pouvoir, pour Sauver les membres » (Vigile, 15 mai 2013).

Le 14 mars 2014, en pleine campagne électorale, elle écrit qu’il « ne faut pas être un grand analyste politique pour comprendre que Pauline Marois n’avait pas du tout prévu la tournure prise par la campagne électorale sous l’impulsion de Pierre Karl Péladeau ».

Bien qu’elle reconnaisse que la « campagne imprévue, et donc improvisée » a été menée « sans préparation adéquate », elle réaffirme son appui à Pauline Marois : « Je déclare ici que j’ai confiance en son intelligence politique ». (Indépendantes, 14 mars, 2014)

Ouf !

Et c’est elle qui m’accole cette citation d’Oscar Wilde : « Ce qu’il y a de pire chez le fanatique, c’est la sincérité »!

|« Ce qu’il y a de pire chez le fanatique, c’est la sincérité » (Oscar Wilde)
5644|5853|Accueil_Analyses Culture Cinéma|Oscars engagés|2015-02-27 09:15:56|Pierre Jasmin|

La cérémonie des Oscars est commentée dans nos « grands » médias sous l’aspect frivole de ses robes haute couture et parfois, une étoile brillera pour l’aspect « human interest » de sa carrière. Ainsi La Presse du lundi 23 février (même si Cassivi compensera le lendemain) rend compte du show télévisé de la veille par deux gros titres : des fées des étoiles en première page, la soirée glamour dans la section des arts ! On n’a rien contre Jennifer Lopez ni surtout contre Lupita Nyong’o mais…

Peut-on vous proposer un regard d’artiste engagé en disant simplement BRAVO :

  1. à l’Académie pour avoir eu le courage de couronner l’essentiel documentaire Citizen Four, sur l’odyssée médiatique du courageux et intègre Edward Snowden, filmé jusqu’en Russie avec sa blonde. Un moment fort de la cérémonie, lorsque sa réalisatrice Laura Poitras a été ovationnée en appelant au devoir de transparence et en soulignant l’importance de mettre en valeur ces lanceurs d’alertes qui dénoncent, comme (Chelsea) Bradley Manning et Julian Assange, un monde envahi par les espions militarisés au service de leaders peu scrupuleux (tel Stephen Harper ?)

  2. à Glory, la chanson thème entonnée par les musiciens noirs John Legend et Common dans le film Selma d’Ava Duvernay sur Martin Luther King à peu près ignoré dans les nominations (voir sur le site www.artistespourlapaix.org un article sur ce film militant). Glory s’est imposée chanson de l’année, ce qui nous fut révélé tout de suite après une performance saluée par une ovation debout de tout l’auditoire, avec une Oprah déchaînée et l’acteur principal du film ému aux larmes!

Ce grand moment anti-raciste fut suivi d’une célébration trop discrète du fondateur des Performing Artists for Nuclear Disarmament, le grand Harry Belafonte, gagnant d’un Governor’s award : les Artistes pour la Paix le saluent !

  1. au discours passionné de Patricia Arquette, meilleur second rôle féminin dans Boyhood : sa revendication passionnée en faveur de l’égalité des femmes a aussi été applaudie par une salle vibrant décidément pour les bonnes causes. Rappelons que l’Académie compte 6000 membres à 94% blancs, 77% masculins...

  2. au tour de force cinématographique et théâtral Birdman, qu’on s’attendait bien à voir oscarisé par ses pairs, mais surtout à son réalisateur Alejandro Gonzalez Iñarritu, avec son discours émouvant en faveur de son pays éprouvé, le Mexique, et pour son Amérique d’adoption afin qu’elle se revendique pour ce qu’elle est, une nation d’immigrants ! On ne s’attendait pas à moins du metteur en scène qui nous a donné d’autres chefs d’œuvre tels Biutiful et Babel.

  3. à The Imitation Game de Morton Tudlum dont le scénario adapté a été récompensé, avec sa gymnastique compliquée mais très maîtrisée de flashbacks sur le destin d’un héros déchu par l’Angleterre. Graham Moore, qui avoua avoir voulu se suicider à l’adolescence parce qu’il se sentait différent (syndrome d’Asperger? homosexualité?), a invité chacun des spectateurs et téléspectateurs à célébrer ses particularités. À Cumberbatch, pourtant transcendant dans la peau de Turing, l’Académie a préféré l’acteur Eddie Redmayne, formidable dans The theory of everything sur la vie du physicien Stephen Hawking.

  4. à Interstellar de Christopher Nolan qui méritait mieux que le chiche palmarès du seul prix des meilleurs effets visuels. Cette odyssée des galaxies et de la relativité du temps ne force-t-elle pas une réflexion philosophique qui sert l’idéal de paix ?

  5. au ludique Grand Budapest Hotel du génial Wes Anderson dont les films provoquent TOUJOURS d’indispensables réflexions sur la non-violence, sans JAMAIS renier la jouissance ludique de rencontres improbables d’acteurs

Car le talent pur était aussi de la fête : comme musicien, je pense au trois fois récompensé Whiplash, film extraordinairement tendu vu son sujet, le rythme, tel qu’enseigné voire extorqué par un professeur tyrannique joué par J. K. Simmons qui méritait pleinement l’oscar du meilleur rôle secondaire. J’ai vu à l’œuvre en Russie spécialement, ce genre de pédagogues de fer, avec des résultats pitoyables mais certains qui élevaient leur jeu en conséquence. Le film a aussi gagné le meilleur mixage sonore (aussi une question de rythme !).

Saluons Ida, en noir et blanc de Pawel Pawlikowski, et Julianne Moore enfin récompensée dans sa quatrième tentative d’aller chercher un oscar pour Still Alice.

Quant au patriotique et controversé American Sniper de Clint Eastwood, il reçoit l’Oscar du meilleur montage sonore mais ses revenus commerciaux dépassent l’ensemble de ses rivaux, les sept autres « meilleurs films de l’année » ! Parlons-en…

Trois films sur quatre continents

Tireur d’élite

Le vrai Chris Kyle, tireur d’élite à qui on attribua le surnom « la légende », après qu’on lui ait attribué 160 morts irakiennes

Le film American sniper de Clint Eastwood est plus subtil que ce qu’on en a dit, racontant une histoire troublée, vraie. Sans que le Républicain Eastwood renie son patriotisme et ne remette politiquement en cause la présence de ses compatriotes en Irak (même s’il maintient dans ses entrevues s’être objecté à ce que Bush Jr envahisse le pays), son film dénonce à chaque plan, pour ceux qui veulent bien voir, les ravages de la guerre. Hélas, si sa caméra ignore en grande partie les ravages qui affectent ses grands perdants (les civils irakiens), elle illustre, à chaque plan rapproché du héros, les ravages qui affectent les soi-disant « grands vainqueurs », ceux du syndrome de stress post-traumatique que le général Roméo Dallaire a contribué à révéler, suite à sa terrible expérience au Rwanda.

Accordons à Clint Eastwood qu’un film ne peut explorer qu’un seul sujet à la fois : à juste titre, il est célébré par les vétérans des guerres, qui se reconnaissent dans la naïveté de Chris Kayle « qui ne fait que son devoir », dit-il. C’est vite dit, alors qu’il s’engage dans un engrenage de souffrances auxquelles seront soumis au premier chef sa propre épouse et ses enfants dont il s’occupe du mieux qu’il le peut, dans sa condition éprouvée. Un rôle en or pour Bradley Cooper au regard blessé fuyant qui arbore, curieusement, lorsqu’il fait office de bourreau, une casquette avec le nom Charlie écrit en rouge.

Les reproches de militarisme adressés au film l’accusent de ne pas avoir abordé l’imbécillité criminelle de Bush? Ce n’est pas le sujet du film, répondra doucement Eastwood. Ambigüité trop commode ou honnêteté trop brutale?

On s’évite de tels reproches, en reproduisant l’article paru dans Le Monde du 21 février :


Eddie Ray Routh, l’anti-American sniper

« Il aurait peut-être valu un film lui aussi mais ç’aurait été un opus assez glauque, pas le genre à recevoir des Oscars à Hollywood. Un film sur l’impossible retour de la guerre, mais vu du côté des perdants. Un éclairage sur la faillite du système de santé mentale aux États-Unis.



Photo Reuters

Quand il a été arrêté au Texas, quelques heures avoir tué le Navy Seal Chris Kyle (le tireur d’élite au palmarès le plus meurtrier de l’armée américaine, auteur du best seller American Sniper), Eddie Ray Routh était hirsute, barbu, le regard aux abois. Deux ans plus tard, il est méconnaissable. Le cheveu ras, comme dans les rangs militaires. Barbe et moustache ont disparu. Il porte des lunettes épaisses. Son visage est bouffi par les médicaments.

L’ancien marine comparait à Stephenville, Texas, depuis le 11 février. Par coïncidence, le procès s’est ouvert alors que le film de Clint Eastwood, American Sniper, qui glorifie la légende de celui que les Irakiens avaient appelé « le diable de Ramadi », a battu des records de fréquentation et que Bradley Cooper était en piste pour l’Oscar du meilleur acteur, qui sera décerné le 22 février.

Eddie Ray Routh, 27 ans, lui, c'est plutôt l'inverse. L'anti-American sniper, pas l’étoffe des héros. Au lycée, il était toujours sous la moyenne, mais prompt à chercher la bagarre. En 2006, il s’est engagé dans les Marines, qui l’ont accueilli à bras ouvert. C’était l’année la plus noire en Irak. L’armée américaine s’enlisait. Routh était chargé de l’entretien des armes de petit calibre. Il n'était pas en première ligne mais il lui arrivait de garder les prisonniers. Au téléphone, il a raconté à sa famille que les prisonniers irakiens étaient mal traités. Un jour, il a appelé son père : « qu’est-ce que tu dirais si je tuais un enfant » ? En avait-il eu connaissance ? C'est l'un des premiers faits d'armes qui ont valu à Chris Kyle son surnom de légende parmi les soldats américains. Le tir meurtrier sur un enfant irakien qu'il voit à travers son viseur, et qui lui parait porteur d'une grenade.

En 2010, Eddie Ray Routh a été envoyé en Haïti, en mission humanitaire, après le tremblement de terre. D’après sa famille, ce séjour là l’a encore plus marqué. Il a nettoyé des corps, empilé des cadavres devant les pelleteuses. Un jour qu’il voulait donner sa ration à un enfant affamé, un officier l’en a empêché. L’armée lui a décerné la médaille du service humanitaire.

De retour au Texas, il n’a jamais refait surface. Il a occupé quelques petits boulots sans s’y fixer. Il fumait de la marijuana imbibée de formol, tenait des propos incohérents, persuadé qu’il était poursuivi, écouté, menacé. Il a été hospitalisé à Dallas, puis remis dans la rue avec un sac en papier contenant 9 sortes de médicaments. Il était violent. Quand il a promis de « faire sauter la cervelle » de toute sa famille, il a été réadmis dans le service psychiatrique. Puis renvoyé chez lui, quatre jours avant le double meurtre. La veille, il a menacé sa girl-friend avec un couteau. Elle parlait trop fort. Ils nous écoutent, a-t-il assuré. Avant de lui demander de l'épouser.

A l’audience, Jodi Routh, a expliqué qu’elle avait supplié les psychiatres de l’hôpital de Dallas d’interner son fils. Assistante dans l’établissement où Chris Kyle scolarisait ses enfants, elle avait abordé l’ancien tireur d’élite, sachant qu’il s’occupait des vétérans d’Irak en difficulté. Il avait promis de lui parler. Elle en a pleuré. Enfin quelqu’un acceptait de s’occuper d’Eddie.

Le 2 février, Chris et son copain Chad ont emmené le jeune marine au stand de tir de Rough Creek Lodge, à 90 minutes de Stephenville. Une forme de thérapie, selon eux, pour les traumatisés de la guerre. « Chris avait découvert un nouvel usage pour les armes : soigner », explique souvent sa veuve Taya, qui a témoigné au procès et prépare elle aussi un best seller qui s'appelleraAmerican widow. Dans la voiture, Eddie était assis à l’arrière. Chris Kyle a envoyé un SMS à son voisin Chad: « Celui-là, il a l’air totalement cinglé ».

Personne n’a été témoin de la fusillade. Les corps ont été retrouvés criblés de balles. Six pour Chris Kyle, sept pour Chad Littlefield, tirées dans le dos avec les armes du sniper. Eddie Ray Routh était persuadé qu’il allait tomber dans un piège. L’armée allait lui « prendre son âme ». Il le fallait : « Si je prenais pas son âme, il allait emporter la mienne », a-t-il expliqué après avoir été arrêté.

A l'incrédulité des Texans, le procureur n’a pas demandé la peine de mort. Comme s’il reconnaissait que l’armée n’est pas tout à fait exempte de responsabilités. »


Léviathan

Concourant dans la très imposante catégorie du meilleur film étranger où on trouvait trois de mes favoris, le film turc Sommeil d’hiver, Deux jours une nuit (avec Marion Cotillard) et Timbuktu dont je parlerai plus loin,Léviathan, un film très dur, réaliste postsoviétique.

Comme dans la vraie Russie où j’ai étudié une année complète, la vodka coule à flots, sans réussir à anesthésier le personnage principal du film. Sa vie pourtant prometteuse, avec sa jeune femme et son fils d’un premier mariage, tous deux braves et intelligents, sombre dans le chaos. Car des autorités corrompues organisent le vol officiel de ses biens dans des bureaux surplombés de portraits de Poutine.

Hyperréalisme cynique rendu par des comédiens au ton juste : l’autorité (politique, ecclésiastique et morale) en prend pour son rhume, et l’arrivée d’un ami de Moscou juriste, évoquant constamment sa seule foi pragmatique en les faits, si elle représente d’abord un espoir d’échappatoire, s’avère finalement désastreuse.

Metteur en scène : Andreï Zvyaginstsev, acteurs Alexeï Serebryakov, Elena Lyadova et Roman Madyanov


Timbuktu

Le djihadisme, sa rigueur fanatique, mis en échec par la vie humaine, l’amour de la famille et des bêtes, la philosophie et la musique. Timbuktu vient de triompher avec 7 prix César à Paris qui a aussi couronné Mommy de Xavier Dolan, comme meilleur film étranger, à notre grande fierté.

Mauritanien d’origine, élevé au Mali, formé au cinéma en Union soviétique, installé à Paris, Abderrahmane Sissako filme l’occupation récente de Tombouctou par des guerriers intégristes venus du nord qui imposent leurs lois intransigeantes. La force du film est de ne pas présenter ces théocrates uniquement comme des caricatures, mais comme des êtres humains empêtrés dans leurs contradictions idéologiques, emprisonnés dans leur moralisme dégénéré dicté par une loi d’un autre âge, la charia dont ils sont victimes, eux aussi. Michèle Ouimet a condamné dans La Presse de jeudi ce film, sous le titre de « la vérité tronquée », lui reprochant d’avoir reçu le soutien de la République islamique de Mauritanie et de ne pas refléter la sauvagerie de Boko Haram.

Mais Timbuktu a le grand mérite à nos yeux de filmer en face un pays d’un autre âge avec :

  • un imam qui évoque les valeurs de tolérance de l’islam,

  • des femmes émouvantes qui chantent avec sensualité malgré l’interdiction de la musique et qui en paient le prix par le fouet,

  • des jeunes qui contournent l’interdiction en mimant sans ballon le ballet exaltant du football (passion que je partageais avec Brian Barton, feu l’animateur récemment décédé du comité de solidarité Trois-Rivières),

  • une vieille haïtienne qui vend des amulettes et se pare de son coq

  • une poissonnière qui refuse de porter des gants pour vendre son poisson

  • un nomade touareg qui se délecte de l’amour de sa femme et de sa fille (voir photo) mais sera victime des islamistes


Une scène du film mauritanien et français d'Abderrahmane Sissako, Timbuktu.



Le Monde avait qualifié le film de chef d’œuvre. Sa critique intellectuelle et esthétisante a-t-elle convaincu des membres du jury des César? « L’affaire se joue physiquement, pour l’essentiel au niveau du cadre. Légitime est ce qui contribue à le rendre habitable, harmonieux, partageable. Illégitime est ce qui l’obstrue, le force, lui fait violence. C’est tout simple. Dans un film qui tend à ce point vers la douceur et l’équilibre, les brutes s’excluent d’elles-mêmes du paysage. Le dieu du cinéma les vomit. Il bénit en revanche Sissako, qui fait exploser dans ce film à tableaux couleur de sable tout un bouquet de réminiscences. Sergio Leone (duel au soleil en plan lointain), Jacques Tati (mégaphone crachotant des consignes incompréhensibles), Djibril Diop Mambety (le motard masqué et vengeur), Jean Rouch (la sorcière au poulet du fleuve Niger). Autant d’esprits tutélaires qui éclairent là où le monde s’enténèbre. 

Vieux dilemme de l’art confronté à la monstruosité. Comment saisir cette dernière sans la trahir ou se trahir soi-même ? Comment la restituer sans s’y abîmer ? Comment la transmettre sans l’édulcorer ? Peu d’œuvres y sont parvenues, quel que soit le nom dont le crime se pare devant l’Histoire : la loi dans Antigone (Sophocle), la guerre dans Les Désastres de la guerre (Goya) ou Guernica (Picasso), le génocide dansShoah(Claude Lanzmann) ou S21 (Rithy Panh), l’humiliation dans Chronique d’une disparition (Elia Suleiman). »

Timbuktu tient le pari de la poésie, restituant la dignité d’un couple, même lors d’une horrible scène de lapidation.

L'actrice et chanteuse Fatoumata Diawara

Un cinéma essentiel, qui agit comme révélateur de l’inanité des interventions militaires extérieures qui bulldozeraient les valeurs contradictoires que distille ce merveilleux film avec une lenteur tout africaine…

|Dans la série Web-télé « Les militants »
5655|5864|Environnement Accueil_Analyses|Wei-Hock « Willie » Soon|2015-03-05 09:20:03|Jos Public|

La vedette la plus «scientifique» des climatosceptiques vient de se faire descendre en flammes. Des documents révèlent que Willie Soon, présenté comme un astrophysicien à l’Université Harvard, a reçu plus de 1,2 million$ de l’industrie pétrolière, qu’il ne l’a jamais divulgué, qu’il n’a pas de formation en climatologie... et qu’il n’a jamais été astrophysicien à l’Université Harvard! Wei-Hock Soon, un astrophysicien climatosceptique, est démasqué

|À Singapour, au Mexique, à Québec ?
5657|5866|Société|Slam contre l'austérité pour le 8 mars|2015-03-05 09:50:56|L'aut'journal|

|Toutefois, les difficultés financières de la compagnie font en sorte qu’une compensation est incertaine
5672|5881|Manchettes Mouvements_souverainiste|PKP et le droit du public à l’information|2015-03-12 08:52:20|Michel Saint-Laurent|

L’auteur habite les Îles-de-la-Madeleine

Un incident, apparemment anodin, survenu lors de la conférence de presse de M. Pierre Karl Péladeau, le 10 mars dernier, annonçant sa plate-forme économique dans le cadre de la course à la chefferie du Parti québécois devrait nous porter à nous questionner sur les effets tangibles de la concentration de la presse au Québec.

Ainsi, lors de la période de questions à la suite de sa présentation, M. Péladeau a eu maille à partir avec un journaliste, non-identifié sur le champ, qui insistait à vouloir poser une 2e question alors que le candidat à la chefferie du PQ et son équipe avaient établi, péremptoirement, allant à l'encontre des règles usuelles et du droit à l'information la plus complète possible, que chaque journaliste n'aurait droit qu'à une question, une seule.

Il s'en est suivi un épisode où le refus obstiné de M. Péladeau, visiblement irrité, de répondre à une nouvelle question du journaliste a même supplanté, à Radio-Canada, lors du compte-rendu subséquent, le message qu'il tentait de nous livrer.

Serions-nous en droit de nous questionner sur la définition du droit du public à l'information de M. Péladeau, toute l'information, pas seulement celle qu'il décide de nous livrer, au débit qu'il décide?

Mais au-delà de ce feuilleton, certes peu reluisant pour M. Péladeau, qui semble avoir un problème (sic) avec les journalistes, cet épisode soulève un questionnement plus avant sur les effets délétères de la concentration de la presse au Québec.

Ainsi, comment se fait-il que, lors des téléjournaux du soir relatant cette rencontre avec la presse, la couverture ait été si opposée? À Radio-Canada, on a montré cet incident et on en a parlé à la radio aussi alors que, du côté de TVA, pas un mot, motus et bouche cousue sur cet esclandre. Étrange non? Autocensure, commande venue d'en haut? Allez savoir...

Or, une explication pourrait peut-être se trouver du côté de la « guerre médiatique » qui a cours entre ces deux géants de l'information. Il est connu que Radio-Canada, notre télévision et notre radio publiques et l'entreprise Gesca-La Presse, propriété des Desmarais, d'un côté et Québecor- TVA- Le Journal de Montréal, appartenant à M. Péladeau, de l'autre, se livrent, depuis des années, une lutte féroce afin d'asseoir, chacun, leur suprématie dans le milieu des médias de masse au Québec et rafler la part du lion des parts de marché.

Se pourrait-il ainsi que, malgré l'affirmation de M. Péladeau à l'effet qu'il ne s'immisce pas dans le travail de ses salles de rédaction, que celles-ci « s'arrangent » pour, le moins possible, l'égratigner?

Et, en contrepartie, que l'adversaire en fasse tout autant quand il s'agit de protéger ses poulains...fédéralistes et qu'il ne manque pas une occasion de faire mal paraître le concurrent, dorénavant indépendantiste affiché, dans le combat idéologique qui les oppose? Vues de l'esprit que tout ça? L'information y est-elle gagnante? Le citoyen est-il bien informé? Ces questions se posent-elles...?

|Les effets de la concentration de la presse
5673|5882|Accueil_Analyses Mouvements_syndical| Docu-web sur Joseph Caron|2015-03-12 08:57:54|Ferrisson|

La série Web-Télé «Les Militants» (http://ferrisson.com) vous propose cette semaine une émission consacrée à Joseph Caron.

Élevé sur une ferme à Baie-des-Sables, Joseph Caron traverse le fleuve pour gagner sa vie sur la Côte-Nord. Embauché à l’aluminerie de Baie-Comeau, il contribue à bouter l’«union américaine» hors de l’usine pour faire entrer la CTCC (CSN).

Il nous raconte, entre autres, les batailles que les ouvriers ont dû livrer pour faire respecter le français dans leur milieu de travail.

Tour à tour, il sera délégué, ensuite élu VP de son syndicat, puis président, enfin, président du nouveau Conseil central de la Côte-Nord.

Avant de devenir conseiller syndical de la CSN en 1966, il sera sur la première ligne du «Deuxième front» en compagnie d’André Laurin, l’homme des ACEF, des caisses d’économie et de l’Aide juridique.

Comme conseiller syndical, Joseph Caron a pu fignoler sa polyvalence en Gaspésie où, pour la CSN, tout était à faire. Puis, il s’est occupé des syndiqués du secteur de la santé à Rimouski et a oeuvré en tant que coordonnateur pour la CSN Construction. Enfin, il est allé rejoindre son ami Maurice Boucher au service de la Formation.

Négociateur avisé, partisan irréductible de la vision sociale de la CSN, Joseph Caron est un militant pour qui les valeurs de vérité, de fidélité et de respect sont essentielles à l’exercice du métier de syndicaliste.

À regarder sur le site Web à: http://ferrisson.com/joseph-caron-csn/ ou sur la chaîne YouTube à : http://tinyurl.com/phzetmp

Durée: 27 minutes
Enregistrement: Les 13 janvier et 6 mars 2014

|Vivement une enquête publique!
5678|5887|authebdo|authebdo - 13 mars 2015|2015-03-13 09:01:30|L'aut' journal|Plus de 7 500 visites par jour !

Si vous n’avez pas visité notre site régulièrement au cours de la dernière semaine, il se peut que vous ayez manqué ces articles

Pour lire l'article, cliquez sur le titre


COURSE À LA CHEFFERIE AU PARTI QUÉBÉCOIS

Premier débat : PKP avait des airs de Boisclair
Et on trouve du Legault dans le document économique de PKP
par Marc Laviolette et Pierre Dubuc

Parce qu’il faut du changement
Un programme de justice et d’équité en 5 axes
par Pierre Céré


MÉDIAS

PKP et le droit du public à l’information
Les effets de la concentration de la presse
par Michel Saint-Laurent


LAÏCITÉ

La juge Marengo a jugé selon la loi
Dieu aurait besoin d'un peu de répit
par Christian Néron


POLITIQUE CANADIENNE

Pourquoi un PQ dirigé par PKP abandonnerait le Bloc Québécois à son sort
Subvention de 857 millions $ du gouvernement Harper à Vidéotron
par Pierre Dubuc

Monique Pauzé, vice-présente du Bloc Québécois
Elle a été présidente du Syndicat de Champlain et commissaire aux États généraux sur la souveraineté. Elle est vice-présidente de la Coalition Eau Secours
par Bloc Québécois


POLITIQUE QUÉBÉCOISE

Arrestations de l’UPAC en lien avec des contrats informatiques
Vivement une enquête publique!
par SFPQ

Les devins qui ne devinent rien
Force est d’admettre que M. Leitão a complètement raté ses prédictions astrologiques – et pas qu’un peu !
par Richard Perron


INTERNATIONAL

Que reste-t-il à bombarder?
Bombardons l’Iran! – Nétanyahou au Congrès américain, le 3 mars
par Pierre Jasmin


MOUVEMENT SYNDICAL

Gain des travailleurs agricoles guatémaltèques contre Savoura
Toutefois, les difficultés financières de la compagnie font en sorte qu’une compensation est incertaine
par Noé Arteaga

Le « Right to work », bientôt au Québec?
Derrières ces beaux mots soigneusement choisis, le « right to work » c’est, en réalité, le droit de travailler pour moins
par Andréanne Corriveau

Docu-web sur Joseph Caron
Dans la série Web-télé « Les militants »
par Ferrisson


CULTURE

Sacrifier pour faire société
Ennemi public d’Olivier Choinière, au Centre du Théâtre d’aujourd’hui
par Julien Beauregard


CINÉMA

Paradis fiscaux pour les nuls
Le Prix à Payer, un documentaire de Harold Crooks
par Ginette Leroux


DÉBAT

Indépendance: Retour sur le parcours et perspectives d'avenir
Débat avec Andrée Ferretti, Robert Laplante et Simon-Pierre Savard-Tremblay
par Génération nationale


À LIRE !

PKP DANS TOUS SES ÉTATS de Pierre Dubuc

Le livre est disponible dans toutes les bonnes librairies
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Il est également disponible en format numérique.

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5679|5888|International Accueil_Analyses|Que reste-t-il à bombarder?|2015-03-13 09:05:14|Pierre Jasmin|

L’auteur est membre des exécutifs des Artistes pour la Paix, de Pugwash Canada et du Réseau canadien pour l’abolition des armes nucléaires, et membre du Cercle universel des ambassadeurs de paix (Genève)

Le premier ministre du Canada Stephen Harper a soutenu inconditionnellement les bombardements de Gaza par son homologue israélien Benjamin Nétanyahou, ovationné par les Républicains à Washington pour son appel à maintenant bombarder l’Iran.

Le pouvoir acculturé de cette triple alliance militariste se base sur une islamophobie désormais propre aux Conservateurs, selon le journaliste Siddiqui1.

Le commentateur Jon Stewart (Leibowitz) a rappelé avec pertinence et humour la semaine dernière à la télévision américaine que ce même Nétanyahou avait convaincu en 2003 les Blair & Bush à envahir l’Irak contre l’avis de l’ONU, en évoquant alors un avenir radieux qui s’ouvrirait pour la démocratie au Moyen-Orient entier!

Et son nouveau discours éculé, qualifié à juste titre par la démocrate Nancy Peloso d’insulte à l’intelligence des États-Unis, enthousiasme les Républicains aveuglés par leur idéologie de droite, en prônant une attaque encore plus suicidaire, afin d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire…

Sur quelle planète vivent ces gens de pouvoir pour ignorer ainsi le million de morts et les millions de réfugiés des douze dernières années, consécutifs à l’attaque contre l’Irak? Espérons que les Israéliens, eux, s’en souviendront en allant voter dans moins d’une semaine…


BOMBARDONS LES PAYS ISLAMISTES! – semble dire Harper, allié de l’Arabie Saoudite!?!

Une part immense des budgets militaires nord-américains est engloutie présentement dans les bombardements en Irak et en Syrie, plébiscités par des sondages tendancieux. Et pourtant, combien ils apparaissent absurdes et contreproductifs, vu l’alliance étroite de l’Amérique du Nord avec l’Arabie Saoudite2 dont la pléthore de pétrodollars a financé et finance encore dans les pays sous-mentionnés l’action terroriste des fanatiques intégristes salafistes :

  • en l’Afghanistan des années 80, avec les Moudjahidines armés par la CIA contre l’URSS puis lors de l’invasion des puissances occidentales en 2001, débordant ensuite au Pakistan avec les Taliban, Ben Laden et al-Qaeda jusqu’en 2011,

  • au Kurdistan, que notre gouvernement conservateur anti-séparatiste blâme pour la mort récente d’un soldat canadien, après avoir laissé les Kurdes victimes des violences tour à tour turques, irakiennes (Saddam Hussein), syriennes puis celles de DAECH/l’État Islamiste,

  • en Irak, dont des communautés sunnites ont été idéologiquement brainwashées à rejoindre les groupes terroristes djihadistes islamistes,

  • contre la communauté chiite irakienne et celles de Palestine et en particulier d’Iran avec lequel le Canada, trop haineux, n’a même pas songé à renouer les liens diplomatiques, pour profiter de la chute du non moins haineux Ahmadinejab,

  • en Syrie dont l’ONU, appuyée par un vote-surprise au Parlement britannique écoeuré par les manigances de Tony Blair, a réussi à empêcher l’invasion programmée entre autres par la France il y a un an et demi, grâce à l’opportune suggestion russe d’anéantir les armes chimiques de Bachar el-Assad,

  • et en Libye où un général canadien a perverti la mission de l’ONU de protéger Benghazi de l’armée de Kadhafi, en menant contre le gouvernement libyen une guerre de l’OTAN avec les conséquences désastreuses d’armer les islamistes du Nord jusqu’au centre de l’Afrique, avec les tueurs/violeurs de Boko Haram.


UNE FABLE GUERRIÈRE : Harper et les guêpes

La majorité canadienne qui gonfle les sondages pro-conservateurs est invitée à réfléchir à la fable guerrière suivante, qui a ses limites et ses failles, j’en suis conscient :

Si j’ai des guêpes dangereuses qui menacent ma maison et ma famille,

je tenterai d’abord de les en expulser ou de les capturer

avant de les relâcher dans la nature;

si elles persistent, je les tuerai, malgré mon pacifisme tendance bouddhiste,

en les empoisonnant avec un insecticide, malgré mes forts penchants écologiques.

Mais JAMAIS je n’engagerai à coûts de milliards de $ des hélicoptères

ni de malheureux soldats pour aller détruire les nids de guêpes à l’extérieur,

vu que cela aurait pour effet principal de les énerver,

de les chasser de leurs domiciles

et de les voir se réfugier en clandestinité chez moi

et menacer ma paix.

La meilleure façon d’aider les réfugiés

dont le nombre augmente chaque année dans le monde,

c’est d’empêcher la guerre

qui détruit leurs habitats et provoque leur douloureux exil,

c’est le gros bon sens.

Noam Chomsky reproche à ses concitoyens américains :

« tout le monde s’inquiète du terrorisme;

il y a un moyen très simple de l’arrêter : cessez d’y participer »!


NOUS, ON FABRIQUE DES BOMBES – chanson immortelle de Pagliaro

Le message de Chomsky s’adresserait aussi à certains de nos riches Québécois : les Financières Sun Life et Power Corporation, de même que la Banque Scotia, ont investi depuis 2011 plus de onze milliards de $ d’argent canadien dans la fabrication de bombes atomiques, d’avions furtifs F-35 et de drones meurtriers américains : on consultera à ce sujet le rapport édifiant de novembre 2014 www.dontbankonthebomb.com.

C’est d’autant plus scandaleux que les Libéraux coupent dans la santé, l’éducation, l’aide sociale et les arts en vertu d’un discours de propagande qui clame que notre province manque d’argent. Le ministre Coiteux encore hier déclarait, pour justifier la politique d’austérité, que l’argent ne pousse pas dans les arbres! Et ces onze mille millions de dollars que nos compagnies investissent dans General Dynamics, Northrop Grumman et Lockheed Martin???


C-51 : UNE LOI CONSERVATRICE MOTIVÉE PAR LA HAINE?

Les Artistes pour la Paix, dont la vie du vice-président est menacée par une fatwa koweitienne, sont bien conscients qu’il faut tirer des leçons des meurtres perpétrés par des islamistes fanatisés à St-Jean, Ottawa, Paris et Copenhague, d’autant plus que dans ces deux derniers cas, furent visés des confrères caricaturistes. Mais nous ne nous sentons pas du tout protégés par le projet de loi 51 des Conservateurs, appuyé par le parti libéral de Justin Trudeau, car il nous semble mû par la haine des terroristes et non par l’amour et la volonté de protéger les Canadiens.

Jean Chrétien et d’autres ex-premiers ministres ainsi que des ex-juges de la cour Suprême ont dénoncé les changements conservateurs prévus, en défendant la loi originale canadienne, amplement suffisante, à la condition d’accorder aux policiers l’argent supplémentaire nécessaire à leur mission.

Nous, Artistes pour la Paix, n’avons rien à cacher ni à la GRC ni au Service Canadien de Renseignement de Sécurité, à moins que sous la pression du gouvernement Harper, nos échanges amicaux avec l’ONU, l’UNICEF et l’UNESCO deviennent suspects, au même titre que Radio-Canada déclarée « ennemie des valeurs conservatrices »? Qu’en est-il des Assange, Manning et Snowden que Harper considère comme des terroristes, alors que nous les voyons comme des héros whistleblowers d’une dérive sécuritaire?


PENSER GLOBALEMENT, AGIR INTERNATIONALEMENT ET LOCALEMENT

Délégué canadien à la 59e conférence internationale Pugwash sur la science et les affaires mondiales3 à Berlin, commanditée par le gouvernement allemand d’Angela Merkel et par la présidente de la Fondation Simons de Vancouver, j’ai participé étroitement à des discussions entre l’ex-numéro un du Mossad israélien et l’ex-ambassadeur iranien à l’Agence internationale d’énergie nucléaire de Vienne, animés tous deux, malgré leurs différends, d’un désir de paix. Depuis une décennie, je suis témoin d’une ferveur pour la paix mondiale qui anime entre autres les Parlementaires mondiaux (IPU) et les presque sept mille Maires pour la Paix. Les actions de la jeunesse mondiale rassemblée par la Coalition internationale contre l’armement nucléaire (ICAN.org) ont organisé trois grands congrès rassembleurs en Norvège, au Mexique et en Autriche, il y a trois mois.

À l’instar du NPD, du Parti Vert, du Bloc et du Parti des régions, nous croyons fermement que nous n’avons pas à choisir entre notre sécurité et nos droits. On devine déjà de quel côté nous nous engagerons en vue de la campagne électorale imminente qui décidera dans chacun de nos comtés du maintien ou non du parti conservateur militariste au pouvoir. De la défaite conservatrice, dépend l’avenir de l’humanité?


LA SÉCURITÉ DES FEMMES

Au lieu de terroriser, que le gouvernement canadien choisisse de plutôt sécuriser la population, en premier lieu les femmes, premières victimes de nos sociétés de guerre, de sexisme et de racisme : pourquoi, malgré les semonces des Nations-Unies, n’y a-t-il encore aucune enquête fédérale sur les mille deux cent Amérindiennes assassinées ou disparues au Canada au cours de la dernière décennie? N’y a-t-il pas un déplorable parallèle à faire entre Harper et l’idéologie U.S. qui face au Venezuela dont la pauvreté extrême a été combattue par l’action de Chavez, le cible comme danger public, en ignorant les pays « libres » tels le Honduras, le Guatemala et le Mexique accablés par une dizaine de morts violentes syndicales et autres chaque jour ? Combien d’argent le Canada a-t-il versé pour le prix Nobel de la Paix 2014 Malala Yousafsai et son combat pour l’éducation des filles au Pakistan et pour Mère Agnès-Mariam de la Croix et ses médiations courageuses aux côtés de la Prix Nobel irlandaise Mairead Maguire en Syrie?

Le ministre de la Défense Jason Kenney prétend que les bombardements des Hornet canadiens sur Mossoul n’ont pas d’autre but que de délivrer les femmes enchaînées par DAECH, appuyant son argumentation de façade par l’envoi de photos de mascarade : quel lamentable exemple de compassion irréfléchie.

Heureusement, les Conservateurs ont appuyé la nomination de la nouvelle Secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean. Nous espérons qu’elle réitérera son admirable appel à éradiquer la tradition de l’excision en Afrique : des centaines de millions de $ engagés dans une campagne onusienne en ce sens feraient bien davantage pour mettre en échec les intégristes islamistes, que les mille milliards de $ gaspillés par les États-Unis et le Canada à bombarder l’Afghanistan (chiffres du Financial Times).


« CE N’EST PAS D’UNE POLITIQUE DE DÉFENSE QUE LE CANADA A BESOIN, MAIS D’UNE VÉRITABLE POLITIQUE DE SÉCURITÉ »

Il faut retrouver le sens de cette principale recommandation de l’Enquête populaire sur la paix et la sécurité4 animée par cinq éminents Canadiens (y compris le progressiste-conservateur Douglas Roche), que les Artistes pour la Paix avaient accueillie en ses locaux à Montréal dès 1992.

L’ex-sénateur Roche, qui a co-fondé avec Jimmy Carter la militante anti-nucléaire Middle Powers’ Initiative, est sur notre comité exécutif du Réseau canadien pour l’abolition des armes nucléaires et nous venons d’envoyer ensemble une lettre au nouveau ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson : nos médias ont hélas choisi de l’ignorer, malgré l’imminence de l’ouverture des discussions quinquennales de révision du Traité de non-prolifération nucléaire le 27 avril prochain à New York5.

Il est primordial d’appuyer, contre les Républicains et Nétanyahou, la volonté du président Obama d’arriver, en dépit des blocages français et des objurgations conservatrices de Harper, à une entente avec l’Iran, d’autant plus pressante que l’appui inconditionnel nord-américain à l’Ukraine obscurcit le jugement de ses leaders.

Nous ne sommes pas une bande de marginaux affublés d’une robe blanche (comme dans Tintin, l’étoile mystérieuse) à sonner l’alarme la fin du monde est proche.

Depuis la déclaration de Ban Ki-moon selon laquelle il faisait de l’éradication des bombes nucléaires le combat prioritaire de son deuxième mandat à la tête de l’ONU, des représentants officiels de plus de 150 pays réunis à Vienne par ICAN il y a exactement trois mois ont été rejoints par le message humanitaire de la Croix-Rouge internationale et des religions pour la paix (le pape François au premier rang) et par une vague de jeunes militants qui dénoncent les armes nucléaires comme une menace intolérable à la sécurité du monde, vu la possibilité d’un déclenchement par faille informatique ou lecture erronée d’une alerte ou par attentat terroriste : Corée du Nord, Pakistan, Israël et Russie sont ciblés à tort ou à raison comme principaux pays à risque, sans compter des alliés peu sûrs comme la Turquie qui dispose de bombes nucléaires dues au laxisme irresponsable de l’OTAN.

Contre l’arme nucléaire, qui inutilisée depuis soixante-dix ans siphonne pour son entretien ou renouvellement cent milliards de dollars annuels de la part de ses neuf pays détenteurs, le moment est venu pour tous les partisans de la paix mondiale, jeunes et moins jeunes, de S’ENGAGER en cette année du 70e anniversaire de Hiroshima.

1Embassy, 10 mars 2015 : article de Haroon Siddiqui, d’abord publié au Toronto Star le 4 mars

2 Le Canada, Badawi et la terreur saoudienne sur http://artistespourlapaix.org/?p=4994

3 Voir dans la section en français sur www.pugwashgroup.ca mon Rapport Berlin de juillet 2011

5http://www.pugwashgroup.ca/index.php/nuclear-disarmament-67
/517-canadian-network-to-abolish-nuclear-weapons-cnanw

|Se demande le Collectif 8 mars au sortir de sa rencontre avec la ministre Stéphanie Vallée
5681|5890|Accueil_Analyses Politique_Québec|Un train peut en cacher un autre|2015-03-16 07:26:43|Robert Laplante|

L’auteur est directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), il participait récemment à un débat sur le démantèlement du modèle québécois organisé par le Collectif pour le renouvellement de la social-démocratie.

Philippe Couillard a raison. Comme l’annonce parfois la SNCF devant les passages à niveau dans la campagne française, un train peut en cacher un autre. Ce que son gouvernement et lui sont en train de faire n’a rien à voir avec l’austérité. L’opération qui est en cours n’est pas une affaire de redressement des finances publiques. Les compressions sont bien réelles, les dégâts aussi. Mais le sens de l’opération ne se décrypte pas d’abord dans les résultats comptables. Il s’agit d’un coup de force aussi grave que l’aura été celui de 1982 à Ottawa.

Non seulement la population du Québec n’a-t-elle pas été consultée sur le sens de ce qui se déroule actuellement, mais elle n’a même pas été franchement mise au courant de ce que ce gouvernement cherche à faire. Ce n’est tout de même pas la première fois, dira-t-on, qu’un parti politique fait sa campagne électorale sur la restriction mentale. Après tout, Couillard, Coiteux et consorts ont bel et bien promis de réduire la bureaucratie et d’alléger le fardeau fiscal. Et alors ? Alors, ce qui se joue actuellement n’a rien à voir avec le soi-disant « dégraissage » bureaucratique.

Le projet politique de ce gouvernement vise essentiellement à reconfigurer l’État du Québec, à réduire ses moyens et à rapetisser ses champs d’intervention. Le Québec n’a pas perdu le contrôle de ses dépenses. Il ne vit pas au-dessus de ses moyens. Ce sont les réductions unilatérales des transferts fédéraux qui, pour l’essentiel, déstabilisent nos finances publiques. C’est le prix que le Québec paie pour appartenir au Canada. Un prix que les politiques fiscales néolibérales font encore grimper. Martin Coiteux l’a dit, après les « sacrifices » viendront les réductions d’impôt. On ne nous demande pas de nous serrer la ceinture pour améliorer notre État et nos services, on vise à le rendre plus faible, moins présent.

Le gouvernement Couillard veut un gouvernement du Québec réduit à l’impuissance, capable seulement de livrer un minimum de services. Ottawa se chargera des grands choix de développement, et le secteur privé prendra le reste. Alignement sur la politique nationale de l’énergie, alignement sur la politique fiscale, abandon d’une politique d’immigration distincte, consentement sournois à la bilinguisation, la liste des manoeuvres serait longue. Mais ce gouvernement a bien appris du printemps érable : il a choisi de frapper vite et fort sur tous les fronts simultanément, il fait sans dire, en émiettant les décisions, en multipliant les manoeuvres de diversion. La stratégie est odieuse, le sens de l’opération est clairement antinational.


Régression de l’État

Il mène en effet une entreprise de dénationalisation de notre État, du seul lieu où les Québécois pensent que doivent se faire les arbitrages pour les orientations du bien commun. Refusant de tenir compte du fait que nous confions plus de la moitié de nos impôts à Ottawa, ce gouvernement s’entête à prétendre que nous vivons au-dessus de nos moyens. En vérité, ce gouvernement d’inconditionnels du Canada a choisi de se soumettre entièrement aux volontés d’une majorité étrangère. Il préfère s’en prendre à sa propre population plutôt que de conduire un affrontement avec Ottawa dont il ne réclame rien. Résultat : des surplus à Ottawa et le retour des lamentations à propos du déséquilibre fiscal et… la liquidation de plusieurs de nos acquis les plus précieux.

Ce n’est pas seulement notre modèle social qu’on démolit, c’est à la capacité de notre État de traduire et d’incarner nos aspirations collectives et notre intérêt national que s’en prend le gouvernement. En nous décrivant comme un peuple de quémandeurs ingrats, Philippe Couillard ne se comporte pas seulement de manière honteuse et indigne de sa fonction. Il nous décrit comme il souhaite nous voir : soumis à la volonté et aux intérêts du Canada, au risque de nos institutions, de notre fleuve, de nos milieux de vie. Il aligne notre développement sur les intérêts stratégiques du Canada, qui a besoin de neutraliser notre État, de prendre le contrôle de notre territoire et d’ignorer notre volonté collective pour désenclaver son pétrole sale, pour laisser pleinement s’épanouir son développement extractiviste.

Le fétichisme du marché vient ici parfaitement s’emboîter dans le projet politique qui réunit Couillard et la raison d’État canadienne. Il fait évider le gouvernement du Québec, le succursaliser, en faire une courroie de transmission des volontés de la majorité canadienne. Il faut substituer le marché à notre demi-État partout où c’est possible pour casser la cohésion sociale qui pourrait fournir les leviers essentiels à l’expression de l’intérêt national. Après tout, un service de garde propriété d’une entreprise de Calgary pourrait très bien prendre en charge les services à la petite enfance, l’important étant, n’est-ce pas, que le consommateur soit servi…

Le gouvernement Couillard n’est pas d’abord néolibéral, il l’est d’autant plus rageusement qu’il est antinational. C’est pourquoi il n’a aucune hésitation à liquider le capital social accumulé dans nos institutions de concertation, qu’il n’a cure de la participation des citoyens et du dialogue social.

Le discours de l’austérité n’est qu’un écran dressé pour masquer une entreprise de régression nationale qui fera du Québec une minorité ballottée et impuissante. Ce gouvernement n’a pas la légitimité démocratique pour imposer la régression nationale. Il ne faut pas le laisser faire.

|Lorsqu’il s’agit d’informatique, le gouvernement se prononce inlassablement comme un sourd, un muet et un aveugle
5683|5892|Manchettes Mouvements_souverainiste|Découvrez Martine Ouellet, une femme engagée pour le Québec!|2015-03-16 07:35:09|Martine Ouellet|

Hydro-Québec : carrière de près de 20 ans

  • Négociatrice pour des contrats parmi les plus importants d’Hydro-Québec, dont un de 17 milliards $ sur 35 ans

  • Gestionnaire en développement économique auprès des secteurs industriels lourds québécois dans toutes nos régions

  • Responsable de projets d’efficacité énergétique, de recherche et développement et de négociation de contrats majeurs

Parti Québécois : impliquée depuis 28 ans

  • Élaboration dans le programme du Parti Québécois de la politique du recyclage qui est devenue la première politique du recyclage du Québec en 1994

  • Construction de la politique énergétique du Parti Québécois en collaboration avec MM. Guy Chevrette et Bernard Landry, qui est devenue la politique énergétique du Québec en 1996

  • Rédaction du chapitre sur l’eau du programme du Parti Québécois, à l’origine de la Politique nationale de l’eau du Québec adoptée en 2002

Ministre des Ressources naturelles : le Québec avance!

  • Nouvelle loi sur les mines adoptée à l'unanimité

    • Plus de transformation

    • Plus de transparence

    • Meilleure protection de l'environnement

    • Meilleur dialogue avec les communautés

  • Électrification des transports

    • Projet de démonstration du premier autobus scolaire électrique 100 % québécois

    • Lancement de 10 000 bornes de recharge

  • Lancement de nouveaux programmes d'efficacité énergétique pour réduire la consommation de pétrole

    • 1,2 milliard $ d'investissements dont 600 millions $ d'investissements privés

    • Création de 18 000 emplois

    • Diminution de 2 millions de tonnes de GES

  • Mise en place de la Charte du bois et organisation du Rendez-vous de la forêt à Saint-Félicien

  • Fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2


  • Martine près de chez vous!


    Sherbrooke

    Lundi 16 mars

    5@7 au Siboire Dépot, 80, rue du Dépôt

    Sept-Îles

    Samedi 21 mars

    Brunch

    Fermont

    Samedi 21 mars

    5@7 à La brasserie

    Terrebonne

    Vendredi 27 mars

    Bistro McTavish, 803, rue St-Pierre

  • Vous voulez afficher publiquement votre appui à Martine Ouellet?

  • Joignez-vous aux signataires de la lettre collective

  • « Place au Québec de demain avec Martine Ouellet »

  • Si OUI, écrivez-nous sans plus attendre!

  • Consultez la lettre et découvrez les signataires : http://wp.me/p5pjoE-ca



|20 ans à Hydro-Québec, 28 ans au Parti Québécois, et ministre des Ressources naturelles
5684|5893|Manchettes Mouvements_souverainiste|Fracasser le plafond de verre|2015-03-16 07:37:52|Alexandre Cloutier|

Le Québec a fait des pas de géants en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, au cours des dernières décennies, mais du progrès reste à faire pour s'assurer que les Québécoises puissent contribuer à la hauteur de leur talent et de leur capacité à notre société.

Depuis 30 ans, il n’y a en moyenne que 24,5% de femmes élues à l’Assemblée nationale. En 2015, elles ne sont que 33 femmes au parlement, contre 92 hommes. Le « plafond de verre » n’a toujours pas été fracassé complètement. 

C’est pourquoi j’ai proposé, en marge de la Journée internationale des femmes,une série de mesures visant à favoriser l’égalité entre les sexes et à augmenter la représentation des femmes en politique. Je l’ai fait en compagnie de trois grandes leaders de trois générations différentes : l’ancienne ministre et première femme présidente de l’Assemblée nationale, Louise Harel, la députée de Joliette, Véronique Hivon, et la vice-présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois, Stéfanie Tougas. 


Un incitatif financier pour les partis politiques

Chaque année, le Directeur général des élections verse une allocation de 1,50$ par vote au Parti québécois et aux autres formations politiques. J’estime que nous devrions bonifier cette allocation de 15% pour les partis politiques qui auront fait élire un minimum de 40% de femmes à l’Assemblée nationale. Un parti qui gagne l’élection avec 40% des votes exprimés, par exemple, pourrait ainsi obtenir une bonification de plus de 500 000$ par année, donc de plus de 2 millions $ sur quatre ans.

La réforme de notre mode de scrutin constitue un autre moyen de favoriser l’élection de davantage de femmes au parlement. Un système proportionnel mixte permettra la présentation de listes paritaires, avec un principe d’alternance entre les candidatures de femmes et d’hommes.

Par ailleurs, je me suis engagé à ce que, sous ma gouverne, le Parti québécois présente dès la prochaine élection au moins 40% de femmes candidates, dans l’optique de former un conseil des ministres paritaires une fois au gouvernement.


En faire plus, pas moins

J’ai aussi proposé d’introduire des cours d’éducation à la sexualité, à la santé et aux rapports égalitaires dans le cursus scolaire des élèves du primaire, afin de sensibiliser les jeunes à la notion de consentement sexuel, au respect d’autrui, à l’homosexualité, aux transgenres, à la cyberintimidation, à l’hypersexualisation, au rapport à la pornographie, aux infections transmissibles sexuellement, etc.

Enfin, j’estime que nous devrons rétablir les budgets des organismes et des projets voués à l’égalité entre les hommes et les femmes, qui sont présentement mis à mal par le gouvernement libéral. À ce sujet, je vous invite à relire la lettre ouverte « Contre l’austérité, solidaire avec les Québécoises » que j’ai publiée le 20 février dernier.

Pour suivre et contribuer à ma campagne, visitez mon site web auwww.alexandrecloutier.quebec

À bientôt!

|Bonifier l’allocation de 15% du DGE aux partis politiques qui auront fait élire un minimum de 40% de femmes à l’Assemblée nationale
5685|5894|Manchettes Politique_Québec|Le démantèlement|2015-03-16 07:37:52|Jacques B. Gélinas|

(Extrait d’un livre à paraître prochainement aux Éditions Écosociété sous le titre Le néolibre-échange. L’hypercollusion business-politique.)

Déconstruire l’État social pour laisser le champ libre à l’entreprise privée : le projet s’avère titanesque, car mettre la hache dans plus d’un demi siècle d’acquis sociaux risque d’attiser des résistances populaires virulentes pouvant aboutir à une conflagration sociale. C’est pourquoi les apôtres de la dissolution de la fonction sociale de l’État québécois font preuve d’une grande patience dans leur entreprise insensée de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers. Pragmatiques, sachant que le travail de sape peut s’échelonner sur plusieurs années, voire quelques décennies, ils commencent par ouvrir une brèche dans un secteur donné. Ils profitent de la moindre fissure dans le système pour y planter un coin et l’enfoncer peu à peu, espérant faire éclater un jour une aile entière de l’édifice. C’est la méthode suivie par nos dirigeants depuis trois décennies. De Bourassa à Couillard, en passant par Landry, Bouchard, Charest et Marois, on observe une progressive et constante érosion de l’État social dans tous les domaines, particulièrement en santé, en éducation, en environnement et dans les pouvoirs des régions.

Les libéraux de Robert Bourassa II, premier ministre de 1985 à 1994, s’engagent les premiers dans cette voie, mais prudemment en louvoyant selon la méthode propre à l’homme. Celui-ci surprend en créant, dès son retour au pouvoir, deux nouveaux ministères, l’un à la privatisation et l’autre à la dérèglementation. L’objectif est de remplacer l’État-providence par l’État-Provigo, selon la formule consacrée à l’époque. Un groupe de travail autoproclamé «Comité des sages», présidé par Paul Gobeil, ex-pdg de Provigo et alors président du Conseil du trésor, recommande de tout privatiser et même d’abolir le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et la Régie du logement. Devant le tollé populaire, Bourassa recule. Son gouvernement amorce une certaine dérèglementation, mais demeure dans la logique de l’État social issu de la Révolution tranquille.

C’est Lucien Bouchard, premier ministre de 1996 à 2001, qui va aiguiller résolument le Québec sur la voie du néolibéralisme et de la déconstruction de l’État social. Ce péquiste improvisé, ancien ministre conservateur, ne traîne pas dans ses bagages l’héritage centre-gauche des fondateurs du parti. Pour réussir son grand virage, il brandit le même épouvantail forgé par le gouvernement de Brian Mulroney qu’il a servi une décennie plus tôt : l’élimination du déficit budgétaire et l’assainissement des finances publiques. Il enjoint ministres et fonctionnaires de couper dans les programmes sociaux et environnementaux, dans la formation, l’éducation et les soins de santé. Il oblige infirmières et médecins à prendre des retraites anticipées, ce qui va contribuer à désorganiser durablement le système de santé.

Bernard Landry, le plus ardent promoteur du néolibre-échange dans les années 1980, déclare dès son accession au pouvoir en mars 2001 : «Le Québec est ouvert sur le monde et favorise la libre circulation entre les nations des biens, des services, des capitaux et des personnes.» Cette ouverture tous azimuts aux marchés internationaux a ses exigences : déréglementation et austérité budgétaire. Si bien que le 28 mai 2001 Le Devoir titrait «Le PLQ glisse à gauche du PQ», soulignant que le Parti québécois rivalise avec le Parti libéral dans ses orientations politico-économiques de droite.

Jean Charest, premier ministre de 2003 à 2012, arrive d’Ottawa où il a siégé comme député et ministre conservateur pendant 14 ans. Plus néolibéral que libéral, issu de la famille politique de Brian Mulroney, il met de l’avant un nouveau concept emprunté à l’entreprise privée : la réingénierie de l’État. Lors de la présentation de son premier conseil des ministres, il déclare solennellement: «Au cours de ce mandat, nous allons revoir de fond en comble l’organisation de l’État québécois. Ce sera la première réingénierie du gouvernement du Québec depuis la Révolution tranquille.» On reconnaît là l’outil de prédilection utilisé par Mulroney et réutilisé par Bouchard et Landry : le déficit budgétaire et l’inévitable austérité. Sous le règne de Jean Charest, la collusion business-politique deviendra si criante qu’il ne pourra résister aux pressions populaires exigeant la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur ce scandale devenu endémique. Cette mission a été confiée à la Commission Charbonneau qui peine à conjurer l’esprit maléfique qui s’est emparé de la vieille classe politique.

Pauline Marois, première ministre de septembre 2012 à avril 2014, ne va pas dévier de l’orientation libre-échangiste prise par le Parti québécois dans les années 1980. Elle et ses ministres approuvent sans réserve l’Accord de libre-échange canado-européen, malgré les mises en garde qui fusent de toutes parts. Bien que minoritaire, son gouvernement va s’affairer à éliminer le déficit budgétaire en un temps record. Et voilà revenue la même vieille tactique pour couper dans les services, en particulier dans les soins de santé, l’éducation et l’environnement.

Philippe Couillard, élu premier ministre le 7 avril 2014, juge que les temps sont mûrs pour en finir avec l’État social. Les affairistes au pouvoir ressortent le bon vieux truc des gouvernements précédents : le déficit budgétaire. Mais cette fois, c’est plus grave : on lui accole l’épithète «structurel», prononcé sur un ton propre à faire peur au monde. Le gouvernement Couillard fonce donc droit vers son but de déconstruire l’État social. Lui et son équipe rapprochée n’acceptent comme immuable aucune institution, aucun droit acquis. «Il faut garder en tête, écrit l’éditorialiste du Devoir Josée Boileau, que le discours sur l’austérité est d’abord un construit politique qui a une visée : vider l’État de son sens, en démontrer l’impertinence». (Le Devoir, 6 janvier 2015)

Le sens de l’État, sa mission primordiale, c’est la protection du bien commun, la défense des biens publics que sont l’éducation, le système de santé, la culture, la démocratie, nos ressources naturelles, la qualité de l’environnement et l’avenir de notre habitat terrestre. Pour le gouvernement Couillard, il semble que ce soit autre chose : tout indique qu’il ne veut garder de l’État que sa fonction de protecteur de l’entreprise privée, de la libre concurrence et des droits individuels.

|La patiente déconstruction de l’État social de Robert Bourassa à Philippe Couillard
5686|5895|Manchettes Politique_Canada|Les chômeurs toujours victimes du « mal hollandais »|2015-03-16 07:43:14|Monique Pauzé|

L’auteure est vice-présidente du Bloc Québécois.

Les statistiques nous le rappellent sans cesse, le Québec est durement touché par le chômage. C’est la conséquence, en grande partie, d’une politique de précarité du travail, tant dans le secteur privé que le secteur public et parapublic, qui sert bien les entreprises et le gouvernement dans leur recherche continuelle d’économies.

Mais ce n’est pas la seule raison. Le Québec peine toujours à se relever du « mal hollandais ».

Le « mal hollandais » est une expression qui désigne la hausse d’une devise découlant de l’exploitation des ressources naturelles, avec pour conséquence de désavantager les autres secteurs d’une économie. Au Canada, ce fut le cas avec la hausse vertigineuse du prix du pétrole au cours des dernières années.

Aujourd’hui, nous assistons à la situation inverse. La chute surprise du cours du pétrole entraîne un ralentissement économique dans les provinces de l’Alberta, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve.

La baisse du prix du pétrole a aussi provoqué une baisse du dollar canadien, qui est passé de 0,94 US en juillet 2014 à environ 0,80 US en février.

En théorie, cela devrait donner un sérieux coup de pouce aux provinces centrales, l’Ontario et le Québec, où l’industrie manufacturière et exportatrice peut profiter d’un dollar canadien plus faible pour être plus concurrentielle.

Une enquête de la Banque du Canada, dévoilée en janvier 2015, a démontré l’impact de la chute des prix du brut dans les provinces productrices, illustrant bien le clivage est-ouest dans ce pays.

Le Conference Board a aussi indiqué que la chute des prix du pétrole, suivie de la chute du dollar, favoriserait l’Ontario et le Québec.

Ces études contredisent les propos du Premier ministre Harper, qui s’est toujours entêté à nier l’existence de ce lien pourtant évident. Son gouvernement ne s’est jamais soucié de la glissade du secteur manufacturier des provinces centrales.

L’obsession des Conservateurs pour le pétrole n’avait pas de limites: plus de 280 millions $ des impôts des Québécois sont allés dans des allègements fiscaux et autres subventions consentis aux compagnies pétrolières.

En décembre dernier, Ottawa a dépensé 30 millions $ pour aider cette industrie à défaire une directive du Parlement européen, qui faisait du pétrole des sables bitumineux un produit hautement polluant. Et le ministre des Ressources naturelles de déclarer que le gouvernement conservateur favorisait ainsi les emplois des Canadiens!

Il faudrait plutôt lire qu’il favorise les emplois et la richesse de l’Alberta et le chômage dans les provinces manufacturières dont le Québec.

Les conséquences de cette obsession ont été dramatiques pour le Québec. La fermeture définitive de milliers d’entreprises a mis au chômage plusieurs dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs.

Selon le professeur Serge Coulombe de l’Université d’Ottawa, la dégringolade du pétrole suivie de celle du huard et le raffermissement de la demande américaine vont favoriser l’Ontario et le Québec.

Cependant, il apporte l’importante nuance suivante : « Oui, il y a un effet inverse. Mais on ne pourra récupérer instantanément l’ensemble des pertes d’emplois subies dans le secteur manufacturier. Ça va prendre beaucoup de temps » (Le Devoir, 7 janvier 2015). Il ajoute qu’il faut de deux à cinq ans, pour refaire des réseaux, ajouter des lignes de production.

On peut aisément penser que, d’ici là, le cours du pétrole sera à la hausse et que la situation qui prévalait avant sa chute sera de nouveau notre lot : pertes d’emplois et chômage.

Dans l’ouvrage Le Québec économique 2013-2014, le professeur Coulombe évaluait à 31 900 le nombre d’emplois perdus au Québec entre 2002 et 2008 à cause du « mal hollandais ». Imaginez depuis 2008 avec la crise économique!

Alors que le Québec n’a pas encore récupéré du « mal hollandais », le docteur Couillard lui administre un « remède » qui va l’affaiblir encore davantage avec ses politiques d’austérité pour l’atteinte du Déficit zéro et le remboursement de la dette. Selon Pierre Fortin, les mesures gouvernementales pourraient retrancher plus de 1% à la croissance de l’économie québécoise en 2015-2016.

Pourtant, les données actuelles sont préoccupantes. L’évolution de l’emploi a stagné en 2014 et on note même une diminution depuis juin 2014 de l’emploi chez les femmes. Les emplois à temps partiel augmentent beaucoup plus rapidement que les emplois à temps plein.

Les attaques du gouvernement Couillard contre les régions, amplement dénoncées par la Coalition « Touche pas à mes régions », représentent des pertes concrètes d’emplois qualifiés.

Et qu’est-ce qui attend toutes ces personnes qui perdent leur emploi ? L’assurance-emploi ? Au fil du temps, le gouvernement fédéral a tellement resserré les règles que c’est maintenant une minorité de personnes en chômage qui a accès à des prestations qui, elles, sont de plus en plus réduites.

Le programme d’assurance-emploi fait l’objet de réformes, toujours plus dévastatrices les unes que les autres depuis 1976, qui ont dénaturé un programme qui devait à l’origine protéger les travailleuses et les travailleurs victimes du chômage.

Même les employés de Service Canada, chargés de répondre aux demandes de prestation des chômeurs, sont révoltés contre la dernière réforme Harper.

Le régime fédéral d’assurance-emploi a perdu son caractère universel. Les règles d’admissibilité ont été resserrées, la durée et le niveau des prestations ont été réduits. Les personnes touchées par le chômage n’ont plus, depuis fort longtemps, de personnel pour les aider.



Voilà l’une des conséquences de notre dépendance économique envers le Canada : plus de chômeuses et de chômeurs.  Et, une mesure de protection sociale malmenée depuis 25 ans, au point de ne plus y reconnaître les raisons de sa mise en place.

Qu’attendons-nous pour devenir le maître d’œuvre d’un régime d’assurance-emploi québécois? Et de notre destinée?

|Amplifié par les « remèdes » du Docteur Couillard
5687|5896|Accueil_Actualités|8000 extrémistes à Trois-Rivières... contre la fluoration de l’eau|2015-03-16 07:45:54|Robert Duchesne|

Ce 24 février, à l’émission Les grandes entrevues de 98,5FM, Paul Houde interviewait Mme Nathalie Simon, mairesse de Châteauguay, et M. Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières, sur la fluoration de l’eau potable.

Contraste flagrant des discours: d’un côté, les propos intelligents et respectueux de Mme Simon, qui parlait de consultation de toute la population, et, de l’autre côté, les propos de M. Lévesque, méprisants et diffamatoires à l’égard des citoyens opposés à son autocratie fluoromaniaque, dénigrant ceux-ci en les traitant à trois reprises d’extrémistes.

Selon lui, il y aurait à Trois-Rivières un « petit groupe de pressionextrémiste qui veut contrôler la population par des propos extrêmes en racontant n’importe quoi… » Voilà ce qu’il pense des plus de 7500 signataires de la pétition citoyenne de la CTETS! Tant qu’à faire, pourquoi pas les traiter de terroristes! Celui qui veut imposer un traitement médical à toute la population traite d’extrémistes les citoyens qui refusent de se laisser imposer ce traitement par leur maire! Et il continue à nier la nature médicale de la fluoration, se haussant au-dessus de la Cour Suprême qui la définit comme un traitement médical. On peut se demander qui est vraiment extrémiste dans cette saga!

Mais le summum, c’est lorsque le maire met en doute l’étude récemment publiée relatant un lien possible entre la fluoration et des problèmes de la glande thyroïde. Surprenant pour quelqu’un qui déclare ne rien connaître en fluoration! D’autant plus surprenant que les instances de Santé publique, celles-là même qu’il adule dans l’entrevue, n’ont pas encore fait l’analyse annoncée de cette étude! Notre maire omniscient, quintessence de la connaissance, en saurait donc davantage que ses propres mentors! Il démontre ainsi une fois de plus que son opinion est fondée sur son aveuglement volontaire et ses préjugés bornés, mesquins et méprisants envers les citoyens plutôt que sur une analyse intelligente et rationnelle des faits et des arguments.

Par ailleurs, n’est-il pas étonnant que ce savantissime personnage ne daigne pas commenter les études de Harvard et de The Lancet parues en 2013-14 qui font un lien entre fluoration et troubles neuro-développementaux chez l’enfant! Et s’il nous disait enfin ce qu’il pense des très nombreux professionnels experts venus dire au gouvernement que la fluoration est inefficace, nuisible et illégale! Il préfère tenter de faire croire aux citoyens que l’opposition est le fait de quelques individus en refusant d’admettre que c’est justement la majorité des citoyens qui s’oppose à ce traitement médical collectif coercitif.

Qui sont-ils, ces 8000 citoyens « extrémistes »? 1000 signataires de toutes professions et de tous les secteurs s’ajoutent mensuellement à cette « Pétition citoyenne pour une eau saine sans fluorure ajouté », des gens qui « signent n’importe quoi » selon le maire, des « démagogues » et des « extrémistes »! N’est-il pas temps de rappeler au maire sa promesse électorale d’être à l’écoute des citoyens plutôt que de les insulter! Les signataires sont au contraire des citoyens responsables qui s’informent adéquatement, analysent judicieusement l’information et prennent une décision éclairée.

Les conseillers trifluviens sauront-ils faire preuve de prudence et sagesse comme de nombreux maires et élus municipaux qui, conscients que la décision ne relève pas de leur champ de compétence, sont assez cohérents pour relancer cette responsabilité au gouvernement, puisque ce n’est pas le rôle des villes d’imposer de façon coercitive les programmes de Santé publique?

Faire marche arrière ne serait pas déshonorant, au contraire. Mieux informés, la petite majorité de conseillers qui ont suivi les désirs du maire pourrait effectuer un virage à 180 ° et appliquer le principe de précaution, seule porte de sortie honorable de cette saga fluorée, en attendant que le Gouvernement abolisse ce programme au coût exorbitant, considérant le contexte actuel d’austérité. Il serait plus logique, efficient et économique de remplacer cette mesure controversée et obsolète par des alternatives socialement plus acceptables.

|Selon le maire Yves Lévesque et son autocratie fluoromaniaque
5688|5897|Manchettes Culture Livres|Deux semblables dissemblables|2015-03-17 08:18:01|Simon Rainville|

Il y a quelque chose de charognard à pénétrer l’intimité en lisant la correspondance entre deux corps froids. Notre époque qui étale son égo sur les réseaux sociaux serait toute désignée pour aimer les correspondances. Mais voilà, on écrit une lettre en plus de 144 caractères et l'on n’en prend pas réception par un réflexe pavlovien sonore. Pire, il faut répondre à l’expéditeur et ne pas se contenter de faire un « J’aime » ou un « retweet » !

En bon vautour, j’ai longuement virevolté au-dessus des 229 lettres d’Alfred DesRochers et Louis Dantin en piquant à plusieurs reprises vers ma proie afin de me délecter de ses morceaux. C’est le jeune DesRochers, alors journaliste inconnu, qui écrit à Dantin, ancien religieux défroqué en exil aux États-Unis pour qui le conservatisme des soutanes est devenu insupportable, pour lui exposer sa volonté de « faire du ‘’terroirisme’’ brutal, comme l'est ma race, en général » puisque le folklore lui apparaît « une source poétique encore vierge ». Dantin accepte d’agir comme maître du poète en formation.

Rapidement, l’échange tourne au respect réciproque alors que se dessine une « émulation littéraire » fascinante. Et plus le temps file, plus Dantin recherche l’approbation de son élève, plus DesRochers espace les réponses.

Le centre de la correspondance, d’abord la littérature, se déplace vers la politique et l’économie au gré des soubresauts de la Grande dépression, sans toutefois délaisser la littérature : « Si la littérature se mêle encore à nos douleurs, c’est qu’elles sont guérissables et peut-être à moitié guéries », confie Dantin en 1939.

De sa prose juste, imagée et libre, Dantin se révèle un intellectuel de haute voltige, bien qu’il semble souvent aigri à cause de son exil et de sa mise au ban comme « hérétique »: « Enfin, quand on n’a eu que la moitié d’une vie, on peut bien se résigner à la moitié d’une œuvre! », admet-il.

DesRochers montre, quant à lui, la profondeur de son approche, de sa réflexion sur l’art, la politique et la société, à mi-chemin entre la tradition catholique et le malaise lié aux œillères de l’Église.

Plus la crise économique progresse, plus on découvre un homme ébranlé dans ses convictions et dans sa volonté. Le poète confie : « Le problème est de savoir s’il faut tenter de réformer le monde ou s’il est mieux de se retirer dans un fromage ».

Que peut nous apprendre une correspondance vieille de plus 75 ans, outre ce que peut nous révéler une longue discussion entre deux « semblables, toujours, au contraire, trop dissemblables », selon les mots de Dantin?

Elle est d’abord un puissant antidote à l’image d’un peuple figé dans le temps, ce que les historiens savent depuis longtemps, mais que notre mémoire collective s’acharne à répéter. Le Québec pré-Révolution tranquille n’est pas cet îlot monolithique conservateur au cœur d’un monde occidental qui se modernise à grand trait, argument sans cesse ressassé comme preuve de la petitesse de ce peuple en pleine « survivance ».

Le Québec n’a d’ailleurs pas tellement changé depuis cette époque canadienne-française. Par exemple, le mépris de trop de Montréalais envers les régions agace DesRochers, qui habite « à l’ombre de l’Orford » : « Dans la province de Québec, il existe deux villes. Dans l’une vivent les nombrils d’univers, c’est Montréal. Dans l’autre, les imbéciles, c’est Québec. Le reste, c’est la campagne ».

Des esprits intelligents, cultivés et curieux, dont la modernité des regards frappe, malgré des grincements de dents en lisant leurs propos sur les femmes, vivaient donc bel et bien en ces « terres incultes ».

Ils y discutent Marx, Keynes, Pareto, Freud, Gompers, Poe, Whitman, Gide, Révolution russe, syndicalisme, jazz, rôle de l’Église, foi et bien d’autres choses. Dantin se définit à l’occasion comme anarchiste, mais le plus souvent comme socialiste, qualificatif que s’attribue aussi volontiers DesRochers qui se demande « s’il est encore possible, en notre siècle, de faire servir le vers à de grandes idées ».

Les littéraires se plaignent de la difficulté de vivre de leur plume, notamment à cause de notre situation démographique, mais aussi par manque de lecteurs et de critiques. Le monde du journalisme et le lectorat ressemblent d’ailleurs déjà aux nôtres : « Les journaux, qui n’ont qu’une mission ou si vous préférez une raison d’être : l’intérêt de la masse, sont presque tous liés à des intérêts particuliers, et la masse n’encourage pas ceux qui prennent son intérêt », argumente DesRochers.

La Presse de Desmarais et le Journal de Péladeau n’ont-ils pas encore aujourd’hui des centaines de milliers de lecteurs qui aiment se faire rappeler qu’il faut accepter le crédo de l’élite économique et conspuer l’écologisme, les intellectuels et les syndicats ?

La censure et la petitesse de jugement de l’élite bien élevée ne sont pas loin des nôtres non plus, ce qui fait dire à Desrochers : « Ils m’avaleront, dussent-ils en mourir d’indigestion! » À l’époque, la censure était cléricale et se vautrait dans les rassemblements catholiques, elle est aujourd’hui « politiquement juste », se promène dans les 5 à 7 et les lancements de presse.

Alors que l’Index, jamais bien loin, disait quoi ne pas lire, les palmarès des ventes et autres « coups de cœur » disent aujourd’hui quoi lire. À la censure par l’interdiction, on a substitué la censure par la sélection. Avec DesRochers, nous avons le goût de dire : « Il faut voir quelle horde d’imbéciles profitent des faveurs, pour que le dégoût nous vienne d’être toujours ceux qui écopent ».

Nationalisme, modernisme (exotisme) et canadianisme sont discutés dans des termes qui sont encore en partie les nôtres : la culture québécoise doit-elle se rattacher à Paris ou vivre par elle-même? Peut-on, doit-on, écrire une langue québécoise?

DesRochers se réconcilie difficilement avec le fait d’être un « fils déchu de race surhumaine » dont les ancêtres récents ont été transformés en « petits moutons de St-Jean-Baptiste » : « Si j’ai des tendances révolutionnaires, ce ne dépend pas entièrement de moi, qui n’ai vraiment pas trop à me plaindre de l’existence, c’est que des générations et des générations qui m’ont précédé, ont été menées pendant des siècles et des siècles à coups de pied; ce qui me révolte, ce sont des faits passés qui s’ajustent aux présents et qui les centuplent ».

Il se réclame du canadianisme et du terroir, puis se rétracte, mais n’embrasse pas davantage l’exotisme, alors que Dantin le fustige à la fois de s’éloigner de sa nation et du modernisme français même si, lui-même, constate à plusieurs reprises un immense abîme entre son âme d’exilé et l’âme québécoise.

Finalement, ces échanges privés nous intéressent parce qu’on s’y exprime plus ouvertement. Et, pour se faire une représentation d’une époque, se fier à la seule sphère publique est à coup sûr une erreur. Dans ce cas, DesRochers et Dantin s’avèrent mordants, lucides, souvent géniaux. Vous en voulez un dernier exemple?

« J’ai conscience d’avoir, avec L’offrande aux vierges folles, écrit un livre qui en vaut bien d’autres, affirme DesRochers. Pourtant, parce que je vis en province, c’est le silence ou l’hostilité ou la banalité. Cette machine à abrutis, qui s’appelle La Presse m’a consacré cinq lignes, pour dire que j’avais pastiché les anthologies et que je devrais écrire en prose ».

Pierre Hébert, Patricia Godbout, Richard Giguère, avec la collaboration de Stéphanie Bernier, La correspondance entre Louis Dantin et Alfred DesRochers. Une émulation littéraire (1928-1939), Montréal, Fides, 2014, 588 p.

|La correspondance entre Louis Dantin et Alfred DesRochers. Une émulation littéraire (1928-1939)
5689|5898|Environnement Manchettes|La guerre du maire Tremblay aux écolos et aux intellos|2015-03-17 08:28:02|Martin Lachapelle|

L’appel à la mobilisation du maire de Saguenay contre les « terroristes » de Greenpeace et « les intellos de ce monde » n’a pas fini de faire jaser. Et, si on peut comprendre le cri du cœur de Jean Tremblay, devant les difficultés économiques de sa région, il fait toutefois délibérément fausse route en blâmant Greenpeace pour les récentes mises à pied annoncées par Produits forestiers Résolu. Même si les « enverdeurs » font de bons bouc-émissaires pour éviter de pointer l’entreprise forestière, les gouvernements ou l’évolution du marché…

Le maire Tremblay, qui s’est exprimé dans une vidéo et dans plusieurs médias, en a contre les pressions que Greenpeace exerce sur de gros clients de Produits forestiers Résolu, car l’ONG écolo incite les entreprises ayant besoin de papier ou de bois à exiger des produits certifiés par la norme FSC (Forest Stewardship Council).

Reconnue et exigée par plus de 1800 entreprises d’ici ou d’ailleurs, cette certification internationale est basée sur le respect de plusieurs critères par les entreprises forestières. Comme le respect des traités internationaux ou des droits autochtones, et la nécessité évidente d’assurer la régénérescence de la forêt et de sa biodiversité.

Le problème est que, depuis 2013, Produits forestiers Résolu a perdu deux certifications FSC pour ses usines au Lac-St-Jean.

Résolu a par la suite annoncé la fermeture de sa machine numéro 9 à l’usine à papier d’Alma.

Une fermeture prévue pour avril prochain. Résultat ? 85 personnes de plus au chômage, pour une région où les jobs sont déjà rares et où Résolu a déjà effectué des mises à pied dans d’autres usines ces dernières années.

Voilà pourquoi le maire Tremblay aurait pété un plomb en accusant Greenpeace et « sa » certification FSC de nuire à Résolu et à l’économie de sa région.

Alarmiste, et en colère, Jean Tremblay laisse même entendre que Greenpeace est en train de tout bloquer. Comme si Greenpeace voulait apparemment mettre en faillite tout le Saguenay-Lac-St-Jean.

Greenpeace, que le maire Tremblay a qualifié d’organisation de « fantômes », ferait donc du « terrorisme » (économique).

Rien de moins.


Un dangereux dérapage populiste apprécié par la droite politique et médiatique

« Je leur donne un conseil Greenpeace. Qu’ils viennent pas dans mon bureau… ils vont sortir par la fenêtre »!

« Pis nos autorités, ici, le premier ministre, euh… pour commencer, devrait leur dire ‘‘dehors’’! Pis ça devrait commencer comme ça, pis ça ferait le tour du monde. Greenpeace, allez-vous-en… ailleurs. Venez pas nous déranger » !

Voici un extrait des déclarations intolérantes et menaçantes à l’endroit de Greenpeace de la part du doorman, ou plutôt du « windowman », de l’hôtel de ville de Saguenay.

Des déclarations tellement brillantes et édifiantes (surtout provenant d’un élu tenu à un minimum de diplomatie et de retenue) qu’un animateur de radio de Québec et son chroniqueur se sont amusés à faire jouer en riant.

À un autre poste, Éric Duhaime et Nathalie Normandeau, l’ex-ministre libérale des Ressources naturelles et de la Faune, étaient ravis d’accorder une entrevue complaisante au nouveau général de la lutte contre le groupe écolo :

« Enfin, on n’est plus les seuls à être en guerre contre Greenpeace »!

G.I. Joe Duhaime et G.I. Jane Normandeau seront heureux d’apprendre que leur armée anti-Greenpeace peut compter sur les services d’un autre soldat : Mario Dumont.

Dumont qui, dans au moins deux textes publiés sur son blogue dont « Le Québec attaqué » (!), s’est lui aussi fait une joie de tirer sur les vilains terroristes économiques de Greenpeace, jugés responsables des mises à pied chez Résolu.

Et, pendant que le maire Tremblay lançait le signal de la guerre « défensive » contre les terroristes de Greenpeace et les intellectuels de ce monde, élevés au rang d’ennemis publics # 1 du Québec – comme si ces foutus « enverdeurs » avaient commencé à vouloir sauver la planète avant même qu’elle ne soit en danger – aucun de ces valeureux guerriers anti-écolos n’a pensé à la possibilité de dommages collatéraux.

Et si un écolo ou un intello devait se faire tabasser par une personne influençable, après cet appel à l’intolérance ?

Soulignons que la sortie de Jean Tremblay survient au moment où le gouvernement conservateur, auquel il failli se joindre, tente de rassurer la population sur son projet de loi concernant la lutte au terrorisme.

Rassurant, n’est-ce pas ?

Surtout si l’on considère que le premier ministre Couillard n’a pas jugé « radical » le discours de Jean Tremblay et son appel à la mobilisation contre les « terroristes économiques » de Greenpeace et les intellectuels de ce monde.

Comme si le terme « radical » ne s’appliquait qu’aux ennemis des libéraux : péquistes, indépendantistes, syndicalistes et visiblement écolos.

Couillard en a plutôt rajouté en attaquant Greenpeace, tout en se permettant de lui faire la morale sur le développement durable, l’économie et les préoccupations sociales…


Quand 2015 ressemble à la Grande noirceur

Or, Greenpeace n’est pas responsable des pertes d’emplois chez Résolu. Ni de sa perte de la certification FSC. Une norme non pas créée par Greenpeace, ou même seulement par les écolos, mais bien par différents acteurs concernés. Des représentants des droits de la personne, des groupes autochtones, des syndicats et des entreprises forestières ont également contribué à l’instauration de cette certification internationale reconnue depuis maintenant plus de 20 ans.

Une certification perdue par Produits forestiers Résolu pour laquelle la compagnie n’aurait personne d’autre qu’elle à blâmer, en raison de son litige avec les communautés autochtones concernées par les coupes sur leur territoire, et des risques que son exploitation occasionne pour le caribou forestier.

Après des années de déforestation aveugle au Québec, et à travers le monde, ce n’est quand même pas la faute à Greenpeace si Résolu s’entête à ne pas se conformer à la norme FSC et à tous ses critères concernant la viabilité économique à long terme de la forêt, la biodiversité, et les traités internationaux ou les droits des nations autochtones.

Constat fait à RDI par un représentant « fantôme » de Greenpeace pourtant bien vivant (!), qui possède même un nom « prononçable » comme le maire Tremblay les aime : Nicolas Mainville.

Rappelant que les normes internationales doivent aussi primer au Saguenay et pour Résolu, le Responsable de la campagne pour la forêt de Greenpeace a mentionné que d’autres compagnies forestières d’ici ont la certification FSC. Comme Tembec et Domtar.

D’autres chantiers, tel que Chibougamau, demeurent d’ailleurs ouverts en réussissant à garder cette certification FSC.

La faute revient donc à Résolu pour sa perte de la certification FSC et les pertes d’emplois. Et au marché, déjà à la baisse pour la demande de papier. Sans parler que le fédéral est infiniment moins généreux avec le secteur forestier qu’avec les industries automobile et pétrolière.

Et dire que Richard Desjardins, musicien et coauteur du documentaire « L’Erreur boréale » réalisé en 1999, vient de signer une série d’articles, 10 ans après le rapport Coulombe de 2004, en laissant entendre que, hormis quelques recommandations appliquées, rien n’a vraiment changé.

Avec seulement 5 % des forêts protégées, nos forêts publiques sont encore exploitées sur le bras de l’État selon un modèle colonialiste, au profit exclusif des secteurs forestiers et miniers privés.

La norme FSC n’aurait aussi rien de radicale puisque « la petite harde de caribous forestiers de Val-d’Or va s’éteindre dans une forêt «certifiée» ».

Mais bon… On ne parle que de caribous. Ou d’arbres. Ou de bélugas.

Et après tout, comme dirait le ministre libéral des Finances, « ce n’est pas vrai qu’on va détruire l’économie pour sauver l’environnement », n’est-ce pas ?

Duplessis doit jouir dans sa tombe devant cette guerre aux écolos et aux intellos.

|Avec la conscription des soldats Éric Duhaime, Nathalie Normandeau, Mario Dumont et Philippe Couillard
5690|5899|Accueil_Analyses Région|Miser sur la souveraineté municipale et régionale|2015-03-17 08:31:56|Roméo Bouchard|

Il ne fait aucun doute que les réformes et les coupures annoncées par le Gouvernement dans les réseaux de la santé, des services sociaux, de l'éducation, des garderies, des CLD, des Centre-Jeunesse, des CRÉ, des municipalités dévitalisées, de Solidarité rurale portent un coup dur aux régions périphériques.

Ces réformes et ces coupures, en plus de désorganiser la concertation et le soutien indispensables dans des régions éloignées des centres, vastes et peu peuplées, affecteront considérablement le nombre et la répartition des emplois dans les capitales régionales et les municipalités périphériques.

Dans les territoires les plus affectés par le déclin économique, compte-tenu du peu de retombées qu'ils retirent désormais des ressources naturelles, les emplois reliés à l'éducation, à la santé et aux services sociaux, aux organismes communautaires, aux instances politiques et économiques locales et régionales occupent une place considérable, et ce sont ces emplois qui sont touchés. Les régions ont donc toutes les raisons de protester.


Un système et une culture de dépendance

Toutefois, les politiques de développement paternalistes appliquées par les gouvernements successifs, limitées à des programmes ponctuels sans prise sur l'exploitation des ressources naturelles concédées aux grandes compagnies, ont développé une culture de dépendance, de fatalité et de méfiance qui risque de freiner l'ardeur de beaucoup de dirigeants et de citoyens.

Les régions ne disposent d'aucun levier de pouvoir ni ressources financières propres pour forcer le gouvernement à reculer ou à modifier le tir. Les instances régionales et locales actuelles ne sont pas des instances politiques autonomes mais de simples entités administratives qui dépendent toutes des fonds et des décisions du Gouvernement.

Les municipalités elles-mêmes, malgré le titre flatteur de partenaires dont les gratifie le gouvernement, sont plus asservies que jamais aux règles et au financement de l'État. Quant aux Unions municipales, elles ne sont que des groupes de pression parmi d'autres. Il y a donc tout lieu de croire que le Gouvernement ne reculera pas: rien ne les y oblige.

 

Une occasion pour les régions de bâtir leur autonomie politique et financière

Puisque le Gouvernement les abandonne et refuse de les écouter, les régions et les communautés locales ne peuvent compter que sur leurs propres moyens. Plutôt que de s'épuiser en manifestations, elles devraient peut-être saisir l'occasion pour commencer à construire entre elles leur autonomie politique, financière et économique. Et elles ont une base solide pour le faire: la souveraineté municipale.

En construisant ensemble sur cette base, selon un plan progressif, elles peuvent élargir considérablement leur espace d'autonomie et commencer à s'extirper du carcan de dépendance qui les tue lentement depuis 60 ans. Voici les grandes lignes de la démarche suggérée:

 

1) Réaffirmer la souveraineté municipale.

Les communautés territoriales de base sont le premier niveau où s'exprime la souveraineté du peuple, fondement de toute autorité en démocratie. Selon le principe de subsidiarité, la communauté de base a toutes les compétences et ne délègue à des instances supérieures que celles qu'elle ne peut assumer adéquatement.

Tout pouvoir, y compris en matière fiscale, qui n'est pas explicitement attribué à l'État, est attribué aux gouvernements territoriaux (pouvoirs résiduels). Rien ne les empêche d'intervenir là où n'existe aucune obligation ou interdiction dans la loi actuelle.

 

2) Élargir la légitimité des dirigeants locaux et régionaux.

Pour augmenter la légitimité et l'imputabilité des dirigeants locaux et régionaux, rien n'empêche ceux-ci de s'entendre entre eux pour augmenter les postes électifs: le maire et les conseillers municipaux sont déjà élus, mais à tout le moins le préfet de la municipalité régionale (qui réunit les maires) et le président d'un éventuel conseil régional (qui réunirait les préfets et maires de villes importantes) devraient et pourraient être élus au suffrage universel lors des élections municipales.

Rien ne les empêche non plus d'instaurer des mécanismes de participation directe de la population aux décisions: assemblées publiques de consultation, budget participatif, référendums, comités de participation et de vigilance, initiatives populaires, etc. Chaque village, MRC ou Région pourrait même se doter de sa propre constitution. Tenant désormais leur mandat de la population, les élus locaux et régionaux seraient forcés de lui rendre des comptes avant d'en rendre au gouvernement, et leur rapport de force en serait d'autant accru.


3) Accroître leurs pouvoirs et leurs ressources financières autonomes.

Le pouvoir de taxation, foncière et spéciales, et de tarification pourrait servir de base au financement partagé de l'ensemble des instances locales et régionales. À cela s'ajouteront le partage des taxes de vente, des taxes sur l'essence et autres transferts, programmes et redevances à négocier, ainsi que les investissements lucratifs désormais possibles, comme les parcs éoliens communautaires.

Des revenus supplémentaires pourraient aussi être obtenus en négociant des retombées directement avec les compagnies qui veulent exploiter des ressources naturelles locales, comme le font déjà avec succès les communautés autochtones.

Pour ce qui est des champs d'intervention, rien n'empêche les instances locales et régionales d'occuper le terrain dans de multiples domaines qui ne sont pas réservés au paliers supérieurs: souveraineté alimentaire, éducation, santé, environnement, échanges extérieurs, commerce, aménagement, gestion de l'eau, etc. Les règlements sont valides tant qu'ils ne sont pas déclarés non conformes.

 

4) Restructurer leur territoire.

Enfin, tout le monde est conscient que le découpage territorial actuel a besoin d'une sérieuse mise à jour. Beaucoup de municipalités sont trop petites. Certaines frontières de MRC sont à réviser. Les villes de centralité sont mal intégrées. Déjà, les Caisses populaires et les paroisses ont réorganisé, elles, leurs territoires pour les rendre plus fonctionnels.

Mais les politiciens ont peur d'agir en raison des conséquences électorales. Rien n'empêche les municipalités d'une MRC et les MRC d'une région de convenir ensemble et de façon consensuelle des restructurations nécessaires pour créer des espaces démocratiques plus fonctionnels, qui respectent les territoires d'activité et d'appartenance actuels.

En somme, les régions n'ont pas besoin qu'on les développe : elles ont besoin qu'on cesse de les piller et qu'on leur permette de se développer elles-mêmes avec leurs propres ressources.

Quand les instances locales et régionales seront des entités politiques autonomes dans leur domaine, on pourra parler de partenariat avec le gouvernement, exiger d'être partie prenante à l'élaboration des politiques nationales et d'inscrire cette autonomie dans les lois. Il sera temps alors d'exiger la création d'une Chambre des régions à représentation paritaire pour veiller aux intérêts des gouvernements territoriaux auprès de l'Assemblée des députés.


|Pour contrer le démantèlement des régions
5691|5900|Société Manchettes|L’affaire Joël Legendre et le Journal de Montréal|2015-03-18 06:50:17|L’aut’journal|

Quelle que que soit son opinion sur les révélations du Journal de Montréal à propos de Joël Legendre, cet extrait du livre Lockout au Journal de Montréal, de Manon Guilbert et Michel Larose (M éditeur), n’est pas inintéressant.

« En février 2010, l’animateur d’Occupation double, Joël Legendre, renonce à l’une des émissions les plus suivies de la programmation automnale de TVA, dont il est le maître d’œuvre depuis six saisons, et annonce qu’il passe chez l’ennemi, Radio-Canada, pour succéder à Véronique Cloutier à l’animation du jeu télévisé Paquet voleur.

Quelques mois plus tard en octobre, Marc Pigeon, cadre et journaliste judiciaire au Journal de Montréal, publie un article relatant les démêlés de Joël Legendre avec son gérant Luc Myre.

Mais le journaliste ne s’en tient pas à cela et dévoile du coup l’orientation sexuelle de l’animateur-vedette.

Ce « coming out » forcé ne plaît pas à Joël Legendre, qui se garde bien néanmoins de blâmer ouvertement le coupable de cette intrusion dans sa vie privée.

‘‘Peut-on considérer la publication de cet article comme une « vengeance » envers l’animateur qui a quitté TVA pour rejoindre Radio-Canada?’’, se demande Marianne Chouinard dans le Trente.

‘‘Cela reste à prouver’’, poursuit-elle. Elle émet l’hypothèse que si Joël Legendre avait toujours été à l’emploi de TVA, l’article du Journal de Montréal aurait sans doute donné moins de détails.

Devant l’animateur de Tout le monde en parle, Guy A. Lepage, qui a, sans ambages, remis sur le tapis la thèse du complot, Joël Legendre a évité de trop longuement s’étendre sur la question en affirmant sa sympathie pour plusieurs ancienNEs collègues de TVA. ‘‘Ça ne me tente pas de mettre tous mes œufs dans le même panier’’, a-t-il répondu laconiquement. »

|Il y avait déjà eu un coup en bas de la ceinture
5692|5901|Accueil_Analyses Politique_Québec|Québec solidaire ou la gauche sans histoire|2015-03-18 06:52:49|Denis Christian Morin|

Avant le scrutin de lundi dans Richelieu, Françoise David disait qu’elle n’avait que des espoirs limités dans la circonscription.

Québec solidaire déçoit. Avant le scrutin de lundi dans Richelieu, Françoise David, dans une entrevue radiophonique, disait qu’elle n’avait que des espoirs limités dans la circonscription électorale de Richelieu. D’autant, précisait-elle, que son parti n’avait même pas encore d’organisation de comté. Une déclaration fort étonnante de la part d’une des deux têtes d’affiche de la direction bicéphale de ce parti de gauche.

En effet, comment expliquer qu’après dix ans d’existence, Québec solidaire en soit encore à s’organiser — électoralement parlant — dans une circonscription près de Montréal, au passé militant nationaliste et syndicaliste ; en somme, tout ce qui est censé être la base de la gauche québécoise ?

Le fondateur d’En lutte !, Charles Gagnon, avait mis le doigt sur une des difficultés historiques de la gauche québécoise, quand, en 1999, il écrivait qu’« inévitablement, une organisation qui se présente comme un parti, au sens courant et commun du terme, mais qui stagne dans les marges pendant des années ou des décennies devient progressivement mais définitivement marginale ou tout simplement folklorique ». Il ajoutait ceci : « une organisation, un regroupement qui se donne des objectifs très généraux, qui ne manquent pas d’être perçus comme vagues et abstraits par plusieurs (la lutte pour le socialisme, la justice, la démocratie, l’égalité des sexes…) et qui, faute de présence, d’appuis et de visibilité, ne peut pas donner une forme immédiate à ces objectifs historiques,[doit] prendre acte de ce que deux des caractéristiques majeures d’un parti lui font défaut, c’est-à-dire la capacité de mobiliser et l’aptitude à susciter et à entretenir le débat public sur l’orientation à donner à l’action de la gauche. » QS correspond parfaitement à ce portrait réaliste et pas très reluisant d’une gauche sans histoire que Gagnon peignait à l’aube du nouveau millénaire.

 

Contexte favorable

Le contexte politique, économique et social actuel devrait aider à ce que ce parti de gauche ramasse le paquet : les libéraux de Philippe Couillard en proie à leurs turpitudes habituelles, les péquistes en quête d’un sauveur, les caquistes toujours aussi brouillons, une fronde syndicale et populaire contre les mesures budgétaires du gouvernement libéral, des pertes d’emplois à répétition, des profits faramineux des banques, des pétrolières, des minières, des pharmaceutiques… Enfin, tous les ingrédients nécessaires étaient là pour favoriser le vote de gauche.

Si les membres de Québec solidaire ne s’interrogent pas sur l’échec électoral dans Richelieu, si la direction de ce parti de gauche est incapable de fournir une explication valable, voire apodictique des résultats aussi faméliques que ceux qu’il a obtenus dans cette élection partielle, il faudra se résoudre à conclure que les militants de QS oublient qu’ils sont au premier chef des citoyens critiques ; critiques d’abord des stratégies et des tactiques que la direction de leur parti propose. Il faudra cesser d’accorder aux orientations politiques que la direction de ce parti inspire à ses affidés l’aura qu’ont en général les parangons de vertu.

 

Faux espoirs

Finalement, il faudra en arriver à remettre en question l’existence même de ce parti de gauche, en tout cas, si sa pertinence existe vraiment. Si ses performances médiocres sur le plan électoral restent les mêmes, si son influence infinitésimale sur le peuple demeure, si sa marginalité continue d’entretenir de faux espoirs sur son profil de gauche, il faudra se demander si tout cela n’est pas qu’une illusion. Cela devrait-il inciter ses membres à cesser de croire à des gains éventuels, dans un lointain avenir, et à prendre conscience qu’ils ne se concrétiseront jamais ?


Photo : Radio-Canada

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|Dans la série Web-télé « Les militants »
5697|5906|Économie Manchettes Politique_Québec|Paradis fiscaux : PKP doit s’expliquer!|2015-03-19 10:13:55|Alain Deneault|

Auteur de «Paradis fiscaux : la filière canadienne» (Écosociété, 2014) et chercheur au Réseau justice fiscale

Cet article est paru dans Le Devoir du 19 mars.

Se disant en lutte contre les paradis fiscaux au moment de présenter sa plateforme économique, Pierre Karl Péladeau s’est explicitement réclamé des travaux du Réseau pour la justice fiscale, où je travaille comme chercheur, et de l’un de ses rapports, « Paradis fiscaux ; des solutions à notre portée ».

Il y a bien sûr de quoi s’en réjouir ; la prise de conscience publique et le mouvement de contestation des paradis fiscaux qui s’annoncent doivent inclure le plus grand nombre. Mais il y a aussi lieu de s’en étonner, tout comme on écarquillerait les yeux si le p.-d.g. de Google ou celui d’Amazon se présentaient à l’élection présidentielle des États-Unis en se disant soudainement contre des législations de complaisance qui ont tellement profité à leurs affaires.

La conversion de M. Péladeau ne représente rien de banal et soulève de légitimes questions. Par exemple, Quebecor World a-t-elle déjà créé une entité appelée « Quebecor World Centro America S. A. » au Panama, soit un paradis fiscal des plus opaques ? Quebecor World a-t-elle par ailleurs installé les bureaux de sa filiale « Quebecor World S. A. » en Europe au 38-40 de la rue Zithe, à Luxembourg ? Auquel cas, a-t-elle tiré profit des avantages fiscaux que permet dans ce tout petit paradis fiscal la concentration d’actifs que réalise une entreprise sur tout le continent, comme l’explique le film Le prix à payer de Harold Crooks, coécrit par la fiscaliste Brigitte Alepin ?

De même, en créant de très nombreuses entités au Delaware, Quebecor World a-t-elle profité de ce qu’on appelle aux États-Unis le « Delaware Loophole » qui permet aux entreprises actives aux États-Unis de contourner leurs obligations fiscales auprès des 49 autres États constituant la fédération américaine, avant que Messieurs Péladeau et Brian Mulroney — également de Quebecor — n’en signent l’arrêt de mort en 2008 ? M. Péladeau sait-il que cette « échappatoire du Delaware » est si controversée qu’on en fait cas dans diverses campagnes électorales dans les États concernés, le Maryland, qui compte quelque cinq millions de citoyens voyant par exemple plus de 2 milliards de dollars par année échapper par ce biais à son traitement fiscal ?

Par ailleurs, en créant au Delaware des « Limited Liability Companies » [sociétés à responsabilité limitée] qui ne sont soumises à aucun impôt sur le revenu lorsque les intéressées n’y ont pas d’activité réelle, Quebecor World a-t-elle pu en faire profiter ses filiales actives, par exemple en Europe, pour les amener par cette autre voie à ne pas payer d’impôts ?

Enfin, pourquoi M. Péladeau pense-t-il qu’on trouve à la Barbade une filiale de « Québecor Média » ? Pour distribuer à Bridgetown Le Journal de Montréalou pour y élaborer des stratégies d’évitement fiscal comme toutes les entreprises canadiennes qui y ont placé à ce jour près de 60 milliards de dollars selon Statistique Canada ?


Insulte à l’intelligence

M. Péladeau ne peut se revendiquer, d’une part, de son passé d’administrateur pour asseoir sa crédibilité et refuser, d’autre part, de répondre à toute question à son propos. Et il y a des limites à nous répéter que des groupes de l’envergure de Québecor ou de Quebecor World ont pu se prêter à autant de détours administratifs, de contorsions juridiques et de montages fiscaux dans les législations extraterritoriales pour y mener des opérations si banales qu’elles auraient pu se faire dans les États traditionnels. Cela frise l’insulte à l’intelligence. Combien de temps tentera-t-on de nous faire croire qu’on se rend à un bordel pour y lire la Bible ?

On s’attend de Pierre Karl Péladeau qu’il aille au bout de son raisonnement et qu’il critique lui-même un système qui lui a tant profité. Il ne serait d’ailleurs pas le premier. Le célèbre financier et philanthrope George Soros n’a-t-il pas dénoncé les jeux spéculatifs sur les taux de change qui lui ont permis de s’enrichir au détriment de l’économie de subsistance de populations entières ?

Le milliardaire Warren Buffett n’a-t-il pas tourné en dérision le système d’imposition inique des États-Unis en vertu duquel sa secrétaire paie plus d’impôts que lui ?

Larry Fink n’a-t-il pas mis en garde les investisseurs, dont il est le primus inter pares, de cesser de siphonner les entreprises en versant d’outranciers dividendes aux actionnaires ?

Raymond Baker, un homme d’affaires très actif en Afrique, ne s’est-il pas inscrit en faux quant à la façon dont les paradis fiscaux contribuent dramatiquement à l’appauvrissement des pays du Sud ?

À l’instar de ces acteurs qui ne sont ni des enfants de choeur ni de douteux « gauchistes », M. Péladeau pourrait lui aussi faire preuve d’une hauteur de vue… D’autant plus que les paradis fiscaux consistent précisément, pour ceux qui en profitent, à contourner le principe de souveraineté de l’État que le candidat à la présidence du Parti québécois prétend aujourd’hui défendre au premier chef.

Si Pierre Karl Péladeau ne présente pas rapidement des explications nettes et concrètes sur les raisons qui ont amené la multinationale qu’il a longtemps dirigée à créer offshore des entités et à y délocaliser des opérations, cette question le pourchassera, et sa carrière politique risquera fortement de se terminer comme celle de Paul Martin.

|Combien de temps tentera-t-il de nous faire croire qu’on se rend à un bordel pour y lire la Bible?
5698|5907|Manchettes Mouvements_syndical|PKP, le milliardaire, et les syndicats|2015-03-19 10:16:52|Pierre Dubuc|

« Des millionnaires, des milliardaires au Québec, j’en veux », tel était le message principal de Pierre Karl Péladeau dans l’entrevue accordée à Michel Hébert du Journal de Montréal, le 14 mars dernier.

Quelques jours plus tard, le chroniqueur Mario Dumont déclarait sur les ondes du 98,5 que « Pierre Karl Péladeau sait très bien qu’un tel objectif ne peut être atteint dans un Québec qui a le plus haut taux de syndicalisation en Amérique du Nord, qu’il faut des lois du travail moins contraignantes, un Québec qui a un environnement d’affaires et de réussite ».

Nul ne doute que PKP partage le point de vue de Dumont. Il s’est déjà prononcé contre la modernisation de la loi anti-briseurs de grève, contre la formule Rand, pour le vote obligatoire pour l’accréditation syndicale et pour l’imposition des prestations de grève.

Au-delà de ces déclarations, il faut également considérer son attitude sur le terrain des négociations patronales-syndicales. Le livre Lockout au Journal de Montréal. Enjeux d’un conflit de travail, de Manon Guilbert et Michel Larose (M Éditeur), est fort éclairant à ce sujet.


Lockout au Journal de Montréal

Quand il est interpellé sur le conflit au Journal de Montréal, Pierre Karl Péladeau a toujours la même réponse. D’importants changements devaient être opérés parce que le déploiement de la technologie numérique menaçait la survie de son quotidien et la responsabilité de ce conflit de 25 mois incombe au syndicat, et plus particulièrement à son président, avec lequel il était parvenu à une entente, un certain 24 décembre 2009, soit un mois avant le lockout.

Des partisans inconditionnels de PKP comme Pierre Schneider, l’ex-felquiste qui a été directeur de l’information au Journal de Montréal, et le journaliste et biographe Pierre Godin ont justifié le lockout et l’attitude de PKP.

Selon Pierre Schneider, « la convention blindée du syndicat était un gros obstacle à la pratique d’un journalisme efficace » (Le Devoir, 14 mars 2014). Pierre Godin va plus loin en affirmant que les journalistes étaient « réfractaires aux modifications à apporter de toute urgence à la pratique de leur métier à l’ère d’Internet ». (Vigile, 10 juin 2014)

Qu’en est-il au juste? Nous vous présentons l’aut’point de vue, celui des journalistes, des syndiqués.


PKP détruit un « spirit »

Les ex-journalistes Manon Guilbert et Michel Larose reconnaissent que leur convention collective a servi, pendant des années, de modèle dans le secteur, mais de modèle positif!

Ils rappellent que c’est le père fondateur, Pierre Péladeau, qui avait promis aux travailleurs et travailleuses du journal de leur assurer les meilleurs conditions de l’industrie, lorsque le tirage atteindrait le chiffre magique de 200 000 exemplaires, un objectif atteint au début des années 1980.

Avant d’aborder la période du lock-out, Guilbert et Larose décrivent, dans leur livre, la détérioration graduelle des relations de travail au journal dès que le fils héritier a été à la barre.

Le virage s’est accentué lors de la négociation de la convention collective de 2004. En échange d’augmentations de salaires, le Syndicat concédait le droit à l’employeur d’embaucher des chroniqueurs « super héros », non syndiqués, comme Richard Martineau. « C’était une concession énorme à faire », de déclarer Martin Leclerc, le président du Syndicat, à l’époque.

Par la suite, le climat de travail s’est alourdi et des journalistes de renom comme Michel C. Auger et Franco Nuovo ont préféré quitter le navire.

Mais c’est le journaliste sportif Bertrand Raymond qui décrit le mieux le style opposé du père et du fils. Guilbert et Larose raconte :

« Bertrand Raymond se souvient des visites sporadiques de Pierre Péladeau et du silence qu’il imposait dès qu’il mettait les pieds dans la salle. ‘‘ Le Pape venait d’entrer, raconte-t-il avec émotion. Il faisait le tour et appelait les journalistes par leur prénom sans pourtant oublier la politesse de le faire précéder par Monsieur ou par Madame. Il jouissait d’un immense respect.’’

« Le fils PKP ne possède pas les mêmes manières. Bertrand Raymond en a encore le frisson lorsqu’il évoque ce souvenir. ‘‘Comme chroniqueur à RDS, je couvre le dernier combat d’Éric Lucas à Québec. Je suis assis devant mon ordinateur, je sens quelqu’un derrière moi qui me tape sur l’épaule. C’est PKP qui me dit : ‘‘J’ai pensé à vous écrire, mais je savais que j’allais vous rencontrer. On m’a rapporté que vous étiez un passionné en travaillant!’’ Il a fallu que quelqu’un le lui rapporte, ajoute-t-il avec un sursaut de colère. Il n’a jamais pris le temps de mesurer ça par lui-même! J’étais insulté. J’ai sué sang et eau et, 40 ans plus tard, le boss vient me dire qu’on lui a dit que j’étais passionné. Trop, c’est trop!’’

« Bertrand Raymond a quitté ses collègues qui arpentaient les trottoirs de la rue Frontenac après un an de conflit, conscient que tout se terminerait, et c’est son expression, ‘‘en queue de poisson’’. ‘‘PKP a détruit un « spirit » et une bien belle affaire. C’est du passé maintenant. Jamais personne chez les patrons ne m’a téléphoné pour me remercier pour mon travail. Le jour où je suis parti pour ma retraite, pas un mot de l’éditrice. Rien!’’ »


La fameuse lettre d’entente

Guilbert et Larose reviennent longuement sur la fameuse entente négociée, un certain 24 décembre, entre Raynald Leblanc et PKP. À la suite de cette rencontre, l’avocat de PKP rédige une lettre qui trace les règles d’une trêve pendant laquelle, entre le 6 janvier et le 23 janvier 2009, seront négociés cinq grands principes, dont celui des mises à pied, sans en préciser les modalités et leur importance.

La lettre d’entente sera signée par les membres du comité de négociation, mais en l’absence d’André Forté, le négociateur syndical de la CSN.

Raynald Leblanc réalisera rapidement l’effroyable signification du document, qui s’oppose en toutes lignes à la nature même de son mandat, portant, d’abord et avant tout, sur le refus des mises à pied avant qu’elles ne soient négociées.

Naïvement, Leblanc pensait avoir signé une trêve, mais le conciliateur expliquera à la partie syndicale que « ce n’est pas comme cela que le boss interprète ça ». Pour lui, réalise Leblanc, « nous avons reculé sur tout ça et on part de là pour le reste. »

Pour ces raisons, Leblanc et le comité de négociation gardent la lettre secrète pendant dix mois et n’ont jamais voulu la présenter en assemblée générale.

Que le leadership syndical ait fait preuve d’inexpérience, de faiblesse et de naïveté est indéniable. Tout comme peut être critiquée, comme le font les auteurs du livre, l’autonomie syndicale mal comprise du syndicat, qui tient à distance les ressources de la CSN.

Mais il n’en demeure pas moins que l’argument de PKP selon lequel « le comité syndical n’a pas respecté sa signature » est fallacieux. Contrairement à la « démocratie » patronale, où un dirigeant comme PKP peut nommer, comme il s’en vante, 75% des membres du conseil d’administration en ne détenant que 25% des actions, la démocratie syndicale a pour règle de base que l’assemblée générale de tous les membres est souveraine. Pour être valide, la lettre d’entente aurait dû être entérinée par la souveraine assemblée générale où, affirment Guilbert et Larose, « assurément elle aurait été rejetée ».


Battu par les tribunaux

PKP a sorti l’artillerie lourde pour terrasser le syndicat. Trésor de guerre de 5 millions; recours au bureau d’avocats McCarthy Tétrault, la plus grosse firme d’avocats au Canada; embauche de cadres pour remplacer les journalistes; utilisation de l’agence QMI pour contourner la loi anti-briseurs de grève, etc.

Quand les tribunaux ont statué que l’utilisation de l’agence QMI et des briseurs de grève ne constituait pas une transgression aux dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail, « la bataille était perdue » reconnaissent Guilbert et Larose.

Le rapport de force était tout à l’avantage de Québecor, comme le reconnaît le professeur de relations industrielles Reynald Bourque, cité dans le livre.

« Le conflit ne coûte rien à Péladeau. Dès le moment où il fait fonctionner son entreprise sans avoir à payer ses salariés. Big deal! »


Des erreurs syndicales

Le syndicat, aussi, a commis des erreurs.

« Au point de vue stratégique, explique le professeur Bourque, le syndicat a mis beaucoup d’énergie à construire le site d’information Rue Frontenac, mais ça ne fait pas très mal à Péladeau. »

Ce « nirvana journalistique », comme le qualifient les auteurs, a envenimé les relations entre lockoutés. Rue Frontenac était vue comme une planque, une manière d’éviter le piquetage obligatoire.

Il était devenu, pour certains journalistes, un objectif en soi plus important qu’une convention collective dûment négociée. Selon Chantal Larouche, alors présidente de la Fédération nationale des communications de la CSN, « ce journal nous a fait perdre de vue notre objectif ».

Pour plusieurs, la seule action vraiment efficace a été le moment où les grévistes ont bloqué l’imprimerie de Mirabel et retardé la livraison du journal. Il aurait fallu, selon certains, dès le début organisé le boycott du journal, mais la CSN ne croyait pas à ce type d’intervention.

Au terme de 25 longs mois, le conflit s’est terminé par une défaite amère. Seulement 62 des 253 employés, dont une poignée de journalistes, ont retrouvé leur emploi avec une convention collective qui ne mérite pas son nom.


L’ombre de PKP

Le conflit a jeté un éclairage crû sur le monde politique, médiatique et culturel québécois et l’influence indue qu’y exerce PKP.

Si Amir Khadir, député provincial de la circonscription où avait lieu le lock-out, a été très présent sur les lignes de piquetage, il n’en fut pas de même pour le député fédéral du même comté.

« Gilles Duceppe, alors chef du Bloc Québécois et député du comté où le conflit sévit, ne se présente pas sur les piquets de grève malgré les invitations répétées », soulignent Guilbert et Larose.

Au plan médiatique, « le chroniqueur sportif de La Presse, Réjean Tremblay, défend le projet de l’amphithéâtre de Québec et la renaissance d’une équipe de la LNH. Après le conflit, il quitte son employeur et poursuit sa carrière sur les ondes de TVA, propriété de Québecor Média ».

L’intimidation est également de mise. Le journaliste Stéphane Baillargeon duDevoir raconte que l’avocat Serge Sasseville de Québecor joignait ses interlocuteurs pour leur demander s’ils avaient vraiment dit ce qu’il avait rapporté dans son journal à propos du conflit.

Le livre rappelle les relations historiques étroites entre Le Devoir et l’empire Québecor, qui imprime et distribue le journal. Pour aider Le Devoir, le patriarche, Pierre Péladeau avait déjà effacé une dette d’un million de dollars relative à l’impression du journal.

Les librairies Archambault sont un annonceur important de la section littéraire du samedi. « C’est certain que la participation de Québecor pendant un temps à l’enveloppe publicitaire d’une portion du secteur culturel, celui des livres, a diminué après la publication de ces chroniques », raconte Baillargeon en faisant référence aux écrits fort critiques à l’égard de PKP de Gil Courtemanche et Michel David.

Historiquement, les artistes ont toujours appuyé chaleureusement les luttes syndicales mais, notent Guilbert et Larose, « hormis quelques exceptions, les artistes et les vedettes de tout acabit n’ont pas hésité à franchir le piquet de grève ».

Quelques exemples d’artistes et d’écrivains identifiés à la gauche illustrent bien l’ampleur de l’emprise de PKP sur le monde artistique.

Yvon Deschamps, l’auteur du célèbre monologue « Les unions qu’ossa donne », a accordé une entrevue au Journal de Montréal en disant : « J’ai plutôt décidé d’être solidaire des artistes avec qui je travaille et qui ont besoin du Journal de Montréal ».

Quelques jours plus tard, il faisait parvenir une lettre d’excuses aux lockoutés. « En ne voulant pas prendre parti, j’ai pris parti. C’est une bourde énorme que je n’arrive pas à m’expliquer vraiment. »

Luc Picard n’a pas hésité à donner une entrevue au Journal de Montréal, lors du décès de Michel Chartrand, qu’il avait incarné à la télé. Plus tard, il a admis son erreur à Tout le monde en parle.

Pierre Falardeau a oublié de s’indigner au grand jour, plaidant le « manque d’informations ». Il était chroniqueur à l’hebdomadaire ICI, propriété de Québecor. «  Je ne vais pas chier dans le carré de sable! », déclarait-il au moment où venait de paraître Rien n’est plus précieux que la liberté et l’indépendance, un recueil de ses chroniques.

Biz de Loco Locas, au cours de la même soirée, a chanté pour les lockoutés du Journal de Montréal, puis était à l’antenne de TVA à l’émission Montréal-Québec. Il reconnaît être un bon ami du couple Péladeau et Julie est la marraine de sa fille.

D’autres, qui ont fait preuve de solidarité, en ont subi les conséquences. Fred Pellerin, qui a refusé de forcer les piquets de grève, a vu quelques portes se fermer au cours de son itinéraire promotionnel pour la sortie de son quatrième livre.

Mais tout n’est pas noir. Guilbert et Larose saluent la présence, lors de leurs spectacles de solidarité, des artistes suivants : Christian Vanasse, Richard Desjardins, Tricot machine, Louise Forestier, Loco Locass, Jean-Sébastien Lavoie, Claude Robinson, Damien Robitaille, Bernard Adamus, Karkwa, Bourbon Gauthier et Gilles Vigneault.


Une tragédie

Refusant de jeter le blâme uniquement sur la partie patronale ou syndicale, Bernard Landry a déclaré : « Un seul mot me vient pour qualifier ce conflit : une tragédie! »

Considérant que le candidat milliardaire PKP ne récuse aucunement son attitude antisyndicale, comme nous l’avons vu lors du premier débat, la tragédie, dont parle Bernard Landry, pourrait prendre une dimension nationale encore plus effrayante si PKP devient chef du Parti Québécois et premier ministre du Québec.

Les syndicalistes et les progressistes sont prévenus.

|À propos du livre Lockout au Journal de Montréal. Enjeux d’un conflit de travail, de Manon Guilbert et Michel Larose (M Éditeur)
5699|5908|Économie Manchettes|Une TVQ sociale en échange d’une baisse d’impôt?|2015-03-20 08:00:02|Pierre Dubuc|

Le dépôt du rapport de la Commission Godbout sur les finances publiques met la table pour la grande réforme fiscale du ministre des Finances Carlos Leitao : Hausse de la TVQ avec, en contrepartie, une baisse des impôts.

Le président de cette commission, Luc Godbout, directeur du Département de fiscalité de l’Université de Sherbrooke, et économiste-mercenaire pour les gouvernements québécois depuis quelques années, s’est fait, par le passé, l’avocat d’une hausse de la TVQ.

Cependant, elle n’était pas liée à une baisse des impôts sur le revenu. L’expérience de référence pour Luc Godbout était le Danemark, comme il l’a développé dans l’article « La TVA sociale, une idée pour le Québec », qu’il a co-signé avec Stéphane Paquin dans le livre Social-démocratie 2.0, Le Québec comparé aux pays scandinaves. (PUM, 2014).

Au Danemark, l’augmentation de la TVQ a remplacé la majeure partie des charges sociales des entreprises, dont les cotisations sociales des employeurs pour l’assurance-chômage et invalidité. Mais l’impôt sur le revenu demeure toujours la principale source de revenus pour l’État danois. Il représente 51,0% des recettes de l’État contre 34,5% au Québec.

Bien plus, en 2012, le Danemark possédait toujours le niveau de prélèvement obligatoire le plus élevé des pays de l’OCDE, avec 50,8% du PIB, comparativement à 30,7% pour le Canada, et Godbout ne fait pas mention d’un exode des riches vers le reste de l’Europe!

À retenir que Godbout écrit que « le succès du Danemark ne s’explique pas par un désengagement massif de l’État ni par une baisse radicale des impôts selon la logique du discours néolibéral ».


Avantages présumés

Dans cet article, Godbout essaie de justifier la hausse de la TVQ par la réduction des coûts de production qu’elle entraîne, ce qui aurait « un effet équivalant à une dévaluation monétaire », et rendrait les produits plus compétitifs sur les marchés internationaux et le marché national.

Mais il reconnaît que « l’effet sur les produits provenant des pays émergents comme la Chine et l’Inde risque d’être insignifiant », car ces produits sont trop compétitifs et une hausse de la taxe de vente « ne ferait probablement pas une grosse différence concernant la compétitivité des produits nationaux ».

Godbout soutient que la TVA sociale possède le potentiel « d’augmenter rapidement le taux de rentabilité des entreprises, ce qui peut les inciter à investir, et à créer des emplois et du développement économique ».

C’est là la reprise du discours néolibéral classique contredit par l’ancien gouverneur de la Banque du Canada Marl Carney, qui affirmait que les entreprises canadiennes étaient assisses sur des centaines de milliards qu’elles refusaient d’investir.


Effets négatifs assurés

Godbout reconnaissait dans cet article que la hausse de la TVQ provoquerait « une baisse correspondante du pouvoir d’achat des citoyens » et que des entreprises « choisiront d’augmenter leurs profits plutôt que de répercuter la réduction des cotisations sociales sur les prix ».

Une autre crainte est l’augmentation de la contrebande ou, encore, des achats outre-frontières. Nos chroniqueurs vont agiter le spectre des mieux nantis prêts à déménager hors du Québec à cause d’une fiscalité trop gourmande, mais minimiseront l’impact sur le commerce local de la croissance de l’achat en ligne ou outre-frontières.

Dans le livre Social-démocratie 2.0, le meilleur article est celui de deux Scandinaves, Bo Rothstein et Sven Steinmo, qui expliquent les différences fondamentales entre l’État-providence européen et canadien et la social-démocratie scandinave. Cette dernière se caractérise, entre autres, par un haut taux de syndicalisation, un haut niveau de taxation et un haut niveau de dépenses sociales.

Méfions-nous donc des emprunts à la pièce, comme cette supposée « TVQ sociale » que le gouvernement Couillard va chercher à nous imposer, avec la complicité de son économiste-mercenaire Luc Godbout.

|Quand l’économiste-mercenaire Luc Godbout contredit ses écrits antérieurs
5700|5909|authebdo|authebdo - 20 mars 2015|2015-03-20 09:04:45|L'aut' journal|Plus de 7 500 visites par jour !

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par Robert Duchesne


LIVRE

Deux semblables dissemblables
La correspondance entre Louis Dantin et Alfred DesRochers. Une émulation littéraire (1928-1939)
par Simon Rainville


DÉBAT

Indépendance: Retour sur le parcours et perspectives d'avenir
Débat avec Andrée Ferretti, Robert Laplante et Simon-Pierre Savard-Tremblay
par Génération nationale


À LIRE !

PKP DANS TOUS SES ÉTATS de Pierre Dubuc

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5701|5910|Accueil_Actualités|Plein le dos des nombrilistes|2015-03-23 07:02:47|Jean-Simon Carrier|

J’ai marre des égoïstes, nombrilistes et jememoiistes. Vous savez ces personnes, qui s’abreuvent des paroles du gouvernement et des tenants du néo-libéralisme. Ces personnes qui commentent l’actualité et qui chialent contre tous ceux qui rêvent de conserver ce que nous avons, qui rêvent d’une meilleure société. Celles et ceux qui ignorent que nous pouvons nous le permettre, que l’argent est disponible.

Elle l’est, disponible, le seul problème est qu’elle est entre les mains des amis du pouvoir. Ce qu’il faut comprendre dans les manifestations ou le mouvement de contestation que l’on vit et vivra dans les prochains mois au Québec, c’est que l’argent nécessaire à la conservation de nos acquis, on n’ira pas la chercher dans les poches de la classe moyenne.

Ils accusent les étudiantes et étudiants de n’avoir jamais rien fait et d’avoir tout obtenu trop facilement. C’est tout un jugement. C’est faire confiance en l’avenir de notre province (lire le sarcasme). C’est carrément méprisant. Malheureusement pour eux, lorsque l’affirmation est cinglante, la réponse le sera d’autant plus. Ce n’est pas vrai que parce qu’ils sont jeunes et qu’ils n’ont pas encore « participé » à la société qu’ils ne peuvent rien dire, rien faire. Au contraire, c’est eux qui vivront le plus longtemps dans ce nouveau Québec austère, à deux vitesses, qui ne donnera des chances qu’à ceux qui sont nés au bon endroit, qui ont les bons parents. Ils ont tout à fait le droit de s’insurger pour que mes enfants, les leurs aient la même chance que moi, qu’eux!

Je suis enseignant, je suis syndicaliste, je participe à ce mouvement. Je suis en négociation de mes conditions de travail et j’ai l’intention de passer beaucoup de temps à défendre nos acquis sociaux (j’en passe déjà beaucoup).

Ce n’est pas vrai que je vais me taire. Je vais manifester, je vais crier mon message et je vais me battre. Il ne faut pas oublier que mes conditions de travail ont un impact sur les élèves. Qu’il y ait plus d’élèves par classe ou qu’on abolisse certaines définitions d’élèves en difficultés, ç’aura un impact sur mon travail, certes, mais aussi et surtout sur les élèves qui en sont les fruits!

Nous pouvons donner le même type d’exemple pour les secrétaires d’école, pour les psychologues ou pour les inspecteurs en eau potable. Coupez-leur les vivres, rendez leur travail plus difficile et c’est le Québec tel qu’on le connait qui disparaît.

Il est vrai qu’en écoutant les discours alarmistes de certaines personnes sur la dette, on peut se dire qu’il faut régler cela. Que les générations futures vont s’engouffrer si l’on ne le fait pas. Ces mêmes personnes oublient de dire que cette année on a augmenté cette dette de 2 milliards parce qu’on met ce montant dans le fonds des générations qui sert à… régler la dette. Il me semble qu’il y a un manque de cohérence dans tout cela.

Je vais les déranger. Je vais tout faire en mon pouvoir pour que nous soyons une majorité à le faire. Parce que la classe moyenne, celle qui est et sera la plus touchée par cette réforme, représente la majorité de la population. Que le profit des banques explose, qu’on subventionne des minières milliardaires pour qu’elles exploitent nos ressources et qu’on laisse les amis du parti profiter des paradis fiscaux, ça me met en colère. Surtout quand moi, le prof, je paierai le même prix pour une garderie subventionnée (le maximum selon la nouvelle échelle) que le dirigeant d’une compagnie qui gagne 500 000 $ en omettant ses gains en capital et ne parlant pas des avantages fiscaux dont lui seul peut bénéficier.

|Celles et ceux qui ignorent que l’argent est disponible
5702|5911|Accueil_Actualités|« Sauvons les livres » oppose un non catégorique à la taxe de vente sur les livres|2015-03-23 07:07:24|Élodie Comtois|

Montréal, le 20 mars 2015- Le Mouvement « Sauvons les livres » s'oppose fermement à l'imposition de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les livres. « Lever l’exemption dont bénéficie le livre serait un recul historique pour le milieu du livre et pour les lecteurs québécois », soutient la porte-parole du mouvement, Élodie Comtois. « Le livre n’est pas un produit de consommation comme les autres et il doit continuer de jouir d’un régime fiscal particulier compte tenu de son rôle de diffuseur de la culture et du savoir. Rappelons-le, taxer les livres, c’est imposer l’ignorance. »

C’est donc un non retentissant à cette recommandation contenue dans le rapport de la Commission Godbout sur la fiscalité québécoise que « Sauvons les livres » veut faire entendre au gouvernement de Philippe Couillard. Le mouvement est d’autant plus inquiet que le ministre des Finances, Carlos Leitao, confirmait hier que certaines des mesures proposées dans le rapport Godbout se retrouveront dans le budget qui sera déposé la semaine prochaine.

Le Québec ne doit pas devenir la première province canadienne à briser le régime d’exception dont profite le livre. Nulle part au Canada la taxe de vente provinciale ou la portion provinciale de la TVH n'est imposée aux livres. Ce serait pour le Québec, aux prises avec un taux alarmant d’analphabétisme,  une bien triste façon de s’illustrer comme société distincte. Il existe aussi un quasi-consensus à ce sujet au sein des pays industrialisés puisque 30 des 34 pays membres de l’OCDE ont un régime particulier pour le livre et ont fait le choix de favoriser un meilleur accès au livre.

En arrivant au pouvoir en avril 2014, le gouvernement de Philippe Couillard a écarté le projet de réglementation du prix du livre, qui faisait pourtant consensus, arguant qu’une telle mesure exercerait une pression à la hausse sur les prix. Or cette réglementation aurait au contraire stabilisé les prix et se serait appliquée seulement sur les nouveautés pendant les neuf premiers mois, soit sur 5 % de la production. En revanche, imposer la TVQ touche 100 % de la production et provoquera une augmentation durable du prix des livres de plus de 10 %.

Les ventes de livres sont en baisse au Québec. Le recul était d’environ 9 % en 2013-2014 selon l'Observatoire de la culture et des communications. La fin de l’exemption de la TVQ viendrait plomber les ventes encore davantage surtout qu’elle s’ajouterait à la taxe fédérale de 5 % déjà perçue.

En rejetant l’idée du prix réglementé, le gouvernement Couillard avait promis un plan de soutien au réseau de librairies indépendantes frappé par de nombreuses fermetures. Un an plus tard, nous attendons toujours des mesures concrètes et structurantes.

Le mouvement « Sauvons les livres » est un regroupement de libraires, d’éditeurs, d’écrivains et de distributeurs qui milite pour la protection du livre et la promotion de la lecture et de la bibliodiversité.

|Le Mouvement « Sauvons les livres » s'oppose fermement à l'imposition de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les livres.
5703|5912|Accueil_Actualités|L'indépendance avec cœur et conviction|2015-03-23 07:14:42|Pierre Céré|

Le Québec demeure une œuvre inachevée qui prendra tout son sens le jour où nous serons maîtres chez-nous, que nous aurons conclu notre processus d'indépendance nationale.

Lors des consultations organisées par les instances du Parti québécois auprès des membres, il est ressorti clairement qu'on ne voulait plus entendre parler de mécanique, mais plutôt des raisons de faire l'indépendance.

Voici ma réponse :

  1. Parce qu'une partie de notre argent s'en va à Ottawa et qu'on en n'a pas le contrôle, comme si on était sous curatelle. Des choix politiques sont faits en notre nom et avec notre argent : guerre, construction de bateaux de guerre (33G$), soutien au secteur automobile en Ontario (11G$), aide à Terre-Neuve pour la construction de la ligne Churchill (4G$)...

  2. Parce qu'on veut administrer l'entièreté des taxes et des impôts prélevés sur notre territoire, condition première d'un gouvernement responsable.

  3. Parce qu'on veut le pouvoir exclusif de faire toutes nos lois, chez-nous et pour nous.

  4. Parce qu'on veut établir nos propres relations internationales.

  5. Parce qu'on veut être maître de tout notre territoire, de toutes ses voies de communication, de tous ses ponts, de ses chemins de fer, de notre fleuve ! !

  6. Parce qu'on est une nation et que nous voulons un pays qui nous ressemble, un pays accueillant et inclusif !

Aussitôt élu, je propose d'ouvrir une négociation avec Ottawa, d'égal à égal, de nation à nation, 1 table 2 chaises, sur les conditions d'une nouvelle entente fondée sur l'égalité des peuples (impôts, lois, relations internationales). Autrement dit, d'agir comme un gouvernement souverain, aussitôt élus. Au fédéral d'avoir l'odieux de ne pas répondre ou de répondre de façon insatisfaisante. Cette négociation, elle sera menée de bonne foi, de façon transparente, au vu et au su de l'ensemble de la population. En cas d'échec, au terme d'un an, j'appellerai à un référendum sur l'indépendance avec une question simple : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?

La démarche proposée n'a encore jamais été essayée. Elle aura le grand avantage d'être pédagogique. Laissons les preuves s'étaler d'elles-mêmes à la face du monde. Ce sera également un processus mobilisateur où tous les Québécois et les Québécoises se sentiront partie prenante.

Nous y consacrerons tous nos efforts, toute notre créativité, toute notre énergie, jusqu'à la dernière goutte de notre sueur. Et nous arriverons à destination. Je vous propose de régler cela une bonne fois pour toutes.

Et cette nécessaire mobilisation ne passe pas par l'Écosse, ni par la Catalogne, ni par un centre de recherche, mais bien par la mobilisation de nos membres, à la base, par la formation de nos militants, par notre redéploiement sur le terrain et dans l'espace public, en étant avec le monde, avec leurs préoccupations, avec leurs combats, en partageant nos rêves...

Pour m'appuyer.

Pour consulter mon programme.

|Le Québec demeure une œuvre inachevée qui prendra tout son sens le jour où nous serons maîtres chez-nous, que nous aurons conclu notre processus d'indépendance nationale.
5704|5913|Accueil_Actualités|Le développement économique intelligent|2015-03-23 07:17:09|Martine Ouellet|

Comme première ministre du Québec, je propose de mettre le Québec sur la voie du développement économique intelligent.

Le développement économique intelligent, c'est devenir un leader mondial en électrification des transports. Nous allons créer des emplois de qualité, exporter notre savoir-faire et participer à l'effort planétaire essentiel de réduction des GES.

  • Électrifier tous les autobus scolaires et municipaux d’ici 2030

  • Atteindre 200 000 voitures branchables pour 2022 et un million pour 2030

  • Instaurer une loi Zéro émission pour avoir plus de choix lors de l'achat d'une voiture électrique

  • Encourager la mise en place d’un monorail à grande vitesse (MGV)

Le développement économique intelligent, c’est développer des régions fortes

  • Mettre sur pied un Fonds de diversification économique régional d'un milliard $ sur 10 ans afin de créer 30 000 emplois

  • Augmenter significativement la transformation de nos ressources naturelles au Québec comme le permet la nouvelle Loi sur les mines et la Charte du bois

  • Partager les redevances sur les matières premières avec les régions

  • Stimuler l’achat local en agriculture et contrer la financiarisation des terres

Le développement économique intelligent, c’est renforcer l’expertise de l’État québécois

  • Implanter la Société québécoise des eaux (SQE) à Shawinigan, ce qui permettra de créer 10 000 emplois en 10 ans dans toutes nos régions

  • Recréer Hydro-Québec International (HQI) afin d'exporter notre expertise en réseaux électriques et en production d’énergie renouvelable hydraulique et éolienne

  • Fonder Hydro-Québec Éolien (HQÉ) à Gaspé pour gérer les futurs projets d'énergie éolienne

Le développement économique intelligent, ce n’est pas d’engager le Québec tête baissée dans le cul-de-sac des énergies fossiles

  • Ce n'est pas le projet d'oléoduc Énergie Est où le Québec prend tous les risques et l’Alberta récolte les profits

  • Ce n'est pas l'exploitation des gaz de schiste dans la Vallée du Saint-Laurent

Le développement économique intelligent, c’est ramener au Québec la gestion des 45 milliards $ d'impôts qu'on envoie au Canada à chaque année. C'est avoir pour la première fois de notre histoire le plein contrôle de notre économie via nos lois, nos impôts et nos traités, c'est faire du Québec un pays.

|Pour les régions, pour l’expertise de l’État
5705|5914|Manchettes Mouvements_des_femmes|Modulation des tarifs de garde|2015-03-23 07:18:41|Louise Chabot|

Madame la ministre de la Famille, Francine Charbonneau,
Monsieur le ministre des Finances, CarlosLeitão

En novembre dernier, votre gouvernement annonçait son intention de moduler les tarifs de garde en fonction du revenu des parents, mettant ainsi fin au principe d’universalité des services de garde.

Vous le savez, nous vous l’avons dit, pour certaines familles, la facture pourrait être salée, soit près de 2000 $ supplémentaires par enfant, avec un fort risque d’impacts sur l’accès des femmes au marché du travail.

De plus, votre gouvernement a mis en place toutes les conditions possibles pour que les parents se dirigent vers le réseau privé. Il a limité la création de places dans le réseau public et a bonifié à plus d’une reprise le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants, favorisant les garderies privées non subventionnées.

Déjà qu’en 2013, le gouvernement a dépensé 557 millions de dollars pour ce crédit d’impôt, soit trois fois plus qu’en 2008 (175 millions de dollars). Ces 557 millions auraient permis de créer des dizaines de milliers de places dans les services de garde subventionnés dont la mission première est le développement des enfants et non la recherche de profits, beaucoup plus bénéfique pour la société québécoise !

Aussi, depuis 2003, les places offertes en garderies privées non subventionnées ont augmenté de 554 %, alors que celles en CPE ont augmenté de seulement 11 % et que les places dans les services de garde en milieu familial régis n’ont pas évolué d’un iota.

Pourtant, de nombreuses études et recherches ont démontré que les services de garde régis et subventionnés sont de très grande qualité et qu’il existe un lien préventif entre l’accessibilité à des services de garde de qualité, la réussite scolaire et la lutte contre la pauvreté. Ces derniers favorisent l’égalité des chances, notamment pour les enfants les plus vulnérables. Souvenez-vous que seuls les services de garde régis et subventionnés bénéficient de subventions pour les enfants à besoins particuliers.

La grande majorité des groupes s’étant prononcés sur le chapitre VI du projet de loi no28 s’y sont opposés pour diverses raisons. La modulation des tarifs en fonction des revenus risque de réduire l’accès des femmes au marché du travail, d’appauvrir les familles du Québec, dont celles de la classe moyenne, et de favoriser la privatisation des services de garde. Je vous mets au défi de comprendre la grille tarifaire proposée, qui est d’une telle complexité que les familles du Québec peineront à s’y retrouver !

Pour la Centrale des syndicats du Québec, il ne fait aucun doute que les services de garde éducatifs à l’enfance font partie des services éducatifs offerts à la population québécoise au même titre que l’éducation préscolaire, primaire et secondaire. Investir dans les services de garde éducatifs est un choix stratégique pour le Québec puisqu’ils contribuent au développement et à la réussite future des enfants et à la participation des femmes au marché du travail.

Pour toutes ces raisons, Mme Charbonneau, M.Leitão, nous vous demandons le retrait du chapitre VI du projet de loi no28.

Photo : depositphotos.com/uatp12

|La facture pourrait être salée, soit près de 2000 $ supplémentaires par enfant
5706|5915|Langue Manchettes| PRIX CITRON D’IMPÉRATIF FRANÇAIS|2015-03-23 07:34:27|Impératif français|

Gatineau, le 22 mars 2015 - Impératif français décerne son célèbre prix Citron, pour l’année 2014-2015, aux « lauréats » suivants :


VOLET INTERNATIONAL

Le gouvernement canadien conservateur qui projette, à l'échelle internationale, l’image d’un pays anglophone niant sa francophonie, notamment par la nomination récente d’un ministre aux Affaires étrangères, Rob Nicholson, incapable de parler français.

Google qui a contribué à salir l’image du Québec en affichant, bien en vue, dans ses pages une photo dégradante du Québec.


VOLET CANADIEN

Le gouvernement conservateur pour son saccage systématique du réseau français de Radio-Canada, média public essentiel à la démocratie, au droit à l’information, à la francophonie…

Graham Fraser, Commissaire aux langues officielles, qui, malgré le recul du français partout au Canada, veut en accélérer le rythme, de surcroît au Québec, par l’ouverture d’un « bureau aux affaires anglophones ».


VOLET NATIONAL

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui cache, sur la scène internationale, la personnalité et l’identité du Québec en refusant de parler français à l’étranger.

TransCanada et Énergie Est qui adoptent un comportement pollueur et prédateur en refusant de rédiger et de publier en français tous leurs documents publics ainsi que la Cour fédérale pour son rejet d’une demande d’injonction visant à sauvegarder les droits fondamentaux des francophones dans des dossiers environnementaux d'une importance capitale.

Le gouvernement du Québec et son ministre de l’Éducation pour son programme d’anglicisation et d’acculturation intensives des enfants du Québec par l’enseignement « exclusif » de l’anglais en 6e année.

Les groupes musicaux québécois ou francophones qui refusent de créer et de chanter en français.


VOLET HORS QUÉBEC

Le gouvernement de l’Ontario qui refuse toujours de reconnaître un statut officiel au français dans la ville qui héberge la capitale fédérale du Canada, Ottawa.

La Ville d’Ottawa, capitale fédérale, qui, fière de son suprémacisme anglophone, pratique l’exclusion du français en publiant son budget uniquement en anglais.


VOLET OUTAOUAIS

La Ville de Gatineau qui, par ses pratiques anglicisantes, encourage le non-apprentissage du français, l’unilinguisme anglais et la déquébécisation de l’Outaouais.

Pour plus de renseignements à compter du 22 mars à 12 h : www.imperatif-francais.org.

|Impératif français décerne son célèbre prix Citron pour l’année 2014-2015
5707|5916|Manchettes Mouvements_étudiant|Grèves étudiantes : les contradictions des médias|2015-03-23 08:47:22|Martin Lachapelle|

Les grands médias, déjà affairés depuis des mois à vendre les mesures d’austérité, ne prennent aucune chance en tirant à boulets verts sur les carrés rouges. Question d’empêcher que la grève étudiante de 2015 ne serve à nouveau de bougie d’allumage à un autre printemps mouvementé.

Il est d’ailleurs risible de voir plusieurs commentateurs politiques avoir le culot de discréditer la grève de 2015 par rapport à celle de 2012, en termes de crédibilité des revendications ou des leaders étudiants. Surtout quand on sait que les grands médias, dont la couverture médiatique en 2012 fut jugée biaisée par au moins deux études, ont alors tiré à la fois sur le message et les messagers.

« Il est vrai qu’il n’existe aucun ‘‘droit de grève’’ des usagers de l’université. Légalement, impossible de nier le droit de suivre des cours à un étudiant », affirme Yves Boisvert de La Presse.

« Légalement ». Le mot est sensé tuer toute réflexion. « La loi, c’est la loi ». Comme si les lois actuelles étaient imperfectibles.

« Légalement » « Il est vrai qu’il n’existe aucun ‘‘droit de grève’’ des usagers de l’université. »

Ben oui… Comme il est aussi vrai qu’il n’existait aucun droit de vote pour les femmes, il y a moins d’un siècle, et que cette discrimination s’effectuait « légalement ».

Les étudiants collégiaux et universitaires seraient-ils des citoyens de seconde classe ? On parle pourtant des contribuables de demain. Tous contribuent déjà à l’assiette fiscale en payant des taxes.

Quant au « Légalement, impossible de nier le droit de suivre des cours à un étudiant », le temps a aussi démontré à quel point certains carrés verts faisaient de bien piètres « victimes de la grève » de 2012, après avoir obtenu des injonctions pour assister à des cours, qu’ils ont finalement abandonnés.

Beau gaspillage de fonds publics que cette judiciarisation du conflit étudiant.

Boisvert incite également les étudiants carrés verts à se mobiliser contre la grève, car il estime que la judiciarisation du conflit a ses limites, même s’il l’appuie : « On aura beau obtenir des injonctions, on n’ira pas tenir des cours d’anthropologie à l’UQAM sous surveillance policière… »

Effectivement, Yves. Pas besoin d’appeler la police, ou même l’armée, pour permettre la tenue de cours d’anthropologie à l’UQAM, puisque l’anthropologie n’est pas enseignée dans cette université…

Autre appui aux carrés verts et à la judiciarisation du conflit, celui de Dominic Maurais.

Sur son blogue du Journal de Québec, cet animateur radio super « démocrate », qui a adoré entendre le maire Tremblay parler de sortir les « terroristes » de Greenpeace par la fenêtre de son bureau, tout en demandant aux gouvernements de les expulser du Canada, se permet de donner des leçons de démocratie aux associations étudiantes et aux « extrémistes-gauchistes » appuyant les mandats de grève qu’il juge illégitimes, même s’ils furent pourtant dûment votés dans les assemblées.

« Le bordel annoncé est rendu possible par un encadrement défaillant de la ‘‘démocratie étudiante’’ et un immense flou artistique sur les règles de financement et de gouvernance des associations. »

Ce n’est pas l’avis de la juge qui vient justement de débouter les deux carrés verts financés par la Fondation 1625.

Mais bon. On parle probablement d’un autre « extrémiste-gauchiste anti-capitaliste », dont le frère aussi gauchiste doit sûrement travailler en tant que journaliste à « RD-OUI », comme dirait Maurais…

« La Fondation 1625 est un organisme à but non lucratif créé le 4 juillet 2012 afin d’amasser des fonds dans le but de supporter les étudiants et étudiantes qui furent victimes de la grève. Petit à petit, elle a élargi son action à la défense des droits des étudiants et étudiantes et supporte aujourd’hui plusieurs recours », comme l’indique son site Web.

Une Fondation qui prétend défendre le droit à l’éducation, mais seulement en temps de grève, car son appui aux hausses de frais de scolarité contribue, le restant du temps, à le limiter…

Une Fondation apparemment « non-partisane », même si au moins deux de ses cinq fondateurs dits « associés » sont liés à la droite conservatrice de Harper et des radios de Québec.

On se croirait au Wal-Mart des contradictions.

Leur site Web fait aussi de la publicité en plaçant des hyperliens publicitaires, en anglais, en plein milieu de ses communiqués! Bah, j’imagine que ce doit être normal et crédible de mettre de la pub dans des communiqués pour des carrés verts, qui croient au bienfondé de la marchandisation de l’éducation.

« Actuellement, les étudiants sont pris au piège avec des associations étudiantes activistes qui [online casino] ont pour objectif de défendre des causes politiques auxquelles la majorité d’entre eux ne croient pas. Ces associations étudiantes ont une pensée idéologique unique où toutes les opinions ne sont pas les bienvenues », peut-on y lire.

On imagine que la défense du gambling fait partie des causes apparemment louables appuyées par la Fondation 1625.

Un autre communiqué parle du soutien financier apporté à la Fondation par le prétendu défenseur de la liberté d’association qu’est le carré vert médiatique Éric Duhaime. Oui, le même individualiste anti-syndicaliste opposé à la formule Rand et à tout concept collectiviste, qui défend le droit d’association… avec soi-même.

L’ironie, dans ce cas-là, est que le communiqué sur Duhaime est coupé par une pub d’un site d’horoscope. Quel signe ? Vierge. Fausse vierge offensée...

Puisque c’est bien de contradictions et de fausses vierges offensées, dont on parle avec la Fondation 1625 et la croisade judiciaire des carrés verts contre Gabriel Nadeau-Dubois et les associations étudiantes, en tant que « victimes de la grève » de 2012.

Car, comment expliquer que les carrés verts étudiants, politiques et médiatiques, ayant appuyé la hausse des frais de scolarité de 83 %, sous prétexte que le gouvernement et les universités manquaient d’argent, puissent trouver cohérents de prolonger la très onéreuse judiciarisation du conflit étudiant, en encourageant les gens à poursuivre des universités et un gouvernement jugés fauchés ?

Combien de carrés verts « victimes de la grève » de 2012 se sont opposés à la réduction des droits de scolarité, dont ils ont profité ? Combien de « victimes » ayant appuyé la hausse des droits de scolarité, par leur refus de faire la grève, ont ensuite envoyé un chèque à la Fondation de leur établissement scolaire pour compenser le manque à gagner découlant du rabais, dont ils tous pu profiter ?

Bel exemple d’opportunisme de fausses vierges offensées, en lien avec la théorie du « Free Rider » de Marcur Olson sur les citoyens qui ne participent pas aux luttes sociales, même s’ils aiment profiter des bienfaits récoltés.

Sans hausse draconienne des frais de scolarité et sans élection provinciale à proximité, les astres du printemps 2015 ne sont évidemment pas aussi bien alignés qu’ils ne l’étaient en 2012 pour procéder à une grande grève étudiante. Encore moins à une grève sociale déclenchée avant même que le mouvement syndical n’ait le temps de se mobiliser.

Ce qui ne signifie pas nécessairement pour autant que les étudiants, les fonctionnaires, les milieux communautaires, la classe moyenne et les écolos n’ont aucune bonne raison de manifester…

|Un objectif : empêcher que la grève ne serve à nouveau de bougie d’allumage à un autre printemps mouvementé
5708|5917|Accueil_Actualités|Un remède à l’austérité : la justice fiscale|2015-03-23 09:01:25|Alexandre Cloutier|

Comme plusieurs d’entre vous, je dis non à l’austérité que tente de nous imposer le gouvernement libéral, mais je dis aussi non à l’endettement des générations futures. Parce qu’il y a une autre solution : travailler sur la colonne des revenus.

Je veux donc diriger un Parti québécois qui se préoccupera constamment de justice sociale, mais dorénavant aussi de justice fiscale. Nos lois fiscales sont aujourd’hui pleines de trous, et ce n’est évidemment pas la classe moyenne, mais les plus fortunés qui en profitent.

C’est pourquoi j’ai récemment proposéune série de mesures qui permettraient de récupérer des milliards $ pour l’État québécois, sans diminuer le pouvoir d’achat de la classe moyenne, sans s’attaquer aux plus vulnérables, aux régions et à notre système d’éducation, sans plomber la relance de notre économie et sans rapetisser le Québec, ici comme à l’international.


DES SOLUTIONS DE RECHANGE

La justice fiscale, c’est de s’assurer que les grandes entreprises et les banques paient leur juste part au trésor public, en rétablissant par exemple la taxe sur le capital des institutions financières ou en instaurant un impôt minimum sur le revenu des grandes sociétés. 

La justice fiscale, c’est d’éliminer ces nombreuses échappatoires fiscales qui profitent exclusivement à certains des individus les plus riches, par exemple le fractionnement du revenu permis par l’entremise des fiducies familiales ou l’incorporation des médecins. Les outils d’épargne que sont le REER et le CELI doivent aussi être balisés raisonnablement, pour éviter d’avantager indûment une petite portion de la population.

La justice fiscale, c’est de protéger nos commerçants québécois contre la concurrence déloyale des entreprises étrangères, en obligeant ces dernières à percevoir la TVQ sur leurs ventes en ligne au Québec.

Enfin, la justice fiscale, c’est de mettre fin au gaspillage de fonds publics, notamment dans les domaines de l’informatique et de l’achat de médicaments, au lieu d’augmenter le fardeau fiscal des citoyens et de saborder le modèle québécois.

|Une série de mesures qui permettraient de récupérer des milliards $ pour l’État québécois
5709|5918|Accueil_Analyses Mouvements_souverainiste|Le OUI et l’immigration : Péladeau, aussi brûlé que Parizeau ?|2015-03-24 08:03:09|Martin Lachapelle|

Même si le rejet du OUI et du PQ par une grande majorité d’immigrants est un fait documenté et bien connu, et même si PKP n’a pas voulu mal faire en parlant de l’urgence bien réelle de réaliser l’indépendance (pour une multitude de bonnes raisons qui n’ont rien à voir avec l’immigration), toute statistique véridique n’est pas bonne à dire en politique.

Surtout lorsque vous représentez un parti déjà injustement accusé de xénophobie. Résultat ? Le PQ et le OUI en ressortent entachés et discrédités par la propension de PKP à s’auto-pelure-de-bananiser.

Mercredi le 18 mars dernier, dans un débat pour la chefferie du Parti québécois, le candidat Pierre Karl Péladeau a créé un profond malaise au sein du parti et du mouvement indépendantiste par sa maladroite sortie sur l’urgence de réaliser l’indépendance du Québec en raison de l’immigration.

« Nous-là, on n'aura pas 25 ans devant nous pour le réaliser. Avec la démographie, avec l'immigration, c'est certain qu'on perd un comté à chaque année. »

Règle élémentaire # 1 pour un politicien indépendantiste et surtout du PQ (depuis la stigmatisation de Jacques Parizeau et le débat sur la Charte) : ne JAMAIS parler du « Nous » ni de l’urgence ou des obstacles à l’indépendance en faisant une quelconque allusion que ce soit à l’immigration.

Une règle tellement élémentaire qu’on s’étonne que PKP, pourtant appuyé par une armée de conseillers, ait pu la transgresser.

À la grande joie des libéraux, qui n’allaient pas manquer une si belle occasion d’accuser encore le PQ et le OUI de « nationalisme ethnique » en trainant ainsi dans la boue tout le mouvement indépendantiste.


Diabolisation du OUI et du PQ, prise 4509, action!

Tel que rapporté dans un article de La Presse publié le lendemain de la sortie de PKP intitulé « Péladeau sur l’immigration : dérive vers le nationalisme ethnique selon Couillard » :

« On a l'impression au PQ qu'on s'amuse à aller en France et à importer les problèmes et les solutions… Et là, on importe le Front national », a déclaré le ministre de la Santé Barrette, en ajoutant que le PQ montrerait « son vrai visage : un parti sectaire ».

Pour ceux que ça intéresse, « sectaire » est un adjectif dont la définition du Larousse est :

« Se dit de quelqu’un qui, par intolérance ou étroitesse d’esprit, se refuse à admettre les opinions différentes de celles qu’il professe. »

Intéressant, non ? Car faut quand même avouer que, en matière de sectarisme, le tellement tolérant et surtout pas sectaire ni dictatorial Gaétan Barrette sait de quoi il parle.

Autre belle leçon non pas de tolérance, mais bien de projection que celle servie par le ministre libéral Jean-Marc Fournier :

« Cet irrespect de ceux qui ne partagent pas leur point de vue me semble être une atteinte à la démocratie. »

« Une atteinte à la démocratie » ? Oui, Jean-Marc, c’est vrai que les carrés rouges du Printemps érable de 2012, comme le tellement « radical » Fred Pellerin, qui furent associés à la violence, au chaos et à l’anarchie par les libéraux, ont pu constater à quel point le Parti libéral et sa loi matraque anti-manif ont respecté la démocratie et ceux qui ne pensent pas comme lui.

Ben oui… Et sur la question nationale, on avait juste oublié à quel point l’argumentaire du camp du NON repose sur du positif. C’est-à-dire les prétendus avantages à demeurer un peuple infantilisé de locataires dans le Canada et non de propriétaires du Québec, même si Jean Charest a déjà avoué que les Québécois ont les moyens économiques d’être souverains…

Il ne viendrait surtout pas à l’idée des libéraux provinciaux ou fédéraux de faire de la politique négative avec un discours basé sur la peur, le chantage économique et la diabolisation sans cesse du OUI… Ni de mettre de la pression sur les immigrants pour les inciter à voter NON, ou de violer les règles démocratiques sur le financement électoral ou le nombre de personnes admissibles à voter.

Ben non, voyons. Les libéraux ne porteraient jamais « atteinte à la démocratie ».


La tolérance libérale et fédéraliste envers les immigrants indépendantistes 

«Quand j'ai été élu au Bloc québécois, souvenez-vous, le soir de l'élection, c'est un fédéraliste qui m'a traité de nègre!», a déclaré le Camerounais d’origine et péquiste Maka Kotto, que Philippe Couillard semble confondre avec Marc alias « Maca » Coteau.

Un Québécois intolérant « pure laine » et fictif vivant dans la tête du premier ministre allergique à l’intolérance (sauf en Arabie saoudite), qui a affirmé, après la sortie de PKP, que le PQ laïque et indépendantiste dérive vers un « nationalisme ethnique » depuis la Charte.

On aurait aussi pu ajouter le cas d’Oswaldo Nuñez, ex-député bloquiste, né au Chili, qu’un député libéral devenu maire de Montréal a déjà souhaité déporter…http://www.ledevoir.com/politique/montreal/390373/denis-coderre-le-respect-des-adversaires-et-le-souvenir-de-1993


Josée Legault : « Le stigmate »

Peu importe si le rejet massif du OUI et du PQ par certaines communautés culturelles est un fait connu remontant bien avant la déclaration de Jacques Parizeau.

Peu importe si l’appui massif des allophones (et anglophones) pour le Parti libéral et donc le NON s’élevait encore à au moins 70 %, selon un sondage Crop publié dans La Presse en juillet 2012.

Peu importe si un Camerounais d’origine devenu Québécois et indépendantiste confirme que PKP a raison en disant que l’immigration ne joue pas en faveur d’une adhésion des nouveaux arrivants au camp du OUI.

Et peu importe si le camp fédéraliste n’a aucune leçon de tolérance à donner aux indépendantistes.

PKP a commis « une erreur politique majeure » de faire allusion à l’immigration comme obstacle au OUI, comme le soulignait Josée Legault.

Parce que le contrôle de la propagande manichéenne des médias par le NON a depuis longtemps attribué au OUI le rôle du « méchant ».

Et les immigrants québécois ne seront jamais à blâmer de voter NON, car ils ne connaissent souvent pas notre histoire et font face à une dualité inégale d’intégration avec une seule citoyenneté accordée : la « canadian ».

Même si le faible appui des immigrants pour l’indépendance est un obstacle structurel bien réel, comme plusieurs autres, ce n’est pas en ouvrant la porte à des accusations de xénophobie que l’on parviendra à les convaincre des avantages du OUI.

Le pire dans tout ça est que PKP, « le stigmatisé », n’a pas voulu mal faire.

La politique, par ses règles hypocrites non-écrites, est cruelle et demande énormément de sagesse de la part des élus lorsque ces derniers s’expriment dans l’espace publique. Tous n’ont pas cette capacité de se tourner la langue au moins 7 fois avant de parler.

Ce « monitorage de soi », selon une théorie de psychologie sociale de Gangestad et Snyder (2000), n’est pas maîtrisé par tous. PKP, un gars fougueux et émotif aspirant à gouverner le PQ, par sa propension à s’auto-pelure-de-bananiser plus souvent qu’à son tour, en est visiblement dépourvu.

« D’ici l’élection de 2018, qui pâtira le plus de l’impact de cette tempête: PKP, le PQ ou les deux... », se demande Josée Legault.

Bonne question.

En attendant, les libéraux tournent déjà les prochaines pubs pour l’élection de 2018. Et devinez qui a remplacé Jacques Parizeau dans le rôle de l’épouvantail préféré des libéraux ?

PKP pourra toutefois continuer à travailler concrètement à la cause du OUI en faisant enfin contrepoids à la « propagande fédérale » qu’il a présentée avec raison comme un obstacle important, le jour où il retournera dans ses quartiers.

Puisque les anciens politiciens ont visiblement le droit de posséder des médias depuis la « vente » approuvée des journaux régionaux de Gesca…

|La proposition Godbout remplace l’impôt sur le revenu par un système d’utilisateur-payeur plus complexe
5711|5920|Accueil_Analyses Mouvements_syndical|Bordel informatique : le SPGQ n’est pas le problème|2015-03-25 08:05:55|Richard Perron|

L’auteur est président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec

M. Cyrille Béraud, président de Savoir-faire Linux, affirme dans un texte d’opinion que le Syndicat de professionnelles et de professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) est, en grande partie, responsable du fiasco entourant le secteur informatique au sein du gouvernement. Selon lui, le SPGQ est réfractaire aux changements. Il soutient que les syndicats sont contre la mise en place de logiciels libres au sein de l’administration publique. Clairement M. Béraud parle à travers son chapeau.

Oui, le SPGQ demande la tenue d’une enquête publique dans le secteur des technologies de l’information. Appuyé par les autres grands syndicats québécois, le SPGQ estime que les retards, les échecs, les nombreux dépassements de coûts à la suite de l’attribution de contrats à des firmes externes par le gouvernement doivent cesser. Ces contrats doivent être rendus publics afin que l’argent des contribuables cesse d’être dépensé de façon honteuse.

Affirmer que les syndiqués sont réfractaires aux changements, que ce bordel informatique est en partie de leur faute et que l’utilisation du logiciel libre leur fait craindre le pire relève de la pure fabulation.

La preuve : en 2010 et 2013, des professionnels du gouvernement, membres du SPGQ, ont mis sur pieds des logiciels efficaces qui ont permis l’intégration de différentes banques de données pour ainsi faciliter le travail des employés du ministère de la Sécurité publique. Comment ces professionnels ont-ils réussi leur coup? En utilisant des logiciels libres. Nombreux sont les défenseurs du logiciel libre au sein du gouvernement. Des syndiqués réfractaires aux changements vous disiez M. Béraud?

De plus, les membres du SPGQ réclament davantage de formation pour pouvoir utiliser ces fameux logiciels libres. Formations qui, faut-il le rappeler, sont appelées à être de moins en moins nombreuses avec les différentes coupes effectuées par le gouvernement en place. Alors, d’affirmer que nos membres craignent d’être dépassés par les technologies est complètement faux. Le SPGQ est tout à fait d’accord pour que les logiciels libres soient considérés lors d’appels d’offres.

Rappelons cependant que les apôtres du logiciel libre et ses pourfendeurs sont partout, tant dans la fonction publique que dans le secteur privé. L’argent des contribuables doit être dépensé de façon responsable. Le logiciel libre est-il la seule et unique solution? Peut-être, qui sait? Mais qui peut affirmer que le logiciel libre est LA SEULE solution au dépassement de coût? Qui peut affirmer qu’avec le logiciel libre disparaîtront la collusion et la corruption? Pour l’instant, personne ne fournit ces réponses. Clairement, avec sa sortie, Cyrille Béraud semble vouloir se positionner afin de  décrocher d’alléchants contrats du gouvernement.

Avant de prendre position dans ce dossier, le gouvernement se doit, selon nous, de mieux connaître la situation réelle dans laquelle se trouvent les technologies de l’information au sein de son organisation. Pour ce faire, il faut poser des questions, comprendre l’état de la situation. Quoi de mieux qu’une enquête en la matière?  

M. Béraud affirme que le SPGQ et les membres du collectif réclamant une enquête croient qu’une telle enquête dans le bordel informatique sera la mère de tous les maux. Jamais le collectif n’a affirmé une telle chose. Cependant, si le SPGQ demande une commission d’enquête, c’est justement pour faire la lumière sur des pratiques qui, disons-le, mériteraient d’être dévoilées au grand jour. L’arrestation d’un des dirigeants de la firme EBR, d’employés d’IBM et de fonctionnaires ces dernières semaines en sont la preuve!

La sous-traitance à outrance mène à la corruption et la collusion. Voilà ce que les syndicats veulent voir disparaître. La commission d’enquête sur l’informatique serait donc le point de départ de ces changements majeurs qui sont essentiels dans le domaine des technologies de l’information au sein de l’appareil public.

M. Béraud affirme aussi que l’industrie des TI du Québec a besoin d’un véritable électrochoc. Le SPGQ pense exactement la même chose. Mais pour se faire, tous doivent travailler en ce sens. Cela implique le gouvernement, les employés syndiqués et l’entreprise privée. Bref, il faut travailler en équipe. Visiblement, l’esprit d’équipe n’est pas l’affaire de tous.

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