Budget 2015 et recherche publique

2015/04/24 | Par FQPPU

« À l’aube de l’annonce des prochaines élections fédérales, le bilan scientifique du gouvernement conservateur est peu reluisant », affirme Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). On ne peut passer sous silence le bâillonnement de scientifiques, l’abolition du formulaire long du recensement, la fermeture de centres de recherche et de bibliothèques, le détournement du financement de la recherche universitaire à l’avantage des entreprises, etc. Sans surprise, le budget présenté par le ministre Oliver s’inscrit dans une même logique : la science soumise aux impératifs du marché.
 
« La recherche fondamentale est presque totalement délaissée par le gouvernement actuel, qui mise toutes ses billes sur la recherche appliquée et commercialisable. » Bien que les trois organismes subventionnaires fédéraux (CRSH, CRSNG et IRSC) pourront se répartir un financement permanent supplémentaire de 37 millions $ par année, ces fonds sont essentiellement dédiés à la recherche partenariale ou « menée par l’industrie ». Ces trois organismes ont pourtant vu leurs budgets diminuer proportionnellement depuis 2007, ce qui fait qu’en plus d’être affectées à des programmes orientés politiquement, ces sommes doivent être considérées comme du rattrapage.
 
Quant à lui, le controversé programme Apogée, qui vise les mêmes objectifs économiques, bénéficie cette année d’un financement de 950 millions $. À son annonce l’an passé, ce programme a soulevé l’ire de la communauté scientifique canadienne, qui craignait de voir une fois de plus le financement de la recherche instrumentalisé par les Conservateurs. Notons que deux sous-ministres siègent actuellement sur le comité directeur d’Apogée et que la constitution du comité de sélection se fait toujours attendre. La FQPPU tient à réitérer que l’attribution des subventions de recherche commande une évaluation indépendante par les pairs.
 
Rappelons aussi que le Centre national de recherche du Canada (CNRC), qui jadis éclairait les décideurs par des avis scientifiques indépendants, est devenu, en 2012, un centre de service pour stimuler la R-D des entreprises. Cette nouvelle mission est réaffirmée par un engagement de 119,2 millions $ sur deux ans à partir de 2015-2016.
 
En repoussant les investissements en recherche aux années subséquentes, le gouvernement engage son éventuel successeur à suivre le plan qu’il a élaboré pour démanteler la recherche publique et la réduire à un instrument au service du secteur privé.
 
Depuis 1991, la FQPPU représente les professeures et professeurs des universités québécoises sur la scène nationale et internationale.

(Publicité)