Pourquoi je vote pour le Bloc

2015/10/05 | Par Paul de Bellefeuille

L’abandon en politique est la pire des politiques. Être tenté par un rivage étranger, aussi vert ou orange soit-il, est la certitude d’une amère déception. Les quatre années passées avec le NPD dans l’opposition ont prouvé l’incapacité d’un parti fédéraliste à bien représenter les intérêts du Québec. Et ça les Québécois et les Québécoises l’ont compris.

L’affaire du niqab le démontre indubitablement. Statistiquement, ce phénomène est certes marginal. Symboliquement, il est un puissant marqueur des valeurs québécoises. Et c’est en cela que ce bout de tissu s’accroche aux souliers du NPD comme le sparadrap aux doigts du capitaine Haddock.

Ce voile sur la figure d’une femme entre en totale contradiction et opposition avec la valeur de liberté chère aux Québécois, mais surtout aux Québécoises. L’opposition de 93% des Québécois et Québécoises, selon les sondages, au port du niqab est l’expression de cette valeur de liberté, mais aussi de celle de l’égalité homme, femme.

L’adoption par l’Assemblée nationale, à l’unanimité, d’une motion contre l’islamophobie en est une aussi contre le port du niqab, bien que la motion n’en fasse pas mention. Tous les représentants et représentantes des partis politiques à l’Assemblée nationale ont exprimé leur profond malaise devant ce voile qui obscurcit le visage d’une femme et qui est symbole d’obscurantisme.

Un nouvel enjeu s’annonce dans cette longue campagne électorale : la gestion de l’offre, modèle qui a fait ses preuves et qui est plus qu’un simple modèle de gestion, mais un trait important de notre culture économique dans le secteur de l’agriculture au Québec.

Le Bloc a rapidement saisi cet enjeu dans la négociation du Traité transpacifique. Le NPD, en pleine dégringolade dans les sondages, a compris, un peu tard tout de même, que cela pourrait lui servir de bouée de sauvetage et lui permettre de reléguer aux oubliettes le voile qui lui colle à la peau et ainsi regagner une partie du terrain perdu.

Reste à voir si cette nouvelle conversion du NPD réussira à nous distraire du retour du Bloc dans le cœur des Québécois et Québécoises qui aspirent à se donner un pays bien à eux.

Cela soulève la question de la pertinence du Bloc à Ottawa. Plusieurs commentateurs prophétisaient sa lente agonie et annonçaient sa mort. Les récents sondages démontrent au contraire qu’il ressuscite de ses cendres pas très chaudes, il faut bien le dire, mais encore tièdes.

La question de sa pertinence sera toujours à l’ordre du jour. Le Bloc, jongleur impénitent sur son fil de fer, tient en équilibre précaire. Il doit constamment faire la preuve de sa pertinence dans un pays qui voudrait bien couper la tête de cette hydre qui a la fâcheuse habitude de repousser.

Curieusement, la présence du Bloc au fédéral, un parti voué, entre autres, à la création du pays du Québec peut nous sembler absolument contradictoire. Mais, au contraire, ce qui serait contradictoire, ce serait de ne pas continuer, contre de forts vents contraires, il faut bien se l’avouer, d’affirmer notre culture et notre identité et d’apprendre au cœur même d’un autre pays ce que c’est que de se conduire en pays souverain.

Le Bloc a réussi à renaître grâce au travail acharné, sur le terrain, de Mario Beaulieu. Il a su remettre la question de l’Indépendance du Québec à l’ordre du jour politique. Il faut lui en être reconnaissant.

Ce parti est dorénavant rajeuni et une nouvelle équipe reprend le flambeau guidée par un chef expérimenté. Nous avons collectivement intérêt de déléguer au Fédéral une forte représentation de députés qui ont à cœur nos intérêts. Les partis politiques fédéralistes ont toujours le cœur qui balance et celui-ci s’accroche résolument à la raison du plus fort.

Cette élection annonce, si la tendance des sondages se maintient, un gouvernement minoritaire. Dans ce contexte, voter pour le Bloc pourrait assurer au Québec la balance du pouvoir et donc bien servir nos intérêts.

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