Trudeau arnaque les étudiants

2016/11/01 | Par Gabriel Ste-Marie et Rhéal Fortin

À la veille de la mise à jour économique du gouvernement Trudeau, le porte-parole du Bloc Québécois en finances, Gabriel Ste-Marie, et le chef intérimaire du parti, Rhéal Fortin, font des transferts fédéraux leur priorité.

« Le directeur parlementaire du budget a démontré que le gouvernement exagère volontairement son déficit. Il s’est trompé de sept milliards cette année seulement. C’est donc dire que la joute qu’a initiée Ottawa contre Québec autour des transferts en santé, ce n’est pas une question d’argent. C’est un “power trip” dans lequel Ottawa utilise comme pions les malades du Québec. Nous dénonçons cette manière de faire de la politique », a déclaré M. Ste-Marie.

Le Bloc Québécois demande le rétablissement de la hausse des transferts en santé à 6 % et sans condition, comme l’exige l’Assemblée nationale à l’unanimité. Puisqu’Ottawa n’a pas mis un nouveau sou en éducation depuis les années 90, le Bloc demande aussi l’augmentation annuelle de 6 % du transfert pour l’éducation postsecondaire et les programmes sociaux. Sept ans suffiraient pour rétablir la part du fédéral dans le financement de l’éducation à son niveau de 1995. Par ailleurs, en épluchant les investissements en éducation, le porte-parole bloquiste en finances a constaté qu’Ottawa arnaque les étudiants.

« Trudeau se vante d’avoir transféré 80 millions pour l’aide financière aux étudiants, mais du même geste, il a aboli presque 200 millions en crédit d’impôt. Les étudiants se retrouvent avec 120 millions en moins dans leurs poches. Ici, Trudeau ne pourra pas se cacher derrière ses ministres : c’est lui, le ministre de la Jeunesse. C’est son entière responsabilité et il devra rendre des comptes », a averti M. Ste-Marie.

En effet, le gouvernement fédéral a transféré à Québec une somme de 80 millions $ dans le cadre d’un programme d’aide financière aux étudiants. En même temps, il a aboli le crédit d’impôt pour frais d’études, par lequel les étudiants pouvaient déduire 400 $ par mois. Au Québec, cela représente une coupe de 199 millions $ et une perte nette de 119 millions $ pour les étudiants. Les Québécoises et les Québécois seront les plus touchés par cette mesure en raison des deux années supplémentaires d’éducation postsecondaire que représentent les cégeps.

« La hausse de 6 % du transfert en éducation que nous demandons correspond cette année aux 120 millions qui sont fauchés aux étudiants, a fait remarquer Gabriel Ste-Marie. Justin Trudeau vit dans un univers parallèle s’il pense s’en tirer si facilement en coupant 120 millions aux étudiants. »

« Bien évidemment, ce ne sont pas là nos seules attentes, a précisé le chef bloquiste Rhéal Fortin. Nous continuerons de talonner le gouvernement pour qu’il vienne en aide à Bombardier. Le fédéral devra aussi tenir sa promesse de pleinement indemniser nos producteurs laitiers et fromagers pour les pertes qu’entraînera l’accord de libre-échange avec l’Europe. Nous serons de toutes les batailles qui concernent les Québécoises et les Québécois. Mais nous devons nous préoccuper de l’effritement constant de l’autonomie financière du Québec causé par le désinvestissement du fédéral dans ses transferts. »

Photo : samuraitop / 123RF Banque d'images

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