Des briseurs de grève à l’Hôtel des Gouverneurs

2017/04/06 | Par Richard Lahaie

Le 20 mars dernier, le Tribunal administratif du travail (TAT) a donné raison au Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’Hôtel des Gouverneurs Place Dupuis (STTHGPD). Le syndicat accusait l’employeur d’utiliser des briseurs de grève dans le lock-out qui a débuté deux semaines avant Noël.

Rappelons brièvement l’historique de ce conflit. Le syndicat et l’employeur ont entrepris, en mai 2016, les négociations pour le renouvellement de la convention collective. Mais l’attitude de l’employeur a poussé le syndicat à demander la conciliation. L’employeur refuse d’accorder les mêmes conditions de travail qui ont été obtenues aux autres tables de négociation, lors de la négociation coordonnée de l’hôtellerie.

Le 7 décembre, l’employeur a déposé une offre qu’il a qualifiée de finale. « Les pourparlers piétinaient. L’employeur a même retiré son engagement relativement à certains éléments normatifs sur lesquels les parties s’étaient pourtant entendues, lors des discussions à la table de négociation », de raconter Yvon Therrien, président du STTHGPD.

Une semaine plus tard, le 14 décembre, sans avertissement, l’employeur impose un lock-out et fait expulser les travailleurs syndiqués par des agents de sécurité. Depuis, les 23 cadres de l’hôtel font le service aux chambres, l’entretien général et la réception. Les lockoutés font du piquetage 7 jours par semaine, beau temps et mauvais temps.

« On soupçonnait depuis le début du lock-out que l’employeur utiliserait des briseurs de grève. L’hôtel des Gouverneurs de la Place Dupuis est composé de 352 chambres. Les cadres, peu nombreux, ne peuvent accomplir le travail effectué par la centaine d’employés syndiqués de l’hôtel », de préciser Yvon Therrien.

Le Code du travail stipule que « seuls les cadres de l’établissement où se situe l’unité de négociation visée par la grève ou le lock-out peuvent remplir les fonctions des salariés en conflit, à la condition supplémentaire qu’ils aient été embauchés avant la date qui marque le début des négociations ».

« On a demandé une enquête pour clarifier nos doutes. Le juge du TAT a identifié six personnes qui ont été engagées pour faire le travail des employés en lock-out. Ces six personnes se sont vu interdire le droit de continuer à travailler dans l’hôtel », d’ajouter Yvon Therrien.

« Puisque la direction de l’hôtel a perdu cette équipe volante (les 6 briseurs de grève), le jeu du chat et de la souris a pris fin. La décision du TAT a incité l’employeur a accepté de rencontrer le syndicat pour deux journées de négociation, les 4 et 5 avril », s’est réjoui monsieur Therrien.

Le président du STTHGPD rappelle que « les grands événements du 375e anniversaire de Montréal, la période des vacances estivales et le Grand prix de formule 1 arrivent à grands pas. Lors du Grand prix, le prix des chambres peut passer de 130$ à 260$ la nuit. Si le lock-out se poursuit durant cette période, l’employeur risque de subir de grandes pertes ».

Le STTHGPD est affilié à la Fédération du commerce de la CSN (FC-CSN) et compte environ 100 membres.

 

Photo : CSN

(Publicité)