Des briseurs de grève chez Multi-Marques

2017/04/27 | Par Richard Lahaie

Le 25 avril dernier, les lock-outés de la boulangerie Multi-Marques de Laval, propriété de Canada Bread, ont manifesté devant l’usine Multi-Marques de Cornwall. L’entreprise contrevient au Code du travail du Québec en confiant une part de sa distribution à des briseurs de grève dans l’usine de Laval qui font le travail des 120 syndiqués mis en lock-out le 1er avril 2017.

La convention collective des travailleurs de la distribution de Multi-Marques à Laval est échue depuis le 22 septembre 2016. Après 23 séances de négociation, l’employeur a avisé que les employés étaient mis en lock-out.

L’aut’journal a rencontré Pascal René De Cotret, le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de distribution Multi-Marques, affilié à la Fédération du commerce (FC-CSN). Celui-ci explique « que les négociations se déroulaient relativement bien jusqu’au moment du lock-out ».

Le 4 avril, Multi-Marques congédiait plusieurs salariés, dont des officiers du syndicat membres du comité de négociation. Le syndicat a fait une demande de conciliation auprès du ministère du Travail pour relancer les négociations avec l’employeur.

« La plupart des points en litige ont été réglés au cours des quatre séances de conciliation qui se sont tenues au ministère du Travail au cours des deux dernières semaines. Il reste à nous entendre sur un protocole de retour au travail que la compagnie refuse de régler », de déclarer le président du syndicat.

 

« Un nid de scabs »

« Nous allons faire une virée à Cornwall, où près de 70% de la production a été transférée. Par la suite, la production est acheminée aux clients à partir de Cornwall. On a un employeur qui contourne les lois québécoises », de s’indigner monsieur René De Cotret.

Le rapport d’un enquêteur du ministère du Travail, émis le 18 avril, montre que onze personnes ont exécuté ou exécutent encore le travail accompli par les syndiqués en lock-out dans l’usine de Laval. Le 24 avril dernier, l’employeur a été reconnu coupable, par le Tribunal administratif du travail, d’avoir utilisé des briseurs de grève. L’employeur a fini par avouer qu’elle avait eu recours à des briseurs de grève.

« Les distributeurs indépendants nous appuient. Cette situation a un impact sur la qualité et la quantité qu’ils reçoivent. Ils réceptionnent environ 50% de moins de leur commande initiale pour leurs clients », d’ajouter Pascal René De Cotret.

 

Le régime de pension

De plus, Canada Bread doit, depuis 15 ans, au fonds de retraite des employés un montant évalué entre 2 et 4 millions de dollars. « Parmi les retraités, il y en a quelques-uns qui sont décédés sans avoir vu la couleur d’un seul dollar de cette somme. L’employeur doit de l’argent à leur veuve. Jumelé au lock-out, cette situation n’a pas créé une bonne ambiance lors des négociations », d’expliquer le président du syndicat.

Multi-Marques produit les pains de marques Pom, Bon matin et Villagio.

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