Bilan de 1re session transparlementaire de Martine Ouellet

2017/06/19 | Par Martine Ouellet

Avec la première  session transparlementaire qui se termine aujourd’hui, la députée de Vachon et chef du Bloc Québécois, Martine Ouellet a présenté un bilan qui met en lumière la pertinence d’agir aux deux paliers de gouvernements.

«Le transparlementarisme, c’est ce qui se rapproche le plus de l’indépendance! C’est également ce qu’il y a de plus logique : chaque année, le Québec envoie 50 milliards à Ottawa. Il faut s’occuper de nos affaires », a lancé madame Ouellet. « Il y a dans cette façon de travailler des avantages  majeurs pour le Québec, car travailler sur l’ensemble des dossiers, peu importe le niveau de la compétence exercée, permet de mieux agir en matière d’environnement, d’économie, de culture, etc.  Le travail en silo est inefficace, voire nuisible.  Bien entendu, on constate vite les limites de ce que le Québec peut accomplir avec son statut de province qui le met en position de quémandage constant.  C’est surréel, Québec doit quêter son argent – 50 milliards! - que ses propres citoyens ont envoyé au Canada! Et même lorsque ce sont deux partis libéraux qui sont au pouvoir, le Québec doit quémander  sa juste part et se fait plus souvent qu’autrement dire non… Pensons à la Banque d’infrastructures, aux transferts en santé, au CRTC, à la demande de report de la légalisation de la marijuana, etc.».

 

L’éternel retour de la crise constitutionnelle

Le 1er  juin dernier, celui que Martine Ouellet qualifie «du  plus fédéraliste des  premiers ministres du Québec» a déposé, contre toute attente, un plan qui vise la signature de la Constitution canadienne par le Québec.  

 «Après la Banque d’infrastructure, les transferts en santé, la marijuana, une gifle de plus pour le gouvernement de Philippe Couillard de la part d’Ottawa : le ‘’non’’ péremptoire et spontané lancé par Justin Trudeau avant même d’avoir lu le document. Cette fin de non-recevoir est l’illustration parfaite que, pour mettre fin aux disputes constitutionnelles, la seule solution, c’est l’indépendance. Depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, jamais un premier ministre québécois, même libéral, n’a envisagé de signer ce coup tordu.  Les deux tentatives d’accord, Meech et Charlottetown, se sont soldées par des échecs retentissants. Le référendum de Charlottetown est particulièrement révélateur, le Canada trouvant que le Québec en voulait trop et le Québec considérant qu’il n’obtenait pas assez. Deux visions irréconciliables. Philippe Couillard devra quémander pour être entendu.» a poursuivi la députée.

 

L’ALÉNA, les incontournables pour le Québec

Le dossier de l’ALÉNA refait surface et Martine Ouellet a pu constater que le gouvernement de Philippe Couillard n’est prêt à se battre pour protéger les intérêts des Québécois.

« Du côté de l’ALÉNA, j’ai eu l’occasion de présenter les 10 demandes incontournables que le gouvernement Couillard devrait exiger qu’Ottawa mette de l’avant dans la renégociation de l’ALÉNA, en particulier la gestion de l’œuvre et la question du bois d’œuvre. Afin de protéger nos producteurs laitiers, j’ai réussi à faire adopter à l’unanimité par l’Assemblée nationale une motion enjoignant le gouvernement canadien à stipuler que la gestion de l’offre est non-négociable», rappelle-t-elle.

«Étant encore qu’une province et donc, dans l’impossibilité de négocier nos propres traités en fonction de nos intérêts et en respect de nos priorités, nous devons au moins être clairs dans nos positions!  Mais le gouvernement préfère attendre et voir ce que son conseiller spécial lui dira. Pendant ce temps, les négociations officieuses ont d’ores et déjà commencé et le gouvernement du Québec n’a rien exigé. Peut-être que Philippe Couillard a peur de revendiquer, de crainte de se faire encore dire non?»

 

Énergie Est, une étude alarmante

Dans le dossier du pipeline de pétrole Énergie Est, Martine Ouellet a déposé l’étude du chercheur Guy Coderre en soutien à une question interpellant le ministre Heurtel sur les dangers de ce projet.

« Cette étude est importante et éloquente quant aux risques majeurs pour la santé et pour l’environnement advenant un bris du pipeline, comme ce qui s’est produit en Saskatchewan en 2016. Le bris de pipeline de pétrole, survenu à 300 mètres d’une rivière, a causé une vive pollution de l’eau sur une distance de 500 km, soit l’équivalent de la distance entre Montréal et Rimouski. On savait déjà qu’un déversement provenant du pipeline de pétrole Énergie Est provoquerait un désastre environnemental important, puisque celui-ci traverserait plus de 800 de nos rivières et plusieurs de nos terres agricoles et forestières », a rappelé Martine Ouellet.  « Maintenant, on apprend que les conséquences d’un bris de ce pipeline ardemment promu par les fédéralistes seraient une catastrophe pour les 4 millions d’habitants du Grand Montréal qui s’approvisionnent en eau potable dans le fleuve Saint-Laurent.  Malheureusement, le gouvernement Couillard semble bien décidé à laisser Ottawa forcer son pipeline sur notre territoire, et ce, malgré une désapprobation massive, tant du côté de la population que des municipalités. En devenant un pays, le Québec pourra prendre ses propres décisions et refuser Énergie Est»

 

Chalk River : une approche passive à haut risque radioactif.

Le dossier du projet de dépotoir de Chalk River a d’abord été amené par madame Ouellet lors de l’étude des crédits. Elle fut d’ailleurs la première parlementaire à sonner l’alarme du projet de dépotoir de déchets nucléaires que Laboratoires Canadiens Nucléaires entend créer dans un marécage, à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais. Un dépotoir qui inclurait 1 million de mètres cubes de déchets, s’étendrait sur 16 hectares et serait actif jusqu’en 2070. Par la suite, le site devra être surveillé pendant des siècles. Le promoteur lui-même parle d’une période allant jusqu’en 2400», explique Martine Ouellet.  Réponse de David Heurtel, ministre de l’Environnement : on prépare un plan d’urgence en cas de catastrophe nucléaire…  Avant de se préparer à toute catastrophe, il faudrait plutôt éviter la catastrophe, non?», a-t-elle lancé.

«Il est inconcevable que l’on puisse penser prendre un tel risque avec l’eau potable et  la santé de millions de Québécois.  Le site choisi par le promoteur est inacceptable et ne devrait même pas être envisagé. En effet, à moins d’un kilomètre de la rivière Outaouais, les dangers de contamination radioactive de la rivière des Outaouais, particulièrement compte tenu des inondations de plus en plus fréquentes, sont grands.   Le Québec doit s’y opposer de toutes ses forces. Le PLQ ne doit pas se résoudre, encore une fois, à plier devant les désirs d’Ottawa!»

 

Légalisation de la marijuana : Québec regarde passer les milliards

Finalement, le dossier de la légalisation de la marijuana a permis à Martine Ouellet de faire la démonstration, une fois de plus, de l’inertie du gouvernement Couillard face à une décision d’Ottawa qui vise manifestement à privilégier les producteurs ontariens… et libéraux.

« Ce gouvernement qui a coupé à gauche et à droite et qui a causé des torts énormes en santé et en éducation tourne le dos à une nouvelle source de revenus pour l’État. En effet, la légalisation de la marijuana – que l’on soit d’accord ou non – créera un nouveau marché qui se développera de manière importante et qui est estimé entre 1,3 et 10 milliards de dollars annuellement, ce qui est plausible si l’on compare seulement au marché de l’alcool qui avoisine les 6 milliards par année.  Si le Québec revendiquait la production, le Québec pourrait bénéficier de milliards de nouveau revenu.

Pire, Philippe Couillard renonce même à des centaines millions de revenus en confiant la distribution du produit au secteur privé.  Pourtant, un rapport de l’IRIS met de l’avant que c’est 200 millions de dollars de plus pour la première année et jusqu’à  450 millions de dollars la dixième année qui tomberaient dans les coffres de l’État  si la distribution était confiée à la SAQ. Un manque de vision incompréhensible. », a-t-elle conclu.

De plus, Martine Ouellet rappelle le dossier des investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec.   Lorsque qu’elle a questionné le PDG Michael Sabia à ce sujet, il a refusé de s’engager à entamer un désinvestissement comme que demandé dans le rapport unanime de l’Assemblée nationale sur les paradis fiscaux  « Pire, il a même refusé de s’engager à ne plus investir dans ces compagnies à l’avenir», dénonce-t-elle.

Soulignons également que Martine Ouellet a voté contre la ratification de l’Accord de libre-échange Canada Europe. « Outre la question des compensations insuffisantes pour les producteurs fromagers du Québec, il y a celle de la clause investisseur contenue dans l’accord», a-t-elle expliqué.

«Cette disposition donne aux multinationales le pouvoir de poursuivre des pays. Ce type de traités avantage les grandes corporations au détriment de pays et des peuples.  Je suis pour le libre-échange, mais un libre échange qui profite au peuple, aux travailleurs et qui respecte la souveraineté des pays», a conclu Martine Ouellet.

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