CPE : Banque de 6 jours de grève

2017/09/20 | Par Richard Lahaie

Depuis le 9 septembre, les travailleuses des centres de la petite enfance (CPE) des régions de l’Estrie, des Laurentides, de Québec-Chaudière-Appalaches, de Lanaudière, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Centre-du-Québec, Montérégie et de Montréal-Laval ont voté massivement en faveur d’une banque de 6 jours de grève à utiliser au moment jugé opportun. Des assemblées sont prévues dans d’autres régions du Québec d’ici le 22 septembre.

Les travailleuses des CPE sont sans contrat de travail depuis le 31 mars 2015. Après une trentaine de rencontres de négociation, seuls les aspects non monétaires ont fait l’objet d’une entente depuis le début des pourparlers en décembre 2016.

Jointe par l’aut’journal, Carole Leroux, présidente du Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal-Laval (STCPEML-CSN), explique que « cette banque de jours de grève permet de mettre de la pression sur le gouvernement pour faire débloquer la négociation. Il n’y a pas de date pour l’utilisation de ces journées de grève. Ça va dépendre de l’attitude des employeurs. La grève ne se ferait pas de gaieté de cœur. Elle entraînerait une perte de salaire pour les éducatrices et des inconvénients aux parents ».

Le syndicat est bien conscient que les employeurs et le gouvernement tenteront de discréditer les travailleuses en les accusant de prendre les parents en otage.

Les travailleuses de CPE sont déterminées à obtenir une convention collective satisfaisante leur garantissant des conditions de travail qui leur permettra d’offrir des services adéquats auprès des enfants.

« Pour ce qui est des demandes salariales, on veut être égal à ce qui se retrouve dans le secteur public. Mais la partie patronale offre moins que ça. De plus, la partie patronale veut exclure de la convention collective les ratios enfants-éducatrices, pour que le ratio ne puisse plus faire l’objet d’un grief. Le ratio est de 8 à 10 enfants ou de 5 poupons, par éducatrice. Pourtant, ces ratios ont été émis par le ministère de la Famille », de souligner Carole Leroux.

Lors des négociations, les demandes des employeurs comportaient des reculs importants, non seulement dans les conditions de travail des salariées, mais aussi pour la qualité des services offerts aux enfants. « Ils veulent instaurer un ratio bâtisse. S’il y a quelqu’un dans le bureau, cette personne compte dans le ratio. Ce qui n’a aucun bon sens », de s’indigner Carole Leroux.

Comme dans le secteur public, le gouvernement libéral utilise plusieurs moyens pour détruire le réseau des CPE. D’abord, après avoir promis de ne pas augmenter les tarifs, il a fait le contraire et a imposé des augmentations extraordinaires dans bien des cas. Les seuls gagnants, ce sont les garderies privées à but lucratif. Bien qu’elles offrent une qualité de services inférieure, ce sont celles que le gouvernement continue de favoriser.

La présidente du STCPEML-CSN ajoute que « les compressions budgétaires de centaines de millions de dollars dans le réseau ont des impacts quotidiens énormes sur la charge de travail et la santé des travailleuses et travailleurs que nous représentons. Ce qui se passe dans les CPE affecte tout le monde. Le gouvernement actuel a choisi d’imposer des reculs dans les services et les conditions de travail pour équilibrer leur budget ».

« La partie patronale souhaiterait retirer le siège réservé aux éducatrices au sein des conseils d’administration des CPE et enlever le droit à la participation aux assemblées générales. De plus, les employeurs veulent repousser l’âge de la retraite d’un an, soit de 60 à 61 ans. Dans la dernière convention collective, on avait droit de prendre, avec des pénalités actuarielles, sa retraite à partir de 60 ans, si on voulait », d’expliquer Carole Leroux.

« Dans la convention collective, il n’y a pas que les éducatrices. On retrouve d’autres corps d’emploi comme les responsables en alimentation, les adjointes administratives, les préposées, les éducatrices spécialisées, les agentes en soutien pédagogique et les secrétaires. C’est pour cette raison que l’on parle de travailleuses en CPE », de conclure madame Leroux.

Le Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal-Laval (CSN) est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ainsi qu’au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

 

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