Principal de collège ou imam de la République

2017/12/19 | Par Richard Lahaie

Bernard Ravet a occupé, pendant quinze ans, le poste de principal de trois collèges des quartiers nord de Marseille. Il y a vu la progression constante de la violence et de l’islam au sein des institutions d’enseignement qu’il a dirigées. Dans son livre intitulé Principal de collège ou imam de la République, il dénonce la montée du pouvoir des imams autoproclamés et l’inaction de son administration.

Pas une semaine ne passe sans que des coups de poing soient échangés dans les couloirs, dans la cour de récréation, parfois même dans les salles de classe. Lorsque l’enseignant a le dos tourné, un élève quitte sa place et balance son poing dans la figure d’un autre. Le tout ne dure que quelques secondes. Des bombes lacrymogènes sont utilisées en classe et l’expression de la haine des catholiques et des juifs est monnaie courante. Certains jeunes enseignants craquent au bout d’une semaine d’enseignement.

« À trois heures du matin, l’alarme se déclenche. Je saute dans mon survêtement et mes baskets. Ils ne quittent jamais une petite chaise placée près de mon lit au cas où il se passerait quelque chose pendant la nuit, ce qui arrive en moyenne tous les quinze jours. J’appelle le commissariat puis gagne l’arrière du bâtiment pour faire entrer les policiers. Les voitures arrivent en dix minutes à peine. Mais les voleurs ont déjà disparu avec les ordinateurs flambant neufs destinés aux élèves. »

À la violence, un autre adversaire est apparu. Dieu!

Trois enseignantes ont été agressées par des élèves, lorsqu’elles rentraient chez elles après le travail. « On passait devant un snack, tranquillement, quand on a été bombardées de canettes de Coca pleines et aux cris de "putes! Salopes"! » Tout simplement parce qu’elles étaient en jupes trop courtes et avaient les bras dénudés. « Certains parents ont lancé, après mon agression : Ça ne serait pas arrivé si vous aviez été voilée ».

Le principal se plaint à la police. La police va patrouiller dans le quartier pendant plus d’une semaine. Les affaires des vendeurs de drogues ont dégringolé. Ceux-ci rencontrent alors Bernard Ravet pour lui demander de faire cesser les surveillances de la police en échange de la promesse que les enseignantes ne seront plus embêtées. Les vendeurs ont poursuivi leurs affaires tranquillement et les enseignantes ont pu rentrer chez elles sans avoir les tripes nouées.

Le principal est étonné que des musulmans pratiquants vendent de la drogue. « Ils m’ont juré qu’ils ne commerçaient qu’avec les Blancs et que c’était leur façon à eux de pratiquer le djihad. De leur tordre le cerveau, de briser leurs défenses, de casser leur société de merde. Ce jour-là, j’ai compris que ces mecs-là étaient en guerre contre vous, nous et moi ».

L’aide aux devoirs était offerte par des associations très proches des imams les plus radicaux, des salafistes, qui sous prétexte de charité, en profitaient pour faire du prosélytisme. Un bon matin, une jeune fille, habillée de noir de la tête aux pieds, voulait entrer dans le collège ainsi habillé. La veille, elle était vêtue de jeans et t-shirt. Pas besoin d’être devin pour savoir qu’elle a été influencée par un imam autoproclamé.

Lors d’un cours sur les droits de l’homme, un élève a pris la parole et déclaré que l’homme et la femme ne sont pas égaux, qu’il est normal de lapider une femme adultère, tout comme de couper la main d’un voleur. Questionné par l’enseignant sur l’origine de cette affirmation, l’élève a répondu que c’est écrit dans le petit livre qu’on lui a donné à la mosquée.

L’obscurantisme est de retour. Des enseignants de sciences de la vie et de la Terre doivent s’opposer à la contestation des thèses de l’évolution de Darwin par des élèves imbibés de sornettes créationnistes portées par des musulmans radicaux.

 

Le droit de cuissage

Lors d’une récréation, une petite Comorienne se confit à la direction de l’école. Son oncle et son cousin l'agressent sexuellement. Convoqué par la direction, l’oncle reconnaît les faits, car il n’y voit pas le problème. « La petite n’est plus vierge. Elle est souillée. Elle est impure ». Dans sa tradition, cela autorise le droit de cuissage, pour lui comme pour son fils.

 

Silence radio au rectorat

Bernard Ravet a mené son travail avec le Conseil général, avec les associations, avec la police. «L’Éducation nationale, je lui envoyais des fax, qu’elle entassait dans je ne sais quelle armoire. Tant qu’elle prévoit le nombre d’heures de cours, d’enseignants ou de surveillants requis par les textes, elle considère qu’elle peut dormir tranquille ».

Bernard Ravet en vient à se poser la question : Pourquoi continuer à se battre dans le cadre du service public pour faire passer les valeurs de la République, quand l’État lui-même déroule le tapis rouge aux religieux? Comment puis-je demander aux enseignants de se montrer exemplaires dans la défense de la laïcité, dans la défense des lois de séparation de l’Église et de l’État quand les politiciens manifestent une complaisance à l’endroit du religieux?

C’est une désillusion que l’auteur a par rapport à son travail. Formé à la pédagogie et l’enseignement, le principal de collège a porté plusieurs chapeaux, soit ceux de commissaire de police (discipline), de directeur d’ONG (élèves de milieux défavorisés) et, face à la montée de la religion islamique, imam de la République.

 

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