In Memoriam

2018/01/23 | Par Pierre Dubuc

« Je suis sûrement la première féministe anglophone originaire de Brooklyn qui collabore à l'aut'journal », avait déclaré Abby Lippman pour saluer sa première chronique dans les pages de notre journal en 2002. C’est avec tristesse que nous avons appris son décès, le 26 décembre dernier, à l’âge de 78 ans.

Professeure au Département d’épidémiologie de l’Université McGill, où elle avait obtenu un doctorat en génétique humaine, elle a mené des recherches sur les technologies médicales dans une perspective féministe, en mettant en garde contre les dérives du capitalisme.

Ce sont ces préoccupations qu’on retrouve dans son premier article paru en juillet 2002 (l’aut’journal, no. 211), portant sur le projet de loi sur la procréation assistée.

« Est-ce qu’il empêchera les pratiques qui nous inquiètent le plus, soit l’utilisation permissive des cellules embryonnaires et les expérimentations de clonage reproductif derrière des portes closes ? Est-ce qu’il interdira l’instrumentalisation du corps des femmes à travers la pratique des mères porteuses et la marchandisation progressive du vivant ? Et, surtout, est-ce qu’il imposera une totale transparence quant à la composition et au fonctionnement de la future agence de réglementation? », écrivait-elle.

Plus loin dans l’article apparaît l’approche qu’elle ne cessera de préconiser dans tous ses articles : « Parler et légiférer sur la procréation assistée hors contexte ne fait que détourner l’attention de ce dont les femmes ont besoin pour leur santé sexuelle et reproductive, soient des endroits sécuritaires pour grandir, vivre, travailler et jouer ».

Nous nous souviendrons d’une femme enjouée, dynamique et fonceuse. Une vraie New-yorkaise québécoise, comme nous les aimons, quoi !

Nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Pierre Dubuc

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