Chrétien, Bombardier et les Francophones hors Québec

2018/10/25 | Par L’aut’journal

Jean Chrétien affirme que c’est le Canada qui a sauvé le français. Dans son livre Mes Histoires (Les Éditions La Presse), il rappelle que son père a vécu à Manchester au New Hampshire et qu’il se serait assimilé aux Américains et aurait parlé anglais s’il y était resté, comme ce fut le cas pour une bonne partie de sa famille.

Et son père de conclure, rapporte Chrétien : « Ici au Canada, disait-il, notre Constitution nous a permis de garder nos écoles. Il nous disait que si nous parlons encore français, c’est parce que nous sommes Canadiens. Si nous avions vécu aux ‘‘États’’, ce ne serait pas le cas. Voilà une des raisons pour lesquelles il était un grand fédéraliste ».

Chose intéressante, le père de Chrétien lui a expliqué que « les Chevaliers de Colomb étaient les grands responsables de la perte des écoles françaises, car ils ont sans cesse pressé Rome de faire nommer des Irlandais comme évêques. Ces évêques ont forcé l’amalgamation des écoles catholiques, anglaises et françaises, ce qui a mené à la disparition graduelle des écoles et de la langue française ». Jean Chrétien sait très bien que le clergé irlandais a joué un rôle similaire en Ontario et dans l'ouest du Québec, comme l’a démontré Luc Bouvier dans Les sacrifiés de la bonne entente.

Mais, le même Jean Chrétien est aussi capable d’affirmer le contraire de ce qu’il vient de dire. Dans une entrevue à Paul Arcand sur les ondes du 98,5 il déclare qu’il a déjà dit à Bill Clinton que les États-Unis seraient peut-être aujourd’hui un pays francophone si les Québécois avaient répondu positivement à l’invitation des révolutionnaires américains à se joindre à eux en 1775, et si la Louisiane était demeurée française. C’était, de toute évidence, dit à la blague. Mais il y a tout de même un fond de vérité.

Pour nous inciter à rejoindre leurs rangs, les révolutionnaires américains avaient promis au Québec un statut calqué sur le modèle des cantons suisses, dont on sait qu’ils ont su préserver les droits et le développement de chaque communauté linguistique. L’avenir constitutionnel des États-Unis aurait donc pu être différent.

Chrétien oublie également une troisième hypothèse, soit celle de l’indépendance du Québec, telle que proclamée par les Patriotes en 1838.

Quant à l’option qui s’est imposée par la force, avec l’écrasement de la Rébellion des Patriotes, soit l’appartenance au Canada, notre collaborateur Charles Castonguay a bien démontré le sort qu’elle réservait aux Francophones hors Québec.

Un portrait de la lente agonie du français hors Québec

L’assimilation augmente sans relâche

Bonne lecture !

 

 

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