Une bien triste journée pour le personnel professionnel des cégeps

2019/04/02 | Par Suzanne Tousignant

L’auteure est présidente de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ)

Le 2 avril 2019, les conseillères et conseillers à la vie étudiante, les conseillères et conseillers d’orientation, les aides pédagogiques individuels (API), les analystes, les conseillères et conseillers en communication, les agentes et agents de la gestion financière, les attachées et attachés d’administration, les bibliothécaires, les conseillères et conseillers en information scolaire et professionnelle, les conseillères et conseillers en adaptation scolaire et les conseillères et conseillers en formation scolaire verront leur taux salarial maximum diminué.

 

Dévalorisation des emplois du personnel professionnel du réseau collégial

Le 2 avril 2019, la nouvelle structure salariale s’appliquant aux salariées et salariés du secteur public entrera en vigueur ce qui entraînera un effet préjudiciable pour bien des professionnelles et professionnels du réseau collégial. En effet, malgré un mécanisme de protection de leur salaire individuel, le personnel professionnel des cégeps ayant atteint le taux salarial maximum, ne pourra bénéficier des mêmes augmentations de salaire que les autres personnes salariées du secteur public. Pour d’autres, l’intégration à cette nouvelle structure signifiera une baisse de leur échelon actuel.

Déjà que le travail qu’ils accomplissent au quotidien demeure méconnu et bien souvent non reconnu, cette dévalorisation du personnel professionnel est ni plus ni moins qu’un coup sur une blessure ouverte. Pourtant, la qualité des programmes et des services offerts dans les cégeps se démarque en grande partie grâce à leur contribution. C’est également grâce à leur savoir-faire innovant que le réseau collégial est reconnu comme un fleuron québécois.

Dans un même ordre d’idée, malgré plusieurs années de pourparlers avec le Conseil du trésor, la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) n’est toujours pas arrivée à une entente en ce qui a trait au rangement salarial des conseillères et conseillers pédagogiques du réseau collégial. Le Conseil du trésor s’entête à ne pas reconnaître le travail de ces femmes et de ces hommes à sa juste valeur. Pourtant, de multiples voix se sont exprimées pour démontrer que cette situation entraîne inévitablement des problèmes de recrutement et de rétention, ce qui engendre assurément des répercussions négatives dans les cégeps.

 

Pénurie de main-d’œuvre à prévoir

Depuis quelques années, les cégeps ont de plus en plus de difficulté à pourvoir les postes de personnel professionnel. La cause première est la rémunération versée dans le réseau collégial qui n’est pas compétitive. Il va sans dire que l’intégration à la nouvelle structure salariale n’arrangera pas cette situation.

 

Manifestation

C’est pourquoi, les personnes déléguées des syndicats affiliés à la FPPC-CSQ, réunies à Québec pour une instance nationale, manifesteront devant le Conseil du trésor ce lundi 1er avril 2019, sous le thème « Mon rangement me dérange », et que des actions locales seront organisées en parallèle afin de souligner cette journée sombre qui n’a rien d’un poisson d’avril.

 

La solution

La FPPC-CSQ est au fait de cette situation et prend très au sérieux cette problématique. Des démarches ont été entreprises auprès des instances concernées, mais ni le Comité patronal de négociation ni le Conseil du trésor ne semblent intéressés à régler la situation.

La solution est pourtant simple : il suffirait que le Conseil du trésor permette d’évaluer les tâches et les responsabilités spécifiques au personnel professionnel du réseau collégial, qui est majoritairement composé de femmes, afin que son rangement salarial corresponde à ce qu’il effectue réellement comme travail!

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