L’aut’journal a 35 ans !

2019/05/01 | Par Pierre Dubuc

Il y a 35 ans, c’était avec galées, ciseaux, table de montage lumineuse, etc. Mais il y avait de l’espoir. 1984, le premier Macintosh faisait son entrée sur le marché.

Le paysage médiatique s’est aussi beaucoup transformé. Il était dominé par les conglomérats des familles Desmarais, Péladeau et Conrad Black, qui possédaient papetières et imprimeries. A suivi la convergence télé-journaux (TVA/Le Journal et Radio-Canada/La Presse). L’Internet s’y est ajouté, d’abord timidement, avant de prendre toute la place chez Gesca avec La Presse + et l’abandon de l’édition papier.

Aujourd’hui, l’Internet domine avec le GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui ramasse 70 % des revenus publicitaires, obligeant les médias traditionnels à quémander l’aide des gouvernements.

Au plan politique, nous avons changé de décor. En 1984, Mulroney arrivait au pouvoir à Ottawa. À Québec, le « beau risque » était en gestation. Au plan international, Thatcher et Reagan imposaient le néolibéralisme et Gorbatchev s’apprêtait à prendre le pouvoir et procéder au démantèlement de l’URSS. Des années noires s’annonçaient pour la gauche et le mouvement syndical.

Il y a quand même eu des embellies comme la Marche du Pain et des Roses et, surtout, l’extraordinaire mobilisation politique et populaire qui a suivi l’échec de l’Accord du lac Meech et à l'occasion du référendum de 1995.

 

Au fil des ans

Tout au long de ces années, l’aut’journal a accompagné l’évolution technologique avec la création de notre site Internet et ses mises à jour quotidiennes. Mais nous avons résisté à la tentation d’abandonner le papier. Les événements nous donnent aujourd’hui raison. Les algorithmes de Facebook enferment les usagers dans une bulle idéologique en les alimentant avec des textes qui ne font que les conforter dans leurs opinions.  Pour diffuser de nouvelles idées, rejoindre de nouveaux lecteurs, rien de mieux que le papier !

L’aut’journal a toujours été au diapason de l’actualité sociale et politique. Par exemple, nous avons été à l’origine de la relance du débat sur le scrutin proportionnel, du Rassemblement pour une alternative politique (RAP), un élément constitutif de Québec Solidaire, du club politique SPQ Libre au sein du Parti Québécois. Nous avons publié plus d’une vingtaine de livres et plusieurs carnets sur la question linguistique, la laïcité, les dirigeants politiques (Harper, Ignatieff, PKP, Lisée), les questions nationales québécoise et autochtone, etc.

 

Une nouvelle conjoncture

Aujourd’hui, nous faisons face à de nouveaux défis dans une conjoncture politique inédite avec l’élection d’un gouvernement nationaliste non indépendantiste à Québec et des élections fédérales à l’automne prochain. Tout cela dans un contexte de division du mouvement souverainiste avec deux partis à l’Assemblée nationale; division de la gauche sur de nombreux enjeux, dont la laïcité et autres questions identitaires; division aussi sur l’approche à prendre sur la question de l’environnement.

Avec en toile de fond une montée partout en Occident de la droite et de l’extrême droite, mais aussi d’un puissant mouvement citoyen comme celui des Gilets Jaunes en France. N’en doutons pas un seul instant, ces mouvements de fond internationaux vont faire leur entrée au Québec, même si ce sera sans doute, comme cela est arrivé si souvent, avec quelques années de retard.

Dans ces conditions, l’aut’journal a pour mission de contribuer à la clarification des différents enjeux, tâche essentielle pour l’unification éventuelle des indépendantistes et de la gauche autour d’un même projet émancipateur.

 

L’équipe

Pour remplir ce mandat, nous comptons sur nos collaborateurs réguliers, Jean-Claude Germain, Michel Rioux, Charles Castonguay, Gabriel Ste-Marie, Monique Pauzé, Jacques B. Gélinas, Simon Rainville, auxquels se sont ajoutés au cours des derniers mois Frédéric Lacroix, qui vient épauler Charles Castonguay sur les questions linguistiques, le constitutionnaliste et spécialiste de la question autochtone André Binette, l’environnementaliste Anne-Marie Saint-Cerny, le pianiste et Artiste pour la Paix Pierre Jasmin et Tanya Millette, qui va couvrir l’actualité culturelle.

Je tiens à souligner qu’aucun de nos collaborateurs et collaboratrices n’est rémunéré pour ses articles. Notre seul employé salarié est notre secrétaire-coordonnateur Louis Bourgea, qui occupe ces fonctions depuis 15 années. L’équipe de production comprend également le chef de pupitre Jean-Claude Germain (depuis 25 ans), l’infographiste Réjean McKinnon (depuis 16 ans), le webmestre Simon Banville (depuis 17 années) et le correcteur d’épreuves Jacques Serge (depuis 12 ans).

 

La distribution

Le tirage de l’aut’journal est de 20 000 exemplaires qui se répartissent ainsi : 5 000 exemplaires envoyés par la poste à nos abonnés individuels et de groupe; 15 000 exemplaires distribués gratuitement au moyen de présentoirs dans des bibliothèques, des maisons de la culture, des cafés, des syndicats, des organismes communautaires, etc.

Nous venons tout récemment de changer de distributeur. Il nous ouvre la possibilité d’une meilleure diffusion dans les banlieues montréalaises et dans les régions de l’Abitibi, de la Gaspésie et de la Côte Nord.

 

Budget

Notre budget est fort modeste. Nous avons clôturé notre année comptable se terminant le 31 juillet dernier avec un budget équilibré d’environ 180 000 dollars.  La répartition des dépenses était la suivante : Salaire et honoraires : 35 %; Frais d’exploitation (imprimerie, frais postaux et distribution) : 38 %; Frais généraux (Loyer, taxes, assurances, téléphone, abonnements, déplacements, site Internet, etc.) : 27 %.

La ventilation des revenus était : Abonnements + vente de livres : 16 %; Publicités syndicales et caisses d’économie : 44 %; Fondation Les AmiEs de l’aut’journal : 40 %. À noter que nous ne recevons aucune subvention gouvernementale.

 

La liberté de presse a un prix

À chaque année, l’aut’journal  doit relancer ses abonnés, les donateurs à sa Fondation Les AmiEs de l’aut’journal, les syndicats qui le soutiennent par des abonnements de groupe ou l’achat de publicités. Rien n’est assuré dans notre financement. Il n’y a pas de cotisations obligatoires pour garnir nos coffres.

Aussi, nous remercions bien chaleureusement toutes celles et ceux qui renouvellent chaque année leur engagement. C’est un vote de confiance bien apprécié. Nous profitons de ce 35e anniversaire pour vous inviter à y aller d’une contribution spéciale. Nous invitons celles et ceux qui prennent gratuitement un exemplaire dans nos présentoirs et/ou qui fréquentent notre site Internet à faire un don, aussi minime soit-il.

Pour s’abonner et/ou faire un don, cliquez ici.

Vive la presse libre et indépendante !

Vive l’aut’journal !

 

 

 

 

 

 

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