L’entreprise responsable de la tragédie de Mégantic encore blâmée

2019/08/20 | Par Monique Pauzé

Alors que la même entreprise impliquée dans la tragédie de Lac-Mégantic est de nouveau blâmée par Transports Canada pour l’état de ses rails, Monique Pauzé, députée de Repentigny, exige une intervention immédiate du ministre des Transports, Marc Garneau, et la tenue d’une commission d’enquête publique sur les graves lacunes dans la réglementation de la sécurité ferroviaire.

« L’entreprise n’a visiblement tiré aucune leçon de la tragédie qui a causé la mort de 47 personnes. Depuis Mégantic, le nombre de rails défectueux n’a pas diminué, il a plus que doublé ! Transports Canada dénonce, mais continue de laisser les entreprises s’autoréglementer et s’autosurveiller même lorsqu’elles sont des récidivistes de la négligence. Marc Garneau doit immédiatement mettre la Central Maine & Quebec Railway au pas et ordonner la tenue d’une commission d’enquête publique pour mettre fin à la déresponsabilisation du gouvernement fédéral dans la réglementation de la sécurité ferroviaire », a déclaré Mme Pauzé.

L’entreprise Central Maine & Quebec Railway, née des suites de la faillite de la Montreal, Maine & Atlantic à la suite de son implication dans la tragédie de Lac-Mégantic le 6 juillet 2013, a reçu en mai dernier un avis assorti d’un ordre de Transports Canada. Dans cet avis, on apprend que le nombre de rails défectueux entre Farnham et Lac-Mégantic est passé de 115 en 2015 à 253 l’an dernier, soit plus du double. L’inspecteur derrière cet avis y précise que selon son évaluation, «la situation actuelle risque de compromettre de façon imminente la sécurité ferroviaire ». Transports Canada demande à l’entreprise d’augmenter ses inspections jusqu’à ce que le nombre de rails défectueux ait « diminué considérablement et atteint un nombre dont nous pouvons être satisfaits ».

« C’est complètement irresponsable ! Ottawa doit prendre en charge la situation et ne pas laisser l’entreprise continuer de s’inspecter elle-même sans même fixer une cible ! C’est pour cela qu’il nous faut une commission d’enquête publique. Il faut mettre fin à cette culture de laxisme dans laquelle ce sont les entreprises, même celles qui ne sont pas fiables, qui décident des règles. C’est de la sécurité des citoyens et de nos municipalités dont il s’agit et la situation s’est constamment empirée depuis Mégantic », a déploré Mme Pauzé.

En juin dernier, Mme Pauzé avait réuni des représentants du NPD et du Parti vert du Canada, Robert Bellefleur, de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour une sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, ainsi qu’Anne-Marie Saint-Cerny et Bruce Campbell, auteurs d’enquêtes sur Mégantic, afin d’exiger à nouveau la tenue d’une commission d’enquête publique sur la tragédie et les lacunes dans la sécurité ferroviaire. Le ministre Garneau avait accusé ces intervenants de faire dans « la théorie du complot ».

« Son propre ministère s’inquiète visiblement de la sécurité des gens. Plutôt qu’injurier les citoyens engagés pour la sécurité ferroviaire, M. Garneau doit retirer ses œillères, constater la réalité et ordonner la tenue d’une commission d’enquête publique », a conclu Monique Pauzé.

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