Le Bloc freine la vente d’Air Transat

2019/08/28 | Par Yves-François Blanchet

 « Il fallait freiner la vente précipitée d’un autre fleuron québécois et c’est ce que nous avons obtenu, pour l’instant, du ministre Garneau. À la veille des élections, le gouvernement a cédé à la pression et donné un avant-goût de ce que ça donne d’élire des nationalistes économiques à Ottawa. Alors que tous les partis fédéraux acceptaient sans broncher le passage d’Air Transat entre les mains d’Air Canada, le Bloc a agi. Nous avons demandé et obtenu une étude approfondie pour déterminer si la transaction est d’intérêt public, ce dont nous doutons très fortement », a déclaré Yves-François Blanchet.

Le chef du Bloc Québécois réagissait à l’annonce par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, de la tenue d’une « évaluation de la transaction au regard de l’intérêt public » de la vente à Air Canada du transporteur Air Transat, approuvée par les actionnaires vendredi dernier. Ces travaux débuteront le 4 novembre et pourront s’étendre sur 250 jours.

Le 21 août, Yves-François Blanchet et Louis Plamondon, porte-parole du Bloc Québécois en matière de transports, ont écrit à M. Garneau pour lui demander d’ordonner une « étude approfondie sur l’acquisition d’Air Transat par Air Canada puisque la transaction soulève des questions d’intérêt public ».

Le Bloc a soulevé les risques que les francophones ne soient plus en mesure d’obtenir des services dans leur langue alors qu’Air Canada, obligée par loi d’offrir des services dans les deux langues officielles, « se retrouve une nouvelle fois cette année en première position des plaintes formulées au Commissariat des langues officielles pour ne pas avoir respecté ses obligations linguistiques ».

Yves-François Blanchet et Louis Plamondon ont aussi soulevé l’enjeu du manque de concurrence, qui pourrait avoir un impact sur le prix des vols et la piètre desserte en région au Québec, où les prix sont déjà exorbitants et le service inadéquat au développement économique.

« Nous sommes persuadés que le Québec n’a rien à gagner de cette transaction. Air Canada est obligée par loi d’offrir des services en français, mais s’en balance. Elle était obligée par loi d’entretenir sa flotte d’avions à Montréal, mais a exporté sans gêne les emplois des travailleurs d’AVEOS à l’étranger, avec la complicité à la fois des libéraux et des conservateurs. Espérons maintenant que le processus enclenché hier va déboucher sur une nouvelle offre plus intéressante pour le Québec », a déclaré Yves-François Blanchet.

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