Le pied à Papineau

2020/01/17 | Par Robin Philpot

Comment se débarrasser de la monarchie canadienne. Entrevue avec André Binette;

Sur la monarchie « canadienne », la vraie question à poser n'a rien à voir avec le show de téléréalité de bas étage sur la crisette d'un prince et d'une princesse mais plutôt sur pourquoi et comment se débarrasser cet anachronisme qui empeste toutes nos institutions politiques.

André Binette, constitutionnaliste et auteur du livre La fin de la monarchie au Québec (Éditions du renouveau québécois) nous parle d'une récente décision de la Cour d'appel qui confirme la validité d'une loi de 2013 sur la succession royale adoptée par le gouvernement Harper.

En gros, explique André Binette, la Cour vient appuyer une décision du gouvernement canadien d'abandonner sa souveraineté pour éviter de modifier la Constitution canadienne de 1982, ce qui l'obligerait d'obtenir le consentement de l'Assemblée nationale du Québec.

L'Australie, également une fédération, n'a pas procédé ainsi, note André Binette. Ce pays a dû obtenir le consentement unanime des États fédérés.

Il cite également Mme Anne Twomey, une des grandes expertes de la monarchie, qui avait réalisé une étude fouillée en soutien aux les professeurs Geneviève Motard et Patrick Taillon qui contestaient la validité de la loi fédérale. Contrairement au gouvernement de Stephen Harper (et partant de la Cour d'appel), même Mackenzie King
a tenu, en 1937 lors de l'abdication d'Édouard VIII, à ce que le Canada agisse de façon plus conforme à l'indépendance du Canada obtenue en 1931 avec le Statut de Westminster.

André Binette termine en proposant une manière pour le Québec de se débarrasser de la monarchie, qu'il soit indépendant ou non.

Pour écouter l’entrevue, cliquez ici.

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Haïti, au-delà des larmes, le coup d'État, PétroChallenge : Entrevue avec Martin Forgues

 «Le Canada est peut-être l’ami d’Haïti, mais certainement pas celui du peuple haïtien!» a déclaré en entrevue Pacha Vorbe, membre du comité exécutif de la Famni Lavalas, à Martin Forgues, journaliste et auteur lors d'un reportage effectué à Haïti en 2019.

Au moment où nous commémorons le 10e anniversaire du terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, Martin Forgues nous rappelle les actions des faux amis d'Haïti, et particulièrement celle des États-Unis, du Canada et de la France, qui ont précédé et suivi le tremblement de terre et qui ont mis ce pays en très mauvaise posture pour composer une telle catastrophe naturelle.

Il mentionne le coup d'État de février 2004, la réunion de planification de janvier 2003 tenue à Gatineau, Québec, et organisée par le gouvernement du Canada et pudiquement appelée par le nom de code «Initiative d’Ottawa sur Haïti», le programme Pétro-Caribe lancé par le Venezuela, dont les fonds ont été détourné au profit d'une élite que les faux amis d'Haïti ont choisi de mettre au pouvoir.

En faisant la comparaison avec l'Afghanistan sous occupation militaire, pays qu'il connaît bien, Martin Forgues démontre comment les puissances étrangères mettent au pouvoir une élite corrompue, souvent criminelle afin de protéger leurs intérêts et non pas ceux du peuple haïtien.

Martin Forgues insiste que la crise actuelle va continuer parce qu'il s'agit surtout d'un combat entre les classes populaires et des dirigeants corrompus et fantoches des puissances étrangères.

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Le film « Les Justes du Rwanda », propagande haineuse : Entrevue avec Perpétue Muramutse

Le nouveau film Les justes du Rwanda du réalisateur Luc Lagun-Bouchet est carrément un film de propagande en faveur du dictateur Paul Kagame du Rwanda. De plus, c'est un film de propagande haineuse, particulièrement dans les documents de promotion, selon Perpétue Muramutse du Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix.

Dans les documents de promotion, on peut lire notamment que « l’immense majorité des Hutu participait aux tueries », ce qui est un mensonge honteux.

Perpétue Muramutse décrit dans cette entrevue comment, dans un entretien téléphonique, elle a repris l'organisateur belge du visionnement du film, Jean-Michel Heuskin, Directeur de l’asbl MNEMA-La Cité Miroir. Quoique celui-ci a reconnu que la phrase sur « l'immense majorité des Hutus » était maladroite, il a fini par dire exactement la même chose: « Nous n’allons quand même pas réécrire l’histoire non plus , ce sont quand même les Hutus qui ont massacré les Tutsi, les rapports de l’ONU le disent très bien».

Il s'agit là d'une affirmation totalement mensongère qui fait fi des très nombreuses révélations sur la tragédie rwandaise que même les grands médias ont reconnues: BBC (The Untold Story), Radio-Canada (Enquête), The Globe and Mail et bien d'autres.

Perpétue Muramutse explique le terrible impact que ce genre de propagande a sur la jeunesse rwandaise, qui se sent visée et culpabilisée sans aucune raison.

Elle termine en parlant de l'intervention auprès des organisateurs du Colonel Luc Marchal, celui qui a dirigé les troupes du Minuar à Kigali pendant la tragédie en 1994. Selon lui, une affirmation comme celle visant « l'immense majorité des Hutus » pourrait être comparée à une autre affirmation, tout aussi fausse, selon laquelle l'immense majorité des Belges a collaboré avec le régime nazi.

Pour écouter l’entrevue, cliquez ici.

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