Harper me déteste !

Un slogan qui résume le sentiment des Conservateurs envers les travailleurs

La semaine dernière, j’ai participé au congrès organisé par mon syndicat auquel étaient conviés plus de 1000 délégués d’un peu partout au Canada.

Au cours de ce congrès, deux choses m’ont frappé. D’abord, un consensus, à grande échelle, qu’il faut se débarrasser du Parti conservateur de Harper.  À la recommandation des dirigeants du syndicat d’adopter la position du « vote stratégique », lors des prochaines élections fédérales, pour que les Conservateurs soient défaits, je m’attendais à un appui des délégués présents, mais pas de façon aussi claire.

Tout le monde était d’accord, les interventions au micro étaient nombreuses, les intervenants avaient un discours réfléchi et articulé. On était loin de la répétition de slogans déjà mille fois entendus.

Même si la prochaine élection fédérale n’était qu’un des sujets à l’ordre du jour, les discussions sur les autres articles finissaient toujours par avoir un lien avec les Conservateurs d’Harper et la nécessité de s’assurer de leur défaite. Le tout exprimé avec une grande ­lucidité.

Même si tous les discours anti-Harper étaient appuyés par des applaudissements nourris, il y avait toujours une personne pour y aller d’une intervention supplémentaire, nous mettant en garde à l’effet qu’il y avait loin de la coupe aux lèvres et qu’une victoire des Conservateurs était toujours possible et que nous devions donc nous retrousser les manches pour défaire les troupes conservatrices.

Nous avons également organisé, la première journée de notre congrès, une manifestation anti-Harper dans les rues de Montréal. J’ai alors été frappé par un slogan lu sur une pancarte d’un manifestant. On pouvait y lire : « Harper me déteste ! ».

À mon avis, ce slogan valait tous les autres à lui seul !  Il résume le mieux le sentiment que les Conservateurs d’Harper ont envers les travailleurs.
Si on examine le bilan du Parti conservateur, il est difficile d’en arriver à une autre conclusion :

• Attaques contre les travailleurs en modifiant le Régime d’assurance-chômage, ce qui fait que maintenant seulement 36 % des personnes qui perdent leur emploi se qualifient au programme d’assurance-emploi;

• Augmentation de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans. La perte graduelle de l’avantage fiscal relié au Fonds de solidarité de la F.T.Q., ce qui rendra plus difficile l’épargne pour la retraite de milliers de travailleurs;

• Réduction des transferts en matière de santé aux provinces compromettant le maintien d’un système de santé accessible, gratuit à l’utilisation, et de bonne qualité;

• Un antisyndicalisme féroce qui vise à mettre fin au syndicalisme canadien tel que nous le connaissons actuellement, avec des projets de loi comme le C-377 qui, sous le prétexte de la transparence, ne vise qu’à obliger les syndicats à rendre publiques leurs informations financières pour que nos bons amis de la droite  nous lancent des attaques non fondées à coups de demi-vérités et de raccourcis intellectuels.

• Concernant les travailleurs qui relèvent du Code du travail fédéral, il ne manque au projet de loi présenté que l’abolition du prélèvement de la cotisation syndicale (Formule Rand) pour écraser le dernier rempart que représentent les organisations syndicales pour l’atteinte de l’objectif des Conservateurs : faire du Canada un autre État américain d’un point de vue économique et social.

La liste pourrait s’allonger avec les attaques à la démocratie, avec le musellement de nos scientifiques, entre autres, par la fermeture de centaines de centres de recherche, avec l’abolition du  financement de mouvements féministes, de groupes environnementaux, d’ONG de coopération internationale, d’organismes d’éducation populaire.

Qu’une personne s’identifie dans une manifestation avec le slogan « Harper me déteste ! » est lourd de sens parce qu’il fait référence à des attaques directes d’un gouvernement envers les citoyens de son pays et c’est exactement l’attitude des Conservateurs à l’égard des citoyens du Canada.

Ils les attaquent directement par une foule de mesures qui les appauvrissent, les musèlent et  les rendent vulnérables au lieu de les protéger, de les sécuriser et de mettre en place ce qu’il faut afin que la société s’épanouisse.

Moi aussi, j’affirme que « Harper me déteste ! ».  Je ne suis pas un alarmiste quand je fais cette affirmation.  Pour l’instant, je vis toujours dans un pays qui répond en partie à mes aspirations, mais quand je vois tout ce qu’Harper a détruit durant ces quelques années de pouvoir, il m’apparait très clair qu’un changement s’impose, et rapide­ment !

* L’auteur est directeur adjoint d’Unifor