Mines d’uranium au Québec

2012/10/22 | Par L’aut’journal 

La coalition Québec meilleure mine ! appuie l’annonce faite jeudi par le ministre de l’Environnement, monsieur Daniel Breton, de tenir une commission d’enquête indépendante du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur les mines d’uranium.

« Après quatre projets d’uranium qui ont subi l’opposition farouche des populations touchées en moins de trois ans, et à la demande de plus de 340 municipalités et MRC du Québec qui réclament depuis 2009 un moratoire sur les mines d’uranium, il était temps que Québec agisse face aux risques et aux dangers des mines d’uranium. Nous sommes confiants qu’un BAPE avec un mandat large, des commissaires rigoureux et des mesures pour faciliter la participation des citoyens et des nations autochtones mèneront au rejet de la filière des mines d’uranium au Québec, premier maillon de la chaîne du nucléaire », affirme Ugo Lapointe de la coalition Québec meilleure mine !

 « Pour être cohérent, Québec ne devrait autoriser aucun projet minier d’uranium pendant cette évaluation, tout en s’assurant que les droits et les intérêts des nations autochtones soient pleinement respectés et considérés. Le mandat du BAPE devra aussi être suffisamment large pour lui permettre d’évaluer la pertinence, ou non, des mines d’uranium en regard des impacts sociaux, environnementaux, économiques et des alternatives autant aux niveaux minier, qu’énergétique », précise Christian Simard de Nature Québec.

 
Une sage décision

« En décidant de tenir une commission d’enquête indépendante sur les  mines d’uranium, le ministre démontre qu’il est sensible aux nombreuses préoccupations exprimées par les populations autochtones et non autochtones du Québec qui se sont opposées aux mines d’uranium ces dernières années : Sept-Îles en 2009, Pointe-à-la-Croix en 2011, Minganie en 2012 et maintenant Mistissini à la Baie-James -- sans compter l’opposition en 2006 et 2007 des populations des Hautes-Laurentides et de l’Outaouais lors de la première vague des projets miniers d’uranium », affirme François Lapierre de l’Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides.


Québec suit le pas d’autres provinces et États

« Des enquêtes indépendantes ailleurs au pays et aux États-Unis ont mené des gouvernements à rejeter la filière des mines d’uranium à cause des risques particuliers de ce type de mines pour l’environnement et les populations. C’est entre autre les cas de la Colombie-Britannique, de la Nouvelle-Écosse et de l’État de Virginie. Un récent rapport de l’Académie des sciences des États-Unis concluent d’ailleurs qu’ils n’existent encore aucune méthode éprouvée pour éliminer les risques que posent l’entreposage à long terme des déchets miniers radioactifs des mines d’uranium », affirme Dr. Isabelle Gingras de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement.

 Décision bâclée des autorités fédérales

La décision du ministre Breton fait suite à celle, annoncée hier, de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), appuyée par le ministre fédéral, d’autoriser le projet minier d’uranium de la compagnie Strateco à la Baie-James.

Québec meilleure mine ! dénonce vertement la décision et l’interprétation étroite que fait la CCSN de son mandat en ne considérant ni l’absence d’acceptabilité sociale des populations cries directement touchées (en contradiction avec la Convention de la Baie-James et du Nord-Québécois que le fédéral a pourtant signé en 1975 avec les Cris et Québec), ni l’absence généralisée d’acceptabilité sociale face aux mines d’uranium avec plus de quatre projets refusés par les populations du Québec en moins de trois ans.

Québec meilleure mine ! dénonce également le fait que la décision de la CCSN ne tient nullement compte des risques et des impacts que pose l’exploitation d’une mine d’uranium et de l’entreposage des déchets miniers radioactifs dans l’environnement (environ 2 millions de tonnes dans le cas du projet de Strateco).

La CCSN justifie sa décision en séparant, à ce stade, la phase « d’exploration d’un gisement » de « l’exploitation d’une mine », ce qui est inacceptable à sa face même et contraire aux standards les plus rigoureux dans les évaluations environnementales.

« Depuis le départ controversé de Linda Keen en 2008, ancienne présidente de la CCSN, on a franchement l’impression que la CCSN est devenue davantage une machine à donner des permis plutôt que d’agir comme véritable chien de garde de l’intérêt public et des populations touchées. Avec un BAPE générique sur les mines d’uranium, ce sera au Québec et à la population du Québec de trancher », conclut Christian Simard de Nature Québec.

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