Pourquoi j’appuie Martine Ouellet

2016/05/12 | Par Louis Bernard

L’auteur est un ancien candidat à la direction du PQ

La députée de Vachon, Martine Ouellet, dans un texte du Devoir (« L’indépendance d’abord », 11 mai 2016), a clairement pris position sur la nécessité que le Parti québécois cesse d’être un parti axé sur le bon gouvernement pour redevenir, d’abord et avant tout, l’instrument de l’indépendance du Québec.

Cette prise de position, si elle se prolonge dans la course à la chefferie, donnera aux membres du PQ la possibilité de reprendre le contrôle de leur parti, que l’establishment a peu à peu transformé en un parti comme les autres, axé sur la prise du pouvoir.

J’appuie sans réserve cette prise de position et je souhaite que Mme Ouellet la défende au cours de la lutte contre la direction du PQ.

En avril 2014, je cosignais avec 16 autres souverainistes, dont Louise Harel, Jacques-Yvan Morin, Jean Garon, Richard Guay, Lucien Lessard et Gérald Larose, une lettre au président de l’exécutif du PQ demandant un vote des membres sur l’orientation du parti pour que ceux-ci puissent faire le choix entre la promotion d’un bon gouvernement ou celle de la souveraineté. Cette lettre n’a malheureusement pas eu de suite.

 

Stratégie néfaste

Le PQ ne peut plus continuer à jouer, en même temps, sur deux tableaux à la fois, celui de la souveraineté et celui du bon gouvernement. Cette stratégie a pu être valable dans les premières années, alors que le PQ était un nouveau parti qui devait se faire connaître, mais non seulement elle ne l’est plus aujourd’hui, elle lui est devenue néfaste.

Le PQ doit maintenant choisir quel est celui des deux qui est l’objectif principal de son action politique. Ou bien il met définitivement en sourdine son projet de pays et vise franchement et simplement à former le gouvernement, ou bien il opte pour être le promoteur d’un projet de pays en proposant clairement aux Québécois de devenir souverains. S’il est élu dans ces circonstances, il aura le mandat de préparer la tenue d’un référendum dans des conditions où il aura toutes les chances de le gagner.

Je suis, bien sûr, favorable à la convergence. Mais cette convergence ne doit pas se faire entre les partis autour des élections et de la prise du pouvoir, mais se faire entre les électeurs au sein du Parti québécois autour de la nécessité de faire l’indépendance. D’ailleurs, le PQ a été, lors de ses meilleures années, le parti de la convergence. Madame Ouellet, je suis avec vous. Et je suis certain que je ne serai pas le seul.

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