Stages universitaires : une exploitation salariale

2017/02/08 | Par Richard Lahaie

L’Association des étudiantes et des étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE) a annoncé une grève des stagiaires pour le 16 février prochain. Leur objectif est de faire pression sur le gouvernement afin d’obtenir une rémunération pour leurs stages.

« La date choisie pour cette grève d’une journée correspond au début du Rendez-vous de la main-d’œuvre organisé à Québec par le gouvernement Couillard », d’expliquer Antoine Pigeon, responsable des affaires externes de l’ADEESE.

Le Rendez-vous de la main-d’œuvre rassemblera des représentants des milieux patronaux et syndicaux pour discuter des questions entourant le développement économique et le travail salarié. Cet évènement est comparable au sommet de 1996. Rappelons que le Sommet socio-économique de 1996 s’était terminé avec l’objectif de l’atteinte du déficit zéro.

Lors de cette journée de grève, monsieur Pigeon déclare « qu’il y aura une manifestation à Québec et que l’Association des étudiants au module d’éducation de l’Université du Québec en Outaouais se joindra à l’ADEESE et aux associations étudiantes de l’UQAM en Sciences humaines et en langues et communications ».

Sur Facebook, l’association fait une campagne médiatique sur le travail étudiant et s’inquiète des résultats de cet événement. « La concertation avec l’État et le patronat n’a jamais permis aux personnes les plus marginalisées de défendre sérieusement leurs droits ni l’amélioration de leurs conditions de vie. Cette fois, nous savons déjà que les directions syndicales ont accepté que l’augmentation du salaire minimum ne soit pas inscrite à l’ordre du jour, bien que les centrales se disent au cœur des campagnes portant cette revendication. Disons qu’un compromis de cet ordre donne le ton ».

Suite à un boycott de quatre mois, les internes en psychologie ont récemment obtenu la rémunération pour leurs internats. « Présentement, les stagiaires en éducation ne sont pas payés lorsqu’ils prennent en charge une classe », d’ajouter Antoine Pigeon.

Les étudiants revendiquent que « les heures de travail accomplies dans le cadre des études, qu’elles soient réalisées en classe ou en stage, doivent donc être reconnues par l’octroi d’un salaire. Nous ne sommes pas seulement ‘‘tannés’’ d’être pauvres. Nous exigeons de meilleures conditions d’études et la reconnaissance du statut de travailleuses et de travailleurs pendant les études ».

Notons au passage que l’étudiant doit payer son stage, puisque celui-ci est un cours comme les autres.

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